- Générique
Les ESS, niveaux de déploiement, missions et apports pour les médecins. Pour en parler, l'URPS Médecins a invité M. Albert Lautman, directeur de la coordination et du risque d'Île-de-France pour l'assurance maladie, le Dr Julie Sudant, médecin pédiatre et présidente de l'équipe de soins spécialisés pédiatrie d'Île-de-France, le Dr Patrick Assiag, médecin cardiologue et président de l'équipe de soins spécialisés cardiologie d'Île-de-France, et le Dr Maud Bézier, médecin dermatologue et vénérologue, secrétaire générale de l'équipe de soins spécialisés dermatologie d'Île-de-France. Les échanges sont animés par le docteur Bertrand de Rochambeau, médecin gynécologue et obstétricien, et vice-président de l'URPS Médecins libéraux Île-de-France.
- Dr Bertrand de Rochambeau
Bienvenue au podcast 12-14 de l'URPS Médecins libéraux d'Île-de-France. Aujourd'hui, nous allons aborder un sujet d'organisation des soins de ville et plus particulièrement de la médecine spécialiste au travers des équipes de soins spécialisés que je nommerai ESS. Les ESS ont été créées par la loi du 24 juillet 2019, principalement afin de lutter contre les difficultés d'accès aux soins des spécialistes hors médecine générale et de faciliter le lien des médecins spécialistes avec les acteurs de soins primaires dans le cadre d'un parcours de santé territorialisé. Fortement promue par les pouvoirs publics, elles ont accès depuis le 1er janvier 2025 à une possibilité de financement conventionnel par l'assurance maladie au travers d'un versement d'un crédit d'amorçage ainsi que d'une dotation annuelle dès lors que le SS est valablement constitué. Au regard de ce concept, nous allons aujourd'hui aborder la réalité de terrain, pour tenter de vous présenter le rôle, les missions, l'existant et les limites des ESS avec un focus francilien. Pour ce faire, aujourd'hui, nous avons l'honneur de recevoir cinq invités. Tout d'abord, M. Guillaume Couillard. Bonjour, vous êtes le nouveau directeur délégué de la gestion et à l'organisation des soins de la Caisse nationale de l'assurance maladie. Également, M. Albert Lautman, directeur de la coordination de la gestion du risque d'Île-de-France pour l'assurance maladie. Le docteur Patrick Assyag, cardiologue libéral dans le 11e arrondissement et président de l'ESS Cardiologie d'Ile-de-France. Le docteur Maude Bézier, dermatologue libéral et secrétaire de l'ESS Dermatologie d'Ile-de-France. Enfin, le docteur Julie Sudant, pédiatre libéral à Surreyne et présidente de l'ESS Pédiatrie Ile-de-France en cours de constitution. M. Guillaume Couillard, dans le but d'acculturer nos auditeurs au sujet, pouvez-vous, je vous prie, nous donner la définition, les missions et le rôle attendu d'une ESS ?
- Speaker #2
Bien, bonjour, merci de votre invitation. Alors, vous avez presque déjà tout dit dans votre propos introductif. ESS, donc équipe de soins spécialisés, on parle d'organisation des soins, on parle d'accès aux soins, plus précisément, on parle d'améliorer l'accès aux médecins spécialistes libéraux dans une logique territoriale. départementales, régionales, en tout cas ancrées sur un territoire pour permettre l'accès à ce deuxième recours. Donc les missions, comme vous l'avez rappelé, ces équipes de soins spécialisés ont été d'abord créées par la loi, puis il y a eu une déclinaison dans la convention médicale, et donc cette déclinaison a donné lieu évidemment à la... précision des missions qu'on attend de ces équipes de soins spécialisés. Donc il y a une mission socle qui est coordonner, sécuriser les prises en charge des patients dans une logique de parcours de soins. On a bien l'articulation avec le médecin traitant. Je pense que les différents intervenants pourront peut-être revenir sur... sur ce sujet-là, et donc avec deux déclinaisons ou deux sous-objectifs, si je puis dire, contribuer à structurer l'offre de second recours sur le territoire et donc faciliter la collaboration entre le médecin traitant et les spécialistes de la spécialité concernée, puisque les équipes de soins spécialisés se constituent par spécialité. Et puis proposer une organisation, deuxième sous-objectif, proposer une organisation permettant de donner un avis spécialisé ponctuel sur demande des médecins traitants du territoire dans des délais réduits, adaptés à la situation du patient sous la forme de télé-expertise, de télé-consultation ou de consultation en présentiel. On pourra je pense aussi revenir sur ces différentes modalités qui sont aujourd'hui proposées par les ESS en cours de constitution. Voilà un peu la... le cadre général, je pense, dans lequel s'inscrit notre podcast d'aujourd'hui.
- Dr Bertrand de Rochambeau
Merci. Et plus précisément, à un niveau national, où en sommes-nous du déploiement des ESS ? Quelles sont, entre autres, les spécialités les plus représentées ?
- Guillaume Couillard
Alors aujourd'hui, au moment où on se parle, on a un peu plus d'une trentaine, 33 ESS qui sont... enregistrés, validés, qui sont allés au bout de leur processus de constitution. Et donc 33 avec... Alors vous avez bien choisi vos participants à table ronde, parce que les deux spécialités les plus représentées c'est la cardiologie et la dermatologie. Mais la pédiatrie va sans doute arriver très rapidement dans le classement. Donc on va dire une trentaine de SS aujourd'hui constituées. Sans rentrer dans les détails... disons une grosse cinquantaine de projets à des stades différents d'avancement. Donc les projets se font un peu par étapes. Il y a d'abord une lettre d'intention qui est déposée, donc une grosse quarantaine de lettres d'intention aujourd'hui connues. Et puis ensuite, il y a un projet de santé, un projet plus élaboré, qui est le dernier stade avant la validation de l'ESS. Donc on va dire... Entre 50 et 60 projets en cours de constitution et une trentaine d'ESS aujourd'hui constituées avec des spécialités cardiologie, dermatologie, puis juste derrière oncologie, ophtalmo, pédiatrie. Voilà le tableau très général de ce qu'on voit au niveau national.
- Dr Bertrand de Rochambeau
Donc merci et on voit que finalement toutes les spécialités ne sont pas représentées car le rôle de l'ESS qui est de... de fiabiliser des parcours de soins sont différents et certaines spécialités ont de réels besoins de coordination, d'autres sont peut-être déjà plus organisées ou répondent à d'autres logiques. Donc on s'attendrait effectivement que sur le plan national, certaines spécialités soient plus représentées que d'autres parce qu'après tout, les problèmes en Ile-de-France sont les mêmes que... en PACA ou dans d'autres régions. Et ces idées-là méritent d'être partagées et diffusées. M. Lautman, d'abord, un focus sur l'île de France. Quelles sont les ESS Existence et leur niveau de développement ? Enfin, pouvez-vous nous préciser les démarches pour amorcer une ESS ?
