- Speaker #0
Bienvenue sur l'écho des museaux, le média associatif qui donne de la voix pour le monde animal. Je suis Marine, une passionnée d'animaux depuis toujours et ici je donne la parole aux associations, aux professionnels et à toutes celles et ceux qui s'engagent pour la cause animale. A travers des témoignages inspirants, de l'info et des conseils, ce podcast invite à repenser notre lien aux animaux et à mieux comprendre leurs besoins pour faire avancer avancé. un lapin aperçu une fois chez une connaissance, sans foin à volonté, recroquevillé dans une cage minuscule non adaptée à son espèce et dont la litière est souillée. Tout ça, ce sont des situations de maltraitance animale. Et quand on en est témoin, on peut se demander est-ce que je dois signaler la situation ? Et si oui, qui appeler ? Et pendant de nombreuses années, ces questions sont restées sans réponse claire. Entre les associations de protection animale locale, la police ou gendarmerie, sa mairie, un vétérinaire ou même les pompiers, beaucoup de personnes ne savent tout simplement pas vers qui se tourner. Et parfois, face au doute sur la situation, ou confrontés à la peur de mal faire, de dénoncer pour rien, certains signalements n'étaient finalement jamais faits. Et la souffrance des animaux concernés retombait dans l'oubli. Et puis, un numéro est apparu il y a deux ans. La ligne SOS Maltraitance Animale, joignable au 3677. Souvenez-vous, j'avais déjà rapidement présenté ce numéro la saison dernière. dans mon dixième épisode consacré aux droits animaliers. Et c'est justement ce qui m'a donné envie de consacrer un épisode entier à ce numéro et à une thématique finalement plus large qui est la considération de la maltraitance animale dans notre société. Lancée en juin 2024 par le Conseil National de la Protection Animale, le CNPA, l'E3677 est donc une ligne nationale dédiée au signalement de maltraitance animale. Le CNPA rassemble depuis plus de 50 ans des associations des vétérinaires, des juristes et différents acteurs du monde animal pour réfléchir ensemble aux enjeux de protection animale, faire évoluer les lois et porter des actions concrètes sur le terrain, comme le 3677. Et on peut dire que ce numéro a marqué un tournant dans le paysage de la protection animale en France, malgré seulement ses deux années de mise en service. Car oui, le 3677 est devenu bien plus qu'un simple numéro. C'est une porte d'entrée vers une société qui tolère de moins en moins la maltraitance animale et par extension la souffrance animale. C'est un véritable outil de libération de la parole, pensé pour simplifier les signalements, faciliter les sauvetages, et c'est aussi un révélateur de situations qui autrefois restaient dans l'ombre, invisibles ou banalisées, et qui aujourd'hui interpellent et parfois même choquent. Parce qu'appeler le 3677, ce n'est pas juste passer un appel. C'est vouloir aider cet animal qui souffre et qu'on ne parvient plus à ignorer, comme dans les situations que j'ai citées en ouverture d'épisode, et il y en a tant d'autres. C'est cette portée de bébés animaux tout juste nés, enfermés dans un sac et jetés dans un fossé, mais qu'on aura vu et qu'on ne pourra pas ignorer. C'est ce canari qu'on aperçoit lors d'un trajet régulièrement emprunté, à la fenêtre d'un appartement, sans aucune stimulation, dans une cage presque aussi petite que lui. Et c'est même ce mouton qu'on verra mal en point dans son champ et qu'on ne pourra pas ignorer non plus. Et parfois c'est simplement un doute, une situation qui ne nous semble pas normale, sans qu'on sache vraiment si on doit intervenir. Le 3677, c'est aussi cette dame qui hésite pendant des semaines avant de finalement oser signaler ce qu'elle voit quotidiennement à deux pas de chez elle, parce que les consciences évoluent, et parce qu'aujourd'hui, de plus en plus de personnes refusent de détourner le regard face à la souffrance animale. Et le 3677, c'est même cet enfant qui a grandi dans un foyer où la violence touche autant les animaux que les humains, parce qu'on va le voir, les situations de détresse humaine, de violence intrafamiliale, de précarité ou encore d'isolement, ont un lien, une corrélation avec la maltraitance des animaux. Et comprendre ce lien, enfin, devient aujourd'hui un véritable enjeu de société. Alors aujourd'hui, à l'occasion de la date anniversaire des deux ans du 36-77, qui arrive à grands pas à la fin de ce mois de juin, j'ai voulu donner la parole au CNPA qui l'a créé pour mieux comprendre ce qui se passe derrière la ligne et avant ça, la jeunesse du projet, comment l'idée est venue, combien d'acteurs mobilisés, comment les signalements sont pris en charge, puis après deux ans, quel en est le bilan, quels en sont les freins, etc. Et puis aussi, pourquoi est-il essentiel d'oser signaler une maltraitance animale ou une suspicion de maltraitance ? même lorsqu'on a un doute sur une situation. Pour en parler, j'ai l'immense plaisir de recevoir Lorenza Siciliano-Richard, vice-présidente du CNPA depuis octobre 2023, mais aussi vétérinaire, rédactrice pour des revues professionnelles vétérinaires, ancienne formatrice d'auxiliaires vétérinaires, et surtout, une véritable amoureuse des animaux depuis sa tendre enfance, engagée depuis de nombreuses années sur les questions de bien-être animal, mais aussi engagée pour une meilleure prise en compte du lien entre les violences animales et humaines. Dans cet épisode, Lorenza va nous aider à comprendre les coulisses du 3677, son fonctionnement, ses enjeux, les profils qui composent l'équipe, les difficultés du terrain, mais aussi les espoirs portés par ce dispositif en constante évolution, dans une société qui évolue aussi pour une meilleure inclusion des animaux, qu'ils soient de compagnie, de rente ou sauvage. Téléopérateur, enquêteur bénévole, brigade d'appui, partenaire, vous allez découvrir ce qui se passe réellement derrière ces quatre chiffres devenus en seulement deux ans, un symbole fort de l'évolution des consciences autour de la protection animale.
- Speaker #1
Je suis Lorenza Siciliano-Richard, je suis docteur vétérinaire. J'ai exercé pendant 15 ans en clinique canine et je suis désormais rédactrice pour des revues professionnelles. J'étais aussi jusqu'à fin 2025 formatrice pour des auxiliaires vétérinaires. Et depuis octobre 2023, je suis vice-présidente du Conseil national de la protection animale, le CNPA. Il y a trois raisons à mon engagement pour les animaux. Tout d'abord, la première, mon amour pour les animaux, il vient de celle que j'appelais ma petite sœur. En fait, c'était une chienne, Jessie, avec qui j'ai grandi. Ce n'était pas ma confidente, comme le font tous les enfants, je ne lui racontais pas mes histoires, parce que je voyais bien qu'elle n'était pas sur cette longueur d'onde-là. On n'avait pas vraiment besoin de parler pour partager des émotions, donc c'était vraiment sur un autre plan que la conversation. Et je l'observais beaucoup, et j'ai découvert avec elle sa sensibilité, en fait, la sensibilité des chiens, son point de vue. qui sont à la fois très proches et très différents de ceux des humains. On allait la faire vacciner tous les ans pour aller dans ma famille en Italie et son vétérinaire était le père d'une de mes copines de classe. Donc j'ai tout de suite été attirée par ce métier. Puis malheureusement, Jessie a disparu en Italie. Sa disparition m'a traumatisée parce que je me suis toujours demandé où elle était, si elle souffrait et comme on ne l'a jamais retrouvée, je n'ai jamais pu faire mon deuil. Donc je me suis retrouvée un peu perdue sans elle, dans un monde uniquement d'humains. un peu amputée d'une partie de moi-même, de cette vision, cette sensibilité différente que j'avais apprise avec elle. Donc c'est un peu difficile à décrire. Et d'ailleurs, ça m'a beaucoup aidée en consultation en clinique plus tard. J'ai accepté son deuil seulement quand je me suis dit qu'elle serait trop vieille pour être encore vivante. Et en gros, quand j'ai intégré l'école vétérinaire. La deuxième raison de mon engagement, c'est que le bien-être animal, à l'époque où j'ai intégré l'école vétérinaire, c'était il y a 30 ans, ce n'était pas du tout considéré comme actuellement. Et que ce soit pendant mes études ou mon exercice vétérinaire, il y a quand même beaucoup de choses qui m'ont choquée. Heureusement, il y a beaucoup de progrès aujourd'hui. Je ne critique pas mes confrères et consoeurs. Au contraire, il y a eu énormément d'évolution. Je parle d'un temps qui, heureusement, est passé. Et en tout cas, j'avais souhaité partager rapidement avec mes consoeurs et confrères à l'époque. L'idée qui, heureusement, aujourd'hui paraît évidente, mais elle n'était pas forcément à l'époque, que le soin des animaux passait par leur considération en tant qu'êtres sensibles et intelligents, même si nous ne partageons pas la même intelligence. Et ça, j'ai pu l'exprimer quand j'ai arrêté la clinique, en rédigeant les articles pour les revues professionnelles. La troisième raison qui m'a vraiment décidé à m'investir contre la maltraitance animale, c'est d'avoir vu certains comportements de propriétaires, des demandes d'euthanasie de convenance, des méthodes d'éducation violentes, Une incompréhension totale en fait des animaux. Et la goutte d'eau, ça a été la consultation d'un chien qui soi-disant était tombé dans les escaliers. Et ses plaies m'ont interpellée. On n'a pas de brûlure de cigarette quand on tombe dans les escaliers par exemple. Donc j'en ai parlé à sa propriétaire. Et en regardant la propriétaire, j'ai vu qu'elle avait un énorme œil au beurre noir qu'elle essayait de cacher avec sa mèche de cheveux. Donc évidemment ça m'a choquée sur le coup. et la dame m'a dit « Écoutez, « Faites-lui le traitement par injection, s'il vous plaît, parce que si mon mari voit que je lui donne des médicaments, il saura que je suis venue, il va être très en colère. » Donc, j'ai prétexté de sortir de consultation pour aller chercher l'injectable dans la pièce d'à côté pour en parler au vétérinaire chez qui je travaillais à cette époque-là. Et le vétérinaire a dit une phrase qui m'a choquée, puisqu'il m'a dit « Écoute, on est vétérinaire, on n'est pas assistante sociale. » Donc, je lui ai dit « Mais qu'est-ce qu'on attend ? » Alors, on attend que ce chien se fasse tuer, la propriétaire avec, et puis il y a des enfants au milieu de tout ça. Et en fait, le vétérinaire avait raison, on ne pouvait rien faire. Pourquoi ? Parce qu'on a un secret professionnel. Et aller dénoncer un cas comme ça à la police ou aux services sociaux, c'est trahir ce secret professionnel. Donc on n'avait pas le droit. Les seuls vétérinaires qui avaient le droit, avant de signaler des problèmes de maltraitance, c'étaient les vétérinaires sanitaires pour les élevages dans lesquels ils étaient vétérinaires sanitaires. Ils ont toujours l'obligation de le faire. Et depuis la loi contre la maltraitance animale de 2021, Les vétérinaires ont le droit aussi, enfin ils sont dispensés du secret professionnel en cas de maltraitance grave constatée pendant leur consultation.
