- Speaker #0
Bienvenue sur l'écho des museaux, le média associatif qui donne de la voix pour le monde animal. Je suis Marine, une passionnée d'animaux depuis toujours, et ici je donne la parole aux associations, aux professionnels, et à toutes celles et ceux qui s'engagent pour la cause animale. A travers des témoignages inspirants, de l'info et des conseils, ce podcast invite à repenser notre lien aux animaux et à mieux comprendre leurs besoins. pour faire avancer le bien-être animal. C'est parti pour l'épisode du jour, bonne écoute ! Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien au moment où vous écoutez cet épisode. Je suis très heureuse de vous retrouver aujourd'hui avec mon quatrième invité masculin de la saison, après Johan, Jimmy et Alan, et le sixième du podcast en tout, après Antonin et Bertrand, en saison 1. Alors, on entend souvent que la protection animale est un milieu particulièrement féminin. Dans les assos, dans les refuges, on rencontre beaucoup de femmes engagées auprès des animaux, c'est vrai. Alors, je trouve ça chouette aussi de mettre en lumière les hommes qui s'investissent pour faire avancer la cause animale et plus largement la protection du vivant, parce qu'il y en a. Et justement, mon invité du jour est un homme particulièrement engagé, j'ai nommé Thomas Moreau, fondateur et président de l'association YouCare. Alors... avant de devenir une association. L'aventure YouCare a commencé en 2018 avec la création, par Thomas et un associé, d'un moteur de recherche caritatif qui permettait de transformer les recherches des internautes en financement d'actions solidaires. Puis l'association est née deux ans plus tard, avec Thomas Moreau à sa présidence. Et depuis, les projets se sont multipliés avec une vision globale qui m'intéresse particulièrement chez YouCare, celle que la protection animale, la protection de la biodiversité, et plus largement en fait la protection du vivant, ne sont pas des combats séparés, mais peuvent au contraire se rejoindre. Entrepreneur à l'origine et sensible aux animaux depuis sa plus tendre enfance, Thomas a embarqué YouCare dans un modèle précurseur un peu particulier à la croisée de l'innovation, de l'action associative et des projets de terrain. Alors personnellement, j'ai découvert YouCare en tombant sur un article de presse qui parlait de la Ruche, le projet de banque alimentaire solidaire pour les animaux, et bien évidemment on y reviendra dans l'épisode. et j'avais trouvé l'idée absolument géniale. Je me suis intéressée davantage à cette jeune association qui finalement donne l'impression d'être installée depuis beaucoup plus de temps dans le paysage de la protection animale en France, tant les projets se sont développés et amplifiés. On aura d'ailleurs l'occasion de mettre en avant de nombreux projets de l'association dans l'épisode, mais on évoquera aussi les difficultés rencontrées par les associations de protection animale en France, notamment administratives, une réalité bien tangible. On parlera aussi du parcours et de l'engagement de Thomas au service du vivant. On a enregistré cet été en visio et je remercie encore Thomas pour son temps et sa disponibilité quand on sait en plus que l'été constitue une vraie période de tension pour les refuges et les assos qui se retrouvent tout le temps dans l'urgence. Donc un grand merci. Si vous écoutez le podcast depuis YouTube, vous aurez l'occasion de nous voir puisqu'on était en visio. Mais vous l'entendrez aussi, c'est un épisode riche et inspirant. Allez, je vous laisse à notre échange avec Thomas, qui commence par sa présentation. C'est parti !
- Speaker #1
Je suis Thomas, je suis le président et le fondateur de l'ONG YouCare, qui a maintenant 6 ans. C'est à la fois une jeune association, et puis on commence à avoir quelques années. Elle demande pas mal d'expérience de terrain, avec pas mal de sauvetage à notre actif. On est à plus de 2100 sauvetages avec YouCare. Et mon idée, je viens de l'entreprise à la base, je suis start-upper, je suis entrepreneur. Et donc mon idée, c'est de mettre... ses compétences au service de l'association, parce que finalement une association, ça a un peu les mêmes défis qu'une entreprise, et qu'une start-up. C'est-à-dire avec très peu de moyens, il faut réussir à rivaliser d'ingéniosité pour être le plus efficace possible sur le terrain, et donc d'imaginer un peu des hacks, d'être très très bien organisé. Et donc c'est mon combat un peu du quotidien, d'utiliser toutes ces compétences entrepreneuriales pour avoir une association qui soit la mieux gérée possible, la plus saine possible, qui soit aussi la plus prévointe possible au niveau budget. On ne peut pas se retrouver à découvert, on ne peut pas se retrouver avec plus de moyens financiers parce qu'on a en permanence plus d'une centaine de loulous en charge. Et donc voilà, il faut essayer d'à la fois être extrêmement efficace sur le terrain, très innovant et derrière aussi très précautionneux dans la gestion pour avancer sereinement sans se dire tous les deux jours est-ce qu'on va couler. Et malheureusement le milieu de l'association est très dur, il y a du bénévolat qui nous aide énormément mais sans moyens financiers on ne peut absolument rien faire. Donc mon défi au quotidien, c'est de lier tout ça pour faire un beau tout cohérent et surtout d'être le plus efficace possible.
- Speaker #2
Ouais, puis surtout tu dis, il y a du bénévolat, heureusement, mais même en protection animale, on n'a aucune aide, enfin c'est pas beaucoup en tout cas de subventions, etc. Et ça remet de la difficulté au défi parce qu'il y a des secteurs... dans l'associatif qui sont plus aidés que la protection animale ?
- Speaker #1
C'est vrai que, heureusement qu'on a les donateurs, on a une très belle communauté, autant du grand public que des entreprises partenaires avec le label qu'on a créé 1% pour les animaux qui nous aident. Parce que c'est vrai qu'en subvention, même pas 1% du budget de l'association est couvert par des subventions. Donc en termes de subvention publique, peut-être que des très grosses, les grosses fondations, la SPA ou quoi, arrivent et ont les bons contacts, je ne sais pas. Mais en tout cas, en tant que plus petite association, J'ai l'expérience où on a des sommes qui sont dérisoires par rapport à ce qu'on doit faire sur le terrain et où finalement on rend beaucoup de missions d'intérêt et d'utilité publique où par exemple nous au quotidien avec la Black Team, qui est du coup l'équipe spécialisée en saisie d'animaux et d'attaquer en justice les maltraitants, la police nous appelle au quotidien, la justice nous réquisitionne au quotidien pour prendre en charge des animaux. Des sauvetages où tu prends 30 animaux en charge qui vont parfois très mal, C'est des sauvetages à plus de 10 000. 10-15 000 euros en frais vétérinaires, logistiques, etc. Finalement, c'est 100% financé sur les données de l'association.
- Speaker #2
Je sais que tu as été bénévole au Resto du Coeur. Tu étais intéressé par l'humanitaire, ou en tout cas, aider les gens. Et qu'est-ce qui t'a fait te sensibiliser aux animaux ? Est-ce que c'est venu sur le tas, ou est-ce que ça a toujours été en toi ?
- Speaker #1
Depuis que je suis tout petit, je devais avoir peut-être 5-6 ans, Un jour, avec mes grands-parents, on va chercher leur futur chienne, qui était chez des voisins, qui avait une portée. Et donc, ils m'ont dit, bah, choisis le petit chiot parmi la portée. Et comment tu veux l'appeler ? J'ai choisi une petite chienne que j'ai appelée Praline. Je sais pas pourquoi je l'ai appelée comme ça, à 2 ans de mes 5-6 ans. Et c'est une chienne avec qui j'ai grandi. Je faisais la sieste avec elle dans son panier. Enfin, je l'ai énormément aimée. Et c'est elle qui m'a fait aimer les animaux. C'était une chienne absolument incroyable. incroyable et d'une sensibilité, d'une douceur énorme. Et donc je pense que c'est vraiment elle qui m'a donné goût à aimer les animaux. Dans ma famille, on a toujours eu des animaux, mais j'ai jamais été en contact de manière directe avec la protection animale. Et quand j'ai commencé, en fait, le caritatif, j'ai beaucoup aimé la position de bénévole, de pouvoir vraiment aider. Et je me suis dit, quand j'ai lancé YouCare, finalement, une des causes les plus pures, ceux qui ont besoin d'un humain, vraiment, pour s'en sortir, parce que s'ils tombent au mauvais endroit, ils n'ont absolument aucune chance de s'en sortir. Ce sont les animaux, et donc on va aider ces êtres sensibles. Et donc voilà comment j'ai décidé de rentrer en production animale, alors qu'au début je ne connaissais honnêtement amplement rien. Et peu à peu, j'adore apprendre sur le terrain, et c'est ce que j'ai fait avec YouCare.
- Speaker #2
En plus tu dis souvent, c'est une jeune asso, de moins en moins jeune, mais t'es un peu tout nouveau, tout frais, mais en fait c'est vrai que ça fait vraiment grosse association, qu'elle a depuis longtemps, tu t'es vraiment fait une place très vite.
- Speaker #1
Malheureusement le besoin sur le terrain est énorme. On est un des pays d'Europe, du monde, qui euthanasie le plus, qui abandonne le plus proportionnellement au nombre de personnes, à la population. On a des grosses problématiques dans la protection animale, la justice est quand même très complaisante de manière générale, et dans la cause animale encore plus. Donc voilà, j'essaye d'avoir une croissance de l'association et de faire des projets sur le terrain qui soient un peu à la hauteur, malheureusement, du défi qu'on a à relever. Et donc on n'a pas beaucoup de temps. Parce qu'il y a des milliers d'animaux qui meurent dehors au quotidien. Et donc, voilà, je me donne à fond pour en sauver le plus possible.
- Speaker #2
Alors, pour revenir au début de l'aventure, aujourd'hui, YouCare, c'est une association, mais ça a commencé par un moteur de recherche. Je sais qu'il a fermé aujourd'hui, mais du coup, pour clôturer, est-ce que tu peux nous dire un petit mot là-dessus et du coup sur le parcours ? Parce que je crois que ça a duré quand même 8 ans, l'aventure.
