- Speaker #0
Vous voulez être un Amazon du réemploi au début, ça n'a jamais fonctionné. Nous, on ne fait en interne que des toilettes. Après, il s'avère que dans notre métier, on est aussi commerçant de matériaux reconditionnés au sens large. Donc, on vend des produits reconditionnés par d'autres. Des poutres à l'acier, des garde-corps.
- Speaker #1
Reconditionnés par d'autres.
- Speaker #0
Reconditionnés par d'autres,
- Speaker #1
exactement.
- Speaker #0
Mais par contre, nous, quand on va dans notre atelier à Noisy-le-Sec, il n'y a que des chiottes.
- Speaker #1
L'industrie de la construction est en plein bouleversement. Nouvelles normes, utilisation des matériaux, consommation énergétique sont nos enjeux. Je m'appelle Richard Mita, je suis serial entrepreneur et CEO de Synax. Chez Synax, nous digitalisons l'industrie des matériaux de construction. Ma passion ? Le digital appliqué à des secteurs qui ne l'attendaient pas. Dans Les bâtisseurs, j'interview des visionnaires de l'industrie pour vous inspirer dans votre propre transformation environnementale, digitale. et managerie. Bienvenue dans Les bâtisseurs, le podcast de ceux qui bâtissent aujourd'hui pour demain. Bienvenue dans ce nouvel épisode des bâtisseurs. Aujourd'hui, je suis avec Hugo Bonnet, le DG et l'associé de CycleUp. Salut Hugo. Bonjour. Moi, j'ai une petite introduction pour toi. En fait, on va parler de réemploi aujourd'hui. Et parler de réemploi dans le BTP, c'est un peu sexy. On fait des belles photos avec quelques toilettes qu'on a réutilisées quelque part, qu'on met ça sur nos réseaux sociaux. Comme ça, ça nous permet de dire qu'on fait du réemploi. La réalité, c'est quand même remettre une vieille fenêtre ou un radiateur d'occasion dans un bâtiment neuf. C'est un cauchemar logistique. Je ne parle même pas au niveau des assurances. Et donc, toi Hugo, tu n'es pas là pour nous vendre du rêve, mais pour nous expliquer... comment on transforme un déchet en matériau de construction. Tu es celui qui rassure et qui assure. Alors, après cette petite intro, Hugo, j'aimerais que tu te présentes, s'il te plaît.
- Speaker #0
En tout cas, merci beaucoup pour l'accueil dans ce podcast. Du coup, je suis Hugo Bonnet, je suis, comme tu l'as dit, le directeur de CycleUp. Chez CycleUp, on fait une seule chose depuis 2017, c'est qu'on oeuvre dans un seul et unique but, qui est de massifier la pratique du réemploi. Et en fait, là-dedans, tous les termes sont importants. Déjà, je parle bien de réemploi, je ne parle pas de recyclage, élément très important. Et puis, je parle surtout de massification. Parce que le réemploi, ça existe depuis toujours. On a toujours récupéré des tuiles sur un bout de toit, des pierres sur un bout de mur. Mais en fait, c'est quelque chose qui a complètement, qui n'a été pas complètement, mais qui a un peu disparu avec l'ère industrielle, avec l'arrivée de démolitions massives. de pression foncière, le fait d'aller toujours plus vite, avec aussi l'arrivée des nouvelles machines de démolition. Donc nous, on est un peu là pour essayer de remettre ça au goût du jour, déjà parce que c'est marrant, parce que sinon on s'ennuie dans l'acte de construire, on fait toujours comme d'habitude, on coule des grands vols de béton, ben nous on va dire on va faire ça pour l'emploi, ben en réalité on fait surtout ça pour sauver du carbone, éviter d'en émettre, éviter de générer des déchets, et potentiellement même dans certains cas gagner un peu d'argent. Parce que ce n'est pas un gros mot. On parle d'économie circulaire. Dans l'économie circulaire, il y a l'économie et il y a aussi une question financière. Donc concrètement, qu'est-ce qu'on fait ?
- Speaker #1
Parlez-nous un peu de comment vous êtes créé.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Et aujourd'hui, ce que vous faites, vous mettez peut-être à la genèse un peu, de se dire comment ça s'est mis en place, ce qui a fait que c'est arrivé et derrière, un peu les différentes étapes de CycleUp. Puisque 2017, ça fait presque 10 ans que vous existez, vous avez une histoire.
- Speaker #0
On est un peu vieux. Même s'il y avait déjà des acteurs qui faisaient ça à l'époque. Des historiques comme Rotor en Belgique, par exemple.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et à l'origine, en fait, c'est une idée, on va dire, entre trois personnes. Christophe Dugour, Sébastien Duprat et Coline Blaison, qui étaient chez EGIS. Coline Blaison qui voyait sur ces projets de construction et de déconstruction des montagnes de déchets. Et de se dire, mais en fait, c'est complètement ridicule. de balancer tout ça à la benne, ces déchets ont une valeur, ils sont capables d'être remis en œuvre. Et donc ces trois personnes ont lancé l'idée de CycleUp derrière, qui était à l'origine de faire une marketplace, qui permettait de mettre en relation des professionnels qui avaient des gisements de matériaux de construction. Moi je dis gisements, on est vraiment dans une notion de mine, qui venait des chantiers de déconstruction et de curage, et des professionnels qui avaient des besoins, du coup, de matériaux de réemploi. Je vous la fais assez rapidement, cette marketplace, elle n'a jamais fonctionné. La raison est assez simple, c'est que je pense qu'on a voulu être un peu trop disruptif sur le marché de la construction. Déjà, faire du réemploi, c'était même quelque chose qui, encore aujourd'hui, n'est pas démocratisé et systématisé. Et de l'autre côté, on a essayé aussi de changer un peu les manières de se fournir sur un chantier avec une notion de marketplace, où on sait très bien que les grands acteurs de la construction, les Bouygues, les Fages, ils n'achètent pas sur les marketplaces, ils achètent via leur logiciel interne. On a essayé d'être un peu trop disruptif, mais ce n'est pas grave, parce qu'en fait, tout ça, ça a quand même amené à avoir une visibilité, en tout cas du réemploi, et à se faire connaître. Donc, ce qui fait que l'année dernière, on a eu une réorientation, on a mis de côté la marketplace, on s'est concentré sur une autre activité, deux autres activités, une qu'on avait entamée dès le début. On a fait du conseil de l'AMO, du BOT Réemploi. Donc, l'idée est d'accompagner tous les acteurs de l'immobilier. à faire du réemploi dans leur projet. Ça, on l'a fait parce que dans 2017, personne ne savait comment on faisait. Tu l'as dit très bien toi-même, c'est un enfer logistique. Il faut gérer les plannings. Il faut être capable de faire coordonner des plannings de deux chantiers. Faire coordonner le planning d'un chantier, déjà, c'est très compliqué. De deux, c'est encore un enfer. On avait besoin d'humains, en fait, pour faire que les choses se passent. Et la deuxième activité sur laquelle on s'est concentrés, c'est une activité qui est venue en 2023. En fait, euh... En effet, on trouvait que la marketplace ne s'envolait pas telle qu'on l'imaginait. On voulait être un Amazon du réemploi au début, ça n'a jamais fonctionné. Et on s'est rendu compte qu'il y avait vraiment besoin d'avoir un intermédiaire, un intermédiaire physique, qui était là pour gérer les différences de planning, pour faire du rassemblement de commandes et tout ça. Et donc, c'est à ce moment-là qu'on a lancé notre première plateforme logistique, qui était à Saint-Ouen. Bon, je vous la refais un an plus tard, ça n'a pas marché. D'accord. C'est bien, on apprend.
