- Speaker #0
Allez, c'est parti ! Eh oui, salut tout le monde ! Nous sommes toujours, effectivement, vous le savez, en ce samedi 5 septembre 2026, sur la pelouse du Parc des Bastions, pour ce village des alternatives locales, ce village des actions locales, dans le cadre d'Alternatiba, le village des alternatives, comme tout le monde le connaît, tous les ans, qui a lieu ici. Et on a rencontré justement sous le stand de Pronatura, Sarah. Bonjour Sarah.
- Speaker #1
Mais bonjour, c'est un plaisir.
- Speaker #0
Comment ça va ?
- Speaker #1
Extrêmement bien.
- Speaker #0
Ah ça fait plaisir, un beau soleil, un beau sourire Sarah.
- Speaker #1
Mais merci.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous rappeler ton titre chez Pronatura ? On a une petite minute.
- Speaker #1
Je suis chargée de projet en aménagement et politique environnementale.
- Speaker #0
Waouh, ça claque. C'est-à-dire, ça fait quoi ?
- Speaker #1
En fait, Pro Natura, on a trois axes d'action. Celui qui est le plus connu, c'est celui de la sensibilisation, l'éducation à la nature. Le deuxième, c'est la mise sous protection et gestion de réserves naturelles de sites. Et le troisième, c'est quand même l'aménagement du territoire. Donc, participer à des procédures de consultation, mais également de la veille territoriale. Donc il y a des projets qui sont soumis. passablement de dérogation, c'est important que des associations de protection de la nature puissent réagir et parfois s'opposer.
- Speaker #0
Donc très concrètement, pour les gens qui nous écouteraient et pour qu'ils puissent bien comprendre, un projet de construction est établi pour quelque part et attention, Pronatura arrive, ou toi, attention s'il vous plaît, à tel endroit, il y a tel élément naturel qu'il faut prendre en considération, c'est ça ?
- Speaker #1
Pour Pronatura, on... On n'est pas de la police, on est juste des veilleurs. Par rapport à tout ce qui est aménagement du territoire, on n'a pas de compétences de régulation, mais d'alerte, effectivement, c'est ça, de veille, et puis de lanceur d'alerte. C'est vrai que le fait qu'on soit une association avec plus de 10 000 membres, rien que sur le canton de Genève, ça fait qu'on a un réseau quand même des antennes qui sont extrêmement précieuses. À l'échelle de la Suisse, on est plus de 170 000 aussi. Donc, ce n'est pas négligeable. On est la plus ancienne association de protection de la nature, la plus grande en Suisse. Et donc, ça, ça donne quand même une visibilité sur ce qui se passe dans les différentes sections.
- Speaker #0
Depuis, ça fait un an que tu es à ce poste, c'est ça ?
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et est-ce qu'il y a un cas particulier sur lequel tu as travaillé dans cette dernière année passée qui était important ?
- Speaker #1
Il y a plus de 60 projets qui sont arrivés sur ma table. Ça peut être soit des demandes de démolition, soit des demandes de construction, des plans localisés de quartier, des plans de site. Pronatura, via la secrétaire générale Candice Yvon, participe aussi à la consultation sur la révision du plan directeur cantonal. Il y a vraiment aussi tout ce qui est règlement sur la faune, des lois, des révisions de lois aussi autour du Rhône. Il y a énormément de choses. Et un autre aspect qui est très important dans notre travail, c'est la précieusité du réseau, de la plateforme Nature & Paysage. Là, si on est là à Pronatura, main dans la main avec le VVF, c'est aussi parce que c'est un des partenaires les plus précieux, non seulement pour tout ce qui est des projets vraiment d'ampleur, au niveau quand la consultation, la concertation ne suffit pas de pouvoir faire opposition à certains projets. Mais la plateforme Nature et Paysage a vraiment des compétences naturalistes. Il y a des gens passionnés avec des compétences et des spécialités. On a le Karch, justement, tout ce qui est amphibien, batracien, reptile. Le Gobj pour tout ce qui est ornithologique. Chauve-souris Genève, comme son nom l'indique, pour les chauves-souris. Enfin voilà, le Jiforf pour tout ce qui est forêt. On a l'ASL pour la protection du léman. il y a énormément d'associations et toutes ont une spécialité une spécialité en fait de type de faune ou de flore, des groupes d'espèces qui sont hyper importants et qui ont leurs besoins spécifiques. Donc nous non seulement on va essayer au maximum dans les mesures de concertation de proposer de minimiser l'impact, de l'éviter évidemment, si ce n'est pas possible d'éviter le problème, de minimiser à fond, sur un seuil tolérable. Si ce n'est pas possible, de vraiment négocier à fond pour de la compensation. Et même si ça, ce n'est pas intéressant, on essaye d'empêcher que ça se passe. Donc, il y a du travail en tout cas.