- Speaker #1
Le moteur de recherche a duré longtemps. Il nous a permis d'aider beaucoup d'associations. Au tout départ, moi, j'avais une agence de communication. Je suis développeur. Et donc, je me disais, comment est-ce que je peux utiliser mes compétences pour fédérer une communauté, pour développer un projet informatique qui soit ce qu'on appelle scalable ? puissent grandir un peu tout seuls et aider une cause qui m'est chère, qui est la cause animale. Et donc voilà pourquoi j'avais lancé le moteur de recherche YouCare. On a eu des centaines d'associations qui ont été bénéficiaires, on a pu énormément les aider financièrement. Maintenant, c'est un projet informatique qui nécessite d'avoir des gros partenariats techniques avec des entreprises américaines, comme par exemple Bing. Et il y a maintenant deux ans, ils nous ont annoncé qu'ils fermeraient des briques techniques parce qu'ils se mettaient à 100% dans l'IA, etc. Et donc, ce qu'on appelle les métamoteurs de recherche, qui sont des interfaces avec des briques technologiques, mais qui font appel à ce qu'on appelle des index, qui sont de grosses entreprises parce que constituer un index, ça coûte des milliards. Ce concept-là va peu à peu disparaître et donc Microsoft nous a un peu coupé les vivres. À nous, comme ils sont en train de le faire avec d'autres, mais il y a d'ailleurs des plus grosses plateformes. qui même attaque Microsoft à l'échelle européenne pour ça. J'ai pris le parti plutôt de mon côté de décider tout simplement de ne pas essayer de faire des actions en justice, mais plutôt de nous préparer depuis deux ans à cette transition qui est donc avancée de manière complètement indépendante. Et d'ailleurs, l'association YouCare a toujours été complètement indépendante financièrement du moteur de recherche et d'autres associations partenaires.
- Speaker #0
Après le moteur de recherche qui a donc longtemps permis de soutenir de nombreuses associations, Thomas nous présente aujourd'hui un nouveau projet web, United.Care, une plateforme de pétition qui permet de faire entendre sa voix tout en soutenant directement les associations engagées sur le terrain, puisque 100% des bénéfices sont reversés aux associations. Mais alors, comment fonctionne United.Care et qu'est-ce qui a donné naissance à ce nouveau projet ? Je laisse Thomas nous l'expliquer.
- Speaker #1
Ça c'est un projet personnel que je lance. et qui est du coup une nouvelle plateforme. Tout simplement, les associations ont besoin souvent de lancer des pétitions pour essayer de rallier des gens à leur cause et de montrer le poids qu'elles ont et qu'elles ont une communauté derrière qui valide un peu une demande de modification de loi, de condamnation, etc. Et aujourd'hui, il existe pas mal de plateformes qui sont des entreprises privées qui font des très bons systèmes, qui sont fonctionnels, mais où derrière, en fait, il y a peu de transparence. C'est des systèmes où on te dit, donne 5 euros pour booster la pétition. Sauf qu'eux, ils ne font pas vraiment de la pub derrière. Ils ne vont pas utiliser ces 5 euros pour mettre de la pub sur des réseaux sociaux ou quoi, pour vraiment booster la pétition. Et ils vont surtout garder 100% de l'argent. Et je me suis dit que ce n'était pas la solution la plus faire qui existe. Et donc, en m'inspirant un peu du moteur de recherche YouCare, je me suis dit comment on pourrait faire un système où on reverse le plus possible aux associations. Et donc, j'ai créé United.Care, qui est simplement une plateforme où 100% des bénéfices, donc 70% de tout ce qu'on va collecter après la pétition, est redonné à l'association qui porte la pétition. pour qu'elle puisse du coup financer son combat. Si c'est par exemple une pétition qui est lancée parce qu'on essaie de faire condamner telle personne qui a maltraité un animal, l'argent qui va être collecté, l'association va pouvoir dire cet argent-là je vais l'utiliser pour les frais de justice, pour l'avocat, pour les déplacements, pour le cycle, etc. Et donc tout est hyper transparent. Dès qu'il y a une collecte d'argent, tout est indiqué en live sur le site. Et derrière, il y a exactement les proportions de où va l'argent. La plateforme garde 30% pour payer déjà les taxes, la TVA, pour payer les frais de serveur, pour payer les frais techniques, les frais comptables, enfin tout simplement de quoi faire survivre la plateforme avec tout ce qu'on a besoin légalement pour faire survivre une plateforme comme ça et au niveau logistique.
- Speaker #2
Ok, donc ça c'est lancé, ça y est.
- Speaker #1
C'est en plus, on a une pétition dessus, la plus grosse pétition, on peut plus de 50 000 signatures déjà.
- Speaker #2
C'est top !
- Speaker #1
C'est un outil que je veux mettre moi à disposition des assos pour leur dire voilà quand vous lancez une pétition, On a un système qui marche exactement pareil qu'un système de pétition normale, mais en plus ça vous permet de faire des collectes complémentaires pour financer votre combat.
- Speaker #2
Est-ce que tu peux nous faire une petite présentation de votre fonctionnement, de combien vous êtes, est-ce qu'on peut adhérer, etc. Parce que le podcast il est aussi là pour donner envie aux gens de rejoindre les mouvements qui existent déjà et de faire grandir les associations comme la tienne.
- Speaker #1
Donc effectivement, YouCare, c'est une association historiquement dans la protection animale des animaux domestiques. Depuis le début, j'ai toujours voulu aussi aller plus loin. Aujourd'hui, on se bat aussi pour la protection de la biodiversité, avec un gros programme français de reforestation, on a deux pépinières actuellement, où on protège tout simplement l'habitat naturel des animaux sauvages. Et en ce moment, quand on voit avec les incendies dans le sud-ouest, on voit à quel point c'est des programmes qui sont essentiels et qui vont devenir de plus en plus essentiels, et il va falloir faire grottir ces programmes très vite. Je l'ai appelé UKER parce que je voulais aussi un nom international, parce que malheureusement, les défis qu'on relève aujourd'hui en France sont les mêmes dans tous les pays du monde. Et mon ambition à terme, c'est de faire une importante ONG internationale qui puisse se battre avec les projets qu'on crée, les dupliquer, en fait, quel que soit le pays. Parce que malheureusement, les combats qu'on a n'ont pas de frontières, que ce soit la protection animale, que ce soit la protection de la biodiversité. Donc voilà le gros du projet. Il y a plein de programmes qu'on a sur le terrain. Chacun a un nom, une identité qui lui est propre. et qui permet aux gens de s'y retrouver un peu dans toutes les actions qu'on mène, qui commencent à être très diverses, mais qui sont toutes très cohérentes les unes les autres, qui travaillent toutes les unes les autres ensemble pour faire ce tout cohérent et avancer le plus vite possible. Tu me demandais aussi combien on est aujourd'hui, YouCare, c'est une dizaine de personnes à plein temps entre les salariés et les services civiques, et on a à peu près 3000 bénévoles qui sont inscrits. Au quotidien, chaque mois, on va avoir à peu près 500-600 bénévoles engagés sur le terrain.
- Speaker #2
Oui, vous avez beaucoup de bénévoles, mais c'est bien. Moi je pensais effectivement, j'étais surprise d'entendre ça, je l'avais entendu sur le podcast que tu as fait avec Romane à l'heure, que vous n'étiez pas nombreux, je pensais que c'était vraiment une grosse machine, mais pas du tout. Et c'est tout à votre honneur d'ailleurs avec tout ce que vous faites.
- Speaker #1
Ça reste une petite équipe pour un tel nombre de choses à gérer, de bénévoles à gérer. Une association qui commence à avoir une taille critique ne peut pas faire sans salariat, parce qu'il y a des choses tellement complexes au niveau administratif, le suivi sanitaire des animaux. Les complexités pour des animaux qui vont avoir de gros problèmes au niveau maladie, au niveau comportemental, etc. C'est impossible de le faire sans salarié. On reçoit peut-être 200-300 messages aujourd'hui par jour, dont des mails, que ce soit des partenaires, des demandes d'abandon, évidemment, on est complètement dépassé. Il y a besoin d'une équipe qui va du coup chapeauter après et driver toute la logistique qu'il y a derrière et tout le travail des bénévoles qui amplifie nos capacités d'action.
- Speaker #2
Et toi, en tant que président, tu trouves ta place sur le terrain ? Tu arrives à être au contact justement des situations d'urgence, etc. ou tu as plus de recul ?
- Speaker #1
Sur les grosses situations d'urgence, j'y vais avec l'équipe, parce que parfois il y a des décisions très dures à prendre à l'instant T. Et donc il faut être là pour prendre les bonnes décisions, parce que parfois il y a du légal. On fait des choses qui peuvent impacter juridiquement l'association, avec les autorités. Quand tu vas sur un sauvetage avec les autorités, ils te disent normalement on pense qu'il y a X animaux. Sauf que ce que tu trouves en fait sur le terrain n'est jamais ce qui avait été prévu à la base. Souvent il y a beaucoup plus d'animaux, ils sont dans des états beaucoup plus durs que ce qu'on pensait. On trouve aussi des cadavres, des animaux décédés, enfin c'est des situations assez difficiles. Et donc je suis sur le terrain non seulement parce que j'aime ça et que ça m'intéresse et que ça me montre ce pourquoi je me lève le matin au quotidien. et deuxièmement pour aider à avoir une prise de décision très rapide avec les équipes sur des situations très graves. Maintenant, je suis énormément aussi accaparé au bureau, avoir une structure, j'ai envie de dire en France, mais ça paraît dans plein de pays du monde, mais il y a un niveau de complexité administratif où je passe la moitié de mon temps à faire des papiers, ce n'est pas ce que j'aime. J'ai de l'aide de mes équipes, mais en fait, on est complètement dépassé par le nombre de formulaires, de serfas, d'obligations légales. Et c'est vrai qu'une bonne partie du temps aussi, je ne suis pas sur le terrain, mais à subir un peu la grosse machine qui est devenue entre guillemets you care, et où derrière, pour déplacer le petit doigt parfois, il faut déplacer des montagnes de papier.
- Speaker #2
Et justement, ça allait te poser à peu près cette question, qu'est-ce qui t'épuisait le plus aujourd'hui dans ce rôle-là ? Est-ce que c'était la fatigue émotionnelle de voir de la souffrance animale ou le côté justement administratif président ? Tu t'es un peu répondu.
