- Speaker #0
Le triomphe de Marcus Henning ! Fantastique, fantastique, fantastique !
- Speaker #1
Tout le monde est debout, tout le monde applaudit !
- Speaker #0
C'est fantastique !
- Speaker #1
Accueillir ! Vraiment fantastique, c'est un grand, grand, grand bonhomme ! C'est le mérite et ça vous a fait vraiment plaisir de le refaire.
- Speaker #2
Bienvenue dans Légende Cavalière, le podcast de Grand Prix qui vous replonge dans l'histoire des sports équestres. Je suis Pascal Boutreau, journaliste passionné. par l'histoire du sport. Dans quelques jours, Bâle accueillera les finales des Coupes du Monde de sauts d'obstacles, de dressage et de voltiges. Le bouquet final de la saison hivernale. Pour ce 48e épisode, je vous emmène en Suisse, justement, pour une finale de ce prestigieux circuit indoor, direction Genève et sa grande piste de Pâle Expo, la plus vaste du circuit indoor. Haute des finales à deux reprises, la cité posée au bord du Léman, ou l'Ade de Genève, est une des places fortes de l'équitation avec son concours hippique international de décembre qui fut jusqu'en 2012 une des étapes de la Coupe du Monde. De nombreux grands chapitres de l'histoire du saut d'obstacle s'y sont écrits. La finale de 2010 en reste l'un des temps forts, le cœur de cet épisode y est consacré. Dans la seconde partie de ce podcast, Alban Poudret, directeur sportif du CHI de Genève et directeur du Cavalier Romand, se souviendra de cette édition et nous rappellera toute la dimension de ces finales de Coupe du Monde. N'oubliez pas de vous abonner à Légende Cavalière, c'est gratuit sur toutes les plateformes. Avril 2010. Genève reçoit pour la deuxième fois de son histoire la finale de la Coupe du Monde de saut d'obstacle. En 1996, la cité suisse avait déjà accueilli cet épilogue de la saison hivernale. L'Autrichien Hugo de Gaulle a été le premier à avoir accueilli cette épilogue. Simon s'y était imposé avec E.T. devant le Suisse Willy Meliger sur Calvaro et le Britannique Nick Skelton sur Dollar Girl. Pour ce retour à Genève, 43 cavaliers sont au rendez-vous. Allez, pour se mettre dans l'ambiance, la bande-annonce de la FEI. Le plateau est d'une exceptionnelle qualité. Les prétendants sont nombreux, très nombreux. Double vainqueur en 2003 avec Anka. Et en 2006 avec Sandro Boy, Marcus Henning est annoncé parmi les grands favoris. En novembre 2009, il a remporté le Masters d'équipe à Lyon. Un mois plus tard, à Villepinte, il s'est offert la finale du Top 10. En février, le champion olympique par équipe 2000 a récidivé à Bordeaux. Enfin, deux semaines plus tôt, sous la verrière du Grand Palais qui accueillait la première édition du Sceau Hermès, Henning s'était déjà imposé avec Sabrina, la fille de Sandro Boy. Vous pouvez d'ailleurs écouter tout ça. Toute l'histoire du cheval au Grand Palais dans l'épisode précédent de Légende Cavalière. L'Allemand, alors âgé de 35 ans, multiplie les succès. Il pointe au troisième rang d'un classement mondial dominé par le Suisse Pius Schwitzer. Pour la finale de la Coupe du Monde, il a emmené en Suisse Plot Blue et Cushion Girl. Les espoirs français reposent sur Pénélope Leprévost et Mylord Cartago, couple qui dispute sa première finale tant pour la cavalière que pour les talons, Patrice Delaveau et Kachina Mayle, qui revient disputer une finale à Genève après son expérience de 1996 avec Roxane de Gruchy, et enfin Kevin Stott, numéro 5 mondial, champion d'Europe en 2009 avec Ragboom et engagé à Pâle Expo. Avec Sylvana. 15 avril. Première épreuve, la traditionnelle chasse. Une journée où l'on ne peut rien gagner, mais où l'on peut tout perdre. Objectif de tous, se positionner aux avant-postes, mais sans gaspiller trop d'énergie. Sur le parcours, dessiné par le Suisse Rolf Ludi, l'Américain Rich Fellerz ne se pose pas ce genre de questions. Deuxième en 2008 à Göteborg, derrière Michael Sberbaum, absente à Genève pour cause de maternité récente. Feller lance flexible sans retenue, sans faute, dans un temps canon. Il devance d'une demi-seconde, son compatriote McLean Ward sur Saphir, et de près de deux secondes, le Brésilien Rodrigo Pessoa, venu avec Let's Fly. Sixième, Kevin est le meilleur des tricolores, trois rangs devant Patrice. Pour Pénélope, cette journée s'achève à une décevante 19e place. Avec Cushion Girl, Marc Oussening réalise une prestation correcte. Sans plus. Une faute sur le dernier obstacle le pénalise fortement. Il est dixième. Rien de rédhibitoire, certes, mais le podium semble encore très très loin. Le lendemain, place à la deuxième épreuve. Ils sont neufs à sortir sans faute du tour initial. Aucun Français. Premier non barragiste, Delaveau concède un point de temps, tandis que Stott sort avec quatre points et le prévaut avec neuf points. Soirée difficile aussi pour le leader, Richfellers. Deux fautes et une 26e place dans cette épreuve ruinent tout espoir de victoire finale. Mais attention, un Américain peut toujours en cacher un autre, et même deux autres. Retour sur cette deuxième épreuve. La veille, dans la chasse, Steve Garda avait dû se contenter de la 24e place avec Jaliska Solier. En ce vendredi, il monte cette fois 13h05. Au micro de la RTS, on retrouve Alban Poudret et Alain Méry.
