- Speaker #0
Bienvenue sur l'écho des museaux, le média associatif qui donne de la voix pour le monde animal. Je suis Marine, une passionnée d'animaux depuis toujours, et ici je donne la parole aux associations, aux professionnels, et à toutes celles et ceux qui s'engagent pour la cause animale. A travers des témoignages inspirants, de l'info et des conseils, ce podcast invite à repenser notre lien aux animaux et à mieux comprendre leurs besoins pour faire avancer le bien-être animal. C'est parti pour l'épisode du jour, bonne écoute ! Bonjour à tous, aujourd'hui on va donner de la visibilité à ceux qui sont le moins médiatisés, j'ai nommé les animaux de ferme. Vaches, cochons, volailles, chèvres ou encore moutons et même chevaux, bien que ce dernier ait un statut un peu hybride aujourd'hui entre l'animal de ferme et l'animal de compagnie. En tout cas tous ces animaux autrement appelés animaux de rente, d'élevage. sont des centaines de millions en France à être élevés, nourris, exploités et abattus dans de plus ou moins bonnes conditions, puis consommés, que ce soit à leur viande ou leurs produits comme le lait, les œufs, etc. J'utilise volontairement le mot exploiter, pas pour accuser mais pour nommer une réalité puisque dès lors qu'on élève un animal pour en tirer quelque chose, il y a une forme d'exploitation de l'animal. Ça n'empêche pas de reconnaître que certains éleveurs font un travail remarquable avec une vraie attention portée au bien-être de leurs animaux tout au long de leur vie. Que ce soit les vaches laitières, dont le rythme de reproduction est lié à notre consommation de lait, les poules, à qui on demande de pondre toujours plus d'œufs, ou encore les truies, qui peuvent vivre des cycles de reproduction très rapprochés dans des espaces confinés, sans parfois pouvoir même se lever. Voilà, ce sont des réalités d'élevage qui peuvent questionner, parce que dans certains des systèmes d'élevage actuels, les conditions de vie et les rythmes imposés aux animaux sont trop souvent éloignés de leurs besoins physiologiques. Parce qu'avant d'être un produit de consommation, un animal d'élevage est un animal, donc une vie sensible. Et c'est pour ça que la question de leur protection est essentielle. Peut-être même encore plus justement parce que le bien-être de ces animaux dépend directement de nous et de notre manière de consommer. Donc à mon sens, on a une responsabilité encore plus grande envers eux avec notre mode d'alimentation qui a évolué depuis des années, le fait de manger de la viande ou de la protéine animale quasiment à tous les repas, pour ceux qui en mangent, on produit plus, on consomme plus, et bien souvent sans vraiment se poser de questions sur ces animaux. Et encore une fois, il ne s'agit pas de culpabiliser les gens, mais d'en prendre conscience, pour aller dans le bon sens pour tous ces animaux qui restent des vies sensibles, je l'ai dit, et on le voit de plus en plus d'ailleurs avec des associations de protection de ces animaux qui sont de plus en plus nombreuses dans le paysage. associatif français des sanctuaires pour animaux de ferme et aussi de plus en plus de particuliers qui décident de réduire leur impact en devenant végétariens ou vegan, ou même quand ils le peuvent et qu'ils en ont les capacités d'accueil, d'adopter le plus souvent poules de réforme ou petits ruminants. Pour parler de ce sujet central en protection animale aujourd'hui, j'ai eu le plaisir d'enregistrer avec Jimmy, directeur adjoint de l'OABA, acronyme pour Oeuvre d'assistance aux bêtes d'abattoir. Cette formidable association pionnière en matière de défense des animaux de ferme et reconnue d'utilité publique, a vu le jour dans les années 60, grâce à une femme sensible au sort de ces animaux, ce que va nous expliquer Jimmy. Ce qui est intéressant avec l'OABA, c'est leur approche très ancrée dans le réel, partie d'un constat simple. Tout le monde ne deviendra pas végétarien ou vegan. C'est d'ailleurs ce que me disait très justement Johan Latouche, mon invité de l'épisode précédent, que je vous invite à écouter si vous n'avez pas encore eu l'occasion de le faire, parce qu'on a abordé plein de sujets de protection animale. et notamment donc la question des animaux de rente. Et Johan disait donc à juste titre que tout le monde ne deviendra pas végane ou végétarien, puisqu'on est dans un monde où l'élevage existe, les abattoirs existent, et que partout en France, il faut pouvoir respecter ces animaux tout au long de leur vie évidemment, et surtout lors de leur abattage. Et bien en fait, comment on fait concrètement pour améliorer les choses pour ces animaux ? Parce que malheureusement, ils sont souvent encore vus comme des produits de consommation, et non pas pour ce qu'ils sont à la base. Donc des êtres vivants, doués de sensibilité. Moi j'aime mettre en avant cette notion de perception, c'est-à-dire qu'un animal est un animal. Et on décide de le voir comme un animal de rente ou de compagnie, mais ça c'est notre perception qui définit ce regard qu'on porte sur eux. D'ailleurs, un animal de ferme, ça peut aussi devenir un animal de compagnie, et c'est aussi ce que défend l'OABA, avec la création de son troupeau du bonheur, un sanctuaire pour plus de 600 animaux de ferme sortis de maltraitance, et du coup aussi sortis finalement du circuit classique, si j'ose dire, d'un animal de rente, puisqu'ils ne finissent jamais. à l'abattoir, on reparlera évidemment du troupeau du bonheur et de son fonctionnement dans l'épisode. On va aussi aborder les différentes missions extrêmement importantes de l'OABA pour améliorer constamment les conditions de vie et d'abattage des animaux de ferme. Alors parler d'élevage et d'abattage, c'est pas toujours un sujet facile à aborder, ni même à écouter. On n'est pas forcément à l'aise avec ce sujet, et puis c'est plus facile de fermer les yeux, si j'ose dire, ou les oreilles, ou de mettre la poussière sous le tapis, comme on dit vulgairement. Mais vraiment, si vous êtes sensible aux animaux de ferme, sensible à leur défense, et à l'idée de mieux faire les choses pour eux à votre échelle, dans votre manière de consommer, je vous invite vraiment à écouter la richesse des propos de Jimmy. Et je précise que ce n'est pas un épisode qui se veut culpabilisateur ou larmoyant. sur le sort de ces animaux, mais un épisode sensibilisateur et informateur pour vous apporter des clés de compréhension du sujet avec le plus de justesse possible. D'ailleurs, si cette thématique vous met mal à l'aise, je vous encourage doublement à rester parce que vous allez voir à quel point les explications de Jimmy sont accessibles, concrètes et éclairantes. Pour tout vous dire, moi j'avais aussi un peu d'appréhension de travailler sur cet épisode en me disant que ça allait être difficile pour moi, parce que j'ai un grand niveau de sensibilité sur le sujet des animaux de ferme. mais je tenais aussi vraiment à valoriser l'OABA et leurs actions essentielles dans le paysage de la protection animale. Donc je me suis lancée et j'ai tellement appris. J'ai aussi réussi à prendre du recul sur la thématique pour informer à travers le podcast, parce que ça me tenait vraiment à cœur, au nom de tous les animaux de ferme, de réaliser cet épisode. Donc j'en suis très contente et je suis fière d'avoir réussi à dépasser mon appréhension de certaines thématiques pour donner de la visibilité justement à ces questions. En tout cas... L'élevage et l'abattage des animaux de rente fait partie d'une réalité. Ça fait partie de la société dans laquelle on vit, et c'est primordial d'en parler, d'autant plus aujourd'hui avec une hausse de la consommation de viande, des produits transformés, etc. Donc l'idée, encore une fois, n'est pas de culpabiliser les viandards qui nous écouteront, mais que tout consommateur ait le bon niveau d'information, en fait, sur les produits qu'il consomme, pour qu'il achète en conscience. Et informer, d'ailleurs, c'est l'une des missions de l'OABA. Sensibilisation, retrait d'animaux de faire maltraiter, amélioration du bien-être animal en élevage, collaboration étroite avec les abattoirs pour améliorer la bientraitance animale dans ce lieu où l'animal finit sa vie, ou encore information du consommateur, c'est de tout ça qui va nous parler de Jimmy, que j'ai été ravie de rencontrer en janvier dernier à Paris, au siège de l'OABA. Et pour la petite histoire, je sortais tout juste d'une mauvaise grippe au moment de notre enregistrement. Donc dans les parties où on m'entend discuter avec Jimmy, j'ai l'impression de parler très fort du nez. comme quand on sort d'un gros rhume. Mais bon, peut-être que ça vous sautera moins aux oreilles qu'à moi. Bref, revenons à nos moutons, sans mauvais jeu de mots, je vous laisse avec cet épisode passionnant sur le sujet de la protection des animaux d'élevage, qui encore une fois n'est pas fait pour choquer ni culpabiliser les pratiques, mais pour informer et valoriser le formidable travail de l'OABA. Parce que mieux agir pour les animaux de ferme, et mieux consommer, ça passe avant tout par mieux comprendre le sujet.
- Speaker #1
Je m'appelle Jimmy Gouédard. Je suis l'adjoint directeur de l'OABA, j'ai 31 ans et je suis à l'OABA depuis maintenant bientôt 4 ans. J'ai un parcours relativement classique avec des études en droit divisées entre la Bretagne, d'où je suis originaire, et Paris où j'ai fini mes études et où je me suis spécialisé en droit pénal. Comme beaucoup de personnes, j'ai fait des études de droit pour être avocat, mais je n'ai pas eu le concours, ce qui ne m'a pas empêché derrière de travailler à la direction juridique de la SNCF après mes études. pendant deux ans. en intérim où il n'y a pas eu d'ouverture de poste. Suite à ça, j'ai simplement cherché un emploi. L'OABA cherchait une personne, donc c'est comme ça que le mariage s'est fait, tout simplement. Après, si on regarde un peu plus en profondeur, il y a quand même, même si au début je ne me rendais pas compte, il y a une similarité, on va dire, ou en tout cas il y a un suivi avec l'histoire plus ou moins familiale. Est-ce que mon grand-père était à la fois cheminot, coucou la SNCF, et éleveur de vaches laitières ? Ça c'était mon grand-père, maternel. Mes grands-parents patins étaient haussiers, ils avaient leur élevage de basse-cour, etc. Donc ça c'était la première, on va dire, marche. Mes parents, eux, ont travaillé toute leur vie en abattoir, dans un abattoir à l'Ambal, qui s'appelle Lac-aux-Perles, qui est très connu, on va dire, dans le milieu de la protection animale et dans le milieu de la transformation d'aliments. Et moi-même, j'ai travaillé dans cet abattoir l'été, pour tout simplement payer mes études, pour faire des petits jobs d'été, on va dire. Donc j'avais le choix, soit entre vendre la viande ou bien protéger les animaux. Et bah... Disons que je suis arrivé dans la partie protection animale pour mon plus grand plaisir.
- Speaker #0
Effectivement, t'es bien dans la thématique quoi.
- Speaker #1
Ben c'est... ça a été... Y'a pas de hasard finalement. Non mais voilà, c'est ça. Au début je m'en rendais pas compte. Et c'est un ami en discutant, en me disant mais c'est complètement logique en fait. C'est vrai que c'était pas... de prime abord, c'était pas pour la protection animale que j'ai fait du droit. Mais c'est l'un dans l'autre, ça me va très bien parce que j'ai toujours été proche des animaux.
- Speaker #0
C'est ce que j'allais te demander parce que j'aime bien contextualiser un peu. Mettre l'OABA en avant, très bien, mais aussi mettre la personne que j'interview. Et toi, du coup, ton rapport aux animaux ?