- Speaker #3
Bonjour à tout le monde, merci pour votre invitation. Effectivement, l'île de France partait pas de zéro, puisque avant la Convention médicale de 2024, comme dans d'autres régions, les agences régionales de santé avaient déjà soutenu un certain nombre de projets, de structuration et d'équipes de soins spécialisés. La notion de SS existait avant que la Convention... viennent y apporter une logique de financement pérenne. C'est ça la nouveauté majeure. On avait une ESS de cardiologie, de dermato, donc les deux ESS avec lesquelles on va échanger aujourd'hui, mais aussi une ESS d'ophtalmologie qui était préexistante. On a une spécificité en Ile-de-France qui rend ce travail autour des ESS, je pense, en tout cas moi je le porte beaucoup, encore plus pertinent en Ile-de-France qu'ailleurs, qui est que... Sur la moyenne, on ne manque pas de spécialistes en Ile-de-France, si on prend juste des chiffres de façon rationnelle. Mais on a une petite spécificité géographique, qui sont que les spécialistes sont, je ne dis pas qu'on en a trop, mais ils sont quand même beaucoup à Paris, et que la population, elle est un peu à Paris, mais elle est aussi beaucoup dans la petite couronne. et dans la Grande Couronne. Et on voit bien que sur les spécialités par lesquelles on a commencé, la cardiologie ou la dermatologie, trouver un dermatologue ou un cardiologue quand vous êtes dans le sud de l'Essonne, puisque je suis aussi directeur de la CPAM de l'Essonne, ou en Seine-et-Marne, ou dans certains territoires, c'est quand même quelque chose qui ressemble à des choses de déserts médicaux, comme on peut en entendre parler dans d'autres régions. Et donc cette inadéquation de la répartition entre d'un côté le besoin de soins et d'autre côté l'implantation des spécialistes rend vraiment encore plus nécessaire qu'on trouve des structurations. L'autre élément qui a été un moteur de succès énorme, et on va en parler beaucoup aujourd'hui, c'est le développement des techniques et notamment la téléexpertise qui peut-être s'applique plus. Là je réponds un peu à votre question sur la variation d'une spécialité à l'autre. Vous émettiez l'hypothèse docteur ? que certaines spécialités sont naturellement par essence, par nature, mieux organisées que d'autres. Moi, je pense qu'il y a aussi des spécialités sur lesquelles la téléexpertise a été plus facilement appropriable dans un premier temps. Et je le vois sur nos trois premières ESS. On voit bien qu'en dermato ou en cardiologie, les professionnels sont plus facilement emparés des possibilités qu'offre la téléexpertise qu'en ophtalmologie, par exemple. Mais voilà, pour des raisons qui tiennent à la nature de l'activité. Et donc, on a avec les deux ESS de cardio et de dermatologie, des dynamiques extrêmement fortes qui rapidement se sont créées, qui fait que finalement, on a pu signer les deux premiers ACI nationaux dès que les outils de la Convention nationale étaient prêts, de façon très très forte et il y a une très grande dynamique. Donc l'ophtalmo, on est en train de finaliser et l'ACI va être signé dans les prochains jours. C'est officiel entre l'ARS, puisqu'on est toujours à trois, il y a les professionnels qui portent le projet, avec la lettre d'intention, puis le projet de santé dont Guillaume Couillard a parlé, puis le binôme ARS-Assurance-Maladie, on travaille étroitement ensemble en Ile-de-France. C'est l'ARS qui analyse dans un premier temps, et là je vais sur votre deuxième question, un peu comment ça se passe, la lettre d'intention, elle est d'abord examinée par l'ARS qui doit la valider. Et à partir du moment où l'ARS valide la lettre d'intention, on travaille ensemble, ARS, Assurance Maladie et les porteurs de projet sur le projet de santé. On le finalise ensemble et ensuite, une fois que ce projet de santé est validé, on négocie l'accord conventionnel, interpro ou professionnel, qui va finaliser les modalités, les objectifs à atteindre et les modalités du financement. Pour arriver à ça, On a des conditions qui sont fixées dans la Convention nationale, et quand on rentre un peu dans les détails, on voit bien que, à la fois sur les missions rappelées, mais il y a aussi quelques petites conditions. Il faut, pour qu'une SS puisse se constituer, notamment toucher 10% des spécialistes sur le périmètre territorial, périmètre territorial qui peut être à minima départemental, mais qui peut aller jusqu'à un périmètre régional. Pour la raison que j'ai évoquée sur la disproportion entre... le nombre de spécialistes à Paris et la répartition de la population et des besoins de soins, la volonté que nous portons avec l'ARS Île-de-France, c'est d'avoir des ESS qui ont une vocation, une cible régionale. Ce qu'on a fait d'ailleurs avec l'ESS de cardiologie ou de dermatologie, c'est bien un périmètre régional sur la région Île-de-France. On voit que sur d'autres spécialités, arriver à toucher 10% des spécialistes de l'ensemble de la région, et donc, avec un très grand nombre qui sont à Paris, c'est parfois compliqué. Et donc, on ne s'interdit pas d'y aller en deux temps. Et on a abouti à un accord avec l'ESS d'ophtalmologie qui n'arrivait pas, après la phase projet un peu préparatoire, à toucher 10% des ophtalmologistes de la région. On va commencer sur trois départements, où là, on a atteint le seuil des 10%, qui ne peut pas se négocier, lui, qui est un prérequis, quelque part conventionnel, qui s'impose à nous. Et ensuite, on se dit que dans un deuxième temps, on étendra le périmètre de cette ESS et on espère que d'ici un an ou 18 mois, on aura touché les 10% sur l'ensemble de la région qui nous permettra de faire évoluer le périmètre. Donc on ne s'interdit pas un peu de pragmatisme et de démarches progressives. Et derrière, nous avons le projet de l'ESS pédiatrie. On est en train d'aboutir là à la validation de la lettre d'intention, donc je vais vous écouter avec attention sur les difficultés pour arriver à ça, mais en tout cas on a aujourd'hui un accord avec l'ARS, on va finaliser avec vous la validation de la lettre d'intention, ce qui nous permettra de passer à la deuxième étape. Pareil en gastro-entérologie, on a un projet qui avance d'une ESS de gastro-entérologie, voilà à peu près où on en est. Et moi, je profite du micro là pour dire que si je prends mes échanges avec les médecins généralistes, mes observations de terrain, il y a un énorme besoin en psychiatrie. C'est plus compliqué, d'ailleurs je vois qu'au niveau national, c'est une spécialité qui a été peu appropriée. Alors après, je ne sais pas, mais je lance un appel à l'URPS. D'abord, je me félicite que l'URPS parle des ESS et qu'on puisse travailler ensemble sur le déploiement et faire connaître ce qui existe déjà. Parce que je crois que vraiment, c'est très spectaculaire dans ce que ça peut apporter en gradation des soins, en capacité à apporter une réponse aux médecins généralistes sur les territoires et à apporter une réponse de David Spécialiste rapide quand il y a un vrai besoin qui a été identifié rapidement à travers l'avis qui a été donné aux médecins généralistes. On doit ensemble travailler à faire connaître ce qui existe, mais peut-être à développer des nouvelles ESS là où il y a des vrais besoins. Et si on arrivait à mobiliser des psychiatres, ça serait formidable.
- Dr Bertrand de Rochambeau
Merci pour cette idée lancée. Et le podcast sert aussi à ça. Et bien sûr... L'URPS est attentive à cette définition des besoins. Et je dirais peut-être plus sur le mode de la boutade, mais qui pourrait être un défi, c'est que les psychiatres, c'est des gens compliqués.