- Speaker #1
Phénoménal.
- Speaker #3
Phénoménal ! Extraordinaire ! Peut-être sur la victoire ce soir, quand il est dans son jardin à Val-Expo, il va peut-être signer une nouvelle grande victoire ici. C'est possible avec ce chrono-là. C'est possible. Bon là, la citruade a fait perdre peut-être quelques dixièmes, mais tout était parfait dans ce parcours-là. Quelle maîtrise chez Steve Gerdin, quelle place !
- Speaker #2
Devant son public, le Jurassien efface la déception de la première journée. Il s'impose avec une seconde d'avance sur McLean Ward et Saphir. La troisième place est elle aussi américaine avec Urico et Mario Deslauriers. Vainqueur de la finale en 1984 avec Aramis alors qu'il n'avait que 19 ans, un record de précocité, Deslauriers, canadien de naissance, est passé sous la bannière étoilée un an plus tôt. Il représentera les États-Unis jusqu'en 2017 avant de redevenir canadien. Marcus Jennings et Plot Blue sont quatrièmes. Grâce à ce résultat, l'Allemand remonte à la troisième place du classement général, désormais dominé par Macklenward et Mario Delaurier. De Lavo est cinquième, Stott huitième. Un classement très provisoire. Un coup de tonnerre s'abat un peu plus tard sur Pâle Expo. Macklen Ward est déclassé à la suite d'un contrôle d'hypersensibilité positif sur Saphir. Dans la nuit de vendredi à samedi, un second test est effectué. Même résultat. La disqualification est enterrinée. Le cavalier crie à l'injustice. La Fédération Équestre Internationale précise n'avoir décelé aucun signe de pratique douteuse de la part de l'Américain ou de membres de son équipe. Mais confirme la sanction. Le tribunal arbitral du sport condamnera la FI quelques mois plus tard. Deslauriers est le nouveau leader devant Marcus Henning et désormais Pius Schwitzer, 3e avec Carlina. Dimanche 18 avril 2010. Le bouquet final, deux manches. La première, ouverte aux 30 meilleurs des deux premiers actes. La seconde, réservée aux top 20. Comme toujours en finale de la Coupe du Monde, tout peut encore basculer. Deslauriers ne compte que deux points d'avance. sur Henning, 3 sur Schwitzer, 5 sur Pessoa et Delavo, 6 sur la portugaise Luciana Diniz avec Winning Mood van de Arenberg. 7 couples sortent sans faute de la première manche. Parmi eux, Deslauriers et Eurico. Sur Equidia, on retrouve Céline Gouald et Michel Robert.
- Speaker #1
C'est beau, c'est bien ça. Un an qu'il l'a, mais il a une bonne complicité avec le choix. Magnifique. Oh là là !
- Speaker #2
En revanche, Ening s'est fait surprendre sur le dernier obstacle, le légendaire mur genevois surmonté de petites statues de vaches.
- Speaker #1
C'est possible qu'il fasse une faute. dire que les ports mais la liquidation de galois c'est mon rêve il attend le saut il attend la première barre il accompagne la deuxième comme à la maison tranquille
- Speaker #0
C'est la plus difficile dans cette compétition.
- Speaker #1
La faute sur le mur. La faute sur le mur. C'est pas vrai.
- Speaker #2
Une toute petite faute d'antérieur. 4 points. Son total grimpe à 8 unités. Il reste... reste deuxième, à égalité avec Diniz. Sans faute en première manche et désormais à 6 points du leader. Mario Deslauriers semble en route pour un deuxième succès. Il sera le dernier à s'élancer avec le luxe de plus d'une barre d'avance. Ayant tous les deux lâché 4 points dans ce premier parcours dominical, Stott et De Laveau ne se battront plus que pour les places d'honneur. Ils termineront respectivement 7e et 11e. Deuxième manche. Dernier parcours de cette finale de Genève. Henning est l'antépénultième à revenir en piste. Diniz et bien évidemment Deslauriers lui succéderont. Avant lui, Ludger Berbaum avec Gota Frh et Pius Schwitzer avec Carlina ont sorti un sans faute et conservé leur total de 9 points. Henning n'a donc pas le droit à la moindre faute s'il veut grimper sur le podium.
- Speaker #4
sur la piste vous voyez le plus c'est nous la deuxième victoire qu'il y a eu dans son maxi en 2003 c'était avec Anka le jument Anka et puis en 2006 avec le merveilleux Sandro Boy cette
- Speaker #1
fois c'est Plot Blue qui était au boulot profitons de ce spectacle profitons de ce cavalier je vous rappelle 6 points il n'a pas droit à une barre sinon il se gratte derrière Pius VIII c'est vrai qu'il n'a pas la même machine que les autres non plus mais bon l'homme est tellement fort, il n'a pas le même cheval,
- Speaker #0
il passe très bien,
- Speaker #1
il attend ses sous une gymnastique de son corps entre la battue de départ en l'air et la réception qui est rare et qui fait ça on voit pas d'autres cavaliers c'est inimitable il faut avoir un physique très particulier très léger dans la main le swan qui n'a pas du tout un peu de toc sur les mains un peu de toc et toc plus fort et ça bute
- Speaker #2
Autour de Diniz, avec son génial gris, sous les yeux de son propriétaire, Edouard de Rothschild.
