Speaker #0Musique Musique Bonjour et bienvenue sur le podcast Le Yoga en Vous. Je suis Bérangère, professeure de yoga à Caen et en ligne chez Béry Yoga. Ici, je vous propose des réflexions et des conseils pratiques pour intégrer le yoga à votre vie quotidienne, mieux comprendre ses bienfaits et vous reconnecter à vous-même avec bienveillance. Bonne écoute ! Hello ! J'espère que tu vas bien. En tout cas, je suis très heureuse de te retrouver après ces vacances. Et comme cet épisode sort le 1er septembre, J'avais envie de te proposer un épisode vraiment de rentrée. Le thème de cet épisode, c'est tu n'as pas besoin de te reprendre en main. Parce que, je ne sais pas si ça te fait ça aussi, mais pour la plupart des gens, je pense, la rentrée de septembre, c'est comme la deuxième période des bonnes résolutions. Donc, il y a bien sûr le mois de janvier, où on décide qu'on va faire davantage de sport, mieux manger, moins travailler peut-être, prendre plus de temps pour soi, mieux dormir. Et puis, quelques mois plus tard, septembre arrive et on recommence en fait. Et donc, le mois de septembre a pas mal de choses en commun avec le mois de janvier. On a comme une impression de nouveau départ. En septembre, plus spécifiquement, on ressort les agendas, on organise les activités des enfants, on reprend le travail, on recommence à planifier les semaines. Et dans tout ça, on se dit aussi qu'on va profiter de cette rentrée pour changer certaines choses. Par exemple, on se dit, cette année, je vais vraiment faire du sport. Cette année, je vais vraiment faire attention à ce que je mange. Je vais prendre davantage soin de moi. Cette année, je vais arrêter de courir partout. Et puis parfois, derrière ces bonnes intentions, il y a quelque chose d'un peu moins léger. Cette idée qu'il faudrait peut-être profiter de septembre pour devenir une meilleure version de soi-même. Une expression que d'ailleurs, je n'aime pas. pas du tout. Mais on se dit qu'on pourrait devenir une version plus organisée, de soi-même plus sportive, plus mince, plus tonique, plus énergique, plus sereine. Comme si la personne que tu es aujourd'hui n'était pas tout à fait celle que tu aimerais être. Et c'est justement cette idée que j'ai envie d'interroger avec toi aujourd'hui. Parce que, disons les choses clairement, je ne pense pas que le problème soit de vouloir changer, c'est tout à fait louable. Avoir envie de prendre soin de soi, de bouger davantage. de se sentir mieux dans son corps, de retrouver de la force ou de la mobilité, ce sont de très belles envies, on est d'accord. Mais j'aimerais qu'on se demande ensemble d'où vient cette envie de changement. Est-ce que tu veux prendre soin de ton corps parce que tu l'aimes et que tu as envie de l'accompagner ? Ou est-ce que tu cherches à le transformer parce que tu considères qu'il n'est pas suffisamment bien aujourd'hui ? Et cette différence est beaucoup plus importante qu'elle en a l'air. Et c'est ce qu'on va voir dans l'épisode d'aujourd'hui. Donc revenons sur la rentrée. Donc la rentrée, c'est le moment où on se met facilement à faire la liste de tout ce qu'on pourrait améliorer. Tu reprends ton quotidien et tu te dis qu'il faudrait être plus organisé. Tu regardes ton agenda, par exemple, et tu réalises que les semaines vont encore être bien chargées. Tu penses au repas, au travail, aux enfants, aux rendez-vous. Et puis tu penses à ton corps. Peut-être que tu as moins bougé pendant l'été, peut-être que tu as mangé différemment, peut-être que tu as dormi à des horaires inhabituels, peut-être que tu as simplement profité de tes vacances et tu as bien raison. Et quand tu reprends ton rythme habituel, tu constates que ton corps a changé. Par exemple, tu montes les escaliers et tu remarques que tu es un peu plus essoufflé que d'habitude. Par exemple, aussi, tu fais quelques mouvements et tu trouves tes jambes ou ton dos plus raides. Ou alors, tu remets un pantalon et tu te trouves plus serré dedans. Immédiatement, le constat devient un jugement. Ah, je me suis laissé aller. Il faudrait que je me remette au sport. Il faut que je fasse attention. Et tu vois, quand tu fais ça, tu observes donc quelque chose qui est neutre, ton corps a changé. Mais presque immédiatement, tu lui attribues une valeur. Soit c'est bien, soit c'est mal, soit je suis mince, ou alors je dois perdre du poids, ou alors je suis souple, ou je suis raide. Et quand on fait