Speaker #0Un vrai chef d'orchestre, ça joue d'aucun instrument, et pourtant, il dirige tout. C'est pas une question de contrôle, c'est plutôt une question de clarté. Ton entreprise fonctionne, mais en coulisses, c'est le vacarme. Si tu avances à l'intuition, dans l'urgence et dans le bruit, alors cette émission est faite pour toi. Je suis Christian Généreux, et j'aide les entrepreneurs débordés à retrouver cadence, clarté... et direction. Ici, on transforme la cacophonie en vraie symphonie entrepreneuriale. Pas de recette magique, mais en reprenant la baguette pour que tu deviennes toi aussi le chef d'orchestre de ton entreprise. Bienvenue à l'Effet Crescendo. À vouloir toujours jouer tout toi-même, tu finis par étouffer la musique. Parce que tu deviens le pianiste, le drummer, le violoncelliste, le trompettiste. même le technicien, tout sauf d'être chef d'orchestre. Et pendant que tu cours d'un instrument à l'autre, ta partition s'efface. Ton tempo, lui, il s'emballe. Puis ton entreprise, elle a fini par te diriger à ta place. La vérité, c'est que ton entreprise, elle n'a jamais été censée te posséder. de te mettre en cage. Elle a été plutôt créée pour te soutenir, t'alléger et surtout te permettre de respirer. Mais pour ça, il faut une chose. Reprendre la baguette. Pas tout contrôler, mais plutôt pour redonner du sens, du rythme et surtout de la justesse. Donc, cet épisode... Bien, ce ne sera pas une leçon de productivité, ça va être plutôt une invitation à revenir à la direction, à retrouver ton rôle de leader, celui qui ne joue pas plus fort nécessairement que les autres, mais qui fait jouer tout le monde juste. Et il y a quelques temps, moi j'ai accompagné un entrepreneur qui est solide, ce n'est pas un débutant, puis c'était quelqu'un qui livre la marchandise. Il décide rapidement. Il fait avancer les choses. Son entreprise roulait, mais lui, il était constamment sous pression parce que tout passait par lui. Les décisions, les ajustements, les validations de dernière minute. Et ce n'est pas parce que le monde alentour de lui n'était pas compétent, mais c'est plutôt parce que dans sa tête, Ben... S'il lâchait quelque chose, ça risquait de dérailler, de prendre une autre direction. Il voulait absolument garder le contrôle pour bien faire, pour protéger ce qu'il avait construit. Mais à force de tout tenir en laisse comme ça, il passait plutôt ses journées à réagir au lieu de diriger. Quand on a jasé ensemble, je me souviens d'y avoir dit une petite phrase assez simple. « Ton problème, c'est pas que tu contrôles trop, c'est que t'as pas de direction claire. » Puis là, silence au bout de la ligne. On n'a pas travaillé sur ses outils, ni sur son organisation. On a travaillé plutôt sur ce qu'il devrait plutôt diriger, et ce qu'il devrait... arrêter de porter. Et une fois qu'on a clarifié ça, il y a quelque chose qui a changé. Il y a eu un déclic. Il a arrêté de vérifier chaque détail. Ce n'était pas un lâcher-prise forcé. Mais parce que ça devenait inutile. Les décisions se prenaient plus rapidement et les demandes se filtraient toutes seules. Et surtout, il a commencé à respirer. Et puis là, il ne s'est pas senti moins en contrôle. Il a senti enfin qu'il était à sa place. Puis ce jour-là, comme je l'ai dit, il n'a pas perdu le contrôle. Il a repris la direction. Et c'est là que son entreprise a commencé à avancer, sans se faire tirer par le bras. C'est comme conduire avec un pare-brise qui est complètement embué. C'est stressant. Tu vois à peu près la route, mais jamais vraiment complètement. Puis là, tu vas ralentir, c'est sûr, mais... avec les mains vraiment crispées sur le volant. Puis là, tu sais, tu regardes où est-ce que tu t'en vas, puis tu sais, tu es stressé. Puis ça, ce n'est pas parce que tu conduis mal, mais c'est juste parce que tu ne vois pas clair. Maintenant, imagine la même route avec un pare-brise qui est complètement ou parfaitement dégagé. Tu n'as pas besoin de serrer le volant, tu n'as pas besoin de corriger à chaque seconde, puis tu t'ajustes