- Speaker #1
Pourquoi ça n'a pas marché ?
- Speaker #0
Ça n'a pas marché parce qu'en réalité, on a fait le travail d'un logisticien. C'est-à-dire qu'à ce moment-là, notre plateforme ne faisait que récupérer des matériaux, un peu de rassemblement de commandes, un peu de contrôle quantité, et ensuite pour les redistribuer. Et la valeur ajoutée dessus n'était pas suffisante pour, dans une opération de négoce, puisqu'on était dans une opération de négoce, vendre plus cher que ce qu'on avait acheté.
- Speaker #1
Et ce que tu es en train de dire en sous-jacent, c'est que vous aviez donc un état d'esprit de logisticien, mais pas un état d'esprit de commerçant, c'est ça ?
- Speaker #0
Eh bien non, c'est qu'être logisticien, c'est un autre métier. Et qu'on n'est pas logisticien. Et qu'en fait, dans un métier de logisticien, on compte tout. Les coups de fourche, le fait d'avoir trimballé un matériau d'un endroit A à un endroit B, et les rotations de stock, etc. Ce qui n'était pas notre cas. Nous, on est arrivé, on avait une tente à Saint-Ouen de 1000 m². Ce qui était encore une fois une très belle expérience et malgré tout ça, on n'a à aucun moment aucun regret sur ce qu'on avait puisque c'est ce qui a permis aujourd'hui d'être CycleUp tel qu'on est. Et donc à la fin de ces un an, alors pardon c'était en 2021, excusez-moi la plateforme logistique, à la fin de ces un an et demi, donc 2023, on a changé notre modèle. Et là on s'est dit ok, nous ce qu'on va amener, on va amener de la valeur ajoutée sur les matériaux, on va parler de reconditionnement. Et c'est à ce moment-là qu'on va pouvoir être capable de les revendre plus cher que ce qu'on les avait achetés. Puisqu'on vient livrer à la fin un produit qui est prêt à l'emploi. En gros, on fait exactement la même chose qu'un téléphone. Téléphone, portable reconditionné aujourd'hui. Il a été acheté à bas prix, une cinquantaine d'euros, on va dire. Récupéré dans un atelier, on change les pièces d'usure, on le nettoie, on contrôle qualité, on le regarantit pour revenir. Et derrière, on revend ce même téléphone, 250 euros.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Ah mais... C'est bon, tout compris. Non mais c'est beaucoup plus... En fait, la comparaison est limpide. Parce qu'en fait, on est habitué, entre guillemets, à cette partie reconditionnement. Et là, c'est hyper clair. Et donc alors, excuse-moi, je te coupe un chouïa. On a parlé de réemploi, on parle de reconditionnement. Et notre audience, elle... elle entend souvent le mot recyclage. Est-ce que tu peux peut-être nous faire une petite parenthèse sur ces trois sujets, comme ça on est bien clair. Recyclage, c'est plutôt terre inerte, le côté inerte, c'est ça ?
- Speaker #0
Alors recyclage, c'est... Dans le BTP. Dans le BTP, oui, et aussi le métal.
- Speaker #1
Le métal,
- Speaker #0
voilà. En fait, dans le recyclage, ce qui est défini dans le recyclage, c'est qu'on repasse par le statut de matière. Donc une poutrelle en acier, elle est fondue. On repasse sur le statut de matière, minerai de fer. Elle est reformée pour former une nouvelle poutrelle en acier.
- Speaker #1
Ça,
- Speaker #0
c'est le recyclage.
- Speaker #1
On le voit pareil dans le granulat, dans le béton.
- Speaker #0
C'est la même chose.
- Speaker #1
C'est la même chose.
- Speaker #0
Le réemploi, cette poutrelle en acier, elle ne repasse pas par un processus industriel. On la prend telle qu'elle, on la remet en œuvre. Le reconditionnement, c'est du réemploi. C'est juste que dans le reconditionnement, on vient amener toutes les opérations nécessaires pour rep... prouver que le matériau a les bonnes performances et dans le bon état pour être remis en œuvre. Dans le reconditionnement d'une poutrelle en acier, par exemple, on vient potentiellement découper toutes les parties où il y a eu des découpes ou des trous qui ont été percés pour retrouver une unité. On vient tester sa résistance mécanique, sa résistance à la flexion, tout ça. Il y a des matériaux pour lesquels c'est plus difficile, les poutrelles en acier. Il y en a d'autres où c'est plus simple et c'est ce que nous, on fait, les toilettes. Donc les toilettes, beaucoup plus simple.
- Speaker #1
C'est vrai ? Les toilettes, c'est un gros best-seller ou pas ?
- Speaker #0
Aujourd'hui, on fait du reconditionnement à pratiquement que de toilettes.
- Speaker #1
C'est pas vrai ? Ah, c'est vraiment un best-seller ? Moi, je disais un peu en introduction, en mode blague, mais HME, ok.
- Speaker #0
Nous, on ne fait en interne que des toilettes. Après, il s'avère que dans notre métier, on est aussi commerçant de matériaux reconditionnés au sens large. Donc on vend des produits reconditionnés par d'autres. Des poutrelles en acier, des garde-corps.
- Speaker #1
Reconditionnées par d'autres.
- Speaker #0
Reconditionnées par d'autres, exactement. Mais par contre, nous, quand on va dans notre atelier à Noisy-le-Sec, il n'y a que des chiottes.
- Speaker #1
Donc, on est passé de Saint-Ouen à Noisy-le-Sec, c'est ça ? Saint-Ouen, c'était l'apprentissage ?
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. La partie logistique. Et Noisy-le-Sec, c'est notre ouverture de notre premier atelier de reconditionnement. Sachant que le process a, lui, été développé dans un garage d'Acorus. Il me semble que tu as eu un... On a eu Philippe d'Acorus. Et l'idée vient un peu de ça, d'un marché, je crois, de Paris Habitat, qui avait été demandé.
- Speaker #1
Ah oui, on en avait parlé, effectivement. Je crois que c'est ça. C'était ça, oui.
- Speaker #0
Et donc, l'envie d'avoir des toilettes reconditionnées, expérimentées dans le garage d'Acorus par Zaroug. Zaroug reviendra dans cette histoire. Et donc, nous, on a ouvert l'atelier pour industrialiser la démarche. Passer de la partie prototypage à la partie industrialisation.