ça, finalement notre corps devient une sorte de bulletin de rentrée. Il faudrait améliorer certaines choses, ou il faudrait en corriger d'autres. Il faudrait réparer certaines choses. Et je trouve ça dommage parce que notre corps n'est pas un devoir de rentrée. Notre corps n'a pas besoin d'être remis à niveau. pour qu'on puisse prendre soin de lui. Donc maintenant, on va poursuivre dans cette idée et se demander si le problème n'était finalement pas notre corps. Imagine que tu retrouves une amie après plusieurs mois et qu'au moment où tu la vois, tu lui dis « bon, il faudrait quand même que tu t'améliores » . Et tu lui fais la liste de tout ce qui ne va pas chez elle, son organisation, son alimentation, sa condition physique, son travail, sa façon de gérer son quotidien. Eh bien, si tu faisais ça, je pense qu'elle finirait très probablement par te dire que c'est vraiment pas très sympa de lui dire ça. Et elle aurait raison. Et pourtant, c'est souvent exactement la façon dont on se parle à soi-même. Souvent, nous nous autorisons une exigence envers notre propre corps que nous n'accepterions jamais envers quelqu'un que nous aimons. Et souvent, c'est le corps qui est particulièrement concerné. Souvent, on se dit « il faudrait que je perde ces quelques kilos » ou « il faudrait que je raffermisse mon ventre » , « il faudrait que je retrouve ma souplesse » . Il faudrait que je fasse quelque chose pour mon dos. Alors attention, je ne suis pas en train de dire qu'il ne faudrait rien faire. Tu peux avoir envie de perdre du poids, tu peux avoir envie de renforcer ton corps, tu peux avoir envie de retrouver de la mobilité ou d'améliorer ta condition physique. Mais la question que je trouve intéressante et que je voulais partager avec toi aujourd'hui, c'est est-ce que tu fais tout cela pour prendre soin de ton corps ? Ou parce que tu voudrais enfin avoir un corps que tu juges acceptable. Parce que, dans les deux cas, tu vas peut-être faire les mêmes exercices, mais tu ne vas pas les vivre de la même manière. Si tu fais du renforcement parce que tu veux avoir davantage de force pour continuer à porter tes courses, monter les escaliers ou profiter de tes activités dans quelques années, ton intention est très différente de celle qui consiste à regarder tes bras dans le miroir et à te dire qu'il faut absolument les transformer. Si tu fais du yoga parce que tu veux mieux bouger et mieux comprendre ton corps, Ton intention est différente de celle qui consiste à penser que tu devrais être capable de mettre ta jambe derrière ta tête parce que tu as vu quelqu'un le faire sur Instagram. Et c'est justement là que le yoga peut nous apporter quelque chose de très intéressant. En yoga, tu ne pars pas du corps que tu aimerais avoir. Tu pars du corps que tu as aujourd'hui. Et ça, pour moi, c'est vraiment fondamental. Parce que ton corps d'aujourd'hui n'est pas forcément celui que tu avais il y a dix ans. Il n'est même pas forcément celui que tu avais la semaine dernière. Peut-être parce que depuis tu as mal dormi ou que tu as passé plusieurs heures assise. Peut-être que depuis tu as beaucoup marché, tu as peut-être fait du jardinage ou tu as eu une semaine très stressante ou alors tu es peut-être simplement dans une période où tu as moins d'énergie. Tout cela va avoir une influence sur ta manière de bouger. On va prendre un exemple, celui d'une posture simple, une flexion avant. C'est la pince ou la demi-pince où tu fais une flexion de hanche et le bas de ton ventre va se rapprocher du haut de tes cuisses. Il y a des jours où cette flexion de hanche, qui emmène ensuite à une flexion vers l'avant, ça va se faire très facilement. et d'autres jours où tu vas sentir beaucoup plus de tension à l'arrière de tes jambes. Peut-être d'ailleurs parce que tu n'auras pas pris soin de les étirer suffisamment, d'étirer suffisamment tes ischios jambiers. Il y a des jours où ton dos va rester vraiment long. Souvent, je donne à mes élèves l'image d'un plaie mobile. Tu vois, tu plies vraiment au niveau des hanches comme un plaie mobile et ton dos reste bien long. Donc peut-être que ça, tu vas le faire certains jours. Voilà, facilement, en utilisant bien la force des jambes, et d'autres jours, d'autres fois où ça sera plus difficile. Si tu cherches juste à reproduire une forme, c'est là que tu vas avoir des difficultés, que tu risques de te faire mal. Alors que si tu pars de ton corps tel