- Albert Lautman
Alors moi, je vous laisse là-dessus, docteur. Je n'irai pas sur ce terrain. En revanche, je vois bien qu'ils ont peut-être une culture plus individualiste que d'autres spécialistes.
- Dr Bertrand de Rochambeau
Voilà, mais c'est un propos de médecin à médecin. Et bien sûr, je comprends tout à fait votre prudence. Et si ça peut aider mes confrères à prendre conscience de ce rôle-là, l'URPS, je pense, en tirerait un bénéfice. Et bien sûr, nous sommes nous à même à les aider sur cette idée-là. Mais on ne peut pas le faire à leur place, bien entendu. Alors, docteur Julie Sudant, vous êtes le plus récent projet des ESS franciliennes, projet qui est en cours, on vient de nous l'expliquer. Alors pouvez-vous nous dire qu'est-ce qui pousse aujourd'hui un pédiatre libéral à se lancer dans ce type de projet ? Qu'en attendez-vous pour votre spécialité et pour les patients ? Enfin, comment avez-vous fédéré vos confrères ? Et... Quelle aide avez-vous reçue de l'URPS dans ces premières étapes constitutives ?
- Dr Julie Sudant
Je vous remercie de nous donner la parole. Nous, les pédiatres, nous avons été mobilisés depuis plusieurs années par le syndicat des pédiatres, le SNPF, depuis 2021-2022, donc avant que les ESS soient dans la convention médicale de 2024, parce que le SNPF nous relaie les discussions avec les institutions : la CNAM, la Direction Générale de l'Organisation des Soins, le ministère. Et donc à une dizaine de pédiatres, nous avons souhaité être actrices de ces projets d'ESS plutôt que de nous voir imposer un modèle qui ne répondrait pas aux besoins du territoire. En effet, nous sommes des pédiatres de terrain et donc les mieux placés pour connaître les difficultés, les besoins et les axes d'amélioration, l'accès aux avis pédiatriques. avec la particularité de cette spécialité puisque nous sommes à la fois médecins traitants de l'enfant et nous sommes médecins spécialisés. C'est un moyen pour nous aussi de faire valoir notre expertise de médecin spécialiste de la santé de l'enfant qui n'est pas reconnue par les institutions, ou pas assez. En facilitant l'accès à une telle expertise pédiatrique, les patients seront orientés vers la meilleure prise en charge au bon moment afin de limiter les adressages hospitaliers qui ne seraient pas nécessaires, l'engorgement de certaines sur-spécialités pédiatriques qui sont très sollicitées et le recours à des examens complémentaires inutiles, coûteux et source d'inquiétude pour les parents. Le bien-fondé de mieux structurer et développer la télé-expertise pédiatrique pour toutes ces raisons a été renforcé par la demande des chirurgiens pédiatriques de rejoindre l'ESS. Nous les accueillons d'ailleurs bien volontiers. Cet accès facilité aux avis pédiatriques permettra au fil du temps une montée en compétence des médecins généralistes, c'est ce que nous pensons, qui prennent actuellement en charge 80% des enfants. Et enfin, l'ESS de pédiatrie centralisera un répertoire des ressources existantes dans la région, tels que les réseaux, réseau Préma, réseau Troubles des apprentissages, Repop pour l'obésité, etc. Et aussi les structures, les PMI, les CAMPS, les PCO. Il y a tout un tas de structures qui prennent en charge les enfants. Et donc ça, ça aidera grandement les médecins nouvellement installés, par exemple. Pour fédérer nos collègues pédiatres, nous avons depuis 2023 construit ce projet de façon participative. Notamment à partir d'une enquête de terrain que l'on a secondairement étendue à nos collègues médecins généralistes. C'est ce qui rend le projet enthousiasmant. Et nous utilisons ensuite tous les moyens de communication possibles pour le faire connaître. Donc les congrès pédiatriques, on a communiqué plusieurs fois au sujet de l'ESS, le syndicat des pédiatres, nos groupes de pairs locaux, il y en a dans à peu près tous les départements d'Île-de-France, nos contacts avec les CPTS, etc. Et on espère avoir l'appui des institutions pour continuer à communiquer sur l'ESS, puisque c'est ça qui fera on succès, on le pense. Sans le soutien de l'URPS depuis le début, ce projet n'aurait pas vu le jour. Notre interlocutrice principale qui n'est pas là aujourd'hui, mais qui est Nathalie Nicolas, porte toute la gestion logistique, les mailings, les enquêtes, l'organisation des réunions, la rédaction des comptes rendus. Elle nous apporte aussi son expertise précieuse sur les différentes étapes de création de l'ESS, l'expérience des autres ESS. d'Île-de-France, les stratégies relationnelles et de communication avec l'ARS et la CPAM.
- Dr Bertrand de Rochambeau
Merci. Donc, c'est un des objectifs de l'URPS que d'apporter cette aide, ce savoir-faire au projet nouveau. Et nous avons, avec le bureau de l'URPS, réellement ce désir de faire bouger les choses et d'apporter ces services à nos mandants et nous sommes ravis d'avoir trouvé un écho favorable sur une population de pédiatres qui est limitée en Ile-de-France mais qui a un pouvoir important car c'est un acteur, nous le pensons, incontournable d'une médecine structurée pour les enfants. Alors quelles principales difficultés avez-vous rencontré dans cette étape de création et comment appréhendez-vous les prochaines étapes ?
- Dr Julie Sudant
Alors les difficultés rencontrées, c'est premièrement le temps qu'on y a et qu'on y consacre encore, bénévolement, donc depuis trois ans, plusieurs heures par semaine. En plus évidemment de nos activités libérales. Deuxièmement, je dirais que c'est les difficultés administratives. Par exemple, on a eu un délai de 9 mois entre la rédaction de notre lettre d'intention et la possibilité de la déposer sur la plateforme ad hoc. C'est tombé au mauvais moment. Je dirais que troisièmement, ce qui ressort des échanges avec nos collègues pédiatres et avec le groupe de dizaines de pédiatres avec qui on a construit le projet initialement, c'est la crainte que des décisions politiques ou budgétaires pourraient remettre en question le financement et la pérennité des ESS. Je suis ravie de vous avoir entendu dire que l'ancrer dans la Convention 2024 garantissait la pérennité du financement des ESS, parce que c'est vraiment une question dans l'investissement personnel qu'on y met, qui revient souvent. Je dirais qu'on a aussi, dans les difficultés rencontrées, eu des échanges difficiles avec l'ARS d'Île-de-France dont l'analyse des besoins locaux pour améliorer la prise en soins des enfants nous a paru très éloignée de notre expertise de terrain. Donc les prochaines étapes, c'est réussir à obtenir un soutien constructif de l'ARS et de la CPAM à partir de la lettre d'intention retravaillée et ensuite évidemment de mobiliser le plus de pédiatres possible pour adhérer à l'ESS et la faire connaître ensuite auprès des médecins généralistes. Nous espérons pouvoir bénéficier d'une mutualisation des outils, des plateformes, des moyens humains au niveau national peut-être par spécialité. On est très en lien avec les ESS de pédiatrie qui se montent dans le reste de la France et évidemment au niveau régional, toutes spécialités confondues quand c'est possible.