- Speaker #4
L'Otchiana, attention, 5 points au compteur pour l'Otchiana Diniz, sans faute, première manche, magnifique concours, juste une petite barre dans l'épreuve de Grand Prix vendredi soir.
- Speaker #1
allez vous de Ausha pas écouter le battement de coeur de monsieur rothschild à l'heure actuelle c'est surpris son cardiologue se passer sur point c'est bien ça va pousser un peu fort là tout le monde est un petit peu fort un petit peu fort elle va leur pays dans la ligne suivante mais bon le chasse échappe ici à beaucoup ça va chauffer Donc il y a un petit combat là actuellement. Il faut qu'il se recalme. Après ça, ça devrait... On a le temps de se recalmer parce que l'espoir est loin. Ah là, il se recalme. Tout va bien.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Très bien. Il est tournant. Il va se proche. Je le fais un peu sortir de tournant.
- Speaker #0
En pause.
- Speaker #1
Ça a sorti le tournant à gauche, à mon avis, il s'est chauffé un petit peu.
- Speaker #4
Ah là là, ça lui fait perdre au moins trois places.
- Speaker #2
Quatre points pour la portugaise. Henning sera au pire deuxième. Ne reste plus qu'à attendre le parcours de Deslauriers.
- Speaker #4
Piste, c'est Mario Deslauriers, attention. Pour l'instant, cet homme a fait un parcours parfait, sans faute à la chasse, sans faute au rempli, sans faute au barrage.
- Speaker #1
C'est vraiment le moment le plus fort de la journée. Là, ça va être quelque chose. C'est parti, il vient de couper la ligne de départ maintenant. Et au décidé, qui reprend beaucoup.
- Speaker #0
Et la broye,
- Speaker #1
c'est le roi. Numéro 2, il demande un effort ici. Là, il laisse rien au hasard. Il est bien décidé. Il en fait presque un peu trop sur les trois premiers. Mais bon. Il le porte.
- Speaker #3
Il le porte.
- Speaker #1
Il fait un peu trop. C'est ce que je pensais. Il est coincé. Mais oui. Il s'est coincé.
- Speaker #4
C'est pas grave.
- Speaker #1
Il avait droit à une barre.
- Speaker #4
Il a encore deux points d'avance sur Marco Sennig.
- Speaker #1
Il faut qu'il relâche sa pression, Mario. Mario, laisse venir. Bien, on va aller au calme. On se pisse un grand coup là.
- Speaker #4
Il a droit à un petit peu de temps, mais c'est tout.
- Speaker #1
Plus de fautes. Là, il a fait des grosses erreurs. Mais le cheval va rectifier aussi maintenant. Les deux ont rectifié. C'est revenu dans le calme. C'est vertical et délicat pour lui. Aussi, bonne à bord. Mais oui ! Deux fautes. Il remporte sa troisième coupe du monde.
- Speaker #4
Oh là là !
- Speaker #1
Incroyable. C'est vite joué alors que ce cheval est très en forme. on lui fait un tout petit peu craqué on va dire il a craqué un peu sur le marc
- Speaker #2
Le néo-américain craque complètement. Urico, Hongre alors âgé de 9 ans, qui sera monté un peu plus tard par Ben Maher, semble survoler les obstacles en début de parcours. La victoire ne semblait pas pouvoir lui échapper. Mais la fin du parcours a pris des allures de cauchemar. 13 points. L'américain a tout perdu. Il est repoussé à la 6e place. Henning, lui, remporte sa 3e finale de Coupe du Monde. Au paddock, le centaure... Le mentor allemand explose de joie, de façon très démonstrative, comme rarement avec lui. Tout le monde vient le féliciter. La délégation allemande, bien évidemment avec Marco Kutscher, Ludger Berbaum, Christian Allmann ou encore la grande mécène Madeleine Winter-Schultz et tous les autres cavaliers. Kamel Boudra est le premier à recueillir ces impressions. comme ça a passé c'est incroyable et je suis vraiment vraiment heureux que vous avez gagné beaucoup de Grands Prix mais quel est votre rêve maintenant ?
- Speaker #1
C'est un moment où c'était un rêve et c'est encore un rêve et je suis incroyablement heureux Merci
- Speaker #4
Il nous disait merci Kamel c'est super d'avoir cette interview il nous disait qu'en fait après la première manche et sa faute un petit peu à cause de la malchance d'après ce qu'il dit il a vraiment pensé que c'était fichu et du coup il est incroyablement heureux Marcus Henning de cette victoire
- Speaker #1
Vraiment fantastique, c'est un grand, grand,
- Speaker #0
grand bonhomme.
- Speaker #1
Il le mérite et je trouve que ça fait vraiment plaisir de le refaire.
