Description
Les représentants strasbourgeois se rendent à Altorf afin de s'entretenir avec la bande des paysans.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Les représentants strasbourgeois se rendent à Altorf afin de s'entretenir avec la bande des paysans.
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Transcription
Strasbourg, 1525, la réforme, une histoire de famille. La charrette apprêtée par le magistrat s'arrête devant la maison de Catherine et Mathieu Zell. Martin Busser, Wolfgang Capiton s'y sont donnés rendez-vous, ainsi que deux représentants de la ville nommés par le magistrat Erlin et Ottfried Rich. Ils vont accompagner les trois réformateurs suite à l'invitation reçue en provenance d'Altorf la veille. En effet, depuis deux jours, 3000 paysans ont pris d'assaut l'abbaye. En chemin, ils échangent les informations. Des bandes se sont formées sur les deux rives du Rhin. Et partout, les paysans se dirigent vers les abbayes et les monastères. afin de s'emparer des provisions et de les distribuer ils nourrissent ainsi les foules qui commencent à s'amasser plusieurs prédicateurs sont à leur tête comme notre clément ziglaire l'a fait du côté d'auberney et c'est pas faute de lui avoir interdit nos espions nous rapportent que les bandes se regroupent un peu partout en soie dans le palatina dans le pays de bad Mais aussi en Lorraine et vers le sud, vers Fribourg, Val, Berne, ils semblent sortir de partout. Et d'ailleurs, c'est loin d'être que des paysans. Il importe que parmi eux se trouvent des bouchers, des traquiers, des tanneurs. Les représentants de la ville demandent à Busser des précisions sur les douze articles et surtout sur les prédicateurs qui galvanisent les foules. Le serf leur explique que les douze articles ont été écrits à Meningen il y a environ un mois. Désormais, ils sont imprimés et circulent de village en village. Ils proviennent de trois bandes, de près de 30 000 hommes, rendez-vous compte, et ils se nomment l'Union Chrétienne de Haute-Soie. Les douze articles résument les revendications des paysans, et ils sont appuyés par des arguments qui sont tout à fait bibliques. Erlin précise que le 12 avril, les troupes de la Ligue Swab sont intervenues pour désarmer la bande et soumettre les paysans à de lourdes amendes. Mais rien n'y fait. Le 16 avril, les paysans de Württemberg se sont rassemblés et ils sont, paraît-il, près de 8000. Quant à ceux qui prêchent, ce sont d'anciens moines, mais aussi des laïcs comme Lodzer ou encore Thomas Müntzer, qui ont fait beaucoup parler d'eux, principalement Müntzer. Oui précise Mathieu, Thomas était un proche de Luther au début, puis il s'est radicalisé. Depuis le début de cette année, il s'est rallié au mouvement anabaptiste radicaux. Il prêche du côté de Mülhausen pour un rétablissement de l'église apostolique, par la violence s'il le faut, tout comme Josué, afin de pouvoir préparer au plus vite le règne du Christ. Mathieu soupire en précisant que selon ses dernières informations, Il aurait instauré une théocratie radicale, violemment égalitaire. Évidemment, les paysans boivent ses paroles, mais les princes ne vont pas rester là, c'est certain. La charrette s'arrête brusquement, le clocher d'Altorf est en vue. Mais ce qui frappe le regard de tous, ce sont les nombreux attroupements, tout autour, partout, dans les champs. L'ambiance y est presque festive. Il remarque des femmes et des enfants qui se trouvent au milieu de la foule. Plusieurs feux sont allumés et les chants se font entendre. Le vin de l'abbaye y semble pour beaucoup. On fait rapidement savoir aux meneurs de la bande que les représentants strasbourgeois sont arrivés. Nicolas Gerbert et Jörg Hittel viennent à la rencontre des cinq hommes. Maître Baptiste, Capiton Busser, Fréran Christ, soyez les bienvenus. Cependant, Autreid et Erlin doivent