- Speaker #0
On se retrouve avec Jean-Pierre Hidat, qui est le créateur et fondateur des Trois Chardons. Bonjour Jean-Pierre.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Alors Jean-Pierre, du coup, je vais vous poser quelques petites questions autour de tout votre petit royaume. D'où vous est venue l'idée en fait de déjà de commencer à créer des albums ?
- Speaker #1
Commencer des albums ?
- Speaker #0
Parce qu'on est d'accord que c'était d'abord les albums, ensuite les spectacles.
- Speaker #1
Non, non, à l'origine ce sont les spectacles. Donc moi, depuis ma plus tendre enfance, j'ai passé mon temps à imaginer et à réaliser des spectacles pour enfants. Au début, des spectacles avec des marionnettes dans des castellets, présentés à la famille, à des amis, etc.
- Speaker #0
Sur Paris ?
- Speaker #1
Non, chez moi, en province. En province. Et donc, la passion me poursuivant, pendant mes études secondaires et supérieures, j'ai continué à... Je ne pourrais pas monter des spectacles en faisant sortir à ce moment-là les marionnettes du Castelet, en faisant participer le public et en les présentant à ce moment-là dans des circuits plus professionnels, disons dans les écoles, dans les colonies de vacances, etc. A la fin de mes études supérieures, j'ai décidé de sauter le pas. pour en faire mon activité principale et unique si possible. Mais sachant que moi je n'étais pas comédien, il fallait monter une compagnie et assurer la survie de la compagnie et avec des spectacles présentés dans des écoles avec des petits budgets, des spectacles de 45 minutes à peu près. Et la solution que j'ai trouvée pour réaliser cette compagnie sans financement public. Pour moi, c'est important, c'est de réaliser des décors, des spectacles que j'avais montés à l'époque, et de multiplier les décors en plusieurs exemplaires pour permettre à plusieurs équipes d'un comédien, les spectacles sont présentés par un comédien ou une comédienne, plusieurs équipes donc de présenter le même spectacle au même moment à des endroits différents, de façon à amortir les frais de départ. Et l'aventure se poursuit depuis maintenant une cinquantaine d'années, sans financement public, avec un équilibre qui est toujours un peu périlleux, mais voilà. Les livres sont venus effectivement au bout de trois ans à peu près. Donc il y a eu un premier spectacle, Pitou l'Enfant-Roi, ensuite L'Arbre en Roue, etc. Et c'est Monsieur Levent, à partir du troisième, où j'ai eu l'idée de prolonger le spectacle par des albums. Et puis au fur et à mesure, à chaque fois, la création se faisait en même temps le livre et le spectacle.
- Speaker #0
Vous parlez d'avant Pitou quand vous dites que vous faisiez des spectacles pour Marionnet.
- Speaker #1
Avant Pitou, oui.
- Speaker #0
Vous en avez encore des illustrations de ces moments-là ? À ce moment-là, vous ne faisiez pas de vidéos ou quoi ?
- Speaker #1
Dans les archives lointaines.
- Speaker #0
Et vous vous souvenez un peu de certains noms ? Est-ce que c'est des choses qui ont ensuite été réutilisées dans vos...
- Speaker #1
J'avais monté le spectacle avec les trois petits cochons, disons, j'avais monté d'autres spectacles, dont je ne me souviens plus trop du titre comme ça, mais plusieurs répertoires de trois spectacles qu'on présentait dans les colonies de vacances. Il y avait trois petits spectacles pour les colons, de tout petit, moyen et légrant.
- Speaker #0
Et c'était vous qui étiez déjà aux manettes de tout ça ou vous étiez, entre guillemets, employé ?
- Speaker #1
Non, non, c'est moi qui en suis à l'origine. Et au départ, dans l'école des vacances et les écoles, on tournait à l'époque à plusieurs.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
on était deux, voire trois manipulateurs, etc. C'était des amis de la famille, etc. Sauf dans l'école des vacances, là, ça devenait un peu plus professionnel. Et c'était des amis sur... Pendant les deux mois de vacances, on tournait de façon très organisée dans les... dans les établissements de loisirs.
- Speaker #0
Si je comprends bien, dès le début, vous étiez déjà dans les spectacles de marionnettes, en fait. Vous n'avez pas eu d'autres métiers avant ou de choses qui sont...
