- Speaker #0
Une fois tous 10 ans, il y a un pont qui s'effondre, c'est un drame, donc on n'a pas envie que nos ponts s'effondrent. Mais tu prends un département moyen en France, il y a plus de 1000 ponts, et il n'y a pas 1000 personnes pour s'en occuper. Donc il y a un vrai sujet déjà de recenser ton patrimoine, savoir ce pont il a été quand, quel matériau, il est dans quel état, est-ce qu'il y a des fissures, et planifier sur 5 ans, sur 10 ans de l'entretien.
- Speaker #1
L'industrie de la construction est en plein bouleversement. Nouvelles normes, utilisation des matériaux, consommation énergétique sont nos enjeux. Je m'appelle Richard Mita, je suis serial entrepreneur et CEO de Synax. Chez Synax, nous digitalisons. L'industrie des matériaux de construction. Ma passion, le digital appliqué à des secteurs qui ne l'attendaient pas. Dans Les bâtisseurs, j'interview des visionnaires de l'industrie pour vous inspirer dans votre propre transformation environnementale, digitale et managériale. Bienvenue dans Les bâtisseurs, le podcast de ceux qui bâtissent aujourd'hui pour demain. Bienvenue dans ce nouvel épisode des bâtisseurs. Aujourd'hui, je reçois Antoine Dumurgier, le CEO de Sojelink. Salut Antoine.
- Speaker #0
Bonjour Richard.
- Speaker #1
Alors Sojelink, c'est assez surprenant parce que Sojelink, vous êtes une très grande entreprise de la construction tech. On parle de 13 000 clients, 130 millions d'euros de chiffre d'affaires, 650 collaborateurs et en fait on vous connaît très peu. Vous êtes basé à Lyon, toi-même tu es arrivé il y a... un an avec de très grosses ambitions, on en parlera. Et moi j'étais un peu surpris parce que quand j'ai vu l'étendue de tout ce que vous faites, je me suis dit mais comment c'est possible qu'une boîte comme ça passe sous les radars, en tout cas sous les miens, pas forcément ceux des 13 000 clients, de la construction que je n'ai pas pu encore voir. Donc je suis ravi vraiment de mieux comprendre Sogenic et de le partager à notre audience. Avant de commencer de parler de Sogenic, moi j'aimerais bien que tu te présentes Antoine.
- Speaker #0
Très volontiers. Merci de m'accueillir dans le podcast des bâtisseurs qui est un très beau podcast. Très heureux d'être ici aujourd'hui. Comme tu le disais, je suis CEO de Sojelink depuis un an. Précédemment, je dirigeais une autre entreprise de logiciels qui s'appelle Berger-Levrault, qui est très présente dans le secteur des collectivités locales avec des logiciels de paye, de comptabilité, mais également dans la santé, dans la maintenance. Donc voilà, une grande expérience dans le logiciel. En revanche, j'ai découvert, je découvre encore le monde de la construction depuis que je suis arrivé chez Sojelink.
- Speaker #1
Alors, quand on regarde ton parcours, tu es passé à la NASA. Raconte-nous un petit peu ton parcours, parce que passer de la NASA au BTP, c'est quand même surprenant.
- Speaker #0
Oui, alors ça peut nous emmener loin parce que j'ai une grande passion pour tout ce qui vole, que ce soit les avions ou les fusées. Effectivement, j'ai une formation d'ingénieur en aéronautique, je suis pilote moi-même. Et j'ai eu la grande chance de commencer ma carrière à la NASA à Houston. dans le domaine des vols habités où je travaillais au quotidien avec des astronautes. Donc c'était parmi les très belles années de ma vie.
- Speaker #1
Tu travailles, on prend un petit aparté parce que je suis un peu curieux, mais qu'est-ce que tu faisais concrètement là-bas à la NASA ? C'est-à-dire que tu n'étais pas au JPL, tu étais vraiment à Houston ? Non,
- Speaker #0
le JPL est à Pasadena. C'est vraiment le centre de contrôle des vols habités. C'est là où les astronautes préparent leurs vols habités. Et à l'époque, je travaillais sur un projet de nouvelle navette spatiale sur ce qu'on appelle l'interface. homme-machine, c'est-à-dire comment est-ce qu'on affiche les données de vol aux astronautes qui sont dans le véhicule.
- Speaker #1
Et ensuite, tu es revenu en France, à un moment ?
- Speaker #0
Voilà, donc après, début de carrière à la DGA, la Direction Générale de l'Armement. Donc voilà, début de carrière d'ingénieur aéronautique très classique. Et puis, après quelques années, j'ai quitté ce secteur pour aller faire du conseil en stratégie. Et après, j'ai passé 14 ans dans une très belle entreprise que j'ai beaucoup aimée, qui s'appelle Eden Red. qui fait des tickets restaurants, des cartes cadeaux, des cartes carburants. Voilà, j'ai passé un long moment avant d'aller diriger Berger-Levrault.