- Speaker #1
il y a deux choses que je trouve un peu injustes au quotidien et qui sont fatigantes alors que j'avais pas un peu pas signé pour ça, tu vois, quand tu te dis je vais créer une association de protection animale, je vais sauver des animaux, tu t'attends à voir des choses dures sur la partie animale, ça te semble logique. Cette partie-là, je trouve que c'est pas la plus dure, tout simplement parce qu'on voit toujours le bon côté des choses. Quand je vois des animaux dans une situation catastrophique, et bien évidemment que ça me touche, ça touche toute l'équipe, maintenant, à chaque fois, on voit le côté positif, on se dit, grâce à nous, ces animaux, on va réécrire leur histoire et leur vie va changer. Là, ils sont dans une situation catastrophique, mais avec notre intervention, tout va changer pour eux. Et donc, tu arrives à t'accrocher à ça, et ce n'est pas ce qui est le plus fatigant. Le plus dur, c'est en partie l'administratif. Moi, je trouve ça hyper frustrant. On fait un beau projet à Périgny, par exemple, en 1994. On a gagné un appel à projet, on a racheté un terrain à la région. On a un niveau administratif. On a passé deux ans à obtenir les permis de construire, on a eu deux refus. On a un niveau de réglementation qui s'enchevêtre avec plusieurs réglementations. Enfin, on avance à une vitesse parfois d'escargot, pas parce qu'on n'a pas l'argent, qu'on n'a pas les équipes, qu'on n'a pas les partenaires, c'est parce qu'on n'a pas le droit d'avancer, parce qu'il nous manque 18 papiers. Et donc ça, je trouve ça extrêmement frustrant, parce qu'on tue nous-mêmes, en fait, l'entrepreneuriat de manière générale. Et finalement, l'associatif est une forme d'entrepreneuriat, mais qui est dédiée à vraiment aider son prochain, les causes pour lesquelles il bat. Et donc ça, je trouve ça épuisant et clairement un des prochains. poste qu'il faut qu'on recrute avec Youcare dès qu'on aura un peu plus de moyens financiers, c'est un ou une responsable administratif, un peu le poste de DAF, un directeur administratif financier. Parce que je passe un temps infini, je n'aime pas faire ça, et c'est dommage parce que c'est le temps que je ne dépense pas ou à faire des actions au terrain ou à développer réellement l'association. Donc c'est vraiment mon prochain objectif pour me libérer un peu plus de cette lourdeur administrative qui est extrême. Pour un numéro de ciré agricole... pour notre projet de reforestation, ce qui est essentiel pour avoir ce qu'on appelle les permis phytosanitaires derrière. On a mis un an et demi parce qu'une loi avait changé et les associations n'étaient dans aucune de ces nouvelles lois, et donc il y avait une espèce de flou juridique. Et on a dû faire appel à un cabinet comptable avec un avocat spécialisé pour obtenir un numéro de ciré. Enfin, des trucs comme ça, tu te dis, mais on marche sur la tête. La deuxième partie qui est frustrante, c'est la folie humaine, l'agressivité des champs. On s'attend bien sûr à ce qu'il y ait de la folie humaine chez les maltraitants. C'est le cas. Mais en fait, au quotidien, les gens sont... Et du coup, tu dois faire le psychologue en permanence. Et c'est vrai que c'est fatigant. Tu te retrouves toujours un peu entre deux. La famille d'accueil qui veut adopter l'animal, mais entre-temps, on a déjà fait une visite avec des adoptants qui étaient positionnés parce que la famille d'accueil, à ce moment-là, ne voulait pas adopter l'animal. C'est un exemple qui arrive hyper souvent. Et du coup, tu te dis, OK, je le laisse en famille d'accueil. Il est bien, c'est la personne qui le connaît le mieux. Derrière, j'en suis à cinq heures de procédure avec des visites et tout pour présenter l'animal à notre temps. Je perds en crédibilité si je dis qu'il ne peut plus adopter l'animal alors qu'il était aussi très bien. Ça, ce n'est pas de la folie, c'est de l'émotion. Mais ce que je veux dire, c'est qu'en permanence, tu es dans des situations qui ne sont jamais faciles, où tu dois toujours prendre des décisions, où il va y avoir des gens contents d'un côté, des gens pas contents de l'autre. Et derrière, les réactions humaines ne se positionnent jamais trop dans la position de l'association. Et tu passes un peu toujours pour le méchant. C'est assez dur parce que tu essaies de tout bien faire et tu prends assez cher. et c'est ce qui épuise les équipes et après au quotidien par exemple on a des appels de demandes de sauvetage sauf qu'on peut en avoir 50 dans la journée c'est impossible de sauver 50 animaux dans la journée et parfois il y a plusieurs animaux sur un seul et même sauvetage et on a souvent le ah bah je vais le remettre dehors à cause de vous il va mourir s'il se fait écraser ce sera pas de ma faute ce sera de la vôtre la culpabilisation une association elle doit être là pour toi elle
- Speaker #2
doit être là pour eux et en fait moi je l'ai vécu aussi un petit peu en protection animale rien à voir à ton niveau mais Déjà de... dans un carton devant une porte, et puis on se disait on peut pas les prendre, on est saturés, on les laisse là, ils vont mourir là, voilà, on va pas les laisser, mais tout est comme ça, et on doit être là pour les gens.
- Speaker #1
Mais vous les prenez pas, mais vous servez à quoi alors ? Là actuellement, c'est l'été, on est à 300% de taux d'occupation. Donc tous les jours on repousse les murs, mais voilà, malheureusement, du point de vue extérieur, les gens se rendent pas compte sur le niveau d'urgence dans lequel on est, c'est une espèce de guerre permanente, où on doit trier et arbitrer de qui on va sauver parce qu'on n'arrive pas à sauver tout le monde et donc c'est épuisant pour les équipes parce que tout le monde, enfin forcément quand on travaille dans ce domaine on a tous envie de bien faire, on a tous envie de sauver le plus d'animaux possible et il y a le level de prise de tête, de reproche, de pression quotidienne j'essaie de communiquer là-dessus pas pour me plaindre, j'essaie de communiquer là-dessus pour essayer de sensibiliser les gens et de comprendre en fait que le milieu associatif en tout cas mon milieu à moi la protection animale vraiment C'est un milieu très dur où tu as beau essayer de tout faire bien, tu n'arrives jamais à être à la hauteur de l'enjeu, malheureusement. Et plus tu es connu, et plus tu vas subir ça parce que tu as un flux qui est énorme. Et comme tu le disais, on a l'impression que Youcare c'est énorme, mais en fait c'est que 10 personnes. Entre temps, il y a des gens qui sont en vacances, il y a des gens qui sont en congé maternité, il y a des gens qui sont en arrêt maladie. Donc finalement l'équipe, on n'est pas forcément à 100% au quotidien, il y en a déjà qui sont 2 sur une urgence, etc. Enfin voilà, on fait vraiment ce qu'on peut, mais t'es dépassé en permanence.
- Speaker #2
La fatigue émotionnelle à plusieurs niveaux, c'est clair.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et oui, une fatigue émotionnelle énorme, un engagement de chaque instant, et finalement, très peu de moments de répit entre les soins des animaux, la gestion administrative, dont les adoptions, et bien sûr les sauvetages. Et je crois qu'il faudrait vraiment que les personnes qui font appel aux associations... comprennent qu'elles ne sont pas les seules à solliciter tel ou tel assaut. Toutes ces demandes font partie d'un tout, et les associations ne peuvent pas répondre à toutes les urgences. Et je dirais même qu'il faudrait que les pouvoirs publics, les institutions, accompagnent davantage les assauts de protection animale, parce que sans elles, je n'imagine même pas la misère animale qu'on verrait dans nos rues, dans nos campagnes. Sans cette mobilisation sans faille, encore une fois, des assauts de protection animale, la situation serait certainement différente. Alors justement, puisqu'on parle de mobilisation et d'action, il est temps de valoriser les actions du UKER. Elles sont nombreuses, donc on ne pourra pas tout évoquer sur l'épisode. On va quand même commencer déjà par le label 1% pour les animaux, que vous connaissez peut-être déjà. Et d'ailleurs, Johan Latouche, mon invité de l'épisode 19, diffusé il y a quelques mois, nous l'avait présenté. J'en profite pour saluer Johan au passage, et on écoute Thomas nous présenter ce label à son tour.
- Speaker #1
Le 1% pour les animaux, il vient d'un besoin simple. Déjà, j'avais une agence de communication avant, donc j'étais en contact en permanence avec les entreprises. Donc j'ai l'habitude comme ça d'échanger avec elles, de comprendre ce qu'elles veulent. Et on avait donc au début de l'association, c'est vrai qu'on est une association assez carrée, on a un côté un peu corporate avec YouCare, où on est très peu dans la polémique, on essaie toujours d'avancer de manière très positive sur le terrain et de montrer ce qu'on arrive à faire tous ensemble, en se réunissant, en sauvant des vies. Les entreprises qui ont dans le monde animalier de réelles envies de s'engager pour la cause ont besoin de pouvoir le faire de manière assez transparente, simple et limpide. Et donc j'ai créé ce label pour qu'elles puissent montrer leurs engagements de manière hyper simple avec le 1% pour les animaux. Quand une personne achète un produit dans un magasin, il sait que 1% de ce produit va permettre de sauver les vies de manière directe. Et donc j'ai créé ce label, je l'ai proposé au groupe Zolux au départ, en leur disant voilà, est-ce que vous voulez être un membre fondateur de ce label, parce que j'ai besoin d'une première grosse entreprise qui me rejoigne pour faire ce beau projet. Et ils ont accepté un peu cette folie, parce que c'était au début un powerpoint, les labels 1% pour les animaux, et aujourd'hui on a beaucoup de mécènes, c'est plus de 200 000 euros par an de dons qu'on a grâce au label, 300 000 euros même par an qu'on a grâce au label 1% pour les animaux. Et ça nous permet de sauver beaucoup de vies sur le terrain et d'abonder après tous les projets que je vais pouvoir présenter par la suite, comme Nouvelle Ville, Arush, etc.
- Speaker #2
C'est génial. Franchement, c'est une super idée. Je pense qu'il y a plein d'entreprises qui ont envie d'être fiers et de montrer justement qu'elles sont engagées comme ça. Donc franchement, c'est chouette. Du coup, tu as parlé de Zolux, mais aujourd'hui, il y a d'autres entreprises qui sont labellisées. Est-ce que tu sais à peu près combien tu suis un peu en fait ?
- Speaker #1
Le nombre varie en permanence parce qu'on a 10, 15 grosses. Et après, on a énormément de petites entreprises. Malheureusement, les petites entreprises, c'est un domaine fragile. Il y en a beaucoup qui se créent puis qui disparaissent au bout d'un, deux, trois ans. On sait que le taux de mortalité des petites entreprises est assez important. Et donc, il y a un flux continu de nouvelles qui rentrent et de certaines qui, malheureusement, font faillite et qui vont ressortir du label. En permanence, on varie entre 100 et 200 entreprises labellisées avec une croissance sur cette médiane de à peu près 5 à 10 % par an. Ok.
- Speaker #2
C'est peut-être con comme question, mais vous refusez pas d'entreprise qui voudrait être labellisée ? Si. Ah ok.