- Speaker #1
J'ai toujours été proche des animaux. Quand j'étais gamin, on avait des chiens, on avait des vaches dans le fond du jardin. Je m'en souviens, en Bretagne, il y a des animaux de ferme tout le temps. En tout cas, pas que de ferme, mais en partie. Parce que la Bretagne est une terre d'élevage, je t'apprends rien, je pense. Après, je ne me suis jamais dit, encore une fois, que je vais aller... et faire du droit pour faire de la protection animale. C'est un peu par hasard que je suis arrivé là, mais aujourd'hui, ça fait 4 ans que j'y suis, et je remercie la SNCF de ne pas m'avoir donné de CDI à l'issue de mon contrat, parce que je pense que j'aurais accepté et je ne serais jamais arrivé là. Aujourd'hui, je suis très bien où je suis, et tant mieux. L'OABA, l'œuvre d'assistance aux bêtes d'abattoir, c'est une association qui a été créée en 1961. par Jacqueline Gillardoni. Et il faut savoir que c'est la plus vieille association française de protection des animaux de ferme. Il n'y en a pas eu avant, en tout cas pas à notre connaissance. Elle a été créée en 1961. Pourquoi ? Parce que Jacqueline Gillardoni, qui habitait à l'époque dans la région de Menton, près de Nice, a un jour croisé un âne. Et elle s'est demandé ce que cet âne faisait, parce qu'il était sur la route. Donc elle a croisé cet âne avec sa fille, et elle s'est renseignée où venait cet âne. Cet âne, en fait, s'était échappé de l'abattoir de Menton. Et Jacqueline Gilardoni, avec sa fille, a racheté l'âne pour éviter qu'il se fasse abattre. Toute personne, on va dire, dans la majorité des cas, se serait arrêtée là. Mais Jacqueline Gilardoni, elle, s'est dit, mais comment ça il aurait été abattu ? De quelle façon est-ce qu'il aurait été abattu ? Elle s'est renseignée, du bouche à oreille dans le coin, et elle a réussi à rentrer dans l'abattoir. Elle s'est rendue compte que les conditions de mise à mort des animaux étaient catastrophiques. Ce n'était pas le cas dans tous les abattoirs à l'époque. À partir de là, elle s'est dit, il faut améliorer les choses. Il faut améliorer les choses, et donc c'est pour ça qu'elle a créé l'association en 1961. Et trois ans plus tard, elle a obtenu notamment l'étourdissement des animaux, on en reparlera par la suite, et elle s'est intéressée à la protection animale en abattoir, ce qui à l'époque était un peu... On avait déjà une femme qui s'intéressait au monde de l'abattoir, ce qui n'était déjà pas très commun. En plus de la protection animale, on en parlait très peu à l'époque, il y avait la SPA qui existait déjà, mais c'était plus pour les animaux de compagnie. pour les animaux de ferme, c'était inconnu au bataillon. Donc, ça a été vraiment révolutionnaire à l'époque, de par son engagement et de par ce qu'elle a obtenu. Et depuis 1961, les actions, évidemment, de l'OABA se sont développées. On a gardé cette spécificité des abattoirs, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, on fait toujours des audits en abattoir pour améliorer cette protection animale et pour faire en sorte que la bientraitance, parce qu'on parle de bientraitance en abattoir et pas de bien-être, la bientraitance en abattoir s'améliore de jour en jour et d'année en année. Évidemment, les difficultés qu'on connaît, aujourd'hui, ce n'est pas tout rose, mais tout n'est pas à jeter non plus. Il y a quand même eu d'énormes améliorations depuis les années 1960, et heureusement. Les autres activités de l'OABA aujourd'hui, elles sont au nombre de quatre, en plus des audits en abattoir. On a le retrait d'animaux maltraités. Ça, c'est en partie avec le directeur Frédéric Froen, c'est la responsabilité du pôle juridique, où l'OABA intervient sur demande des autorités administratives et judiciaires pour retirer des animaux victimes de maltraitance. Nous intervenons sur les exploitations agricoles, mais aussi chez les particuliers. Partout, il y a des animaux victimes de maltraitance. La deuxième activité aujourd'hui de l'OABA, c'est la gestion notamment d'un refuge qu'on appelle le troupeau du bonheur. Aujourd'hui, on a 600 animaux dans ce refuge, plusieurs dizaines de partenaires. Et c'est un peu nos animaux coup de cœur de l'association, pour lesquels à partir du moment où ils rentrent dans le troupeau du bonheur, ils n'en sortent pas. C'est-à-dire qu'il n'y a pas d'exploitation, il n'y a pas d'abattage, il n'y a pas de reproduction.
- Speaker #0
C'est un sanctuaire.
- Speaker #1
C'est un sanctuaire, c'est une maison de retraite, c'est un EHPAD, on peut l'appeler comme on veut, mais pour les animaux maltraités, c'est tout simplement 600 animaux aujourd'hui qui y vivent depuis plus de 20 ans. Autre mission aujourd'hui de l'OABA, c'est l'information du consommateur. Cette information passe par plusieurs canaux, évidemment les réseaux sociaux, Instagram, Facebook, LinkedIn, Twitter, Blue Sky aussi je crois, mais aussi par le développement d'un étiquetage spécifique qui est l'étiquetage bien-être animal. C'est une étiquette aujourd'hui qui a été créée en 2017 qu'on peut retrouver dans les magasins, notamment sur le poulet, le porc, ou qui permet comme une Nutri-Score d'avoir une note de A à E indiquant un peu le niveau de bien-être de l'animal consommé. À titre d'exemple, et pour l'anecdote, vous connaissez tous les codes qu'il y a sur les oeufs. 0, 1, 2 et 3. Et bien ça, c'est l'amélioration que l'OABA a obtenue en 1985 avec la LFDA. Et donc aujourd'hui, c'est ce code-là qui permet de savoir si les poules qui font les oeufs sont élevées en cage, sont élevées au sol, sont élevées en plein air. ou sont d'agriculture biologique. C'est aussi une des victoires de l'OABA, ça a été d'avoir cet étiquetage au niveau des oeufs, qui aujourd'hui existent encore et on le voit dans les magasins. On voit que ce sont les oeufs généralement en plein air ou biologiques qui aujourd'hui partent les premiers, et les oeufs de poules en cage aujourd'hui sont moins consommés, et heureusement, ce qui montre aussi que le consommateur joue le jeu quand on l'informe. Enfin, le dernier travail de l'OABA, enfin la dernière mission aujourd'hui de l'OABA, c'est un travail on va dire plus générique, c'est un travail de plaidoyer. auprès des institutions nationales, en gouvernement, Assemblée nationale, Sénat, mais aussi auprès des filières d'élevage, pour faire en sorte que la protection animale s'améliore et le bien-être des animaux, autant au niveau de l'élevage, du transport et de l'abattage, s'améliore. Et enfin, des actions juridiques, parce que l'OABA a toujours été dans le dialogue, mais si nous ne sommes pas entendus et si on ne veut pas discuter avec nous, eh bien, nous n'hésitons pas aussi à attaquer en justice, que ce soit le ministère de l'Agriculture ou d'autres entreprises, si jamais il y a eu. Donc c'est comme ça qu'on a eu plusieurs victoires, on aura l'occasion d'y revenir tout à l'heure.
- Speaker #0
Au sein de l'OABA, on va dire que c'est une vingtaine de personnes. On a 12 administrateurs qui sont bénévoles et on a une dizaine de salariés. On va dire plus ou moins à temps plein, ça dépend des cas. Et ce sont ces personnes-là qui gèrent quotidiennement les missions de l'association et qui se déplacent dans la France entière quand il y a besoin. On peut aller de Lille à Marseille, de Brest à Strasbourg. On n'a pas de limite, on va dire, à ce niveau-là. S'il y avait un besoin au niveau de l'OABA, en France métropolitaine, je parle, eh bien l'OABA sera là si c'est nécessaire. Et aujourd'hui, la séparation... qui avait été voulue par Jacqueline Girardoni quand elle a créé l'association, c'est-à-dire qu'elle s'est entourée de vétérinaires et de juristes pour faire avancer la protection animale en France. Cette séparation aujourd'hui est toujours d'actualité parce qu'on a notre président Manuel Mersch qui est vétérinaire et nous avons notre directeur Frédéric Freun qui est lui juriste et tout ça dans un but commun de faire avancer la protection animale.
- Speaker #1
Rien que ce mot peut mettre mal à l'aise, voire faire frémir quand on est sensible à la cause animale et tout simplement à la valeur de la vie. Un abattoir, pour donner une définition, c'est un lieu où les animaux d'élevage sont abattus et où leur viande est préparée pour être consommée. La France comptabiliserait environ 230 abattoirs de boucherie, incluant bovins, porcs, ovins, caprins. A savoir que ce chiffre baisse depuis des décennies puisqu'on en comptabilisait plus de 630 en 1980. D'ailleurs, parenthèse, dans le petit village où j'habite, il y a un ancien abattoir de... port et un atelier de transformation, dont aujourd'hui les locaux sont à l'abandon, comme un témoin silencieux de cette évolution. Parenthèse refermée, on rajoute à ce chiffre de 230 environ 700 abattoirs de volailles et de lapins, on a donc environ 950 abattoirs en France, toutes espèces confondues, et cette notion d'abattoir multiespèce d'ailleurs est importante en matière de bientraitance animale, ce que va nous expliquer Jimmy. On parle souvent des abattoirs d'ailleurs au moment des scandales, des scandales de maltraitance, avec des vidéos chocs. de personnes infiltrées pour nous montrer des choses que personne n'a envie de voir, soyons clairs. Mais c'est souvent plus simple d'ailleurs de les ignorer et de faire comme si la maltraitance en abattoir n'existait pas. Mais elle existe. Et c'est parfois très dur, insoutenable à regarder, pour moi aussi. Je suis la première à ne pas pouvoir regarder ces vidéos. C'est Paul McCartney d'ailleurs qui disait que si les abattoirs avaient des vitres en verre, tout le monde serait végétarien. Je suis assez alignée avec ça. Mais au-delà de cette citation, il y a une réalité. L'être humain a toujours tué et mangé des animaux. Les abattoirs existent depuis des décennies et font partie de la société. Pour le petit historique, les abattoirs existent précisément depuis deux siècles. Les premiers vrais abattoirs organisés, industriels on va dire, sont apparus au début du XIXe siècle, sous Napoléon Ier. En 1810, un décret a imposé de regrouper les tueries d'animaux d'élevage dans des lieux dédiés, à l'écart des habitations. Avant ça, les animaux étaient abattus directement chez les bouchers, ou en pleine ville, sans règles sanitaires strictes, avec les conséquences qu'on imagine. la vue du sang, les odeurs, etc. Mais surtout, ils étaient abattus à la vue de tous, et donc les abattoirs sont nés. Pour certes, encadrer l'abattage et faire des contrôles sanitaires, mais soyons honnêtes aussi, pour cacher de la vue des plus sensibles, et notamment des enfants, le fait de tuer des animaux. Alors aujourd'hui, qu'est-ce qu'on fait de cette réalité ? Parce que sur le terrain, il y a aussi des professionnels qui cherchent à faire les choses correctement, on va dire du mieux possible, considérer leur secteur d'activité. Et c'est pour ça qu'il existe un travail de fond, de loi BA, discret mais... tellement nécessaire pour faire évoluer les pratiques de l'intérieur. Donc l'OABA réalise en effet des audits directement dans les abattoirs avec leur accord, et ça vous verrez que c'est essentiel. L'objectif de ces audits, c'est pas de pointer du doigt, mais d'ouvrir un dialogue avec les professionnels dans la construction pour améliorer concrètement la manière dont les animaux sont transportés, traités sur place, puis abattus. Ce travail primordial d'audit en abattoir, l'OABA le fait dans l'ombre grâce aux vétérinaires bénévoles de l'association, basés sur une grille comprenant des centaines de points de contrôle de l'arrivée des animaux à leur abattage, avec pour seul boussole et pour seul objectif la bientraitance animale en abattoir. Les audits commencent souvent très tôt, parfois même en pleine nuit, pour observer les pratiques dans les conditions réelles. Ce travail est peu médiatisé, mais il est reconnu notamment par le ministère de l'Agriculture et permet des avancées concrètes. Parce que la question au fond, c'est celle-ci. Dans une société où on consomme encore des animaux, pour certaines personnes, comment faire en sorte de réduire au maximum leur stress, leur peur et leur souffrance jusqu'à la fin de leur vie ? Et c'est précisément là que l'OABA agit.
- Speaker #0
L'OABA, effectivement, depuis 1961, intervient dans les abattoirs. Et c'est comme ça qu'on a obtenu, justement, en termes de victoire aussi, l'étourdissement. Parce qu'en 1961, il n'y avait aucune réglementation à ce niveau-là. 1964, soit trois ans après à peine la création de l'OABA, l'OABA a obtenu, du ministre Edgar Pizani à l'époque, l'étourdissement obligatoire des animaux. Donc ça, c'est une des victoires de l'OABA. Et il faut bien se rendre compte qu'à l'époque, c'était historique, parce qu'il n'y avait aucun pays européen qui obligeait les animaux à être étourdis. Sauf peut-être l'Angleterre, à l'époque. Mais en tout cas, en 1964, la France était le premier pays, on va dire...
- Speaker #2
Récurseur.