attendre plusieurs heures debout avant d'être reçus. Une sorte de conseil s'est assemblé. Mathieuzel a toute la confiance des paysans. Ils étaient venus en l'ombre l'écouter alors qu'ils prêchaient à la cathédrale il y a deux ans. Et ils parlent souvent avec beaucoup d'affection de leur maître Mathis. Une partie d'entre eux connaît aussi très bien Martin Busser. Car une partie des maraîchers de la paroisse de Saint-Aurélie a rejoint la bande d'Altorf. Ce sont eux qui avaient d'ailleurs exigé un pasteur qui prêche le pur évangile. Et c'est ainsi qu'ils avaient obtenu la venue de Busser et sa nomination dans la paroisse. Gerbert prend la parole. Il invite les réformateurs strasbourgeois à se rallier à la cause des paysans. L'esprit de Dieu souffle et apporte un ordre nouveau. Cet ordre est tant attendu pour l'avènement du royaume de Dieu et sa justice. Ensemble, rien ne pourra nous arrêter. Chacun prend la parole. Capiton essaye de recentrer le débat sur l'évangile, un évangile de paix et de conciliation. Mais les prétigateurs d'Altorf sont bien plus radicaux. Au bout du chemin se trouve la vérité. La vérité... sera selon ce nouvel ordre. Mais non, dit Matthieu, Jésus-Christ est la vérité. Il n'est pas au bout du chemin, mais il est le chemin. Ce chemin ne peut pas consister en violence, en vol et en destruction. Mais notre cause est juste. Certes, poursuit Busser, mais les revendications des douze articles sont nombreuses. Il faudra... « De nombreux mois pour pouvoir aboutir à une négociation. Et seule la voie de la négociation est possible. Il faut que vous fassiez disperser la bande. Trop d'hommes sont à nourrir. Vous ne tiendrez jamais dans le temps. » S'en suivit de longues heures de négociation et de parlementation. Sur le chemin du retour dans la charrette, les cinq hommes semblent très inquiets. Capiton prend sa plume. Il écrit immédiatement. La position adoptée par le réformateur strasbourgeois, afin qu'elle puisse être largement distribuée, il reprend finalement les raisons qu'il vienne de faire savoir oralement, pour aller dans le sens d'une négociation à long terme et non pas d'une rébellion. Et chacun complète le texte, malgré les soubresauts de la charrette. Pour finir, Capiton reprend le texte. Plus une bande est nombreuse, plus les risques de discorde sont grands et plus vite les réserves alimentaires sont épuisées. Donc, plus il est difficile de faire durer une grande bande. Voyez ce qu'il se passe en Soab. Ne perdez pas la faveur du bailli impérial, ni celle du délégué du grand chapitre, le chanoine, ni celle de la ville de Strasbourg. Qui fait son possible et dont les envoyés, Ott Friedrich et Erlin, sont pleins de bonne volonté. On ne vous a pas promis à la légère de s'occuper le plus vite possible de vos doléances et de réunir votre comité avec les représentants de vos seigneurs. La ville en est garante. Repousser les propositions de conciliation ne serait pas évangélique, mais plutôt un signe de méfiance et une preuve que vous ne cherchez que votre intérêt matériel. Dans la Bible, il n'y a aucun exemple de soulèvement qui aurait été profitable à l'honneur de Dieu et au bien public. Poursuivre dans un but égoïste, sans couleur de piété, est puni par Dieu. Il est illisoire de placer son espoir dans la masse et dans la force temporelle plutôt qu'en Dieu, comme le prouve la Bible. La charrette ? arriva devant la cathédrale. La lettre, immédiatement envoyée au prédicateur de Dorlisheim, de la bande d'Altorf, avec prière de la lire et de la commenter aux paysans. Mais, sauront-ils l'écouter ? Les 500 ans de la réforme à Strasbourg, une histoire de famille, avec l'association familiale protestante Germe d'Espoir.
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Les représentants strasbourgeois se rendent à Altorf afin de s'entretenir avec la bande des paysans.