- Speaker #1
Il y a un système en fait où quand tu veux rentrer dans le label, tu passes devant le comité du label, qui est constitué de tous les plus grands partenaires du label. Et donc nous, on va présenter avec l'équipe Youcare le dossier au partenaire du label. Si une entreprise n'a pas l'éthique nécessaire pour rentrer dans le label, elle est refusée. C'est pas un simple label financier où tout le monde peut essayer de redorer son blason s'il fait n'importe quoi. Pour avoir le label 1% pour les animaux, il faut réellement faire... Un travail propre et ne pas avoir d'exploitation vraiment sur l'animal ou la cause animale. On n'est pas là pour faire un greenwashing de la cause animale.
- Speaker #2
Est-ce que tu as un exemple, par exemple, de projet concret que le label 1% pour les animaux a aidé ?
- Speaker #1
À la création du label, Nouvelle Vie, donc le programme de sauvetage d'animaux n'existait pas. On ne sauvait pas encore d'animaux, on faisait des petites actions terrain, mais pas de sauvetage direct. C'est une grosse logistique de faire des sauvetages d'animaux. Et c'est vite très coûteux parce que tu peux avoir des gros problèmes vétérinaires et d'un coup avoir rien pour un animal, 2, 3, 4, 5 000 euros de frais, il faut les assumer. parce que t'es pas là pour euthanasier l'animal. Et clairement, la création du label a permis de créer une nouvelle vie. Et donc, aujourd'hui, en quelques années, d'avoir fait 2100 sauvetages, ce qui n'est pas juste un nombre. Chaque sauvetage, c'est des heures, des jours de travail, des semaines de travail. Donc voilà, c'est le label. Je suis reconnaissant de tous les messieurs qui nous ont rejoints du groupe Zolux. Ils ont permis vraiment d'initier ces gros programmes de terrain avec le label.
- Speaker #2
Trop cool. Ouais, on va en parler, la nouvelle vie. Pour finir, sur les produits labellisés 1% pour les animaux, est-ce que c'est facile de les trouver ? Est-ce qu'il n'y a pas un référentiel des entreprises qui sont labellisées ? Si quelqu'un veut vraiment acheter un produit, comment il peut être guidé ?
- Speaker #1
Il faut qu'on améliore cette partie de manière très humble et honnête. Ça bouge beaucoup. Il y a des marques, des grosses entreprises qui vont labelliser des produits mais qui peuvent changer de gamme d'une année à l'autre, etc. Et en fait, on se retrouve avec des milliers de références qui sont labellisées. Et donc, je n'ai pas un système aujourd'hui encore informatisé qui me permette de référencer tout ça dans un espèce de bibliothèque avec un petit moteur de recherche où tu dis, ah, je veux de la nourriture, j'ai ça. Donc, on essaie de communiquer, nous, un peu en permanence, en disant, voilà, il y a telle entreprise qui vient de nous rejoindre avec telle gamme dans le label, que ce soit Ils, Équilibre et Instinct, le groupe Zolux, où il y a quasiment tous leurs produits qui sont dans le label avec la marque OPI, avec la marque FrancoDex. Mais c'est vrai que... On pousse les entreprises à mettre le logo du label sur les produits pour que comme ça, quand on voit en animalerie, en magasin, on reconnaisse rapidement un produit labellisé. Mais c'est vrai qu'on n'a pas encore ce système qui permet de manière hyper transparente, en fonction d'un besoin, de trouver le produit labellisé à cause de cette complexité.
- Speaker #2
Ok. Et là, c'est qu'en France, même si tu l'as appelé One Person for Animals, parce que ce que tu disais, tu voudrais que ce soit déployé dans le monde, en fait, ça pourrait servir partout, pas forcément en France.
- Speaker #1
C'est déposé à travers toute l'Europe. Il y a des entreprises qui, comme le groupe Zolux, ont des filiales à l'étranger. Donc, c'est déjà déployé dans des filiales étrangères. Maintenant, on n'en est qu'au tout début de cette aventure. Et le potentiel de croissance du label qui permettrait de financer des projets sur le terrain, que ce soit en Italie, en Allemagne ou même à l'autre bout du monde, c'est sûr qu'on en est au tout début de ce projet. Oui. On grandit très vite avec You Care, mais on est tellement au tout début de l'aventure.
- Speaker #0
Ouais, c'est sûr. Mais tu vois, moi, en tant que consommatrice, je serais sensible à ça et je voudrais savoir et je voudrais privilégier ce genre de produits. Donc, effectivement, peut-être à l'avenir, réussir à les trouver plus facilement et puis ça fera effet papillon de toute façon. Alors, c'est vrai que moi, j'ai toujours un petit sourire quand je vois qu'un produit que je souhaite acheter porte le label 1% pour les animaux. Je dirais même que ça influence mon acte d'achat, et peut-être que vous aussi. Alors Thomas l'a dit, les fonds récoltés permettent de sauver de nombreuses vies animales à travers, entre autres, le programme Nouvelle Vie, qu'on a brièvement évoqué, et sur lequel je vous propose de revenir maintenant.
- Speaker #1
Ce sont les sauvetages d'animaux domestiques au quotidien. On en sauve énormément, et donc il y a plein de flux, ça peut être des abandons qu'on a au quotidien. Ça peut être des demandes de partenaires, que ce soit un hôpital, une dame est décédée, il n'y a pas d'héritier, il se retrouve avec un petit chien attaché devant l'hôpital. Il y a des histoires aussi horribles qu'inimaginables au quotidien. Et donc, ça va être ce programme qui va avoir toute la logistique nécessaire pour prendre en charge les animaux, les mettre ou en refuge chez nous ou en famille d'accueil. Et le gros de nos animaux vont en famille d'accueil puisqu'on a des conditions d'accueil qui sont bien plus sympas. C'est bien plus sympa pour un animal domestique. d'être chez des bénévoles que dans un refuge. On a un système hybride avec Youcare. En refuge, on va mettre les animaux qui ont besoin de plus de soins, qui ont des plus grosses problématiques comportementales. Les plus durs vont au refuge avec notre équipe de salariés qui a vraiment les qualifications pour prendre en charge l'animal. Et les plus simples, si on peut appeler ça comme ça, vont aller en famille d'accueil parce que c'est là où on aura la meilleure qualité d'accueil pour eux.
- Speaker #0
Vous avez deux refuges Youcare, si je ne me trompe pas ?
- Speaker #1
Exactement. On a le refuge à Péridide en 1994. qui est encore en cours de création, donc on fait des sauvetages pendant qu'on fait les travaux, donc on a encore de très petites capacités d'accueil. Et on a le refuge de Montauban, où une famille nous a mis à disposition une maison qu'on aménage aussi peu à peu, donc dans le 82, pas loin de Toulouse.
- Speaker #0
Et famille d'accueil, vous avez un réseau qui est assez large, est-ce qu'il faut faire des appels aux familles d'accueil ?
- Speaker #1
On cherche des bénévoles en permanence de manière générale, et dans nos groupes de bénévoles, en fait, les personnes peuvent être familles d'accueil. On est une organisation où on poste des missions dans des groupes WhatsApp en fonction des localités, Et après, si tu... peux répondre, tu réponds tout simplement à l'administrateur que tu peux aider pour telle ou telle tâche d'être famille d'accueil. Pour des périodes comme l'été, on recherche particulièrement des familles d'accueil parce que les gens partent en vacances et c'est très dur d'avoir un turnover comme ça pour garder les animaux. Donc bien sûr, avec plaisir, on cherche en permanence de nouvelles personnes. On a une très belle et grande communauté. Maintenant, il faut continuer à faire grossir si on veut faire grossir les actions terrain.
- Speaker #0
D'ailleurs, parenthèse, je ne sais pas si tu connais Kiwito, qui est une association qui aide les associations à trouver des familles d'accueil. Ça me faisait juste penser à ça, ce que tu disais, les familles relais, etc. Des fois, il y a des besoins pour des toutes petites périodes, mais chaque jour compte, en fait. Est-ce que tu as une anecdote particulière, un sauvetage, justement, qui t'a marqué, toi, spécialement ? Il y en a beaucoup, mais...
- Speaker #1
Il y en a énormément qui m'ont marqué. Il y a une petite chienne, Nala, qui avait été trouvée par une association partenaire dans une forêt, par l'association Asma, qui fait des sauvetages de Ausha, qui était aux abords d'un camp du voyage, donc on imagine qu'elle venait de chez eux. Elle devait avoir... 4 mois si je me souviens bien au moment où elle a été sauvée et elle avait la peau complètement brûlée en tout cas dans l'aspect elle avait une démodécine donc elle avait un parasite en fait une gale de peau elle avait quasiment plus de poils la peau était complètement brûlée par le parasite et donc dans un état catastrophique et extrêmement douloureuse la pauvre on l'a récupéré c'est moi qui étais sa famille d'accueil au tout départ parce qu'il y avait beaucoup de soins, beaucoup de crèmes à appliquer c'est à la fois très impressionnant et relativement simple à soigner ça met juste du temps On a une belle vidéo d'ailleurs de ce sauvetage, on montre le J1, le J5, le J10, où elle découvre toute la vie, elle découvre un panier, elle découvre les câlins, elle découvre les friandises, elle découvre les jouets. Et vraiment, c'est un sauvetage qui m'a touché, d'une petite chienne tellement fragile et sensible, et qui a découvert le monde en fait avec ce sauvetage. Et c'est vrai qu'elle me marquera, je me souviendrai toujours de ce sauvetage.
- Speaker #0
Elle est où là aujourd'hui ?
- Speaker #1
Elle a été adoptée par une personne qui avait déjà adopté chez nous et qui a deux petites chiennes. Et d'ailleurs, elle se ressemble avec l'autre petite chienne qu'elle avait déjà. Et donc, elle vit sa meilleure vie où elle joue avec sa grande sœur. Trop mignonne. Et donc, on a régulièrement des nouvelles des deux.
- Speaker #0
C'est une belle histoire. Ça doit être dur si tu t'en occupes après de les voir partir ou de garder de la distance.
- Speaker #1
On s'attache toujours. J'ai l'habitude, entre guillemets, maintenant. J'ai déjà été moi-même... Beaucoup famille d'accueil parce qu'en fait, en tant que président de l'association, t'es un peu la solution d'urgence. Donc c'est souvent que je garde des animaux de l'assaut. Donc voilà, il y a un peu une barrière qui se crée en fait avec le nombre. Après je te dis ça, mais je viens d'adopter un petit rescapé de l'association il y a un mois, où au bout d'un moment aussi tu peux craquer, j'étais famille d'accueil, et j'ai craqué sur le petit Moshi qui a été abandonné un samedi où c'est moi qui étais de garde.