- Speaker #1
Ok, c'est sûr. 1. type de matériaux, enfin de... Voilà. Enfin, on parle des toilettes, mais sur une chose vraiment particulière.
- Speaker #0
La céramique blanche.
- Speaker #1
La céramique blanche, voilà. Voilà.
- Speaker #0
Entre temps, il s'avère qu'on a testé plein d'autres choses dans cet atelier.
- Speaker #1
Ah, vas-y.
- Speaker #0
On a testé des BAES. Alors, BAES, d'accord. Oui, bien sûr, c'est les blocs de secours. C'est ce que vous avez au-dessus des portes, les blocs verts au-dessus des portes qui s'allument quand il y a un incendie. Des luminaires, des chemins de câbles. Qu'est-ce qu'on a expérimenté d'autre ? Des bâtis-supports. Les bâtis-supports, c'est ce qui tient les chasses d'eau derrière les WC suspendus. On a essayé plein de choses, des disjoncteurs aussi. Et en fait, l'année dernière, au même moment où on a arrêté la marketplace de chantier à chantier, où on s'est concentré à être une marketplace de vente de produits reconditionnés, on a aussi recentré notre activité industrielle autour des céramiques blanches. dans une optique réelle, toujours d'industrialisation. C'est qu'on s'est rendu compte que plutôt que de se disperser sur différents produits, il fallait qu'à un moment, si on voulait vraiment fonctionner, ce n'est pas 3 000 sanitaires, ce qu'on a fait en 2024, qu'il fallait qu'on en fasse, c'était 12 000. Sauf que pour en faire 12 000, il faut bosser un tout petit peu.
- Speaker #1
Il faut les trouver.
- Speaker #0
Alors, il faut les trouver. C'est un point très important, puisqu'en fait, cette année, on en a fait 5 000.
- Speaker #1
D'accord, c'est déjà pas mal. En 2025.
- Speaker #0
on enregistre au début de 2026 c'est ça exactement on en a fait 5000 c'est un peu mieux mais ce qui est assez surprenant dans cette histoire c'est qu'on en a vendu 9000, on a dû en annuler 4000, pas parce qu'on avait pas les capacités de prod, on aurait pu les avoir surtout maintenant qu'on vient de déménager on pourra en reparler si tu veux mais parce qu'on avait pas les brutes à reconditionner et aujourd'hui le véritable enjeu de notre industrie c'est de trouver les gisements et ce que je dis Merci. est à peu près vrai pour tous les reconditionneurs.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Toutes les boîtes qui cherchent aujourd'hui à reconditionner des produits, ils n'ont pas de problème de demande, ils ont des problèmes d'offres. Et c'est assez contre-intuitif, puisqu'on se dit, en fait, je ne comprends pas, des démols, des curages, en fait, on en démol de tous les côtés. Mais c'est juste qu'il y a un vrai problème, encore une fois, logistique, comme tu l'as très bien abordé au début, qui fait qu'on a du mal à aller capter les produits.
- Speaker #1
Si je prends un peu de recul et que j'essaie de... de retracer un petit peu l'histoire. Si dans un premier temps, on était sur une marketplace en pensant que des gens allaient poser peut-être quelque chose sur la marketplace, et puis derrière, vous allez être l'intermédiaire qui allait faire ça. Malheureusement, ça n'a pas marché. Et aujourd'hui, vous vous êtes rendu compte qu'il y avait un accompagnement à faire, d'où l'AMO, donc l'assistance à maîtrise d'ouvrage, le bureau d'études spécialisé réemploi sur certains types de chantiers, j'imagine. Et donc là, vous avez du service propre que vous amenez vraiment avec cette casquette de qu'est-ce qu'on va réemployer pour, j'imagine, la réduction de carbone ou de la... ou de manière plus claire sur, typiquement, L'Oréal qui va refaire son siège social à Clichy. Comment il pourrait faire du réemploi avec, un, ce qui part de chez lui, et deux, ce qui va arriver chez lui dans son renouvellement. Ça, ça peut être un exemple. Et ensuite, vous vous êtes dit, tiens, pour continuer dans cette dynamique de réemploi... On va passer au reconditionnement, il nous faut un lieu. Dans ce lieu, je vais me spécialiser sur une partie qui est la céramique blanche. Sur cette partie-là, je vais donc créer les filières ou les moyens de récupérer ces fameux toilettes ou ces fameux céramiques blanches. Et là, vous vous heurtez à quoi ? Et à quoi on se heurte dans ce côté de se dire je vais devoir développer un moyen pour aller récupérer ces matériaux-là ? Parce qu'aujourd'hui, je prends le cas classique. T'as une entreprise générale qui va sur un chantier, en fait, la démol, en fait, on y va, et puis on casse tout, et puis on met une benne, et puis alors quand on est un peu, entre guillemets, alerte sur certains sujets, on va mettre peut-être 3-4 bennes pour différencier les types de matériaux, et puis à la fin, c'est tout. Enfin, je caricature, et puis il y a le verre ou le cuivre qu'on va peut-être se mettre de côté parce que ça nous permet de nous payer notre barbecue de fin de chantier, mais c'est à peu près ça. Enfin, moi qui viens plutôt du milieu, côté TP. où je vois que sur la partie terre inerte, en fait, là-dessus, de toute façon, la filière, elle est hyper claire, c'est hyper facile, hyper structuré. Par contre, tout le reste, j'ai l'impression que, en fait, c'est pas le sujet. Et prenez-moi le compte, enfin, tu vois... Ah non, non, non, je n'en ai rien à... T'es en train de changer ça ?
- Speaker #0
Je suis en train de changer ça, petit à petit, parce qu'encore aujourd'hui, on ne va pas se mentir, la plupart des chantiers, ils se passent exactement de la manière dont tu viens de les présenter. Donc, nous... Comment on fait, déjà ? On a deux personnes. Ces deux personnes, ces deux temps pleins, c'est des personnes qui ont le même profit qu'un commercial.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
C'est des personnes qui doivent aller convaincre qu'on est capable de venir les récupérer et de les amener chez nous. Alors déjà, il y a un truc peut-être aussi contre-intuitif, c'est qu'on les achète, ces produits. On les achète.
- Speaker #1
Déjà, ça donne une envie de les vendre. Quand on te veut dire qu'on achète quelque chose que toi, tu allais démolir, ça donne envie de faire attention.
