Speaker #0Le chaos, c'est pas toujours le signe d'un échec. Parfois, c'est juste le bruit de ta croissance. Un désordre qui n'a pas encore été entendu. Ou si tu préfères, une mélodie qui attend qu'on prenne le temps de l'accorder. Ton entreprise fonctionne, mais en coulisses, c'est le vacarme. Si tu avances à l'intuition, dans l'urgence et dans le bruit, alors cette émission est faite pour toi. Je suis Christian Généreux. Et j'aide les entrepreneurs débordés à retrouver cadence, clarté et direction. Ici, on transforme la cacophonie en vraie symphonie entrepreneuriale. Pas de recette magique, mais en reprenant la baguette, pour que tu deviennes toi aussi le chef d'orchestre de ton entreprise. Bienvenue à l'effet Crescendo. Tu connais ce paradoxe-là, celui de... que de faire tourner de la machine, ton entreprise avance, les projets sortent, les revenus sont là. Tu livres la marchandise, tu réponds présent. Pour les autres, tout a l'air de bien rouler. Mais à l'intérieur, toi tu sais. Tu sais que c'est fragile, que ça flotte un peu. Que tu as des bouts de processus dans ta tête. Tu as des liens de documents que tu te renvoies par courriel. Je pense que tu te reconnais là-dedans. Et des relances aussi, des suivis que tu vas faire avec soit des prospects, mais que tu vas faire à l'instinct. Et aussi, tu as des projets pour faire croître ton entreprise, mais que tu repousses depuis des mois. Et chaque jour, tu continues quand même d'avancer. Parce qu'il y a toujours une urgence, il y a une priorité, il y a un truc plus important. Et que tu as... appris à fonctionner, voire à survivre dans le flou. Et t'as même appris à performer dans ce flou-là. Mais ça, ça t'épuise. Et c'est pas nécessairement que tu veux tout maîtriser. C'est juste que t'aimerais pouvoir respirer. Et dans cet épisode-ci, il n'y a pas comme objectif de dire de tout. tout restructurer, loin de là. Il vient plutôt t'offrir un espace où le chaos n'est pas une faute, mais plutôt un moment où tu peux l'observer, le comprendre et peut-être même commencer à l'apprivoiser. Il y a quelques mois, j'ai reçu un message d'une cliente potentielle avec qui je discute quand même depuis un bon moment. Puis elle me dit Christian, tout fonctionne, mais je sens que mon entreprise me fatigue beaucoup plus qu'il me nourrit. Puis, Red Flag, dans mon cas, ça m'a arrêté parce qu'elle résume exactement ce que vivent beaucoup d'entrepreneurs, d'experts, de coachs, une fois qu'ils ont atteint un certain niveau. Ce n'est pas le manque de résultats qui les usent, c'est le poids de tout ce qui tourne grâce à eux. Mais sans eux, tout s'effondre. Et dans son cas, elle a une communauté qui est fidèle, elle a des programmes qui se vendent bien, elle a un bon bouche à oreille. Mais dès qu'elle ouvrait ses coulisses, en fin de compte, c'est pas mal le freestyle, comme on dit. Il n'y a pas de processus d'onboarding, comme on dit, d'accueil de nouveaux clients. Il n'y a pas de base de données client qui est claire. des dizaines de courriels envoyés à mitaines à la main, individuellement, des rendez-vous qui sont planifiés à l'instinct, selon son énergie, par exemple. Et le pire dans tout ça, c'est qu'elle savait que ça n'allait pas durer. Mais elle se disait qu'elle n'avait pas le luxe de s'arrêter pour structurer et que de documenter ses processus, ses procédures, ça allait lui coûter trop de temps. Du temps qu'elle n'avait pas. Alors, quand on en a jasé, je lui ai posé une seule question. Et si documenter, ce n'était pas nécessairement un frein, mais plutôt une façon de retrouver du souffle. Puis là, sur Zoom, là, je regarde, je vois