- Speaker #0
On va bien sûr revenir dans quelques minutes sur l'adorable Mouchi, mais avant ça, nous allons rendre hommage à Flynn, le beagle de Thomas, disparu à la fin de l'année dernière. Je remercie encore Thomas d'ailleurs d'avoir accepté de nous parler de son Flynn. Je sais à quel point ça peut être douloureux, même lorsque les mois passent et que le temps fait son chemin. Alors, avant de vous laisser entendre Thomas évoquer le souvenir de Flynn avec beaucoup de tendresse et d'émotion, j'en profite pour vous annoncer... qu'un épisode consacré au deuil animalier est actuellement en production. Il sera d'ailleurs diffusé juste après cet épisode avec Thomas. J'espère qu'il pourra aider les personnes qui traversent aujourd'hui un deuil animalier ou qui l'ont vécu. Ce sera un épisode positif, centré sur le lien qui existe toujours avec un animal disparu, car l'amour ne meurt jamais, et le lien non plus. C'est un lien qui se transforme et qui peut continuer à exister autrement. J'ai trouvé une super invitée pour nous accompagner sur ce sujet, donc rendez-vous bientôt. Et je vous laisse avec Thomas qui nous parle de Flynn, puis nous raconte l'arrivée de l'adorable petit Moshi dans sa vie.
- Speaker #1
Pendant 11 ans, j'ai eu un big gueule, Flynn, qui était vraiment mon meilleur ami. C'était un chien, je pense que tout le monde dit que son animal était particulier ou quoi, de manière plus ou moins objective. Flynn avait une personnalité incroyable, c'était vraiment la mascotte de l'association et il avait une nonchalance. Il dormait H24 et il était gourmand comme un bigole. Enfin voilà, j'étais évidemment très très attaché à ce chien. Et qui en décembre dernier, il était patraque pendant 2-3 jours. Donc je vais à la clinique pour essayer de voir un peu ce qu'il a. Et malheureusement, on lui détecte une tumeur au niveau du foie, à l'échographie. Marion, la vétérinaire, me dit qu'il faut qu'on appelle un chirurgien en urgence parce que ça saigne, il y a une hémorragie. Il est passé de juste un peu être patraque et de ne pas beaucoup manger. d'un coup t'apprends qu'il a une tumeur et une hémorragie et quand le chirurgien a ouvert pour essayer de retirer la tumeur il a découvert des métastases absolument partout et donc il m'a dit qu'on ne pouvait pas le sauver il m'a dit ou je le referme et on le réveille pour que tu le dises une dernière fois au revoir ou on le réveille pas Flynn c'est un chien qui était très sensible et qui était un très mauvais malade et je me suis dit que pour mon simple plaisir si on peut appeler ça comme ça de le réveiller de le faire souffrir, parce qu'il va être douloureux, pour lui dire au revoir pour le ré-endormir. Et psychologiquement, pour moi-même aussi, c'est tellement dur. Avant qu'on l'endorme, avant l'anesthésie, je suis resté pendant de longues minutes avec lui dans mes bras à attendre que le chirurgien arrive.
- Speaker #0
Ça lui rendra un bel hommage de parler de lui. Et du coup, puisque tu m'as parlé de Moshi, c'est le deuil animalier. Des fois, on met du temps et on n'est pas prêt. Et on se dit, en fait, je ne reprendrai plus.
- Speaker #1
C'est ce que je pensais faire. En quelques mois, j'ai fait beaucoup de familles d'accueil où j'ai gardé... pas mal d'animaux de l'association, les uns après les autres. Et il y a des moments où tu craques. C'était un samedi où une dame avait acheté un chien dans une animalerie. 24 heures après, elle nous dit qu'elle a un puppy blues, qu'elle le supporte plus, qu'il fait pipi partout. C'est un chiot. Donc elle le supporte pas. Et qu'elle veut absolument nous le déposer dans les deux heures. Normalement, on prend pas de sauvetage le week-end parce qu'on s'occupe déjà de tous les rescapés qu'on a, en fait. Et le week-end, c'est déjà les urgences de tous les loulous qui sont sous notre garde. Je l'ai récupéré un samedi quelques heures après pour me dire qu'il va se retrouver sur le bon coin, elle va le vendre à je sais pas qui. C'est encore une sombre histoire où le pauvre loulou risque d'avoir une vie compliquée. Donc je me suis dit, bon bah, sauvons-le. Et j'ai récupéré un petit chiot d'une mignonnerie que, bon bah, tu restes humain. Et il est extrêmement attachant, extrêmement sociable avec les gens qu'il ne connaît absolument pas. Extrêmement sociable avec les congénères et tous les animaux de manière générale. Et je me suis dit qu'il avait toutes les caractéristiques qui faisaient qu'il était adapté à ma vie. Et ça, c'est très important d'adopter un animal qui est de la race et qui a la personnalité. Tu peux l'éduquer ou quoi, mais il y a des bases qui sont compatibles avec ton style de vie. Et c'est vrai qu'il est très compatible ou avec l'association aussi, on fait de la médiation animale. Et je me suis dit qu'avec, du coup, cette sociabilité naturelle qu'il avait, on pourrait le former à des séances de médiation animale. On va bientôt commencer à aller par exemple dans les hôpitaux, voir des enfants qui sont atteints de cancer, des choses très dures. Un chien comme Moshi est très adapté à ce type de visite. J'ai complètement craqué sur le petit personnage de Moshi. Et en même temps, je me suis dit qu'il serait très adapté à ma vie et que je pourrais lui offrir une belle vie. Et c'est ça qui est important aussi, c'est est-ce que tu vas pouvoir offrir une belle vie au loulou que tu adoptes. Je pense qu'aujourd'hui, il a sa meilleure vie avec toutes les tatas toute la journée, l'équipe Joker qui lui fait des câlins à 24.
- Speaker #0
C'est quoi comme race ?
- Speaker #1
C'est un Cavapoo, je ne connaissais même pas. C'est un cavalier King Charles croisé avec un caniche.
- Speaker #0
Ah, ok. C'est une belle histoire et belle route à vous deux. Si vous nous écoutez en version audio sur une plateforme d'écoute, petit aparté, allez voir Moshi en photo sur notre version YouTube. Il est trop mignon. Et depuis notre enregistrement avec Thomas d'ailleurs, j'ai vu une vidéo de Moshi en pleine session de médiation animale auprès de personnes âgées. Donc ça y est, le petit chou a commencé sa noble mission et franchement il a vraiment l'air d'être fait pour ça. En tout cas bravo Youcare pour son sauvetage et tous les autres car ils sont nombreux. Alors c'est justement l'occasion de rappeler à quel point la situation des animaux abandonnés reste préoccupante en France chaque année malgré les campagnes de sensibilisation. On entend souvent d'ailleurs dire que la France est la championne d'Europe des abandons. C'est une formule largement reprise, même s'il n'existe pas de classement européen vraiment fiable qui permettrait de l'affirmer, mais en tout cas, les chiffres français sont considérables. Chaque année, il y a beaucoup, beaucoup trop d'abandons. On n'est même pas sûr d'ailleurs que les chiffres reflètent la réalité. Et dans ce contexte, il y a aussi la question des euthanasies, sans justification sanitaire, parce qu'une structure est saturée, ou alors même lorsqu'un propriétaire... demande une euthanasie de convenance qui n'est pas médicalement nécessaire. Même si ce type d'euthanasie est de plus en plus controversé dans le milieu vétérinaire, le phénomène existe toujours. Il est toujours juridiquement possible d'y avoir recours et ça reste un vrai sujet d'actualité pour la protection animale. Face à ces situations, j'ai demandé à Thomas ce qu'il faudrait selon lui mettre en place pour réduire le nombre d'abandons en France. Bien sûr, il n'y a pas de solution miracle ni de mesure unique. Mais peut-être que certaines règles pourraient permettre d'agir davantage en amont, notamment lorsqu'il s'agit des grands chiens et même des Ausha. On l'écoute.
- Speaker #1
Il y a un encadrement législatif beaucoup plus dur à mettre en place sur tout ce qui est chiens de grande race, de type malinois, de type molossoïde, staph. Malheureusement, ce sont ceux qui sont le plus euthanasiés parce que ce sont ceux qui arrivent le plus en fourrière. Les fourrières ont beau faire tout ce qu'elles peuvent, nous, les associations, sommes déjà dépassées et ne pouvons pas prendre tous les animaux qui arrivent en fourrière. Des chiens de type Molossoïde, Staph ou Malinois sont des animaux extrêmement durs malheureusement à faire adopter. On a trois Malinois depuis plus de deux ans à l'adoption. C'est très dur de leur trouver une place. Et donc il y a ce goulot de trianglement qui fait que ces animaux sont euthanasiés. Il faudrait franchement sur tout ce qui est race, donc de gros chiens comme ça, vraiment Staph, Malinois, pour moi il faudrait limite une loi. Je n'ai pas la solution exacte, mais en tout cas... Les portées devraient être interdites, mais clairement interdites, sauf si tu es éleveur et qu'il y a un besoin particulier pour des chiens de travail, par exemple, ou quoi. Mais sinon, clairement, le fait de faire reproduire ces animaux pour un particulier devrait être absolument interdit. La possession... Je ne suis pas pour le permis de détention pour les animaux, pour plein de raisons, mais la possession de tout ce qui est molossolite staff devrait être beaucoup mieux respectée et encadrée. Normalement, il faut un permis pour un chien de catégorie 1. Dans la réalité des faits, il ne se passe jamais rien. Et même s'il est décatégorisé, il faudrait un encadrement. En tout cas, il y a trop de personnes qui prennent des petits mignons tant qu'ils sont bébés, qui font n'importe quoi en termes d'éducation. Et après, on se retrouve avec des animaux qui font 30-35 kilos, qui ont une mâchoire d'une puissance extrême et qui ont des gros problèmes comportementaux parce que malheureusement, les pauvres sont tombés dans la mauvaise famille, pas parce qu'ils sont de la mauvaise race ou quoi. C'est simplement qu'ils ont eu les mauvaises personnes qui les ont habituées aux mordants, qui ont fait n'importe quoi. Et derrière, tu te retrouves avec des animaux qui sont extrêmement difficiles à sauver, puisque le travail se compte en milliers et milliers d'euros d'éducation, en mois et en mois de travail, et tu ne trouves pas de solution.
- Speaker #0
Oui. Et là, tu parles des chiens catégorisés, et des monosolides, et même des malinois, mais moi, j'attendrais même aux grands chiens, comme les huskies. Des chiens où les gens vont prendre des chiens, ils ne sont pas adaptés à leur mode de vie. C'était parce que c'était un chien de cinéma, un beau chien, et en fait ça a côté... C'est la cata au niveau du comportement. C'est vrai. Donc ça, c'est un vrai souci.
- Speaker #1
Ce qui change, en fait, c'est le husky, c'est un sauvetage sur 200. Les malinois, les staffs, c'est 180 sauvetages sur 200.