- Dr Bertrand de Rochambeau
Merci Julie. Ceci est très riche d'enseignements, je pense, pour ceux qui auraient des idées de se lancer dans un projet d'ESS. Si j'ai bien compris, la première personne à convaincre, c'est les équipes de l'ARS. Et donc, ça nécessite des échanges, pas forcément au premier contact, il faut qu'on se comprenne les uns les autres, et qu'on finisse par faire un bout de chemin pour permettre
- Speaker #0
à des projets dynamiques comme le vôtre, mais pas forcément facilement concevables de la part de l'administration de se rencontrer. Et donc c'est là aussi où l'URPS, on est là pour vous aider à faire le plus matcher notre vue de terrain avec la vue de l'administration. Surtout, il ne faut pas lâcher. Alors maintenant, je me tourne vers ceux qui ont été des précurseurs en Ile-de-France et qui, parce qu'effectivement, ils ont lancé leur affaire, Dr Patrick Assyag et Dr Maud Bézier, vous étiez les précurseurs dans vos spécialités pour la création d'ESS. Pouvez-vous nous présenter les principales actions mises en place au sein de votre ESS ? Et je demanderai à Maud éventuellement de parler en premier puisque, historiquement, c'est elle qui est la première. Et puis, honneur aux dames.
- Dr Maud Bézier
Merci pour l'invitation. Donc oui, bien sûr. L'ESS DV Ile-de- France est une équipe de soins spécialisée en dermatologie et vénérologie que nous avons créée, le président est Luc Sulimovic, pour améliorer l'accès à l'expertise dermatologique et mieux structurer les parcours de soins. Parce que vous savez qu'il y a une pénurie de dermatologues et le délai moyen de rendez-vous pour un dermatologue est plutôt de 3 à 6 mois, voire plus dans certains territoires. Donc l'une des actions principales de cet ESS, c'était la mise en place depuis 2020 d'un réseau de télé-expertise en onco-dermatologie. Il permet à de nombreux professionnels de santé, notamment, principalement des médecins généralistes, mais aussi gériatres, gynécologues, pédiatres, angiologues, sages-femmes, infirmiers et aussi des pédicures podologues, de solliciter rapidement l'avis d'un dermatologue face à une lésion suspecte de cancer, notamment mélanome ou carcinome. Donc pour l'oncodermatologie a été développée aussi une plateforme de demande de RCP en oncodermatologie qui permet d'orienter les dossiers, notamment complexes, vers des réunions de concertation. pluridisciplinaire, hospitalière ou libérale. Et plus récemment, après la levée de la prescription initiale hospitalière pour certaines biothérapies, en 2024, a été créé un réseau de téléexpertise dédié aux dermatoses chroniques inflammatoires. Donc pour accompagner les médecins dans la prise en charge de pathologies comme le psoriasis ou la dermatite atopique, ou éventuellement, accompagner certains dermatologues qui n'ont pas l'habitude pour la prescription de ces biothérapies. Et enfin, nous travaillons en partenariat avec les CPTS d'Île-de-France et nous organisons des formations et des webinaires pour les professionnels de santé afin de diffuser ces outils et de partager l'expertise dermatologique.
- Dr Bertrand de Rochambeau
Alors aujourd'hui, j'en reste à... À la plateforme et à la dermatologie, quel niveau de développement, d'adhésion ou d'activité vous avez pu atteindre en Ile-de-France ? Est-ce que vous avez quelques chiffres à nous communiquer ?
- Dr Maud Bézier
Oui bien sûr, voilà, donc là on va parler un peu chiffres. Donc aujourd'hui, l'ESS DV Ile-de-France rassemble 127 dermatologues adhérents, répartis dans l'ensemble des départements franciliens et nous travaillons avec 24 CPTS partenaires. Le réseau de téléexpertise en oncodermatologie est particulièrement actif puisque depuis sa création, il y a eu plus de 4500 téléexpertises réalisées en oncodermatologie. Et le délai médian, c'est ça qui est intéressant, de réponse, est de 4 heures. Ce qui permet une orientation très rapide des patients. Et parmi ces demandes, 37% concernent des lésions pré-cancéreuses ou cancéreuses. Et voilà quelques chiffres, le réseau a permis de diagnostiquer 177 mélanomes, 497 carcinomes basocellulaires et 283 carcinomes épidermoïdes. Et il y a plus de 2000 professionnels de santé qui utilisent aujourd'hui ce réseau. Et on va dire que dans les adhérents, il y a 51 dermatologues actifs qui répondent aux demandes. Ça c'est pour le réseau de télé-expertise en onco-dermatologie. Pour le réseau dédié aux dermatoses chroniques inflammatoires qui est beaucoup plus récent en 2024, il a déjà permis de prendre en charge plus de 400 télé-expertises avec un délai médian de réponse d'environ une heure.
- Dr Bertrand de Rochambeau
Bravo ! Donc on voit la puissance de l'outil, la télé-expertise et la volonté que les collègues mettent à répondre dans les meilleurs délais. Et donc ça, c'est un investissement qui doit faire réfléchir ceux qui doutent encore de l'utilité. Dans une telle démarche, il faut de l'engagement. Et bravo d'avoir réussi ce pari parce qu'au départ je me souviens nous sommes arrivés à l'URPS en 2021 et c'était le projet qui tournait déjà donc on est maintenant à 5 ans c'est quelque chose qui semble tourner à plein est ce que vous avez vu ces dernières années d'autres dermatologues, qui au départ restaient en marge, vous rejoindre ou est ce qu'on a atteint un plafond et que les choses bougent peu à l'heure actuelle.
- Dr Maud Bézier
Alors je pense qu'en fait pour promouvoir l'adhésion auprès des autres confrères, c'est démontrer l'utilité concrète de cette ESS. Donc c'est vrai qu'il faut montrer que l'outil est utile, simple et qui permet l'accès rapide à l'expertise dermatologique. Donc il faut développer les outils aussi de communication et de diffusion de cet outil.
- Dr Bertrand de Rochambeau
C'est un des rôles que l'URPS entend jouer à vos côtés pour faire savoir. et convaincre. Alors là je me tourne vers Patrick Assyag, le deuxième projet le plus avancé, la cardiologie. Patrick, nous t'écoutons.
