- Ambroise
Bienvenue dans le podcast des Audacieux Normands par la Caisse d'Epargne Normandie. Notre objectif est simple, vous inspirer, vous donner envie d'entreprendre, bref d'être audacieux. Nous partons à la rencontre des normands et des normandes aux parcours incroyables pour vous faire découvrir leur passion. Aujourd'hui je reçois Nocolas Cahlik, il est fondateur de l'entreprise Aggloplast, on va parler dépôt de brevets et développement d'une idée. Allez, go ! Bonjour Nicolas.
- Nicolas Cahlik
Bonjour Ambroise.
- Ambroise
Nicolas, tu pars du constat amer de tout ce plastique qui finit dans les océans, brûlé ou même enfoui, et tu décides d'agir. Est-ce que tu peux nous raconter ces premiers pas dans ton projet ?
- Nicolas Cahlik
Bien sûr. Ambroise, en fin de compte, je me suis rendu compte, à travers plusieurs émissions de télévision, qu'on ne recyclait que 20% des déchets plastiques. que 80% restant, étaient soit incinérés, soit enfouis, soit partaient dans la mer. Et à partir de là, je me suis dit, il faut trouver une solution, il faut agir, il faut savoir déjà pourquoi on ne recycle que 20% et comment faire en sorte qu'on puisse recycler les 100% des déchets passifs finalement.
- Ambroise
Ouais, donc là, tu dis, il faut agir, tu trouves comment réunir cette énergie pour aller au-devant et être à l'initiative. Comment tu décrirais justement ton investissement, ton engagement à ce moment-là ? Si tu fais ça quand tu as du temps, un peu perso, ou c'est de se dire non, non, j'y vais à 1000% ?
- Nicolas Cahlik
C'était d'abord un petit peu perso, j'essayais déjà de comprendre un petit peu comment arriver à cette innovation. Et ça a déjà commencé par une après-midi chez mes grands-parents, en récupérant une machine à panini, en essayant des tests au fond du jardin, donc forcément en découpant au ciseau du plastique, en essayant de le fondre. Bref, donc les... La fumée, il y en avait partout. Les pompiers, on n'en parle pas. Non, il n'y a eu aucun risque à ce niveau-là. Mais donc, c'était vraiment quelques heures par jour, finalement. Après, jusqu'à arriver à ma première petite plaque qui regroupait plein de plastique qui n'était pas recyclé actuellement.
- Ambroise
Est-ce que c'est à ce moment-là que tu comprends que là, tu es peut-être en train de mettre en place un procédé nouveau, quelque chose qui n'était pas encore fait ?
- Nicolas Cahlik
Je dirais oui et non. En fin de compte, je ne savais pas trop. C'était plutôt du sens que comme j'avais fait déjà beaucoup de recherches avant, je n'avais jamais vu ça. Donc, soit c'était moi qui n'avais pas fait les bonnes recherches, soit ça n'existait pas. Et à partir de là, j'ai décidé d'aller rencontrer un avocat au niveau de l'INPI, un avocat spécialisé sur les brevets qui a fait des recherches et qui m'a dit écoutez, monsieur Cahlik, le procédé n'existe pas encore.
- Ambroise
Donc là, c'est intéressant. On dit qu'il faut creuser. L'INPI, peut-être, pour rappeler à nos auditeurs qui ne connaissent peut-être pas cela, c'est...
- Nicolas Cahlik
Justement, c'est l'Institut National de Protection des propriétés intellectuelles. voilà.
- Ambroise
Donc, c'est eux qui régissent tous les brevets, qui viennent protéger justement les idées. Une fois que tu l'as protégée, cette idée, et puis peut-être quand même nous expliquer comment ça se protège une idée. C'est compliqué, c'est long, c'est fastidieux ?
- Nicolas Cahlik
C'est fastidieux en fin de compte. quoique j'étais bien conseillé par justement les personnes qui s'occupaient de mon dossier. Mais en France, le brevet met environ trois ans et demi à être délivré. Donc, il y a déjà un échange assez long avec les bureaux pour mettre en forme l'idée sur papier. Puis après, tout le processus au niveau du brevet, de la date de dépôt jusqu'à la date de délivrance.
- Ambroise
Est-ce que justement protéger un procédé industriel comme tu viens de le décrire, C'est aussi après de rester très discret, d'avoir peur en quelque sorte qu'on te pique ton idée ou qu'on essaye de passer à travers la loi qui pourrait être de faire pas exactement comme, mais comme. C'est quoi ton rapport du coup maintenant que ton idée est protégée ?
- Nicolas Cahlik
Je pense qu'il faut en parler un maximum. Moi, en fin de compte, le brevet, il faut savoir que j'ai fait une école de commerce avant, donc rien à voir avec le plastique, jusqu'à m'y intéresser, même avoir un petit diplôme d'économie circulaire à la plasurgie. Mais je n'y connaissais rien du tout, donc zéro crédibilité. de comment un étudiant en commerce arrive à inventer quelque chose sur le plastique. C'était vraiment tout le questionnement. Et en fin de compte, le brevet, ça donne toute la crédibilité à la démarche.
- Ambroise
Ça te permet de dire, voilà, c'est pas n'importe quoi, c'est reconnu, ou en tout cas, c'est assez sérieux pour être déposé. Et donc, tu as été assez loin techniquement aussi pour pouvoir répondre aux normes d'un brevet. Comment se porte ton entreprise aujourd'hui ? Comment tu te développes ? C'est quoi très concrètement ce que tu vends tous les jours ?