- Speaker #2
Dans l'histoire de la cour... Coupe du Monde, Marcus Henning est aussi le premier à s'imposer avec deux chevaux, Cushion Girl dans la chasse, puis Plot Blue. Troisième victoire donc pour ce styliste dont tout le monde admire l'équitation. Il ne sont que cinq à avoir réussi pareille performance. L'Autrichien Hugo Simon fut le premier, sacré lors de la première finale de l'histoire en 1979 à Göteborg avec Gladstone, puis en 1996 et 1997 avec E.T. et FRH. Le Brésilien Rodrigo Pessoa Limita, vainqueur avec le fabuleux Baloubet du Rouet. Trois victoires avec le même cheval. Trois années consécutives en 1998, 1999 et en 2000. Une série unique dans l'histoire. L'Allemand de Mérédith Michael Sberbaum réalisa aussi un triplé avec Shutterfly en 2005, 2008 et 2009. Sébastien Roulier avait rencontré la cavalière dans l'épisode 22. De légendes cavalières pourraient évoquer ce cheval disparu il y a peu. Après Marcus Henning, Steve Gerdas est lui aussi imposé à trois reprises, et comme Henning, avec trois chevaux différents. Paille de la Roque en 2015, Corbinian en 2016 et Alamo en 2019. Dans la seconde partie du podcast, Alban Poudret reviendra bien évidemment sur tous ses exploits. Côté français, le bilan est moins glorieux. Une seule victoire. En 2004, grâce au nordiste Bruno Bruxo avec Dilemme de Seff, couronné devant Meredith et Shutterfly. L'épisode 15 de Légende Cavalière retrace ce succès. Petit extrait pour le plaisir, avec à l'époque Xavier Debreuil et Virginie Coupry-Effel sur Equidia. « Bon,
- Speaker #0
c'est tellement spectaculaire ! » originale et spectaculaire il donne tout ce qu'il a attention attention 5 foulées c'est difficile de dire on entend les gens qui crient dans le public c'est un peu comme nous attention aux observatoires 5 foulées 5, 6,
- Speaker #1
allez ! Oui Bruno,
- Speaker #0
ça y est !
- Speaker #2
100 !
- Speaker #0
C'est bon ! Bruno Bruxon n'aura pas touché une barre de toute la compétition, c'est l'euphorie, l'euphorie dans le camp français, regarde ! Et ça y est Bruno Bruxon gagne la Coupe du Monde ! Eh ouais, ça y est mon vieux, on est dans les Tres-Ponchons, ça doit être quelque chose là-bas,
- Speaker #2
c'est fantastique. Les podiums tricolores ne sont pas non plus très nombreux. On n'en recense que six. Bruxos, donc, sur la plus haute marche, mais aussi Pierre Durand et Japlou, deuxième en 1988 et troisième en 1985. Roger Yves Bost et Norton de Ruys, troisième en 1991. Pénélope Leprévost et Vagabond de La Pomme, deuxième en 2015. Et enfin... Julien Epayard, deuxième l'an dernier, avec du bail du cèdre. Dans quelques jours, à Bâle, plusieurs cavaliers pourront marquer l'histoire encore un peu plus. Le Suédois Henrik van Eckermann pourra rejoindre le club des trois victoires. Mais il ne pourra faire aussi bien que Pessoa et ses trois succès consécutifs avec le même cheval, King Edward ayant été dispensé de ce rendez-vous. Marcus Henning, lui, pourrait devenir le premier cavalier à s'imposer une quatrième fois, 22 ans après son premier succès, 15 ans après celui de 2010. Alban Poudret, bible des sports équestres, se souvient parfaitement de ces instants. Retrouvons-le. Alban Poudret, merci beaucoup de nous consacrer quelques minutes pour parler de cette finale Coupe du Monde 2010 à Genève, chez vous. À la maison. Mais avant de revenir sur cet épisode, Alban, quand on dit Coupe du Monde, pour vous, ça évoque quoi ?
- Speaker #3
Coupe du Monde, c'est un peu tout mon parcours, puisque j'ai commencé à avoir de l'âge et que j'étais déjà un peu là quand cette Coupe du Monde est née. C'était un peu la concrétisation d'un vrai circuit hivernal, d'une vraie professionnalisation du sport. Donc, on voyait ça comme un plus, mais en même temps avec un petit peu d'inquiétude parce qu'on se disait, est-ce que ça va trop ? se professionnaliser, oui, non, mais je crois que c'était une idée de génie, notamment du Suisse Max Hamann, le créateur et directeur de cette Coupe du Monde, journaliste typique, qui avait vraiment bien imaginé tout ça, puisque le règlement n'a pratiquement pas changé depuis. Il avait l'appui des cavaliers, alors certains cavaliers disent que c'était eux qui étaient à la base, mais disons qu'en tout cas, Max Hamann a quand même été... le grand esprit et l'âme de cette Coupe du Monde pendant des décades et des décades. Et c'est vrai que je n'ai hélas pas assisté à la toute première finale. J'étais déjà dans le métier, mais je n'avais pas les moyens nécessaires de m'envoler à Göteborg. Je voyais ça comme quelque chose de presque impossible. J'y suis allé au moins une quinzaine de fois par la suite à Göteborg pour ces fabuleuses finales. Mais c'est vrai que j'avais vu à la télévision ce premier barrage entre Hugo Simon et Cathy Monan, prudent. Alors... Il n'y a plus de barrage ensuite jusqu'en 1996 à Genève. Voilà le clin d'œil. Mais après, il y a eu beaucoup de grandes finales. Depuis 1982, je les ai faites presque toutes, y compris à pied évidemment. Mais des grands moments, Bercy en 1987, les deux victoires de John Whittaker avec Milton, une fois devant Japlou et tant d'autres.
- Speaker #2
J'étais surpris parce qu'en travaillant sur ce podcast, j'avais l'impression qu'il y avait eu beaucoup de finales à Genève. Mais il n'y en a eu que deux, finalement. On associe pourtant Genève à la Coupe du Monde parce que jusqu'en 2012, il y a eu une étape à Genève. Et finalement, que deux finales chez vous.