- Speaker #1
Non, non, non. Bon, j'ai fait des boulots, comme tout étudiant, à droite à gauche, etc. D'accord, oui. Bon, j'ai fait des études de psychologie, mais ça ne me passionnait pas plus que ça. Je voulais tenter l'avant-guerre.
- Speaker #0
Et ça vous passionne depuis tout ça d'années ?
- Speaker #1
Ben, disons, oui. Moi, ce qui m'a toujours intéressé, c'est d'inventer. J'ai passé mon temps à l'emberger, faire des trucs à droite à gauche, etc. toujours des projets de tout genre, dont essentiellement les spectacles.
- Speaker #0
Du coup, je comprends mieux pourquoi, dans vos albums, il y a toujours des parties chantées. Parce qu'en fait, c'est des choses de la scène, finalement, qui se réintroduisent dans le livre. Parce que je me suis rendu compte que, alors je n'ai plus les mélodies en tête, mais dans Pitou, il y a une chanson, dans Le Dragon, comment s'appelle celui-ci ?
- Speaker #1
J'ai goté le dragon.
- Speaker #0
J'ai goté le dragon, il y a une chanson. En fait, il y en a quasi tout le temps, non ?
- Speaker #1
Alors, en sortant du Castelet, de Marionette Hagen, On pouvait monter les spectacles avec des marionnettes qui prenaient toutes les tailles, toutes les formes, plus ou moins importantes. Et on pouvait surtout sortir et avoir une participation avec les enfants. Et la participation avec les enfants qui est une participation active qui est souvent indispensable pour le déroulement du spectacle. D'ailleurs Pitou ne peut pas se dérouler. Si les enfants ne participent pas activement en faisant les nuages, les vagues, les arbres. Et donc cette participation-là est importante et a entraîné automatiquement la participation aux chansons qui sont intégrées au spectacle. Effectivement, la plupart des spectacles ont une ritournelle assez courte mais que le public peut reprendre à loisir après le spectacle.
- Speaker #0
Le fait d'avoir créé tous ces spectacles et tous ces livres, est-ce que ça a une valeur pour vous par rapport à votre enfance à vous ? Je vous pose la question parce que moi, par exemple, le fait que je fasse le marchand de souvenirs, c'est parce que quand j'étais enfant, j'adorais tout ce qui était pop culture et je suis hyper content aujourd'hui d'amener ça aux enfants sur ce qu'ils aiment et aux adultes. Est-ce que vous, ça a cette valeur-là d'être allé dans cette direction ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr, ça me passionne toujours autant. Moi, ce qui m'importe, c'est surtout pas seulement de faire du théâtre, de faire des gesticulations qui attirent l'attention du public. Mais c'est surtout de créer des histoires. C'est l'histoire qui m'intéresse. C'est l'histoire qui est la plus importante et qui est l'histoire très longue à mûrir. A l'origine, je n'avais pas du tout l'intention de monter, de créer des histoires. Je voulais simplement monter une troupe de théâtre et faire venir des compagnies, etc. et faire tourner. Je n'ai rien trouvé qui m'intéressait trop, donc je me suis dit, je vais essayer. Et j'ai créé Pitou l'Enfant Roi qui, par chance, a très très bien marché et qui nous a ouvert absolument toutes les portes et qui est un peu notre mascotte des Trois Chardons. Même si les autres spectacles sont très différents dans les styles, ça va dans tous les styles de spectacles, et tous les thèmes sont très différents, ce n'est pas uniquement l'histoire, le Pitou s'en bat en Amazonie, les aventures de Pitou à droite à gauche, non, ce sont des spectacles très variés, et ça c'est important. Et l'histoire c'est quelque chose qui est capital, et c'est quelque chose qui moi me plaît beaucoup, c'est un très gros boulot. Parce que pour avoir une histoire qui accroche bien le public et qui surtout leur permet de le mémoriser, et ça c'est une des qualités je pense de nos spectacles, notre public mémorise les enfants à mémoriser nos spectacles, les parents, les grands-parents qui amènent leurs petits-enfants ou leurs enfants à la cachette se rappellent des spectacles qu'ils ont découverts dans les écoles, se rappellent avec précision et avec émotion.