tranquillement à la route. La route n'a pas changé, mais ta situation, oui. C'est ça. Quand ta direction est floue, tu compenses par le contrôle. Quand ta direction est claire, ta conduite devient complètement fluide. Moins de tension, moins de micro-décision et beaucoup plus de maîtrise. Si t'écoutes cet épisode-là, il y a des fortes chances que tu sois ce stratège brillant qui s'arrête jamais, genre. T'avances vite, tu crées, tu livres la marchandise, t'inspires, mais au fond, tu sens qu'il y a quelque chose qui t'échappe. Parce que tu veux garder le contrôle, parce que t'as peur que tout s'écroule si tu relâches la tension. Et tu veux que tout soit bien fait. Que ton entreprise soit à ton image, mais sache que plus tu contrôles, plus tu t'enfermes dans ton propre système. Et chaque jour, tu jongles, entre autres avec les urgences, avec les décisions, avec les projets. Puis, à force de tout diriger, tu n'as plus vraiment le temps de diriger ton entreprise à l'avance, ça c'est certain. Avoir à l'avance, sans toi. C'est drôle à dire, hein ? Parce que tu manques pas de talent, tu manques d'espace. Tu manques d'espace pour respirer, pour penser et pour choisir. Et en quelque part, tu le sais, t'as pas besoin de plus d'efforts. T'as surtout besoin d'une nouvelle partition. On croit souvent, et à tort aussi, que perdre le contrôle, c'est de tout laisser aller. Mais en réalité, la vraie perte de contrôle, c'est quand tu veux tout tenir en même temps et que tu ne veux pas lâcher de l'Est. Et quand tu es partout, tu es nulle part. Et quand tu veux tout diriger, il n'y a plus rien nécessairement qui joue juste. Parce que le contrôle, c'est une illusion confortable. Une vraie security blanket, comme on dit. Ça te donne l'impression d'être en sécurité, mais ça t'empêche de voir la scène d'ensemble, de voir the big picture. Mais un vrai chef d'orchestre, lui, ça ne s'accroche pas à un instrument en particulier. Lui, il va se placer au centre, il respire, et il fait confiance à la partition. Il sait que son rôle, c'est la clarté et non la micro-gestion. Et c'est exactement ce que tu dois reprendre aujourd'hui. Pas nécessairement plus de contrôle, mais plus de clarté. Parce que ce n'est pas en serrant les points que tu vas diriger mieux, c'est en ouvrant les mains. Il y a quelques années, j'étais exactement comme mes clients aujourd'hui. Je voulais tout faire, tout bien faire. Je dirigeais des projets, des clients, des équipes. J'avais vraiment la conviction que tout reposait sur moi. Et je croyais, fait vraiment intensément, que si je lâchais une seule chose, que tout allait s'écrouler. Donc là, j'ai... accumulé des mandats, j'ai accumulé des idées, des responsabilités. Sur le papier, c'était beau, mais en vrai, c'était bruyant. Un matin, je me suis retrouvé devant mon tableau de projet. Il n'y a rien qui était vraiment en retard, mais ça sonnait faux, ça sonnait tout croche. J'étais devenu... Le chef d'orchestre qui court d'un instrument à l'autre au lieu que de rester à la direction. Et c'est là que j'ai compris. Je n'avais pas vraiment un problème de gestion. J'avais plutôt un problème de ciblage. Je disais oui à beaucoup trop de projets, à différents types de clients. C'était trop des bons défis que je me disais. Donc, j'ai pris une décision, toute simple, mais quand même. C'était de revenir, en fin de compte, à ma partition. J'ai comme redéfini pour qui je voulais vraiment jouer et pourquoi je le faisais. Le résultat, c'est que en moins de six mois, j'ai diminué d'environ de moitié mes projets, mes implications, etc. Mais j'ai doublé ma sérénité, mais surtout, j'ai triplé mon impact. Depuis ce jour-là, je ne joue plus, je dirige. Un pianiste, il peut être un virtuose. Il peut jouer vite, il peut jouer fort, avec passion. Mais il ne sait pas vraiment ce qu'il joue. Puis chaque performance se transforme en un morceau complètement isolé. Le chef d'orchestre, lui, il ne cherche pas à briller à chacune des mesures. Il cherche simplement la cohérence. Il ne joue pas plus que les