- Speaker #3
Oui, je pense que ça vient du fait que Genève a été tout de suite dans le circuit. Il n'y a pas beaucoup d'étapes qui ont été là dès les débuts, en 78-79. Et Genève était chaque fois là. Pas chaque fois parce qu'il y avait d'abord un rythme bien nal pour le concours de Genève jusqu'à l'installation du concours à Pâlexpo en 91. Alors après c'était chaque année, avant ça c'était tous les deux ans. Mais c'est vrai que Genève a tout de suite joué ce jeu-là jusqu'effectivement à la création du grand chelem. Peut-être aussi que les deux finales qui ont eu lieu là en 1996 et en 2010 ont été assez marquantes, assez poignantes. 1996, c'est ce barrage entre le tout petit Hiti d'Hugo Simon et le géant Calvaro de Vili Meliger. Donc c'était quand même quelque chose d'assez extraordinaire. Déjà, c'était le deuxième barrage de l'histoire. Et en plus, ce duel entre David et Goliath et David qui gagne en coupant. Devant le lac de Pâle Expo. Et puis en 2010, aussi une grande finale dont on va un peu parler, je crois.
- Speaker #2
Est-ce que la force de cette finale Coupe du Monde, de cette formule, c'est aussi d'avoir les meilleurs du monde ? Parce qu'il y a très, très, très peu d'absents parmi les meilleurs sur ce rendez-vous.
- Speaker #3
Oui, c'est vrai. C'est vrai. Oui, c'est vraiment un championnat du monde en salle. Donc, il a vraiment une grande valeur, ce championnat-là. Il n'y a pas de médaille. Donc, c'est vrai qu'on focalise plus sur les vainqueurs que sur les trois premiers par rapport aux autres championnats. Mais c'est vrai que gagner une Coupe du Monde, brandir une Coupe du Monde, c'est aussi beau que de gagner un championnat d'Europe ou du monde, ou presque. Mais presque, surtout parce que c'est chaque année. Donc, il y en a eu plus des vainqueurs. Mais oui, c'est très prestigieux. Les meilleurs sont là, souvent avec leurs meilleurs chevaux. Quand on regarde ce palmarès, il est grandiose.
- Speaker #2
Et puis, on a aussi la confrontation qu'on n'a pas forcément beaucoup l'hiver entre les Européens et les Américains. Là, c'est le jour où tout le monde se retrouve.
- Speaker #3
Absolument, Pascal. Ça, c'est vraiment une des particularités. C'est une des raisons, je crois aussi, qui a motivé Max Hamann et les Cavaillers à lancer cette compétition. C'était vraiment un grand match Europe-Amérique du Nord au départ, puis Amérique, parce qu'il y avait quand même toujours les Ausha et quelques autres. Donc c'était d'abord ça, mais ensuite les ligues, il y en avait peut-être 7 au début, maintenant il y en a 3 fois plus, il y en a dans le monde entier. Et c'est vrai que ça a aussi contribué à développer le sport sur les 5 continents et à monter le niveau dans certains continents. Et c'est vrai que ce match Europe-Amérique du Nord s'est ensuite transformé en une grande fête mondiale.
- Speaker #0
Alors, direction 2010, maintenant, Alban. Cette finale, vous vous souvenez un petit peu de l'état d'esprit qu'il y avait à cette époque ? Parce que, bon, Marcus Henning avait un peu tout gagné avant. Il y avait aussi les Américains qui étaient là en force, des lauriers, qui est canadien, mais qui, en l'occurrence, à cette période, sa carrière, en tout cas, était américain. Il y avait beaucoup de monde. Quelle était l'ambiance à Genève ?
- Speaker #1
Alors, déjà, sur ce match États-Unis ou Amérique du Nord-Europe, c'est vrai qu'on avait... tout fait pour que ça soit de nouveau ça. Il n'y avait plus de victoire américaine sauf erreur depuis. Il y avait eu les Canadiens, il y avait eu Yann Millard qui avait réussi à doubler en 89-90. Sinon, il fallait remonter à 87, Catherine Bursland à Bercy justement pour avoir une victoire américaine et c'était un peu moins ce grand match-là.
- Speaker #0
En 1996, Alban, vous aviez même fait atterrir les chevaux presque sur la piste.
- Speaker #1
Et c'est vrai qu'on avait beaucoup aussi œuvré pour... que les meilleurs Américains viennent. On avait eu la chance de pouvoir faire atterrir les chevaux sur l'aéroport de Genève. Ce serait plus possible maintenant. Et donc, 25 chevaux étaient arrivés d'Amérique du Nord et avaient pu aller directement aux écuries avec les cavaliers qui les tenaient en main ou les grooms. Et ça, ça avait beaucoup impressionné les Américains, beaucoup impressionné leurs propriétaires. Il y avait même eu un excellent gag. C'est qu'un propriétaire sans doute richissime nous avait dit « Tu es un Mais c'est extraordinaire, vous avez maintenant un aéroport à disposition à côté de votre concours hippique. Alors que c'était évidemment l'inverse. Mais c'est vrai que c'était très pratique d'être à 400 mètres des écuries.
- Speaker #0
En 2010, pas d'atterrissage sur l'aéroport de Genève, cette fois pour les chevaux. Mais à nouveau un super plateau.