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Strasbourg, 1525, la réforme, une histoire de famille. La charrette apprêtée par le magistrat s'arrête devant la maison de Catherine et Mathieu Zell. Martin Busser, Wolfgang Capiton s'y sont donnés rendez-vous, ainsi que deux représentants de la ville nommés par le magistrat Erlin et Ottfried Rich. Ils vont accompagner les trois réformateurs suite à l'invitation reçue en provenance d'Altorf la veille. En effet, depuis deux jours, 3000 paysans ont pris d'assaut l'abbaye. En chemin, ils échangent les informations. Des bandes se sont formées sur les deux rives du Rhin. Et partout, les paysans se dirigent vers les abbayes et les monastères. afin de s'emparer des provisions et de les distribuer ils nourrissent ainsi les foules qui commencent à s'amasser plusieurs prédicateurs sont à leur tête comme notre clément ziglaire l'a fait du côté d'auberney et c'est pas faute de lui avoir interdit nos espions nous rapportent que les bandes se regroupent un peu partout en soie dans le palatina dans le pays de bad Mais aussi en Lorraine et vers le sud, vers Fribourg, Val, Berne, ils semblent sortir de partout. Et d'ailleurs, c'est loin d'être que des paysans. Il importe que parmi eux se trouvent des bouchers, des traquiers, des tanneurs. Les représentants de la ville demandent à Busser des précisions sur les douze articles et surtout sur les prédicateurs qui galvanisent les foules. Le serf leur explique que les douze articles ont été écrits à Meningen il y a environ un mois. Désormais, ils sont imprimés et circulent de village en village. Ils proviennent de trois bandes, de près de 30 000 hommes, rendez-vous compte, et ils se nomment l'Union Chrétienne de Haute-Soie. Les douze articles résument les revendications des paysans, et ils sont appuyés par des arguments qui sont tout à fait bibliques. Erlin précise que le 12 avril, les troupes de la Ligue Swab sont intervenues pour désarmer la bande et soumettre les paysans à de lourdes amendes. Mais rien n'y fait. Le 16 avril, les paysans de Württemberg se sont rassemblés et ils sont, paraît-il, près de 8000. Quant à ceux qui prêchent, ce sont d'anciens moines, mais aussi des laïcs comme Lodzer ou encore Thomas Müntzer, qui ont fait beaucoup parler d'eux, principalement Müntzer. Oui précise Mathieu, Thomas était un proche de Luther au début, puis il s'est radicalisé. Depuis le début de cette année, il s'est rallié au mouvement anabaptiste radicaux. Il prêche du côté de Mülhausen pour un rétablissement de l'église apostolique, par la violence s'il le faut, tout comme Josué, afin de pouvoir préparer au plus vite le règne du Christ. Mathieu soupire en précisant que selon ses dernières informations, Il aurait instauré une théocratie radicale, violemment égalitaire. Évidemment, les paysans boivent ses paroles, mais les princes ne vont pas rester là, c'est certain. La charrette s'arrête brusquement, le clocher d'Altorf est en vue. Mais ce qui frappe le regard de tous, ce sont les nombreux attroupements, tout autour, partout, dans les champs. L'ambiance y est presque festive. Il remarque des femmes et des enfants qui se trouvent au milieu de la foule. Plusieurs feux sont allumés et les chants se font entendre. Le vin de l'abbaye y semble pour beaucoup. On fait rapidement savoir aux meneurs de la bande que les représentants strasbourgeois sont arrivés. Nicolas Gerbert et Jörg Hittel viennent à la rencontre des cinq hommes. Maître Baptiste, Capiton Busser, Fréran Christ, soyez les bienvenus. Cependant, Autreid et Erlin doivent attendre plusieurs heures debout avant d'être reçus. Une sorte de conseil s'est assemblé. Mathieuzel a toute la confiance des paysans. Ils étaient venus en l'ombre l'écouter alors qu'ils prêchaient à la cathédrale il y a deux ans. Et ils parlent souvent avec beaucoup d'affection de leur maître Mathis. Une partie d'entre eux connaît aussi très bien Martin Busser. Car une partie des maraîchers de la paroisse de Saint-Aurélie a rejoint la bande d'Altorf. Ce sont eux qui avaient d'ailleurs exigé un pasteur qui prêche le pur évangile. Et c'est ainsi qu'ils avaient obtenu la venue de Busser et sa nomination dans la paroisse. Gerbert prend la parole. Il invite les réformateurs strasbourgeois à se rallier à la cause des paysans. L'esprit de Dieu souffle et apporte un ordre nouveau. Cet ordre est tant attendu pour l'avènement du royaume de Dieu et sa justice. Ensemble, rien ne pourra nous arrêter. Chacun prend la parole. Capiton essaye de recentrer le débat sur l'évangile, un évangile de paix et de conciliation. Mais les prétigateurs d'Altorf sont bien plus radicaux. Au bout du chemin se trouve la vérité. La vérité... sera selon ce nouvel ordre. Mais non, dit Matthieu, Jésus-Christ est la vérité. Il n'est pas au bout du chemin, mais il est le chemin. Ce chemin ne peut pas consister en violence, en vol et en