sa face. long silence, puis là elle me dit « Oui, mais j'ai peur de voir à quel point c'est le bordel. » Puis ça, c'est souvent le cas de bien des gens aussi. Alors, je lui ai dit « Écoute, c'est normal. » Parce que quand on construit dans le feu de l'action, l'avion dans les airs, comme on connaît cette expression-là, on ne voit pas nécessairement les fondations. Et on pense qu'on improvise, mais en réalité, on avance avec ce qu'on a. Et c'est souvent plus solide qu'on ne peut le croire. Donc, moi, je lui ai conseillé de commencer petit. La stratégie... des petits pas. Là, je lui ai dit, écoute, commence par une procédure d'accueil, par exemple. Donc, t'as des nouveaux clients qui arrivent. Donc, vas-y avec juste ça. Structure ta procédure d'accueil. Une réponse type, un gabarit courriel. Juste ça, pas plus que ça. Et elle l'a fait. Et devine quoi ? Environ deux semaines plus tard, elle m'a envoyé un petit message. Ming-ming, son messenger. Puis elle m'a dit... « Hé Christian, j'ai pas juste gagné du temps, j'ai arrêté de me sentir coupable. » C'est fort ça là. Donc, si on fait un petit peu l'analogie musicale, comme on est dans mon environnement symphonique, imagine un pianiste qui joue sans partition. Il connaît le morceau, il le joue sans partition. Il connaît très bien le morceau, il l'a répété plusieurs fois. Il est extrêmement talentueux, mais à chaque fois, il y a un petit doute. Il pense à la suivante, à la prochaine note. Là, il va compenser. Il ajuste. Et même s'il arrive à bien interpréter, en fin de compte, il ne respire jamais complètement. Alors maintenant, imagine que ce même pianiste-là, qui a une partition qui est claire... devant lui. Il peut ralentir, il peut anticiper et surtout, il peut interpréter pleinement et consciemment. La partition, ce n'est pas une prison. C'est une mémoire qui est posée. C'est un guide qui est souple. C'est une base sur laquelle tu peux vraiment bâtir. Et c'est pareil pour ton entreprise. Documenter, c'est... pas de figer, c'est de donner un cadre à ton énergie. Et un cadre, ce cadre-là, tu peux toujours le modeler, l'adapter et même le transmettre. Donc, si tu es encore à l'écoute, c'est que cette tension-là, ça te parle. Ce contraste-là entre ce que tu montres. et ce que tu vis, entre l'apparence d'un système et le chaos invisible qui est en coulisses. Et peut-être que tu t'es dit que ce désordre-là était la preuve que tu faisais mal, que tu n'étais pas assez pro, que tu n'étais pas assez solide. Mais si on inversait cette vision-là, cette perception-là, Ici, plutôt que le chaos, C'est juste un signe que tu avances, que ton système n'a juste pas suivi ta croissance. Et que ce n'est pas un problème, c'est juste une nouvelle étape. Parce que la vraie perte de temps, ce n'est pas de documenter, c'est de refaire 50 fois la même chose. En disant qu'à chaque fois, Ça sera la dernière fois que je vais le faire de cette manière-là. Et ce que tu appelles le désordre, c'est souvent juste une croissance qui peut être parfois trop rapide, à laquelle tu n'as pas encore donné de structure. Et ce que tu appelles le contrôle, c'est peut-être juste un mécanisme de survie dans le flou. Pensez deux minutes. T'as pas besoin de plus de contrôle, t'as vraiment besoin de plus de clarté. C'est la base de tout. Et parce que c'est pas en serrant les dents qu'on va diriger mieux. Mais c'est surtout en ouvrant les yeux. Donc, imagine, tu peux être un musicien virtuose, avoir du talent à la tonne, du flair, de l'inspiration, mais sans partition, tu restes vraiment bloqué dans le présent. Chaque performance devient un sprint, chaque création