- Speaker #0
Voilà. La France était en avance sur la protection animale, clairement. Et c'est ce qui a donné, en 1974, la réglementation européenne. Derrière qui, elle, a étendu cette obligation à tous les pays membres. Néanmoins, il y a quand même aujourd'hui une dérogation qui existe, qui est pour l'abattage sans étourdissement, dit aussi abattage rituel. Je pense qu'on aura l'occasion d'en reparler. Mais effectivement, l'OABA, depuis 1961, est foncièrement moteur dans la protection animale en abattoir. Et aujourd'hui, concrètement, comment ça se passe ? On part du principe que si on veut améliorer la protection animale en abattoir, eh bien, il faut que les abattoirs soient consentants. Ce qui fait que nous démarchons... des abattoirs, nous leur proposons des audits. Parfois c'est eux qui viennent vers nous, ça dépend. C'est parce qu'aujourd'hui effectivement dans le milieu de l'abattoir, l'OABA est très bien reconnu, son expertise n'est plus à démontrer à ce niveau-là et donc on est sollicité parfois. Le consentement de l'abattoir fait partie du processus et l'OABA même dans ses statuts agit toujours dans le cadre légal. A titre d'exemple, c'est une comparaison qui vaut ce qu'elle vaut, mais quand on impose à un fumeur d'arrêter de fumer, il y a de fortes chances qu'il fume derrière votre dos. c'est exactement la même chose avec la protection animale en abattoir. Si on impose à un abattoir de changer ses process alors qu'il n'est pas convaincu du bien fondé de ce changement, si vous n'êtes pas là, il ne le fera pas. Donc en fait, c'est exactement dans cette optique-là que l'OAB intervient. Ceci étant dit, comment est-ce qu'on intervient et par qui ? Évidemment, les mieux placés pour rentrer en abattoir pour parler de protection animale, ce sont des vétérinaires. C'est pour ça qu'aujourd'hui, le pôle audit de l'association est mené par deux vétérinaires, qui sont le docteur vétérinaire Estelle Mollaret, qui est la première française diplômée du Collège européen de bien-être et comportement animal. Et nous avons aussi le docteur vétérinaire Marie-Hélène Naud, qui est une inspectrice vétérinaire retraitée et bénévole à l'OABA depuis 10 ans. Comment est-ce qu'elles font ces audits-là ? En fait, l'OABA se déplace dans l'abattoir. Et depuis 60 ans, nous avons eu le temps, effectivement,
- Speaker #2
de développer une grille d'audits où il y a plus de 240 critères relatifs à la protection animale. Ces 240 critères sont,
- Speaker #0
on va dire, des critères objectifs. basé sur l'animal. On va parler du déchargement, par exemple, des animaux. On va parler de l'amener des animaux au poste d'étourdissement, de la contention des animaux ou de l'étourdissement, évidemment, des animaux, de la méthode de mise à mort. Tout ça va être évoqué avec l'abattoir. Mais il y a aussi des critères, on va dire, non objectifs, qui sont la formation, qui sont la vidéo... la vidéosurveillance, pardon, en abattoir. Il y a tout un tas de critères qui sont basés à la fois sur les critères légaux, mais aussi sur la littérature scientifique, parce que... Aujourd'hui, on ne peut pas dire que la réglementation soit protectrice des animaux en abattoir. Elle est minimaliste, elle autorise un minimum de choses, mais en termes de bientraitance animale, il y a énormément de choses à faire. Et donc du coup, ces différents critères, aujourd'hui, font que l'OABA est reconnue et d'avis unanime, cette grille-là, elle est la plus complète en France et unique en France sur la protection animale en abattoir.
- Speaker #2
Et est-ce que l'OABA peut mesurer un impact tangible de ces résultats après audit ? Est-ce que vous voyez des choses évoluer dans le bon sens ?
- Speaker #0
Heureusement. Heureusement, j'aurais dit, parce que sinon, ça serait depuis 60 ans qu'on fait un travail à perte, on va dire que c'est comme ça, même si ça permet de sensibiliser quand même. Non, il y a des résultats objectifs visibles, parce qu'à partir du moment où on fait un audit, on ne fait pas qu'un audit, on fait aussi un rapport, un rapport qui est transmis à l'abattoir, qui propose des améliorations. Bien évidemment, l'abattoir, dans la mesure où on est sur le principe du consentement, est libre de suivre ses recommandations ou non. Dans la majorité des cas, il faut en avoir conscience, l'abattoir ne suit pas l'entièreté des recommandations de l'OABA. Mais ce n'est pas étonnant non plus dans la mesure où nous arrivons et nous avons une liberté totale de proposer des améliorations. Néanmoins, l'abattoir a aussi ses contraintes. Ce sont des contraintes économiques, notamment aujourd'hui, on a un abattoir qui ferme tous les mois. En France, depuis quasiment deux ou trois ans. Donc, on est dans un contexte budgétaire très, très difficile pour les abattoirs. On a des contraintes structurelles aussi, parce que quand on a un abattoir qui est déjà construit, et que le bâtiment est fait de telle façon que ça nécessiterait de détruire la moitié de l'abattoir pour juste améliorer un couloir d'amenée, par exemple, forcément, ça a un coût et une difficulté structurelle à modifier l'abattoir. On peut avoir des difficultés de cet ordre-là. Néanmoins, on a aussi des énormes avancées, que ce soit dans les process d'étourdissement, dans la formation, etc. Il y a des améliorations qui sont faites. On a aussi des couloirs d'amenée qui ont été complètement refaits. On a des autocontrôles qui ont été réalisés aussi. Ça, en fait, ça permet à l'abattoir de se rendre compte de ce qu'il peut faire et améliorer. On a toujours des abattoirs qui jouent le jeu. On n'a jamais eu un abattoir qui a été réfractaire, puisqu'encore une fois, quand on est intervenu, c'est qu'il a bien voulu et il a toujours mis en place des éléments. Peut-être pas tous les éléments, mais il a toujours mis en place des éléments pour améliorer la bientraitance en abattoir. Et effectivement, c'est toujours dans le dialogue. On a évidemment quelques réfractaires, mais ce sont des réfractaires sur certains points. Et à partir du moment où on va dans l'abattoir, c'est qu'on est bienvenu parce qu'ils savent qu'on vient et on ne vient pas par surprise. c'est annoncé,
- Speaker #2
c'est clair, c'est transparent exactement et puis peut-être aussi c'est un boulot particulier de travailler dans l'abattage mais c'est pas forcément non plus des gens insensibles non,
- Speaker #0
loin de là au même titre que les éleveurs il y a une forte attention qui est donnée à la protection animale après ce n'est clairement pas le sujet principal d'un abatteur parce qu'il y a l'aspect économique il y a l'aspect ressources humaines etc. mais c'est un des aspects Merci. qu'ils essaient de prendre en compte, en tout cas pour ceux que nous on côtoie, mais comme partout, il y a des bons et il y a des mauvais. On fera en sorte qu'il y ait le moins possible de mauvais, mais on arrivera toujours à en trouver, parce que c'est des circonstances de temps, circonstances de moyens, qui font que, bah, oui, un qui était bon à un instant peut être mauvais à l'instant d'après. L'objectif de tout ça, c'est aussi d'avoir un plan à long terme. C'est-à-dire que si l'abattoir ne fait pas... tout ce qu'on lui préconise dans les deux ans, par exemple, parce que forcément, ça prend du temps de tout modifier, il y a des choses qui sont plus ou moins rapides, c'est qu'à long terme, il sait ce qu'il doit améliorer. Parce qu'il y a ce rapport, l'OABA fait une contre-visite, entre guillemets, après sa première visite, pour vérifier ce qui a été fait ou non, suivi d'une deuxième lettre en disant, ça, ça a été fait très bien, ça, ça n'a pas été fait, il conviendrait quand même de le faire, etc. On voit qu'il y a quand même un intérêt des abattoirs pour ces audits-là, parce que ça leur permet, tout simplement, d'avoir un œil objectif sur la protection animale, mais aussi un œil d'expert. parce que je vous dis, cette grille-là, aujourd'hui, personne en France n'est en capacité de la faire et de l'utiliser et c'est la plus complète sur ce domaine-là.
- Speaker #2
Et les mesures qui peuvent être proposées ? J'imagine que les animaux en abattoir, donc il faut que le séjour soit le plus court possible, il doit y avoir certainement des espaces de stationnement avec du fourrage, ça doit rentrer en ligne de compte, de minimiser le stress de l'animal à la fois sur la période où il est sur site, si j'ose dire, et puis... Dans son stationnement, si je peux l'appeler comme ça.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Par exemple, parmi les éléments qui sont importants, il y a l'abreuvement. Parce que l'animal, quand il arrive, il n'est pas tout de suite abattu. C'est qu'il est généralement stationné en bouverie. Bouverie pour les bovins ou d'autres, pour les porcins, etc., en fonction du type d'espèce. Mais il faut que l'animal soit abreuvé, ait accès en tout cas à l'eau. Au moment de l'amener au poste d'étourdissement, il ne faut pas qu'il y ait trop de bruit, il ne faut pas qu'il y ait trop de stress. Donc ça veut dire que... Il ne faut pas que l'animal soit tapé. C'est des choses bêtes, mais qui parfois, avec le stress de la journée, avec le stress de l'opérateur, la formation de l'opérateur, peuvent arriver. Il faut que l'animal soit bien étourdi. Au moment où il va être étourdi, il faut que le pistolet d'abattage soit placé au bon endroit. Tout ça, c'est des éléments qu'on contrôle, qu'on vérifie. Et si ce n'est pas bien fait, il y a des suggestions qui sont faites, des propositions d'amélioration qui sont faites.
- Speaker #2
Tu parles d'opérateur, et ça me fait penser justement, parce que je crois que j'avais lu sur... Au titre que vous pouvez aussi proposer des formations pour les abattoirs ?
- Speaker #0
Alors c'est des formations dans le sens où, justement, dans le cadre de l'audit, on regarde les modules de formation. C'est dans ce sens-là où effectivement on a un oeil sur les formations et si on se rend compte qu'il y a des éléments qui peuvent être améliorés pour le sort des animaux, dans ce cas-là on se permet de faire la réflexion et généralement quand c'est sur les modules de formation, l'abattoir entend complètement ce qu'on dit et il modifie son module de formation.
- Speaker #2
Et j'avais ouvert un rapport, quelqu'un qui était venu faire un stage, j'avais essayé de lire tout ça. Et j'avais lu du coup que l'idéal, ce serait d'avoir des abattoirs par espèce.
- Speaker #0
C'est vrai. C'est vrai que aujourd'hui, là où on a le plus de problématiques en termes de protection animale, ce sont sur les abattoirs multi-espèces. Parce qu'abattre un mouton, abattre une vache, abattre un porc, ce n'est pas du tout la même chose. On n'a pas besoin des mêmes équipements, on n'a pas besoin du même système de contention. Et donc, c'est là où, quand dans la matinée, on fait 50 moutons, et dans l'après-midi, on va passer aux bovins. Le geste n'est pas le même, les structures ne sont pas les mêmes, et c'est là où on retrouve le plus de problèmes de protection animale. Alors qu'à l'inverse, dans les abattoirs mono-espèces, je ne vais pas dire que c'est parfait, parce qu'il y a toujours des choses à améliorer, mais c'est là où on a le moins de problématiques, et ça se vérifie avec toutes les enquêtes qu'on voit de L214. Là où généralement les enquêtes sont les images sur le vis-à-tros, ce sont sur les abattoirs multi-espèces.
- Speaker #2
Est-ce que ça ne ferait pas cheminer pour la société de se dire qu'il faut peut-être interdire ce genre d'abattoir à terme ? Pour aller vers quelque chose de vraiment spécialisé, encore une fois, je ne connais pas les enjeux, mais...
- Speaker #0
Tout à fait. En fait, le problème qu'on a aujourd'hui, c'est sur la concentration des abattoirs. C'est-à-dire que vous partez, on va dire, du nord de la France, ce qu'on peut appeler le nord, c'est propre à chacun, mais on va dire, on prend la Rochelle et on va au-dessus, il y a beaucoup d'abattoirs. C'est généralement, même s'il y a des exceptions, des abattoirs mono-espèces, volailles, porcs, bovins, ou alors, on va dire, deux espèces, porcs et bovins, on en a quand même quelques-uns. Mais par contre, dans le sud de la France, on a beaucoup moins d'abattoirs. Et c'est là où on a effectivement plus d'abattoirs multiespèces, parce que ce sont aussi des terres d'élevage, et il faut réussir à abattre les animaux, tout simplement. Et c'est pour ça que dans ces territoires-là, on voit aussi apparaître des abattages à la ferme, des abattages mobiles, des abattages, ce qu'on appelle des cumas, des regroupements d'éleveurs qui créent leurs abattoirs pour abattre leurs animaux. Généralement, c'est plus dans la partie sud de la France où ça se passe.
- Speaker #1
Pour compléter le propos de Jimmy, si vous souhaitez creuser le sujet, je vous invite à découvrir le site internet de l'OABA et toutes les pages consacrées à l'abattage. Il y a notamment une page consacrée aux recommandations et aux bonnes pratiques que l'OABA met à disposition des abattoirs à travers deux guides en téléchargement libre, un guide concernant les ruminants et l'autre... consacré aux cochons. Ces guides rappellent notamment le cadre légal de la protection animale en abattoir, que l'animal est un être sensible, qu'il convient de respecter jusqu'au bout de sa vie les bonnes pratiques pour ménager les animaux du stress, et comment justement reconnaître un animal en situation de stress. Et ça n'intéressera pas les végétariens, mais comment aussi le stress a une répercussion directe sur la qualité de la viande de l'animal. Le guide explique tout ça, et pour les publics sensibles, pas de photos choquantes, mais de très belles illustrations de Brigitte Renard, artiste engagée pour les animaux. Et même si ce sont des guides à destination des abattoirs, et l'OABA les a d'ailleurs envoyés à tous les abattoirs du pays, je trouve que c'est des supports extrêmement complets et une bonne source d'informations sur le bien-être des animaux de ferme. Et puis ça donne une vision concrète des actions de l'OABA en matière de bien-traitance en abattoir. Donc voilà, tout ça c'est à voir sur oaba.fr. Je vous remettrai bien sûr le lien du site de l'OABA en description de l'épisode. Et pour la suite, on va aborder un sujet encore plus sensible, même si depuis le début on est sur une thématique sensible. Mais là, il s'agit de l'abattage sans étourdissement. pratiqués d'un certain cas pour des raisons religieuses, notamment dans le cadre des rites halal et kachère, ce qu'on appelle l'abattage rituel. Avant d'aborder ce sujet, je tiens à dire très clairement que ce podcast n'a absolument pas vocation à apporter un regard politique ou à remettre en question les croyances et religions de chacun. Je respecte évidemment toutes les religions, et si le sujet est abordé ici, c'est uniquement sous l'angle du bien-être animal, avec respect, et dans le but d'informer que ce type d'abattage sans étourdissement au préalable de l'animal provoque de la souffrance. ce qui est démontré scientifiquement. On le rappelle, en France, il existe aujourd'hui deux grandes méthodes d'abattage. La première, donc l'abattage avec étourdissement. L'animal est d'abord insensibilisé, ce qui provoque une perte de conscience. Avant, ce qu'on appelle la saignée, ça permet d'éviter autant que possible la souffrance de l'animal. Et c'est ce qu'on appelle la méthode conventionnelle, l'abattage humanitaire, encadré par décret depuis 1964, grâce à l'OABA. Et puis, il y a une seconde méthode, l'abattage sans étourdissement, que Jimmy va justement nous expliquer. pour nous aider aussi à comprendre ce que ce type d'abattage implique à la fois pour les animaux, mais aussi pour les consommateurs.