- Dr Patrick Assyag
Merci beaucoup de l'invitation. Que vous dire sur l'ESS Cardio ? C'est en fait un véritable enthousiasme qui est collectif et qui a pris en fait les cardiologues libéraux en Ile-de-France à partir d'une de plusieurs réunions qu'on a mis en place. Et ces réunions au niveau du syndicat, parce que je suis également président du syndicat des cardiologues, ont fait en sorte qu'on s'est d'emblée dit finalement, c'est une excellente idée, d'autant que nos collègues dermatos nous avaient déjà précédés, et cette idée dans la mesure où on souhaitait mettre en place le rôle important du cardio-libéral dans le parcours de soins, et à la fois comme action qui protégeait les patients, une action protectrice vis-à-vis des patients, leur permettant d'avoir un rendez-vous dans le meilleur délai. On a eu d'emblée trois défis, trois objectifs qui se sont présentés à nous. Le premier c'est un problème de démographie catastrophique, puisqu'en fait on a beaucoup beaucoup de cardiologues qui prennent leur retraite dans les six mois à venir. Et ce défi de démographie, on l'a résolu le chemin faisant. A partir de l'installation des jeunes cardio-acres, qui sont d'emblée retrouvés tout à fait dans leur milieu, c'est-à-dire qu'en fait ils ont dit oui, on commence à s'installer, donc on va en effet rentrer dans cet ESS cardio parce qu'on a envie d'apporter notre petite pierre à l'édifice qui est, c'est pas facile de mettre en place, qui est notre système de santé, qui actuellement pose des problèmes dans la mesure où on avait déjà ce problème de démographie. Mais on a eu un deuxième problème, c'est des rendez-vous, qui sont vraiment exorbitants. Et on s'est dit, écoutez, en effet, on va, via le SS cardio, réduire ces délais de rendez-vous. Et dans notre évaluation, on s'est aperçu, en effet, comme nos collègues dermatologues, qu'on arrivait à prendre 70% des patients dans les 3 à 5 heures. Troisième défi, c'était le défi des recours aux urgences et aux hospitalisations. Ça nous pose des problèmes. On trouve ça intolérable que les patients soient hospitalisés aux urgences, soient hospitalisés et réhospitalisés de façon itérative. Et de ce fait on a fait une évaluation et on s'est rendu compte que grâce à l'ESS cardio notamment, parce qu'il n'y a pas que l'ESS cardio, on réduisait à la fois les recours aux urgences et les hospitalisations. Chemin faisant, on a fait une évaluation sur les chiffres. Qu'est-ce que vous proposez comme chiffres ? Qu'est-ce qu'on peut dire sur l'ESS cardio ? Donc on a débuté il y a trois ans, trois ans avec un début difficile. Début difficile parce que, comme l'a dit notre collègue, il y a un problème de communication. Ça c'est vraiment vraiment drastique. Je l'avais dit à Mme Cazeneuve qui était venue nous voir il y a l'an dernier. Mme Cazeneuve, on a un problème de communication, comment est-ce que vous pouvez nous aider ? Elle a dit, on va vous aider, je pense que là, communiquer, communiquer, communiquer, c'est vraiment notre problème. Parce qu'il faut faire savoir. On sait qu'on peut faire, mais faisons savoir les choses. Et ça c'est vraiment un énorme problème qu'on a eu et qu'on a toujours actuellement. Les chiffres sont relativement encourageants. On va dire qu'en trois ans, on a plus de 10 000 patients, on a vu. On a 217 cardiologues et plus de 400 généralistes avec notre plateforme, on peut citer peut-être le nom, qui est extraordinaire, c'est Omnidoc.
- Dr Bertrand de Rochambeau
Omnidoc, c'est ça ?
- Dr Patrick Assyag
Omnidoc.
- Dr Bertrand de Rochambeau
Voilà.
- Dr Patrick Assyag
Omnidoc. Donc ils sont extraordinaires, pourquoi ? Parce que, 1. ils sont réactifs. 2. Ils nous apportent des chiffres et des pourcentages. On a besoin de chiffres pour avancer. 3. Finalement, on arrive à bien s'entendre avec eux. Je ne vous cache pas, ils couvrent tout le territoire. Ce n'est pas uniquement la cardio. Je sais que Luc l'utilise également en dermato, mais ils couvrent tout le territoire. Ils ont cette expérience qui nous permet d'être immédiatement en contact avec eux et de faire en sorte qu'on puisse avancer sur la télé-expertise. C'est le deuxième volet que je voulais aborder avec vous. Télé-expertise dont on se disait, c'est très bien, on va faire une télé-expertise pour un électrocardiogramme,
- Speaker #0
ça marche bien.
- Dr Patrick Assyag
Mais on s'est aperçu, chemin faisant, que ce n'était pas uniquement un électrocardiogramme, c'était également un dossier clinique que nos collègues généreuses nous adressaient. Un dossier clinique sur une page, bien documenté, avec tous les examens que le cardiologue aurait pu proposer aux patients, mais à la fin... Que faire ? Est-ce que je dois mettre une statine ? Quel est le médicament antihypertenseur qu'on peut rajouter à tel traitement ? Et quelle va être la conduite à tenir ? Et en fait, autant, si vous voulez, la lecture est longue, autant la réponse est courte. Et c'est ça, finalement, qui nous intéresse, c'est qu'en fait, sur une expertise qui va nécessiter le recours à un cardiologue en consultation physique, nous on arrive à résoudre le problème dans les 2-3 minutes. Et c'est ça la force de cette télé-expertise. C'est qu'en fait, et bien entendu, alors vous allez me dire, qui va vous proposer ? C'est uniquement les médecins jeunement installés, on va dire. Parce que les autres ont leur réseau, ils n'ont pas forcément besoin du cardiologue, ils ont leur réseau. En revanche, les médecins jeunement installés, eux, ont besoin d'avoir quelque chose qui va vite, et qui est assez précis, on va dire. Et ils se sont rués, entre guillemets, parce qu'on a 400, mais on a 800, 850, 900 si vous voulez, médecins jeunes qui sont inscrits sur la plateforme de l'ESS Cardio via Omnidoc. Il y en a 450 qui utilisent le service. Et finalement, chemin faisant, on s'est aperçu que c'est un service qu'on rendait à la fois aux médecins généralistes, mais à la population. Et c'est ça qui plaisait aux cardiologues. On nous accuse de donner des rendez-vous à 3-4 mois, mais regardez, on peut donner un rendez-vous dans la journée. Et c'est ça qui est important, c'est que on peut, on a, on va dire, quelque chose d'assez flexible dans notre système, qui fait en sorte que pour un patient qui nécessite quelque chose, on se plie en 4. pour l'intercaler entre deux patients. Et ça, on le fait de façon naturelle, moi je le fais naturellement au cabinet, et tous mes collègues cardio-réguliers le font naturellement également.
- Dr Bertrand de Rochambeau
Merci Patrick. Donc on voit encore, comme pour la dermatologie, il y a une nécessaire volonté de participer, de rendre service. C'est à l'initiative des médecins que ceci peut se faire. Il faut donc les convaincre, il faut donc communiquer. Albert Lautman.
- Albert Lautman
Moi, je voudrais insister sur un point à travers tout ce qu'on a entendu là. C'est que derrière l'organisation, la structuration et l'outil de téléxpertise, il y a du gain de temps médical. Parce qu'en fait, si je reprends l'exemple sur la cardiologie, on va arrêter d'embouteiller la salle d'attente des cardiologues de demandes, de rendez-vous pour des patients qui n'ont pas un besoin fondamental. Et en revanche, on va pouvoir voir très vite ceux qui ont vraiment un besoin de prise en charge très rapide. Et voilà, encore plus probablement en onco-dermatologie, où on voit bien que des délais qui ont été annoncés tout à l'heure de 3 mois, 6 mois, c'est de la perte de chance pour le coup, si on attend. Et donc là, j'insiste sur la partie gradation, c'est-à-dire que la télé-expertise, elle permet de repérer, docteur Assiak, vous aviez des chiffres hyper intéressants, je ne les ai plus en tête, sur le nombre de cas sur lesquels simplement un ajustement du traitement préconisé entre confrères va suffire. Et je crois que c'est plus de la moitié des cas. Et ensuite, il y a en revanche, on identifie à travers la téléexpertise, un besoin vraiment d'une prise en charge et d'intégrer le patient dans un parcours de prise en charge très rapide. Et on va pouvoir à ce moment-là avoir des résultats très efficaces.