- Speaker #0
Exactement. En fait, la manière dont on a de fonctionner nos clients, dans ce cadre-là, c'est les cureurs et les déconstructeurs. Les cureurs et les déconstructeurs, il y en a deux types. Il y en a même trois, je pense. Il y a le cureur déconstructeur, dont il est obligé, par sa maîtrise d'ouvrage, de faire du réemploi de matériaux de construction. C'est le chantier public ? Le chantier public, mais pas que. On a parlé de pleine commune un peu tout à l'heure, il me semble. Pleine commune, ils ont imposé sur tous leurs projets, par exemple... Alors, c'est pour des projets de construction, mais tous les projets construits aujourd'hui sur pleine commune, ils doivent allouer 1% de leur coût de travaux au matériau de réemploi.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Mais il n'y a pas que ça. Il y a d'autres impositions sur le réemploi ex situ dont tu as parlé. Et sur d'autres territoires, c'est un peu la même chose. Donc, c'est souvent des chantiers publics ou alors c'est des chantiers privés sur des territoires sur lesquels ils ont dû signer des chartes publiques.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Ou alors, c'est même potentiellement des maîtrises ouvrages qui ont une politique interne RSE. assez forte. Je donne un exemple, il y en a plein, par exemple, Gécina, grande foncière parisienne, je ne suis pas sûr qu'il y ait un de leurs chantiers qui se passe sans qu'ils fassent du réemploi. Et ça vient de chez eux.
- Speaker #1
Donc c'est Gécina qui a dit, aujourd'hui, on va avoir cette politique de réemploi sur nos chantiers.
- Speaker #0
Là, ça arrive chez le déconstructeur. Et là, il y a deux sous-types, du coup. Il y a le déconstructeur qui va prendre ça et qui va l'appliquer, avec lequel on va pouvoir traiter. Donc souvent, ce déconstructeur, il se fait quand même payer un peu plus la dépôt sélective, plus il se fait rémunérer par nous. Et puis après, il y a le déconstructeur qui, de toute manière, va trouver toutes les excuses possibles et imaginables pour ne rien faire.
- Speaker #1
Exactement. Mais normal.
- Speaker #0
C'est normal. Et après, on a finalement des déconstructeurs qui ont compris l'intérêt qu'il y avait derrière de gagner des marchés, de même potentiellement un petit intérêt économique, et qui le font de leur plein gré. Il n'y en a pas beaucoup, hein.
- Speaker #1
T'as des exemples ?
- Speaker #0
Ouais, moi il y a un historique en plus que j'ai envie de mettre en avant, un doyer démolition. C'est des acteurs qui dès le début ont pris en compte le réemploi dans leur projet. Et c'est hyper intéressant de bosser avec ces acteurs-là. Et en fait après derrière, tout notre enjeu à nous c'est de leur prouver que ça va pas leur prendre plus de temps et ça va surtout ne pas compliquer leur chantier. Parce que le démolisseur il a envie que ça évite et que ça...
- Speaker #1
Bah bien sûr.
- Speaker #0
Il y a la question financière. très importante, mais il y a la question organisationnelle. Et donc nous, c'est là qu'on arrive et qu'on dit déjà on a des documents très cadrés de comment ça doit être déposé, comment ça va être posé, une logistique qu'on a mis en place derrière pour venir très très vite récupérer les matériaux pour les ramener chez nous, voire même venir les conditionner sur place donc en gros, eux ils les déposent, ils les laissent en vrac en bas, nous on récupère tout, on les palétise et on s'en va, voire même que ce soit nous qui venions les déposer. Voilà, tout notre but, c'est de faciliter leur vie. Et d'éviter qu'ils se disent, en fait, le réemploi, c'est chiant, j'ai pas envie d'en faire.
- Speaker #1
Là, c'est que tu travailles avec qui comme partenaire pour aller justement sur site, récupérer tout ça et tout ? T'as des transporteurs, enfin, ou des gens très particuliers ? Oui,
- Speaker #0
c'est des gens, alors on en a deux types. Soit c'est des personnes qui viennent de la logistique déchets, deux acteurs super, Trienne Collect, les Reapers. Voilà, des gens qui sont très forts là-dedans. Soit c'est des boîtes d'insertion, avec une activité qui au départ était sur la collecte d'encombrants, ou ce genre de choses, qui aujourd'hui se positionnent sur la dépose sélective, puisqu'on ne va plus parler de démolition, on va parler de dépose sélective. Et donc en plus, on bosse avec ce type d'acteurs.
- Speaker #1
Ok, intéressant. Parce que moi j'ai deux acteurs dans ce milieu-là, dans le podcast, j'ai eu Big Bag & Go. du groupe Endless, Arnaud Rongier, qui est plutôt sur la partie big bag. Et on a eu, dans un registre un peu différent, c'est Stéphane de Moulineau, qui récupère les déchets alimentaires. Et qui, derrière, les met. Le principe de dire, je viens collecter un type très particulier, que ce soit encombrant, comme tu disais, ou de déchets alimentaires. Et lui, derrière, ce qu'il faisait, c'est qu'il récupérait ça, il en faisait une soupe. Pour les méthaniseurs. Ah ok, super. Il avait tout initialisé, mais le principe est celui-là de se dire, j'ai des gens spécialisés qui viennent collecter. Ok. Et là, ça vient, soit c'est reconditionné directement sur place, ce que tu me disais. Non, jamais. Jamais. Toujours dans notre atelier. Et là, ça va dans ton atelier.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et là, qu'est-ce que vous faites ?
- Speaker #0
Alors concrètement, déjà pourquoi c'est fait dans notre atelier, c'est que nous en fait, on a une démarche qualité qui est mise en place et qui est liée à notre assurance. C'est qu'en fait, derrière, on a des produits garantis. Et en fait, un contrôle qualité, L'exporter dans un autre site, c'est très compliqué. Le garder chez nous, c'est maîtrisé. On n'a pas besoin de se remettre beaucoup d'embêtement. Chez nous, le produit arrive. Premier contrôle. On regarde s'il y a fissures, éclats, tout ça. Tout ce qui n'est pas bon, on écarte. Mise en benne. Donc, on inerte. Ce qui est récupéré, on enlève toutes les pièces d'usure qui sont à l'intérieur. Les chasses d'eau, les abattants, les pièces de fixation. On vient les tremper dans des bains successifs de soude et d'acide.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
qui permet d'enlever toute la matière organique, les désinfecter, enlever le calcaire, tout ça. On est en cours de réflexion, mais on n'est pas convaincus avec des cuves à ultrasons qui nous permettraient potentiellement d'aller plus vite. Toujours cette démarche d'industrialisation. Là, on va chercher les marges là où on va les chercher. Là, on peut les trouver. Mais bon, aujourd'hui, on fait cuve à acide et soude. Derrière, nouveau contrôle qualité. On vérifie les dernières. traces de fissures, etc. Une partie finition. On vient donc enlever les résidus de silicone. Là, c'est des personnes qui ont des brosses plugées sur des perceuses qui viennent refaire un rotage et tout nettoyer. Dernier contrôle qualité. Et à la fin, même, on va au-delà de ça, c'est que au même titre que pour les déconstructeurs, on veut que leur vie soit la plus simple possible, nous... On veut s'inscrire dans un méthode de fourniture à nos clients de la même manière qu'ils reçoivent un WC neuf. Et par exemple, à Corus, quand ils nous achètent des WC, leurs plombiers, ils ont l'habitude de recevoir des WC en carton. Donc un pack WC sur pied en carton, avec le réservoir à part, la cuvette à part, les pièces de fixation dedans, tout dedans. Nous, on fait la même chose. Alors, c'est carton vert. et on est en train de réfléchir à des contenants réutilisables pour notamment être capable de se dire que ce fameux plombier qui vient remplacer un WC dans un logement social, dans une opération d'entretien courant, il va en déposer un de WC. Donc si on arrive à le convaincre, quand il vient mettre son WC reconditionné, il récupère l'ancien, il le ramène dans son camion, il le ramène dans son agence et on l'écupère, on a gagné. Corus le fait aujourd'hui. Et le but c'est de le démocratiser.