- Speaker #0
Depuis 1961, on se bat pour l'étourdissement des animaux. On l'a obtenu partiellement en 1964 grâce au décret dit d'abattage humanitaire. On a obtenu l'étourdissement de la majorité des animaux, mais il y a quand même une exception qui est pour l'abattage. On parle d'abattage sans étourdissement, mais on parle aussi d'abattage rituel. Pourquoi ? Parce que ça concerne les communautés juives et musulmanes qui mangent à l'âle et cachèrent. C'est un sujet qui est à la fois très simple et à la fois très complexe parce que forcément c'est très politique. Je tiens à préciser que l'OABA est une association apolitique et une association qui respecte toutes les croyances et toutes les communautés. On n'a aucun problème avec ça. Néanmoins, l'OABA s'est toujours battue pour la protection animale et se battra toujours pour la protection animale. Le problème avec l'abattage sans étourdissement ou rituel, c'est que l'animal est égorgé vivant. Il est saigné vivant et on attend qu'il perde conscience et c'est là que s'arrête sa douleur. Tous les rapports scientifiques aujourd'hui le disent, que ce soit la Fédération Vétérinaire d'Europe ou l'EFSA, nous disent qu'à partir du moment où l'animal n'est pas étourdi, il y a une énorme souffrance pour cet animal. À partir de là, l'OABA ne peut pas tolérer qu'on égorge un animal, et ne peut pas tolérer cette pratique. Ce qu'on demande, et comme je le disais tout à l'heure, l'OABA a toujours été dans le dialogue. Donc ça fait des années et des années qu'on discute avec le gouvernement et avec les cultes pour cet abattage dit sans étourdissement. Aujourd'hui, où est-ce qu'on en est ? Moi, c'est simple, j'ai une comparaison qui est pareille, qui vaut ce qu'elle est, mais dans le début des années 2000, on avait l'église catholique, qui nous disait que l'usage du préservatif, c'était un non-sens d'un point de vue religieux. Aujourd'hui, l'église catholique a évolué là-dessus. Et bien, c'est exactement la même chose avec l'abattage sans étourdissement, et c'est exactement ce qu'on demande. C'est une évolution des cultes, une évolution de la mentalité des cultes, parce qu'on ne demande pas à mettre fin à l'abattage rituel, non. On demande juste que ça évolue, parce que dans d'autres pays, c'est déjà le cas. par exemple en Indonésie, qui est une population à majorité musulmane, l'étourdissement des animaux est accepté, même d'un point de vue légal. Donc, en fait, comme il existe différents courants dans le mouvement chrétien ou dans le mouvement hindou, peu importe, il existe différents mouvements dans le courant juif et musulman qui font qu'ils acceptent ou non l'étourdissement. En France, aujourd'hui, ce n'est pas le mouvement majoritaire. En tout cas, pas au niveau du culte, des représentants du culte. Donc, on demande une évolution de cette mentalité-là, parce que on est aussi convaincus que les consommateurs de halal et de kachère ne sont pas forcément informés de comment sont faits les conditions d'abattage. L'animal souffre, l'animal est égorgé, il y a même une dérugation dite sanitaire, parce qu'on a le zoophage qui est tranché au moment de l'abattage, ce qui peut entraîner des régurgitations, c'est un peu technique, mais des régurgitations, qui entraînent un problème sanitaire. Et c'est un aussi des aspects de l'abattage sans étourdissement. En fait, c'est pour ça que c'est compliqué. C'est parce qu'on touche à des communautés religieuses qui ont évidemment le droit de pratiquer cette religion, évidemment, mais nous, ce qu'on demande, c'est juste une évolution de la pratique de la religion. C'est pas du tout mettre des bâtons dans les roues dans ces religions-là. Ceci étant dit, où est-ce qu'on en est aujourd'hui ? Aujourd'hui, le problème est que le dialogue est rompu. Le dialogue est rompu dans le sens où le gouvernement ne veut absolument... On ne va pas parler de ce sujet-là. Pourquoi ? Parce que c'est un sujet politique. Ils en font un sujet politique. Nous, on en fait un sujet technique parce que c'est uniquement du bien-être animal. Et c'est uniquement la protection animale. Et c'est très simple, il suffit de ne pas égorger les animaux, juste de les étourdir pour arrêter de les faire souffrir. D'un point de vue scientifique, c'est très simple. D'un point de vue politique, c'est beaucoup plus compliqué. Et les discussions avec les cultes sont à l'arrêt. Depuis, on avait avant des discussions au sein du Comité National Éthique des Abattoirs, mais il n'y a pas eu de réunion depuis 2021. Et donc, à partir du moment où... il n'y a pas de dialogue, pas 10 000 façons de faire avancer la chose, c'est de deux façons, soit par des nouvelles technologies, il y en a une en perspective qui pourrait être prometteuse on attend des différents rapports de l'EFSA notamment, on espère l'avoir pour la fin du mois c'est un peu trop tôt pour en parler, mais l'autre possibilité c'est le juridique et donc les contentieux. Les contentieux c'est que c'est une autre victoire de l'OABA en 2019, après une dizaine d'années de procédure, l'OABA a saisi la Cour de Justice de l'Union Européenne et qui dans un arrêt du 22... 8 février 2019, a décidé que tout animal issu de l'agriculture biologique et donc avec le fameux label agriculture biologique, devait être étourdi. C'est-à-dire qu'à l'origine de ce contentieux, on avait notre directeur, Frédéric Freund, qui se baladait dans les rayons, et qui a vu sur un emballage à la fois la certification halal et la certification biologique. Il s'est dit, c'est bizarre, et il a regardé le cahier des charges, le cahier des charges biologique. Et dans le cahier des charges de l'agriculture biologique, il y a notamment une référence à un degré de bien-être animal élevé, à une exigence de bien-être animal élevé. À partir du moment où on parle d'exigence de bien-être animal élevé, il est inconcevable de ne pas étourdir les animaux, ou en inverse, il est inconcevable d'égorger les animaux en pleine conscience. Donc, on a saisi le tribunal administratif, qui nous a dit non, on est allé jusqu'au conseil d'état, qui nous a dit non, le ministère nous disait qu'il n'y a pas de sujet, On a été devant la Cour de justice de l'Union européenne, qui nous a dit vous avez raison. Donc ce qui fait qu'aujourd'hui, et c'est un des moyens aujourd'hui pour le consommateur de s'assurer qu'on mange de la viande issue d'animaux étourdis, c'est de manger de la viande labellisée agriculture biologique. Et ce, dans toute l'Europe aujourd'hui. Ce qui est quand même une grosse victoire. C'est qu'un contentieux franco-français on est passé à une décision européenne qui a un impact européen.
- Speaker #2
Là, normalement, je me balade dans les rayons, je ne peux plus voir ça. À l'âle et bio en même temps.
- Speaker #0
Non, non, ils ont forcément essayé de trouver des petits subterfuges. De temps en temps, on a des mentions, c'est élevé biologiquement. Ce qui en soi est un non-sens, puisque ce n'est pas un label. Ça veut dire qu'effectivement, l'animal a été élevé dans le cahier des charges, on va dire favorable au bien-être animal, mais il a été égorgé en pleine conscience. C'est pour ça qu'aujourd'hui, il est impossible de voir du biologique à l'âle ou cachère. Ça, c'est un des éléments que le consommateur peut utiliser pour manger de la viande issue d'abattage. avec étourdissement. L'autre option, c'est aussi l'étiquette bien-être animal, parce que l'OABA, avec d'autres ONG et d'autres producteurs et distributeurs, développe une étiquette que vous retrouvez notamment sur le poulet, le porc, l'AEBA, l'étiquette bien-être animal, sur une liste de critères, figure l'étourdissement des animaux. Et donc, à partir du moment où votre poulet est noté A, B, je crois, c'est aussi fort. En tout cas, à partir du moment où il est dans les notes les plus élevées, vous, vous êtes sûr que l'animal a été étourdi. Donc, c'est aussi une façon d'informer le consommateur. Là, c'est élevage, transport et abattage, mais du mode de production et du mode de mise à mort de l'animal.
- Speaker #2
Et au niveau de cette étiquette, le déploiement de cette étiquette ? Parce que moi, je ne sais pas si je l'ai déjà vue,
- Speaker #0
tu vois. Au niveau du déploiement, aujourd'hui, l'étiquette a été créée en 2017. Elle a été créée par trois ONG, dont l'OABA et le groupe Casino. Dans quel but est-ce qu'elle a été créée ? C'est qu'on s'est dit, le consommateur, dans tous les sondages, dans toutes les intentions qu'on peut avoir, le dit, il souhaite plus de bien-être animal. pour les animaux qui le consomment. Ceci étant dit, on voit bien que parmi l'acte d'achat, il y a l'intention du consommateur qui veut plus de bien-être animal, mais qui va acheter sa tranche de jambon à 2 euros. Ses 4 tranches de jambon à 2 euros. A la fois, le prix est un élément important dans son acte d'achat, mais il y a aussi l'information. Et on s'est dit, il fallait informer le consommateur. C'est comme ça qu'est née l'étiquette. Et aujourd'hui, tu retrouveras par exemple sur les barquettes du poulet loué, tu verras, il y a une étiquette bien-être animal. Avec un score de A, B, C, enfin voilà. Elle se trouve en rayon, effectivement. Il faut encore qu'elle se déploie parce que tous les distributeurs, que ce soit Leclerc, notamment Leclerc, ne sont pas dans la EBA. Mais c'est une façon qu'on a trouvée pour informer le consommateur, encore une fois, de ce niveau de bien-être des animaux et faire en sorte qu'ils consomment aussi de façon éthique. Nous, je comprends, c'est le moins mais mieux. Manger moins de viande, mais de la meilleure viande, tout simplement. C'est peut-être pas acheter cette tranche de 2 euros tous les jours, mais plutôt l'acheter tous les 4 jours et en acheter une qui, pour le coup, est biologique. où on sait que l'animal a été respecté, où on sait que d'un point de vue environnemental, c'est meilleur, et d'un point de vue santé aussi. Parce qu'il ne faut pas l'oublier, c'est que manger trop de viande n'est pas bon pour la santé.
- Speaker #2
C'est sûr. Est-ce que vous avez des chiffres d'abattage rituel ?
- Speaker #0
Alors, c'est un des gros sujets, on va dire, actuels de l'association. C'est qu'en 2014, nous avions des chiffres. C'était 27% des ovins qui étaient abattus sans étourdissement, 15% des bovins. Pour autant, depuis 2014, nous n'avons plus... de chiffres. Ce n'est pas manque de les avoir demandés, évidemment. L'OABA les demande depuis près de 10 ans, je pense. Mais le ministère, dans sa grande mensuétude, nous répond qu'il n'y a plus de chiffres parce qu'ils ont changé de logiciel. Bon, c'est une réponse qui... Elle vaut ce qu'elle vaut. Oui, voilà, elle vaut ce qu'elle vaut, elle frôle l'irrespect, et surtout qu'on se rend compte que c'est le ministère qui ne souhaite pas communiquer les chiffres.
- Speaker #2
Parce qu'il y a eu une hausse.