autres, mais il fait jouer tout le monde juste. Le pianiste contrôle, le chef d'orchestre dirige. Et c'est la même chose dans ton entreprise. Tant et aussi longtemps que tu veux bien jouer sur tous les fronts, tu restes un exécutant. Mais le jour où tu redéfinis ta partition, c'est ça qui est important, c'est ton vrai message, ta vraie place, c'est que tu deviens le chef d'orchestre. Autrement dit, tu passes de la performance à la direction, de la tension à la clarté et de la fatigue à la fluidité. Et c'est là que tout ton système recommence à sonner juste. Autrement dit, quand ton ciblage est flou, tout devient pesant, tout devient lourd. Tu dis oui à trop de choses, tu parles à trop de gens, et chaque projet devient un peu comme une improvisation. Tu veux garder le contrôle parce que tu ne sais pas exactement ce que tu veux diriger. Et c'est comme si c'était un chef d'orchestre qui se présentait devant une cinquantaine de musiciens sans vraiment savoir ce qu'ils vont jouer. Alors, ben, le chef d'orchestre, il va battre la mesure, mais sans vraiment, sans grande conviction. Quand ton ciblage devient clair, quand tu sais quoi faire, quand tu sais ce qui se fait, qui doit être fait, mais que tu sais aussi pourquoi tu le fais, Eh bien, tu n'as plus besoin de vraiment contrôler chacune des notes. La partition devient ta boussole. Tout va s'aligner naturellement. Tes décisions, ton énergie, tes offres, tes partenaires. Tu n'as plus rien à forcer. Tu as juste simplement à ajuster le tempo. Et c'est là que tu passes du chaos à la cadence. Tu diriges plus dans la panique, mais tu vas diriger avec justesse. Et c'est là que ça se passe. C'est pas nécessairement un outil de plus ou bon, peu importe. C'est plutôt une structure de clarté qui te libère. Alors, composer, clarifie ta partition. Donc avant de vouloir tout diriger, décide de la musique. que tu veux faire jouer. Après ça, clarifie ton intention. Et si c'est flou, tu vas voir que ton énergie va se disperser parce que tu ne peux pas diriger sans savoir à quoi va vraiment ressembler ton œuvre. Ça fait du sens ? Alors, ajuste ton système. Une fois que la partition est claire, Assure-toi que tes outils, ton équipe, ton horaire, que tout ça, ça joue au même tempo. Arrête de t'adapter à tout le monde. mais plutôt est un environnement au diapason de ton cap, de ta direction, de ta vision. C'est là que la fluidité va revenir. Ensuite, c'est de diriger avec intention. Donc, ne cherche pas à tout contrôler. Observe, guide et ajuste. Ton rôle. en tant que chef d'orchestre, c'est plutôt d'écouter la musique, pas de jouer chaque note. Tu ne veux pas nécessairement une entreprise qui joue fort. Tu veux une entreprise qui joue juste. Donc, redeviens chef d'orchestre parce que ton entreprise sert ta vie et non l'inverse. Si tu t'es reconnu dans cet épisode-là, si tu sens que ton entreprise joue trop fort ou plus tout à fait juste, c'est peut-être le moment de reprendre la baguette. Pas de tout contrôler, mais plutôt de redonner du sens, du rythme et de l'espace à ta croissance. Commence par un petit geste simple. Regarde ton calendrier et demande-toi « Est-ce que mon horaire me sert ou est-ce que je le sers ? » Et si la réponse te dérange un peu, c'est peut-être le signe que le moment est venu pour toi de reprendre la direction de ton orchestre. Alors, prends quelques instants pour faire ce pas-là. Cherche pas la perfection, mais cherche plutôt la justesse. Parce que de reprendre la baguette, c'est pas tout contrôler, c'est plutôt de décider du tempo. Et le vrai leadership, ce n'est pas la vitesse, ce n'est pas la rapidité, c'est la justesse. Et tu n'as pas besoin d'une entreprise qui court. Tu as surtout besoin d'un système qui joue juste, même quand tu poses les mains. Et la semaine prochaine, on va parler justement de ça, du chaos derrière la performance et de comment documenter ta musique. pour enfin retrouver ton rythme. Parce que n'oublie pas qu'un chef d'orchestre sans partition, ça finit toujours par battre la mesure dans le vide.