- Speaker #0
Et donc, on a deux piliers qui sont espacés de 30-40 mètres. On tend des câbles entre ces piliers spécifiques, qui sont des piliers en béton fibré ultra-performance, en BFUP, qui permettent de résister à des forces de traction assez intéressantes. Et dessus, on va venir poser des panneaux solaires.
- Speaker #1
L'industrie de la construction est en plein bouleversement. Nouvelles normes, utilisation des matériaux, consommation énergétique sont nos enjeux. Je m'appelle Richard Mita, je suis serial entrepreneur et CEO de Synax. Chez Synax, nous digitalisons l'industrie des matériaux de construction. Ma passion, le digital appliqué à des secteurs qui ne l'attendaient pas. Dans Les Bâtisseurs, j'interview des visionnaires de l'industrie pour vous inspirer dans votre propre transformation environnementale, digitale et managériale. Bienvenue dans Les bâtisseurs, Le podcast de ceux qui bâtissent aujourd'hui pour demain. Bienvenue dans ce nouvel épisode des bâtisseurs un peu particulier. C'est un épisode en direct chez NGE sur la journée de lancement des locaux de NGE avec la Contech France pour parler de la nouvelle génération d'innovation. Je suis avec Clément Houllier. Salut Clément. Salut. Clément, tu es là parce que... Tu as fait une chose incroyable, tu as monté une entreprise de hardware et que tu as pénétré dans la construction, entre autres, qui s'appelle Home. Et tu vas nous expliquer un peu tout ça. Et maintenant, tu montes un nouveau projet qui s'appelle Sun. Mais avant de nous parler de tout ça, s'il te plaît Clément, si tu peux te présenter, parce que j'ai été un peu paresseux et que je préfère demander aux gens comment de se présenter eux-mêmes.
- Speaker #0
Yes, donc moi, c'est Clément Houllier. J'ai 37 ans. Je suis ingénieur de formation.
- Speaker #1
Ça arrive au meilleur en être ingénieur.
- Speaker #0
Mais c'est important de le signaler parce que je trouve que dans mon parcours, c'est aussi assez marquant parce que j'ai adoré faire ma prépa, faire mes études d'ingénieur. Mais en même temps, je n'avais pas envie de rentrer dans le dur de la tech et d'être un... un vrai ingénieur à faire de la conception ou vraiment des sujets très techniques. Et du coup, j'ai intégré L'Oréal en sortant d'école d'ingé et j'ai fait finalement du business, du marketing. Mais j'ai quand même, je pense, cette facette-là d'aimer rentrer quand même dans les projets et j'aime bien les projets techniques. Et ça permet de faire le lien avec ce que tu expliquais juste avant et donc la boîte que j'ai montée il y a maintenant 8 ans qui s'appelle Home pour Arrêtons l'usage unique maintenant, qui m'a permis quand même de retoucher un petit peu avec la techno, avec une boîte industrielle. Et mon parcours d'ingénieur m'a sans doute un petit peu aidé dans cette démarche-là. Après, que te dire ? Non, plein de choses, très sportifs. On en parlait juste avant, un peu en off. Deux petits-enfants, deux garçons qui me prennent aussi pas mal du temps au quotidien. Énormement, je viens du Havre. Une terre aussi qui me chère. LH, le Havre. Exactement.
- Speaker #1
The place to be.
- Speaker #0
Écoute, c'est un endroit où on y... Alors, je n'y vis plus maintenant, je vis à Paris, mais c'est toujours un plaisir d'y retourner.
- Speaker #1
Très bien. Et comment on fait pour passer de L'Oréal à une start-up industrielle ?
- Speaker #0
Je pense que c'est d'ailleurs une question que se posent pas mal de gens. Des gens chez L'Oréal. Ouais, en fait, c'est une très, très belle boîte. Moi, j'ai appris énormément de choses. J'ai encore un réseau. incroyable dans cette boîte. C'est une boîte vraiment que j'apprécie et que j'ai appréciée. J'ai appris énormément de choses. Culture de dingue. Vraiment, la culture, je la trouve assez phénoménale. Et en même temps, arrivé à quasiment 30 ans, je me suis dit, si je ne pars pas maintenant, je ne partirai pas de cette boîte parce que tu as une rémunération qui est quand même extrêmement intéressante. Tu as un confort. Tu as un confort, même si tu as évidemment du challenge au quotidien, mais voilà. Je me suis posé des questions à ce moment-là. Je me dis, quitte à y revenir demain, plus tard, mais c'est maintenant, entre guillemets, qu'il faut prendre des risques et se relancer dans un nouveau projet, reprendre des risques, apprendre différemment. J'avais peur de m'enfermer un petit peu dans le secteur de la cosmétique qui était aussi, et je pense que c'est important, un secteur qui n'était pas un secteur passion. C'est-à-dire que j'y étais parce que la boîte, je la trouvais ultra intéressante et c'était un secteur Plus par curiosité qui m'a ouvert les bras, tu vois. Mais je me dis, je n'étais pas un passionné fou de la cosmétique. De là à en faire tout. Mais voilà, je suis rentré dans une ETI industrielle en tant que directeur d'innovation avec beaucoup, beaucoup de choses à faire. Pas beaucoup de moyens. Et donc, j'ai créé un startup studio qui était un peu la première idée de dire, tiens.
- Speaker #1
Dis-nous ce que c'est qu'un startup studio. Parce que peut-être que certains de l'audience ne savent pas ce que c'est. C'est plutôt que de...