- Speaker #0
C'est ce que nous, on soupçonne. C'est qu'aujourd'hui, il y a davantage d'animaux qui sont en battue sans étourdissement, ou en tout cas, qu'il n'y a pas de contrôles qui sont prêts. Et donc, du coup, c'est un des sujets de l'OAB actuellement, parce qu'en 2023, nous avons envoyé un courrier à 95 préfectures, donc toutes les préfectures de France, leur demandant les rapports de contrôle qu'ils font. permettant de vérifier que, je vais rentrer dans le côté un peu technique, mais à partir du moment où l'abattoir a l'autorisation d'abattre sans étourdissement, il doit faire des contrôles et il doit notamment avoir un système d'enregistrement permettant de vérifier que tel bovin qui est abattu sans étourdissement correspond à une commande. C'est-à-dire qu'il doit avoir la commande pour abattre l'animal sans étourdissement. Principe d'une dérogation. Les services vétérinaires d'inspection en abattoir, qui sont sous la responsabilité du ministère de l'Agriculture, doivent vérifier qu'il y a une concordance entre les abattages sans étourdissement et les commandes. Nous avons demandé ces chiffres, on nous a répondu qu'ils n'avaient pas les chiffres. On a saisi diverses autorités administratives qui nous ont donné raison en nous disant « s'ils ont les chiffres, ils doivent vous les communiquer » . Donc en octobre de mémoire 2025, on a attaqué le ministère en justice pour avoir communication de ces chiffres-là. C'est encore un peu tôt pour avoir la réponse. On espère l'avoir en 2026, peut-être 2027. Mais c'est un vrai sujet de savoir combien d'animaux sont aujourd'hui non étourdis, parce que c'est un souci de transparence vis-à-vis du consommateur, un souci de protection animale, et un souci, accessoirement, de contrôle. De contrôle et de faire en sorte que tous les contrôles soient faits dans les abattoirs. À ce jour, on a de gros, gros doutes sur la réalité de ces contrôles.
- Speaker #1
On voit donc que derrière cette question de l'abattage avec ou sans étourdissement, il y a un vrai enjeu de transparence. Et aujourd'hui, cette transparence reste encore très limitée. En France, selon une enquête de l'OABA, publiée tout récemment en février 2026, environ un abattoir de boucherie sur deux pratique encore l'abattage sans étourdissement sur au moins une espèce grâce à des dérogations. Et le problème, c'est qu'une partie de cette viande se retrouve ensuite dans le circuit classique sans aucune mention du mode d'abattage. Autrement dit, en tant que consommateur, on peut acheter de la viande issue d'un animal égorgé en toute conscience, sans même le savoir. Face à ça, l'OABA fait encore une fois le choix d'informer. Depuis de nombreuses années, l'association publie et met régulièrement à jour une liste des abattoirs qui pratiquent systématiquement l'étourdissement avant la saignée de l'animal. Je vous invite à consulter cette liste, disponible sur leur page « Notre liste des abattoirs avec étourdissement » , en précisant quand même que cette liste ne constitue pas une liste d'abattoirs exemplaire en termes de règles de protection animale, mais que ça donne une idée de savoir si près de chez vous, Les abattoirs sont autorisés à abattre sans étourdissement, et donc à faire preuve de plus d'attention au moment de votre acte d'achat. Et d'ailleurs, en magasin, vous pouvez vérifier aussi grâce au numéro d'agrément indiqué sur les emballages de la viande, ou fourni par le boucher, d'où vient la viande consommée. Cet agrément est d'ailleurs obligatoire pour les viandes bovines. On peut aussi faire le choix de la viande issue de l'agriculture biologique, qui garantit un abattage avec étourdissement, ou bien sûr, faire le choix d'arrêter de consommer de la viande tout court pour éviter de se poser cette question. Mais aux personnes qui continuent d'acheter, de consommer, c'est important qu'elles puissent faire ce choix au moment de consommer. Il faut savoir si elles cautionnent le fait d'acheter la viande d'un animal qui a souffert. Après, le choix appartient à chacun et personne n'a à juger de ça. Quant à l'étiquette bien-être animal, depuis que j'ai enregistré avec Jimmy, je fais ultra attention à ça en magasin. Je vais voir constamment désormais dans les rayons viande si je la trouve. Et en effet, je l'ai vu deux, trois fois. Alors, pour le moment, uniquement sur du poulet, avec de très bonnes notes. A, B, sur des barquettes. et ça m'a fait un peu plaisir. Et je pense que même si on ne consomme pas, si on n'achète pas de viande, on peut répandre la bonne parole sur cette étiquette encore trop confidentielle pour qu'autour de soi, notre entourage puisse mieux la connaître, mieux l'identifier. Si vous nous écoutez en version audio, je vous invite à vous rendre sur la version YouTube de l'épisode où vous verrez, sur cette partie, les étiquettes que je mettrai en avant. Encore une fois, rendez-vous sur oaba.fr, rubrique consommateur. Vous aurez toutes les explications détaillées de cet étiquetage, ce que ça implique concrètement pour les animaux, c'est-à-dire... accès extérieur, parcours arboré, rythme de croissance des poulets, durée de leur vie, nombre de mètres carrés par cochon, liberté de mouvement de la truie pendant sa maternité, durée du transport des animaux partant à l'abattage et vidéosurveillance en abattoir. A noter que cet étiquetage est l'un des plus complets d'Europe car il prend en compte toutes les étapes de la vie de l'animal, de la naissance jusqu'à l'abattoir. Donc c'est extrêmement important de le valoriser. Et vous aurez aussi d'ailleurs sur cette rubrique l'explication de tous les labels, label rouge, label bio, etc. Pour... mieux comprendre, encore une fois, et mieux consommer, ou aider votre entourage à mieux consommer, dans le respect du bien-être animal. La protection animale pour les animaux de ferme, ça passe aussi par la sensibilisation et le partage d'informations autour de soi. Pour la suite, on va s'intéresser à une autre mission essentielle de l'OABA, qui est son action directe sur le terrain auprès des animaux de ferme en situation de maltraitance. L'OABA intervient notamment lorsqu'il y a des signalements de mauvais traitements dans les élevages, toujours dans un cadre légal, prévu par le Code Rural, qui permet, dans certains cas, de retirer des animaux victimes de mauvais traitements pour les confier à une association de protection animale.
- Speaker #0
Il y a différents cas, comme tout le temps, c'est ni blanc ni noir, c'est toujours un peu gris. On va dire le cas classique. L'OABR reçoit un signalement. Quand on reçoit un signalement, on demande généralement le nom et le prénom de l'éleveur, le lieu où sont les animaux et des photos et ou vidéos de l'animal. On vérifie tout ça et lorsqu'on constate qu'effectivement, il y a peut-être sujet à des problèmes de maltraitance animale, on contacte les services vétérinaires de la préfecture, ce qu'on appelle des DPP. On leur envoie toutes nos informations et eux vont aller faire un contrôle sur l'exploitation ou sur le détenteur des animaux. Ils vont faire leur contrôle. Des fois, il n'y a rien, c'est juste une vache qui est effectivement un peu amaigrie, mais parce qu'elle est malade, ou parce qu'il y a un problème de santé sur cette vache. Et dans ces cas-là, il n'y a pas de problème, et là, tant mieux, et à faire classer. Et on est les premiers ravis quand ça se passe comme ça. Néanmoins, parfois, ce n'est pas le cas. Il y a un réel problème de protection animale sur cette exploitation. Ce que fait la DDPP, elle va dire à l'éleveur, là, ça ne va pas. Sur tel point, Il y a une mise en demeure qui est faite à l'éleveur d'améliorer les choses. l'éleveur, on va dire qu'il a un mois, deux mois pour améliorer les choses en fonction des critères. Et l'ADPP va refaire un contrôle. Tout ça, l'OABA n'est pas inclus dans ces contrôles-là, on ne sait pas ce qui s'y passe, on ne sait pas ce qui s'y dit. Donc l'éleveur va mettre en œuvre ou pas les recommandations faites par la préfecture. Et si après le second contrôle des services vétérinaires, on se rend compte que les problèmes de protection animale persistent et que malheureusement il n'y a pas de solution, et j'insiste sur ça, c'est qu'il n'y a pas d'autre solution, dans ces cas-là, la préfecture appelle l'OABA. et nous demande si nous avons de la place pour retirer les 80 vaches, les 200 vaches, les 50 moutons, les 150 moutons, les 3 équidés, enfin tout ce qui concerne les animaux de ferme, équidés, porcs, ovins, caprins et bovins. Ce sont les espèces sur lesquelles on est intérêt. Il nous appelle si on a de la place, en fonction du statut sanitaire de l'animal, on peut le prendre en charge ou non. Lorsqu'on peut le prendre en charge, on va dire il y a une mise en place avec nos partenaires qui vont accueillir les animaux. avec nos partenaires qui vont transporter les animaux, la préfecture et la gendarmerie. Donc tout ça, il y a une mise en place qui se fait en se disant on va intervenir chez M. X le 1er du mois. Il faut savoir que M. X n'est pas informé du retrait. Il sait qu'au moment des précédents contrôles que la DDPP a fait chez lui, il sait que c'est une possibilité. Il est averti que c'est une possibilité. Mais entre être averti et savoir que ça va arriver et savoir quand ça va arriver, c'est différent. Pourquoi est-ce qu'il n'est pas averti ? Parce que ça peut paraître dur pour l'éleveur, effectivement, on arrive avec les gendarmes, avec les transporteurs, les camions, c'est psychologiquement c'est très très dur. Mais pourquoi est-ce qu'il n'est pas averti ? Parce que, et c'est arrivé, que l'éleveur, à partir du moment où il est averti que les animaux soient retirés, tout simplement il va enlever les animaux, il va les mettre chez un ami, il va les mettre à droite, à gauche, ce qui fait que le jour où nous on arrive, on n'a plus d'animaux à enlever, alors que les animaux sont en train de mourir, ils sont cadavériques, ils n'ont pas à manger, ils n'ont pas à boire, c'est vraiment dans nos conditions parfois très très compliquées. Donc nous intervenons avec ces forces-là, forces de gendarmerie et forces vétérinaires, le premier du mois, chez l'éleveur, et nous on arrive, on se met entre guillemets en retrait parce qu'on laisse la gendarmerie et les services vétérinaires prendre attache avec l'éleveur pour lui notifier tout simplement la décision de retrait et une fois que cette notification a été faite, là on peut commencer à intervenir, c'est à dire qu'on met en place les parcs, ce sont des barrières pour faire un piège ou mettre les animaux le temps de pouvoir les charger dans le camion et c'est en fait l'étape la plus compliquée, la plus stressante parce qu'une fois que le piège est mis en place c'est là où il faut commencer à manipuler les animaux c'est à dire faire en sorte qu'ils rentrent dans le piège Et là, il peut y avoir des réactions un peu compliquées de l'animal, parce que c'est un animal qui est maltraité. Alors, par maltraitance, on peut avoir comme image des coups portés à l'animal, etc. Sur les animaux de ferme, c'est très rarement le cas. Je ne dis pas que ça n'existe pas, mais c'est très rarement le cas. Nous, le cas dans lequel on intervient, c'est l'absence de nourriture, l'absence d'abreuvement, l'absence de soins, conditions de détention qui sont absolument insupportables, avec par exemple, pour avoir déjà vu... fumier qui atteint le plafond et le bovin à à peine un mètre pour se maintenir debout entre sa tête et le sol et donc du coup on intervient et là il faut faire attention à la réaction de l'animal ça m'est déjà arrivé moi de me faire charger par un bovin parce que je me trouvais entre ce qui était pour lui la sortie et le piège et il s'est dit soit je rentre dans le piège soit je lui fonce dessus il a pas hésité longtemps il m'a foncé dessus, bon il s'est rien passé et tant mieux mais ça arrive régulièrement on charge les animaux et après les animaux sont emmenés dans une structure d'accueil où les animaux Ils sont abreuvés, ils sont nourris, les soins vétérinaires sont faits, les vaccins sont faits. Et ça jusqu'à la décision, parce qu'il y a une procédure judiciaire qui est enclenchée, c'est la décision du tribunal. L'éleveur, comment est-ce qu'il réagit ? Il y a l'éleveur où ça va être très compliqué. L'éleveur va être dans un déni total, il va nous dire que les animaux sont bien, qu'on est des voleurs, etc. On intervient toujours sur l'autorité de justice. C'est très compliqué, il va nous menacer. Il va être menaçant souvent envers nous, mais ça peut être aussi envers lui-même. Il a des menaces de suicide. Je pousse du bois jusque-là, ce n'est jamais arrivé, mais c'est aussi une réalité. Et dans ces cas-là, l'éleveur est pris en charge par la gendarmerie, par les pompiers, si besoin. Il y a tout un processus qui est mis en place pour prendre en charge l'éleveur. On a aussi le cas de l'éleveur qui va être amorphe et qui soit va nous regarder travailler, soit va rentrer chez lui et puis ne va pas sortir de sa maison. Ce n'est pas forcément les meilleurs cas parce qu'on se dit toujours psychologiquement qu'est-ce qu'il en est. Enfin voilà, c'est toujours un peu compliqué aussi pour l'éleveur. Et on a l'éleveur qui, au contraire, va nous aider. Ça peut paraître surprenant, mais ça arrive plus régulièrement qu'on ne le pense parce qu'il faut savoir que des fois, les éleveurs sont dans cette situation-là, ce n'est pas par choix. C'est parce qu'ils ont des problèmes sociaux, ils ont des problèmes familiaux, des problèmes économiques, des problèmes de santé.
- Speaker #2
On dit toujours que la maltraitance animale est liée à...
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #2
C'est une souffrance humaine.