- Speaker #0
Il y a du travail. Alors, quand on écoute ton discours et ta passion, je pense que certains peut-être se diront, ah oui, mais alors ils vont vouloir bloquer les projets, ils vont être contre la croissance. Est-ce que tu as déjà entendu ce genre de réaction ?
- Speaker #1
Oui, et c'est vrai que c'est un point sensible, cette question de la densification. Démographique ou ? La densification urbaine. Soudain, en pro natura, on n'a pas à se prononcer là-dessus. Par exemple, au niveau de la densification, on a décidé de ne pas lutter contre la densification en tant que thème, et qu'elle soit faite de qualité, et qu'elle ne mette pas en péril les corridors biologiques. et la biodiversité. Mais l'étalement urbain, ce n'est pas une solution non plus. D'externaliser le problème du logement du côté français, ce n'est pas une solution. Donc, de se rendre compte, dans un paradigme de croissance démographique et économique, où on a besoin de bureaux, on a besoin de nouveaux commerçants, et puis de logements, d'écoles, de crèches, d'infrastructures hospitalières. les associations de protection de la nature, il ne faut pas qu'on oublie notre ADN. On est là pour donner de la voix à ceux qui n'en ont pas, c'est-à-dire la biodiversité, la faune, la flore. Mais d'un autre côté, on ne peut pas être dans le déni d'un paradigme qui dépasse tout ça, qui est celui de la croissance. Tant que ça, c'est pas remis en question, le mieux qu'on peut faire, c'est accompagner l'identification de qualité. en évitant au maximum les impacts, en les minimisant et en essayant de négocier au maximum en protégeant les intérêts de la nature.
- Speaker #0
C'était bien dit. Alors aujourd'hui, Prodnatura est présente pour cet Alternativa, je le disais tout à l'heure. Cette présence, donc, main dans la main avec le VVF. Est-ce que c'est important ? C'est une participation régulière tous les ans, vous êtes là ou pas ?
- Speaker #1
Je ne sais pas, vu que j'ai rejoint la section il y a un an. Je ne peux pas te dire quelle était la régularité de nos associations avant.
- Speaker #0
Ça, c'est clair.
- Speaker #1
Je ne peux pas répondre à ces questions, malheureusement. Je ne me suis pas renseignée.
- Speaker #0
D'accord. Est-ce que ça te paraît aujourd'hui important d'être là, de parler au public d'Alternatiba ? Quel est ton ressenti ? On n'est pas à la fin encore du week-end, mais on a passé le gros. Quel est ton ressenti ? Est-ce que les gens ont découvert Pro Natura ? Est-ce que vous avez fait un travail pédagogique ? Quel a été, selon toi, votre impact ici pour ce week-end de Bastion ?