- Speaker #0
C'est tu crées des startups, mais à l'intérieur de la boîte. En tout cas, tu es un peu un acteur. acteurs de l'innovation, mais je dirais externalisés. Je reviens sur du coup pas beaucoup de budget et c'était un peu la stratégie en disant en fait on n'a pas beaucoup de budget. Donc soit le groupe finance des projets d'innovation en interne, soit tu n'as pas beaucoup d'argent et du coup on va aller se financer en externe. Et donc on va créer des structures qui vont être quasiment indépendantes. C'est-à-dire qu'aujourd'hui si tu veux être indépendant, il faut que tu aies moins de 25% du capital qui soit détenu par un industriel. Donc là ce qui était le cas, l'ETI prenait au maximum. 25% de la boîte. Et du coup, ça restait une entreprise indépendante pour aller se financer via des VCI,
- Speaker #1
via du financement d'entreprises innovantes. Voilà,
- Speaker #0
d'entreprises innovantes, exactement. Et donc, c'est le modèle que j'ai créé en disant si on n'a pas d'argent, mais qu'on veut quand même innover, il y a ça, avec aussi cette idée de créer une dynamique interne dans une boîte industrielle qui avait besoin de se transformer, une boîte qui avait 50 ans d'existence, donc qui a aussi besoin de trouver des... des vecteurs aussi de transformation, mais concrets, pas juste, on va se transformer. Donc, je faisais un peu partie de toute cette démarche-là. Et donc, Home a été le premier projet. Et ça vient de la vapeur. En fait, on avait au sein du groupe une filiale qui faisait de la vapeur sèche, achat-revente de machines, assez basique en termes de techno, mais on touchait la vapeur au quotidien. Et on a vu qu'il y avait un vrai potentiel en utilisant cette technologie-là, notamment parce qu'il y avait une vraie transformation autour du réemploi, autour aussi du partage. C'est une autre époque, autolib, partage de véhicules, véhicules autonomes. Mais en fait, tu te dis, à partir du moment où on va aller dans une économie du partage, alors le nettoyage sera au cœur. Et aujourd'hui, il n'y a pas réellement de boîtes qui se sont positionnées dans ce secteur-là avec... Et je l'ai vu plutôt comme un positionnement de marque, de vision, plus qu'un positionnement, je ne sais pas, de business model pur au démarrage. J'ai piloté ce projet-là au démarrage en se disant, vu qu'on va créer sans doute d'autres startups derrière, mais que j'aurai plutôt un rôle de chef d'orchestre de toutes ces startups qu'on va pouvoir créer ou accompagner, c'est important que je mette un peu le pied à l'étrier au démarrage. Et puis au final... C'était le projet. Voilà, j'y suis resté huit ans. Et je suis parti de cette ETI assez rapidement parce que ça ne faisait plus sens d'être aussi impliqué dans ce projet-là et en même temps d'avoir le confort d'un salarié lambda. Et j'y crois d'ailleurs pas tellement à ces schémas de salariat entrepreneur où tu n'as pas l'incentive d'être toi-même patron de ta boîte et incentivé au capital, etc.
- Speaker #1
En tant qu'entrepreneur, l'intrapreneuriat, moi, je n'y crois pas du tout. Je pense que c'est bien peut-être au début, mais il faut des gens qui portent la chose, qui ont la peur. Le fait de se dire, la peur est le gain. La peur de se dire, il faut que je me défonce parce que si jamais ça ne marche pas.
- Speaker #0
C'est ton projet, tu es la source du projet, tu portes la réussite, tu portes les échecs. Et tu n'es pas dans un confort. Et l'entrepreneuriat, en effet, c'est aussi prendre des risques. Et cette notion de risque, elle est ultra importante dans la manière dont tu vas en effet te nourrir et faire avancer le plus vite possible ton projet. Donc, c'est pour ça qu'il y avait une forme de désalignement dans le fait que je reste à ce job-là. Et du coup, je suis parti au final assez vite.
- Speaker #1
Tu parles de réemploi, tu parles de nettoyage, c'est ça ? Qu'est-ce que c'était au début et qu'est-ce que c'est devenu ?
- Speaker #0
Donc là, j'ai parlé plus de la technologie vapeur, vapeur sèche. Donc, c'est une vapeur à 140 degrés que j'ai découvert et qui m'a réellement bluffé sur ses capacités. À un moment où, clairement, les sujets du nettoyage étaient au cœur et un peu plus au cœur de l'actualité. J'en reviendrai sans doute après aussi, pourquoi aujourd'hui, ça l'est peut-être un peu moins. Et se dire, c'est dingue, c'est une technologie qui n'utilise pas de produits chimiques complémentaires, qui utilise très, très peu d'eau. Puisque la vapeur nettoie, désinfecte, mais tu utilises une quantité d'eau assez faible par rapport à un nettoyage haute pression si on fait des comparatifs. Et je me suis dit, il y a un truc assez génial à faire avec cette techno qui est finalement peu connue du grand public. Dyson a réussi à faire des choses tout autour de l'air avec les sèches-mains, les aspirateurs, avec aujourd'hui même des sèches-cheveux, des climatiseurs. Mais c'était leur média, c'est l'air. Et je me suis dit, nous, il y a un truc à faire avec la vapeur. Je pense que c'est un énorme potentiel. Et donc, avec les trois autres cofondateurs, avec qui on a monté la boîte, qui étaient pour le coup des gens aussi de cette ETI, on a voulu s'attaquer à un problème qui était les gobelets jetables, parce que ça nous semblait être un peu le symbole de l'usage unique, de ce qu'on ne réemploie pas, ce qu'on jette. En n'ayant utilisé que quelques secondes, exactement. C'est ce tu l'as en face de toi. C'est très pratique comme usage, mais l'expérience est simple. Mais c'est la seule chose réellement qu'on peut donner au gobelet jetable. Dans cinq minutes, tu vas le jeter et tu ne vas pas savoir ce qui va devenir demain. Et tu t'en fiches, en fait.
- Speaker #1
C'est vrai. En plus, c'est vrai tout ce que tu dis. C'est vrai.
- Speaker #0
Peu importe. qu'il soit brûlé,
- Speaker #1
enfoui c'est vrai pour tous ceux qui nous regardent en fait à partir du moment de ton travail,
- Speaker #0
le seul truc qui va potentiellement te culpabiliser c'est de ne pas le jeter dans une vraie poubelle c'est le seul truc mais à partir du moment où tu l'as mis dans la poubelle,
- Speaker #1
tu as fait le job tu l'as recyclé en plus j'ai fait mon travail,
- Speaker #0
en plus maintenant c'est en carton donc c'est génial Et tu vois, il y avait cette notion de symbole très fort et de se dire, on va créer une machine qui va nettoyer, non pas des gobelets, mais des verres pour faciliter le réemploi. Parce que le frein, en fait, au gobelet jetable, finalement, c'est ta capacité à nettoyer facilement les choses. Et comme le nettoyage est toujours rébarbatif et toujours une problématique, il n'est pas du tout sexy. Le nettoyage, même en entreprise. Donc, on s'est dit, si on arrive à rendre ce geste-là aussi simple que de jeter, alors les gens vont choisir la réutilisation d'une tasse ou autre. Donc c'était ça la vision, on pensait je pense à ce moment là qu'on allait développer beaucoup plus vite le produit et on a fait trois ans de R&D pour arriver à un produit
- Speaker #1
Ah oui trois ans de R&D
- Speaker #0
C'est un produit extrêmement complexe, est-ce que c'est des machines qui ont eu la taille d'une machine à café ? Je conseille les gens qui nous écoutent d'aller voir sur le site quand même A-U-U-M, donc il y a deux U et de voir un peu la taille de la machine. Je mime le geste, mais les gens évidemment ne me voient pas. On pose son verre, il y a une capsule qui se ferme. Quand on ferme le verre, on envoie de la vapeur sèche à 140 degrés pendant une vingtaine de secondes. Et on vient le nettoyer, le désinfecter. Et on a un flux d'air qui le sèche. Le dôme se relève, on récupère le verre et on peut le réutiliser.