- Speaker #1
C'est vrai qu'il y avait une participation extraordinaire de la part des Américains. Ils étaient tous là avec leurs meilleurs chevaux, y compris McLean-Noir, Bessie Madden, tous ces cavaliers-là avaient leur crack. Donc on s'attendait à un grand match et puis on avait vraiment essayé d'accueillir tout le monde de la meilleure des façons. On avait un cadre qui avait vraiment changé, on avait vraiment fait une piste plus grande dans une autre halle pour avoir une piste octogonale. C'était un peu un de nos grands rêves, c'était de faire une piste très différente. Et franchement, je crois que les Cavaillers avaient aussi beaucoup apprécié, même si au départ, quand on leur parlait de piste octogonale, ils étaient un peu surpris. Et le public était du coup très très près de la Seine, des chevaux. Tout le monde était bien placé. Franchement, c'était assez génial, mais compliqué à faire. Et le budget avait explosé aussi, donc c'est pas quelque chose qu'on pourrait faire chaque année. On avait quand même gardé notre lac, évidemment. Surtout qu'on avait la finale de la Coupe du Monde d'attelage également. Et donc, il fallait se laquer.
- Speaker #0
L'épreuve de vitesse, la fameuse chasse, on dit toujours que c'est l'épreuve où on peut tout perdre, mais on ne peut pas gagner. Vous confirmez ?
- Speaker #1
Oui, on n'a plus à perdre qu'à gagner. En résumé, c'est vrai que ce n'est jamais décisif. On peut même être 12 ou 14e dans la chasse et puis gagner à la fin. Mais enfin, il ne faut pas se rater non plus. Et par exemple, Steve Gerdat, qui avait fait un tour magnifique avec Jalis Casselier, avait fait tomber les deux derniers en prenant une option un petit peu audacieuse. Et du coup, il plongeait au classement. Ça ne l'a pas empêché ensuite de gagner le vendredi soir, le samedi soir. Mais pour la finale, les carottes étaient cuites. Et effectivement, il y avait déjà eu pas mal de déceptions, voire de désillusions dans cette chasse.
- Speaker #0
Du côté suisse, il vous restait Pius. Pius Schwitzer, je crois, qui était encore bien placé aux avant-postes.
- Speaker #1
Exactement, qui avait fait une très bonne chasse avec Ulysse. Il avait décidé de miser sur deux chevaux, Carlina et Ulysse. Même chose pour un certain Marc Oussening, on en reparlera sans doute. Et ça, c'était étonnant parce qu'en fait, jamais un cavalier n'avait gagné en prenant deux chevaux. Et si lors des premières éditions, les cavaliers hésitaient à en prendre un ou en prendre deux, le fait, je crois, qu'ils aient toujours gagné avec... un seul cheval en misant sur le même du début à la fin, avait un peu découragé les meilleurs à monter plusieurs chevaux. Mais enfin là, il y en avait quand même un certain nombre qui en montaient deux, dont effectivement Marcus Henning et Pius Fitzherr, qu'on va retrouver le dimanche.
- Speaker #0
Exactement, on va aller directement au dimanche. Il y a une dramaturgie assez folle. 2010, ça a été particulier, mais d'une façon générale, ce système, cette formule avec une première manche avec les 30 meilleurs, puis les 20 meilleurs. Meilleur, on repart dans l'ordre inverse du classement où souvent ça se joue à quelques points seulement. C'est un suspense presque garanti à tous les coups.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que c'est souvent encore un grand suspense parce qu'il y a deux tours différents. C'est vrai que beaucoup de choses se jouent en général encore le dimanche. Quoique, on a aussi vu ces dernières années des leaders qui s'appellent Gerda, Wackerman ou d'autres rester en tête jusqu'au bout et faire la course en tête. Mais il y a parfois des rebondissements et ce jour-là, il y en a eu beaucoup. Il y en a déjà eu dans la première manche. Marcus Henning pensait avoir perdu toutes ses chances en faisant la faute sur le dernier de la première manche qui étaient nos fameuses petites vaches qui peuvent tomber. Elles sont coupées en petites tranches, nos petites vaches gruyériennes. Et lui, c'était la première fois qu'on sortait cet obstacle. On avait vraiment voulu faire une grande fête suisse, une grande fête folklorique. Il y avait même eu des vaches le premier soir sur la piste avec des armaillés. Ils chantaient le rang des vaches. Voilà, c'était une grande fête. On voulait montrer aussi la Suisse au reste du monde. Et alors ces vaches, elles avaient beaucoup un peu inquiété les cavaliers à la reconnaissance du parcours. Et Marc Ousseline était franchement un peu fâché par cette faute et se demandait si cet obstacle était vraiment faire. Mais finalement... D'une part, il ne lui a rien coûté puisqu'il va quand même gagner. Et depuis, on n'a plus jamais eu de problème avec ces vaches qu'on ressort régulièrement pour la finale du top 10 au Grand Prix.
- Speaker #0
Ça vaut des beaux moments parce que quand vous écouterez le podcast, Alban, vous entendrez Céline Gouald s'exclamer « Oh non, la vache ! » sur le dernier obstacle de Marcus. La deuxième manche, quel suspense assez fou aussi. Vous vous souvenez du déroulement ?
