- Ambroise
Bienvenue dans le podcast des Audacieux Normands par la Caisse d'Epargne Normandie. Notre objectif est simple, vous inspirer, vous donner envie d'entreprendre, bref d'être audacieux. Nous partons à la rencontre des Normandes et Normands aux parcours incroyables pour faire découvrir leurs passions. Aujourd'hui, je reçois Anna Mosjzesz, responsable communication et responsable MoHo 4 Young du MoHo, un lieu de 7500 m² qui mêle entrepreneurs, étudiants et grands groupes comme la Caisse d'Epargne Normandie. Allez go ! Bonjour Anna.
- Anna Mojzesz
Bonjour Ambroise.
- Ambroise
Ce poste que tu occupes au MoHo, c'est une suite logique à ton parcours d'étudiante. Est-ce que tu peux nous raconter ?
- Anna Mojzesz
Alors moi, j'ai effectué cinq ans d'études dans une grande école de commerce. J'avais déjà fait un stage il y a deux ans maintenant, un stage de trois mois au Moho. Le lieu n'existait pas encore. Donc c'était un événement annuel qu'on avait fait à l'époque avec une quarantaine de speakers internationaux. Et j'avais adoré cette expérience. Et finalement, c'était un peu évident pour moi de refaire mon stage de fin d'études de six mois ici, où là, j'ai pu encore plus développer partie communication, chef de projet. Et finalement, j'ai signé mon CDI au Moho il y a un an maintenant.
- Ambroise
Ça, c'est trop bien. Tout le monde en rêve. Suite au stage, trouver son premier poste direct ici. C'est une évidence de continuer au Moho, du coup ?
- Anna Mojzesz
Oui. En fait, à la fin de mes études, j'ai eu d'autres propositions. Et là, je me suis vraiment remis en question. J'ai pris du recul et je me suis demandé qu'est-ce qui était le plus important pour moi. Est-ce que c'était finalement d'avoir un gros salaire, de faire partie d'un gros groupe ou d'avoir du sens dans mes missions au quotidien, d'être fière de me lever le matin pour aller au boulot. Et c'est tout ce que je retrouvais au moHo. Et je me suis dit finalement, en fait, c'est ça que je veux faire. Et ça a été assez évident. C'était une suite logique de continuer ici. Je suis très fière d'occuper ce poste aujourd'hui.
- Ambroise
C'est un fait générationnel, cette quête de sens, on en parle beaucoup, de plus en plus. Le fait de ne pas vouloir passer le plus gros de son temps, son quotidien, à donner de l'énergie sur quelque chose qui ne nous parle pas. Toi, c'est quelque chose qui était direct dans ta tête, de se dire quand j'aurai terminé mes études, c'est sûr et certain, je ne voudrais jamais me retrouver dans un poste un peu en mode automatique.
- Anna Mojzesz
Je ne m'en rendais pas forcément compte au début et c'est en faisant des expériences professionnelles pendant mes études que j'ai réalisé que ça me manquait. En fait, dans mes expériences. Et finalement, je faisais que de parler de ce stage homo qui m'avait vraiment animée pour le coup. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, c'est quelque chose que les jeunes, il y a 78% des 18-24 ans qui n'accepteraient pas un job qui n'a pas de sens pour eux. Et finalement, je me retrouve dans ces chiffres. Je vois mes camarades de classe qui se retrouvent également dans ces données. Et c'est quelque chose qui... On passe les trois quarts de notre temps au travail. Donc, c'est vrai qu'on cherche des entreprises. qui soient en cohérence avec nos convictions, nos valeurs. C'est quelque chose qui est important aujourd'hui pour pouvoir être passionné dans son travail et pour pouvoir être fier de réaliser les missions qu'on réalise au quotidien. Et c'est ce qu'il y a de plus important, je pense, pour pouvoir être épanoui professionnellement.
- Ambroise
Tu parles d'épanouissement, mais c'est vrai que chacun a un épanouissement différent ou a une sensibilité différente sur des sujets qui ne sont pas forcément les mêmes pour tous. En quoi le MoHo répond à cette quête de sens pour toi ?