- Speaker #1
Il y a un truc que je n'arrive pas à comprendre. Tu parles de vapeur sèche. Pour moi, la vapeur, par définition, c'est quand même de la vapeur d'eau. Pourquoi on parle de vapeur sèche ? C'est un abus de langage ? Oui,
- Speaker #0
en fait, c'est de la vapeur. Le sujet de la vapeur sèche, c'est un petit peu aussi pour, on va dire, se différencier de la vapeur que tu imagines un peu humide qui vient mettre des gouttelettes sur tes vitres quand tu fais cuire une casserole d'eau. Et en fait, ce qui se passe, c'est que la vapeur, elle apparaît à s'endover. Puisqu'en effet, l'eau se transforme en gaz à partir de 200 degrés. Sauf que ce qui se passe quand tu fais chauffer ta casserole, c'est que tu as des gouttelettes qui vont être à 98 degrés, qui vont aussi un petit peu être emportées avec la vapeur. Donc c'est là qu'on appelle une vapeur plutôt humide. C'est parce que c'est un mix d'eau et de vapeur. Alors que nous, on va la confiner dans une chaudière, on va la surchauffer. On va continuer à monter en température et plus on va monter en température, plus on va donner des caractéristiques assez spécifiques à ce gaz et notamment des caractéristiques dégraissantes très intéressantes. Aussi une certaine pression puisqu'on vient mettre en pression cette vapeur et qui au moment où on va la sortir et l'éjecter sur le verre, si tu veux, va avoir vraiment des caractéristiques de nettoyage très intéressantes.
- Speaker #1
À combien de degrés tu mets la vapeur ? 140. 140,
- Speaker #0
ok. C'est important parce que derrière, c'est énormément de travail techno sur, je te parle de la température, mais il y avait une quarantaine de buses. Donc, c'est des petits trous dans lesquels la vapeur est éjectée, qui vient aller frapper le verre pour le nettoyer. L'angle de la buse va impacter la vitesse, la température, la pression. Donc, tu as de l'air, tu as un petit peu d'eau, parce que parfois on rajoutait aussi de l'eau au démarrage de nos cycles de nettoyage, notamment parce qu'on s'est rendu compte, en allant sur le terrain et en nettoyant plein, plein, plein de choses, que typiquement un cappuccino, tu as du lait et que la protéine de lait cuit si tu envoies trop de vapeur à trop de température. Donc, on devait ramollir un peu cette protéine-là pour ensuite... Bon bref, c'est vrai problématique du nettoyage, mais ce que je veux dire, c'est que c'est d'une complexité assez folle. On est sur du triphasique, j'ai dit de l'eau, de l'air, de la vapeur. Il faut estimer que simuler ce genre de technologie, c'est très très long. On avait beaucoup d'équipes d'ingénieurs pour réussir cette prouesse-là de nettoyer en quelques secondes un verre.
- Speaker #1
Ok, donc 3 ans de R&D pour arriver à un objet qui a de la taille d'une cafetière Nespresso. Ouais,
- Speaker #0
un peu plus.
- Speaker #1
Un peu plus, c'est ça. Où tu mets ton verre ou ta tasse ?
- Speaker #0
C'est un verre unique.
- Speaker #1
Un verre unique que vous fournissez.
- Speaker #0
C'est un verre standard et ça, c'est ultra important dans le réemploi. C'est aussi un message qu'on portait, qui est de dire si demain, on veut changer un petit peu le monde du réemploi, alors il faut passer par une standardisation des contenants parce que la personnalisation des verres, en tout cas en termes de forme et de design, contraint énormément la capacité à nettoyer très rapidement les choses et on ne voulait pas être à la vaisselle. Ou sinon, tu viens à la vaisselle et tu nettoies tout ce que tu veux et du coup, tu rajoutes du produit chimique, du temps. Parce qu'aujourd'hui, le nettoyage, c'est ça. Donc, un petit cours théorique sur le nettoyage, ça a été théorisé par un ingénieur chimiste qui travaillait chez Henkel à l'époque. Qui travaillait chez ? Henkel.
- Speaker #1
Henkel, d'accord.
- Speaker #0
Et qui s'appelle Siner. Rien à voir avec le T-Sman.
- Speaker #1
Rien à voir avec Gannick, oui.
- Speaker #0
Et il a théorisé ça en disant, il y a quatre choses pour faire un bon nettoyage. Enfin, quatre composantes. Donc, il y a le temps, il y a la température, il y a la chimie et il y a la force mécanique. Donc si je schématise, tu as un plat à gratin, si tu veux le nettoyer efficacement, tu vas mettre de l'eau très chaude, tu vas mettre un peu de liquide vaisselle, tu vas laisser tremper et puis après tu vas prendre ton éponge et tu vas gratter. Donc là, tu as tous les composants, le temps, la température, le produit chimique et l'énergie mécanique, la force mécanique que tu vas apporter. Et ça, c'est ce qui permet de nettoyer des choses. Un lave-vaisselle, tu vas jouer sur pas mal de chimie. pas mal de chaleur, c'est une Ausha 80°C et puis tu vas jouer sur le temps. C'est des cycles de nettoyage d'une heure et demie et puis tu vas jouer un peu sur l'énergie mécanique parce que tu as quand même des jets d'eau qui envoient un petit peu. Mais tu vois, à partir du moment où tu maîtrises ces composantes, mais tu ne maîtrises pas ce que tu nettoies, tu vas devoir mettre beaucoup plus de soit beaucoup plus de produits chimiques, beaucoup plus d'énergie d'une des parties. Et nous, en fait, notre parti pris, c'est dire nous, on veut être très peu énergivore et on veut être très rapide.
- Speaker #1
Tu standardises le contenant.
