Speaker #0Leader Vox, Leader Vox. Bonjour et bienvenue dans Leader Vox, le podcast produit par l'agence Catch On pour vous aider à mieux présenter vos idées sur scène, en réunion ou face caméra. Je suis Olivia, cofondatrice de Catch On et coach certifiée en prise de parole. Depuis plus de 20 ans, j'évolue dans les coulisses des entreprises. J'ai vu des centaines de leaders monter sur scène, s'exprimer en CODIR ou animer des réunions stratégiques. Et j'ai observé un phénomène aussi fascinant que frustrant : Le décalage entre l'écoute et l'impact. Alors aujourd'hui, nous allons comprendre pourquoi une bonne présentation est parfois l'ennemie d'une prise de parole efficace et comment passer de l'orateur que l'on applaudit à l'orateur déclencheur. Voici 4 leviers pour transformer vos paroles en actes et enfin faire bouger les lignes. Et si vous aussi vous voulez aller plus loin dans votre propre jeu oratoire, retrouvez mes accompagnements sur catch-on.fr. Mais pour l'heure, place aux leviers ! Dans mon métier, j'observe souvent ce que l'on appelle le syndrome de l'explicateur. C'est ce leader qui pense que son rôle est de démontrer, encore et toujours. Il déploie des arguments solides, une structure maîtrisée, une logique implacable, mais en réalité, il ne s'adresse qu'au néocortex de son auditoire. Le néocortex, c'est le siège de la raison. C'est la partie de notre cerveau qui traite les données, qui calcule et qui analyse. Mais attention, si le néocortex est un expert de l'analyse, Il est incapable de traduire cette compréhension en un plan physique. En clair, on peut convaincre le néocortex d'un collaborateur avec des chiffres et des arguments, il sera d'accord avec vous. Mais il ne se mettra pas en mouvement. Pourquoi ? Eh bien parce que pour passer à l'action, il faut descendre d'un étage. Il faut aller toucher les émotions, une autre partie du cerveau. En expliquant trop, vous placez votre auditoire dans une posture de spectateur critique. Il décortique vos chiffres. Il scrute vos courbes, il juge votre cohérence. Votre public est actif intellectuellement, certes, mais il reste passif physiquement. C'est là aussi qu'apparaissent les réflexes dominants que l'on retrouve dans nos réunions, dans les séminaires d'entreprise ou dans les CODIR. L'empilement des intentions. Vous savez ces fameux « il faudrait que » , « on devrait » ou encore « on en reparle » . Ces formulations sont des mots-nuages. Ils flottent dans l'air de nos réunions à nos conférences, puis s'évaporent dès que l'auditoire quitte la salle. Pour que votre parole devienne un moteur, il ne suffit pas que l'autre comprenne. Il faut que l'autre s'engage. Alors comment sortir de ce syndrome de l'explicateur ? Comment quitter la sphère de l'analyse pour rentrer dans celle de l'impact ? Pour transformer l'écoute de votre auditoire en une véritable impulsion d'agir, il faut changer la nature même de votre communication. J'ai identifié 4 leviers fondamentaux à intégrer directement dans vos prochaines prises de parole. 4 leviers pour cesser de seulement informer et commencer à mobiliser l'énergie de vos équipes. Levier 1, la micro-adhésion ou le constat partagé. Ne forcez pas la porte, faites-la ouvrir de l'intérieur. En psychologie sociale, on appelle ça l'amorçage. Le piège classique, c'est d'imposer une décision clé en main. Par exemple : "à partir de demain, nous changeons notre méthode de reporting. Vous utiliserez un nouveau logiciel". Résultat, il y a une forte probabilité de résistance. Parce que vous imposez une solution à un problème que votre auditoire n'a peut-être pas encore fait sien. A l'inverse, si vous commencez par demander « Partagez-vous le sentiment que notre méthode de reporting actuelle nous prend trop de temps ? » Si l'équipe répond « Oui » , alors elle vient de signer un contrat moral avec vous. La solution que vous présenterez ensuite ne sera plus une contrainte subie, mais