- Speaker #0
En fait, les violences intrafamiliales, ça touche les enfants, les femmes, parfois même les hommes évidemment, mais aussi les animaux, et c'est vachement important de lever le tabou là-dessus aussi. Toi, tu as été dans cette situation, peut-être d'autres vétérinaires aussi, et je ne savais pas que vous n'auriez pas le droit de dénoncer ça en fait, à cause du secret professionnel. Et du coup, ça m'a interpellée aussi, tu ne travaillais qu'en clinique canine.
- Speaker #1
Oui, j'ai beaucoup travaillé sur la rurale, mais après en fait, pour les articles en Bourgogne, j'étais dans un monde rural. entourée de vétos ruraux avec qui j'ai sympathisé. Moi, disons, je ne suis jamais intervenue en rural.
- Speaker #0
Ok. Non, mais à une fois, c'était juste 100% chien, quoi. Ça existe ? Ah non,
- Speaker #1
canine, ça veut dire chien-chat.
- Speaker #0
Ah, ben tu vois, je ne savais pas.
- Speaker #1
Et nac.
- Speaker #0
Ok. J'ai eu le doute parce qu'à Lyon, il y en a une 100% félin.
- Speaker #1
Oui. Alors, en pratique vétérinaire, tu as la pratique canine, c'est chien-chat-nac. Et tu as la pratique rurale, c'est animaux d'élevage. Et puis, tu as la partie équine. Alors, je n'ai pas trouvé les chevaux. Et puis éventuellement, tu peux avoir une partie industrielle dans les élevages industriels, notamment de volailles, de porcs, etc.
- Speaker #0
Tu vois, je ne savais pas, c'est super intéressant ça !
- Speaker #1
Quand mes enfants étaient un peu plus grands, et dès que j'ai vu que ça existait, je me suis intéressée au diplôme de droit animalier, pour essayer d'agir à mon niveau sur la législation. Donc j'ai fait partie de la première... promotion du diplôme d'établissement protection animale de la science au droit en 2018. Et ensuite, j'ai passé mon diplôme universitaire de droit animalier Université de Limoges en 2022. L'année suivante, j'ai une amie vétérinaire qui m'a dit qu'elle allait s'investir dans une association en plein renouveau et qu'elle pensait que ça pourrait m'intéresser. Ça a été le cas. Donc, j'ai signé. Et c'est comme ça que je suis devenue en 2023 vice-présidente du CNPA. Le CNPA Il a été créé en 1970 par un vétérinaire, Fernand Méry, qui a fait beaucoup avancer la cause des animaux. Notamment, il a publié « Les douze devoirs de l'homme envers les animaux » en 1974, qui a mené à la Déclaration universelle des droits de l'animal en 1978 à l'UNESCO. Il y a eu aussi plein d'autres commissions. Ensuite, le CNPA a été plus ou moins actif pendant les périodes. Il y a un nouveau bureau qui a été mis en place le 24 octobre 2023. Ce bureau a évolué depuis. Actuellement, nous sommes sept membres. dans ce bureau, tous bénévoles. Quatre vétérinaires, une avocate, une journaliste et une ingénieure agronome. Je précise, parce que c'est important, que le CNPA, c'est une association apolitique, organe de réflexion sur la protection animale et le terrain. Donc on a des associations de protection animale, des vétérinaires, des avocats. Il y a beaucoup de monde qui nous accompagne et nous soutiennent. Et on a aussi des partenaires qui sont engagés et fiables. Les missions du CNPA, c'est réunir les associations et les acteurs de la protection animale. juristes, scientifiques, éthologues, etc. pour, entre autres, via des plaidoyers communs, avoir plus de poids auprès des décideurs politiques pour faire avancer la cause des animaux. Mais sa première action, ça a été la création de la ligne téléphonique nationale 3677 SOS Maltraitance Animale qui a été mise en service le 24 juin 2024 et qui nous a pris quasiment tout notre temps jusqu'à présent. Pour ce 3677, l'idée est née à la suite de l'apparition d'une pétition qui demandait la création d'un numéro unique contre les maltraitances animales en France. Et elle a été signée par 230 000 personnes. Dans le même temps, il y a eu une enquête qui a été effectuée par WhoPets, auprès de 3 000 personnes, et qui a révélé une réelle méconnaissance de la façon de signaler une maltraitance animale. À qui, comment, les gens multipliaient les appels à ce moment-là, les associations étaient saturées, les signalants n'étaient pas pris au sérieux. Donc l'idée, elle a été de créer ce numéro national unique pour venir en aide à toute question. personnes qui souhaitaient signaler un cas de maltraitance animale mais qui ne savaient pas comment s'y prendre. Elle a en fait plusieurs objectifs. Le premier, c'est l'écoute, la régulation et l'orientation des signalements. Donc les personnes, au départ, étaient orientées vers le bon interlocuteur sans perdre de temps à chercher qui contacter. Désormais, il y a même des cas qui sont pris en charge. Mais avant, c'était vraiment juste l'orientation. Le deuxième but, c'était d'alléger et de simplifier le travail des services de l'État. Donc que ce soit policiers, gendarmes, direction départementale des populations, pompiers, mairies, etc. Et puis aussi toutes les associations de protection animale, de façon à ce qu'ils aient moins de signalements abusifs à traiter. Donc en fait pour vraiment les soulager. Troisième but, c'était de faire remonter au niveau de l'État des statistiques sur la maltraitance animale. C'est-à-dire en fait des chiffres fiables sur lesquels se baser pour accompagner les évolutions des politiques publiques en faveur du bien-être animal. Et enfin, donc quatrième but, ça permet aussi de détecter Merci. rapidement des individus violents qui pourraient aussi maltraiter leur famille. Puisqu'il y a désormais plein d'études qui montrent que la violence domestique et celle sur les animaux sont intimement liées. D'ailleurs, l'association contre la maltraitance animale et humaine, donc Hama sensibilise à cet état de fait. Je suis devenue membre de cette association il y a une dizaine d'années et j'ai participé à la traduction du guide qu'elle a édité sur la reconnaissance et les signalements des cas de maltraitance animale. Cette association a édité à l'automne 2025 un outil qui est inspiré du violentomètre qui sert à mesurer les violences conjugales et qu'elle a nommé le violent mon maître pour déterminer le niveau de violence, qu'elle soit physique ou émotionnelle, que subit un chien ou un chat. Donc il y en a deux selon l'espèce et il y en a même un troisième pour les vétérinaires. En fonction de ce qui est vécu par l'animal, la situation elle est classée du vert, tout va bien. A l'orange, la vie est difficile. Au rouge, au secours. Voilà, donc c'est un super outil et bravo à Lama pour cette initiative. Il est d'ailleurs téléchargeable sur leur site internet.
- Speaker #0
Je trouve que l'outil Violent Mon Maître et sa version vétérinaire, Violent se maître, développée donc par LAMA, Association contre la maltraitance animale et humaine, sont absolument remarquables, très intelligents et juste géniaux en termes de com. Ces supports, je parle au pluriel car il y en a un pour les chiens, un pour les Ausha et un à destination de vétérinaires, proposent une lecture très concrète des conditions de vie d'un chien ou d'un chat. À travers des phrases du quotidien racontées du point de vue de l'animal, il aide à mieux comprendre ce que recouvre réellement le respect des besoins fondamentaux, la négligence ou encore certaines formes de violences banalisées. Parce que là, on ne parle pas uniquement de coups ou de sévices sur l'animal. On parle aussi d'isolement, d'absence de soins, de privation, d'enfermement, de peur, d'un manque de sortie, d'interaction ou de stimulation. Des situations encore trop souvent minimisées, alors qu'elles impactent profondément le bien-être de l'animal. Je vais d'ailleurs vous donner quelques exemples pour vous permettre de mieux comprendre l'esprit de l'outil. Alors en vert, commun au violent mon maître, chien et chat, J'ai des lieux de repos calmes où ni humain ni animal ne vient me déranger. En orange, sur le violent mon maître chat, je suis seule sans compagnie humaine plus de 12 heures par jour. Et en orange, pour le chien, je ne rencontre pas d'autres chiens de toute taille, âge, sexe, libres de mes mouvements, ni d'autres humains. En orange foncé, proche du rouge, commun aux deux espèces, quand j'arrête de manger plus de 36 heures ou que je suis malade, on ne m'emmène pas chez le vétérinaire. Et en rouge, pour les deux espèces également, je suis punie en cas de bêtise. gronder, frapper, enchaîner, enfermer, isoler, ignorer ou priver de nourriture. Je vous laisserai découvrir les autres phrases directement sur les supports, parce qu'ils sont vraiment très très bien conçus. Et ce que rappelle aussi très fortement Lama, et c'est ce que partageait aussi Lorenza au début de son témoignage avec cette cliente victime de violences conjugales, venue consulter pour son chien, lui aussi violenté, et bien c'est le lien étroit entre violences animales et violences humaines. Dans de nombreux foyers, les violences exercées sur les animaux coexistent avec les violences humaines, physique ou psychologique. Et mieux repérer la souffrance animale, ça peut aussi donc être un levier d'action pour mieux protéger les humains, et inversement. Pour compléter ce sujet, j'ai demandé quelques précisions supplémentaires à la présidente de l'AMA, et sachez notamment qu'ils travaillent actuellement au développement d'un violon-mont-maître pour les chevaux et un pour les naques, et comme l'a indiqué Lorenza, vous pouvez télécharger gratuitement les violons-mont-maîtres chat et chien sur le site de l'AMA, dont je vous mettrai bien sûr le lien dans les notes de l'épisode. C'est en tout cas un formidable outil de dialogue, de prévention et de prise de conscience dans une société de plus en plus attentive aux questions de bien-être animal et qui ferme de moins en moins les yeux sur la maltraitance. Alors n'hésitez pas à en parler et à le partager autour de vous. Et pour la suite de l'épisode, Lorenza nous raconte comment le 3677 a vu le jour, comment les équipes du CNPA ont pensé ce dispositif et surtout comment fonctionne concrètement cette ligne aujourd'hui.