- Speaker #0
Il faut qu'on standardise un contenant et qu'on le design avec une forme particulière. Et donc, le verre est totalement arrondi. On n'a pas de zone de rétention. Et ce qui permet de simplifier aussi le nettoyage et de devenir finalement en termes d'usage. Parce que l'idée qu'on a derrière, c'est qu'il faut que l'usage prenne parce qu'on est sur un nouveau geste. Et les nouveaux gestes, c'est très compliqué. Faire changer les gens, les faire... Changer les habitudes, c'est très dur. C'est très compliqué.
- Speaker #1
Hyper intéressant. avant de rentrer sur... Une fois que vous êtes arrivé à ces trois ans de R&D, comment vous avez fait pour pénétrer le marché ? Je t'entends aujourd'hui et je me dis, mais je suis tombé sur un passionné du nettoyage. Est-ce que... Non mais je plaisante un tout petit peu, mais quelque part. D'où c'est venu ce... J'ai l'impression que tu t'es passionné pour le sujet. Est-ce que c'est en faisant ? Est-ce que naturellement tu t'es dit, moi je suis pour le réemploi, je suis pour le réusage ? C'est ce qui a fait que tu te portes là-dessus parce que...
- Speaker #0
Je pense que c'est mon job en fait. tu vois à partir du moment où tu rentres dans un projet que tu dois l'incarner et encore plus dans des transformations de société comme ça c'est pas du tout une passion après on revient un peu tu vois sur le débarrage je suis quand même ingénieur à la base c'est quand même des sujets qui m'intéressent j'aime bien comprendre ça c'est clair après j'ai jamais été passionné de nettoyage depuis mon enfance ou quoi que ce soit mais j'aime bien les sujets peu sexy sur lesquels il faut apporter aussi de la marque de l'intérêt Merci. Et il y a des choses qui sont assez passionnantes autour de ça. Mais voilà, tu le développes. Tu le développes au fur et à mesure à force de voir convaincre. Parce que ton job, en tant que patron de boîte, c'est de convaincre. Donc, si tu n'as pas ces éléments-là, je serais beaucoup moins convaincant. Je ne sais pas si je te disais, on nettoie. Je ne sais pas comment on nettoie, mais on nettoie.
- Speaker #1
Ça, je le sens bien. Et donc, comment tu fais pour passer de ce produit-là avec là où vous, vous allez promouvoir une innovation d'usage avec un contenant ? Une machine qui va aller laver ce contenant, enfin nettoyer ce contenant, plutôt que laver, si j'en prends les bons termes. Et donc derrière, comment tu fais pour arriver à... Qu'est-ce qui s'est passé ? Parce que là, derrière, on parle quand même d'une pénétration assez importante. On sortira les chiffres après, tu les sortiras, mais c'est quand même assez incroyable. Dis-nous tout.
- Speaker #0
Après, je pense qu'on arrive dans un momentum qui est très intéressant. Et beaucoup de gens te disent que c'est de la chance, ou quoi que ce soit. Je trouve que ce qui est drôle dans ces schémas-là... C'est que ta vision initiale qui est, je crois que le réemploi, ça va dans le sens de l'histoire. Tu te rends compte que ta vision, elle devient concrète et les planètes commencent à s'aligner. Quand je dis les planètes commencent à s'aligner, il y a la loi AJEC qui sort, Anti-Gaspillage d'Économie Circulaire, qui interdit les gobelets jetables en plastique.
- Speaker #1
C'est en quelle année ça ?
- Speaker #0
Ça, c'est 2020.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Je pense que ça sort même fin 2018, début 2019.
- Speaker #1
Oui, comme d'hab.
- Speaker #0
Début d'application 2020, les gobelets jetables, ça arrive un peu après. Et interdiction des gobelets en carton qui contiennent du plastique. Donc là, normalement, c'était 1er janvier 2026. Puisqu'aujourd'hui, dans le gobelet que tu tiens, tu as du plastique à l'intérieur. C'est-à-dire que pour avoir l'étanchéité nécessaire à ce que tu puisses boire pendant un peu plus de 5 minutes, tu es obligé de rajouter du plastique aujourd'hui. Et donc, tu as un bimatériau. Et donc, la loi AGEC visait à supprimer totalement le plastique des gobelets, ce qui n'est pas encore le cas. Donc, ils ont fait un peu machine arrière là-dessus parce qu'ils n'y arrivent pas aujourd'hui. Donc ça, c'est un premier truc sympa, c'est le contexte législatif. Après, tu as le Covid aussi qui arrive. Et ça, c'est magique parce que tu as le sujet où nous, on était parti quand même sur de la désinfection. C'est-à-dire que la vapeur sèche, j'en ai pas parlé, c'est vrai, on est à 140 degrés, on nettoie, dégraissage, super. Mais on vient apporter de la désinfection, autant dire qu'à 140 degrés, tu tues toutes les bactéries. Et donc, c'était aussi un point clé. Tu arrives après le Covid, les gens interdisent les lave-vaisselles dans les entreprises parce que vider un lave-vaisselle, tu vas le toucher avec les doigts, laisse tomber si tu nettoies la main ton mug après quelqu'un d'autre.
- Speaker #1
C'est vrai que le contexte est arrivé quand même très très bien.
- Speaker #0
C'est magique, les gens se disaient c'est toi qui as fait le Covid, c'est en fait c'est toi qui nous a râdé cette merde. Et c'est vrai que ça a été très très porteur aussi dans les entreprises parce que tu avais un contexte sanitaire qui était très très intéressant. Et voilà, on s'est beaucoup développé sur les grosses entreprises quand même. Donc, on a signé, je pense, un an et demi. 33 quarts des boîtes du CAC 40.
- Speaker #1
Incroyable. Tu sais que quand j'en parlais, j'ai parlé du fait que j'allais t'interviewer la semaine dernière à l'événement Contech et il y a quelqu'un qui m'a dit mais on l'envoie partout sur les chantiers. Son truc de nettoyage, on le voit partout sur tous les chantiers. J'étais un peu surpris. Comment on va pénétrer les chantiers ?
- Speaker #0
C'est Bouygues, je crois. On a fait un premier test avec Bouygues. Là, pour le coup, c'est un usage qui est un peu différent mais qui est intéressant parce que... Cette machine, elle est vraiment différenciante par rapport à la vaisselle parce qu'on consomme très peu d'eau. En fait, sur un chantier, tu es content d'avoir ça et de ne pas avoir à installer un lave-vaisselle et en même temps d'avoir un confort aussi en termes d'usage au quotidien.
- Speaker #1
Le timing de dingue en fait. Je n'avais même pas réalisé ça quand on préparait cette interview, mais ouais, le timing incroyable.