- Speaker #1
Oui, je ne me souviens plus exactement du déroulement. Je n'ai pas regardé mes fiches qui doivent être sous des piles innombrables. Mais je me souviens qu'il y a eu beaucoup de retournements de situation. On ne pensait pas d'ailleurs que Marcus Henning allait gagner. D'ailleurs, peut-être qu'Henning est encore meilleur quand il n'y a pas trop trop de pression. Et voilà, peut-être que ce jour-là, ça a un peu avantage. Mais enfin, c'était quand même la troisième Coupe du Monde qu'il gagnait, ce génie à cheval. Mais c'est vrai que les derniers ont un peu craqué. Il y a la faute de Luciana Diniz qui lui coûte même la victoire. Il y a surtout les trois fautes de Mario Delorier qui est nettement en tête, qui met un peu de baume au cœur après la disqualification le vendredi soir de sa fille. Je pense qu'on en reparlera, la jument de McLean Ward. C'est vrai que... Les Américains, tout à coup, croyaient en la victoire du Canadien Mario Delorier, qui avait déjà gagné en 1984 alors qu'il avait 18 ans à l'époque. Mais là, peut-être qu'il supporte moins la pression qu'à 18 ans. En tout cas, il rate vraiment son parcours. Un mauvais saut dans la sortie du triple. Il traverse le vertical suivant. Il y a encore deux fautes, je crois, sur les deux derniers. En tout cas, en toute fin, justement, sur cette piste octogonale, il y avait des virages un peu compliqués, des lignes assez techniques. Et voilà, et donc, il plonge de la première à la sixième place. C'est l'abattement total. Donc, il y a eu quand même beaucoup de surprises à la fin,
- Speaker #0
oui. Justement, vous l'avez évoqué, Alban, le cas Saphir et McLainward. Beaucoup de rebondissements, tard dans la nuit, etc. Des contrôles, des recontrôles, etc. C'était compliqué aussi, ce moment à vivre, j'imagine.
- Speaker #1
C'était horrible à vivre. Franchement, horrible. Surtout qu'on n'était pas convaincus du tout. Mais ce n'était pas à nous de juger, de dire quoi que ce soit. Simplement, toutes les heures, on nous reconvoquait, Sophie Motu et moi, à retourner dans le container où se trouvaient la présidente de la FEI, la princesse Aya, les officiels, le jury, Stewart. Et ils discutaient, hésitaient. Et on repoussait d'une heure la décision, le communiqué de presse, jusqu'à 5h du matin. Donc franchement, avec Sophie, c'était épouvantable. On voyait McLean Ward qui était en larmes. Donc on ne savait pas. pas ce qui s'était passé, puisque nous, on a su ça que quand on nous a convoqué dans ce container à minuit ou une heure du matin, il y avait eu, après l'épreuve de saut, encore une manche de la Coupe du Monde d'attelage. Et c'est ensuite qu'on a su ça. Et voilà. Donc nous, je dois dire qu'on était vraiment minés jusqu'à 5 heures du matin. L'indécision totale. Chacun avait un avis différent. Ensuite la décision est prise mais le lendemain après midi il y a une réunion du club des Cavaillers, il y a 10 experts d'iCavaillers. qui sont là, des Michael Whittaker, des Michel Robert, des Lutger Berbaum, des grands noms, des grands champions. Et franchement, je crois qu'il y a prescription, on peut le dire. Ils sont vraiment partagés. Il y en a peut-être cinq qui pensent qu'il y a peut-être quelque chose et cinq qui pensent que pas du tout, parce que le veterinaire a touché la jument 54 fois, je crois. Et donc, voilà, elle a peut-être le réflexe de lever la jambe un peu brusquement. Et voilà, donc on ne sait pas, franchement on n'en sait rien, tout le monde en perd son latin. Et puis surtout le plus frustrant là-dedans, c'est que deux mois plus tard, la FEI va réhabiliter la jument, parce que ce n'est pas le cavalier qui avait été disqualifié, c'est uniquement la jument pour hypersensibilité, et lui redonner sa deuxième place du vendredi soir derrière Steve Garda. Donc c'était vraiment, on n'y peut rien comprendre, ça nous avait complètement gâché notre fête, évidemment. Et puis, on avait un peu trop senti, déjà le mardi, le mercredi, le mardi, avec Rémy Cavallé. Il n'avait parlé que des contrôles et de ça, que ça allait être très, très strict, etc. On sentait franchement un petit peu les dindons de la farce.
- Speaker #0
On va repartir sur le bon côté. Marc Oussening, vous l'avez qualifié tout à l'heure de génie de l'équitation. Il l'a prouvé une fois encore à Genève, mais tout au long de sa carrière. Et ce n'est pas fini.
- Speaker #1
Absolument. Un cavalier génial, je crois. Un cavalier génial, Marc. Même les jeunes, finalement, ils votent souvent Marcus Henning quand on leur demande le plus fort. C'est un des monuments de notre sport. Un génie à cheval où tout semble simple avec lui. Une telle complicité aussi avec ses chevaux, des chevaux très différents. C'est vrai que la Coupe du Monde lui a mieux réussi que les autres grands championnats. Mais en Coupe du Monde, je pense qu'il est à sa place avec quatre autres immenses champions qui ont gagné trois fois. prestigieux trophée. Donc, oui, un immense champion et on était ravis de cette victoire. Acquise avec deux chevaux, donc Cushion Girl qui lui avait fait des misères dans les championnats les années précédentes. Et puis, le vendredi et le dimanche, Plot Blue, qui était propriété suisse et qui a d'ailleurs fait ses adieux à Pâlexpo quelques années plus tard.