- Dr Patrick Assyag
Oui, c'est vrai tant que c'est important également. On l'a découvert également en chemin faisant. C'est-à-dire qu'on s'est aperçu que cette gradation, telle que vous l'avez évoquée, est importante parce qu'on ne pourra jamais prendre tous les patients. Donc cette gradation est importante parce que, un, on peut, par la téléexpertise, faire cette gradation, et deux, cette gradation veut dire qualité et pertinence des soins. Et tout ça rentre dans un cercle vertueux. Et on aime bien, si vous voulez, en cardio, on est très didactique, on aime bien, ça se présente comme ça, c'est ça ou c'est pas ça, c'est ça, on sait, si on sait pas, bon, on a l'hôpital en fait, en deuxième voire troisième recours. On aimait bien ça parce qu'on s'est rendu compte que c'était faisable et c'était finalement propice à rendre service à notre collègue généraliste parce qu'ils nous joignent via maintenant la plateforme Omnidoc et ils ont un rendez-vous soit en téléspertise, soit en consultation physique. Et ça, ça nous permet, si vous voulez, de nous organiser, parce qu'il faut s'organiser. On ne peut pas mettre en place le service tout venant sans une organisation. Donc les gens sont persuadés du bien fondé de l'ESS, ils s'organisent. Ils rendent service à la population, ils rendent service aux médecins généralistes. Et ça c'est important, parce que c'est ce service rendu, j'insiste beaucoup là-dessus. C'est notre expertise qui est en jeu. Et en fait, pour le spécialiste, je pense que l'ESS, c'est véritablement l'outil qui va permettre de faire en sorte que la spécialité ou les spécialités se pérennisent et apportent leur valeur ajoutée. Et c'est ça ce dont on a besoin, c'est cette valeur ajoutée qui est l'expertise et qui est à mon avis essentiel pour nos spécialistes.
- Dr Maud Bézier
Je suis tout à fait d'accord avec mon confrère. Justement, je voulais rebondir sur ce qu'il a dit, parce qu'en dermatologie, et notamment en oncodermatologie, grâce à cette ESS, un patient qui a une lésion suspecte de mélanome, grâce à cet outil, sont vus en moyenne en 8 jours. Et donc pour les carcinomes, c'est 18 jours, mais mélanome, 8 jours.
- Dr Bertrand de Rochambeau
Et quand on sait que le pronostic dans le mélanome tient au temps, C'est important. Valérie Briole, notre présidente, aimerait rentrer dans le débat.
- Dr Valérie Briole
Bonjour, merci. Alors, moi, je relève plusieurs points. Déjà, je remercie Albert Lautman parce qu'il a raison quand il dit toutes les spécialités ne se prêtent pas forcément à cet exercice-là. Et je vais parler un petit peu des limites, du coup. Les spécialités plus cliniques s'éloignent de la téléexpertise, même si elles peuvent faire un circuit court dans certains cas d'urgence. Je pense à la pédiatrie où il y a des fois où il y a quand même bien besoin d'un recours urgent. Mais je pose la question aussi sur la téléexpertise, qui est dans l'exercice encadré par des quotas. Donc j'imagine pour les dermatos, vous frôlez souvent peut-être les quotas de télémédecine, téléconsultation, lorsque vous faites... Alors ça, c'est une première question. Lorsque vous participez beaucoup aux ESS, premièrement. Donc, il y a des quotas probablement adaptés. Et ensuite, la deuxième question, qui rejoint aussi la communication nécessaire à la diffusion de l'information. Donc, nous, on a mis en place quand même à l'URPS pour les ESS actives, une visibilité sur notre site et ensuite par l'intermédiaire de newsletters pour les médecins ou les requérants en fonction de l'implantation de l'ESS concernée et de l'utilisation bien sûr de l'objet de cette ESS. Donc ça, on le fait activement, régulièrement. Mais malgré ça, il y a une exigence par la Sécurité sociale d'un quota, encore une fois, de médecins participants pour pérenniser le financement de l'ESS. Donc ça, vous, vous l'avez largement dépassé. Donc, les champions sont les dermatologues, la cardiologie aussi. Mais il y a certaines spécialités où c'est un peu compliqué. Quand on a une démographie qui tourne vers les sujets âgés, quand on a un ensemble de médecins, je pense à ma spécialité en rhumato, nous sommes 315 en Ile-de-France, pour arriver à faire une SS qui tourne, il faut beaucoup de participants, or 30% ont plus de 60-65 qui ne veulent pas s'engager dans cette optique. Donc ça rend plus complexe et je pense aussi à la gériatrie qui n'a pas pu se constituer eu égard à son faible nombre d'acteurs. Et ce sont aussi également des spécialités très cliniques, donc qui ne peuvent pas avoir non plus de raccourci par télé-expertise. Donc ça, c'est quand même les limites que je voulais soulever et savoir s'il y avait une possibilité justement d'assouplissement de certaines limites, surtout dans le quota exigé pour constituer une ESS. Voilà, merci.
- Dr Bertrand de Rochambeau
Albert Lautman, vous avez déjà parlé un peu sur les seuils. Ou M. Couillard, je ne sais pas lequel des deux va vouloir. Oui, parce que c'est vous qui détenez les clés de la négociation. On fait parler le niveau national.