- Speaker #0
Le timing est top, mais tu vois, c'est porté par une incarnation, une vision qui est de dire Est-ce qu'on fait du nettoyage ? Est-ce qu'on fait de la désinfection ? On se pose la question, est-ce qu'on utilise de la vapeur ? En soi, on pourrait juste... Parce qu'il y a des boîtes qui se sont développées dans le rinçage. Donc tu vois, c'est des rinces verts comme dans les bars là, mais ça ne fait que du rinçage. Et nous, à l'époque, on s'est dit, ouais, mais en fait, la vision qu'on avait, c'était le réemploi, mais le partage. Donc si moi, je prends un verre que je bois dedans, je vais le nettoyer, je vais le reposer. S'il est juste rincé, mais ça ne marche pas. Ça ne marche pas. Donc notre vision du partage aussi doit forcément appeler à... une hygiène complète du produit. Est-ce qu'on ne fait que l'intérieur du verre ? La réponse est non, il faut faire l'intérieur et l'extérieur puisque les gens touchent le verre, le touchent avec leurs lèvres, avec leurs mains, etc. En fait, toute cette vision-là, c'est une vision de l'usage tel que nous on la voyait, qui finalement, tu vois, est un peu portée par des choses que tu ne maîtrises pas, mais qui restent, selon moi, du bon sens.
- Speaker #1
Ok. Et là, après, on arrive à... Combien d'utilisateurs ? Donc 2020, 2021, c'est ça ? Vous lancez ?
- Speaker #0
La boîte, on la lance 2018. Tu as tout le démarrage qui prend un peu de temps quand même. On l'a créée officiellement le 15 janvier 2019 et on arrive sur le marché en 2021. D'accord.
- Speaker #1
Et la 2021-2025, explosion quoi ?
- Speaker #0
On accélère France, Europe aussi. On... On déploie notamment Benelux, parce qu'il y a aussi une contrainte réglementaire très intéressante aux Pays-Bas et qui a un contexte assez porteur sur cette typologie de géographie, sur du réemploi et sur ce type d'usage. On ouvre aussi la Suisse, qui n'est pas forcément une énorme réussite d'ailleurs, intéressante, pour des raisons qu'on ne connaissait pas à l'époque, mais très difficiles de s'introduire en Suisse au final de rentrée. On a quand même fait des belles choses là-bas, mais... mais beaucoup plus compliqué. Et après, c'est l'expansion qui est en fait comment on arrive dans le go-to-market à sortir d'une équipe sales qui vend en direct et de vendre à des distributeurs, notamment dans le monde du café, qui vont vendre pour nous cette machine-là. Donc, c'est la phase-là dans laquelle on était entré pour Poste Série B. Donc, on a fait une grosse Série B il y a un peu plus d'un an et avec l'objectif justement de se déployer en Europe. Aujourd'hui, c'est 150 000 utilisateurs chaque jour. Et c'est un peu plus de 1500 machines en parc, donc un peu plus de 15 millions de chiffres d'affaires en cumulé. Donc non, c'est une belle aventure industrielle avec aussi une usine, on assemble, on a des gens côté maintenance. Et puis la volonté de s'ouvrir à d'autres marchés. Et ça, j'en parle parce que pour moi, on en vient à la remarque que je faisais par rapport au potentiel de la vapeur et à ce que peut faire Dyson avec l'air. Mais des potentiels sur comment on accompagne le refill en boutique, en magasin, sur des produits cosmétiques. J'arrive avec mon shampoing et on travaillait aussi sur d'autres sujets. Et ça fait peut-être un peu lien avec le monde que j'adresse aujourd'hui dans le monde de l'énergie et du solaire. à... La vapeur est aussi très pertinente pour nettoyer des panneaux solaires, par exemple.
- Speaker #1
Merci de faire la transition. Grosso modo, toi, tu es sorti de Home en 2026, début 2026 ? Il y a six mois. Il y a six mois, d'accord, en janvier. Et tu es passé sur un nouveau projet. Ce qui est quand même assez incroyable, c'est que tu es allé sur un projet quand même industriel où à la fin, tu as quand même changé un usage, ce qui est quand même assez incroyable. d'un four. Il faut juste que nos auditeurs se rendent compte que changer un usage de ce type-là vers la pénétration que vous avez réussi à faire en trois ans, c'est assez incroyable. Après, la question de savoir, est-ce que cet usage-là, il va aller se perpétuer et continuer ? Ça, c'est une autre question. En tout cas, cette réalité-là, aujourd'hui, en tout cas, elle existe, elle a été prouvée. Et tu te dis, tiens, je vais aller travailler sur un autre sujet. Je vais m'attaquer au sujet de l'énergie et du solaire. C'est ça, à peu près, si je ne me trompe pas. Et ça, c'est le côté technophile, technologie, Et comment aller ? trouver et faire changer peut-être encore des usages. C'est le même principe, si je ne me trompe pas.
- Speaker #0
C'est le même principe sur un sujet qui est peut-être encore plus central, à mon sens, et sans vouloir dénigrer évidemment le rempoi. Je peux en parler encore des heures, donc je porte ce message-là, évidemment. Mais j'ai peut-être un peu souffert, malgré le momentum, malgré plein de choses, du fait d'être souvent cantonné à un sujet quand même assez anecdotique. le gobelet jetable, quelque part, il reste anecdotique. Et je l'ai vu dans beaucoup, beaucoup d'entreprises, malgré notre taux de pénétration, etc. J'aurais aimé aller, moi, sans doute, encore plus vite. Et quand tu as des boîtes qui gèlent leur budget, quand tu as des boîtes qui te disent on va couper un petit peu là, on va couper une cinquantaine d'emplois dans la boîte, on ne peut pas mettre ta machine, même si elle coûte pas plus cher que des gobelets, parce que un, ce n'est pas notre priorité. Là, on a des sujets plus importants à traiter ou parce que ça va être vu comme une innovation géniale. Et en fait, quand tu coupes des emplois dans ta boîte, c'est compliqué de mettre ça. Et en fait, malgré mon attrait pour ce sujet, je te rends compte que tu es un peu la dernière roue du carrosse quand même. Et c'est pour ça que quand j'ai réfléchi en me disant je veux absolument, je pense, remonter à un projet très, très ambitieux. Je me suis dit, quel est le sujet, moi, qui me parle le plus en ce moment et sur lequel, tu vois, il y a quelque chose qui ne bougera pas dans les 50 prochaines années, c'est l'énergie. On a tous besoin, à un moment donné, dans notre vie, de produire de l'énergie. Et donc ça, je me suis dit, si j'arrive à transformer les choses là-dessus, ça va être clé. Et aussi parce que je me suis confronté beaucoup. avec des directions RSE, avec des directions générales sur c'est quoi votre impact. Et c'est vrai que tu leur dis, j'ai un impact en termes d'usage, en termes aussi de pédagogie qui est extrêmement important, de montrer que le réemploi, chez soi, on réutilise et au travail, en fait, on jette. Donc, tu as plus un impact en termes de, je trouve, d'éducation qui est très fort. Mais par contre, en termes d'impact carbone ou en termes d'impact purement... écologique. Le réemploi des gobelets, si tu veux, par rapport à l'électrification des usages ou la mobilité globalement, ou à la manière dont tu vas te nourrir, te chauffer. Ou de voyager. Voilà. En tout cas, en termes d'impact carbone pur, c'est un peu moins évident. Donc ça aussi, c'était quelque chose que j'avais en tête en me disant, je vais être au cœur de ce sujet-là, de l'impact. Et pour moi, le cœur va être la transformation de la manière dont on va produire de l'énergie. Et aussi sur le... Tu as raison, une transformation des usages qui va aller vers de l'électrification, qui va être, à mon sens, le challenge des 10-15 prochaines années, sur lequel, du coup, moi, je ne veux en faire pas.