- Nicolas Cahlik
Et bien actuellement, en fin de compte, moi comment ça se passe ? C'est-à-dire que je vais récupérer des déchets plastiques dans les entreprises ou par exemple en déchetterie. Tous les déchets plastiques doivent normalement aller en incinération ou en enfouissement. C'est vraiment moi mon fer de lance. Après, avec mon procédé, on va pouvoir en faire comme du bois aggloméré. Donc on va faire du plastique aggloméré, d'où le nom au début, le premier nom de l'entreprise, Aglo Plast, agglomérat de plastique.
- Ambroise
Et donc là, maintenant, c'est je suppose un champ des possibles énorme en fait. C'est ça. Des meubles, des contreplaqués. Exactement. Est-ce que tu te concentres sur un secteur particulier peut-être ou un produit particulier ?
- Nicolas Cahlik
Alors il faut savoir que j'ai fait plusieurs expériences et même des amusants. Je me suis même amusé à faire un skateboard en plastique recyclé pour tester la résistance. Et là, en fin de compte, j'ai fait un... Je crée des projets très sympathiques avec les écoles primaires, par exemple. Je récupère les déchets plastiques des écoliers et j'en fais leur bureau, leur poubelle ou tout simplement même leur table de pique-nique.
- Ambroise
C'est quoi alors des déchets plastiques à des jeunes étudiants ?
- Nicolas Cahlik
Des stylos, des petites bouteilles, des choses comme ça.
- Ambroise
C'est là où ça donne aussi un potentiel illimité parce qu'en fait, le plastique, il y en a partout et plutôt de le jeter, c'est exactement ça ton concept, c'est de se dire on a on peut en refaire quelque chose. Il doit y avoir aussi une idée de sensibilisation derrière.
- Nicolas Cahlik
Tout à fait, tout à fait. C'est ça que pour moi, qui étais très à cœur de travailler justement avec les écoles primaires, c'était de créer aussi quelque chose de pédagogique autour du projet ou du plastique. Parce que quand on nous parle de recyclable plastique, on ne sait pas ce qu'il devient. On ne sait même pas ce que c'est du plastique recyclé, en fin de compte. Que là, directement, on montre comment, à partir de, par exemple, d'une bouteille ou d'un pot de fleurs, Qu'est-ce que ce pot de fleurs peut devenir ? Et ça qui est très enrichissant.
- Ambroise
Ça donne envie de jouer avec tout cela. À la limite, peut-être le plus difficile, c'est de brider la créativité ou à un moment donné de bien se concentrer sur un produit fort. Ça te donne quoi comme avance ou comme confort d'avoir déposé ce brevet aujourd'hui ?
- Nicolas Cahlik
C'est ça, il y a surtout l'aspect de tranquillité, de se dire que maintenant on est protégé, on est aussi toujours ces crédibilités premières. Et c'est une première avance. Déjà, quand je vais voir des clients, je leur dis, écoutez, c'est du plastique 100% recyclé, made in France. Et en plus, un brevet qui a été déposé en France à la base, après européen. Mais déjà, ça donne tout cet aspect très français qui est très important maintenant, aujourd'hui.
- Ambroise
Qu'est-ce que t'apporte la relation avec ton banquier ? Il s'appelle, pour ne pas le nommer, Thierry Baillé. Il est à Bayeux, à la Caisse d'Epargne Normandie de Bayeux. C'est quoi vos relations ensemble ?
- Nicolas Cahlik
On a eu toujours des très bonnes relations. En fin de compte, j'ai toujours eu plein d'idées que j'ai soumises, moi, à mes banquiers et aussi à Thierry. Et c'est vrai qu'il a pu voir plusieurs idées. Il me disait clairement, bon, ça l'a peut-être un peu moins bien parce que je me cherchais un petit peu. J'avais toujours eu ce petit profil où je voulais faire avancer les choses. Mais quand je lui ai expliqué après mon idée au niveau du plastique, je lui avais donné un échantillon. Le premier rendez-vous que j'ai eu avec lui, je lui ai donné un échantillon. Il a toujours sur sa table, au niveau de son bureau. Il y croit vraiment, toujours.
- Ambroise
Le souvenir, puis en effet, comme tu dis, le symbole du soutien qu'il peut avoir sur ton projet. Et d'ailleurs, en parlant de projet, comment tu comptes développer ton entreprise aujourd'hui ? C'est quoi les grands axes que tu te donnes de croissance ?
- Nicolas Cahlik
Tout simplement, déjà, j'avais des premières machines prototypes qui ont fait leur travail, mais n'étaient pas encore assez performantes. Donc là, c'est d'investir sur des nouvelles machines pour mon activité, vraiment à taille industrielle, pour même faire des grandes plaques de 2,50 mètres de long. Donc là, on arrive sur des proportions beaucoup plus industrialisables. Et aussi de pouvoir intégrer beaucoup mieux l'aspect récupération et broyage.
- Ambroise
De pouvoir récolter peut-être plus de plastique qui est quand même ta matière première. Merci Nicolas pour ce moment passé ensemble ça nous a fait découvrir en effet ton activité ton engagement aussi pour la planète et en même temps ce que c'est que de déposer un brevet on te souhaite plein de bonnes choses avec Aggloplast on continuera à suivre cela sur le site des audacieuxnormand.fr et puis on se dit à très vite