Speaker #0Vous avez peut-être déjà raté une présentation à l'oral à cause du trac. Pourtant, vous aviez travaillé, vous étiez prêt. Et malgré tous vos efforts, le stress, le syndrome de l'imposteur ont pris le dessus. On vous avait même appris à respirer profondément, à vous faire confiance parce que vous allez gérer. Malgré ces précieux conseils, au moment de prendre la parole, rien ne va plus. En tout cas, c'est ce que vous ressentez. Ce qui vous fait perdre vos moyens n'est probablement pas le trac lui-même, mais la manière dont vous le gérez. Parce que vous le traitez comme une menace à faire disparaître, alors qu'il peut devenir tout autre chose, un levier de performance. Bienvenue dans LeaderVox, le podcast produit par l'agence Catchon pour mieux présenter vos idées sur scène, en réunion ou face caméra. Moi, c'est Olivia, votre hôte et aussi coach en art oratoire. Parce que je l'ai vécu, en compétition sportive, le mental peut vous faire perdre vos moyens ou devenir un véritable booster, à condition bien sûr de savoir le canaliser. C'est exactement ce qu'enseignent les préparateurs mentaux aux athlètes. Savoir réguler les sensations parasites comme le stress pour le transformer en énergie utile. Alors dans les prochaines minutes, je vais vous partager leurs méthodes adaptées à la prise de parole en public. A la fin de cet épisode, vous repartirez avec trois techniques prêtes à tester. Commençons par définir ce qui se passe dans notre corps quand le stress s'active. Rassurez-vous, il ne se passe rien d'anormal. Plongeons au cœur du cerveau. Lorsque nous subissons un stress, une toute petite structure s'active, l'amygdale. Elle détecte ce qu'elle perçoit comme un danger, le regard des autres, le jugement, la possibilité d'échouer. Et immédiatement, elle déclenche un réflexe de survie extrêmement performant, fuir ou combattre. Deux hormones entrent alors en jeu, l'adrénaline, avec le cœur qui s'accélère, la transpiration qui augmente, une vigilance maximale. Puis le cortisol. Il permet de libérer de l'énergie pour soutenir l'effort dans la durée, mais lorsque son niveau reste trop élevé, c'est lui qui trouble la concentration et peut provoquer quelques bugs de mémoire. La bonne nouvelle, ces deux hormones peuvent devenir des alliées. Et vu comme ça, ça change tout. Des chercheurs ont observé que deux personnes avec le même niveau de stress peuvent performer de façon totalement différente. Les mêmes sensations physiques mais au final des résultats opposés. La raison est la suivante, la performance ne dépend pas du niveau de stress mais du sens qu'on lui attribue et ce constat est fondamental. Quand le trac est perçu comme une menace, il fait perdre ses moyens. Quand il est perçu comme un signal de préparation à l'action, il augmente le potentiel de performance. On parle alors de zone optimale d'activation. Ce qui signifie que la performance ne se trouve ni dans l'apathie ni dans la panique. Elle se construit dans un juste niveau d'intensité. Alors comment transformer le trac en moteur de performance ? Eh bien, en agissant d'abord sur la pensée. Sous pression, le cerveau active un biais cognitif qu'on rencontre fréquemment, le catastrophisme. Vous savez, ce fameux syndrome de l'imposteur qui fabrique automatiquement le pire scénario possible et le traite comme probable. Et si je perds mes mots ? Et si les gens perçoivent mon stress ? Et si ma présentation ne plaît pas ? Ces pensées semblent réelles, certaines presque inévitables. Heureusement, elles ne prédisent rien. Ce sont des pensées parasites et ces pensées peuvent se reconditionner. Concrètement, tout se joue dans un simple déplacement de perception. Passer d'une pensée orientée résultat, je ne dois pas rater, à une pensée orientée action. Qu'est-ce que je veux que cette personne ou cette salle pense, ressente ou fasse différemment après m'avoir écoutée ? A vous de le définir, mais avec une réponse précise et concrète. Voici une reformulation que je propose souvent aux professionnels que j'accompagne et que vous pouvez évidemment tester. Remplacez votre focus sur l'obligation de résultat par « voilà ce que j'ai envie d'apporter » . Vous déplacez ainsi le poids de l'obligation vers celui de l'enthousiasme. Inspirez ceux qui vous écoutent. Ce déplacement de perception change tout simplement l'état mental et émotionnel. L’attention quitte la peur pour revenir à la mission. le trac change de nature. Vous voyez la logique ? Le corps produit l'énergie, le cerveau lui donne un sens, et ce sens détermine la performance. Pour être plus concrète, voici trois techniques opérationnelles pour faire basculer la nature de votre trac lors de vos prises de parole. Nous venons de voir comment agir sur les pensées, mais le trac n'est pas seulement mental, c'est aussi une énergie qui a besoin d'être canalisée. Revenons à nos préparateurs mentaux de sportifs. Ils utilisent un triptyque très intéressant. Activer, visualiser, projeter. Et vous allez voir à quel point ce triptyque est pertinent dans le contexte de la prise de parole. Technique numéro 1, activez le corps. Faites appel à vos souvenirs, à ces sportifs qui dans le sas de départ se tapent les cuisses, les épaules, sautent sur place avant de performer. L'adrénaline et le cortisol activent