- Speaker #1
Je pense que c'est important qu'on soit là. Je pense que les gens connaissent Pro Natura, mais ils ne se rendent pas compte forcément de la diversité des axes d'action dans lesquels on travaille. Notamment, il y avait beaucoup de gens qui étaient assez surpris du programme d'activité. et notamment tout ce volet aménagement et politique environnementale. Et notamment, on a développé avec le collectif Affluent, d'ailleurs que j'aimerais saluer particulièrement aujourd'hui, on a créé une carte pour la soirée qu'il y a eu mercredi dernier contre le développement autoroutier. Et notamment, en 2024, il y a eu quand même une votation qui a été votée. grande majorité contre les méga-autoroutes. Et on peut voir vraiment une inertie politique en termes de planification territoriale. Il n'y a pas vraiment de mouvement. Donc, en plus d'une stratégie de saucissonnage, pour que ce soit beaucoup plus facile à avaler, des petits tronçons d'élargissement à trois, quatre voies. Donc, je pense que c'est hyper important qu'on puisse parler de ça, vraiment présenter la diversité des projets qu'on suit. montrer que c'est important qu'on soit là, notamment avec quand même cette compétence au niveau des procédures de consultation, mais aussi, si nécessaire, juridique. Et je pense que c'est important d'être là pour pouvoir parler de tout ça et surtout mobiliser les gens, élargir notre réseau de sentinelles et de veilleurs au niveau du territoire. pour justement qu'on ne rate pas le coche quand il y a des projets problématiques.
- Speaker #0
Des sentinelles, des veilleurs, le fait de la communication. Est-ce que tu trouves que les associations, les structures, parce qu'il n'y a pas que des associations comme Pro Natura ou tous ceux qui ont un peu attrait avec la transition et la défense de l'environnement de manière générale, est-ce qu'il manque de presse, de communication ? Est-ce qu'il manque de com, de publicité ?
- Speaker #1
Ça, je ne sais pas. Je ne pourrais pas te dire. Je pense que comparé à la publicité des grandes marques de soda, par exemple, de la fast-food, c'est vrai que ça serait bien de pouvoir équilibrer un petit peu. Après, on a d'autres manières de communiquer. Le fait qu'on ait autant d'écoles qui passent par nos centres nature, c'est une autre manière de communiquer qui, je pense, est beaucoup plus impactante. que du martèlement de cerveau avec des affiches dans l'espace public.
- Speaker #0
Pas de greenwashing, mais de la pédagogie sur le terrain.
- Speaker #1
C'était quoi ça ?
- Speaker #0
On a fait une alerte. Alors, on arrive un peu au terme, Sarah. Avant de se quitter, j'aimerais revenir avec toi sur cet été exceptionnel que nous avons vécu en 2026 avec des températures fantastiques. Un gros coup d'alarme peut-être, comme ce son qu'on a eu à l'instant. Est-ce que tu as eu le sentiment dans tes rencontres, notamment lors de ce festival Alternativa, de ce week-end, que les gens ont pris un peu conscience de ce qui était en train de se passer, du risque, que nous étions en train de courir, et peut-être des alternatives qui existaient déjà, dont tu fais partie, et de ceux qui se battent pour que d'autres choses, d'autres mondes soient possibles ? Quel est ton sentiment ?
- Speaker #1
Mon sentiment général est que le village d'Alternatiba, je ne crois pas que sa vocation soit de convaincre des autres personnes, mais peut-être de redonner, de réinfluer de l'espoir et de l'énergie dans cet écosystème d'acteurs qui essayent de changer les choses, donc de garder la niaque en fait. Et effectivement, je pense que c'est important de voir les différents leviers qui existent et puis de... Oui, de pouvoir se reconnaître et se renforcer les uns les autres.
- Speaker #0
Se connaître, se renforcer les uns les autres. C'est une grande famille en somme.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Merci beaucoup Sarah de chez Pronatura. Ravi en tout cas de t'avoir eu ici au micro du Vélo qui parle. Est-ce que tu as passé un bon moment ?
- Speaker #1
Très bien, c'est un plaisir de faire ta connaissance. Merci pour cet espace d'échange.
- Speaker #0
C'est fait pour et à partager évidemment sur les réseaux. Salut !
- Speaker #1
Salut !