- Speaker #1
Et là, j'ai plein de questions. Mais aujourd'hui, ton prix, tu vois, à la fin, en reconditionné, par rapport au prix neuf. Comment tu es ? Comment tu te positionnes, ça ?
- Speaker #0
Par rapport à du bas de gamme,
- Speaker #1
je suis plus. Tu es plus cher que du bas de gamme.
- Speaker #0
J'ai envie de te poser une question. Est-ce que tu sais à combien touche une entreprise de construction qui a bien négocié son contrat à un WC sur pied neuf ?
- Speaker #1
Je n'en ai aucune idée. Je n'en ai aucune idée. Je ne suis pas capable de te dire le prix d'un truc comme ça.
- Speaker #0
Une quarantaine d'euros.
- Speaker #1
D'accord, ok.
- Speaker #0
Ces trucs-là, ils viennent de Turquie, d'Égypte, etc.
- Speaker #1
Ça coûte 40 euros. Que 40 euros, je veux dire.
- Speaker #0
C'est scandaleux. C'est incroyable. Je ne peux pas te mentir, mais voilà.
- Speaker #1
Et toi, tu le revends combien ? Tu peux parler de prix ou pas ? Bien sûr, je peux parler de tout à fait de prix.
- Speaker #0
Moi, je le vends 135.
- Speaker #1
D'accord. Par rapport à un WC haut de gamme.
- Speaker #0
Et par contre, par rapport à un milieu de gamme, je suis au même prix.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et haut de gamme, je suis bien moins cher. Je donne toujours cet exemple, mais nous, on a en vente des Stark 3. Donc, c'est des WC designés par Stark chez Geberit. Ce WC-là, neuf, il coûte 550 euros.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Ben nous, on le vend 100. Parce que c'est... Enfin, WC suspendu, c'est pas le même prix.
- Speaker #1
Ok, ok, très bien. Ok. Hyper intéressant. Et la question que j'avais, en fait, c'était... Donc, tu disais tout à l'heure que t'aurais pu en vendre beaucoup plus. Mais que t'as pas pu parce que t'avais pas... de matière. Comment tu fais ce gap-là ? Tu ne vas pas vendre du neuf ? Non, pas du tout. Moi, à un moment, je me dis, pourquoi il ne vendrait pas du neuf ? Mais ce n'est pas dans votre ADN. Non,
- Speaker #0
du tout. En fait, ce gap, on le fait de plusieurs manières différentes. La première, c'est qu'on avait un site à Noisy-le-Sec, on en ouvre deux nouveaux. À Léquin, dans le 59, et à Vénissieux, dans le 69.
- Speaker #1
À Léquin, près de Lille. Et à Vénissieux-Médion.
- Speaker #0
En fait, en faisant ça, on se rapproche et on devient de plus en plus local. L'histoire du local dans le réemploi, c'est un grand débat. Il vaut mieux toujours faire du réemploi et de fournir un chantier à Bayonne avec des produits venant de Paris, d'un point de vue carbone, que d'acheter un WC9.
- Speaker #1
D'accord, ça c'est le mal.
- Speaker #0
Le transport, c'est moins de 5% de l'impact carbone du produit. Il faut quand même se rappeler que les WC9, ils viennent de Turquie. Ils ont fait un tout petit peu plus de transport que nous. Par contre, pourquoi est-ce qu'on veut faire ça d'un point de vue local ? C'est plus dans une question d'animer un écosystème, d'avoir aussi des emplois locaux qui sont positionnés. Et en fait, ça permet aussi dans une question financière. C'est que la logistique d'approvisionnement, en fait, aller récupérer quand tu es à Paris une palette à Bayonne, tu ne le fais pas. Par contre, aller récupérer de quand tu es à Bayonne une palette à Bayonne, ça tu le fais. Donc, c'est vraiment dans cette optique d'aller capter des projets beaucoup plus proches pour améliorer la logistique et aussi du coup capter plus de gisements. Puisque nous, on a même eu potentiellement des personnes qui préféraient envoyer à la benne plutôt que de l'envoyer à nous, parisiens.
- Speaker #1
Ce qui est logique quand tu es en région lyonnaise. T'as pas envie que les matériaux aillent à Paris. Non, mais ça paraît logique. En revanche, ce qui serait dommage, c'est sur des grands chantiers à Paris que ça n'arrive pas chez vous ou chez un de vos frères.
- Speaker #0
Mais ça, ça arrive encore, j'imagine. Ça arrive très souvent. En fait, aujourd'hui, j'ai une petite stat intéressante, c'est qu'entre les... Donc là, c'est même les projets, on prend contact, et ceux où, au final, ça arrive chez nous. On n'a que 35% des projets qui arrivent chez nous. Après, alors la prise de contact, par exemple, ça va même jusqu'à la validation. Donc on valide le truc avec eux, il n'y en a que 35%. Il y a mille choses qui peuvent se passer entre. J'ai plus envie, ça change de chef de chantier. Finalement, la maîtrise d'ouvrage, je regarde plus. Donc, on fait ça. Et après, surtout, un des gros sujets sur l'entrant qui rentre en ligne de compte, c'est que nous, on va de plus en plus développer le sourcing auprès d'agences. En fait, il y a le sourcing auprès de grands chantiers, des centaines de logements. Et après, finalement, une grosse partie de l'activité plomberie, c'est beaucoup des petits chantiers, voire des chantiers unitaires, un peu à l'image d'Acorus. Et en fait, c'est des plombiers unitaires qui vont remplacer un 2VC dans la journée et donc du coup récupérer un 2VC. Donc ce qu'on a fait avec Acorus là sur leurs deux centres de collecte, et donc ils ont mis deux centres de collecte sur leurs deux agences, en fait on veut le déployer chez d'autres plombiers. Et on va même beaucoup plus loin que ça, c'est qu'en ce moment, nous on est très copains avec PointPay et CDO.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Ça va ?
- Speaker #1
Ça aide.
- Speaker #0
Alors CDO parce qu'ils distribuent nos produits, et PointPay parce que c'est le nouveau buyer de notre nouveau site à Banoisie-le-Sec. Le but ultime avec tous ces distributeurs, parce qu'il y en a d'autres, on travaille avec SIDER, avec SocoBat, etc. C'est en fait d'être capable de positionner sur chacune de leurs agences deux palettes, qui permet d'accepter des gisements, et nous après on organise des tournées, on récupère tout ça comme ça. Voilà,
- Speaker #1
gros chantier de 2026. Pas évident.