- Speaker #0
Exactement. C'est qu'on sait très bien que si l'éleveur ne va pas bien, l'animal ne va pas bien. Ça, c'est une certitude. Et peu importe l'animal, que ce soit un chien, un chat, une vache, c'est exactement pareil. L'éleveur ne va pas bien et ne sait pas comment se ressortir. Donc des fois, il lui faut un coup de main. Et dans ces cas-là, on va lui donner ce coup de main via l'administration. Et c'est arrivé que des fois, il nous paye un coup à boire à l'issue de la journée ou un petit truc à manger parce qu'il nous dit « Je ne savais plus comment faire. Je me levais le matin, il y avait cinq cadavres. C'était un plaisir. » personne. Au moins maintenant il est soulagé et il peut repartir à zéro même si effectivement il y a une procédure judiciaire derrière, il peut repartir à zéro et c'est un soulagement pour lui vraiment, c'est ça pour l'avoir vécu, c'est vraiment soulageant.
- Speaker #2
Les joueurs qui repartent de zéro, ils n'ont pas des interdictions de détenir des animaux ?
- Speaker #0
Si, ça arrive qu'effectivement ils aient des interdictions, que ce soit de détenir, d'exercer, heureusement. et heureusement parce que justement ce que je me dis c'est enlever le problème ou alors peut-être qu'ils ont un accompagnement pour qu'est-ce qui a fait que là vous avez maltraité vos animaux pour prendre le problème à la racine c'est exactement ça et c'est généralement ce que nous on demande c'est qu'à partir du moment où il y a un cas on voit que l'éleveur est complètement dépassé au niveau du tribunal on va quand même dire bon monsieur n'a pas été méchant, monsieur nous a aidé mais monsieur ne doit plus faire ça donc dans ces cas là on demande l'interdiction de détenir et l'interdiction d'exercer et ça nous arrive régulièrement de les obtenir Et tant mieux, parce que ça montre aussi qu'on a une évolution de la magistrature sur ces enjeux de protection animale qui va dans le bon sens. Et heureusement, parce que sans la magistrature, on ne peut rien faire. Il faut savoir que l'OABA, quand nous on intervient sur ces opérations-là, on intervient en tant qu'association de protection animale, et donc pour les animaux. On n'est pas là en théorie pour l'homme. Néanmoins, si on fait le tour de ceux qui interviennent au jour de l'opération, on a les gendarmes, les services vétérinaires de la préfecture et l'OABA. Il n'y a personne pour prendre en charge l'humain. Nous, on prend en charge les animaux, les services vétérinaires font leurs procédures, les gendarmes prennent en charge l'humain, mais d'un point de vue procédural. Le côté psychologique n'est absolument pas pris en compte chez l'éleveur à ce moment-là. Nous avons les chambres d'agriculture, le GDS, l'AMSA, qui, le jour du retrait, ne sont pas présents pour prendre en charge cet humain. Donc, au sein de l'OABA, on n'est quand même pas des monstres, on essaye quand même de faire un peu la part des choses, c'est-à-dire qu'on va toujours aller prendre contact avec l'éleveur, on va toujours aller lui expliquer la procédure, ce qui lui arrive, et on va même essayer de faire en sorte que l'éleveur sortent par le haut de cette procédure. Parce qu'une fois que la procédure est enclenchée, on ne va pas faire marche arrière. On est là pour retirer les animaux, on va retirer les animaux. Néanmoins, il nous est arrivé de proposer à l'éleveur un accord amiable, puisque les frais de garde sont à charge de l'éleveur, pour le savoir. Les frais de garde, dès lors que nous on réclame les animaux, c'est l'éleveur qui va payer les frais de garde que nous on réclamera derrière en justice. On va les avancer, et on va les réclamer en justice, sous réserve évidemment qu'ils soient solvables. Ce qui fait que ça peut atteindre des sommes assez importantes. Donc, pour éviter ces frais de garde, on dit à l'éleveur, vous nous cédez les animaux, Mais derrière, par contre, on s'engage nous à valoriser les animaux pour faire en sorte que vous puissiez retoucher quand même une somme d'argent sur ces animaux-là. Ce qui fait que derrière, on a déjà fait des chèques de 250 000 euros à des éleveurs. Alors évidemment, nous, on a déduit nos frais de garde, parce que bon, c'est logique que ce ne soit pas à l'association non plus de payer ses frais de garde, mais au moins, nous, ça ne coûte rien. L'éleveur sortira quand même avec un chèque plus ou moins important en fonction des cas. Et derrière, il peut au moins essayer soit de payer ses dettes, parce que généralement, il a des dettes, soit essayer de repartir. Pas forcément en élevage, mais en agriculture de céréales. Aujourd'hui, cette prise en compte de l'humain au moment du retrait, elle est faite majoritairement par l'eau à bière, parce que les autres organismes n'accompagnent pas l'éleveur, en tout cas pas suffisamment à notre sens.
- Speaker #2
Mais quand tu dis de revaloriser les animaux, ça veut dire quoi ? Parce que ça n'a rien à voir avec ceux qui vont partir dans le troupeau du bonheur.
- Speaker #0
C'est ça, exactement. C'est qu'en fait, depuis 20 ans, on récupère des animaux victimes de maltraitance sur les exploitations. Il y a 20 ans, c'était une centaine d'animaux par an. C'était largement absorbable, généralement, cela finissait en troupeau du bonheur. L'année dernière, on était à 2700, l'année d'avant, à plus de 3000, ce qui fait que, d'un point de vue structurel et d'un point de vue financier, on n'a pas la capacité d'accueillir tous ces animaux dans le troupeau du bonheur. On aimerait bien, mais quand on sait qu'une vache, c'est à peu près 20 000 euros sur sa vie, un équidé, c'est 80 000 euros sur sa vie, quand ça vit 20 ans, il faut non seulement la place, mais il faut l'argent. Pute, Association de Protection à l'Inimale. devrait le dire, c'est malheureusement pas le cas, mais ça ne sert à rien de récupérer des animaux si on n'a pas la capacité structurelle et financière de les prendre en charge. Nous, on a une position qui est un peu particulière là-dessus, mais c'est une position qu'on assume, c'est que les animaux, quand on intervient, ils sont dans des états catastrophiques. Et ils sont destinés à la valorisation de bouchères. On décide de les enlever de ces conditions de situation catastrophique, de les mettre chez des éleveurs chez qui ça va bien se passer et où au moins le respect de l'animal est présent. Néanmoins, derrière, il y a une décision de justice. Le tribunal peut nous dire, vous envoyez les animaux à l'abattoir, vous revendez les animaux. Derrière, ce qui fait que oui, ça peut nous arriver effectivement de le faire. Mais parce que ça permet à l'éleveur de s'en sortir mieux, ça permet à l'OABA aussi de ne pas avoir à conserver tous les animaux parce que structurellement, on ne peut pas. Où est-ce qu'on les met ? C'est une position qui est parfois compliquée. Oui oui on les met où tous ces animaux ? On les laisse crever dans les stabulations ou est-ce qu'à minima on les retire ? On fait en sorte qu'ils vivent bien le reste de leur vie, alors même si derrière ils finissent en valorisation plus chère, mais au moins ils n'ont quand même pas souffert toute leur vie, donc c'est une position un peu particulière, on en a bien conscience, mais qui est en fait très rationnelle, après il y a quand même une partie qui finit en troupeau du bonheur et heureusement.
- Speaker #2
Et tu parlais de que d'animaux pour la viande, ça n'arrive jamais avec des cas de maltraitance, avec des laitières ? Si,
- Speaker #0
si, tout à fait. C'est des produits consommés, soit des laitières. Il y a tout type de cas, même les équidés. Ça nous arrive, pas plus tard qu'il y a une semaine, j'ai reçu un appel, on a 5 équidés à placer, on va les prendre en charge. On va les prendre en charge et par contre, les équidés, eux, c'est évidemment qu'ils finissent entre le pouls du bonheur. Donc on ne peut pas non plus toujours intervenir parce que des fois, on a des appels, oui, j'ai 40 équidés à placer. Bah non, je suis désolé, on n'a pas la capacité. Et c'est des vraies problématiques parce qu'en termes de demande, depuis 20 ans, ça ne fait qu'exploser. qui explose et on a de plus en plus de demandes de sollicitations pour retirer les animaux, ce qui est à la fois triste et inquiétant.
- Speaker #1
On a parlé de choses difficiles dans cet épisode, on va continuer sur une note, j'ai envie de dire, un peu plus légère, pour vous présenter le troupeau du bonheur dont on vient un peu de parler, un sanctuaire pour animaux de fermes maltraitées répartis en pension dans plus de 45 fermes partenaires de l'OABA partout en France. Moi ça me fait rêver, je rêve un jour de pouvoir avoir mon petit troupeau du bonheur à moi, mes animaux sauvés. Pour le moment je n'ai pas cette capacité d'accueil. Un jour peut-être et je croise vraiment les doigts pour que ça arrive dans ma vie. En tout cas, derrière ce troupeau du bonheur de l'OABA, composé de plus de 600 animaux, vaches, veaux, bœufs, chevaux, ânes, chèvres, moutons, cochons et quelques volailles, qui dans leur malheur d'animaux maltraités, j'ai envie de dire, ont eu la chance d'avoir été saisis par l'OABA sur décision de justice et de finir une vie heureuse. en sanctuaire. Je trouve ça beau et fort d'avoir mis en place ce troupeau du bonheur, parce que ça implique de changer le regard sur ces animaux qui sont individualisés. Ils ont un prénom, une histoire, même parfois des parrains marraines, car oui, vous pouvez les parrainer, on y reviendra. Les fermes partenaires s'attachent à ces animaux et ça apprend à les voir autrement. Quelque part, ça redonne à l'animal de ferme quelque chose qu'on lui a enlevé depuis le début, c'est-à-dire le droit d'exister pour lui-même.
- Speaker #0
Le troupeau du bonheur... Premier troupeau du bonheur, il est né en 1993, donc il a plus de 30 ans maintenant. En 1993, on a eu une audience dans laquelle le juge a prononcé la confiscation des animaux de l'éleveur et les a confiés à l'OABA. Donc on s'est dit, ça va, on va les garder. On va les garder, mais si on les garde, il faut quand même qu'on s'assure que ce soit bien fait. À partir du moment où on les a gardés, on s'est dit que dans ce troupeau, qui a été appelé spontanément le troupeau du bonheur, par rapport à où elles étaient avant, qui était un peu le troupeau du malheur, Enfin, elles rentraient dans un endroit où elles étaient respectées, etc. Et bien, ces animaux-là, on s'est dit qu'il n'y aurait pas de reproduction, parce que c'est aussi un moyen pour nous de s'assurer qu'on ne va pas commencer avec 10 animaux et qu'on va en avoir 50 à la fin. Parce que forcément, si il y a la reproduction, qu'est-ce qu'on fait des petits ? Il n'y a pas de traite de lait, il n'y a pas de lait qui est fait, l'animal n'est jamais envoyé à l'abattoir, il n'y a pas d'abattage non plus. Comme je le disais tout à l'heure, c'est un épade, il rentre de l'an, la seule chose qu'il a à faire, c'est brouter, manger, boire et se reposer. C'est la seule chose qu'il a à faire. Donc ça, c'est les 13 premiers animaux qui sont rentrés en 1993, qui ont ouvert la voie à plein d'autres. Et aujourd'hui, on est à 600 animaux. Ça dépend des périodes, parce que forcément, on a des naissances, des arrivées. Quand je dis naissance, c'est parce que des fois, même s'il n'y a pas de reposition, c'est qu'elles arrivent et les vaches sont pleines. Dans ces cas-là, évidemment, le petit reste dans le troupeau du bonheur. Donc du coup, ces animaux, une fois qu'ils intègrent le troupeau du bonheur, ils n'en sortent plus, ce qui fait qu'il faut les garder tout le long de leur vie. Ce qui est incroyable dans le sens où... Des fois, on a des animaux qui sont anciennement maltraités, qui arrivent avec une peur farouche de l'homme, et qui, 5 ans, 10 ans, en fonction, des fois c'est 2-3 mois après, mais des fois c'est bien plus long, réapprennent à faire confiance à l'homme, réapprennent à croire en l'homme, et tout simplement à nouer avec lui une relation. Nos éleveurs, parce qu'on a 6 animaux répartis dans 46 fermes partenaires, à la fois, juridiquement, ce sont nos animaux, mais d'un point de vue, on va dire sentimental, on sait très bien que ce sont les chouchous de nos partenaires. comme les animaux de compagnie. Et c'est tout l'intérêt du troupeau du bonheur, mais de chaque refuge, c'est que l'animal est individualisé. L'animal de ferme est individualisé, ce qui n'est pas tellement le cas dans les exploitations agricoles où c'est plus une gestion par l'eau. Là, vraiment, il y a une attention particulière à chaque animal, ce qui est génial, parce qu'on peut avoir des relations particulières avec chaque animal. C'est vraiment une structure à part. À part, c'est...
- Speaker #2
C'est unique.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. En fait, c'est unique dans le sens où l'effecturant va avoir 46 partenaires dans la France entière. Je ne crois pas qu'il y ait d'autres associations qui aient autant de réseaux à ce niveau-là. Alors, des associations qui ont plus d'animaux, ça évidemment, c'est pas un concours j'ai envie de dire. Mais effectivement, sur ce maillage qu'on a en France, même si on est toujours en recherche, mais c'est vraiment quelque chose d'important. Et puis, c'est agréable justement d'avoir, c'est aussi pour ça que l'OAB a reconnu, c'est qu'on a cette expérience terrain avec les éleveurs. C'est-à-dire qu'on n'est pas qu'une association de protection animale qui défend les animaux et c'est tout. C'est qu'on a des relations quotidiennes avec les éleveurs. ont capacité à dire qu'ils sont respectueux du bien-être animal et que oui, il y a des personnes, et heureusement, il y en a, dans l'élevage, qui sont soucieux du bien-être des animaux. Et heureusement qu'il y en a. Dire qu'il n'y en a pas, c'est complètement faux.