devient un défi. Et un chef d'orchestre, lui ou elle, Ne cherche pas à prouver qu'il sait jouer. Il cherche la cohérence, il cherche l'harmonie, il cherche la continuité. Il ne maîtrise pas chacune des notes. Il connaît l'intention de l'ensemble. Et dans ton entreprise, c'est exactement ça que tu peux et que tu devrais incarner si tu veux croire ton organisation. Donc, de sortir du feu... constant des tâches, de poser un cadre, une direction et une énergie, pas nécessairement pour figer ton art ou ton entreprise, mais plutôt pour qu'il puisse bien exister sans te brûler. Et je ne vais pas te mentir, moi je le connais, ce bordel-là, de l'intérieur, parce que, un, on m'en parle très souvent, mais... Parce que aussi, je l'ai vécu moi-même, à fond. Oui, oui. Parce que quand je me suis lancé en affaires, voilà, bientôt trois ans, ça tournait quand même bien. J'avais des clients qui étaient satisfaits, des projets, ça avançait, de la visibilité. Donc, sur papier, là, tout allait quand même bien. Mais à l'intérieur, moi, là, là, je me sentais comme un... un sprinter, peu importe, un athlète olympique, je courais et je courais en tabarouette en plus de ça parce que j'en avais des projets à gérer. Mais tu sais, je créais vraiment tout en direct, comme genre live. Et par exemple, chaque lancement que je faisais ou des webinaires que je faisais, c'était toujours comme une réinvention. Chaque réponse à mes clients, en fin de compte, c'était tout le temps une création unique ou à des clients potentiels, par exemple. Tu sais, des choses qui... qui pourrait être faite dans un gabarit, mais c'était toujours un courriel individuel, personnel, disons. Ce qui n'est pas une mauvaise chose non plus, mais souvent, ça peut être très bien. Un gabarit courriel peut très, très, très bien faire l'affaire. Chaque semaine, en fin de compte, c'était comme une performance. C'est comme si j'étais aux Jeux olympiques à toutes les semaines. Puis, j'appelais ça, moi, l'agilité ou la flexibilité. Sauf qu'à force... d'agilité, comme on dit, ou de flexibilité, eh bien, à la fin de la semaine, j'étais complètement crevé. J'étais pratiquement en apnée. Je travaillais tard, puis je refaisais souvent les mêmes choses, ce qu'on appelle les tâches chronophages. Et je compensais un manque de structure par un excès d'énergie. Puis ceux qui me connaissent, vous le savez, de l'énergie, j'en ai à revendre. Mais le pire dans tout ça, c'est que je croyais... que c'était tout à fait normal et que c'était ça d'être entrepreneur. Puis là, un jour, j'ai ouvert, en fin de compte, un vieux dossier. Je me promenais dans mon disque, dans mon drive, en fin de compte. Puis je cherchais, en fin de compte, un texte que j'avais écrit il y a une couple de mois, que je n'avais jamais retrouvé d'ailleurs dans le temps. Fait que là, ce jour-là, j'ai réalisé que... Je perdais plus de temps à chercher qu'à créer, que mon cerveau était mon seul système de gestion. Il criait à l'aide, je l'entendais, à l'aide, à l'aide. Puis ceux qui me connaissent encore une fois depuis longtemps, cordonniers mal chaussés, généralement je suis très bon, j'ai été très bon pour les autres, etc. Mais pour moi, je m'étais lancé, je m'étais focussé vraiment seulement sur mes clients, sur les projets, mais je ne m'étais pas... structurer, moi, mon entreprise comme j'ai l'habitude de l'être ou comme je l'étais dans mes emplois. Donc, ça m'a rentré dedans comme un 2 par 4 d'en face. Alors, je me suis dit, OK, bien là, c'est le temps de le faire, mais par contre, je vais commencer petit. Donc, j'ai commencé par renommer, en fin de compte, mes