- Speaker #1
Le nouveau bureau. du CNPA. Il a été élu le 24 octobre 2023. La ligne a été ouverte pile huit mois après, c'est-à-dire le 24 juin 2024. Imagine la vitesse à laquelle on a travaillé pour arriver à ce projet en quand même très peu de temps. On s'y est tous mis. On a fait toutes les étapes un peu en même temps. Les prises de renseignements et les réflexions sur la ligne. Est-ce qu'on fait juste des mails ? Est-ce que c'est par téléphone ? Quel numéro ? Qui répond ? Comment ? Quelle plateforme peut faire ça ? On a fait des devis, on a rencontré des personnes. On a essayé de se projeter dans l'avenir, combien d'appels par jour on va recevoir, combien de répondances sont nécessaires, quels horaires d'ouverture, etc. À côté de ça, il a fallu faire une analyse financière, combien ça va coûter, combien investir, où aller chercher des fonds, des partenaires, etc. Et puis comment communiquer pour faire connaître ce projet. On a créé les sites internet du CNPA et du 3677, on a créé une base de données qui regroupe les contacts utiles par département, etc. Et puis les dons, comment recevoir des dons. et comment donner la possibilité aux donateurs d'avoir une réduction d'impôt. Il a fallu rechercher des adhérents. Et en même temps, et c'est surtout sur cette partie-là que j'ai concentré mes efforts personnellement, on a dû... rédiger toutes les procédures pour orienter les signalants vers le meilleur interlocuteur. Tout a été réfléchi en fait en amont pour que les téléopérateurs suivent des arbres décisionnels avec des questions précises à poser à certains moments du signalement, selon l'espèce, selon ce qui se passe, etc. À sa mise en place, ça a été un raz-de-marée incroyable. D'un côté, on était ravis parce que ça nous a montré à quel point la ligne était attendue et à quel point elle manquait. Mais d'un autre côté, on a été complètement dépassés. On savait qu'on allait avoir beaucoup d'appels au début, mais on n'avait pas du tout anticipé que ce serait à ce point. Et facteur aggravant, la ligne est née fin juin, donc juste avant les vacances d'été, qui est la période en plus des abandons. Forcément, des gens se sont plaints que la ligne ne fonctionnait pas, que personne ne répondait, que le signalement n'était pas traité, etc. Et ils n'avaient pas tort, j'ai rien à dire. Le problème, c'est que ce n'était pas la ligne qui ne fonctionnait pas, c'était le nombre d'appels qui était beaucoup trop important, avec en plus des appels gentils mais pas pertinents. Par exemple, on avait des gens qui appelaient pour nous féliciter d'avoir enfin créé cette ligne. Alors, ça part d'une bonne intention, mais ça occupait la ligne pour quelqu'un qui voulait signaler un animal en danger. Donc, ça a été compliqué. Du coup, on s'est complètement réorganisé. On a dû simplifier toutes les procédures en question et on a vraiment fait des niveaux de priorité selon la gravité des cas. On a aussi tenté de filtrer les appels hors sujet avec un répondeur pour se concentrer sur les véritables signalements. Les horaires aussi ont été repensés. On a donc engagé nos prestataires et nos salariés. Notre directrice nationale, deux avocates pour l'expertise juridique des dossiers de sauvetage d'animaux et deux chargés de communication. Et deux salariés, une référente nationale enquêteur 3677 et une coordinatrice enquêteur. Je tiens à préciser tout de suite que nos salariés et nos prestataires sont très engagés, qu'ils ne comptent pas leurs heures de bénévolat aussi. Comme les associations locales étaient déjà débordées par les cas qu'elles recevaient elles-mêmes, nous avons décidé de créer notre propre équipe d'enquêteurs bénévoles qui sont très engagés. Et nous en sommes là. La ligne téléphonique SOS Maltraitance Animale est ouverte du lundi au vendredi de 9h à 18h et le samedi de 10h à 17h. Pendant ces horaires de fermeture, il y a un formulaire de signalement en ligne qui peut être rempli sur le site 3677. Dans tous les cas, un signalement qui soit fait par appel ou questionnaire, il déclenche un parcours clair. D'abord, première étape, l'appel est qualifié soit par le téléopérateur qui répond, soit au fur et à mesure du remplissage du formulaire par le signalant, qui est automatiquement orienté vers la solution qui est adaptée à la situation à laquelle il est confronté. Donc cette qualification, en fait, c'est un premier tri. Est-ce que c'est bien une maltraitance ? De quel type ? Chaque témoignage fait l'objet d'une fiche de signalement qui parvient à notre brigade d'appui. Alors, c'est quoi notre brigade d'appui ? C'est une équipe de bénévoles. Et ces bénévoles, ils s'assurent que la fiche est complète et que le témoignage est étayé. C'est-à-dire que l'adresse existe, ils vérifient qu'il y a des photos, etc. Et il va déterminer le niveau de priorité, donc l'ordre dans lequel les signalements seront pris en charge. La suite à donner, ensuite, elle est décidée par un référent du 3677. Soit... On réoriente, soit on clôture le dossier, soit on traite nous-mêmes le cas. Avant, la ligne ne faisait que réorienter. Quelquefois, on a des personnes qui nous disent « vous ne traitez pas tous les cas » . Oui, mais le but initial de la ligne, c'était justement informatif d'orientation. Maintenant, c'est un vrai progrès parce qu'on arrive à prendre des cas. Le but à l'avenir, évidemment, ce sera de tout prendre en charge, mais pour l'instant, il y a encore des cas qu'on ne peut pas prendre en charge. Quels sont les cas qu'on ne peut pas prendre en charge ? Il y en a deux types. Le premier, ce sont les urgences vitales, c'est-à-dire celles qui nécessitent vraiment une intervention immédiate. Sinon, le chien ou le chat ou n'importe quel animal meurt immédiatement. Dans ce cas, l'appel est réorienté vers la police ou la gendarmerie. Alors, tu vas me dire à quoi ça sert d'appeler le 3677 si c'est pour qu'on soit réorienté vers la police. Parce que, comme on l'a dit, le 3677, il sert à orienter pour les personnes qui ne savent pas qui appeler. Alors j'en profite quand même pour faire passer le message ici. Quand il y a une urgence vitale vraiment, c'est-à-dire un animal, peu importe, qui est vraiment en danger de mort, il faut appeler les forces de l'ordre directement. Pas la peine d'appeler le 3677, on ne fera rien de plus. Sinon éventuellement appuyer la demande si besoin, mais c'est tout. D'autre part, si vous trouvez un animal blessé, ça ne sert à rien aussi d'appeler le 3677, il faut l'amener chez un vétérinaire, ça paraît... Évident de le dire comme ça, mais quand on est sur le coup, ce n'est pas forcément évident. Donc voilà, pensée, animal, quel qu'il soit, urgence vitale, police, gendarmerie, suspicion de maltraitance, vétérinaire.
- Speaker #0
Quand tu dis « quel qu'il soit » , ça peut être de la faune sauvage ? Je essaye de comprendre.
- Speaker #1
En fait, c'est vraiment animal domestique et c'est en danger de mort immédiate. Par exemple, un chien blessé qui est en plein milieu de la route, un animal attaché qui est en train de... train de se pendre, un animal qui est en train de se noyer, un animal enfermé dans une voiture, en train de mourir en plein soleil.
- Speaker #0
Quand tu dis appuyer la demande, ça veut dire que si quelqu'un appelle dans son coin, ça peut être... C'est-à-dire que c'est un gage de « on va intervenir parce que le 36-67 nous a prévenus » . Parce que j'espère que tous les signalements sont pris au sérieux quand un particulier appelle directement la police.
- Speaker #1
Tout dépend des personnes en fait. Et tout dépend aussi du travail qu'il y a à ce moment-là et des priorités qui sont en place. Quelquefois, quand des personnes appellent les forces de l'ordre en général pour un animal blessé, évidemment c'est une urgence, mais quelquefois il y a des urgences humaines. Et donc ce sont les urgences humaines qui vont être privilégiées. Et puis tout dépend aussi des services. Il y a des services qui sont très très sensibilisés à la cause animale, et d'autres pas trop. Et puis il y en a d'autres qui sont sensibilisés à la protection animale, mais qui ne savent pas forcément comment s'y prendre. Voilà, qui n'ont pas forcément toutes les compétences.
- Speaker #0
D'ailleurs, ça me fait penser, je croyais que maintenant, en gendarmerie, il y avait toujours un référent protection animale.
- Speaker #1
Oui, voilà, maintenant, il y a beaucoup d'évolution à ce niveau-là.
- Speaker #0
Effectivement, depuis quelques années, la lutte contre la maltraitance animale commence aussi à se structurer au sein même des forces de l'ordre. On y voit émerger de plus en plus de référents maltraitance animale. C'est depuis 2023, en fait, que le ministère de l'Intérieur a annoncé la mise en place de 4000 référents maltraitance animale répartis dans les commissariats et les brigades de gendarmerie partout en France. Une décision prise, malheureusement, après un constat alarmant entre 2016 et 2021, les atteintes envers les animaux domestiques ont augmenté d'environ 30%. Mais concrètement, qu'est-ce qu'un référent maltraitance animale ? Alors ce n'est pas un policier ou un gendarme qui travaille uniquement sur les animaux, c'est un agent déjà en poste, formé spécifiquement à ces questions pour devenir la personne ressource de son unité sur les dossiers de maltraitance animale. Son rôle est multiple, mieux accueillir les signalements et les plaintes, connaître les évolutions du droit, accompagner les interventions et les saisies d'animaux, mais aussi travailler en lien avec les associations de protection animale, les services vétérinaires de l'État, etc. L'objectif est clair, éviter que ces affaires soient minimisées, mal orientées ou perdues dans la masse des dossiers du quotidien. Et ce changement est quand même loin d'être symbolique. Aujourd'hui, il existe un maillage territorial très large, avec des référents présents dans la majorité des brigades de gendarmerie et des commissariats, y compris en Outre-mer, où les problématiques peuvent être très spécifiques, comme les rances animales ou les réseaux de combat clandestins. On peut aussi souligner qu'une unité nationale spécialisée de 15 enquêteurs a également été créée au sein de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique, pour traiter les affaires les plus complexes. Il s'agit de la Division nationale de lutte contre la maltraitance. en place depuis 2023, est dédiée à 100% à la lutte contre les sévices, les trafics et les cas de maltraitance, des dossiers d'envergure internationale, notamment trafic d'espèces protégées, démantelage d'élevages maltraitants, réseaux clandestins de combats d'animaux, etc. Alors évidemment, tout n'est pas parfait, les moyens restent limités, les formations sont encore inégales selon les territoires, mais malgré ces limites, on peut quand même voir un changement positif. celui d'une société où la souffrance animale n'est plus considérée comme un sujet secondaire. On voit d'ailleurs de plus en plus sur les réseaux sociaux des commissariats de police ou des briades de gendarmerie avec des animaux mascottes, souvent recueillis de sauvetage d'ailleurs, et des comptes de forces de l'ordre qui relèvent beaucoup de sauvetage d'animaux dans leurs missions parce qu'ils savent que ça touche le grand public et qu'eux aussi finalement sont sensibles à la souffrance animale. Donc les lignes bougent, certes inégalement selon les territoires et les sensibilités, mais ça va dans le bon sens. Je referme la parenthèse puisque ce n'est pas le sujet central de l'épisode, mais à l'avenir, j'aimerais quand même beaucoup faire un épisode dédié sur ce sujet-là. En attendant, retour à la maltraitance animale, ou devrais-je dire aux maltraitances animales au pluriel, car vous allez l'entendre, il existe différents types de maltraitance, ce que nous explique Lorenza. Il y a des maltraitances par violence, il y a des maltraitances par négligence, et il y a des maltraitances volontaires et il y a des maltraitances involontaires. Et puis il y a des maltraitances par le propriétaire, il y a des maltraitances par d'autres personnes que le propriétaire, il y a des maltraitances sur des animaux domestiques qui sont protégés, enfin qui sont les plus protégés par la loi. Il y a des maltraitances sur des animaux sauvages pour lesquels la plupart du temps on ne peut rien faire, puisque au niveau législatif ils sont reconnus comme vivants, c'est déjà bien mais pas forcément sensible. Et puis les animaux d'élevage sont encore entre les deux, puisque ce sont des animaux de rente, donc ça rentre encore dans une législation un peu particulière. Justement, en fonction des espèces animales, et en fonction de qui maltraite et comment, et