Speaker #0Leader, Vox, Leader, Vox. Une ouverture dans une prise de parole, c'est un peu comme une première rencontre. On n'a jamais deux fois l'occasion de faire une première bonne impression. Et pourtant, beaucoup d'orateurs ratent cette occasion unique, souvent dans les 20 premières secondes. Et la raison tient souvent à une chose, un travail sous-estimé de l'exorde. Ce moment précis où votre auditoire entre ou non dans une première disposition d'écoute. Exorde est le terme rhétorique, mais aujourd'hui, on emploie plus facilement le terme d'introduction, d'ouverture, d'entrée en matière, d'accroche, d'attaque. Les mots s'adaptent à l'époque, l'objectif, lui, reste le même. Bienvenue dans LeaderVox, le podcast produit par l'agence Catch On pour mieux présenter vos idées sur scène, en réunion ou face caméra. Si vous écoutez ce podcast pour la première fois, je suis Olivia, formatrice et coach en art oratoire. Ici, on parle technique de prise de parole, éloquence et leadership. Et si ces contenus vous aident à affûter votre jeu oratoire, je vous invite à vous abonner. Dans les accompagnements que je mène, l'exorde est l'un des premiers points que nous retravaillons lorsqu'il s'agit de préparer une prise de parole. Parce que j'entends encore trop souvent des ouvertures de ce type. Bonjour à toutes et à tous, pour ceux qui ne me connaissent pas, je me présente, je vais vous parler de ce sujet aujourd'hui. Et parfois, certains orateurs ajoutent même une forme de cloasme. Après l'intervention très complète de mon homologue, que je remercie au passage, je vais essayer d'apporter quelques éléments complémentaires. Ce type d'entrée en matière ne crée ni attente, ni curiosité, ni adhésion. Il révèle surtout une chose, beaucoup d'orateurs cherchent d'abord à être acceptés avant de chercher à être écoutés. Or, une ouverture n'est pas faite pour recevoir la permission d'être là. Elle est faite pour installer une présence, une direction, une tension d'écoute. Autrement dit, pour capter l'attention, poser le sujet et rechercher la bienveillance. Vous l'avez compris, une ouverture de prise de parole qui marque ne peut pas se limiter à une simple formule de politesse. Parce qu'au tout début, votre auditoire ne décide pas encore s'il adhère à vos idées, il décide d'abord s'il a envie de vous écouter. Alors réussir l'ouverture d'une prise de parole, en quoi ça consiste ? Eh bien, c'est capter l'attention, créer une connexion et donner envie d'écouter la suite dès les premières secondes. Et l'enjeu devient encore plus fort à une époque dominée par deux adversaires marquants, le smartphone et la fatigue cognitive. Dans cet épisode, je vous propose trois types d'accroches pour attirer les faveurs de votre auditoire dès les premiers mots. Trois formes, trois effets différents, adaptés évidemment en fonction du contexte. La première, ouvrir par une question directe. Prenons cet exemple. Combien de fois avez-vous assisté à une présentation qui vous a laissé un souvenir mémorable ? Une question directe immédiatement votre auditoire, vous l'impliquez mentalement dans votre prise de parole. Vous ne le laissez plus dans une posture passive, de simple récepteur, il devient partie prenante de votre intervention. Sa participation devient même active puisque vous lui demandez de prendre position. Cela suppose deux précautions. D'abord, être prêt à aller chercher la réponse. Car poser une question et n'obtenir aucun retour serait évidemment contre-productif. Il faut donc être capable de relancer votre public pour l'obtenir. Un bras levé, un acquiescement, un vote et préparer une transition qui vous permet de reprendre immédiatement le fil de votre sujet, si les réponses partent dans tous les sens. La force d'une accroche qui questionne l'auditoire est à la fois de capter l'attention et aussi de créer une première connexion. C'est un type d'ouverture que vous pouvez utiliser facilement dès lors qu'une interaction est