- Guillaume Couillard
Peut-être quelques éléments en rebond par rapport à ce qui vient d'être dit, et je viens sur la question qui vient d'être posée sur les seuils, bon, même si on est en présence d'exemples qui ont une relative ancienneté, on est quand même sur un dispositif qui est assez jeune encore, le dispositif des ESS. Donc évidemment, je partage le fait, les enjeux de communication, donc communication, faire savoir, faire savoir que ça existe, faire savoir que c'est possible. Et j'entends là à la fois vis-à-vis des professionnels, que ce soit les professionnels spécialistes ou les médecins traitants, mais aussi peut-être à terme, peut-être pas tout de suite, on verra comment, mais vis-à-vis aussi du grand public. Je pense que quand même, on voit que il y a, comme nous tous, on voit dans le débat public la question de l'accès aux soins est quand même un sujet extrêmement présent dans le débat public et pour une raison très claire, c'est une source d'inquiétude très forte aujourd'hui, je crois largement partagée, je pense d'ailleurs, quel que soit le territoire. Et là, on est en présence quand même d'un dispositif, alors je pense qu'aucun dispositif n'est la panacée qui permet de résoudre complètement la question de l'accès aux soins, mais en tout cas, on est en présence d'un dispositif qui peut permettre quand même d'apporter des réponses, d'apporter des réponses en plus. Et vous l'avez tous bien dit dans vos propos, vraiment fondé sur la pertinence, donc avec cette notion de juste recours, j'avais dit tout à l'heure l'articulation avec le médecin traitant, vous avez tous rappelé que ce dispositif est un dispositif qui est conçu non pas de façon isolée, indépendant du reste de l'écosystème de santé, mais bien intégrée et bien conçue pour apporter une réponse au premier cours. Je pense que c'est un peu ce qui en fait aussi une de ses forces, un de ses atouts. Et je pense que c'est sécurisant pour un patient, de se dire que finalement il y a une organisation qui permettra d'avoir accès à la bonne expertise lorsque le besoin s'en fera ressentir. Donc, il faut encore être prudent dans les termes parce que toutes les spécialités ne sont pas couvertes, parce qu'on est encore au début du dispositif, etc. Mais je pense que dans l'intention, c'est un élément de réponse, je trouve, porté par les professionnels, fondé sur la pertinence, intégré dans le système tel qu'il est aujourd'hui. Et honnêtement, dans le débat public, toutes les idées relatives à l'accès aux soins ne vérifient pas tous ces critères. Sans forcément aller plus loin sur ce point-là. Donc ça me paraît important de l'avoir en tête, notre capacité collective dans la Convention de porter des dispositifs qui apportent des vraies réponses. Sur les éléments. Alors c'est un dispositif jeune, donc effectivement il est normal qu'il émerge des difficultés. Parler par exemple du nombre de médecins qui doivent adhérer, on a évoqué le sujet de la maille territoriale. Bon, il y a des critères qui ont été définis quand même en discussion avec les partenaires conventionnels. Donc ces critères ils existent, ça ne veut pas dire qu'ils ne pourront jamais évoluer et ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas en discuter. C'est exactement la teneur de l'échange qu'on a eu lors de la dernière CPN, la Commission paritaire nationale avec les représentants des médecins, où est arrivé ce sujet des ESS et on a beaucoup discuté, pour ne rien vous cacher, du sujet justement des fameux 10 médecins, qui est le nombre planché minimum pour pouvoir constituer ces ESS. Alors, on comprend bien quand même qu'il y a une logique, c'est-à-dire que quand on veut un certain niveau de service et puis on met en face quand même un certain nombre d'investissements. Je reviendrai dans un instant sur les chiffres de financement. On comprend qu'il y a un plancher. En même temps, on voit bien qu'il y a un certain nombre de situations pour certaines spécialités dans certains territoires où ce chiffre de 10 peut éventuellement poser des difficultés. Donc ce qu'on est convenu avec les partenaires conventionnels, il y a un groupe de travail spécifique sur ce sujet qui va examiner les situations particulières, situation par situation, spécialité par spécialité, territoire par territoire, pour voir dans quel cas on peut éventuellement assouplir, dans quel cas on peut aussi trouver les moyens de résoudre ce problème. Alors par exemple, ça peut être de dire, ben voilà, oui, on est 8 sur ce territoire, peut-être en élargissant un petit peu le territoire, on arriverait aux10. Donc il y a aussi des façons de discuter, on peut laisser des périodes un peu de transition, de tolérance, en se disant oui, une fois que les choses auront démarré, l'adhésion sera plus facile. Il y a des choses qui vont se discuter, c'est normal, et on n'est pas fermé par principe à tout assouplissement. Simplement, si on a mis ces critères, ce n'est pas totalement non plus par hasard, et encore une fois, ce sont des critères qui ont été largement discutées avec les représentants des médecins. Donc pas de position de principe, mais il est quand même légitime d'avoir des critères. Juste un tout petit mot quand même pour dire de quoi on parle en termes de financement, puisque c'est quand même l'un des sujets, l'une des nouveautés apportées par la Convention. Alors effectivement, je rassure l'ESS de pédiatrie. Le fait effectivement que ces financements soient inscrits en dur dans la convention est quand même un gage important de pérennité et donc qui doit lever normalement les freins à l'engagement si c'était ce sujet qui posait problème. Donc il y a deux niveaux de crédit. Il y a un crédit d'amorçage. Le crédit d'amorçage c'est 80 000 euros qui peut intervenir pour la moitié de ce crédit après validation de la lettre d'intention.
- Dr Bertrand de Rochambeau
Donc là on y est presque. Donc là,
- Guillaume Couillard
vous n'avez jamais été si proche du but pour la pédiatrie. Et puis ensuite, le reste après le projet de santé. Donc, crédit d'amorçage 80 000 euros et puis ensuite une dotation annuelle entre 50 et 100 000 euros après validation du projet et qui dépend grosso modo du nombre de médecins dans l'ESS. Puis après, évidemment... Encore une fois, comme dans tout dispositif, il y aura une évaluation dans la durée. Donc on va suivre un certain nombre d'indicateurs, de nombre de soignants qui adressent à l'ESS, de nombre de patients pris en charge, de recours à la télémédecine, etc. Je ne vais pas détailler tous les indicateurs, mais évidemment, c'est normal, il y aura un suivi et il y aura un suivi qui permettra aux partenaires conventionnels de l'évaluer, le cas échéant de décider d'évolution, etc.
- Dr Bertrand de Rochambeau
Oui, ça on l'a vu dans les chiffres que nos deux ESS avancées ont pu nous fournir. Il faut bien sûr être factuel et s'assurer que ça serve à quelque chose. Et on comprend bien qu'il faut rester vigilant sur cet aspect-là. Albert Lautman, oui.
- Albert Lautman
Je voulais enfoncer le clou sur un élément qu'a évoqué Guillaume Couillard, parce qu'on travaille l'assurance maladie avec le RPS. Je sais que vous avez lancé une mission, un groupe de travail, sur l'évaluation des CPTS, qui est un autre dispositif de coordination territoriale, mais dont on a bien vu en Ile-de-France que les spécialistes n'y étaient pas beaucoup. Et donc il y a une vraie complémentarité de mon point de vue entre un bassin infra départemental, essentiellement avec des médecins généralistes et des paramédicaux autour d'eux, et puis un recours à la vie d'experts qui peut parfois s'organiser sur le territoire, mais qui parfois nécessite un échelon régional. Mais quand on fait le bilan des CPTS, une des critiques que j'ai entendues, parfois d'ailleurs relayées chez vous, c'est de dire qu'il faut faire attention à la bande de copains. Parfois, quand l'assise d'une organisation repose sur trop peu de gens, la légitimité vis-à-vis des confrères n'est pas complètement totale. Donc faisons attention de ne pas faire d'erreurs sur les ESS, de tirer les leçons et un seuil minimum. Alors après, ça n'empêche pas que je partage tout à fait ce qui a été dit sur le fait qu'il va falloir qu'on s'adapte un peu et qu'on trouve les solutions pour avancer. Mais il faut qu'on soit un peu ambitieux pour éviter que ce soit trop personnalisé et que ça repose sur trop peu de gens qui risquent ensuite de s'épuiser. Parce que j'ai entendu ce que vous aviez dit sur l'ESS pédiatrie. C'est la même chose qu'on entend sur les CPTS, c'est-à-dire qu'il faut être un peu militant pour se lancer dans un projet comme ça. C'est chronophage, c'est un peu lourd. Et donc, d'où l'intérêt quand même de faire reposer ça sur une assise quand même suffisamment nombreuse. Sinon, il y a un risque que les porteurs du projet se fatiguent un peu.