- Speaker #0
Alors moi j'ai encore en tête le boubam de la Savin,
- Speaker #1
ça c'est des airs qui va jouer l'an prochain dans les écoles. Et donc pour réaliser l'histoire qui répond à ces qualités nécessaires, c'est très long. Il faut à peu près deux années pour, à partir du moment où il y a la petite étincelle qui dit tiens j'aurais envie de raconter une histoire autour des étoiles par exemple, après peaufiner, alors il y a beaucoup d'idées qui s'accumulent, ça fait une grosse histoire un peu empoulée. Et après, il faut élaguer, Ça, c'est très long. Il ne faut pas s'arrêter. Bon, cette histoire-là, elle tient la route. Bon, ça va. Et puis, 15 jours après, on va tout recommencer, etc. Il y a des dizaines et des dizaines de versions avant d'arriver à quelque chose d'épuré et d'efficace.
- Speaker #0
Le public des enfants, ça s'est toujours bien passé parce que ce n'est pas évident de maintenir des enfants pendant 40 minutes, une heure.
- Speaker #1
Les enfants sont de nature curieux. Donc tout ce qui est nouveau, ça les intéresse, quoi que ce soit. Donc si vous leur présentez quelque chose, ça qui bouge un petit peu, etc., ils seront attentifs. Si vous les laissez un peu longtemps sur une situation trop calme, etc., là, ils sont aussi impatients et ils vont voir ailleurs. Mais non, il n'y a pas vraiment de problème pour retenir l'attention des enfants, si effectivement, dans le spectacle... Vous n'avez pas des longueurs où l'enfant peut se distraire. Et là, effectivement, l'enfant qui s'ennuie, c'est simple. Dans le spectacle, il se lève et puis tout petit, il se lève, il s'en va, etc. Avant d'avoir un spectateur qui regarde attentivement un spectacle qui l'ennuie un petit peu, par exemple, il faut qu'il soit quand même assez grand.
- Speaker #0
Et puis, j'ai remarqué qu'en plus, dans vos spectacles, il y a souvent différentes phases. Il y a un moment où vous captez l'attention par des choses, des moments où vous la relâchez avec des sonorités pour, je pense, c'est... Justement pour que les enfants puissent être un peu plus dans l'imaginaire à ce moment-là.
- Speaker #1
Le rythme est très important. C'est-à-dire, on laisse retomber un peu et puis après, on récupère. Le rythme est très important dans mes spectacles, ça c'est sûr.
- Speaker #0
D'accord. Et du coup, quelle salle a été ouverte en première ? Parce que je sais que vous en avez eu à Paris.
- Speaker #1
Il y a eu un laboratoire, disons, qui a été monté près de Nancy pendant quelques années pour tester. Et puis la première salle, c'est la salle parisienne ici, il y a maintenant 20 et quelques années, presque 30 ans. Ensuite, il y a eu la salle de Nancy qui a été ouverte il y a une dizaine d'années et la salle de Nantes il y a 7-8 ans.
- Speaker #0
Je sais que c'est difficile de poser cette question, mais parmi toutes vos œuvres, c'est laquelle qui a une valeur sentimentale la plus forte pour vous ? Sauf si peut-être vous n'en avez pas...
- Speaker #1
Non, j'ai un penchant pour le Beloiseau, j'aime bien le spectacle Le Beloiseau, mais j'ai aussi du respect par rapport à Pitou qui nous a ouvert les portes et qui a été quand même une grande surprise. Je veux dire, c'est un spectacle qui a révolutionné un peu dans les écoles, ce qui se passait, qui était essentiellement marionnettes présentées à Guen, présentées derrière un castelet. Là, on est sortis du castelet, des marionnettes plus grandes, une participation des enfants allant jusqu'au champ, etc. Mais le pitou, oui, c'est notre bascotte de départ. Le pitou et le bel oiseau. Je lui dois tout mon respect. Mais le bel oiseau, j'aime bien l'histoire du bel oiseau. Mais sinon, non, je pense que... Il m'intéresse, non, il me plaît sous. Jusqu'à présent, ça va.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez une histoire, ou peut-être même plus, qui n'ont jamais vu le jour ? Des choses que vous aviez imaginées, qui au final, vous n'avez pas pu l'élaborer ?
- Speaker #1
Non, je ne suis pas frustré, parce que, bon, à chaque fois... Quand j'avais la petite idée, je poursuivais le spectacle, jusqu'à la création du spectacle. Mais au bout du 20e, et après le 20e, qui est un peu le spectacle qui résume un peu la formule Croix-Chardon, la raison pour laquelle on se bat, en l'occurrence avec des histoires, on peut changer les choses.