destruction. Mais notre cause est juste. Certes, poursuit Busser, mais les revendications des douze articles sont nombreuses. Il faudra... « De nombreux mois pour pouvoir aboutir à une négociation. Et seule la voie de la négociation est possible. Il faut que vous fassiez disperser la bande. Trop d'hommes sont à nourrir. Vous ne tiendrez jamais dans le temps. » S'en suivit de longues heures de négociation et de parlementation. Sur le chemin du retour dans la charrette, les cinq hommes semblent très inquiets. Capiton prend sa plume. Il écrit immédiatement. La position adoptée par le réformateur strasbourgeois, afin qu'elle puisse être largement distribuée, il reprend finalement les raisons qu'il vienne de faire savoir oralement, pour aller dans le sens d'une négociation à long terme et non pas d'une rébellion. Et chacun complète le texte, malgré les soubresauts de la charrette. Pour finir, Capiton reprend le texte. Plus une bande est nombreuse, plus les risques de discorde sont grands et plus vite les réserves alimentaires sont épuisées. Donc, plus il est difficile de faire durer une grande bande. Voyez ce qu'il se passe en Soab. Ne perdez pas la faveur du bailli impérial, ni celle du délégué du grand chapitre, le chanoine, ni celle de la ville de Strasbourg. Qui fait son possible et dont les envoyés, Ott Friedrich et Erlin, sont pleins de bonne volonté. On ne vous a pas promis à la légère de s'occuper le plus vite possible de vos doléances et de réunir votre comité avec les représentants de vos seigneurs. La ville en est garante. Repousser les propositions de conciliation ne serait pas évangélique, mais plutôt un signe de méfiance et une preuve que vous ne cherchez que votre intérêt matériel. Dans la Bible, il n'y a aucun exemple de soulèvement qui aurait été profitable à l'honneur de Dieu et au bien public. Poursuivre dans un but égoïste, sans couleur de piété, est puni par Dieu. Il est illisoire de placer son espoir dans la masse et dans la force temporelle plutôt qu'en Dieu, comme le prouve la Bible. La charrette ? arriva devant la cathédrale. La lettre, immédiatement envoyée au prédicateur de Dorlisheim, de la bande d'Altorf, avec prière de la lire et de la commenter aux paysans. Mais, sauront-ils l'écouter ? Les 500 ans de la réforme à Strasbourg, une histoire de famille, avec l'association familiale protestante Germe d'Espoir.
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Les représentants strasbourgeois se rendent à Altorf afin de s'entretenir avec la bande des paysans.
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Strasbourg, 1525, la réforme, une histoire de famille. La charrette apprêtée par le magistrat s'arrête devant la maison de Catherine et Mathieu Zell. Martin Busser, Wolfgang Capiton s'y sont donnés rendez-vous, ainsi que deux représentants de la ville nommés par le magistrat Erlin et Ottfried Rich. Ils vont accompagner les trois réformateurs suite à l'invitation reçue en provenance d'Altorf la veille. En effet, depuis deux jours, 3000 paysans ont pris d'assaut l'abbaye. En chemin, ils échangent les informations. Des bandes se sont formées sur les deux rives du Rhin. Et partout, les paysans se dirigent vers les abbayes et les monastères. afin de s'emparer des provisions et de les distribuer ils nourrissent ainsi les foules qui commencent à s'amasser plusieurs prédicateurs sont à leur tête comme notre clément ziglaire l'a fait du côté d'auberney et c'est pas faute de lui avoir interdit nos espions nous rapportent que les bandes se regroupent un peu partout en soie dans le palatina dans le pays de bad Mais aussi en Lorraine et vers le sud, vers Fribourg, Val, Berne, ils semblent sortir de partout. Et d'ailleurs, c'est loin d'être que des paysans. Il importe que parmi eux se trouvent des bouchers, des traquiers, des tanneurs. Les représentants de la ville demandent à Busser des précisions sur les douze articles et surtout sur les prédicateurs qui galvanisent les foules. Le serf leur explique que les douze articles ont été écrits à Meningen il y a environ un mois. Désormais, ils sont imprimés et circulent de village en village. Ils proviennent de trois bandes, de près de 30 000 hommes, rendez-vous compte, et ils se nomment l'Union Chrétienne de Haute-Soie. Les douze articles résument les revendications des paysans, et ils sont appuyés par des arguments qui sont tout à fait bibliques. Erlin précise que le 12 avril, les troupes de la Ligue Swab sont intervenues pour désarmer la bande et soumettre les paysans à de lourdes amendes. Mais rien n'y fait. Le 16 avril, les paysans de Württemberg se sont rassemblés et ils sont, paraît-il, près de 8000. Quant à ceux qui prêchent, ce sont d'anciens moines, mais aussi des laïcs comme Lodzer ou encore Thomas Müntzer, qui ont fait beaucoup parler d'eux, principalement Müntzer. Oui précise Mathieu, Thomas était un proche de Luther au début, puis