du type de maltraitance, les appels sont régulés pour être envoyés vers la bonne personne. Soit on réoriente, soit on traite nous-mêmes, soit on clôture le dossier. Et donc au niveau de la réorientation, comme je disais, il y en a deux types, donc il y a vraiment les urgences vitales. qui nécessite une intervention immédiate, donc ça c'est police, gendarmerie généralement, soit d'autres cas, ce sont des niveaux de priorité disons moins importants, entre guillemets. C'est-à-dire que la situation, elle est souvent déplorable pour l'animal, mais elle est soit stable, soit en fait, l'animal n'est pas dans une situation critique. Donc là, pareil, on ne prend pas en charge, pas encore, disons, malheureusement. Pourquoi on ne peut pas prendre en charge ? Par faute de moyens suffisants, faute de moyens financiers, faute aussi de moyens humains. Et donc à ce moment-là, on va réorienter soit vers des DDPP, soit vers des associations locales qui sont prêtes à prendre le relais. Donc le but à l'avenir, c'est vraiment de prendre en charge ces situations. Mais pour l'instant, on ne peut pas. Donc on ne laisse pas tomber les signalants, juste on les réoriente. Deuxième situation, on va aussi clôturer des dossiers quand des faits ne sont pas avérés. Des faux signalements, par exemple, ou alors vraiment des problèmes uniquement de voisinage où les gens se plaignent plus de leurs voisins que du chien de leurs voisins. Ou encore certaines plaintes contre des vétérinaires, où là, généralement, c'est plutôt l'ordre des vétérinaires qu'il faut contacter, et pas forcément le 36-77. Ou encore pour des personnes qui ont, par exemple, perdu leur animal. Le 36-77, on ne peut pas, il faut contacter des refuges, les voisins, les mairies. Ou pareil pour des animaux mordeurs. Les animaux mordeurs, ils mordent un autre chien, oui, mais c'est les vétérinaires qui s'en occupent, c'est la mairie. Ce n'est pas une maltraitance en tant que telle, on va dire. Donc, ce n'est pas pris en charge par le 3677. On a même des gens qui nous ont appelés parce qu'ils voulaient donner leur chien. Donc, on a un peu de tout, mais ce n'est pas le 3677 qui s'occupe de ça. Par contre, quels sont les cas que maintenant on prend en charge et qu'on ne prenait pas en charge avant ? Ce sont tous les cas de violences physiques ou sexuelles, etc. Ou encore des défauts de soins, des négligences. Donc, des animaux non soignés, enfermés dans des conditions de détention insalubres, etc. avec un risque de mort dans les jours à venir, ou en tout cas d'une aggravation attendue dans les jours à venir. Et dans ce cas-là, nos équipes traitent ces cas en 24 heures minimum, et en quelques jours maximum, disons. Donc comme je disais, ces maltraitances, elles peuvent être volontaires ou pas, quelquefois c'est de la négligence involontaire. Et dans tous ces cas, on pose des questions pour approfondir le signalement, et quelquefois il y a une enquête terrain qui est nécessaire. Donc on a un enquêteur ou une enquêtrice bénévole qui est envoyée sur place pour constater les faits. Dans ce cas-là, l'enquêteur va avoir deux rôles sur le terrain. Soit les animaux vont être saisis et il y a une plainte, soit il y a au contraire une démarche pédagogique. Alors j'ai deux exemples. Le sauvetage de Théo, qui est un chien de 13 ans, qui était enfermé dans une cage au fond d'un garage, sans lumière, quasiment sans eau et sans nourriture, il était allongé dans ses excréments. Et notre enquêtrice bénévole, elle a pu accéder au lieu et la personne âgée qui le détenait a dit qu'elle ne souhaitait plus le garder en fait. Donc plutôt qu'attendre qu'il meure dans sa cage, il a été immédiatement extrait de cet enfer, il a été conduit chez le vétérinaire. Sa note d'état corporel était de 2 sur 9, donc il était vraiment très maigre et il avait des muscles complètement fondus, il avait du mal à tenir sur ses pattes. Donc Théo, il a été déparasité, soigné et maintenant il est dans une famille d'accueil. Famille d'accueil qui a été trouvée grâce à la tribu de Sanka. Malheureusement, il a une tumeur au niveau de l'anus qui n'est pas soignable parce que les traitements sont trop lourds par rapport à son état et son âge. Il ne les supporterait pas. Donc, il va vivre quand même ces derniers mois heureux et paisibles dans sa famille d'accueil. Et donc, une plainte a été déposée par rapport à cet animal. On a beaucoup de cas comme ça. La deuxième situation, sauver des animaux, c'est aussi accompagner. et donc dans une démarche pédagogiques, il n'y a pas que des sanctions. Par exemple, je peux citer le cas de Vajana et de ses chiots. Nous avions été alertés pour 6 golden retrievers et 9 chiots d'à peine un mois. Les chiots n'étaient plus nourris depuis plusieurs jours par leur mère parce qu'elle était très affaiblie. Elle avait une mammite, c'est-à-dire une inflammation, même une infection, dans son cas sévère, non soignée à la mamelle. Et donc, elle ne pouvait plus les allaiter. Donc, pareil, des enquêteurs se sont rendus sur place et ils ont instauré un dialogue avec le propre. propriétaire, avec un plan de suivi strict qui a été mis en place, avec des soins vétérinaires, une alimentation adaptée, une hygiène des lieux, etc. Donc il y a eu plusieurs visites et la situation s'est améliorée, les chiots ont repris du poids, maintenant ils sont tous adoptés, leur mère a été soignée et est en pleine forme. Et c'est la DDPP qui a repris ce dossier et qui supervise l'activité de cette personne pour s'assurer que tout va rester conforme par la suite. Je profite aussi de cette anecdote pour redire un grand merci aux signalants, aux enquêteurs bénévoles, à notre référente nationale 3677, à notre coordinatrice nationale 3677. à nos avocates, à la DDPP, aux associations de protection animale, enfin bon, il y a toutes les personnes qui sont mobilisées dans ces dossiers, parce que mine de rien, c'est un travail énorme sur le terrain.
- Speaker #1
J'imagine.
- Speaker #0
Et dans tous les cas, que ça entraîne ou pas des actions juridiques, les dossiers sont suivis. Je précise quand même que le 3677, c'est malheureusement pas la solution magique qui va régler tous les problèmes de maltraitance animale en France et qui va sauver tous les animaux malheureux. Voilà, si un tel outil existait... Ça se saurait.
- Speaker #1
Quand vous intervenez, c'est facile d'entrer dans les foyers ? Cette partie-là doit être extrêmement difficile aussi. Et puis surtout, que le message passe et que, comme tu dis, on n'est pas que dans la sanction, il y a un accompagnement.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Non, alors il y a une formation des enquêteurs, j'en parlerai. Et puis non, des fois, ce n'est pas facile. Les enquêteurs, ils sont vraiment en première ligne pour voir cette détresse. Je voulais juste faire une précision importante. Quelquefois, il y a des gens qui peuvent avoir l'impression que les enquêteurs ne sont pas venus, ou alors que rien n'a été fait. Alors, je leur dis si. Si on vous a dit que le cas était pris en charge, il a été pris en charge. Tout a été fait correctement, sauf que dans certains cas, malheureusement, on ne peut rien faire. Pourquoi ? Parce que la législation ne le permet pas. Et là, ce n'est pas la faute du 3677, mais c'est la faute de la législation qui est... pas adapté, qu'il faut faire évoluer. Voilà, c'est aussi un message, c'est important de le dire. Par exemple, une personne que je connais m'a indiqué avoir appelé pour signaler un chien à la tâche, et elle a eu l'impression que rien n'avait été fait, alors que les enquêteurs étaient venus, ils étaient même revenus avec la police, mais rien n'avait pu être fait, parce que la longueur de la corde de l'animal était dans les normes, c'est-à-dire qu'elle était de 3 mètres de long. Et il avait une niche avec un petit terrain de 2 mètres carrés qui lui permettait de rester au sec. Donc ce chien, en fait, il pouvait rester attaché toute la journée. Alors oui, c'est scandaleux. Oui, il faut faire évoluer tout ça, parce que là, c'était impossible de faire quoi que ce soit. Le propriétaire, il était dans les clous. Donc finalement, le chien, il n'a pas pu être saisi.
- Speaker #1
Il devait avoir une gamelle d'eau, certainement. Oui, voilà. Si jamais il n'avait pas une gamelle d'eau, là, vous auriez pu...
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Mais là, il avait une gamelle d'eau, donc on n'a rien pu faire. Donc c'est injuste, c'est énervant, mais c'est légal. À partir du moment où ça respecte la législation, on ne peut plus rien faire. donc j'invite aussi tout le monde à éventuellement adhérer à des associations pour faire changer les lois ça serait pas mal c'est clair mais moi autour de moi dans la campagne j'en vois,
- Speaker #1
je vois des chiens dans des enclos il n'y a pas de stimulation il y en a un par exemple pas loin de chez moi mais il n'est pas attaché il y a une gamelle, souvent il pleure il est tout seul mais si j'appelle il ne se passera rien je le sais c'est un peu décourageant mais comme tu dis en fait il faut que la loi elle évolue
- Speaker #2
Et oui, il y a des situations qui découragent. Lorenza l'a dit, le 36-77 n'est pas l'outil miracle qui réglera le problème de la maltraitance animale en France. Et malheureusement, la protection animale se heurte parfois à la réalité en place. Il existe des situations qui nous choquent, moralement, sans pour autant être illégales au regard de la loi française. On voit bien, dans cet exemple du chien attaché, qu'il y aura des limites légales au champ d'action de la protection animale, même si on est armé des meilleures intentions possibles. Pour en rappeler le cadre légal, contrairement à une idée reçue, attacher son chien n'est pas interdit en France. C'est quand même une pratique encadrée par plusieurs textes, notamment l'arrêté ministériel du 25 octobre 1982 relatif à la garde et à la détention des animaux, ainsi que par le code rural. Concrètement, si un chien est à la tâche, plusieurs critères doivent être respectés. Entre autres, il ne doit pas porter de collier étrangleur, sa chaîne ou la laisse doit avoir une longueur minimale, 2,5 mètres si elle coulisse sur un câble, ou au moins. 3 mètres lorsqu'elle est fixée à un point fixe. L'animal doit bien sûr pouvoir accéder facilement à de l'eau propre, à de la nourriture, à un abri adapté pour se protéger des intempéries, etc. Si ces conditions ne sont pas respectées, le propriétaire peut être sanctionné d'une contravention de quatrième classe pouvant aller jusqu'à 750 euros. Et dans les cas les plus graves, notamment si le chien présente un état de souffrance important ou un défaut de soins manifeste, les faits peuvent également relever de qualifications pénales plus lourdes. liés aux sévices graves et actes de cruauté envers un animal. Mais si son propriétaire respecte bien les conditions prévues par le cadre légal aujourd'hui, un chien peut encore passer l'essentiel de sa vie attaché à une chaîne. Parce que la loi n'a pas évolué depuis plus de 40 ans. Ça semble aberrant, d'autant qu'aujourd'hui, beaucoup de professionnels canins, vétérinaires, associations, même des référents maltraitants au sein des forces de l'ordre, questionnent cette réalité et montrent les limites actuelles de la législation. Depuis plusieurs années, les voix se lèvent pour demander l'interdiction totale de la tâche permanente des chiens, estimant qu'elles ne respectent pas les besoins sociaux et comportementaux fondamentaux de l'espèce. D'autres militent pour une meilleure formation des propriétaires avant toute adoption, afin d'éviter des situations de négligence, parfois liées à une méconnaissance profonde des besoins de l'animal. En Espagne, par exemple, une formation gratuite est désormais obligatoire pour les propriétaires des chiens, instaurée par la nouvelle loi sur la protection animale adoptée en 2023. Et pour en revenir en France, ce sujet du chien à la tâche résume assez bien les tensions actuelles autour de la protection animale, entre ce que la loi autorise encore, ce que la société accepte de moins en moins, et ce que les acteurs investis en protection animale tentent de faire évoluer, avec parfois peu de moyens. Et la liste des exemples, en plus du chien à la tâche, pourrait être très longue. Mais revenons au 36-77. sans pouvoir résoudre à lui tout seul toute la problématique de la maltraitance animale, il constitue quand même déjà un outil essentiel pour mieux protéger les animaux et coordonner les actions de terrain. Car derrière ces quatre chiffres, il y a aussi toute une organisation humaine et un véritable travail de coordination que nous présente à présent Lorenza.