- Anna Mojzesz
Alors... Au travers du MoHo, déjà, on opère sur deux grandes thématiques. L'inclusion chez les jeunes, qui pour moi est très importante, notamment parce que j'ai vécu mes deux dernières années d'études en pleine crise sanitaire. Et c'est vrai qu'il y a eu beaucoup de replis sur soi de la part des jeunes qui ont été vraiment, pour le coup, touchés par cette situation. Il y a eu beaucoup de décrochages scolaires. Pardon. Il y a eu beaucoup de décrochages scolaires également. Et finalement, en fait, le poste que j'accueille... j'occupe pour MoHo 4 Young, permet de soutenir cette jeune génération qui a beaucoup de projets, qui a plein d'initiatives, qui a envie de s'engager sur ces sujets. Et on opère aussi sur les transitions climatiques, qui est notre deuxième grosse thématique. Et pour le coup, qui fait vraiment sens, moi, avec mes valeurs personnelles, puisque j'ai toujours vécu à la campagne, entourée d'animaux. On m'a toujours inculqué des valeurs de respect de la biodiversité, de son environnement, que ce soit chez moi au quotidien ou quand je me baladais pour aller en vacances, puisqu'on profite. de la nature dans ces situations, mais il faut aussi la préserver. Et donc, du coup, ça faisait vraiment sens avec mes valeurs personnelles que je porte au quotidien. Et le MoHo, pour le coup, réalise des événements comme des fresques du climat, des fresques de l'économie circulaire, des motos, parce qu'on a des personnalités qui viennent parler de leur expérience. Là, l'année prochaine, on aura Claudie Haigneré, qui est la première femme européenne à être montée à bord de l'ISS. Donc, un bel exemple d'audace. Et pour le coup, en fait, ça ne fait que nous inspirer, nous former sur ces sujets au quotidien. Donc, ça fait vraiment sens, moi, avec ce que je cherchais dans mon job pour être encore plus sensibilisé sur ces sujets.
- Ambroise
Tu as créé ta chance d'avoir ce poste, MoHo, parce que tu as eu cette expérience de stage, on l'a entendu, et ça a poursuivi dans le bon sens. Mais une personne qui nous écoute et qui se dit, mais moi aussi, je veux avoir ce sens. Moi aussi, je veux être proche de ces sujets, agir pour ces sujets. Qu'est-ce que tu lui conseilles ? Comment il peut se mettre en scène en quelque sorte ?
- Anna Mojzesz
Alors déjà, moi, à côté de ce poste, je suis aussi entrepreneuse depuis quelques années. Donc, c'est des sujets auxquels j'ai été sensibilisée et j'essaie d'agir dans mon quotidien. Donc, si c'est des sujets sur lesquels ils sont passionnés, c'est des sujets sur lesquels ils veulent agir. Continuer à le faire individuellement, personnellement, avoir des expériences, oser les entreprendre. Parce que c'est vrai que des fois, on se met des barrières, des freins. Est-ce qu'on est légitime quand on est jeune à pouvoir lancer ce type de projet. Et finalement, c'est ce qui m'a permis aussi d'obtenir ce poste parce que j'étais super sensibilisée. J'étais très motivée pour pouvoir arriver à continuer à travailler dans ce domaine. Et donc, du coup, déjà, il faut avoir un vrai engagement personnel, individuel dans son quotidien, porter ses valeurs pour pouvoir par la suite donner envie aux entreprises de nous recruter sur ce type de poste. Parce que pour le coup, ils recherchent beaucoup ces jeunes qui sont innovants, visionnaires, qui ont envie de s'engager. Et donc, du coup, il faut pouvoir le porter à titre personnel pour pouvoir ensuite poursuivre une carrière professionnelle dans ce type de secteur.
- Ambroise
Tu es responsable de MoHo 4 Young, de ce dispositif dont la Caisse d'épargne normandie est actrice. D'ailleurs, en quoi cela consiste ?
- Anna Mojzesz
Alors, du coup, quand je suis arrivée au Moho... On était en plein confinement et on s'est vite rendu compte que les jeunes étaient les plus touchés, les plus concernés par les grands défis sociétaux et environnementaux de notre temps. Et finalement, on avait vraiment envie de les accompagner. Ils ont beaucoup d'idées, ils ont plein de projets. C'est les plus à même à pouvoir porter ce type de projet à impact positif. Et donc, du coup, on a lancé une campagne de financement participatif un peu folle sur Ulule. Et en un mois, on a récolté 100 000 euros. La moyenne en France, c'est de 7 000. Donc, on était plutôt contents de ce succès. Et ça nous a permis... après de lancer un appel à projet, au cours duquel on a reçu 35 projets nationaux portés par des 8-27 ans. On en a élu 7 grâce à un comité de sélection mixte composé d'enfants et de parents qui a voté pour 7 projets. Aujourd'hui, on les accompagne sur un an avec un soutien financier, un accompagnement avec un mentor et puis de la visibilité. Et c'est un appel à projet qu'on relancera l'année prochaine, puisque pour le coup, il a vraiment engagé... Tant les particuliers et les entreprises qui ont contribué à cet appel à projet que des jeunes porteurs de projet qui se sont rendus compte qu'il y avait des dispositifs qui pouvaient pour le coup les aider, les appuyer. Puisqu'ils ont plein d'idées, mais il manque d'espace, il manque de financement, il manque de compétences. Et nous, on est là pour ça.