- Speaker #0
C'est énorme. C'est vrai, il faut trouver effectivement des solutions à ça. Ce n'est pas évident. On ne dit pas qu'on a la solution, mais bon, il faut sensibiliser les gens, quoi. De plus en plus. Et puis les autorités. La loi, par exemple, sur les chiens catégorisés, elle a plus de 40 ans. Enfin, c'est n'importe quoi.
- Speaker #1
Ah oui, oui. Et là, pour les Ausha, il y a une stérilisation qui devrait être quasi obligatoire. Je suis désolé, mais il y a un nombre de particuliers qui me disent « Oh, mais je laisse sortir mon mâle, mais il n'est pas castré, parce que ce n'est pas grave. » Mais en fait, ce mâle-là va forcément féconder des femelles dans tout le quartier. Et on a un nombre de Ausha errants qui est absolument énorme. Et derrière, il y a très peu de villes qui font un vrai travail. Nous, par exemple, on a un partenaire avec la ville de Villeneuve-la-Garenne qui est super. où il y a un vrai budget annuel, où du coup on récupère les animaux avec des groupes de nourrisseuses, on les trappe, on les identifie au nom de la ville, on les stérilise, donc il y a une vraie organisation et c'est super. Il y a d'autres villes qui laissent un peu les associations se débrouiller, 100% sur leurs fonds, et en fait c'est extrêmement dur d'intervenir. légalement on doit tous les identifier, c'est super, c'est très bien, sauf que...
- Speaker #0
C'est pas suffisant, je suis d'accord avec toi.
- Speaker #1
C'est pas suffisant, mais c'est surtout que c'est nous qui payons les obligations légales. Une identification d'un chat errant ça va coûter 35 euros, si je dois en sauver 100 dans la ville, rien que ça c'est 3500 euros. Ça se trouve pas comme ça. Plus les stérilisations, c'est des budgets de dizaines de milliers d'euros par zone, donc il devrait y avoir une obligation légale où les impôts soient un peu mieux utilisés aussi pour la cause animale. Dès qu'on achète des croquettes on a 20% de TVA. C'est un peu dommage que la TVA sur tout ce qu'on paye, les frais vétérinaires, soit 20% de TVA. Ce n'est pas un service de luxe de sauver un animal. Ce serait bien que cette TVA soit réemployée derrière et puisse abonder les associations qui font ces missions locales qui sont extrêmement importantes.
- Speaker #0
Tu as parlé d'adoption, de famille d'accueil d'animaux. Vous avez des animaux à l'adoption. On peut peut-être mettre un petit message où les trouver pour les gens. Et surtout, est-ce qu'ils sont adoptables partout en France ?
- Speaker #1
Tout simplement, sur le site associationyoucare.org, on a une rubrique adoption. De manière générale, on va privilégier quand même une famille d'adoption qui soit à proximité relative de là où est l'animal, tout simplement parce que la logistique et le suivi est bien plus simple. Donc, de manière générale, je pousse les gens à adopter auprès d'une association locale qui est autour de chez eux. S'ils ont un énorme coup de cœur, je ne les empêche pas d'aller voir à l'autre bout de la France. En général, il y a de très belles associations juste à côté de chez vous qui ont des loulous absolument géniaux qui attendent leur famille pour la vie. Maintenant, il n'y a pas de paramètre complètement écrit et interdit à l'association. Et on a même déjà fait adopter des gens qui étaient en Belgique ou qui étaient en Suisse, par exemple, pour venir chercher un animal sur Paris. Parce que, un, on ne trouvait pas forcément le bon adoptant pour cet animal. Et deux, ils avaient un profil tellement exceptionnel par rapport à ce loulou qu'on s'est dit, voilà, c'est la bonne famille. Et donc, on prend une logistique un peu plus complexe.
- Speaker #0
Ok. Il peut y avoir de la vérification une fois que l'animal est adopté, et ça, ça ne doit pas être évident, effectivement, si l'animal se retrouve en Belgique.
- Speaker #1
Il y a une grosse logistique de manière générale. On ne peut pas adopter chez le yoker le jour même, en fait, l'animal. Il y a une visite, tu es obligé de passer la nuit, de bien réfléchir, on refait un point téléphonique, et puis un deuxième rendez-vous. Donc tout ça, quand tu habites loin et que tu as envie de faire un aller-retour, ce n'est pas possible, mais parce qu'on veut vraiment que quand tu adoptes chez nous, ce n'est pas le coup de cœur dans l'heure, il faut quand même que ce soit une décision très réfléchie.
- Speaker #0
Vous pouvez retrouver tous les animaux à l'adoption sur associationyoker.org. Je vous remettrai tous les liens évidemment en description. Notamment la page adoption où vous pouvez voir une fiche pour chaque animal et puis le temps d'attente de l'animal à l'association. Sachez aussi que vous pouvez parrainer des animaux qui pour certains d'entre eux sont là depuis très longtemps. Et puis Thomas a raison, n'hésitez pas si vous vous sentez prêt évidemment pour une adoption responsable à regarder autour de chez vous. Il y a forcément une ou même... plusieurs assos qui pourront vous proposer un animal à la recherche d'une seconde chance dans la vie et qui correspondra à votre mode de vie. Évidemment, ça, c'est primordial. Allez, on continue de mettre en lumière les projets de Youcare qui, comme on l'a vu, fourmillent de tous les côtés. J'ai même envie de dire bourdonnent. C'est une transition un peu facile, mais toute trouvée pour vous parler maintenant de la ruche Youcare, la banque alimentaire solidaire que j'évoquais dans l'introduction de l'épisode, entièrement dédiée aux animaux. et que Thomas nous présente désormais.
- Speaker #1
La ruche, ça part d'un besoin très simple, c'est que d'un côté, il y a forcément les associations qui ont besoin de nourriture et même d'accessoires, d'hygiène de quotidien, de tout ce qui est consommable, de qualité pour prendre en charge les loulous. Et d'un autre côté, on a de grands industriels qui vont avoir des dates de consommation courtes et donc qui ne peuvent plus les envoyer dans leur réseau de distribution. Des palettes qui ont été mal ouvertes, donc il y a eu un coup de cutter dans les paquets, un problème de packaging à l'impression ou quoi, qui rend en fait... impossible à vendre ces différents biens, et pourtant qui sont complètement inutilisables, et qui seraient bien utilisés par les associations que de partir à la poubelle. Et donc on a fait matcher tout ça, parce que les industriels, quand ils ont des dons, en général ce n'est pas trois paquets, c'est un semi-remorque, c'est 30 palettes, c'est 62 palettes, gerbées l'une sur l'autre. Et donc il fallait mettre en place une logistique, où on a carrément un hub, où on peut recevoir des semi-remorques, on peut décharger des semi-remorques avec des véhicules spécialisés, Et donc, tout ça, c'était... pas forcément encore parfaitement mis en place en France. Il y a des très belles initiatives, par exemple avec Katia, que j'embrasse, qui est présidente de Solidarité Peuple Animal, qui fait un super boulot, et qui faisait déjà ça de son côté en ayant des mairies partenaires qui mettent à disposition des lieux de manière temporaire, et ils ont un circuit de distribution absolument super. On a voulu compléter ça avec la rue Schucker, avec quelque chose de permanent, de pérenne. Et donc, on va se compléter comme ça. D'ailleurs, on travaille souvent ensemble avec Katia sur des belles initiatives et des beaux projets. Et ça que j'aime aussi, c'est que souvent, malheureusement, la protection animale, c'est chacun tire un peu la couette de son côté. Et il y a aussi des super projets où on avance ensemble, comme avec cette belle association, et où, tu vois, on fait des choses complémentaires et qui permettent d'alimenter un gros réseau. C'est à peu près 600 assos partenaires qu'on a à travers la France. On a trois points de distribution. Et donc, voilà, c'est la rue Chouquer. Aujourd'hui, c'est 50 000 repas distribués par semaine. Donc c'est un volume industriel qu'on distribue au quotidien. Rien qu'aujourd'hui, le groupe Nestlé avec Purina Proplan nous livre à peu près 300 000 repas aujourd'hui que mon équipe est en train de décharger là dans 94 ans.
- Speaker #0
Alors concrètement, si je suis une asso qui écoute et que je veux en bénéficier, comment ça se passe en fait ? J'imagine que vous devez avoir une liste d'attente, vous devez être défoncé de demandes.
- Speaker #1
On a plus de demandes que de capacités malgré la quantité qu'on distribue qui est énorme. Quoi qu'il se passe, vous allez sur le site de l'association YouCare, sur la page contact, vous envoyez un petit mail. Derrière, on va vous ajouter à la liste des bénéficiaires en fonction de votre zone. Et après, dès qu'on a, les associations reçoivent des mails avec une proposition de distribution. Et on fait tourner, en fait.
- Speaker #0
Donc là, c'est uniquement des marques, comme tu dis, des produits tombés du canyon, j'exagère, mais pas des particuliers qui vont se dire, moi, je veux faire un don à la Roche YouCare.
- Speaker #1
C'est très rare. En fait, on a des dons régulièrement dans la partie ouest parisienne où on a le siège de la Ucare. Et donc là, on a des cliniques partenaires aussi qui vont collecter. Tout ça, on fait abonder au siège. Et ça va être des petits dons de petite quantité, en général, qu'on va nous-mêmes utiliser pour nos sauvetages. Et ce n'est pas vraiment compatible avec le fait de remplir 25 véhicules dans la journée d'association.
- Speaker #0
OK. C'est pour tous les animaux ? Parce qu'on parle souvent chien-chat, mais bon, les assos, c'est NAC, c'est... Nous, au luxe,
- Speaker #1
on donne de la vitamine C pour les cochons d'Inde. On a plein de dons pour les NAC. Donc non, non, on... On a des partenaires, on a Dom Pharma qui d'un coup nous envoie 3000 shampoings. Aucune association en France ne peut exploiter 3000 shampoings pour animaux. Nous, on les redispatche justement à notre réseau. Donc on va voir vraiment tout ce qui est produit pour les animaux de manière générale. Nous, on prend et on trouve derrière des débouchés.