il s'est radicalisé. Depuis le début de cette année, il s'est rallié au mouvement anabaptiste radicaux. Il prêche du côté de Mülhausen pour un rétablissement de l'église apostolique, par la violence s'il le faut, tout comme Josué, afin de pouvoir préparer au plus vite le règne du Christ. Mathieu soupire en précisant que selon ses dernières informations, Il aurait instauré une théocratie radicale, violemment égalitaire. Évidemment, les paysans boivent ses paroles, mais les princes ne vont pas rester là, c'est certain. La charrette s'arrête brusquement, le clocher d'Altorf est en vue. Mais ce qui frappe le regard de tous, ce sont les nombreux attroupements, tout autour, partout, dans les champs. L'ambiance y est presque festive. Il remarque des femmes et des enfants qui se trouvent au milieu de la foule. Plusieurs feux sont allumés et les chants se font entendre. Le vin de l'abbaye y semble pour beaucoup. On fait rapidement savoir aux meneurs de la bande que les représentants strasbourgeois sont arrivés. Nicolas Gerbert et Jörg Hittel viennent à la rencontre des cinq hommes. Maître Baptiste, Capiton Busser, Fréran Christ, soyez les bienvenus. Cependant, Autreid et Erlin doivent attendre plusieurs heures debout avant d'être reçus. Une sorte de conseil s'est assemblé. Mathieuzel a toute la confiance des paysans. Ils étaient venus en l'ombre l'écouter alors qu'ils prêchaient à la cathédrale il y a deux ans. Et ils parlent souvent avec beaucoup d'affection de leur maître Mathis. Une partie d'entre eux connaît aussi très bien Martin Busser. Car une partie des maraîchers de la paroisse de Saint-Aurélie a rejoint la bande d'Altorf. Ce sont eux qui avaient d'ailleurs exigé un pasteur qui prêche le pur évangile. Et c'est ainsi qu'ils avaient obtenu la venue de Busser et sa nomination dans la paroisse. Gerbert prend la parole. Il invite les réformateurs strasbourgeois à se rallier à la cause des paysans. L'esprit de Dieu souffle et apporte un ordre nouveau. Cet ordre est tant attendu pour l'avènement du royaume de Dieu et sa justice. Ensemble, rien ne pourra nous arrêter. Chacun prend la parole. Capiton essaye de recentrer le débat sur l'évangile, un évangile de paix et de conciliation. Mais les prétigateurs d'Altorf sont bien plus radicaux. Au bout du chemin se trouve la vérité. La vérité... sera selon ce nouvel ordre. Mais non, dit Matthieu, Jésus-Christ est la vérité. Il n'est pas au bout du chemin, mais il est le chemin. Ce chemin ne peut pas consister en violence, en vol et en destruction. Mais notre cause est juste. Certes, poursuit Busser, mais les revendications des douze articles sont nombreuses. Il faudra... « De nombreux mois pour pouvoir aboutir à une négociation. Et seule la voie de la négociation est possible. Il faut que vous fassiez disperser la bande. Trop d'hommes sont à nourrir. Vous ne tiendrez jamais dans le temps. » S'en suivit de longues heures de négociation et de parlementation. Sur le chemin du retour dans la charrette, les cinq hommes semblent très inquiets. Capiton prend sa plume. Il écrit immédiatement. La position adoptée par le réformateur strasbourgeois, afin qu'elle puisse être largement distribuée, il reprend finalement les raisons qu'il vienne de faire savoir oralement, pour aller dans le sens d'une négociation à long terme et non pas d'une rébellion. Et chacun complète le texte, malgré les soubresauts de la charrette. Pour finir, Capiton reprend le texte. Plus une bande est nombreuse, plus les risques de discorde sont grands et plus vite les réserves alimentaires sont épuisées. Donc, plus il est difficile de faire durer une grande bande. Voyez ce qu'il se passe en Soab. Ne perdez pas la faveur du bailli impérial, ni celle du délégué du grand chapitre, le chanoine, ni celle de la ville de Strasbourg. Qui fait son possible et dont les envoyés, Ott Friedrich et Erlin, sont pleins de bonne volonté. On ne vous a pas promis à la légère de s'occuper le plus vite possible de vos doléances et de réunir votre comité avec les représentants de vos seigneurs. La ville en est garante. Repousser les propositions de conciliation ne serait pas évangélique, mais plutôt un signe de méfiance et une preuve que vous ne cherchez que votre intérêt matériel. Dans la Bible, il n'y a aucun exemple de soulèvement qui aurait été profitable à l'honneur de Dieu et au bien public. Poursuivre dans un but égoïste, sans couleur de piété, est puni par Dieu. Il est illisoire de placer son espoir dans la masse et dans la force temporelle plutôt qu'en Dieu, comme le prouve la Bible. La charrette ? arriva devant la cathédrale. La lettre, immédiatement envoyée au prédicateur de Dorlisheim, de la bande d'Altorf, avec prière de la lire et de la commenter aux paysans. Mais, sauront-ils l'écouter ? Les 500 ans de la réforme à Strasbourg, une histoire de famille, avec l'association familiale protestante Germe d'Espoir.