- Speaker #0
Mais faisable.
- Speaker #1
Carrément, puisque ça on l'a vu dans la filière inerte, tu vois. Et c'est là où ça va en venir au sujet, le sujet du moment. C'est dans la filière terinaire, dans la filière béton ou même dans certaines filières de réemploi de matériaux. Je sais que Valobat, qui est un éco-organisme, qui avait les points P comme membres, avait imaginé je ne sais pas si ça s'est fait ou pas finalement, mais avait imaginé des moyens de collecter ça directement chez les points P. Donc ce que tu me dis là, ça résonne. Maintenant, vous, vis-à-vis de la REP, et les éco-réunions de ce type-là, est-ce que c'est des choses sur lesquelles vous êtes impliqués ? Est-ce que la loi prévoit quelque chose pour le réemploi ? Premièrement, parce qu'elle est en train de changer, il n'y a pas pas mal de discussions en ce moment. Et deuxièmement, quelle est un peu ta vision là-dessus ? Parce que là, pour le coup, l'audience, la REP, elle la vit au quotidien. Ça, on le vit tous. Ceux qui m'écoutent, ils le savent. On a eu d'ailleurs Ecominero et Valobat au micro. C'est vrai. Je t'en prie, explique-nous comment toi tu vois ça.
- Speaker #0
Je ne vais pas me faire que des amis, mais moi, la REP, c'est extrêmement important pour la pérennité de notre activité.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Sur le sujet du réemploi, tu l'as très bien dit, la REP à la base devait organiser des points d'apport volontaire de matériaux de réemploi sur lesquels on aurait pu venir se piocher pour récupérer du gisement. Ça n'a jamais été fait.
- Speaker #1
D'accord. Tous les points de collecte qu'il y a sur leur site, non ?
- Speaker #0
De réemploi.
- Speaker #1
De réemploi, non.
- Speaker #0
De réemploi, non. Sur le reste, il y a le recyclage. Puis moi, le point P où on est installé aujourd'hui à Noisy-le-Sec, il y a une partie collecte de déchets derrière. Et l'inerte, etc.
- Speaker #1
Sur l'inerte, ça a été fait ?
- Speaker #0
Sur l'inerte, oui. Je crois même qu'il y a le bois et le PDC.
- Speaker #1
Oui, je crois aussi. Après, moi, je ne suis pas assez expert. Donc sur le réemploi, ça doit être fait.
- Speaker #0
Ça aurait dû être fait. Depuis très longtemps, ça a été un peu abandonné de la feuille de route des éco-organismes. Mais ça ne veut pas dire quand même que les éco-organismes n'ont pas été beaucoup là pour nous. L'impact de la REP sur le réemploi, il est flagrant. Depuis deux ans, c'est à peu près l'arrivée, deux ans, deux ans et demi. Le nombre de reconditionneurs, donc d'acteurs comme nous qui sommes la clé. Pour moi, le réemploi ne passera que par la multiplication des reconditionneurs, chacun avec son produit, répartis en réseau sur toute la France. On vient se substituer aux fournisseurs. Reconditionneur qui peut d'ailleurs être un acteur comme nous, CycleUp, qui venons du réemploi, ou un industriel.
- Speaker #1
Ou même un fournisseur aujourd'hui.
- Speaker #0
Classique. Il y en a que le Fonche, Néda Electric avec leur Masterpack, Legrand avec leur BAES, etc. Et c'est même très très bien qu'ils le fassent. Donc j'y venais, c'est que ce nombre d'acteurs a énormément augmenté puisqu'en fait on a été beaucoup soutenus par la REP. Les éco-organismes, nous on est soutenus par Valobat. Valobat, depuis le début du lancement de l'atelier à Noisy-le-Sec, ils nous subventionnent pour chaque tonne de déchets qu'on a du coup pas envoyé en déchets mais qu'on a réemployé. Ils nous ont subventionnés pour nous aider aux investissements. Et en fait... Au-delà de ça, ils ont aussi beaucoup accompagné des projets directement auprès de maîtrise d'ouvrage pour les... Déjà aussi d'un point de vue financier, on en a parlé, 40 euros le WC 105, des fois il y a un petit gap à aller compléter. Et pour initier la démarche, les éco-organismes ont été là. Sur le recyclage, je n'ai pas d'avis, je n'ai pas envie d'en avoir. Ce n'est pas mon milieu.
- Speaker #1
Ce n'est pas ton milieu, il n'y a pas de sujet.
- Speaker #0
Et je ne dis pas que tout ce que a fait la REP est mauvais. Eh bien, et je ne dis pas que tout ce qu'a fait la REP est mauvais, puisqu'en l'occurrence, on est un exemple de là aujourd'hui, tel que les choses sont en train de prendre. Il y a le fameux moratoire qui a été lancé en septembre, les premières conclusions du ministère qui ont été envoyées fin décembre. Ce n'est plus un secret maintenant, le bruit est arrivé aux oreilles de tout le monde. Dans les six scénarios proposés, dans aucun, il y a le réemploi.
- Speaker #1
Ok, ce qui est surprenant.
- Speaker #0
Ils enlèvent tout le réemploi.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Ce qui est surprenant d'autant plus... qu'après avoir un peu interrogé tous les acteurs, les éco-organismes, les fédérations, la FFP, la CAPEB, etc. Ça ne vient d'aucun d'entre eux. Donc on voit plutôt ça comme une action de se dire, bon, on fait une coupe franche, c'est un coup, on va tout enlever et puis on va bien voir ce qui va se passer. Donc le réemploi s'est fédéré il y a trois ans, je crois, autour du syndicat. J'allais demander. Voilà, le syndicat professionnel des acteurs du réemploi, dont mon associé Colline Blaison est... qui est la présidente de CycleUp et co-présidente et co-fondatrice aussi. Donc on a bien sûr rendu une lettre au ministère en leur disant c'est n'importe quoi ce que vous êtes en train de faire, vous allez tuer la filière, ça va à l'encontre et c'est même potentiellement hors la loi, puisque dans les directives européennes, alors je n'ai pas exactement les détails, en fait le réemploi doit être forcément arrivé avant le recyclage, enfin dans un ordre. Il faut en tout cas, le fait que le gouvernement, enfin que le ministère supprime le réemploi, Ça va à l'encontre de la directive européenne en faveur du réemploi. Je n'ai pas les détails, il y a une note.
- Speaker #1
Mais de toute façon, après, ça vient de la loi AJEC de je ne sais plus quelle année, 2020 ou avant, peut-être même bien avant, et qui était la traduction d'une directive européenne de toute façon. Exactement.
- Speaker #0
Donc tout le monde s'est un peu mis vent debout, on n'a pas envie de faire disparaître le réemploi. Et il y a un vrai enjeu, je ne donnerai pas les chiffres, mais en fait, il y a une partie aujourd'hui de notre capacité à faire qui vient des éco-organismes.