l'organisme, ils préparent le corps à agir. Mais si cette activation reste sans mouvement, si vous restez statique en coulisses, ou à votre place à attendre votre tour, vous la laissez s'accumuler, un peu comme une cocotte minute, et une énergie qui ne circule pas se transforme en tension, en crispation ou en tremblement. Comme les athlètes, je vous recommande de prendre quelques minutes juste avant votre prise de parole pour activer votre corps. Faites quelques pas à bonne allure, mobilisez vos épaules avec des grands cercles en avant, en arrière, secouez les mains comme si vous les séchiez, expirez fort par la bouche, deux ou trois fois. L'activation physique légère donne le signal « ça va bientôt être à toi » . Réduit l'anxiété et améliore la régulation de l'oxygène dans le corps. Rapidement, ça ramène le corps dans sa zone d'activation optimale. Technique numéro 2, la visualisation. La visualisation est une technique classique dans la préparation mentale. Au JO de Milan Cortina, vous avez sans doute prêté attention à ces skieurs qui, juste avant le départ, ferment les yeux et rejouent leur descente avec un léger mouvement de corps. Vous savez pourquoi ? Pourquoi ? Parce que lorsque vous visualisez une action avec précision et intensité, vous activez en partie les mêmes circuits cérébraux que lors de l'action réelle. Pour le cerveau, une visualisation précise est déjà une répétition mentale. Elle réduit l'incertitude et forcément diminue le stress. Alors mettez-vous dans votre bulle, fermez les yeux, respirez calmement. Commencez la visualisation depuis l'intérieur, comme si vous y étiez. Visualisez votre entrée dans la salle. Les sons, l'odeur de l'espace, la température, l'endroit où vous allez vous installer. Visualisez votre posture, stable, ancrée, votre respiration aussi. Toujours les yeux fermés, entrez en contact avec votre public face à vous ou autour de vous. Ils sont sans doute attentifs, curieux. Certains seront peut-être sur leur téléphone, ça fait partie du jeu. Répétez mentalement votre première phrase. Écoutez votre ton, votre puissance vocale, votre vitesse. Vous pouvez aussi visualiser un imprévu, une question difficile ou un problème de micro par exemple. Observez votre calme, votre contrôle dans cette situation. C'est ce que les préparateurs mentaux appellent la répétition de résilience. Dites-moi en commentaire si vous avez déjà testé cette technique et ce qu'elle vous a apporté. Passons à la troisième technique, la projection vers l'impact. Changeons de situation, vous participez à une réunion stratégique. Vous devez défendre un projet sur lequel vous travaillez depuis des semaines. Vous y avez investi votre temps et sans doute beaucoup d'énergie pour le présenter à vos pairs, dans un environnement professionnel où, on le sait, parfois il y a des réticences programmées. Vous commencez votre exposé, tout se passe bien, jusqu'au moment où quelqu'un vous coupe la parole. Je ne suis pas convaincue. En une seconde, tout s'accélère, le cœur, le doute, les idées qui se bousculent, les mots qui viennent moins vite, et cette petite voix intérieure qui murmure Merci. tu n'as pas le droit à l'erreur. C'est dans ce moment-là que la technique de projection est un outil puissant pour garder le contrôle. Avec le stress, la moindre déstabilisation émotionnelle provoque un réflexe très humain, le repli sur soi. Et plus ce réflexe d'autocentrage s'installe, plus la performance diminue. La projection consiste à créer une inversion, reprendre le contrôle de vos émotions par votre détermination. Pourquoi êtes-vous là ? Cette fois, on parle d'impact réel, pas juste pour qu'ils apprécient ma présentation. Ça, ça reste centré sur vous. Mais par exemple, je dois prouver à mon manager que reporter cette décision est une erreur stratégique. Ou encore, mon équipe doit absolument repartir avec l'envie de tester ce nouveau process. La projection agit comme un aiguillage mental. Elle détourne votre attention du « comment je me sens » vers « qu'est-ce que je veux provoquer » . Résultat, le stress n'est plus au centre, la projection vers l'impact prend la place. Contrairement à l'idée reçue, les grands orateurs ne stressent pas moins. Ils savent principalement orienter leur stress au bénéfice des autres. Avec ces trois techniques, activer, visualiser, projeter, votre TRAC se transforme en énergie positive et utile. Vous l'aurez compris, le TRAC n'a pas pour mission de disparaître complètement. Et c'est une bonne nouvelle, parce que maintenant, vous savez à quoi il sert et quoi en faire. Dans les prochains jours, choisissez une seule de ces trois techniques. Activez. visualiser ou projeter et entraînez-vous avant votre prochaine prise de parole. Il suffit de quelques minutes par jour d'entraînement pour installer ses réflexes. Vous me direz ce que ça change. Et quand on nous dit que le sport est bon pour la santé, il est aussi excellent pour le mental. Et dans le sport, comme dans la prise de parole, votre seul adversaire, c'est vous. Avant d'enfiler vos baskets, et si vous ne voulez pas rater la suite, pensez à vous abonner à LeaderVox. Chaque épisode est conçu pour vous aider à mieux présenter vos idées à l'oral. Et si vous voulez aller plus loin et être accompagné personnellement, le lien est dans la bio.