- Speaker #0
A toutes les associations qui nous écoutent, n'hésitez pas à contacter YouCare pour savoir si vous pouvez bénéficier des produits de la ruche. Et puis si vous êtes une entreprise en capacité de faire des dons, n'hésitez pas non plus à vous faire connaître. Et rendez-vous sur le site internet de YouCare pour plus de renseignements sur cette banque alimentaire pour les animaux. On enchaîne avec un autre projet de YouCare, la demeure Monday. Alors si vous n'en avez pas encore entendu parler, je vous résume le projet. La demeure Monday, c'est un projet de réinsertion sociale porté par Youcare en partenariat avec l'influenceuse Oli, et j'ai même envie de dire avec son chien Monday. Le projet est né d'une rencontre entre Monday et Patoche, un homme sans domicile fixe qui vivait dans la rue depuis plus de 20 ans. La relation qu'il a nouée avec Monday et Oli a permis à Patoche de sortir progressivement de son isolement et de renouer avec les autres, de rompre son isolement social. A partir de cette belle histoire, donc, Youcare a imaginé un lieu de vie en pleine nature, sur sa pépinière d'Île-de-France, à Périgny, où des personnes confrontées au sans-abrisme pourront être hébergées pendant plusieurs mois, tout en bénéficiant d'un accompagnement social, médical, et aussi d'un accompagnement de réinsertion professionnelle, puisqu'ils pourront être formés au métier de l'horticulture, et qu'ils participeront... aux activités de la pépinière et au programme de reforestation de Youcare. L'objectif, c'est de les aider à retrouver de la confiance en eux, de développer de nouvelles compétences, et donc à terme, de pouvoir retrouver un logement et un emploi. Et évidemment, les animaux ne sont jamais bien loin avec Youcare, puisque des chiens sauvés par Youcare auront un rôle de médiateur auprès de ces personnes, donc il y aura des actions de médiation animale. C'est un projet transversal qui relie différentes causes entre elles, une vision qui tient particulièrement à cœur à Thomas.
- Speaker #1
La particularité du UKER, c'est que j'aime bien mixer plein de causes. D'un point de vue extérieur, il y en a qui me disent « Ah, mais tu disperses ! » Alors que, dans mon idée en tout cas, c'est très cohérent. Et justement, chaque cause va se faire écho pour s'amplifier les unes les autres. Et c'est le projet de la demeure mondiale. Il y a un des meilleurs exemples là-dessus. C'est qu'on a un terrain de 35 000 m². On a à la fois une pépinière pour la reforestation. On a à la fois des capacités d'accueil pour les animaux domestiques. Et on a ce bâtiment qu'on est en train de bâtir. Cette maison qui va accueillir des personnes à la rue. Ces personnes à la rue qui vont faire partie intégrante de l'équipe Yocaire dès le premier jour, elles vont être investies de cette mission, de nous aider à sauver des animaux. C'est ce qui va les aider aussi psychologiquement à se sentir mieux et à finalement demain retourner à une vie active et à sortir un jour de la Demoiselle Monday. C'est ça le but. Derrière, c'est des personnes qui doivent retrouver un métier. Souvent, c'est des personnes qui n'ont aucune envie de travailler, comme le disait Patoche, enfermées entre quatre murs. Les métiers de l'horticulture, il y a un énorme besoin en France de main d'oeuvre qui n'est pas pourvu. Et donc on va simplement former en fait au métier horticole les bénéficiaires de la Demand Monday sur notre pépinière dédiée à la reforestation. Et derrière ils vont avoir en fait une proposition d'embauche de nos partenaires. Et on a déjà des partenaires qui nous aident comme le groupe Truffaut, comme Daniel Poussier. Et qui derrière vont nous aider à concevoir tout ce programme et trouver aussi des débouchés pour les bénéficiaires. On a fait ce qu'on a appelé une garden party il y a un mois et demi. Qui était pour présenter en fait à nos mécènes toutes les avancées du chantier. Le bâtiment lui-même de la Demandé n'a pas beaucoup avancé, tout simplement parce que, déjà, acheter le terrain était un gros défi, et trouver l'argent, c'est 500 000 euros d'investissement. Ce n'est pas tant que ça, 500 000 euros dans le domaine immobilier. Pour une association quand même relativement jeune, trouver 500 000 euros, c'est un boulot assez conséquent. Et comme je te le disais aussi, en parallèle, en fait, on avait déjà une convention d'occupation, parce qu'on occupe le terrain depuis trois ans maintenant, et on est propriétaire depuis un an. Les premiers travaux sont de finir le bâtiment, qui était déjà là au niveau des surfaces, des structures porteuses. Mais il n'y a pas de fenêtres, il n'y a pas de... toute la partie extérieure de crépit, etc. Donc il faut déjà le mettre ce qu'on appelle hors d'eau, hors d'air pour après commencer l'intérieur. Dans les mois à venir vont commencer les travaux de la Demeure Monday.
- Speaker #0
Et si vous avez déjà, par curiosité, des personnes dans cette situation qui pourraient rejoindre la Demeure Monday qui se sont positionnées ?
- Speaker #1
Non, c'est trop tôt et elle ne va pas ouvrir avant un an et quelques, la Demeure Monday. Donc j'espère pour ces personnes qui trouvent des solutions et qui ne nous attendent pas pendant un an. On a mis un mobilhome sur place et on accueille un couple qui sont des réfugiés d'Ukraine actuellement, qui nous aide à gardienner un peu le terrain. C'est des personnes qui ont trois Ausha et donc toutes les solutions qu'ils trouvaient pour les héberger, leur demandaient d'abandonner leurs Ausha. Donc on leur a proposé une solution où ils ont pu garder leurs petits loulous avec eux. Donc on a déjà commencé entre guillemets à aider deux personnes sur ce terrain. Maintenant, il y a encore beaucoup de travail avant de pouvoir accueillir les premiers bénéficiaires réels de la demande en dé.
- Speaker #0
En tout cas, je trouve que c'est un super projet. Et en fait, moi, je ne suis pas d'accord non plus avec les gens qui vont dire que tu te disperses. Parce que je te rejoins, franchement. Toutes les causes sont liées. En fait, c'est aider le vivant dans sa globalité. Et c'est ça que j'aime particulièrement avec YouCare. Parce que quand tu regardes tous vos projets, en fait, c'est ça. C'est une terre plus respectueuse du vivant. Et notre impact sur les espèces, qu'elles soient animales, végétales. Et en fait, c'est positif pour tout le monde. Je ne mets pas les combats dans des cases. Il y en a beaucoup qui font ça.
- Speaker #1
Mais oui. Et je ne comprends pas les gens comme ça qui vont essayer d'opposer les causes. Alors que... tout marche ensemble.
- Speaker #0
On est d'accord. Et je suis entièrement alignée avec cette démarche globale de tout s'imbriquer, en fait. Donc, les animaux comme médiateurs dans la demeure mondiale, ce sera essentiellement des chiens.
- Speaker #1
Dans la demeure mondiale, en elle-même, oui, ce sont des chiens. Et on a vraiment tout un bâtiment dédié à la châterie à côté. Et on a déjà des animaux de ferme sur le terrain. On a déjà une dizaine d'animaux de ferme qu'on accueille qui sont tous issus de sauvetage.
- Speaker #0
Je suis bien d'accord avec Thomas, toutes les causes pour le vivant marchent ensemble. Alors bien sûr qu'il faut quand même pouvoir se dire qu'on ne pourra pas sauver tout le monde. Moi je dirais même qu'il faut choisir ses combats pour pas craquer, surtout en protection animale, parce qu'il y a une montagne de problèmes et qu'on ne peut pas, à notre petite échelle d'être humain, être sur tous les fronts. Ceux qui me connaissent sauront que mes combats principaux en protection animale vont concerner l'amélioration de la vie des animaux d'élevage, surtout des cochons et des truies, qui pour la majorité d'entre eux ne verront jamais la lumière du jour, ni même ne sortiront d'une cage minuscule, et ça c'est tout simplement inacceptable pour moi en 2026. La lutte contre la corrida, évidemment, et toutes les traditions taurines cruelles, qui est un combat central pour moi depuis mon adolescence. Je vous invite d'ailleurs à écouter mon épisode 24. sorti cet été, dédié à ce sujet si ça vous intéresse. Je suis très sensible aussi à une meilleure considération des NAC dans la société, encore trop souvent considérés comme des animaux-objets, et d'ailleurs, faire interdire leur vente en animalerie serait plus que nécessaire, à mon sens, pour changer ce statut. Et aussi la lutte contre la croyance encore trop répandue qu'on peut mettre un poisson rouge dans un aquarium rond, alors que c'est une maltraitance absolue pour lui. Et là, idem, mon épisode 12 était dédié à ce sujet. avec l'association française du poisson rouge qui fait un travail remarquable de sensibilisation depuis 20 ans. D'ailleurs, on a eu plus de 5000 écoutes sur YouTube pour cet épisode, donc c'était juste trop bien que les gens s'intéressent à ce sujet. Bref, je me disperse, mais tout ça pour dire que ce sont mes combats de cœur, même si, bien sûr, je m'intéresse évidemment à tous les autres animaux et à toutes les causes, et que j'aimerais être partout. Mais j'aime quand même bien l'idée de me rappeler que je dois choisir mes combats parce que je ne peux pas porter toute la misère du monde sur mes frêles épaules. Et ça, j'ai besoin de me le répéter souvent. Et je pense d'ailleurs que c'est un vrai risque quand on s'engage en protection animale, parce qu'on voit tellement de souffrance, tellement de situations difficiles de partout, à toutes les échelles, qui concernent tellement d'animaux, qu'on peut finir par perdre pied et se dire « Non, en fait, les bras m'en tombent, j'ai pas la force. » Et ce serait dommage, du coup, de s'arrêter là-dessus et d'arrêter tous les combats. Donc voilà, petit conseil en passant, que j'aurais envie de vous donner, c'est d'apprendre à connaître vos limites et à choisir vos combats. D'autant que choisir ses combats, ça ne veut pas dire opposer les causes, parce que même si les combats sont différents, ils se rejoignent. Agir pour les animaux, les humains ou le végétal, ça fait partie d'un tout. Et quand on commence à comprendre ça, je crois qu'on a déjà compris beaucoup de choses pour avancer vers un monde plus respectueux du vivant dans sa globalité. Et merci à YouCare d'ailleurs de nous rappeler tout ça à travers leurs actions. Alors pour conclure sur la demeure mondaine qui illustre... parfaitement cette considération du vivant dans sa globalité. Surveillez les réseaux sociaux du UKR pour avoir des nouvelles du projet. Mais aussi, vous pouvez suivre le projet sur Insta. Je vous remettrai bien sûr tous les liens dans les notes de l'épisode. Et on reprend pour terminer avec une petite série de questions pour valoriser le bel engagement de Thomas et qui nous amèneront à la fin de notre échange. Et d'ailleurs, je vous ai confié quelques de mes combats principaux, on va dire, en protection animale. Et j'ai demandé aussi à Thomas. Pour commencer cette série de questions, quel était le combat qui le touche le plus ?