- Speaker #1
Et vous êtes nombreux parmi tes confrères et tout ?
- Speaker #0
Pratiquement tous.
- Speaker #1
Tous ? Vous avez ce même... Vous êtes tous de manière... Enfin, les éco-organismes, aujourd'hui, vous aident tous, tous dans vos démarches.
- Speaker #0
Je pense qu'il n'y a aucun confrère dans le monde de l'euroconditionnement qui n'est pas soutenu par un éco-organisme. Ok. Mais pourquoi alors ? Pourquoi l'enlever ? C'est une très bonne question. Ben, à un moment...
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Faut faire des coupes, hein. Ok. Faut faire des coupes budgétaires.
- Speaker #1
Parce que, quand tu regardes en plus les pourcentages, On a moins de... 1%. de réemploi aujourd'hui, de matériaux qui sont réemployés.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Alors que sur la partie inerte, on est plutôt autour de 90%. Là, après, sur le recyclage classique, on est bien plus important. Moi, je parle encore béton, béton de démol, alors c'est incroyable. Ok.
- Speaker #0
Moi, je pense que c'est clairement une décision qui s'est prise un peu à la marge pour voir ce que ça allait donner. J'ai envie de dire que je suis presque sûr que ça va revenir. enfin qui vont la remettre, en tout cas j'ai très envie parce que c'est énorme et il faut croire des fois très bien,
- Speaker #1
et maintenant si je regarde un petit peu sur votre activité, donc le recondissement, le contrôle qualité fait que vous pouvez garantir je reviens sur votre activité et si je la pousse un peu plus loin ce contrôle qualité vous permet de garantir donc le matériau que vous remettez en circulation quand on a des conduits ou quand on a des maîtrises d'ouvrage je vous dis ouais mais si on prend des trucs de rempart ça sera pas assurable et tout, c'est faux complètement faux, donc ça c'est un mythe donc ça on le dit clairement et mon autre sujet moi c'est de se dire c'est quoi un peu les prochaines choses que vous voyez quand vous allez ouvrir à l'équin vénitieux tu restes sur la céramique blanche ou tu vas faire d'autres choses, ou là vous vous dites j'ai trouvé ma verticale mon produit sur lequel j'ai optimisé, enfin je suis en train d'optimiser tout je suis super bon là-dessus, je continue, ou tu vois d'autres choses ?
- Speaker #0
Non, mais sinon, on va s'ennuyer, non ?
- Speaker #1
Dis-moi, j'attends de voir si tu vois d'autres.
- Speaker #0
Même si on ne va pas s'ennuyer, puisque l'objectif de cette année, c'est 12 000 unités. Avec les deux sites supplémentaires. Avec les deux sites. Donc, c'est 7 000 à Noisy, et puis les deux autres qui se répartissent. Donc, on ne va pas s'ennuyer. Ça commence à faire un petit peu de produit. Et puis, il y a un vrai enjeu, en fait, vraiment d'être capable d'optimiser tout le process. Non, pour nous, les prochains produits de cette année, on reste dans le monde de la plomberie. Pour une simple raison, c'est qu'en fait, le sourcing, c'est le même réseau. Ça vient du même endroit. Souvent même, c'est les mêmes choses. Et sur la fourniture, c'est pareil. C'est les mêmes exutoires. Et au milieu, c'est à peu près les mêmes moyens de reconditionnement. Donc deux produits. Le mitigeur. Petite anecdote sur le mitigeur. Pourquoi le mitigeur aussi cette année particulièrement ? Le laiton, le prix du laiton est en train d'exploser.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc le prix du multigeur, il va grimper, grimper, grimper, grimper cette année. Ce qui permettra à un moment d'avoir un coût du multigeur qui est un peu en dessous de celui du neuf.
- Speaker #1
Très bien.
- Speaker #0
Voilà. Et le bâti support.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Les bâtis qui sont derrière les toilettes.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Donc ça, c'est un peu nos produits cette année. On a d'autres idées qui viennent derrière, voire même sur d'autres univers. C'est un peu trop tôt pour en parler, mais le but c'est d'être capable de se diversifier. En fait, ce que je n'ai pas raconté au début, parce que c'est une activité qu'on arrête en 2025, c'est qu'on faisait du faux plancher aussi, reconditionné. Et non, pardon, on l'arrête en 2026. On l'arrête parce qu'il y a un industriel qui est en train de prendre toutes les parts de marché. Je vous laisserai...
- Speaker #1
Le trouver.
- Speaker #0
Le trouver.
- Speaker #1
D'accord. Et qu'on n'est pas capable... De le reconditionner ? Oui,
- Speaker #0
de le reconditionner.
- Speaker #1
Ce qui n'est pas une nouvelle chose dans la vision, quelque part.
- Speaker #0
Oui. Oui.
- Speaker #1
Ok. Après, on peut discuter de la manière. Il y a la manière, exactement, avec tout ça. Et une autre question que j'avais, si tu te projettes encore un peu, donc il y a ta verticale autour de la céramique blanche, et là, de se dire, tiens, je vais passer sur le mitigeur, je vais passer sur le bâtissupport, tu peux aussi te dire, tiens, moi, je vais plutôt être un endroit où je reconditionne, peut-être des choses sur lesquelles je ne vais pas m'occuper de la filière d'appro, tu vois, et te dire que peut-être que je vais être aussi un endroit... Ou, c'est un peu le point P du reconditionnement. Je pousse le trait, tu vois. Mais tu pourrais imaginer quelque chose comme ça. Est-ce que c'est quelque chose qui est en tête ? Et ça, je le dis, on n'en a pas parlé avant. C'est juste, tu vois, je me pose la question. C'est des choses que vous avez regardées ou peut-être que des gens qui se positionnent déjà là-dessus, tu vois. Genre une sorte de back market, tu vois, du reconditionnement de matériaux, tu vois.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Qui était peut-être un peu l'idée originale de CycleUp, en plus.
- Speaker #0
Avant le reconditionnement, mais oui, complètement. Non, non, si, si, bien sûr. Et surtout, ça vient... En fait, ça, on ne l'a jamais arrêté. On continue aujourd'hui à vendre des produits reconditionnés par d'autres partenaires. D'ailleurs, sur notre site Marketplace, on les vend aussi, mais pas que. Notre vraie force, elle est là. Le reconditionnement lui-même, techniquement, grâce à Acorus, on a pu faire la céramique. Mais notre vraie force, elle est d'acheter et de vendre. D'accord. On a des personnes qui sont formées pour ça et qui ont le réseau pour faire ça. Donc oui, une des verticales, c'est aussi de se développer. dans la vente de produits reconditionnés par d'autres et dans les approvisionner aussi. On n'est pas les seuls, mais ce n'est pas grave parce qu'en fait, il y a suffisamment la place pour tout le monde. Il y a une initiative de Bouygues qui s'appelle Cineo qui fait beaucoup ça et qui le fera beaucoup plus que nous, d'ailleurs. Donc,
- Speaker #1
ça restera à la marge sur tous les produits.