qu'il est au moment où tu fais la posture, tu vas pouvoir te demander qu'est-ce qui se passe aujourd'hui dans mon corps ? Est-ce que je peux aller un petit peu plus loin ? Est-ce qu'un support pourrait m'aider ? Est-ce que peut-être je manque d'étirement dans l'arrière des jambes et du coup je dois peut-être fléchir les genoux ? Est-ce que cette posture est réellement adaptée à mon corps aujourd'hui ? Et donc c'est exactement cette manière de regarder le mouvement que j'aime transmettre dans mes cours. Donc moi l'idée c'est surtout pas de dire fais cette posture comme ça, mais l'idée c'est plutôt de t'aider à comprendre pourquoi tu le fais comme ça et comment tu peux adapter la posture. et qu'est-ce que tu dois travailler en amont pour pouvoir exécuter la posture. On a tous et toutes des morphologies différentes, des proportions différentes, des mobilités différentes. On a tous des histoires aussi corporelles différentes. Et notre corps évolue au fil du temps. Donc si on tient compte de tout ça, on comprend bien qu'un mouvement ne peut pas être identique pour tout le monde. Alors je voudrais revenir sur un point important aussi, respecter son corps. ne veut pas dire ne plus progresser. Ce n'est pas je m'écoute donc je ne fais plus rien qui soit difficile. Ce n'est pas non plus je respecte mes limites donc je dois rester exactement là où je suis. C'est vraiment pas ça. L'idée c'est que tu peux progresser, tu peux gagner en mobilité, tu peux développer ta force. Tu peux aussi améliorer ton équilibre, apprendre de nouvelles postures. Tu peux peut-être réussir à faire aujourd'hui quelque chose qui te semblait impossible il y a quelques mois. Mais ce qui change, c'est la manière dont tu regardes cette progression. Tu n'as pas besoin de considérer ton corps d'aujourd'hui comme un échec pour avoir envie d'aller plus loin. Tu peux simplement être curieux, curieuse. Ah tiens, aujourd'hui j'arrive à aller un peu plus loin. Tiens, aujourd'hui je me sens plus stable. Ah tiens, cette posture elle est devenue plus facile pour moi. Ou, ah j'ai enfin compris comment placer mon bassin. Ça c'est quelque chose qui me tient à cœur, le placement du bassin. Et donc c'est une progression qui part de la curiosité et pas du rejet. Et je crois que c'est une nuance très importante parce que si tu pars de l'idée que ton corps est insuffisant, tu risques de ne jamais être satisfait, satisfaite. Parce que dans ce cas-là, tu atteins un objectif et immédiatement un autre apparaît. Ou alors tu gagnes en souplesse. et alors tu veux encore plus de souplesse. Ou alors tu fais un vrai travail de renforcement, de tonification des jambes et tout de suite, une autre chose à corriger apparaît. Ou alors tu perds du poids et là tu regardes tout de suite une autre partie de ton corps à corriger. Alors que si tu pars de la curiosité, chaque progrès devient simplement une information supplémentaire sur ce dont ton corps est capable. Et ça, je trouve ça beaucoup plus joyeux. Et moi, je suis pour remettre de la joie dans le yoga. Et puis, il y a autre chose que j'aimerais te dire à propos de cette rentrée. Tu l'as peut-être remarqué, on aime beaucoup les grandes décisions. On aime beaucoup se dire, ah, cette année, je vais faire du sport trois fois par semaine. Ou je vais méditer tous les matins. Ou je vais marcher une heure par jour ou dix mille pas par jour. Ou alors, je vais cuisiner moi-même tous mes repas. Sur le papier, c'est parfait. Mais tu sais très bien que la vie ne va pas devenir parfaite le 1er septembre. Ton travail sera toujours là. Tes enfants auront toujours leurs activités, leurs demandes. Tu auras toujours des imprévus. Il y aura toujours des nuits où tu dormiras mal. Des journées où tu seras fatigué. Des moments où tu n'auras aucune envie de faire du sport. Et c'est normal. Et donc si on tient compte de tout ça finalement, ce qui transforme réellement notre quotidien, ce n'est peut-être pas la grande décision spectaculaire, mais ce sont des petits rendez-vous réguliers. Par exemple, le cours de yoga du mardi, ou les 10 minutes de respiration que tu prends chez toi, ou la promenade que tu fais régulièrement, ou la posture que tu refais parce que tu as compris quelque chose qui te fait du bien. Et surtout la répétition, parce que... Juste une heure de yoga toutes les semaines pendant un an, peut-être que ça ne te semble pas beaucoup, mais en fait ça représente énormément