- Speaker #1
Parle-nous alors un peu de Sun, et ça, c'est la genèse un petit peu de te dire, il faut que j'aille sur un sujet différent, avec plus d'impact, en quoi ça consiste ? Alors, Sun, j'ai à se venir, quoi.
- Speaker #0
Sun, ça ne veut rien dire. C'est le soleil.
- Speaker #1
Il n'y a pas plus que ça, en tant qu'immense. Non,
- Speaker #0
il n'y a pas plus que ça, même s'il y a quand même un clin d'œil. Parce que tu vois, dans Home, il y a quatre lettres. Il y a deux U. Sun, il y a quatre lettres. Il y a deux U. J'aime bien les mots assez courts, quand même. J'aimais beaucoup le terme, le côté très simple du soleil et faire les choses proprement. Je ne sais pas, il y a un côté, tu fais du solaire, tu t'appelles Sun.
- Speaker #1
Ça part un peu logique.
- Speaker #0
S-U-N était déjà pris, on ne va pas se mentir. Mais voilà, il y a une histoire. J'aime bien quand même avoir un peu de continuité. Il y avait un clin d'œil qui m'intéressait aussi. Mais il y a beaucoup moins de sens que Home. Il n'est pas passé, mais Home avait plein de significations avec la syllabe sanscrite que tu retrouves dans le yoga, etc. Et donc, Sun, c'est de se dire, je veux travailler sur le solaire. Je pense que c'est une énergie qui doit encore se transformer, qui est d'ailleurs en train de se transformer. Si tu regardes, il y a 15 ans, Le prix des panneaux solaires et le prix aujourd'hui des panneaux. Aujourd'hui, il y a une démarche industrielle incroyable et une énergie qui devient en termes de prix beaucoup plus accessible qu'elle ne l'était il y a 20 ans. Et un contexte réglementaire aussi qui a ses porteurs en Europe autour de la loi APER qui vise à solariser des espaces artificialisés, en gros, qui vise à mettre des panneaux solaires sur des parkings. Et en fait, ça fait globalement sens. Tu as des espaces qui sont très, très chauds en été, qui en hiver, quand il pleut, etc. sont un peu compliquées et donc tu viens les couvrir et plutôt que de mettre juste un toit, tu rajoutes des panneaux solaires par-dessus. Ça te crée de l'électricité et l'électricité, soit ça vient recharger les voitures et quand tu auras encore plus de voitures électriques, tu viendras encore plus recharger tes voitures. Soit tu vas fournir l'électricité au magasin qui est collé à ta ferme solaire que tu installes sur ton parking. Donc en fait, pareil en termes de vision et de côté un peu... évident, je trouve, de l'avenir. Tu te dis, bon, a priori, il y a quand même un truc qu'on va pouvoir faire. Comment se positionner sur ce marché-là ? Il y a énormément d'acteurs. J'arrive après la guerre. Tu vois, le soldat, je pense qu'il y en a pas mal contesté avant.
- Speaker #1
Il y a pas mal qui se sont dit, ça, c'est une bonne idée.
- Speaker #0
Donc, quand tu arrives un peu après la guerre comme ça, il faut trouver le bon angle. Mais quelque part, tu as aussi des gens qui se sont essoufflés, des gens qui ont testé plein de choses. Et toi, tu arrives avec un regard neuf. Donc, ça ne me dérange pas non plus d'arriver à ce moment-là, au contraire. Et il y a une stat qui m'a interpellé, qui est aujourd'hui sur un projet solaire, le coût du panneau solaire ne représente que 20% du capex, de l'investissement total de ton projet. Et en fait, la grande partie des coûts, c'est ton infrastructure. De toute manière, ça m'arrange plutôt bien parce que faire des panneaux solaires, honnêtement, je ne vois pas comment j'aurais pu concurrencer la Chine ou en tout cas, c'est bizarre. Je ne vois pas tellement ce que je peux apporter. mais sur l'infrastructure, il y a... énormément de choses à faire. Et quand tu analyses un peu le marché des infrastructures solaires, tu te rends compte que ça a été une opportunité pour les gens qui le faisaient et qui sont souvent des charpentiers métalliques, qui faisaient les gros entrepôts au moment où le solaire était très subventionné. Ils allaient voir les agriculteurs et puis ils leur disaient « Bonjour, je vois que vous avez un vieil entrepôt dans lequel vous mettez votre tracteur, etc. Ce que je vous propose, c'est qu'on va vous en refaire un tout neuf et dessus, on va mettre des panneaux solaires. » vous allez payer 0 euro. Et par contre, nous, on va réutiliser l'énergie et on va la réinjecter dans le réseau. Ça tombe bien, on a un prix qui est fixé par EDF qui est très attractif. En fait, les mecs se sont régalés. Et puis, au bout d'un moment, ils se sont dit, bon, en fait, un entrepôt, on peut aussi faire des ombrières sur les parkings. Et donc, toute l'infrastructure solaire est tous tournée autour de ces charpentes métalliques qui sont... pas très belles, qui sont fonctionnelles par contre, mais qui coûtent assez cher parce qu'une infrastructure métallique, c'est tous les 6-7 mètres un trou dans le sol, tu dois faire des micropieux en béton, tu dois installer derrière ta charpente métallique, c'est long à déployer. En fait, personne n'a réellement repensé ce système-là. Les gens qui ont repensé le système, c'est pour l'agrivoltaïsme. Donc là, ils ont un petit peu travaillé un peu plus le sujet de l'infrastructure. C'est quoi l'agrivoltaïsme ? C'est les fermes solaires ou ce n'est pas du tout ? C'est ce que tu mets au-dessus des champs. Au-dessus des champs ? Oui, donc tu en as un petit peu, même si tu as un vrai savoir-faire derrière qui n'est pas juste du solaire. C'est aussi un vrai savoir-faire d'agronome pour savoir comment tu vas gérer la productivité de ton champ. Mais ils ont un petit peu, je trouve, dans la manière de réfléchir, fait des choses assez novateurs. Et donc, le mix vient de là, d'échanges avec d'autres entrepreneurs, avec d'autres gens qui travaillent aussi dans le monde du BTP. Et s'il est de dire, tiens, si on transforme ces infrastructures, peut-être qu'on va faciliter encore plus le déploiement de cette technologie. Et donc, je christen pour ça, pour transformer les infrastructures et d'être l'acteur qui va réellement penser, créer, développer. et du coup, installer des infrastructures solaires, mais pensées exclusivement pour le solaire. Je te donne un exemple. L'électrification des poids lourds, c'est un sujet qui est juste extraordinaire et sur lequel tous les acteurs logistiques, alors encore plus quand le prix de l'essence fait x2 et qu'autant dire que quand ton métier, c'est de transporter de la marchandise dans un camion, l'augmentation du carburant, elle fait mal. Va vers une électrification de la flotte des poids lourds, de tes camions tout petits. Le problème de ça,
- Speaker #1
c'est le rechargement. C'est la charge.