- Ambroise
Comment tu pourrais motiver pour les audacieux qui nous écoutent de postuler pour un dispositif comme celui-ci ? On peut avoir peur, on peut avoir une crainte de se lancer, de se dire c'est pas fait pour moi. Comment tu peux les rassurer ?
- Anna Mojzesz
Alors, c'est vrai que dans MoHo 4 Young, on a des jeunes qui ont 11 ans. 11 ans, c'est jeune pour porter un projet aussi engagé. Et finalement, ils ont des peurs, ils ont des craintes, ils ont des barrières. Mais ils vont au-delà de ça parce que le projet les anime, ils en sont passionnés. Donc, si vraiment on a quelque chose dans les tripes, si on est passionné par son projet, ne pas attendre la perfection, ne pas attendre que toutes les planètes soient alignées, parce que dans ces cas-là, ça n'arrivera pas. Et tout simplement, oser se lancer. Il y a des personnes bienveillantes qui vont vous accompagner, qui vont vous aider. et ne pas avoir peur, se lancer. Et puis, c'est en faisant des erreurs, en commettant des erreurs, qu'on va pouvoir par la suite vraiment devenir plus performant et faire évoluer son projet.
- Ambroise
Puis, il y a cet aspect collectif qui va leur être ouvert, de pouvoir trouver des personnes à qui en parler, qui accompagnent. C'est indispensable pour lancer son projet que de ne pas rester tout seul ?
- Anna Mojzesz
Bien sûr. C'est les valeurs que porte le MoHo. On est convaincus que les grands défis environnementaux et sociétaux de notre temps se sont relevés grâce à la force du collectif. Et effectivement, quand on est jeune, qu'on porte un projet, on n'a pas forcément toutes les clés en main, les ressources nécessaires. Et c'est vraiment le collectif qui va nous permettre d'aller plus loin. Parce que seul, on va vite, mais ensemble, on va bien plus loin.
- Ambroise
C'est clair. L'année dernière déjà, la Caisse d'Epargne Normandie était partenaire du Moho 4 Young. Qui ont été les lauréats ? Est-ce que tu peux déjà nous raconter un peu comment ça se passe pour eux ?
- Anna Mojzesz
Alors du coup, c'est sept lauréats. Il y en a un qui a été voté par le grand public et les six autres ont été élus par un comité de sélection mixte. Donc c'était vraiment des parents et des enfants qui ont voté et pas forcément des entreprises pour ces projets. Et là, on a vraiment des projets complètement différents. Donc c'est des projets nationaux qui sont portés par les plus jeunes qui ont 11 ans. Et on a des projets sur la mobilité douce avec la sécurité des vélos chez des particuliers. On a également, la semaine dernière... 16 jeunes qui sont partis en Islande faire une expédition pour relever des données scientifiques et les apporter aux scientifiques pour qu'ils puissent par la suite se rendre compte du dérèglement climatique et des conséquences que ça a sur la biodiversité. Et on a également une troupe d'artistes qui est partie en Charente-Maritime faire 203 kilomètres à vélo pour pouvoir faire des représentations artistiques, rendre accessible la culture et pouvoir sensibiliser sur ces sujets environnementaux grâce à... grâce à l'art. Et donc, en fait, tous ces projets-là, ils sont accompagnés sur un an. À partir du moment où c'est des projets d'ordre d'intérêt général et qui sont portés par des 8-27 ans, ils peuvent candidater à Moho 4 Young.
- Ambroise
Merci, Anna, de nous avoir partagé toutes ces infos, ce partage d'expérience qui est vécu de manière ultra personnelle. C'est chouette, du coup, de l'entendre. J'invite à tous les audacieux qui nous écoutent de venir découvrir le Moho, déjà, tout simplement, de venir le visiter, ce lieu, et évidemment de postuler et quand c'est possible et quand il y a un appel à candidature au dispositif Moho4Young. Tout cela, on le retrouve sur le site des audacieuxnormands.fr, sur le site du MoHo, sur les réseaux sociaux du MoHo, partout. À bientôt Anna !
- Anna Mojzesz
À bientôt, merci, Ambroise