- Speaker #0
Eux, c'est vraiment, ils ont fédéré une communauté de reconditionneurs qui s'occupe de tous les produits. Et nous, on vend via Cineo. Mais ça nous va très bien.
- Speaker #1
Bah oui.
- Speaker #0
Voilà, donc c'est un peu l'idée.
- Speaker #1
Ok. Qu'est-ce qui ne sera jamais réemployé ?
- Speaker #0
Rien.
- Speaker #1
Rien ?
- Speaker #0
J'ai une question que je pose à la fin de mes cours. J'ai un petit QCM et cette question est là-dedans. Est-ce qu'on peut tout réemployer ? Et dans le QCM, il y a oui sans problème, oui, mais c'est une question de volonté, entre parenthèses, financier, logistique, temps. Et la dernière, c'est non, il y a des produits qu'on ne pourra pas reconditionner. Et la réponse, c'est la deuxième. Oui, on peut tout réemployer. C'est une question, après, il faut mettre le coup, il faut mettre l'organisation logistique, il faut mettre l'organisation sur le chantier, etc. On a même, là, dernièrement, on a réemployé des fenêtres en fenêtres, ce qui est un peu le sujet très difficile.
- Speaker #1
Des fenêtres que tu ne détruis pas, que tu ne remets pas dans la matière initiale. mais que tu vas remettre quelque part, voyons.
- Speaker #0
Comme une fenêtre.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
On a requalifié techniquement l'intégralité. Tout ça s'est assuré. Le bâtiment est en sténal.
- Speaker #1
Ouais, en garantie. Ouais,
- Speaker #0
etc.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Je parlais des charpentes métalliques. Charpente métallique, ça ne viendrait pas à l'idée, à quelqu'un, de se dire qu'on peut réemployer de la charpente métallique. Et nos camarades de Métamo, c'est ce qu'ils font. Le béton. Il y a un labo de l'EPFL à l'école polytechnique de Lausanne qui s'appelle l'Exploration Lab. pour aller voir ce qu'ils font, ils font des choses incroyables avec le béton. Ils viennent découper, même casser, puis reformer.
- Speaker #1
Sur le béton, ça c'est cool, ouais. Mais en réemploi, réemploi.
- Speaker #0
Ils ne repassent pas par le statut de granulat. Ils laissent du temps entier de béton. Ils ont construit une passerelle uniquement en temps entier de béton.
- Speaker #1
Et truc assuré. Oui,
- Speaker #0
et installé au-dessus d'un petit canal en spi.
- Speaker #1
D'accord, ok.
- Speaker #0
Donc on peut tout faire.
- Speaker #1
On peut tout faire.
- Speaker #0
Peut-être un peu d'argent.
- Speaker #1
parle nous un peu de cette partie on a touché le côté tu vois le coût d'un toilette reconditionnée qui est vendue sur vos ateliers aujourd'hui le financement de tout ça tu vois pour un reconditionneur comme vous parce qu'il y a quand même besoin d'argent pour acheter t'as quand même besoin de faire tourner quand même la boîte je sais pas combien vous êtes vous êtes une trentaine cinquantaine on est une quarantaine tu vois j'étais très loin et tu vois il faut bien entre guillemets il faut bien vivre Et comment aujourd'hui cette économie, quelle est l'économie dans laquelle vous êtes ? Si on peut rentrer encore une fois, pas trop dans les détails, mais au moins dans les grandes parties, parce que la partie service n'est pas négligeable.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Ça donne quoi un peu les économiques en grosse masse ?
- Speaker #0
Oui, et je vais parler de mon modèle à moi. Exactement. Il y a des modèles différents qui peuvent exister. Nous, on a une SAS avec trois actionnaires qui sont Acorus, on en a déjà parlé, la Caisse des dépôts, la SME BTP. qui croient dans notre projet et qui nous ont permis aussi à faire cette petite impulsion. Parce qu'en fait, il y a de l'invest. Quand on commence à parler de machines industrielles, on a de l'investissement à faire.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Avant même de pouvoir rentrer du chiffre d'affaires. Et puis, c'est un investissement sur plus ou moins long terme. Là,
- Speaker #1
la vision, on est sur combien d'années ? Sur 10-20 ans ou sur moins ?
- Speaker #0
Sur nos invests ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
On est à 3 ans.
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #0
Parce qu'on a peu d'investissement pour l'instant. D'accord. Quand on va commencer à parler machine à ultrasons, là on parle de 5-10 ans. Ce que je voulais aussi dire dans la partie investissement, c'est que nous aujourd'hui on est aussi dépendants d'investissement public. Et on a une subvention de la région Ile-de-France, de la métropole du Grand Paris et de la ville de Paris. Et c'est nécessaire et on est aussi aidés par les éco-organismes. Et après en fait, l'avantage d'avoir une société qui fait et du conseil et du vente de matériaux, c'est qu'on a une partie conseil qui marche très très bien, très stable. qui fonctionne en linéaire et du coup, qui permet de compenser les écarts et les situations qui peuvent arriver sur la partie commerciale.
- Speaker #1
Ok, super. On va finir. Dernière question et après c'est terminé. C'est quoi un peu, toi, ta vision de ce monde du réemploi ?
- Speaker #0
J'ai une vision extrêmement positive. Vraiment, quand je vois les deux dernières années avec tous ces acteurs qui se développent, ces nouvelles industries qui se mettent en place, on est quand même en train de recréer. des industries et des ateliers en France. On parle d'usine. Nous, quand on parle de notre usine, on se dit, super, on emploie 7 personnes, 8 personnes. On va multiplier ça dans toute la France. C'est hyper excitant. Ce n'est pas que excitant, parce que ce qu'on fait a du sens et ça nous semble hyper important. C'est aussi excitant pour tout le message aussi social que ça transporte.
- Speaker #1
Hugo, est-ce qu'il y avait un sujet que tu voulais dire, qu'on n'a pas parlé ?
- Speaker #0
Non, tout va bien.
- Speaker #1
C'est bon ?
- Speaker #0
Merci. À toi.
- Speaker #1
Merci beaucoup pour ton temps. Je pense qu'on peut se dire qu'on comprend beaucoup mieux en tout cas ce milieu du réemploi et du reconditionnement. Et bien évidemment, on passe le message à nos députés pour la nouvelle mouture de la REP. Et je vous remercie à tous, chers auditeurs, d'être restés jusque-là. Je sais que ce n'est pas évident parce que je parle beaucoup, mais Hugo a été incroyable et j'espère que vous l'avez écouté jusqu'au bout. En tout cas. Merci à vous, merci Hugo, et puis à très vite dans un prochain épisode des Bâtisseurs. Salut ! Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si vous a plu, n'oubliez pas de le noter et de le commenter sur Apple Podcasts ou Spotify, et d'en parler autour de vous. C'est ce qui m'aide à le faire connaître et à motiver de nouveaux invités à partager leur vision. Et pour continuer cette conversation, vous retrouvez moi sur LinkedIn.