- Speaker #0
La charge. Comment tu recharges ça ? Et je vois beaucoup là sur le marché arriver des ombrières solaires pour les poids lourds. Et en fait, les ombrières n'ont jamais été tellement pensées pour les poids lourds. Parce que va te garer avec ton poids lourd, avec des poteaux tout le temps, avec des bornes de recharge où tu as une fois sur deux le camion qui... éclate la board avec sa marche arrière. Donc, il va falloir une infrastructure qui soit pensée avec des portiques qui vont recharger en haut, sur lesquelles tu vas pouvoir déplacer. Qui dit pylône dit environ 15% de perte d'espace sur tes parkings. Sauf qu'une place de parking pour un poids lourd comme souvent c'est payant pour les poids lourds, c'est environ 900 euros par mois. Donc, ça veut dire que tu perds aussi la capacité d'installer plus de poids lourds. Enfin, tu vois, toute cette réflexion-là, c'est dire, ok, je vais réduire le nombre d'ancrage au sol. Et je vais réfléchir à mon infrastructure comme finalement, on va dire, un ouvrage d'art. Et donc, on a deux piliers qui sont espacés de 30-40 mètres. On tend des câbles entre ces piliers spécifiques, qui sont des piliers en béton fibré ultra-de performance, en BFUP, qui permettent de résister à des forces de traction assez intéressantes. Et dessus, on va venir poser des panneaux solaires. mais on a des portées qui sont gigantesques, donc moins de trous au sol, moins de problèmes de déploiement et un coût qui est assez intéressant aussi en termes d'investissement au démarrage, qui est assez compétitif par rapport à la chambre plate métallique.
- Speaker #1
C'est un des usages qui est pour la partie poids lourd. Là, je parle de poids lourd, mais finalement,
- Speaker #0
moi, mon métier va être de faire des infrastructures solaires, des ombrières en priorité, des ombrières poids lourd, mais des ombrières pour véhicules légers et les adapter à chaque fois. pensant réellement au sujet du solaire. Je te donne un autre exemple, le sujet des fondations. Pour avoir une capacité comme ça de pouvoir installer des longues portées, il faut réfléchir aux fondations. Nous, on intègre aussi dans les fondations un stockage d'énergie via le béton. Là, on a beaucoup de sujets aussi de technologie derrière. Mais aujourd'hui, Chouette ! dans la manière dont on conçoit le produit, on le conçoit parce qu'on sait ce qu'il dit solaire, il dit stockage. Donc, le stockage de l'énergie, il va être aussi clé dans la manière dont on va penser ton infrastructure. Comment tu rends ton infrastructure intelligente ? Comment demain, tu intègres toutes tes bornes parce qu'il y en aura de plus en plus ? Moi, je veux être cet acteur-là. Je ne veux pas être développeur solaire. Donc, ce n'est pas moi qui gère la réjection. Ce n'est pas moi qui gère le montage financier de tous les projets. Par contre, moi, je veux que tous les gens qui développent des projets solaires, quand ils ont une infrastructure, il m'appelle parce que j'ai le meilleur produit du marché.
- Speaker #1
Est-ce que vous avez un projet en cours de déploiement ou c'est pour l'instant
- Speaker #0
Non, non, on a déjà, c'est aussi donc même si on a d'énormes sujets R&D sur un projet comme ça, d'une telle envergure, on a aussi la chance je trouve sur un projet comme ça architectural de pouvoir déployer quand même beaucoup plus vite que... que Home qui nous a demandé beaucoup de R&D. Et donc là, on a déjà une quinzaine de projets validés. Et donc là, je dois déjà déployer. C'est qui les clients ? C'est les industriels. Tu mets ça sur leur parking ?
- Speaker #1
Sur leur parking, oui.
- Speaker #0
Et on a ton consommation, c'est-à-dire que tu produis de l'énergie sur leur parking et derrière, ils réinjectent leur électricité dans leurs usines. Donc, ils ont des consommations qui sont assez importantes. Donc, ça leur permet de faire de l'effacement. On en revient aussi au sujet de home et de certaines frustrations. Tu regardes, eux, leur équation économique.
- Speaker #1
Leur équation économique, elle est là. Elle est là,
- Speaker #0
il y a de l'argent, en fait. Donc, tu vois, en termes de démarchage commercial, quand tu as un produit qui est sympa, qui ne coûte pas trop cher, que les investissements sont assez faibles et que potentiellement même, tu trouves l'ingénierie financière pour qu'ils financent le capex de manière lissée dans le temps, avec du leasing. Et que du coup, en fait, tu viens juste remplacer une ligne qui était je paye ma facture EDF et à la place, je paye entre guillemets mon infrastructure solaire pendant 6-7 ans et ensuite, je me fais de l'argent pendant 13-14 ans. J'ai un coût de l'électricité qui est lissé dans le temps.
