Speaker #0Strasbourg, 1525, la réforme, une histoire de famille. Mathieu et Catherine Zell sont extrêmement inquiets. Les nouvelles se sont précipitées les jours derniers. La rencontre du 10 mai entre Nicolas Gerber, le chef des paysans, et les autorités n'a pas abouti. Bien au contraire, le nombre s'est renforcé. Les paysans ont prenu la direction de Saverne, après leur congrès à Molsheim. Et après avoir pris Marmoutier, Luther leur a fait savoir qu'il condamnait le mouvement et qu'il ne leur fournirait aucune arme, bien au contraire. Par ailleurs, l'armée du duc de Lorraine se rapproche de Saverne avec ses mercenaires qui sont venus en nombre, pour certains, de la bataille de Pavie, telle une horde sans patrie, avide de pillage et de sang, prête à tout pour quelques butins. Mais il se trouve aussi la cavalerie des Albanais, vêtus comme des Turcs, les avant-coureurs français et allemands, la cavalerie des chevaliers et des seigneurs, les gentils hommes de Lorraine et de Champagne, avec Claude de Guise, le frère de Antoine, le duc de Lorraine. Et puis, le corps d'infanterie des Français à pied, pique au point d'environ 2000 hommes. Et enfin, les 6000 lance-quenets. venus de Flandre, d'Allemagne et même d'Alsace. Au total, on en compterait pas moins de 11 000. 11 000 ! Et ils se trouveraient déjà à Sarrebourg. Hier, le 14 mai, les corporations de Strasbourg ont ratifié la politique de neutralité de la ville. Qu'est-ce que ça signifie ? demande Catherine. Eh bien, les pourparlers ont été très longs. Car le duc de Lorraine nous a envoyé des missives, nous demandant d'une part des armes et d'autre part du pain pour nourrir ses troupes. Concernant les armes, nous avons été très clairs, c'est hors de question. De la même façon que nous n'en fournirons pas aux paysans, nous n'en fournirons pas non plus à l'armée du duc. Par contre, concernant le pain, ça a été une autre question. Si nous ne leur donnons pas des victuailles et du pain, ces hordes vont... saccager nos villages. Il a donc été convenu de fournir pain et victuailles aux ducs. Ce dernier s'est engagé à ne pas piller les villages et à laisser sains et saufs les habitants et les habitantes. Par ailleurs, nos messagers nous ont appris que les bourgeois de Saverne ont ouvert les portes de la ville aux paysans et que ces derniers sont entrés bien plus nombreux qu'on ne le pensait dans la ville. Et les autres bandes se... se répandent partout, aussi bien le long des Vosges que du côté de Vissembourg, Célestat, jusqu'aux portes de Bourgogne. Les paysans alsaciens auront bientôt levé leur armée partout, avec cette soif de justice et de proclamation de l'évangile. Mais, depuis le 11 mai, une forme bien plus radicale voit le jour. Le règlement de campagne adopté à Molsheim prévoit de rejeter tous ceux, nobles ou non, qui tenteraient de s'opposer par la force à l'avènement du Saint-Évangile et ordonnent le dispositif de l'armée tout entière des paysans. Matthieu explique qu'une copie de ces dernières décisions, qui ont été signées et ratifiées à Molsheim, viennent d'arriver à Strasbourg par la bande de Steffenfeld. La discipline mise en place fonctionne sur le modèle ... des confédérés suisses. Tout d'abord, le respect des amis, des femmes, des vieillards, des enfants, l'interdiction du butin sauvage, l'obéissance aux ordres écrits, la solidarité et l'unité du commandement. Mais c'est une armée d'ordre militaire qui est en train de se lever. Le quatrième article des paysans précise qu'au son du tambour ou du toxin, il faut accourir avec ses Et enfin... Le dernier article précise que toutes les bandes sont unies et ont juré de mourir en restant ensemble ou de vivre dans le Saint-Évangile et de se tenir à cela pour toujours. Depuis hier, notre ville de Strasbourg s'est placée en état de défense et ses abords sont pourvus de combattants. Mathieu et Catherine se prennent par la main. est pris le souffle coupé par ces nouvelles. Que va-t-il advenir maintenant ? Les 500 ans de la réforme à Strasbourg, une histoire de famille, avec l'association familiale protestante Germes d'Espoir. Sous-tit