- Speaker #2
Et c'est essentiellement des anciens éleveurs ? Parce que s'ils sont encore en activité, ils ont d'autres bêtes ? Enfin, c'est ça ?
- Speaker #0
En fait, on a le cas où ce sont des anciens éleveurs, où effectivement, ils ont eu des animaux toute leur vie, et ils sont partis à la retraite, mais ils ne sont pas contre d'avoir 5, 10, 15, 20 animaux qui savent qu'ils n'en verront jamais à l'abattoir, qui vont rester là toute leur vie, ou en tout cas le plus tard possible, parce que bon, forcément, c'est aussi possible. Enfin, l'éleveur qui a envie d'arrêter, il nous dit, et puis voilà, on ne va pas non plus forcer les personnes à continuer.
- Speaker #2
Je me dis que ça doit faire bizarre de faire le distinguo entre... Mes bêtes de rente, même si je m'en occupe très bien. Le troupeau dans le coton.
- Speaker #0
C'est aussi justement une des particularités du troupeau du bonheur. C'est qu'effectivement, il y a les éleveurs qui nous disent au moins ceux-là, je sais que je peux m'y attacher. Je sais qu'ils vont rester là. C'est là tout l'intérêt aussi. On a aussi des partenaires qui connaissent le métier et qui savent ce que c'est aussi que le bien-être animal.
- Speaker #2
Donc les animaux viennent vraiment de votre prisme. Ce n'est pas quelqu'un qui va voir une chèvre maltraitée et qui va vous la proposer. C'est ça.
- Speaker #0
c'est qu'on a... 95% des animaux du troupeau du bonheur qui sont issus de maltraitance, qui sont issus des dossiers qu'on a eu à traiter. On a 5 résiduels parce que, effectivement, des fois, on a dit oui parce que c'était l'ami d'un ami. Parfois, c'est arrivé. Mais majoritairement, on tient à garder ce prisme-là parce que, d'une part, ça nous permet de gérer les flux. Ça nous permet aussi de responsabiliser les personnes. Parce que, comme pour les chiens et les Ausha, on ne sauve pas un veau ou une vache parce qu'elle est à l'abattoir. si on ne sait pas où la mettre. Malheureusement, comme je disais tout à l'heure, on n'a pas la capacité structurelle et économique d'accueillir tous les animaux présents en France. Donc il faut bien avoir un critère de sélection. Nous, ce sont les animaux maltraités. Mais après, il est hyper important, justement, de sensibiliser les gens, parce qu'on voit de plus en plus de personnes qui, aujourd'hui, prennent des animaux de ferme à titre de compagnie. Ce qui est une excellente chose. Ça montre bien que aussi, il y a une évolution dans la mentalité des gens en disant que ce n'est pas qu'un animal de ferme, c'est aussi un animal qui a des sentiments, entre guillemets.
- Speaker #2
Un être sensible à part entière.
- Speaker #0
Voilà, à part entière, avec son caractère, etc. Du coup, à partir de ce moment-là, on ne le prend pas sans considération de ce qu'on en fait après. C'est bien beau de vouloir sauver un animal, c'est bien beau de l'acheter, mais si c'est après pour lui donner une vie de misère, ça ne sert à rien. C'est aussi un moyen de sensibiliser les gens. De manière générale, que ce soit les opérations de retrait, que ce soit les audits, que ce soit toute l'activité de l'OABA, elle est financée... uniquement par les dons, enfin uniquement, une petite exception que je vais soulever après, elle est financée par le don des donateurs. Les opérations de retrait, c'est de l'ordre de 1,5 million par an, en termes de frais pour nos abeilles. On a le troupeau du bonheur, où c'est de l'ordre de 400 000 euros par an, et après ce sont les activités d'audit, de communication, d'administratif, ce qui fait qu'en moyenne, on a plus ou moins 85% de notre budget qui est lié aux actions de terrain. Ce qui fait qu'effectivement, quand... ce qui à la fois nous attriste un petit peu quand même, c'est qu'on nous dit, mais l'OAB, personne ne vous connaît. C'est vrai qu'on n'est pas une association très connue, alors que ça fait plus de 60 ans qu'on existe. On sait qu'on n'est pas très connue par rapport à d'autres associations, type Fondation Bardot. D'ailleurs, petite anecdote, si Brigitte Bardot a été sensibilisée sur la condition de mise à mort des animaux, c'est via l'OAB. Parce qu'en 1962, elle passe à la télé avec un pistolet d'abattage, Brigitte Bardot, qui lui avait été donnée par Jacqueline Girardoni, qui a créé l'association en 1961, soit un an plus. Petite anecdote. Mais voilà. effectivement on n'est pas connu mais parce qu'on a 80% de notre budget qui est dans l'action dans l'action de terrain et pas dans la communication et donc c'est le choix qu'on a fait c'est de mettre l'argent là où il y a besoin et pas sur la communication c'est à dire qu'il n'y a pas besoin de communication mais dans l'action qu'on prête et ce qui fait qu'aujourd'hui on ne vit que de dons que de dons et de l'aigle à l'exception d'une petite partie c'est à dire pour les opérations de retrait parce qu'en fait on fait le travail de l'état c'est pour les animaux de compagnie il y a des fourrières qui sont financées par l'état ça n'existe pas pour les animaux de ferme. Et dans ces cas-là, l'État fait appel aux associations type OAB. Et pour cela, nous avons obtenu, alors, ce n'est pas une aide régulière, c'est-à-dire qu'on a eu en 2024, pour l'année 2024 et pour l'année 2026, une aide totale de 300 000 euros. Donc, si on fait le calcul, on a 300 000 euros pour 2024, 2025, 2026, sachant que les opérations de retrait pour ces trois années-là nous ont compté plus ou moins 3 millions, 4 millions. Donc, ce n'est même pas 10% de ce que ça coûte, ce qui n'empêche pas que ça a le mérite d'exister il ne faut pas cracher dans la soupe. Mais tout le reste, c'est financé par des dons et par des legs. Donc c'est aussi ça qu'il faut mettre en avant. Aujourd'hui, la protection animale, elle ne vit pas sans les dons des particuliers ou des legs. Et donc, voilà. Au niveau des partenaires du troupeau du bonheur, on a des besoins en structure porcine. Structure porcine, aujourd'hui, c'est une galère sans nom pour trouver des structures porcines plein air, qui accepteraient d'avoir des animaux à vie. Évidemment, je ne l'ai pas précisé, mais chaque éleveur est rémunéré pour la garde des animaux dans le troupeau du bonheur. C'est-à-dire qu'on paye les frais de bouche de l'animal, donc c'est un prix forfaitaire par jour par animal. On paye les frais vétérinaires, mais par contre, c'est vrai que l'éleveur en lui-même... est bénévole dans le sens où son activité de soins, d'apporter de la nourriture, etc., de surveillance, elle est bénévole. Et en structure porcine, aujourd'hui, c'est très très compliqué. On a des demandes très régulièrement pour sauver des porcs, mais malheureusement, on ne peut pas intervenir parce qu'on n'a pas la capacité et les structures pour les accueillir. Donc si jamais quelqu'un a une structure de porc en plein air, on est complètement preneur. Tout ça, caprin aussi, pour les structures caprines, ovines et caprines, on peut avoir des besoins. C'est un travail au quotidien de trouver des structures. Plus on prend d'animaux, plus on a besoin de structures. Et à l'inverse, moins on a de structures, moins on peut prendre d'animaux. C'est une vraie mission aussi qu'on a.
- Speaker #2
Et pour les cochons, justement, je pense que ça partit peut-être de quelque chose de plus global. Moi, à chaque fois, je me fais la réflexion. Je me dis, on ne voit jamais de cochons dans les prés. Ils sont toujours dans des porcheries ou encore pire, en batterie. Mais c'est un problème qui est vraiment plus général, je trouve, pour les cochons. C'est ceux qui sont, je ne sais pas les chiffres exactement, mais le jambon, tout ça. On en consomme énormément et je trouve que c'est très mal fait.
- Speaker #0
Oui, on a 95% de la production porcine qui est faite en intensif. Donc tout ça c'est en bâtiment, on a des porcheries de 800, 1000, 2000 porcs. Et encore, c'est pas les plus grosses. Le fait de ne pas avoir de cochons en plein air, c'est malheureusement pas du tout étonnant, parce qu'aujourd'hui c'est pas le choix qui est fait par cette production.
- Speaker #1
Moi c'est un des trucs qui me choque le plus, alors moi je suis végétarienne, et je suis vraiment acquise à la cause des animaux de ferme, et je rêve un jour d'avoir mon mini sanctuaire avec mes petits animaux à moi, mais les cochons ça me retourne toujours le bide. Et j'ai l'impression que le chemin est très long pour eux plus que pour les autres.
- Speaker #0
Oui, c'est une où il y a beaucoup de choses à faire, effectivement. Et justement, l'étiquette bien-être animal, entre autres, est une des façons aussi de forcer la profession à s'améliorer. Je sais qu'on respecte une réglementation européenne sur le bien-être animal, avec notamment la sortie des cages. Le cochon est très fortement impacté, parce qu'aujourd'hui, un cochon est dans un système de contention qui fait qu'il ne peut pas bouger. C'est très compliqué actuellement.
- Speaker #2
Jimmy vient d'en parler, il y a un projet de règlement européen en cours pour transformer le système alimentaire en place, avec des règles relatives au bien-être animal pendant l'élevage, entre autres, ce qui impliquerait pour les cochons, dont on vient de parler, de sortir d'une vie en cage. Évidemment, c'est tout ce qu'on souhaite dans les meilleurs délais, et je laisse Jimmy vous en dire plus.
- Speaker #0
On a aujourd'hui un projet de règlement européen qui a été annoncé en 2021. Ce projet prévoit notamment, de façon large, la transformation du système alimentaire européen. Parmi les projets annoncés, il y en a 4 qui concernent le bien-être animal et la réglementation en lien avec le bien-être des animaux d'élevage. C'est-à-dire que la Commission européenne souhaite modifier le règlement sur l'élevage, sur le transport, sur l'abattage et sur l'étiquetage des produits. Ça, ça a été annoncé en 2021. L'objectif, je crois, de mémoire, était 2025 ou 2024. Évidemment, la Commission est en retard, ce qui n'est pas du tout étonnant. Et aujourd'hui, on a seulement le projet de règlement de transport qui est sorti. Donc l'OABA a contribué, on va dire, à essayer de l'améliorer autant que faire se peut, même si, bon, on est quand même face à les plus puissants lobbies d'Europe, donc c'est pas forcément simple, vous imaginez bien, que c'est pas dans leur intérêt d'améliorer la protection animale, même si pour autant, ils ont des intérêts, mais ils le voient pas spécialement, ils voient plus les coûts que les intérêts. Mais dans l'objectif futur de la réglementation, c'est que, bon, là, on a le règlement de transport, le prochain, vraisemblablement, sera la sortie des cages. La commission travaille dessus, là, depuis quelques mois. temps avec des concertations etc donc je pense que pour en 2026 peut-être fin d'année on espère fin d'année 2026 on aura un projet de réglementation sur la sortie des cages concernent notamment les volailles mais aussi les ports comme on le disait et après on espère qu'après ce règlement donc courant 2027 peut-être plus de 2028 on aura la réglementation sur l'abattage là évidemment on sera en première ligne en tout cas on fera en sorte de porter des modifications ambitieuses Très bien, ce n'est pas forcément parce qu'on le porte que ce sera accepté, mais en tout cas, si nous on n'y croit pas, personne n'y croira.
- Speaker #1
Voilà ce que j'allais dire.
- Speaker #0
Donc voilà. On va dire le projet à long terme, c'est au niveau réglementation, c'est ça. Donc ça c'est au niveau européen, au niveau français, ça devient, enfin c'est compliqué avec la période actuelle, on a un semi-gouvernement, une semi-assemblée, tout le monde est plus ou moins incapable de se mettre d'accord, donc c'est parfois compliqué de porter des sujets de protection animale, surtout qu'aujourd'hui on le voit avec la crise agricole, ce n'est pas du tout l'aspect qui est porté. On le voit avec la loi du plomb qui outre les néonicotinoïdes, on a l'augmentation des seuils pour créer des élevages de plus en plus grands. L'action qui est menée par le ministère de l'Agriculture actuellement, c'est plus sur l'intensification de l'élevage que sur une sortie des cages. Donc voilà, c'est des actions législatives à long terme, et après au niveau du court et moyen terme, on a l'action contre le ministère de l'Agriculture qui est pendante, et on a toujours continué les retraits parce que ça ne s'arrête jamais. On a des sollicitations tous les jours, on a après la gestion de notre refuge de continuer les audits, de développer l'étiquette de vérité animale, notamment sur les vaches laitières. On s'ennuie pas, on a plusieurs axes d'amélioration. Le combat, entre guillemets, continue parce que, encore une fois, si nous, on n'y croit pas... Personne n'y croira et c'est notre rôle que d'emmener les autres avec nous.