- Speaker #1
Et puis, je suis un peu plus autosuffisant. Je suis un peu plus et un peu plus d'autonomie sur la partie énergie. Exactement,
- Speaker #0
sur NT.
- Speaker #1
Après, la question, c'est la classique. Tu n'es pas le premier à avoir pensé. Il y en a plein d'autres sur le marché. Tu prends un angle un peu différent qui est de se dire, moi, je vais standardiser. Je vais penser des choses différemment par rapport à ce qui s'est pensé auparavant. Si j'entends bien, tu vois. Et moi, je vais me focusser sur un type d'installation qui sont les ombrières pour l'instant. Parking principalement. Et le dire, moi, je standardise la chose pour que ça coûte le moins possible à chaque fois. C'est bien ça aujourd'hui l'idée.
- Speaker #0
C'est ça avec une approche... d'une architecture nouvelle qui est beaucoup plus design et beaucoup plus simple à déployer qu'une architecture acier classique. Ce qui est aussi un point clé dans le design et dans la manière dont on est fait, on va standardiser ce produit-là dans un produit qui est adapté, si tu veux, aux ombrières, mais qui aussi apporte quelque chose, un vent nouveau, tu vois. pareil, c'est compliqué de montrer des images.
- Speaker #1
Tes piliers, ça ressemble un peu à des arbres, si je ne me trompe pas. C'est une forme de Y,
- Speaker #0
etc. Mais c'est assez fin. Il faut imaginer que tu as des piliers tous les 30 à 40 mètres.
- Speaker #1
Donc, il y a de l'espace. Tu as une légèreté.
- Speaker #0
Je parle des parkings, mais tu peux faire des canopées urbaines, des ombrières urbaines qui sont très, très belles, qui sont même très design, qui ressemblent à des ouvrages d'art et qui ne sont pas du coup un truc un peu lourd. industrielle ou en pleine vie. Ouais, laid, je vois. Lay, c'est moche, tu vois,
- Speaker #1
c'est très moche. Et je vois les images que tu m'as montrées, effectivement, c'est exactement ça. Ce côté léger.
- Speaker #0
Et t'apportes aussi un côté futuriste à, ok, tu vois, tu te mets à la hauteur du sujet que tu dois adresser, quoi, aussi.
- Speaker #1
Ouais, carrément. Et avec NGE ? Vous avez des discussions avec NGE ? Je peux dire que typiquement, de ce que je vois, c'est typiquement le métier d'NGE d'aller mettre ça en place, d'aller promouvoir des solutions de ce type-là et d'avancer. J'imagine que tu as un peu avancé, tu as eu quelques discussions.
- Speaker #0
C'est dans les discussions qu'on va pouvoir avoir. Je pense que Jocelyn...
- Speaker #1
Il faut absolument que Jocelyn te branche les autres, les bonnes personnes. On peut le dire là, en plus, vu qu'on est chez lui.
- Speaker #0
C'est le sujet, en tout cas. Et je le dis dans le sens où lui n'avait pas connaissance, je pense, au moment où on a discuté, au moment où il m'a invité. Je pense que c'était, en effet, le parcours industriel. Le parcours que j'ai pu avoir avec Home, qui est évidemment un parcours assez agipique et qu'on aime raconter. Mais c'est vrai que les synergies avec un groupe comme NGE sur un déploiement de ce type de produit est forte. Et on va pouvoir capitaliser là-dessus. Je n'ai pas de doute.
- Speaker #1
Super. Écoute Clément, est-ce qu'on a fait tout le tour ?
- Speaker #0
Sans doute pas, mais on a fait le tour pour aujourd'hui.
- Speaker #1
Écoute, ravi en tout cas de t'avoir eu. sur cet épisode. J'entends quand même quelqu'un très orienté industrie, très orienté standardisation, très orienté usage, de comment on change les usages. Aujourd'hui, on n'a pas eu le temps et l'audience, je ne sais pas si elle serait très intéressée par ça, mais j'entends aussi quelqu'un très orienté design et branding. Et ça, ce n'est pas un sujet qu'on a l'habitude d'aborder dans ce podcast, mais je sens qu'il y a ça qui est extrêmement important pour toi, naturellement.
- Speaker #0
Alors, on l'a dit, pour le coup, L'Oréal est une entreprise qui, sur le marketing et la marque, est très forte. Il y en a de nombreuses. Je pense que c'est lié à ce que tu as dit aussi sur les usages. Pour embarquer les gens, pour se transformer, il faut avoir une marque forte. Il faut avoir une histoire. Et encore plus, je trouve, quand on est une startup et que le sujet, c'est de convaincre et que le sujet, c'est d'embarquer les gens, que le sujet, c'est... de réassurer, en tout cas de travailler ta notoriété. Ta marque, elle est extrêmement importante dans cette démarche-là pour te différencier. Donc ouais, j'ai développé aussi ça et ça m'excite aussi, si tu veux, de construire la boîte aussi autour d'une marque. Je pense que c'est sous-estimé dans beaucoup de projets, notamment des projets d'ingénieurs avec des technologies très intéressantes, mais où ils passent totalement à côté de la marque et de la commercialisation d'un produit. On a planté aussi des boîtes à cause de ça, alors qu'on peut avoir des produits géniaux, des technologies incroyables. Il faut avancer sur tous ces sujets-là et la marque est un élément... Très important, qu'on oublie souvent et où notamment j'ai levé beaucoup d'argent. Très, très rarement, j'ai eu en face de moi des gens qui me parlaient de la marque. C'est aussi, on regarde plein de choses, mais ils ne me disent pas la marque. Est-ce que c'est une marque forte ? Qu'est-ce que vous avez fait sur le branding ? Ce n'est pas leur cœur d'expertise, mais ça devrait l'être parce que ça fait naître des boîtes et ça fait faire des boîtes très, très belles.
- Speaker #1
Super. Écoute, on va s'arrêter là-dessus. Je te remercie beaucoup Clément pour ton temps
- Speaker #0
Merci de m'accueillir
- Speaker #1
Longue vie et beaucoup de succès à Sun
- Speaker #0
Merci beaucoup
- Speaker #1
Salut Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. S'il vous a plu, n'oubliez pas de le noter et de le commenter sur Apple Podcasts ou Spotify et d'en parler autour de vous. C'est ce qui m'aide à le faire connaître et à motiver de nouveaux invités à partager leur vision. Et pour continuer cette conversation, retrouvez-moi sur LinkedIn.