- Speaker #0
Au niveau des moyens humains, nous avons sept téléopérateurs qui sont basés à Paris, qui ont été sélectionnés, formés et qui sont suivis, et donc ils répondent selon les fiches de procédure qu'on a rédigées. Maintenant, il y a un maillage national qui est assuré parce que nous avons plus de 200 enquêteurs-enquêtrices qui sont actifs au quotidien sur le terrain. Alors malheureusement, ils ne couvrent que 72 départements en France, donc il reste 25 départements sans enquêteurs, mais on en a également 40 nouveaux enquêteurs qui sont en formation. Tous ces enquêteurs sont encadrés par deux salariés, donc par la responsable nationale. qui supervise toutes les enquêtes et qui s'assure que tout avance le plus efficacement possible, et notamment les dossiers les plus complexes. Et puis on a la coordinatrice nationale, qui est leur interlocutrice principale et qui les accompagne au quotidien. On a aussi des enquêteurs bénévoles référents, qui traitent et qui qualifient les dossiers complexes, et la fameuse brigade d'appui, qui est également constituée de bénévoles. qui aide aussi à la qualification des dossiers complexes. Donc, c'est une vraie, vraie fourmilière, en fait, avec un nombre d'heures de bénévolat incalculable. Donc, message à toute fin utile, ici, on recrute.
- Speaker #1
C'est dommage parce que... Enfin, c'est dommage qu'il n'y en ait pas partout, je voulais dire.
- Speaker #0
Ben oui, parce que ça manque, en fait.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des départements, il n'y en aura jamais trop, mais où c'est très concentré, du coup ?
- Speaker #0
Voilà, c'est ça, ça dépend vraiment des départements. Il y a vraiment des endroits où il y a beaucoup de monde, et il y en a d'autres où il n'y a personne. C'est vraiment très, très variable. Et puis dans certains départements, il y a des personnes qui sont toutes débutantes, par exemple, alors que dans d'autres départements, il y a des enquêteurs déjà expérimentés qui en ont déjà fait depuis des années. Donc c'est vraiment très variable.
- Speaker #1
Après, il faut bien commencer quelque part.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça.
- Speaker #1
C'est hyper important déjà de s'investir, mais j'espère qu'il y aura un maillage encore plus développé. Donc c'est 200, tu m'as dit à peu près ?
- Speaker #0
Il y a un peu plus de 200 maintenant. Et petit message pour... Les personnes qui nous écoutent, si vous souhaitez être enquêteur bénévole, il suffit d'aller sur le site 3677.fr et de cliquer sur le bouton « Devenir enquêteur » . Là, vous pourrez remplir le formulaire qui s'affiche. Alors juste attention pour postuler, il est nécessaire de joindre une attestation en responsabilité civile à demander à son assureur. Et les personnes mineures de plus de 16 ans peuvent aussi postuler, mais à condition de joindre une autorisation parentale qui peut aussi être téléchargée sur le site. Ensuite, avant de s'engager, il est nécessaire, voire obligatoire, de lire en totalité, je précise, la charte d'engagement des enquêteurs et de la signer. Parce que vous vous engagez, en devenant enquêteur bénévole, à, par exemple, respecter la confidentialité de vos missions. Évidemment, il ne faut pas dévoiler le nom des personnes qui signalent, le nom des personnes signalées, les adresses où vous allez, etc. Il y a un vrai respect aussi de la législation, un respect des animaux qui est demandé et évidemment un respect du... protocoles instaurés par le CNPA pour les enquêtes. Vous devez aussi vous engager à suivre les formations initiales et continues des enquêteurs. Alors, moi au CNPA, je suis référente formation. Nous venons de mettre en ligne une nouvelle formation initiale qui est totalement gratuite. C'est un parcours qui doit être suivi par les enquêteurs. C'est comme une sorte de MOOC un peu ludique pour que vous puissiez vous former aux futures missions. En plus, tous les mois, en théorie, on a des formations continues qui sont aussi proposées sous la forme de webinaires. Vos qualités, il faut évidemment que vous aimiez les animaux, que vous soyez sérieux, que vous soyez organisés. Et puis, chose importante, il ne faut pas aller chez les gens pour râler ou pour leur faire la morale, mais comme je l'ai dit avant, dans une démarche pédagogique. Pour ce qui est de vos missions, il faudra aller vérifier les conditions de vie des animaux sur le terrain. Il ne faut pas être intrusif pour les personnes signalées, qui peuvent se sentir déjà agressées parce qu'il y a des enquêteurs qui viennent voir comment ils traitent leur animal. Donc voilà, il faut rester poli, même si des fois on n'en a pas envie, évidemment. Il faut sécuriser l'animal quand c'est nécessaire. Et puis ensuite, il faudra établir un rapport à l'équipe coordinatrice. Alors vous ne serez pas seul. Si vous avez envie d'y aller à deux, vous pouvez y aller à deux, deux enquêteurs. Vous êtes évidemment accompagné avant, pendant et après par le référent enquêteur local et par la coordinatrice nationale. Et puis les missions, elles sont assez flexibles. Les fréquences sont très différentes d'un département à l'autre, puisque tout dépend du nombre d'enquêteurs présents et disponibles à ce moment-là, à cet endroit-là. Il n'y a aucune obligation de prendre une mission si vous n'êtes pas disponible ou si vous ne le sentez pas. Et puis, tout dépend aussi de votre expérience. Donc, comme je disais, vous pouvez y aller à deux enquêteurs si ça vous rassure. Certains enquêteurs qui sont très expérimentés, qui ont beaucoup de temps à y consacrer, ils y vont fréquemment, d'autres y vont très peu. Et c'est évident que si un signalement concerne une personne qui est dangereuse ou agressive, les référents enquêteurs ne vont pas vous envoyer si vous n'avez aucune expérience ou si c'est votre première mission. Donc le tout, c'est vraiment d'en discuter avec le référent avant, pendant et après.
- Speaker #1
Je pense que c'est bien de dire effectivement qu'on devient enquêteur, mais on n'est pas obligé de toutes les faire. Parce que sinon, on se dit « je vais me sentir acculée dans ce poste » ou « dans cette mission, ça va être trop pour moi » . Ça, c'est bien. Et après, quand tu dis, vous pouvez y aller à deux, ouais, mais si c'est un département où tu es tout seul...
- Speaker #0
Eh bien, voilà, c'est ça. C'est un peu ça le problème. C'est un peu ça le souci. Et c'est pour ça que, du coup, des fois, ça coince. Parce que, tout à l'heure, je parlais du manque de moyens pour sauver certains animaux. Le manque de moyens, comme je disais, il peut être financier, mais il est aussi humain, justement, quand on a des signalements dans certains départements et qu'on n'a pas d'enquêteurs pour aller sur place. Même si ce sont des situations qu'on pourrait gérer, il faut contacter des associations de protection animale locale. pour prendre le relais parce que nous, on n'a personne.
- Speaker #1
Mais d'ailleurs, quand vous n'avez pas de solution, justement, vous passez par des assos locales.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. On a un maillage avec des associations. On a beaucoup d'associations qui nous soutiennent.
- Speaker #1
J'espère que ça suscitera des vocations. En plus, toi, tu es référent de formation, tu l'as dit. Oui. Et comme tu es très sympa, ça devrait faire de l'argent. Est-ce que tu dirais que cette coordination est fluide, difficile, que sur deux ans de retour d'expérience, quels sont les freins que vous avez soulevés, ou au contraire, c'est plutôt fluide ? Ça dépend des services. Ça ne devrait pas l'être, en vrai. Ça devrait tout le temps être la même qualité de service que tu sois, tu vois.
- Speaker #0
Oui, mais je sais qu'il y a des formations, beaucoup de formations, justement, en gendarmerie, la police. Je trouve quand même que la protection animale évolue vraiment dans le bon sens, malgré tout. Oui, parce que... quand même beaucoup d'acteurs mobilisés qui prennent conscience que c'est un vrai sujet et qui font quelque chose, qui s'engagent.
- Speaker #1
Même dans les signes allemands, je pense que les consciences, elles évoluent. Tu ne laisses plus aujourd'hui le chien de ton voisin dans une situation difficile si tu as les yeux dessus. Ça évolue, et heureusement.