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Les représentants strasbourgeois se rendent à Altorf afin de s'entretenir avec la bande des paysans.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Strasbourg, 1525, la réforme, une histoire de famille. La charrette apprêtée par le magistrat s'arrête devant la maison de Catherine et Mathieu Zell. Martin Busser, Wolfgang Capiton s'y sont donnés rendez-vous, ainsi que deux représentants de la ville nommés par le magistrat Erlin et Ottfried Rich. Ils vont accompagner les trois réformateurs suite à l'invitation reçue en provenance d'Altorf la veille. En effet, depuis deux jours, 3000 paysans ont pris d'assaut l'abbaye. En chemin, ils échangent les informations. Des bandes se sont formées sur les deux rives du Rhin. Et partout, les paysans se dirigent vers les abbayes et les monastères. afin de s'emparer des provisions et de les distribuer ils nourrissent ainsi les foules qui commencent à s'amasser plusieurs prédicateurs sont à leur tête comme notre clément ziglaire l'a fait du côté d'auberney et c'est pas faute de lui avoir interdit nos espions nous rapportent que les bandes se regroupent un peu partout en soie dans le palatina dans le pays de bad Mais aussi en Lorraine et vers le sud, vers Fribourg, Val, Berne, ils semblent sortir de partout. Et d'ailleurs, c'est loin d'être que des paysans. Il importe que parmi eux se trouvent des bouchers, des traquiers, des tanneurs. Les représentants de la ville demandent à Busser des précisions sur les douze articles et surtout sur les prédicateurs qui galvanisent les foules. Le serf leur explique que les douze articles ont été écrits à Meningen il y a environ un mois. Désormais, ils sont imprimés et circulent de village en village. Ils proviennent de trois bandes, de près de 30 000 hommes, rendez-vous compte, et ils se nomment l'Union Chrétienne de Haute-Soie. Les douze articles résument les revendications des paysans, et ils sont appuyés par des arguments qui sont tout à fait bibliques. Erlin précise que le 12 avril, les troupes de la Ligue Swab sont intervenues pour désarmer la bande et soumettre les paysans à de lourdes amendes. Mais rien n'y fait. Le 16 avril, les paysans de Württemberg se sont rassemblés et ils sont, paraît-il, près de 8000. Quant à ceux qui prêchent, ce sont d'anciens moines, mais aussi des laïcs comme Lodzer ou encore Thomas Müntzer, qui ont fait beaucoup parler d'eux, principalement Müntzer. Oui précise Mathieu, Thomas était un proche de Luther au début, puis il s'est radicalisé. Depuis le début de cette année, il s'est rallié au mouvement anabaptiste radicaux. Il prêche du côté de Mülhausen pour un rétablissement de l'église apostolique, par la violence s'il le faut, tout comme Josué, afin de pouvoir préparer au plus vite le règne du Christ. Mathieu soupire en précisant que selon ses dernières informations, Il aurait instauré une théocratie radicale, violemment égalitaire. Évidemment, les paysans boivent ses paroles, mais les princes ne vont pas rester là, c'est certain. La charrette s'arrête brusquement, le clocher d'Altorf est en vue. Mais ce qui frappe le regard de tous, ce sont les nombreux attroupements, tout autour, partout, dans les champs. L'ambiance y est presque festive. Il remarque des femmes et des enfants qui se trouvent au milieu de la foule. Plusieurs feux sont allumés et les chants se font entendre. Le vin de l'abbaye y semble pour beaucoup. On fait rapidement savoir aux meneurs de la bande que les représentants strasbourgeois sont arrivés. Nicolas Gerbert et Jörg Hittel viennent à la rencontre des cinq hommes. Maître Baptiste, Capiton Busser, Fréran Christ, soyez les bienvenus. Cependant, Autreid et Erlin doivent attendre plusieurs