une réponse à un problème qu'ils ont eux-mêmes validé. Retenez ceci, on ne mobilise pas contre les gens, on mobilise avec un constat partagé. Levier 2, l'effet "pied dans la porte". Les leaders voient l'Everest, vos collaborateurs, eux, voient surtout l'ascension. C'est le deuxième levier, la gestion de l'effort perçu. En tant que leader, vous portez souvent une vision à 3 ou 5 ans. C'est votre rôle. Mais si vous demandez à votre public de sauter directement à l'an 5, vous allez le paralyser. Pour éviter cela, vous devez insérer dans votre discours ce que j'appelle l'action "pied dans la porte". Une demande minuscule, immédiate, presque dérisoire, que vous formulerez pendant que vous avez encore le micro en main. Au lieu de réclamer d'emblée un plan d'action complexe, Demandez par exemple : "en une phrase, quel est aujourd'hui votre principal point d'attention sur ce sujet". La demande est simple, l'action facile, elle lève les freins et prépare le terrain pour un engagement bien plus important. C'est prouvé. Levier 3. La clarté évite le brouillard. Le troisième levier, c'est la manière dont vous formulez les choses. Pour engager, le leader doit bannir le flou dans ses propos. Les phrases comme « on se tient au courant » , « il faut qu'on avance » ou encore "On revient vers vous". Elles sont la signature de l'échec de l'engagement, parce qu'elles ne décrivent ni une action, ni un responsable, ni un délai. Autrement dit, le cerveau de votre interlocuteur n'a absolument rien à quoi se raccrocher. Pour qu'un cerveau se mette en marche, il a besoin d'images concrètes et de cadres. Une action mobilisatrice doit répondre à une règle d'or, qui fait quoi et pour quand. En coaching, je travaille fréquemment sur ces formulations parce qu'une parole qui fait bouger est une parole qui nomme. Remplacez vos formulations passives par des affirmations cadrées. Par exemple : "qui prend ce point en charge ?", "Quelle option retient-on ? : La A ou la B ?", "On teste pendant 10 jours et ensuite on ajuste". Ces exemples annoncent une action précise, une conséquence, un engagement social. Et c'est dans ce cadre que les actions des autres peuvent enfin s'inscrire. Enfin, le levier 4, l'ouverture vers le futur. Le quatrième levier se joue dans vos tous derniers mots. 90% des orateurs gâchent leur impact avec un « merci de votre attention » , un « voilà, j'ai terminé » ou le classique « avez-vous des questions ? » . Ces phrases marquent la fin de votre intervention, mais elles n'ouvrent sur rien. Votre rôle ? c'est de montrer la marche à suivre. Très concrètement, une conclusion efficace pour générer une action doit valider 4 points. 1. Ce que je propose ici et maintenant. 2. Ce que ça change pour vous. 3. Ce que vous pouvez faire rapidement. 4. Ce à quoi, en tant que leader, je m'engage. C'est ainsi que votre auditoire parvient à se projeter. Sans cela, l'écoute reste une simple écoute. Un moment certes agréable, mais avec peu d'effet. En conclusion de cet épisode, je vous laisse sur cette réflexion : La réussite de votre prise de parole ne se cache pas dans la beauté de vos métaphores, ni dans la perfection de votre posture. Elle se mesure à ce que votre auditoire va faire, juste après vous avoir écouté. Récapitulons nos quatre leviers. 1. obtenez une micro-adhésion pour valider le diagnostic, 2. Proposez une micro-action pour amorcer le mouvement, 3. Soyez d'une précision chirurgicale dans vos demandes, 4. Ouvrez sur la suite en montrant le chemin. Si cet épisode vous a donné quelques clés, je vous invite à appliquer tout de suite le levier 2, celui de la micro-action. Si le concept de LeaderVox vous plaît et que vous voulez nous aider à le faire rayonner, partagez-le ! et laissez un max d'étoiles sur votre plateforme d'écoute. C'est simple, rapide, mais c'est ce qui permet à LeaderVox d'être découvert par d'autres. Merci pour votre écoute et je vous dis à très vite !