dossiers. Après ça, j'ai commencé à me faire un, deux, trois gabarits courriels. Après ça, j'ai classé aussi mes documents dans les bons dossiers. Puis, j'ai aussi commencé à changer la nomenclature, comment écrire les dossiers avec l'année, le mois, le jour, etc. Comme ça, ça me permet facilement de retrouver mes documents dans le futur. Mais tu sais, un dossier à la fois, pas toute la gang, juste un dossier à la fois. En faisant ça, je me donnais comme un genre deux heures par semaine, deux, trois heures par semaine pour faire tout ça. Et petit à petit, j'ai plutôt arrêté de jouer toutes les notes et j'ai recommencé à diriger la mélodie. C'est-tu pas beau ça ? Alors, on a souvent cette idée fausse que de documenter, c'est une perte de temps. dans les faits, dans la réalité, c'est complètement l'inverse. Parce qu'à chaque fois que tu poses un processus, tu libères ta mémoire, tu libères de l'espace, mais surtout tu libères de la charge mentale. Parce que, oui, tu sais déjà comment faire, mais est-ce que tu veux vraiment... devoir tout refaire à chaque fois. Quand tu documentes ou que tu automatises, par exemple, tu rends le tout reproductible. Et quand tu crées un système qui te soutient, au lieu de te réclamer tout le temps, en fin de compte, ça fait toute la différence. Parce que ce n'est pas nécessairement un tableau Excel de plus. C'est une respiration que tu offres à ton entreprise. Et dans le fond, c'est ça la vraie maturité entrepreneuriale. Pas faire plus, faire plus simple, de manière plus soutenable. Alors, voici quelques petites étapes pour t'aider avec ça, si c'est ton cas, si tu te reconnais dans ça. Premièrement, observer. Donc, repère les endroits où tu répètes tes tâches. Un courriel que tu ressens devoir réécrire à toutes les semaines, par exemple. Ou une question qu'on te pose tout le temps. Ou un truc que tu gardes en tête depuis trop longtemps. Note juste ça. Ça, c'est ton point de départ. Après ça, documente. Écris-le. Même vite, même si c'est mal fait ou c'est mal écrit, même si c'est juste sur un post-it. parce que l'important, c'est de sortir l'information de ta tête. Tu n'as pas besoin d'un système parfait. Tu as seulement besoin d'une base qui est visible. Après ça, tu peux transmettre ou déléguer. Une fois que c'est écrit, tu peux le transmettre à quelqu'un d'autre. Ou tu peux aussi l'automatiser ou l'optimiser ou déléguer. Mais surtout, tu n'es plus prisonnier de cette tâche-là. Donc, tu reprends la direction. Alors, si tu sens que tes journées sont remplies, mais que tu n'as plus de souffle, ce n'est peut-être pas un problème de tempo, c'est peut-être un manque de structure. Et si tu veux changer ça, tu n'as pas besoin de tout restructurer d'un coup. Commence par un seul endroit. Une action récurrente. Un endroit où tu en as assez de répéter. Et écris-le une bonne fois. Dans le but de construire du mieux. Pas pour cocher des cases, mais surtout pour retrouver le bon tempo. Alors en conclusion, tu n'as pas besoin d'une entreprise qui tourne parfaitement. Tu as surtout besoin d'un système qui te permet de souffler, de respirer, parce que le chaos que tu vis, ce n'est pas une faute, c'est une trace. C'est une empreinte laissée par ton avancée rapide. Et tu peux commencer à lui donner du sens, pas par tout contrôler, mais pour que ça recommence à jouer juste. Et la semaine prochaine, on va justement parler de ça, de ce faux solo que tu joues à huis clos, convaincu que tout repose sur toi pendant que ton chaos intérieur, lui, il apprend à se taire. Parce que... Diriger, c'est pas faire plus de bruit, c'est accorder ta place au silence aussi.