- Speaker #2
Et oui, aujourd'hui, le regard de la société sur la souffrance animale est en train de changer, même si les cas de maltraitance existent encore et que les abandons restent massifs, avec des associations souvent débordées par les prises en charge. Restons lucides. Mais en parallèle, il y a quand même une prise de conscience collective de plus en plus forte. Les personnes signalent davantage. Les réseaux sociaux rendent aussi certaines situations visibles. Les forces de l'ordre se forment, ça on en a parlé. Les vétérinaires prennent aussi davantage la parole. Et encore une fois, les réseaux sociaux aident à faire cheminer les esprits. On voit d'ailleurs de plus en plus de contes vétérinaires humoristiques qui ont un vrai propos de fond et permettent de sensibiliser aux besoins fondamentaux des animaux de compagnie, avec humour pour ne pas culpabiliser. Et c'est très intelligemment fait, puisque comme ça, le message passe mieux. ça permet d'apporter des connaissances qui éviteront ensuite des négligences par méconnaissance et donc de prévenir les maltraitances. Et surtout, de plus en plus de personnes n'acceptent plus ce qui était autrefois considéré comme normal ou pas si grave. Cette évolution, on la retrouve aussi dans la loi, puisque pour rappel, fin 2021, la France a adopté une loi majeure contre la maltraitance animale avec plusieurs mesures importantes. Renforcement des sanctions contre les actes de cruauté, interdiction progressive des animaux sauvages dans les cirques itinérants, Fin programmée des delphinariums pour 2026, on y est. Encadrement plus strict de la vente d'animaux et la création du certificat d'engagement et de connaissance avant toute adoption, pour certaines espèces. Alors même si ce support, le certificat de connaissance, reste controversé, il a quand même le mérite d'exister et d'expliquer qu'il est important, pour ne pas dire primordial, de se renseigner avant toute adoption sur l'espèce qu'on souhaite adopter. Et au-delà des évolutions législatives, les chiffres montrent eux aussi que la question animale est désormais prise beaucoup plus au sérieux. Je l'ai dit plus tôt, entre 2016 et 2021, le ministère de l'Intérieur constatait une hausse de 30% des atteintes envers les animaux domestiques. Ces chiffres rappellent bien sûr que tout n'est pas tout rose, que la maltraitance animale est une réalité encore préoccupante, mais dans une société où les citoyens sont de plus en plus sensibilisés au bien-être animal, cette augmentation montre aussi une parole qui se libère, des témoins qui osent davantage signaler, et une vigilance collective qui progresse. Finalement, on se rend compte que protéger les animaux, c'est plus seulement un combat porté par quelques associations militantes, c'est devenu un véritable sujet de société, qui mobilise aujourd'hui beaucoup d'acteurs, d'associations, vétérinaires, collectivités, forces de l'ordre, pouvoirs publics. etc. Et vous, là, qui nous écoutez, parce que sans signalement, il n'y a pas de sauvetage. Et justement, les statistiques du 3677 depuis son lancement illustrent assez bien cette évolution des consciences.
- Speaker #0
Sur les deux premières années de déploiement, on a reçu plus de 51 000 appels jusqu'au 31 mars 2026, donc d'ici à fin juin, d'ici aux deux ans de la ligne, on en sera sans doute vers à peu près 60 000, j'imagine, environ. Donc on a vraiment des milliers de situations traitées. Désormais, on a 9 appels qui sont orientés ou traités sur 10, ce qui est très très bien. Voilà, même par rapport à toutes les plateformes d'appels, 9 appels sur 10, c'est vraiment, on est dans les statistiques hautes. Évidemment, il y a des pics en été ou pendant les périodes de vacances, donc période d'abandon malheureusement. On a plus de 20 situations de maltraitance qui sont remontées par jour. Et avec à peu près 40% d'appels pour des nouvelles maltraitances. Alors pourquoi des nouvelles maltraitances ? Parce qu'il y a quand même pas mal d'appels qui sont des gens qui prennent des nouvelles ou pour donner d'autres renseignements quand on en a besoin. Et puis sur tous les autres appels, soit on a des cas qui ne sont pas des maltraitances, genre des animaux perdus, des chiens mordeurs, ce que je disais tout à l'heure, ou même des appels malveillants ou qui ne sont pas sérieux, ou qui ne sont pas des maltraitances. Ensuite, les signalements sont réalisés par 98% de particuliers. Et ils appellent dans la très grande majorité des cas pour une maltraitance sur un chien. 71% des cas sont des chiens. Ou pour des Ausha, 13% sont des Ausha. Ensuite, il y a 9% d'équidés, donc ânes, chevaux. 5% d'animaux de ferme, donc vaches, moutons, etc. Et les deux autres pourcentages, ils se partagent entre les animaux sauvages et les nouveaux animaux de compagnie, donc les naques, hamsters, lapins, cobayes, etc. Quant au type de maltraitance, il y a 85% des maltraitances signalées qui sont des défauts de soins, c'est-à-dire des maltraitances par négligence. Il y a quand même 12% de violence et 3% d'abandon. Donc avec tout ça, le 3677, il est reconnu maintenant comme un véritable service public à l'échelle nationale. On a un volume d'appels en constante augmentation, on a une visibilité qui s'élargit et le public nous fait de plus en plus confiance et durablement.
- Speaker #1
Donc toi, tu as dit maltraitance par négligence, mais la maltraitance, tu as l'intention de faire du mal ou de maltraiter. Et en fait, la négligence, c'est par omission. Tu vois ce que je veux dire ? Non ?
- Speaker #0
Pas forcément. La maltraitance, elle peut être justement par négligence. C'est-à-dire que des gens prennent un animal Et puis, j'ai eu ça en clinique, par exemple, des gens qui me disent, « Oh là là, mon chien, il a uriné partout dans l'appartement. » Et je dis, « Oui, vous le sortez combien de fois par jour ? » « Je le sors dix minutes le soir parce que je n'ai pas le temps. » Oui, mais forcément, à un moment, il faut se mettre à la place de l'animal. Sinon, on nous disait, « Tiens là, c'est le moment, tu as dix minutes pour aller faire tout ce que tu as à faire et après, tu te retiens pendant 24 heures. » Forcément, à un moment, il y a un accident et puis ça peut faire des problèmes. maladies plus graves, des insuffisances rénales, etc., des occlusions intestinales, enfin bref. Donc forcément, c'est une façon de négliger son animal, parce que on ne prend pas en compte ses besoins vitaux, tout simplement, qui sont de faire ses besoins. Mais encore plus grave, c'est « Ah bon ? Il faut donner à manger aux chiens tous les jours, ils ne se nourrissent pas tous seuls, il faut le sortir tous les jours, il faut... » Voilà, c'est ça. Pour donner un vrai exemple, disons, de maltraitance par négligence, Théo, C'est de la maltraitance par négligence. Ce chien, il n'était pas frappé, mais il était dans le noir, tout seul, enfermé dans une cage, allongé dans ses excréments. Ce chien, il est maltraité. Qu'est-ce qu'il fait là, dans le noir, toute la journée ? Il a à peine à manger, il ne tient plus sur ses pattes, il est maigre comme tout, personne ne s'en occupe, il est complètement abandonné. C'est une forme de négligence, ce chien souffre physiquement et souffre mentalement. Pour autant, il n'est pas frappé.
- Speaker #1
Pour moi, la négligence, c'était « Ah oui, il a gammé le dos, il reste sa dose, elle n'est pas terrible, mais il y a un peu d'eau. Ok, je néglige, mais il n'a plus d'eau. » Pour moi, la maltraitance, on était vraiment dans le niveau au-dessus.
- Speaker #0
La maltraitance, ce n'est pas forcément quelqu'un qui frappe son chien toute la journée. La maltraitance, c'est un chien qui est laissé tout seul toute la journée, sans eau, sans nourriture, qui n'est pas sorti. C'est un animal social.
- Speaker #1
mais là tu parles de chiens et je rebondis dans les chiffres que tu m'as donné 2% faune sauvage et NAC en fait je pense qu'il y a plein de NAC qui vont souffrir de négligence et je suis dans une cage et j'ai pas de foin et je sors jamais cata mais tu vois les 2%
- Speaker #0
ça veut pas dire qu'il y en a moins mais pour moi ils vont être moins signalés parce qu'on va moins voir leur souffrance bah tout à fait il y a des animaux qui sont moins signalés c'est pas parce qu'il y a moins de maltraitance c'est parce que les gens ne les voient pas justement par exemple les NAC les nags qui sont dans leur cage à l'intérieur des appartements, on ne voit pas comment ils sont traités. Donc, quelquefois, il y a des signalements qui pourraient être faits et qui ne le sont pas, parce que ça ne se voit pas. Pour les animaux d'élevage aussi, on ne va pas rentrer dans les exploitations pour voir comment ça se passe. Et pourtant, quand on parle de maltraitance par négligence, on a justement des vaches qui sont laissées à l'abandon aussi, qui sont laissées sans soins, qui sont à peine nourries, qui sont laissées dans les tables et dont on ne s'occupe pas. Et très souvent, ce sont des personnes qui ne le font pas exprès, ce sont des personnes qui sont elles-mêmes en détresse. Donc en fait, derrière une maltraitance par négligence, très souvent, il y a une personne en détresse aussi.
- Speaker #1
Ça c'est sûr. C'est exactement ce que m'a dit Jimmy de l'OABA. C'est rare que les animaux de ferme soient battus.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Ils sont laissés à l'abandon. Et négligés, et du coup maltraités. Quand tu disais 60 000 appels à peu près sur deux ans, c'est génial qu'on appelle et en fait, non. Dans le sens, il y a l'éveil des consciences et c'est très bien. Mais ça veut dire qu'il y a tellement de cas à signaler.
- Speaker #0
C'est ça. Mais c'est ça. C'est ce que je disais tout à l'heure. En fait, c'est génial de se dire qu'il y a plein d'appels, mais en fait, ce n'est pas génial du tout. Parce que ça veut dire qu'il y a des problèmes.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et en même temps, ça veut dire que les problèmes en question sont signalés. Ce qu'on se disait,
- Speaker #1
l'évolution des consciences.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça.
- Speaker #1
C'est quand même positif, restons sur du positif. Est-ce que tu as un conseil ou un mot à faire passer à ceux qui voudraient témoigner et qui n'osent pas ? Parce que je suis sûre qu'il y en a plein qui n'osent pas signaler en mode « qu'est-ce qui va m'arriver après ? »
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Alors, il y a deux types de personnes qui ne souhaitent pas signaler. Il y a celles déjà qui ont peur des retombées. Pour ces personnes-là, je tiens à dire que le signalement, comme je l'ai dit, il est gardé anonyme. Justement, nos enquêteurs sont briefés. pour garder l'anonymat. Donc, il n'y a pas vraiment de stress à ce niveau-là. Après, évidemment, si quelqu'un signale son voisin et qu'avant, il lui a dit « tu fais ci, tu fais ça » et que des enquêteurs viennent chez lui, le voisin risque forcément de se douter que c'est son voisin. Mais il n'y a pas de preuve, puisqu'on ne dit pas qui a signalé. Donc, ça peut être quelqu'un d'autre, ça peut être quelqu'un qui est passé dans la rue. À ce niveau-là, il faut se rassurer un petit peu. Ensuite, il y en a d'autres qui ne veulent pas signaler parce que ce ne sont que des animaux. À ce niveau-là, je dirais que les animaux, oui, ce ne sont que des animaux pour certains, mais ce sont quand même des êtres vivants, sensibles, intelligents. Et sans vouloir faire la morale, parce que moi je ne veux pas faire de morale, je ne rentre pas là-dedans, je ne juge pas du tout, mais on ne peut pas vraiment, pour moi en tout cas, rester insensible à leur souffrance. Et si vraiment des personnes ne veulent pas signaler parce que ce ne sont que des animaux, alors je ne contredis pas, mais pensez quand même que les maltraitances animales et humaines sont liées. La maltraitance familiale, c'est prouvé. Il peut y avoir des femmes, des enfants, des hommes qui sont frappés ou qui sont maltraités en même temps que leurs animaux. Et puis, comme je l'ai dit, il y a 85% des maltraitances animales qui sont liées à des négligences. Et très souvent, les personnes qui négligent leurs animaux, elles peuvent être en grand désarroi. Que ce soit un isolement social, que ce soit un problème financier insurmontable, que ce soit des problèmes de santé. Enfin bref, en signalant en tout cas. Ça permet aussi de prendre en charge ces personnes qui ont elles-mêmes du mal à s'en sortir dans leur vie. Donc si vous ne le faites pas pour l'animal, faites-le au moins pour sa famille. Voilà le message.