- Speaker #1
Carrément. Non mais c'est déjà vachement bien ce que vous faites. Franchement bravo pour tout ce que vous faites. J'ai vu passer juste pour un post sur le Mercosur. Vous avez fait une publie sur la réseau social. Est-ce que tu te sens d'en dire un mot de l'impact du Mercosur ?
- Speaker #0
C'est un sujet qui est hyper technique. Même moi je n'ai pas tous les tenants et aboutissants. Mais ce qu'on sait c'est que la réglementation européenne est quand même mieux disante, sans dire qu'elle ne respecte l'animal, elle est mieux disante que les autres réglementations, notamment celle du Brésil. Brésil, Amérique du Sud, parce que ce n'est pas que le Brésil qui est concerné. Et le problème, c'est qu'aujourd'hui, on va importer des viandes d'animaux qui ont eu des conditions de vie qui sont très, très mauvaises et que le consommateur, aujourd'hui, n'a pas la possibilité de savoir d'où vient cette viande-là. Parce qu'autant sur, effectivement, quand il va acheter son poulet, son bœuf, son biftec, il va pouvoir voir d'où vient la viande origine Brésil, Argentine, France ça il pourra le voir néanmoins dans les plats préparés vous achetez votre blanquette de veau magie ou picard etc c'est pas toujours simple de savoir d'où provient la viande des fois syndiquée, des fois non elle provient d'Amérique du Sud ou d'un autre pays elle a été transformée en Europe donc il y a marqué origine Europe c'est très très compliqué et en fait là le principal problème c'est que le consommateur aujourd'hui va effectivement avoir peut-être de la viande moins chère parce que les poules production à masse ou moins cher, mais quel type de viande est faite dans quelles conditions ? En termes de bien-être animal, en termes de santé sanitaire, etc. Ça va être très compliqué de savoir. Moi, dans mon travail, c'est ce que j'adore, c'est que le lundi, je vais être au bureau à faire de l'administratif, le mardi, je vais être sur le terrain à parler avec les éleveurs, que ce soit dans le cadre des retraits, dans le cadre du troupeau du bonheur. Le mercredi, je vais être à l'Assemblée nationale à expliquer ce que moi, je vis sur le terrain et ce qu'il faudrait faire pour améliorer les choses. hyper vaste. Et d'un point de vue parole publique, c'est hyper intéressant.
- Speaker #1
C'est clair. C'est trop bien. On n'a pas tout à fait fini, attends. Parce que je te laisse le mot de la fin. S'il y a quelque chose que tu as envie de rajouter...
- Speaker #0
Moi, ce que j'ai envie de dire, c'est qu'aujourd'hui, la protection animale, elle a fait énormément d'avancées par rapport à la perception qu'ont les citoyens et les consommateurs de ce qu'est l'animal, notamment l'animal de ferme. On le voit dans son âge, tout le monde souhaite davantage de protection animale. Aujourd'hui, tout le monde souhaite que les animaux soient mieux traités dans les élevages, dans les transports et à l'abattage. Ça, effectivement, là, c'est déjà une victoire. C'est au niveau européen, on le voit, et au niveau français aussi. Ça, c'est déjà une belle victoire des associations de protection animale de manière générale. Mais il faut aussi à la fois dire ce qui est bien et dire ce qui est moins bien. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a un problème avec la consommation. La consommation de viande augmente d'année en année et pas forcément la bonne consommation de viande. C'est-à-dire qu'on va aller au plus vite et au moins cher pour caricaturer, alors qu'on devrait peut-être faire l'inverse, faire moins de viande, mais mieux de viande que de la bonne viande. Ce qui permettrait d'être raisonné sur cette consommation, et derrière de pouvoir mieux rémunérer les éleveurs, mieux respecter les animaux, et en soin de sa santé. Là, l'élément essentiel aujourd'hui, c'est qu'on a tous conscience de ce qu'est un animal aujourd'hui, on sait que c'est un être sensible, mais aujourd'hui, il reste à le traduire dans les actes. C'est ce qu'on demande à l'OAB1. c'est d'avoir un consomme acteur.
- Speaker #1
Oui, ça c'est très très important. Donc ça c'est top comme mot de la fin, c'est parfait. Donc franchement, merci beaucoup à toi, merci Jimmy pour ton temps, et merci l'OABA pour tout ce que vous faites, pour les animaux de ferme, c'est plus que nécessaire. Et on sent que ça va dans le bon sens, même si... Oui,
- Speaker #0
c'est ça, c'est le sens de l'histoire, comme on dit, on sait qu'on va dans le bon sens. Ça prendra le temps que ça prendra, on espère le plus rapidement possible, parce qu'on est là pour les 60 prochaines années. On sera là, alors j'espère qu'on sera là que pour les 20 prochaines, ce qui serait bon signe, mais voilà, on sera là autant de temps qu'il faudra, et puis merci à toi pour nous avoir donné la parole, parce que c'est toujours intéressant de pouvoir aussi évoquer aussi longuement les combats de l'association.
- Speaker #2
Et qu'ils sont nombreux les combats de l'OABA. Et on rappelle les belles victoires, comme le système de chiffres sur les œufs, zéro pour les œufs de poules élevés en plein air, issus de l'agriculture biologique, donc avec accès à un parcours arboré, etc. 1 pour les oeufs de poules élevés en plein air, donc axés à minima sur une cour. 2 pour les oeufs de poules élevés au sol, donc qu'elles se déplacent librement mais uniquement en bâtiment. 3 oeufs de poules élevés en cage. Cage, c'est le joli mot pour dire batterie, donc l'animal n'est pas libre de ses mouvements. Jacqueline Gilardoni, fondatrice de l'OABA, qualifiait d'ailleurs ces oeufs comme des oeufs de souffrance. Ce mode d'élevage est d'ailleurs interdit aujourd'hui, en Suisse notamment, ou au Royaume-Uni, mais pas encore en France, malheureusement. On espère bientôt que ça pourra être le cas. Mais déjà, d'avoir un système pour informer directement sur les œufs, expliquer d'où ils viennent, c'est déjà une avancée majeure qu'on peut attribuer à l'OAB. entre autres. Alors puisqu'on parle de volaille, on n'a pas parlé du broyage des poussins mâles dans cet épisode, parce qu'il y a trop de sujets à aborder malheureusement sur le sort des animaux d'élevage. On ne pouvait pas tout aborder. Sachez quand même que le broyage des poussins mâles est interdit depuis 2023 en France, en tout cas pour la filière des poules pondeuses, parce que malheureusement des dérives continuent d'exister dans la filière poulet de chair. On aura peut-être l'occasion d'en reparler dans un prochain épisode. En tout cas, c'est aussi un combat de l'OABA qui dénonce notamment que la réglementation en cours ne protègent pas non plus les canetons femelles du broyage dans la filière foie gras. Bref, il y a encore tant à faire. Mais des choses avancent. Et autre victoire, l'abattage avec étourdissement, reconnu par décret en 1964, même si le combat est toujours en cours contre l'abattage sans étourdissement, qui provoque de longues minutes de souffrance aux animaux. On rappelle aussi tous les retraits d'animaux d'élevage maltraités, les audits en abattoir. Allez voir ce que personne n'a envie d'aller voir, mais le faire quand même, malgré la difficulté de la tâche. Pour les animaux de ferme, C'est juste énorme et je pense qu'on leur doit au moins ça. Et c'est l'OABA qui a le courage de le faire, pour tant d'autres. Et puis les avancées juridiques menées par un travail sans relâche dans l'ombre. Donc encore une fois, bravo Jimmy, bravo à toute l'équipe de l'OABA pour tout ça. J'espère sincèrement qu'avec Jimmy, on vous a gardé jusqu'au bout de ce formidable épisode consacré aux animaux de ferme. Et qu'il vous aidera, j'espère, à avoir un regard plus éclairé sur le sujet et sur les actions que vous pouvez mettre en place dans votre mode de consommation pour préserver ces animaux de la souffrance. Moi ça m'a fait aussi beaucoup réfléchir, notamment souvent quand on entend une dérive dans un abattoir, révélée par une enquête aux images difficiles. Moi la première je me dis mais il faut que cet abattoir ferme, un point c'est tout. Oui mais s'il ferme, j'avais pas forcément pensé que du coup il n'y aurait plus d'abattoir forcément dans le même secteur, donc ça oblige d'autres animaux à faire peut-être 3h, 4h de route en plus pour aller dans un autre abattoir. Donc à la souffrance des uns, j'ai envie de dire, se répercute la maltraitance des autres. ça génère une autre forme de souffrance. Donc voilà, rien n'est simple. Mais déjà, en parler, c'est mieux comprendre et j'espère que cet épisode a nourri votre réflexion sur le sujet. Merci à vous pour votre écoute, si vous êtes encore là, si vous êtes restés jusqu'au bout. N'hésitez pas d'ailleurs à nous commenter l'épisode sur les réseaux sociaux et à le partager à votre échelle autour de vous. N'oubliez pas aussi que vous pouvez informer les autres, donc si vous partagez l'épisode, vous pouvez aussi consommer différemment. Même au supermarché, vous pouvez avoir un impact qui résonnera jusqu'à la ferme d'à côté, ou même plus loin. Sachez que si vous connaissez bien les animaux de ferme, que vous les aimez, que vous avez de quoi les accueillir, et même si vous êtes un particulier, vous pouvez devenir partenaire du troupeau du bonheur de l'OABA. Ce n'est pas réservé qu'aux anciens éleveurs. Vous aurez toutes les informations sur troupeaudubonneur.fr. Jimmy l'a dit, il y a de la recherche constamment, notamment en structure porcine avec des accès plein air. Et pour apporter un peu plus de précision, Jimmy m'a expliqué qu'il faut que la structure porcine respecte la réglementation relative à la biosécurité. c'est-à-dire qu'elle est une double clôture pour éviter le contact direct avec les sangliers, dans le but de ne pas propager la peste porcine africaine. Il faut aussi un abri, bien évidemment, pour que les cochons puissent être abrités en cas de mauvais temps. Enfin voilà, si vous avez des pistes pour aider l'OABA à sauver plus de cochons, le message est passé, n'hésitez pas à les contacter. Vous pouvez aider l'OABA, bien sûr, dans leurs actions, qui contribuent à faire évoluer les mentalités, en leur faisant un don, pourquoi pas un leg, en parrainant même un animal du troupeau du bonheur. Le veau afrique, la chèvre mamie blue, les chevaux blue moon, orage, l'anesse annette, les vaches, cerises, gertrudes ou encore les cochons, alphonse, obélix, octave. Bref, allez découvrir leurs bouilles parce que déjà, ils sont tous... Alors j'allais dire accroqués mais non, ils ne seront jamais mangés et c'est tant mieux. Mais en tout cas, ils sont adorables. Ils ont tous un passé et aujourd'hui une vie apaisée grâce à l'OABA qui cherche continuellement des parrains marraines pour ses vies sauvées. Donc n'hésitez pas, rendez-vous sur troupeaudubonneur.fr Vous pouvez aussi montrer votre soutien à ce troupeau magnifique en achetant un petit produit à l'effigie du troupeau du bonheur dans leur boutique solidaire. Vous pouvez aussi regarder toutes les associations de protection des animaux de rente qui ont émergé ces derniers temps un peu partout en France. Ça fait vraiment plaisir de voir qu'il n'y a plus que des associations dédiées aux animaux de compagnie, même si bien sûr, le travail de ces associations reste essentiel. Mais c'est génial, je trouve, de saluer qu'il y a de plus en plus de sanctuaires pour les animaux de rente. qui ont la chance du coup de sortir du circuit et de pouvoir vivre une autre vie que celle qu'on leur impose initialement. Voilà, c'est beau je trouve de se dire qu'on est de plus en plus à changer notre regard sur ces animaux qui sont encore une fois des vies sensibles et précieuses. Voilà, cet épisode était dense, mais tellement nécessaire je pense. Et comme je le disais au début, ce sont des animaux de rente, j'ai horreur de cette expression, mais c'est comme ça qu'on les appelle, ces animaux de rente qu'on médiatise le moins. Donc je suis très contente d'avoir consacré cet épisode à l'OABA. que je salue encore pour leur travail, souvent dans l'ombre, mais essentiel dans le monde dans lequel on vit, pour les animaux de ferme. Et parce que je pense qu'au fond, on leur doit bien ça.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode de l'Echo des museaux. J'espère que ce podcast vous a apporté de la connaissance et vous donne envie d'agir à votre niveau,
- Speaker #2
parce qu'il suffit parfois de toutes petites actions pour changer positivement la vie d'un animal. Si le podcast vous plaît, n'hésitez pas à nous laisser 5 étoiles un gentil commentaire et surtout à en parler autour de vous pour faire grandir notre communauté de protecteurs des animaux. En attendant le prochain épisode, retrouvez plus d'informations sur le podcast et tous nos anciens épisodes sur www.lecodemuseau.fr ou faites-nous un retour sur notre compte Instagram, j'adore lire vos messages. A très vite pour un prochain épisode !