- Speaker #1
C'est hyper dur de choisir, parce que tu vois là que les incendies dans le sud-ouest, on voit à quel point la protection de la biodiversité est importante, et à quel point c'est grave ce qu'on vit en ce moment, et les scientifiques l'ont prédit depuis des dizaines d'années, mais on le subit aujourd'hui. Et tu vois, quand on dit que tout est lié, par exemple, le réchauffement climatique va nous amener à avoir des incendies comme on n'a jamais eu. Bien sûr, les trois quarts sont d'origine humaine. Mais la dégradation qu'on a et le nombre de surfaces incendiées derrière, c'est à cause du réchauffement climatique. Même si, bien sûr, c'est un humain qui l'a allumé à la base. Et derrière, c'est des personnes qui fuient leur habitation, qui laissent des animaux derrière, c'est des animaux domestiques qui périssent. Tout est lié, finalement, à chaque fois. C'est des humains qui perdent leur maison, etc. Donc voilà pourquoi, si tout est lié au niveau des causes, autant tout est lié aussi au niveau des solutions, comme on le fait avec You Care. Donc c'est dur de trouver un combat qui ne me touche pas. plus que l'autre parce qu'au quotidien, je suis un peu sur tous les fronts parce que je suis touché par tous les fronts. C'est vrai que les interventions qu'on a de la Black Team, qui est en fait l'équipe d'intervention de YouCare, où tu arrives dans des situations extrêmes de maltraitance avec des gens qui ont souvent des grosses problématiques mentales, psychologiques, ça me touche particulièrement parce que vraiment, on sort les animaux de des situations terribles.
- Speaker #0
Ça peut aider les humains aussi d'ailleurs. Quand il y a une grosse situation de maltraitance et que l'humain aussi est en souffrance, parfois...
- Speaker #1
Nous quasiment à chaque fois On prévient les services sociaux etc On demande ce qui est mis en place Avec des associations spécialisées Pour cette partie là en accompagnement Nous notre mission c'est de sauver les animaux à ce moment là Mais c'est vrai qu'il y a déjà des humains Qui étaient dans une situation catastrophique Et qui nous remerciaient de les en sortir en récupérant les animaux Hum !
- Speaker #0
On le disait, pendant tout notre échange, la protection animale, c'est difficile, il y a de la fatigue, il y a un gros volet émotionnel. Est-ce qu'il y a des moments où tu es découragé, ou au contraire, là, tu as un bon état d'esprit ?
- Speaker #1
Je pense que je ne suis jamais découragé, dépité, comme on le disait tout à l'heure, par plein de trucs, par l'administratif, par l'État, qui en fait, en permanence, on a des bâtons dans les roues pour tout, tu vois, et donc ça me dépite, parce que je trouve ça trop dommage de mettre... tant d'énergie et d'en perdre finalement la moitié avec des bêtises. Mais décourager, non jamais. J'aime trop ce que je fais, ça me motive trop parce que, on parlait tout à l'heure du mauvais côté, des personnes qu'on rencontre qui partent un peu en vrille, etc. Des choses pas faciles, des coups de pression, mais aussi au quotidien. Bien sûr, il faut aussi raconter la belle histoire, c'est qu'on rencontre des gens exceptionnels au quotidien. On a des bénévoles qui nous aident depuis des années, qui à chaque mission, à chaque transport se proposent et Et on a vraiment ce petit noyau dur aussi, les équipes, les salariés, c'est pas un métier normal de travailler dans une association, ils ont un niveau d'engagement qui dépasse largement le travail normal qu'ils font, où ils sont extrêmement disponibles et qui font pas du tout les heures qu'ils devraient faire. Donc voilà, c'est aussi tout ça, les belles histoires qu'on raconte au quotidien avec toutes les super personnes qui viennent et qui me donnent l'énergie de continuer. Donc non, j'arrêterai jamais. Clairement, c'est pas prévu du tout et je ne serais jamais vraiment découragé et un petit peu dépité parce qu'on pourrait faire tellement mieux et rendre la vie des associations tellement plus facile c'est un petit peu dommage
- Speaker #0
On est bien d'accord, c'est bien de garder un esprit positif,
- Speaker #1
parce qu'il y en a qui lâchent l'affaire ils sont trop dépités Et parfois je suis un petit peu vindicatif et c'est pour ça que j'aime bien rappeler les problématiques parce que je vois au quotidien des petites assos qui arrêtent parce que c'est trop dur, parce qu'on nous prend trop la tête parce qu'il y a trop de... paperasse parce que derrière on se fait insulter en permanence et du coup j'essaie de sensibiliser en disant mais il faut pas avoir ce type de comportement parce que derrière c'est moins d'animaux qui seront sauvés, il faut pas faire ça et ça me rend triste, je vois plein de petites associations qui ferment tous les ans.
- Speaker #0
Quel conseil souhaiterais-tu donner à quelqu'un qui veut agir pour la protection animale mais qui se sent justement impuissant face à l'ampleur des problèmes ou qui ne se sent pas les épaules pour s'engager sur le terrain ?
- Speaker #1
Il y a quand même beaucoup de missions de bénévolat qui ne sont pas forcément en contact de manière directe avec la maltraitance. Donc si on est assez sensible, je pense qu'on peut toujours rejoindre une association locale et trouver des choses à faire. Il y a des missions toutes bêtes, par exemple chez YouCare, c'est d'aller dans une clinique vétérinaire à 20 km de tel ou tel point, de récupérer des croquettes et de les ramener. Il y a plein de croquettes médicalisées en clinique qui sont bientôt plus vendables parce qu'elles arrivent à la date de péremption, qu'on peut récupérer. Il y a plein de petites missions qu'on peut faire, même si on est très sensible. Donc de trouver des associations locales qui ont besoin et de s'engager. Rien qu'une petite mission tous les deux mois, c'est déjà super.
- Speaker #0
Ouais, je suis tout à fait d'accord avec toi. Il n'y a pas de petite mission. Je vais te laisser le mot de la fin.
- Speaker #1
Merci beaucoup. Très content de pouvoir continuer à parler de YouCare, des défis qu'on essaie de relever au quotidien. Tu me demandais tout à l'heure d'ailleurs si on avait un système d'adhésion. On a ce qu'on a appelé les protecteurs YouCare, où les personnes, en plus de devenir bénévoles, peuvent nous aider financièrement, même avec un don de 1€ par mois. On a mis en place ce système récurrent parce que... Derrière, on parlait du pilotage d'une association financière, c'est un vrai défi. Et d'avoir les dons mensuels, ça te permet de savoir à peu près où tu vas, est-ce que tu auras comme rentrée financière le mois d'après et le trimestre d'après. Et donc on a mis en place cette solution qui est disponible sur notre site pour devenir protecteur YouCare. Et voilà, c'est des petits dons où parfois, je le dis souvent, si chaque personne donnait 1 ou 2 euros par mois à une ou deux associations, à l'échelle de la France et du nombre de personnes, ça serait énorme pour les associations et on pourrait faire beaucoup de choses sur le terrain.
- Speaker #0
C'est clair, c'est le conte du colibri. Exactement. La petite goutte qui fait la grande rivière. C'est ça. Merci beaucoup Thomas. Merci franchement pour ton temps. Moi je suis honorée d'avoir pu mettre en avant Youcare. J'adore cet assaut. Je suis une grande grande fan de tout ce que vous faites. Et franchement bravo. Et j'espère que ça se développera. Et que vous pourrez sauver plein plein d'animaux. Et en tout cas c'était un grand honneur pour moi de te recevoir sur le podcast. Merci beaucoup. Si vous souhaitez rejoindre la belle communauté de bénévoles et de protecteurs YouCare, dont Thomas vient de nous parler, n'hésitez pas à aller faire un tour sur leur site internet. Vous aurez un formulaire de contact pour rentrer en contact avec l'assaut, mais aussi un formulaire dédié pour devenir protecteur YouCare avec le montant de don de votre choix. Et sur le site internet d'ailleurs, vous trouverez aussi une boutique solidaire. Ça pourra vous donner des idées de cadeaux peut-être, si vous aussi vous vous y prenez à l'avance pour faire vos achats de Noël. Voilà, un cadeau éthique. qui fait plaisir et qui permet en même temps de soutenir une très belle cause. Donc n'hésitez pas à aller découvrir les produits. En tout cas, je remercie à nouveau Thomas d'avoir pris le temps cet été de venir témoigner dans le podcast, malgré un emploi du temps bien rempli. J'étais vraiment super contente de pouvoir mettre en lumière la belle personne qu'il est, mais aussi tout ce qu'il a construit et tous les projets de Youcare qui font avancer positivement les choses pour les animaux. Finalement, c'est toute l'essence de l'écho des museaux depuis sa création. mettre en lumière les assos, les p... belles personnes qui à leur échelle se bougent pour construire un monde meilleur tout simplement, un monde plus respectueux du vivant, plus inclusif, et bien évidemment avec moins de souffrance animale. Alors oui, la tâche est immense, il y a tellement de choses à faire, tellement de vies à aider, qu'on pourra parfois avoir l'impression que nos petites actions ne changent pas grand chose, mais moi je crois profondément que chaque action compte, et que chaque vie compte surtout, et ça je ne le répéterai jamais assez sur le podcast. Alors j'espère que cet épisode avec Thomas vous aura donné envie, à votre tour, d'agir à votre échelle. Peut-être en rejoignant la team YouCare, pourquoi pas, ou en soutenant l'un de leurs projets, ou tout simplement en vous engageant auprès d'une asso près de chez vous, selon vos possibilités et les causes qui vous tiennent à cœur. En tout cas, c'était un super moment d'inspiration avec Thomas, et vous le savez, j'aime bien terminer certains de mes épisodes avec des citations. Alors pour terminer l'épisode du jour, il y a une phrase... de la regrettée Jane Goodall qui nous a quitté il y a un an. Je trouve qu'ils matchent bien avec l'esprit de l'épisode. Donc voilà, pour conclure, je vous cite cette grande dame. Vous ne pouvez pas passer un seul jour sans avoir un impact sur le monde autour de vous. Ce que vous faites fait une différence, et vous devez décider quelle différence vous voulez faire. Merci d'avoir écouté cet épisode de l'Echo des Musous. J'espère que ce podcast vous a apporté de la connaissance et vous donne envie d'agir à votre niveau parce qu'il suffit parfois de toutes petites actions pour changer positivement la vie d'un animal. Si le podcast vous plaît, n'hésitez pas à nous laisser 5 étoiles, un gentil commentaire et surtout à en parler autour de vous pour faire grandir notre communauté de protecteurs des animaux. En attendant le prochain épisode, retrouvez plus d'informations sur le podcast et tous nos anciens épisodes sur www.lecodemuseau.fr ou faites-nous un retour sur notre compte Instagram. J'adore lire vos messages. A très vite pour un prochain épisode.