heures debout avant d'être reçus. Une sorte de conseil s'est assemblé. Mathieuzel a toute la confiance des paysans. Ils étaient venus en l'ombre l'écouter alors qu'ils prêchaient à la cathédrale il y a deux ans. Et ils parlent souvent avec beaucoup d'affection de leur maître Mathis. Une partie d'entre eux connaît aussi très bien Martin Busser. Car une partie des maraîchers de la paroisse de Saint-Aurélie a rejoint la bande d'Altorf. Ce sont eux qui avaient d'ailleurs exigé un pasteur qui prêche le pur évangile. Et c'est ainsi qu'ils avaient obtenu la venue de Busser et sa nomination dans la paroisse. Gerbert prend la parole. Il invite les réformateurs strasbourgeois à se rallier à la cause des paysans. L'esprit de Dieu souffle et apporte un ordre nouveau. Cet ordre est tant attendu pour l'avènement du royaume de Dieu et sa justice. Ensemble, rien ne pourra nous arrêter. Chacun prend la parole. Capiton essaye de recentrer le débat sur l'évangile, un évangile de paix et de conciliation. Mais les prétigateurs d'Altorf sont bien plus radicaux. Au bout du chemin se trouve la vérité. La vérité... sera selon ce nouvel ordre. Mais non, dit Matthieu, Jésus-Christ est la vérité. Il n'est pas au bout du chemin, mais il est le chemin. Ce chemin ne peut pas consister en violence, en vol et en destruction. Mais notre cause est juste. Certes, poursuit Busser, mais les revendications des douze articles sont nombreuses. Il faudra... « De nombreux mois pour pouvoir aboutir à une négociation. Et seule la voie de la négociation est possible. Il faut que vous fassiez disperser la bande. Trop d'hommes sont à nourrir. Vous ne tiendrez jamais dans le temps. » S'en suivit de longues heures de négociation et de parlementation. Sur le chemin du retour dans la charrette, les cinq hommes semblent très inquiets. Capiton prend sa plume. Il écrit immédiatement. La position adoptée par le réformateur strasbourgeois, afin qu'elle puisse être largement distribuée, il reprend finalement les raisons qu'il vienne de faire savoir oralement, pour aller dans le sens d'une négociation à long terme et non pas d'une rébellion. Et chacun complète le texte, malgré les soubresauts de la charrette. Pour finir, Capiton reprend le texte. Plus une bande est nombreuse, plus les risques de discorde sont grands et plus vite les réserves alimentaires sont épuisées. Donc, plus il est difficile de faire durer une grande bande. Voyez ce qu'il se passe en Soab. Ne perdez pas la faveur du bailli impérial, ni celle du délégué du grand chapitre, le chanoine, ni celle de la ville de Strasbourg. Qui fait son possible et dont les envoyés, Ott Friedrich et Erlin, sont pleins de bonne volonté. On ne vous a pas promis à la légère de s'occuper le plus vite possible de vos doléances et de réunir votre comité avec les représentants de vos seigneurs. La ville en est garante. Repousser les propositions de conciliation ne serait pas évangélique, mais plutôt un signe de méfiance et une preuve que vous ne cherchez que votre intérêt matériel. Dans la Bible, il n'y a aucun exemple de soulèvement qui aurait été profitable à l'honneur de Dieu et au bien public. Poursuivre dans un but égoïste, sans couleur de piété, est puni par Dieu. Il est illisoire de placer son espoir dans la masse et dans la force temporelle plutôt qu'en Dieu, comme le prouve la Bible. La charrette ? arriva devant la cathédrale. La lettre, immédiatement envoyée au prédicateur de Dorlisheim, de la bande d'Altorf, avec prière de la lire et de la commenter aux paysans. Mais, sauront-ils l'écouter ? Les 500 ans de la réforme à Strasbourg, une histoire de famille, avec l'association familiale protestante Germe d'Espoir.
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