- Speaker #1
Pour compléter ce qui a été dit, c'est toujours intéressant de rappeler que les violences intrafamiliales peuvent toucher des humains, mais aussi les animaux du foyer. Pendant longtemps, ces violences ont été traitées séparément, pourtant de nombreuses études et les professionnels de... terrain observent aujourd'hui vraiment des corrélations très fortes entre maltraitance animale, violence intrafamiliale ou climat global de domination et de peur dans certaines familles. Certaines victimes de violences conjugales retardent même leur départ du domicile par peur de laisser leur animal derrière elles. Et inversement, les actes de cruauté envers un animal peuvent parfois devenir des signaux d'alerte révélant d'autres violences sur les humains du foyer. C'est justement pour cette raison que des associations comme Lama, dont on parlait au début de l'épisode, travaillent aujourd'hui sur cette approche globale du lien entre toutes les formes de violences, mais ça ne chemine pas que côté associatif. Il y a de plus en plus d'acteurs concernés qui se sensibilisent à une prise en charge plus globale des violences domestiques. D'ailleurs, si vous écoutez cet épisode et que vous êtes témoin ou victime de violences humaines, je vous rappelle les numéros d'aide et d'urgence. Le 17, la police ou la gendarmerie en cas d'urgence et de danger immédiat. Le 39-19, pour les femmes victimes de violences, et ce n'est pas possible d'appeler vous pouvez envoyer un SMS discret au 114, le 119 pour signaler un enfant en danger, ou encore le 3133, un nouveau numéro tout récemment mis en place au mois de mars de cette année pour signaler des violences sur un adulte vulnérable, personne âgée, en situation de handicap ou en situation précaire. Parce qu'au fond, protéger les animaux et protéger les humains relèvent souvent du même combat, celui de la lutte contre les violences et l'emprise. Et la multiplication de ces dispositifs d'écoute et de signalement, ça montre aussi une évolution profonde de notre société, celle d'une volonté croissante de mieux repérer les violences, d'accompagner les victimes et surtout d'encourager la parole à se libérer. Et justement, malgré l'importance du 3677 et les avancées qu'il représente, Lorenzal rappelle aussi avec beaucoup de lucidité, derrière l'ambition du dispositif, il existe encore des freins très concrets.
- Speaker #0
Les limites du CNPA actuellement, elles sont essentiellement financières. À savoir qu'un mois de fonctionnement de la ligne, Uniquement, ça coûte à peu près 25 000 euros. Et donc, il y a un budget conséquent. Pour l'instant, il est maîtrisé, mais il est conséquent. Le budget annuel moyen de tout le fonctionnement, en fait, il est en gros de 350 000 euros. Donc, il comprend les dépenses pour la plateforme d'appel et les téléopérateurs, pour les salariés, pour nos prestataires. Mais en même temps, tout ce monde, il est nécessaire. Et même, il est encore insuffisant pour que tout tourne, la preuve. Et ils sont tous très motivés, très investis. Et comme j'ai dit, ils ne comptent vraiment pas leurs heures. Et je les remercie encore pour leur engagement. On a aussi une taxe ARCEP, parce qu'on a un numéro à quatre chiffres. C'est 40 000 euros par an, si ça intéresse. Et puis ensuite, on a des frais liés au sauvetage. Donc tout ce qui est actions juridiques, des plaintes, les audiences, etc. Tous les frais de soins et de transport sur le terrain. Donc moi, je ne m'occupe pas du tout de cet aspect de trésorerie, mais je sais que notre président et nos trésoriers nous alertent. régulièrement sur la situation. On a d'ailleurs fait des campagnes d'appels aux dons. On cherche souvent à lever des fonds, à faire des réunions avec nos partenaires. Après, toutes les associations de protection animale, de toute façon elles sont à un moment ou à un autre dans le rouge, il n'y a pas que le CNPA, elles sont très peu aidées et vivent souvent sous perfusion. Et malheureusement, contrairement à d'autres numéros courts SOS, le 3677 n'est pas aidé par l'État. Et ça a marché les compètes d'Appel aux dons ? Oui, oui, oui, ça a marché, heureusement. Il y a des personnes qui ne donnent même pas grand-chose, mais c'est mémovant de voir à quel point des personnes s'investissent et donnent ce qu'elles peuvent. C'est touchant. Là, on est en train de réfléchir à l'avenir de la ligne, notamment à cause des problèmes... financiers et humains, donc on en saura plus très bientôt. On a d'ailleurs un partenariat qui a été signé le 30 mars dernier avec Défense de l'Animal, la Confédération Nationale, qui est l'association de protection animale qui dispose du plus grand nombre de refuges en France et qui maille tout le territoire. Nous avons aussi beaucoup de partenariats avec des associations, je ne peux pas citer tous nos partenaires. La porte en tout cas reste grande ouverte à toute association au refuge qui souhaiterait également devenir partenaire. Et d'ailleurs, je souligne, parce que c'est important, que tout ça n'aurait pas été possible et ne serait toujours pas possible sans tous nos partenaires qui nous ont soutenus et aidés et qui nous aident encore et que vous pouvez consulter sur le site 3677.
- Speaker #1
Ça implique quoi d'être partenaire ?
- Speaker #0
Ça peut être partenaire financier ou partenaire pour nous aider, comme par exemple pour les associations qui peuvent nous aider à trouver des familles d'accueil, qui peuvent nous aider pour des refuges, pour prendre des animaux, pour prendre le relais, etc. Et aussi, quand je parle de relais par les associations de protection animale, ça peut être justement des relais quand on manque d'enquêteurs dans un département. On contacte une association. En fait, c'était ce qu'on faisait au départ, on faisait que ça. C'est-à-dire qu'avant, juste, on réorientait vers des associations qui pouvaient envoyer leurs enquêteurs sur place. Comme ces associations, elles étaient déjà complètement coulées pour la plupart, c'est pour ça qu'on a mis en place notre propre réseau d'enquêteurs. Donc, ce n'est pas une concurrence, c'est vraiment une aide, en fait, et c'est un plus. Sauf que forcément, comme il y a des animaux qui sont saisis, il faut des refuges, il faut des familles d'accueil. Et ça, on a aussi des partenaires pour nous aider à trouver des refuges, des familles d'accueil, etc. Là, on est en train de réfléchir à des outils d'automatisation. On voudrait aussi justement prendre en charge les situations qui ne sont pour l'instant pas couvertes. On voudrait réduire les délais de traitement, on voudrait renforcer le maillage territorial, on voudrait augmenter le nombre d'enquêtes. etc. Et peut-être même que là, pour les deux ans de la ligne, déjà tout a changé. Donc je voulais aussi préciser une chose, c'est que Marine, tu m'avais proposé pour la première fois d'enregistrer ce podcast au mois de septembre 2025. Et depuis j'ai toujours repoussé parce que comme tu l'as vu, CNPA et 3677 sont en évolution permanente. Tout change constamment, il y a toujours de nouveaux projets. Donc c'est important de sortir le podcast pour cette date anniversaire de la ligne, mais c'est l'essence de ce projet d'être en... progrès permanent, c'est vraiment une série à épisodes. En tout cas, quelle que soit l'évolution, que je retiens moi, et puisque toute l'équipe du CNPA retient, c'est que nous sommes, et je suis, très heureux et fiers d'avoir créé cette première ligne téléphonique, de l'avoir fait évoluer, d'avoir pu sauver tant d'animaux grâce à elle. J'estime avoir beaucoup de chance de faire partie de cette équipe qui s'est bougée pour mettre ce projet en place et de faire évoluer les choses dans le bon sens. Voilà, c'est très satisfaisant. pour nous, toute l'équipe, de se dire qu'on a pu participer à l'évolution de ce beau projet, projet qui était attendu et qui se révèle très utile. Voilà, et puis donc, à suivre.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui t'a personnellement donné envie de t'investir au CNPA ?
- Speaker #0
Ce qui m'a donné envie, c'était justement que j'avais mes diplômes de droit animalier, que je voulais participer à mon niveau, à faire évoluer la... protection animale en France, m'engager sur le terrain. Je ne pense pas que ce soit fait pour moi, en fait. Pourtant, je suis vétérinaire, mais je ne peux peut-être pas les épaules pour. Je trouve que les gens qui vont sur le terrain sont très courageux. Peut-être pas ce courage-là.
- Speaker #1
Mais moi, je ne vais pas aller dans une arène pendant une corrida filmée. J'en suis incapable.
- Speaker #0
Même les vidéos à 214, je suis capable d'y arriver.
- Speaker #1
Mais tu vois, chacun peut faire à sa juste place.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et c'est tout à notre honneur, je pense, de savoir... ce qui est notre force, ce qui est notre faiblesse, et qu'on arrive quand même à porter la voix des animaux. Je trouve ça cool. Donc tu peux être très fière de ça.
- Speaker #0
En l'occurrence, c'est vrai que ce courage-là, je ne l'ai pas. Mais par contre, pour ce qui est de réfléchir et d'aller sur les plans scientifiques et droits, etc., alors ça, c'est à ma portée et c'est là-dessus que je m'investis. Et le CNPA, comme je disais au départ, c'était une association qui regroupait tous les acteurs du monde animalier pour faire avancer la cause animale, pour faire des plaidoyers, etc. Il se trouve que... finalement, on est parti sur le 36-77, donc c'est génial, mais il y a toujours cette dimension de faire évoluer la protection animale sur le plan législatif, qui est complètement mis entre parenthèses depuis deux ans, mais qui existe toujours.
- Speaker #1
Il faut qu'il y ait des gens qui fassent ça, et donc en fait, on est tous complémentaires. Donc il n'y a pas à arrangir le palier de terrain, il y en a qui réfléchiront pas comme toi, et puis je trouve que c'est bien de valoriser aussi qu'il y a tout type de profil et qu'on peut tous Merci. s'investir pour les animaux, sans forcément être dans la rue ou dans un abattoir, etc.
- Speaker #0
Mais en tout cas, les personnes qui s'investissent sur le terrain, elles sont très courageuses.
- Speaker #1
Je suis bien d'accord avec toi.