possible, dans le cas d'une convention, d'une table ronde, d'une conférence ou d'une réunion par exemple. La deuxième possibilité, ouvrir avec une anecdote personnelle. Bien choisie, elle est un procédé très efficace de connexion avec l'auditoire, presque communautaire parce que nous aimons tous, depuis notre plus tendre enfance, les histoires. L'anecdote personnelle active immédiatement plusieurs mécanismes intéressants, l'écoute, la curiosité, la visualisation. Nous aimons mettre une image sur des mots et une forme de bienveillance. Le partage d'une anecdote renvoie au privilège de la confidence. à notre propre expérience et aux émotions qui y sont associées. Il suffit simplement de dire « j'aimerais vous raconter une scène que j'ai vécue » et instantanément, nous avons envie d'écouter et de prêter attention. Si vous observez les formats TEDx, vous verrez que cette ouverture par anecdote personnelle revient très souvent parce qu'elle crée rapidement une connexion et convient aussi bien à une présentation qu'à une réunion en petit comité. Toutefois, cette technique exige aussi un point de vigilance. L'anecdote ne doit pas… tarder à révéler son intérêt, ni son lien direct avec le sujet que vous êtes en train de soutenir, car mal maîtrisée, elle peut produire l'effet inverse, faire perdre le lien avec le cœur du sujet. La troisième forme d'accroche plus audacieuse est celle de la contre-intuition, c'est-à-dire commencer son intervention en allant à l'encontre de ce que votre auditoire s'attend spontanément à entendre, croire ou penser. L'objectif ici : crée un léger déséquilibre intellectuel, parce qu'au moment où une phrase contredit ce que l'on attend, le cerveau cherche spontanément à résoudre ce qui lui paraît incohérent. Une tension très efficace car elle nourrit immédiatement la surprise, la curiosité et donc l'attention. Une contre-intuition doit sembler paradoxale au départ, mais devenir logique très vite. Dans l'un de nos événements, un intervenant a démarré par cette phrase. « Le jour où nous avons cessé de vouloir aller plus vite, nous avons recommencé à gagner. » Dans un monde où tout pousse à accélérer, l'idée même de ralentir produit forcément un décalage. Dans la salle, beaucoup se sont probablement demandé « que veut-il dire ? » . En réalité, le ralentissement qu'il évoquait n'avait rien d'une erreur de parcours. Il était volontaire, stratégique. et était devenu un véritable levier de performance. Ces trois formes d'accroche ont en commun de créer immédiatement une tension d'écoute et de maximiser vos chances de capter l'attention dès les premières secondes. Mais rien ne vous empêche d'utiliser d'autres formes d'accroche, l'humour, la citation, la provocation, la métaphorisation, etc. Parce que réussir l'ouverture d'une prise de parole, c'est vous donner une chance unique, celle qu'on se souvienne de vous et de ce que vous dites. La vraie question ensuite est celle du choix. Et la réponse dépend en grande partie du contexte. Parce qu'une bonne accroche ne doit pas simplement être brillante ou surprenante, elle doit surtout être juste. Votre accroche doit être adaptée à votre public, à votre sujet, mais aussi à votre personnalité. Si vous y prêtez attention, vous constaterez qu'à l'exception de quelques contextes très codifiés, il existe finalement peu de situations où une ouverture très conventionnelle s'impose réellement. Osez travailler ce moment, vous avez beaucoup à gagner à maîtriser cette technique. En contexte professionnel, attaquer fort dès l'ouverture de votre intervention est aussi une manière d'installer votre leadership et de sortir du lot. Si vous souhaitez faire progresser votre jeu oratoire, travailler votre présence et votre éloquence, c'est précisément ce travail que j'accompagne. Vous pouvez aussi me poser vos questions sur Instagram sur la page de LeaderVox. Je me ferai un plaisir d'y répondre. Je vous donne rendez-vous prochainement pour un nouvel épisode.