- Speaker #0
C'est Gigote et le dragon, le 26.
- Speaker #1
Gigote et le dragon.
- Speaker #0
Ou Kidère, qui réunit plein de personnages.
- Speaker #1
Qui récupère trois histoires des Trois Chardons qui sont intégrées dans ce spectacle-là, dans cette histoire. Et en gros, c'est ce dragon qu'une petite fille arrive à amadouer, comme dans les mille et une nuits, alors que le dragon veut la dévorer, la petite fille, en lui racontant des histoires. Et en lui racontant ces trois histoires-là, le dragon finit par lui-même devenir conteur d'histoires. Et il abandonne ses projets dévorations. Et là, pour moi, le spectacle Gigote a clos un peu l'aventure de la création. Et j'ai plus trop dit. La petite idée qui fait que j'aurais envie de poursuivre ce fil-là.
- Speaker #0
Donc tous vos personnages ont été...
- Speaker #1
Je n'ai pas de regrets.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez souvenir d'une représentation ou une anecdote, quelque chose qui s'est passé dans un spectacle en particulier qui vous marque encore aujourd'hui ?
- Speaker #1
Il y en a beaucoup, je pense que nos comédiens ont beaucoup de références et de mémoires de spectacles qui les ont bousculés un petit peu. Moi, je sais qu'il y en a un qui m'a beaucoup touché. Très longtemps, c'est le premier Patapoum, Patapoum et Célestine.
- Speaker #0
C'était quand exactement ?
- Speaker #1
Il y a quarante et quelques années. Ah ok. Et donc c'est un petit clown qui se repliait sur lui-même. A l'époque le spectacle a un peu évolué, à l'origine, qui se repliait sur lui-même et qui n'arrivait plus à communiquer avec le directeur du cirque, avec Célestine, etc. Et à la fin du spectacle, par l'intervention de Célestine... sur sa balançoire, du directeur, etc. Le patapoum sortait de son enfermement et commençait à retrouver le contact avec son entourage. Et à la fin du spectacle, il y a une institutrice, avant que le comédien ne parte, ce n'était pas moi qui jouais, et l'institutrice est venue nous dire qu'il y avait un enfant qui était là, qui était autiste, je ne sais pas exactement comment on pouvait le diagnostiquer. qui ne parlait jamais, qui n'avait aucun contact, et qui, à la suite de ce spectacle-là, il a commencé à parler, à sourire, juste de ce spectacle-là. Au point que l'enseignante a eu besoin de venir nous raconter cette évolution-là qui était vraiment manifeste. Mais régulièrement, on a des anecdotes, on peut parler des anecdotes de ce style-là.
- Speaker #0
Il y a beaucoup, je pense, d'enfants que vous avez eus dans la salle. qui reviennent vous voir en vous disant qu'ils sont devenus adultes entre temps. Parce que j'en reçois moi sur les réseaux quand je fais du compte de rapport avec vous. Souvent il y en a qui me disent quand j'étais enfant et les gens ont 30 ans ou un peu plus. Et c'est souvent ces personnes-là d'ailleurs qui emmènent leurs enfants ici.
- Speaker #1
Oui bien sûr, c'est fréquent, c'est très fréquent. Et là on a eu l'occasion de présenter nos livres au salon du livre de jeunesse à Montreuil. Et on avait un tout petit stand. à côté des stands des gros éditeurs, etc. C'était un peu minuscule. Mais nos bouquins ont bien accroché le public. Et surtout, il y avait une fresque avec tous les titres exposés. Et le public passait, était un peu surpris et reconnaissait. Tiens, oui, j'ai vu dans mon école, etc. Et on a eu des séances d'émotions profondes. Il fallait qu'on sorte du bouchoir pour que les personnes puissent... des pleurs, mais vraiment, des pleurs naturelles. C'était très très touchant. Et des spectacles qu'ils avaient vus il y a 30, 40, voire 50 ans.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et ça, ça nous a aussi beaucoup émus.
- Speaker #0
Pourquoi du coup les Trois Chardons sont en danger ? Qu'est-ce qui a provoqué tout ça en fait ?
- Speaker #1
Alors bon, les Trois Chardons ont toujours été un peu sur la corde raide. Sans subvention, c'est toujours un petit peu...