- Speaker #0
On voit des images du paddock quand Henning comprend qu'il a gagné. Parce que... Vous l'avez dit, il y a eu Lucian Adiniz après lui, qui a fait faute. Puis Mario Delorier, qui est sorti avec 13 points au total. Et donc, Marc Ouz gagne. Et on l'a vu, on le voit sur les images, c'est un peu collector, très démonstratif, très heureux. On n'est pas habitué à le voir comme ça. Ça donne peut-être toute la dimension d'une victoire en Coupe du Monde. Ce n'est pas une victoire comme les autres. Oui,
- Speaker #1
Ludger, immense champion, qui avait gagné en 1993 avec Ratina. Donc c'est vrai que Lutger, il sait ce que c'est que de gagner un championnat comme ça sur 3-4 jours. Et puis même si Markus Henning est un des rares à ne pas être passé dans ses écuries, je pense qu'il y a une grande estime et admiration commune. C'est vrai que Lutger, il était tout près de cette deuxième victoire. Puisque sinon, ça aurait été un barrage entre lui et Pius Witzel, qui était deuxième ex aequo avec les mêmes pénalités. Donc c'est vrai que c'est beau de se dire que même si cette victoire leur laguait au deuxième rang, il était ravi pour son coéquipier.
- Speaker #0
Bon, Alban, vous êtes Suisse, mais si vous pouviez nous donner une petite recette à nous les Français, parce qu'on n'en a qu'une victoire en finale de Coupe du Monde.
- Speaker #1
Oui, j'y étais, oui, oui, 2004.
- Speaker #0
Voilà, comment faut-il faire, Alban, dites-nous tout.
- Speaker #1
Ah non, je n'ai pas grand-chose à vous dire, si ce n'est qu'on a la chance d'avoir des très grands... champions en Suisse, on a des as, c'est vrai. Donc ceux qui ont gagné, ce n'était pas pour rien. Marcus Fuchs, il a quand même mis fin à un triplé qui a failli être quadruplé, puisque c'est au barrage que ça s'est décidé de Rodrigo Pessoa avec Balou Belioroué. Donc c'est vrai que Marcus Fuchs n'a rien volé en 2001 avec Tinkas Boy, il était numéro un mondial à l'époque. Bert Mendlim, c'est aussi un monument et un styliste magnifique. Il a gagné aussi sa finale en 2007. Martin l'a gagné aussi en 2022 avec deux chevaux. Et puis il y a eu ce triplé incroyable de Steve, 2015 avec Paille de la Roque, on n'imaginait jamais pouvoir gagner ça. 2016 avec Corbinian qui n'avait jamais gagné un Grand Prix, qu'il avait vraiment préparé pour ça, mais préparé pas sur les parcours, préparé en Espagne, trois semaines de relaxation, plus sur la plage, au bord de mer pour vraiment... améliorer cette complicité plus que sur des gros parcours. Et puis en 2019 avec Alamo. Alors voilà, je pense qu'il faut un immense talent parce que les noms que je viens de citer sont des immenses champions. Il faut bien sûr le cheval, mais en même temps aussi, il va gagner avec trois chevaux différents. Il faut beaucoup de nerfs, ça, c'est sûr. Plusieurs fois, il faut tenir le zéro jusqu'au bout. C'est assez quand même énorme. C'est vrai qu'en général les pénalités sont peut-être plus élevées si on regarde dans les championnats d'Europe ou du monde où il y a peut-être plus de surprises dans les parcours parce qu'on est en extérieur. Jusqu'à il n'y a pas longtemps on était aussi sur l'herbe et il pouvait même y avoir des naturels dans la chasse mais là je parle quand même d'il y a quelques années. Mais c'est vrai qu'il faut quand même énormément de qualité pour arriver au bout. Il faut surtout un couple exceptionnel même si bien sûr on l'a dit c'est le seul championnat où on peut avoir deux montures. le 90 ou 15% des vainqueurs ont quand même gagné avec un cheval et un cheval d'exception.
- Speaker #0
La finale de la Coupe du Monde revient en Suisse dans quelques jours, quelques semaines. Vous en espérez quoi ? Vous avez hâte ?
- Speaker #1
Alors on espère un grand événement, ça va être un très bel événement. On compte sur Andy Kistler et toute son équipe pour en faire une très belle fête. Il y aura aussi d'ailleurs, comme il y avait eu à Genève, aussi à côté fête folklorique, fête suisse, il y aura le Cirque National suisse, il y aura différents numéros très helvétiques. Je pense que ce sera du sport de très haut niveau. La participation semble magnifique, un petit peu moins du côté de l'Amérique du Nord, mais enfin, il y a quand même un très très beau plateau. Je pense que la lutte sera très très relevée. Et puis du côté suisse, on espère un exploit de Martin et une belle place d'honneur pour Edouard Schmitz. Voilà ce qu'on espère, mais on espère surtout du beau sport et on va s'enthousiasmer pour tous les cavaliers et tous les chevaux, quelle que soit leur nationalité, évidemment.
- Speaker #0
Merci beaucoup Alban Poudret.
- Speaker #1
C'est une joie. A bientôt.
- Speaker #0
C'était un podcast de grand prix. Un très grand merci à Alban Poudret. Merci à Sébastien Roulier pour son précieux soutien éditorial et à Swan de Cam, notre fidèle monteur et mixeur. Merci à vous d'avoir écouté ce podcast que vous pouvez bien évidemment partager sur les réseaux sociaux. N'hésitez pas à vous abonner et à nous soutenir par vos votes. et vos commentaires sur les plateformes d'écoute. Vous pouvez évidemment y réécouter tous les épisodes précédents. Et surtout, rendez-vous au prochain épisode de Légende Cavalière.