- Dr Bertrand de Rochambeau
C'est sûr. Donc, est-ce qu'on a aujourd'hui des moyens qu'on aurait encore ignorés à votre sens ? Et c'est vous, les représentants de l'assurance maladie, que j'interroge, pour promouvoir l'adhésion auprès des confrères qui, pour l'instant, restent en dehors de ces structures. On a parlé d'un rôle peut-être d'information, et je l'ai bien noté, auprès de la population, mais nous, aujourd'hui, notre préoccupation est celle de convaincre. Quand on n'est pas au départ tourné vers ce type de dispositif et que l'on pense que l'investissement devra être mieux mis dans le financement du soin que dans sa coordination.
- Guillaume Couillard
Mon point sur les patients était plutôt à terme, peut-être pas tout de suite, mais je pense qu'il faut le garder en tête parce que c'est quand même un élément important. Là encore, pas de réponse miraculeuse sur la communication. Traditionnellement, il y a un peu deux approches. Il y a la communication directe de l'assurance maladie qui peut parler aux professionnels. Je pense que c'est bien, on va le faire, on l'a déjà fait et il faut continuer à le faire. Et en général, on aime bien quand même avoir aussi,compléter par le deuxième canal, avec des relais de communication. Donc l'URPS peut être un relais. bien sûr, mais on peut avoir d'autres types de relais aussi, CPTS, syndicats, structures d'exercice coordonnées, pourquoi pas, on peut aussi avoir, s'appuyer, construire, y compris avec nos relais locaux à nous que sont les caisses primaires, et parfois le message est plus fort et mieux entendu quand il passe par ces relais-là que quand il est en direct de l'assurance maladie. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas le faire aussi. Mais je trouve que c'est la stratégie qu'il faut probablement, je partage complètement, qu'on consolide, qu'on améliore dans les mois qui viennent, parce qu'on voit bien que l'expérience prouve malheureusement qu'il faut toujours un petit peu de temps avant que des choses nouvelles diffusent, parce que les professionnels sont bombardés de plein de communications de toutes sortes. Donc voilà. Ils n'ont pas tous, même si je pense qu'ils sont très nombreux à écouter ce podcast, ils ne vont pas tous l'écouter, donc il y a toujours un petit sujet de temps de diffusion. Mais voilà, donc communication directe, communication avec des relais, y compris des relais locaux. Le relais par les pairs est quand même pas mal, y compris par l'exemple aussi. En général, il y a la forme d'émulation, ils l'ont fait, c'est possible, ça marche, il y a des résultats, etc., les gens sont contents. quand même aussi quelque chose de positif. On commence à en avoir des exemples qui permettent aussi d'illustrer plus que dans le discours un peu théorique sur ce que serait qu'une ESS.
- Dr Bertrand de Rochambeau
C'était le sens de ma remarque. Quand j'ai abordé le sujet, le partage d'expériences entre les autres régions mériterait, je pense, d'être plus développé. Et donc vous, qui êtes à l'échelon national, on est preneur de partage d'expérience. Il y a une fédération maintenant nationale des équipes de soins spécialisés et je crois qu'on a le président qui est là.
- Dr Patrick Assyag
Merci d'accueillir le président de la fédération des ESS. On s'est réunis à plusieurs reprises et on s'est aperçu que au niveau de la fédération française des ESS, on était ravis de se rencontrer, on était ravis de discuter de nos problèmes. Mais on serait encore plus ravis, et ça c'est peut-être une petite question que je pose à ces messieurs de l'assurance maladie nationale parisienne et puis francilienne, d'avoir un accompagnant un petit peu plus poussé, on va dire, et on ne serait pas contre le fait que vous nous accompagnez. Un petit peu plus au point de vue de la communication. Voilà, ça je serais vraiment vraiment ravi s'il y avait cette communication. Je me suis aperçu au niveau des autres ESS. On n'est pas 30, nous, en France entière, on a recensé au niveau de la fédération, on est 19 et 20. On n'est pas 30, mais 20 déjà, 20 ESS, toute la France. On a tous les territoires en fait, on a quasiment tous les territoires. Et on est ravi parce qu'on se rend compte que communiquer, communiquer, communiquer, communiquer et aide à la communication. Voilà, c'est vraiment notre problème. Et si vous nous accompagnez dans cette communication, on sera ravis.
- Albert Lautman
Le message est passé.
- Guillaume Couillard
Juste un dernier mot concernant l'Île-de-France. Nous, laissez pas m'en immobiliser. Pour le coup, on travaille surtout avec les deux premières, la cardio et la dermatologie. On a fait des webinaires. On a présenté les ESS, y compris à nos équipes, les délégués de l'assurance maladie qui sont sur le terrain, qui vont voir les médecins pour qu'ils puissent en parler. On croit beaucoup à l'échange de pairs, donc les webinaires, les témoignages. Ce matin, le sujet a été abordé en commission parité régionale. Et on voit bien qu'il y a eu une suggestion qu'il faut qu'on creuse, qui est aussi plus à impliquer les représentants des médecins généralistes. donc requérant, etc., dans... Peut-être pas la gouvernance, mais en tout cas, trouver une instance d'échange et de dialogue entre l'équipe de soins spécialisés et les généralistes du territoire. Parce que si on veut, au-delà de la com', si on veut vraiment qu'ils s'impliquent, il faut probablement qu'ils se sentent plus partie prenante. Et donc, si on peut nous aider à trouver des lieux de dialogue et d'échange entre les généralistes et les spécialistes, ça peut être un des leviers actionnés. Voilà, on s'est dit ce matin avec plusieurs personnes qui sont dans la salle, qui étaient aussi à la commission paritaire régionale,
- Speaker #0
qu'on allait essayer de creuser ce sujet.
- Dr Patrick Assyag
D'autant que ces personnes étaient souvent présidents de CPTS.
- Albert Lautman
Absolument.
- Dr Patrick Assyag
Et c'est ces présidents de CPTS qui nous demandent justement d'activer, de faire en sorte que la communication se passe mieux. On est ravis et on va le faire si c'est possible.
- Dr Bertrand de Rochambeau
Eh bien, le moment est venu maintenant de conclure. Je remercie tous les participants à ce podcast. car il nous a vraiment éclairé ce qui était l'objectif de l'URPS sur le développement actuel, sur les projets, mais aussi sur les limites que l'on perçoit, mais limites, si j'ai bien compris, qui peuvent largement être dépassées. Et notre prochain travail va être justement de mettre en œuvre les actions efficaces pour que ces limites soient repoussées, parce que je crois que là, On a effectivement un levier d'accès aux médecins spécialistes à ce que cela représente pour les patients en termes d'efficacité. Et ce qui fait quand même la réputation de la médecine en France, c'est son efficacité. Et par le développement des ESS, on doit pouvoir rapprocher cette efficacité du terrain. Merci à tous et je vous souhaite donc une bonne réflexion et nous sommes preneurs à l'URPS de toutes les bonnes idées.
- Générique
Au revoir et à bientôt. RPS Médecins libéraux Île-de-France vous donne rendez-vous pour son prochain 12-14. Il y aura pour thème la prise en charge de l'obésité infantile en Île-de-France, parcours et organisation.