- Speaker #0
Oui mais d'ailleurs, pourquoi ça du coup ?
- Speaker #1
Parce que pour moi c'est un choix d'indépendance. Pour obtenir des subventions, il faut convaincre certaines personnes. avec qui vous n'êtes pas automatiquement d'accord sur le style de spectacle, sur les créations, etc. Et donc pour être indépendant au niveau de la création, d'une part, et pour être indépendant aussi au niveau finance. Les subventions c'est très bien, mais si vous réalisez un équilibre financier de votre compagnie avec les subventions, le jour où on vous retire les subventions, tout s'écroule.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc là vous faites... C'est trop certain. On est complètement indépendant. C'est difficile, mais on est indépendant. Pour moi c'est capital.
- Speaker #0
Parce que quand on reçoit des subventions, ils ont une sorte de mainmise un peu sur ce qui pourrait se faire dans le spectacle ou non ?
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Les spectacles que vous présentez ne correspondraient pas à...
- Speaker #1
Je pense qu'à ce jour, enfin je ne pense pas, je suis certain qu'à ce jour, ce ne sont pas nos spectacles, ce ne sont pas le genre de spectacle qui serait susceptible d'être financé. Les spectacles actuels pour enfants, c'est autre chose, ils sont plus modernes, plus spectaculaires. avec des effets vidéo, etc., des moyens autres qui, moi, ne me séduisent pas. Nous, on a gardé, enfin, les spectacles des Trois Chardons, on gardait leur caractère artisanal et ça, j'y tiens. Et même si on nous dit, maintenant, c'est comme ça que ça peut se faire, nous, on est dans ce type de spectacle et le public apprécie. La preuve, c'est que le public vient, revient, en parle et que finalement, on remplit. On remplit bien nos salles.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc, je pense qu'on a encore la place dans l'imaginaire du public. Donc, le problème essentiel, ça a été avec le Covid, qui a bien perturbé toutes les activités. Et comme on était déjà un peu fragiles, là, on a accumulé des dettes, et notamment des dettes de loyers, particulièrement sur les loyers parisiens. Et ces dettes-là, il faut les rembourser. Et la reprise... est difficile. Le Covid a aussi beaucoup perturbé les écoles dans leur organisation. Donc on a du mal de retrouver le volant d'école qui nous est nécessaire pour pouvoir équilibrer l'activité. Par contre, le propriétaire nous dit qu'il faudrait quand même un jour me payer. Il faut absolument qu'on paye, sinon on risque d'être expulsé, tout simplement. Donc là, ça devient très urgent.
- Speaker #0
Est-ce que vous souhaiteriez faire passer un message à... à des personnes qui nous regarderaient là tout de suite ?
- Speaker #1
Le message, ce serait que je pense que notre activité et l'activité aussi d'autres compagnies ont une importance, pour moi, capitale. Quand je vois un enfant qui sort de la cachette il n'y a pas très longtemps et qui nous dit droit dans les yeux, c'est mieux que les tablettes. Bon, c'est bon. Mission accomplie. Voilà, on a rempli notre mission, effectivement, avec des spectacles. artisanaux, disons, dans la facture, je veux dire, sans effets spéciaux, etc., avec un jeu intimiste, beaucoup d'émotion, la participation des enfants. C'est un spectacle qui marque, et les enfants le reconnaissent.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Jean-Pierre Hédal, pour toute votre interview. Nous, évidemment, on soutient les Trois Chardons dans cette épreuve. On va vous laisser avec un petit extrait pour vous montrer comment les spectacles rendent. Et puis, on se dit à très vite.
- Speaker #2
Pompopopom, popopom, popopom, Pompopopom, popopom, popopom, Pompopopom, popopom, popopom, Pompopopom, popopom, popopom, Pompopopom, popopom, popopom, Pompopopom, popopom, popopom, Pompopopom, popopom, popopom, Oh ! Quel bel arbre ! Je m'en vais ! Le couper ! Aujourd'hui, il fait beau. Il faut en profiter. Car rien ! ne peut m'empêcher de couper un arbre quand j'en ai envie. Rien ! Sauf la pluie. Oh, je n'aime pas la pluie. Lorsqu'elle tombe, oh là là, je m'enfuis. Ha ha ha ! Cet arbre va tomber. Crac ! Ha