de temps passé à prendre soin de ton corps. Et bien plus qu'un programme intensif que tu suis pendant trois semaines avant de l'abandonner. Et c'est aussi pour ça que je préfère parler de rendez-vous plutôt que de résolution. Une résolution, tu peux la prendre un 1er septembre et l'abandonner un 20 septembre. Alors qu'un rendez-vous, tu le retrouves encore et encore. Et parfois le rendez-vous le plus important c'est celui que tu gardes précisément les jours où tu n'es pas motivé. Ça peut juste être 5-10 minutes de marche, c'est déjà ça, ou 5 minutes de respiration, ou 5 minutes de posture de yoga. Et juste ces 5 minutes comptent. Et là, tu te rends compte que finalement, tu n'as pas besoin d'avoir envie pour prendre soin de soi, mais tu peux simplement avoir décidé que ce petit moment-là compte. Ah là, c'est mon petit rendez-vous avec moi-même. Voilà, c'est juste 5 minutes, 10 minutes, sans avoir besoin d'être une énorme séance ou quelque chose de très difficile vraiment à mettre en place. Et enfin, j'aimerais partager avec toi ce que le yoga change vraiment. Avec le temps, en fait, ce sont des choses très simples qui commencent à changer. Tu peux remarquer que tu t'assieds mieux sur ta chaise, devant ton ordinateur, que tu prends davantage conscience de ta respiration, ou alors que tu sais comment relâcher certaines tensions. Peut-être que tu vas commencer à comprendre Pourquoi certaines postures te conviennent et d'autres moins ? Tu peux sentir que tu as gagné en force ou en mobilité, ou simplement confiance dans tes mouvements. Et surtout, tu vas peut-être commencer à avoir une relation différente avec ton corps. Tu ne le regardes plus uniquement comme quelque chose qu'il faudrait améliorer, mais tu commences à l'observer, à le comprendre, à le respecter, à savoir ce qui lui convient. Et cette relation-là, elle peut dépasser largement le tapis de yoga. Et c'est d'ailleurs ce que j'encourage mes élèves à faire. Cette relation avec ton corps, elle peut t'accompagner quand tu portes tes courses, quand tu montes un escalier, quand tu travailles devant ton ordinateur, quand tu fais du jardinage ou quand tu joues avec tes enfants ou tes petits-enfants. Parce que le but du yoga, ce n'est pas que tu sois excellente sur un tapis. Le but du yoga, c'est notamment que ce que tu apprends, sur le tapis puissent t'accompagner dans ta vie. Et ça, j'y tiens beaucoup. Alors, en conclusion de cet épisode, j'aimerais te dire que bien sûr, cette rentrée, tu peux évidemment avoir envie de changer certaines choses, de bouger davantage, de retrouver de la force, d'améliorer ta mobilité, de te sentir mieux dans ton corps. Mais tu n'es pas obligé de commencer par te dire que tu dois te réparer. Voilà, te corriger. Tu peux commencer exactement là où tu es, avec ton corps d'aujourd'hui, ton énergie d'aujourd'hui, ta mobilité d'aujourd'hui, ta vie telle qu'elle est, et avancer petit à petit. Alors donc cette rentrée, plutôt que de te demander qu'est-ce que je dois changer chez moi, j'aimerais te proposer une autre question. De quoi ai-je besoin aujourd'hui ? Et peut-être que la réponse sera de bouger ou de respirer. Peut-être que ça sera de te reposer. Peut-être que ce sera simplement de prendre une heure pour toi. Et si tu choisis le yoga, si c'est le yoga dont tu as besoin aujourd'hui, ne te demande pas si tu es assez souple, assez sportive ou assez en forme pour commencer. Le yoga n'attend pas que tu sois prêt ou prête. Tu peux commencer exactement avec le corps que tu as aujourd'hui. Parce que ton corps n'est pas un devoir de rentrée. Et toi, tu n'es pas un projet à améliorer. Donc cette rentrée... S'il te plaît, n'essaie pas de devenir une nouvelle version de toi-même, une meilleure version de toi-même. Prends simplement des rendez-vous avec toi et demande-toi ce dont tu as besoin. Et si c'est du yoga dont tu as besoin cette année, et bien justement, en cette rentrée, les cours reprennent à Caen, chez Bera Yoga, en petits groupes et en ligne. Donc si tu as envie de faire du yoga dans une approche respectueuse du corps humain, avec des adaptations qui tiennent compte, de la physiologie et des particularités de chacun, chacune, tu peux retrouver le planning des cours et toutes les informations dans la description de l'épisode. Merci beaucoup pour ton écoute. J'espère que cet épisode t'a plu et je te dis à très bientôt pour un prochain épisode du Yoga en vous. Bye !