- Speaker #0
Il y a un message quand même que je souhaite faire passer aussi, même en tant que vétérinaire, parce que j'ai vu des choses en consultation. comme je disais, qui n'étaient pas vraiment adaptés, je pense, même personnellement, sans parler du CNPA, que chaque personne qui souhaite acquérir un animal, quelle que soit son espèce, doit absolument se renseigner avant sur les besoins de cet animal. Alimentation, rythme de vie, conditions de vie, besoins comportementaux, etc. C'est un minimum. Encore une fois, je ne suis pas là pour faire la morale, c'est juste que c'est logique. Pourquoi ? Parce que tout le monde doit avoir en tête qu'un animal, il dépend complètement de son propriétaire. Complètement. Pour tout. Et cet animal, il est vivant, il est intelligent, ce n'est pas un jouet. Et prendre un animal, c'est être responsable du bien-être de l'animal, son bien-être à lui, et d'en prendre soin toute sa vie. Il faudra le nourrir, il faudra le promener, il faudra le soigner, etc. Et tout ça, ça a un coût. Donc il faut y réfléchir avant, en fait, pour pouvoir assumer toutes ces responsabilités et pour éviter toute forme de négligence. Pourquoi ? Donc je rappelle que 85% des maltraitances qui sont signalées, ce sont des négligences. Donc, pas de morale, mais juste de la logique, tout simplement. Je trouve que maintenant, il y a quand même une véritable prise en compte de la sensibilité animale, que ce soit chez le grand public, chez les vétérinaires, j'en ai parlé. L'animal de compagnie, maintenant, il y a beaucoup de propriétaires pour lesquels c'est leur enfant, ce qu'on appelle les pet parents, même si je ne sais pas très bien parler anglais. Et puis, le rejet total par une grande partie de la jeune génération de la consommation de viande, notamment issue de l'élevage industriel. Et puis il y a une véritable considération de tous les animaux, même les animaux sauvages, même les animaux drantes. Donc il y a beaucoup de choses à dire sur cette évolution et côté vétérinaire aussi, les gens veulent aussi beaucoup de soins. Et il y a beaucoup de soins qui se développent vraiment de plus en plus performants. Évidemment, il y a encore beaucoup de méconnaissances sur le monde des animaux non humains. Et je pense qu'il y a un vrai changement sociétal qui explique aussi justement pourquoi beaucoup de gens sont maintenant. sensible à la maltraitance animale et pourquoi il y a eu peut-être aussi ce fameux déferlement d'appel lors de l'ouverture de la ligne il y a deux ans. La loi contre la maltraitance animale en 2021, je pense qu'elle a aussi légitimé le fait de défendre un animal. Elle a montré que la maltraitance en fait, c'était un problème.
- Speaker #1
C'est marrant, t'as dit, j'adore, t'as dit animaux non humains. Mais je trouve ça super parce que ça montre qu'on est en tout. Ça rejoint aussi le fait que quand il y a des violences intrafamiliales, ça touche. Les humains dans le foyer, mais aussi les animaux. Je rejoins complètement le point de vue de Lorenza. Nous sommes des animaux parmi les autres, et je dis pas ça pour choquer, mais parce que l'être humain est un animal, du point de vue de la zoologie. On appartient à l'espèce Homo sapiens, une espèce de primate, donc un organisme vivant du règne animal, au même titre que les autres espèces avec lesquelles on partage la planète. Et le fait que nous ayons un langage, une culture ou des sociétés... complexes ne nous retirent pas cette appartenance au règne animal. Comme tous les animaux, nous sommes des êtres sensibles, capables de ressentir la douleur, la peur, le stress, l'attachement ou la souffrance. Et je trouve important de le rappeler parce qu'on oppose encore trop souvent les humains et les animaux, comme si leur souffrance n'avait aucun lien, alors que dans tout l'épisode on a montré qu'il y avait justement un lien entre les deux. Et reconnaître ça, c'est pas humaniser les animaux, c'est simplement accepter que le respect du vivant devrait concerner tous ceux capables de ressentir et de souffrir. Et dans ce contexte, on peut dire que le 3677 est aujourd'hui reconnu comme une ressource vitale pour signaler et intervenir dans les cas de maltraitance animale, et qu'il est un numéro à connaître absolument, comme tous les autres cités précédemment pour dénoncer les maltraitances humaines. Vous pouvez suivre l'actualité du numéro SOS Maltraitance Animale sur son site internet 3677.fr et sur les réseaux sociaux. Le dispositif a une page Facebook, LinkedIn, mais aussi des comptes Instagram, TikTok et X. Et puis, il reste encore une grosse vingtaine de départements sans enquêteurs bénévoles du 3677. Et si c'était vous, le premier enquêteur bénévole de votre département ? Si vous vous êtes reconnu dans le portrait dépeint par Lorenza, dans les qualités requises, si vous êtes sérieuse ou sérieux, si vous souhaitez vous investir concrètement pour les animaux sur le terrain, tout en étant formé, accompagné dans votre mission, rendez-vous sur le site du 3677, rubrique « Devenir enquêteur bénévole » pour plus d'infos et pour postuler. Pour rappel, l'enquêteur, c'est celui qui se déplace sur le terrain pour constater les conditions de vie d'un animal, vérifier les informations, dialoguer avec les propriétaires de manière bienveillante, parce que parfois, en fait, il s'agit presque de tenir un rôle de médiateur auprès des propriétaires d'animaux, d'être dans la pédagogie, et parfois, quand la situation l'exige, de sécuriser l'animal signalé. C'est vraiment une mission qui a du sens, et si ce sens résonne en vous, n'hésitez plus et engagez-vous pour faire grandir ce maillage d'enquêteurs terrain. absolument essentiel au bon fonctionnement du numéro. Vous pouvez faire la différence, et bravo à tous ceux qui ont déjà franchi le pas d'être enquêteurs bénévoles pour le 3677, ou une autre association. Sachez que vous êtes un maillon essentiel de cette chaîne de solidarité humaine pour des animaux en difficulté dans leur vie, donc un immense merci à vous. Et puis si l'engagement sur le terrain, c'est pas pour vous, et il n'y a aucun jugement là-dessus, vous pouvez toujours informer, communiquer sur ce numéro. Faites connaître le 3677 autour de vous parce que ça donnera peut-être l'occasion à une personne de votre entourage de signaler une situation qu'il ou elle n'aurait jamais osé signaler. D'ailleurs, à ce stade de l'épisode, certaines personnes peuvent peut-être se demander un animal en danger et une situation de maltraitance, est-ce que c'est forcément la même chose ? Et la réponse est non. Un animal peut être en danger sans qu'il y ait nécessairement une maltraitance volontaire derrière. Mais justement, même dans le doute, vous pouvez appeler le 3677 pour demander conseil. et si jamais ce n'était pas une maltraitance et que le cas n'est pas traité par le 3677, ils ne laissent pas les signalants sans réponse, ils vous réorienteront vers les bons interlocuteurs. En revanche, on le rappelle, si l'animal est en danger de mort immédiat, il y a une urgence absolue pour sa vie, il faut bien sûr appeler le 17. Et pour les situations moins urgentes, il existe aussi un autre outil complémentaire de la ligne téléphonique que je voulais vraiment valoriser pour terminer cet épisode, c'est l'annuaire du 3677, disponible directement sur leur site internet. C'est un outil vraiment bien pensé. En entrant votre code postal ou celui de la commune la plus proche de la situation à signaler, vous aurez la liste de tous les acteurs compétents autour de vous. Association de protection animale, collectivité, vétérinaire, centre de soins pour la faune sauvage, la DDPP compétente de votre secteur, etc. Bref, c'est un véritable réseau d'orientation accessible partout en France et je trouve vraiment qu'il est bien fait. Donc bravo aussi le CNPA pour cet outil très complémentaire du 3677. Et qui traduit, je trouve, vraiment bien son esprit, c'est-à-dire ne pas être seule à agir contre la maltraitance animale, mais au contraire, créer du lien et de la solidarité entre tous les acteurs capables d'intervenir, chacun avec ses compétences et ses moyens, pour mieux protéger les animaux. Sur ce, je laisse la parole à Lorenza pour ses mots de la fin.
- Speaker #0
Premier mot de la fin, c'est que je remercie encore tous nos bénévoles, tous nos enquêteurs, nos salariés, nos prestataires. toutes ces personnes qui ne comptent pas leurs heures et qui sont vraiment très investies dans ces missions du CNPA et du 3677. Et je remercie aussi également tous nos partenaires qui nous aident au quotidien. C'est vraiment très important. Je tiens vraiment à les remercier. Je pense qu'ils ont compris. D'autre part, je voudrais dire que je dédie mon engagement à tous les animaux qui m'ont accompagnée dans ma vie, donc mes Ausha et mes poules aussi. et aussi particulièrement mes chiennes donc depuis Jessie qui a été la première en passant par Lina, Goupier et puis Jinka et June qui m'ont quitté récemment malheureusement et leur disparition m'a pour toutes en fait un laissé assez vide démuni, perdu incomplète et donc c'est pour elles que je fais tout ça voilà et merci beaucoup et merci Marine merci à toi,
- Speaker #1
c'était un échange très riche et je suis très contente d'avoir enfin réussi à le faire
- Speaker #0
Oui, moi aussi.
- Speaker #1
Ça faisait un moment, mais franchement, un énorme plaisir de le faire avec toi. Et puis bravo pour ton engagement, c'était très touchant.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Voilà, désormais, vous savez tout, ou presque, du 3677. Avec cet épisode passé en la très bonne compagnie de Lorenza, j'en profite pour la remercier d'ailleurs pour sa gentillesse, son engagement auprès des animaux et sa générosité dans chacun de nos échanges. Bravo au CNPA. d'avoir créé ce 3677, véritable chaîne humaine qui essaye chaque jour de faire en sorte qu'il y ait toujours une réponse pour chaque animal signalé, parce qu'une vie est une vie. Et avant de refermer l'épisode, j'aimerais rappeler que lorsqu'un animal souffre ou que l'on assiste à une situation qui nous inquiète, mais sans être sûr, le doute ne devrait jamais nous empêcher d'agir. Même si on a cette petite voix dans la tête, est-ce que c'est vraiment grave ? Est-ce que je suis pas en train de me tromper ? Est-ce que j'ai bien vu ? Parce qu'un signalement peut changer l'avis de l'animal concerné. D'ailleurs, moi je dis toujours qu'il vaut mieux une situation signalée deux fois que pas du tout. Il vaut mieux une fausse alerte qu'une alerte donnée trop tard, parce qu'il y a du vivant en jeu. Et si cet épisode pouvait avoir une utilité concrète, j'aimerais que ce soit celle-ci. Donner le réflexe d'agir, même dans le doute, lorsqu'un animal semble en difficulté. Alors n'hésitez pas à partager cet épisode autour de vous, à parler du 3677, parler aussi du lien entre les violences humaines et animales, parce qu'aujourd'hui on sait qu'elles sont liées. Et quel que soit l'avenir du 3677, après deux ans d'existence, je remercie vraiment encore le CNPA de l'avoir créé. On ne peut évidemment que souhaiter que ce dispositif continue à grandir et à devenir le réflexe pour toutes celles et ceux qui refusent encore l'indifférence face à la souffrance animale. signaler ce n'est pas accuser, c'est refuser l'indifférence. Merci d'avoir écouté cet épisode de l'Echo des museaux. J'espère que ce podcast vous a apporté de la connaissance et vous donne envie d'agir à votre niveau parce qu'il suffit parfois de toutes petites actions pour changer positivement la vie d'un animal. Si le podcast vous plaît, n'hésitez pas à nous laisser 5 étoiles, un gentil commentaire et surtout à en parler autour de vous pour faire grandir notre communauté de protecteurs des animaux. En attendant le prochain épisode, retrouvez plus d'informations sur le podcast et tous nos anciens épisodes sur www.lecodemuseau.fr ou faites-nous un retour sur notre compte Instagram, j'adore lire vos messages. A très vite pour un prochain épisode !