- Speaker #1
Ok, il donnerait qu'on connaît tous, puisqu'on a, en un moment ou un autre, on a tous eu des chèques déjeuners ou des tickets restos, on va dire ça comme ça. Très bien. Et donc Berger-Levrault, vraiment éditeur de logiciels, là pour le coup, tu l'as fait grandir de manière assez importante. Si je ne me trompe pas.
- Speaker #0
Oui, donc Bergevaux, entreprise qui fait plus de 200 millions de chiffres d'affaires en logiciel dans 7 pays, éditeur multivertical avec effectivement un cœur de métier dans les collectivités locales, mais qui travaillait également, on avait une division qui faisait de la maintenance dans le secteur industriel, donc maintenance de machines, maintenance de bâtiments. J'en parle parce que tout à l'heure, on parlera certainement de la maintenance des infrastructures et donc il y a certains points communs entre ces deux métiers.
- Speaker #1
Ok. Sojelink, qu'est-ce qui t'a fait passer le pas ? Dans le BTP, parce que tu vois, Berger-Legraud, t'es arrivé, ça faisait, je pense, j'ai plus exactement tous les chiffres en tête, mais tu l'as quand même monté à 200 millions de chiffre d'affaires, si je me trompe pas. Là, tu repars sur un nouveau challenge, mais qu'est-ce qui fait que tu passes dans le BTP, tu vois ?
- Speaker #0
Comme souvent dans le business, on a une histoire de rencontre. Il y a eu un nouvel actionnaire qui est arrivé chez Sojelink il y a un peu moins de deux ans, que j'ai rencontré, qui m'a proposé de prendre la direction de la société, que je ne connaissais pas, je ne devais pas être expert avant d'arriver du secteur de la construction. Et j'ai été fasciné non seulement par la société, mais surtout par l'écosystème en fait. Et c'est vrai que précédemment, je ne m'étais jamais posé la question de comment on construit une route, comment est-ce qu'on fait parvenir les réseaux dans les immeubles. Et en fait, en comprenant la complexité de cet écosystème, qui est absolument essentiel à notre vie quotidienne en tant que citoyen, et où il y a encore beaucoup de choses à inventer d'un point de vue technologique, le défi m'a paru vraiment passionnant. Avec à la fois la chance de s'appuyer sur une société qui est déjà une belle boîte, qui a déjà vraiment de très beaux produits, beaucoup de clients, une belle renommée, en tout cas au sein de nos clients utilisateurs. Et à l'heure de l'IA, il y a encore tout à inventer.
- Speaker #1
Alors, on prend dans son Jolinc. Qu'est-ce que fait Sojelink ? Parlons un peu de cette histoire, parce que ce n'est pas une boîte toute jeune non plus. Alors en fait,
- Speaker #0
Sojelink, comme toute société, a été une startup à une époque, il y a 25 ans. Elle a été créée à Lyon autour de l'idée toute simple qu'il fallait mieux connecter les donneurs d'ordre, les entreprises de travaux avec les exploitants de réseaux pour éviter d'endommager les réseaux souterrains quand on fait des travaux. Donc ce G-Link est né autour de l'idée d'une plateforme qui s'appelle DICT.fr qui permet à un bureau d'études, à une boîte de travaux, de se renseigner sur ce qu'il y a en dessous du trottoir avant de faire un trou, si je ne me passe pas l'expression triviale. Et donc finalement, on permet à ces gens-là de récupérer auprès des exploitants de réseaux des plans des réseaux enterrés.
- Speaker #1
Alors DICT.fr, c'est le site qui permet à chacun de déclarer son chantier. C'est comme ça que ça a été fait, je crois, initialement.
- Speaker #0
Voilà, exactement. Et donc ça, c'est vraiment l'origine, c'est le métier historique de Sojelink depuis 25 ans.
- Speaker #1
D'accord, ok. Donc il y a eu différentes étapes, il y a différents logiciels que vous avez. Aujourd'hui, c'est combien de logiciels ? Parce qu'il y en a un paquet, je crois.
- Speaker #0
Alors oui, effectivement. Donc ça, DICT.fr, c'est vraiment le cœur historique, la startup il y a 25 ans. Et c'est quelque chose qui a très bien marché aujourd'hui. Énormément de sociétés utilisent DICT.fr en France.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Partant de là, il y a eu plein d'autres développements, des développements organiques. des rachats d'autres sociétés qui ont vraiment permis d'enrichir l'offre produit. Et donc aujourd'hui, on est sur une quarantaine de produits dans trois pays.
- Speaker #1
Ok. Quelles sont un peu les... Bon, DICT, on le sait, c'est la plateforme un peu la plus connue, on va dire. C'est quoi les autres logiciels que vous avez et à qui vous adressez tout ça ?
- Speaker #0
Je vais peut-être commencer par te parler de nos clients. Parce qu'en fait, entre sociétés, on est là pour permettre à nos clients de faire leur travail au quotidien. Et donc, j'aime les regrouper en cinq. grandes catégories, un peu le long de la chaîne de valeur de la construction des infrastructures. Je ne l'ai pas précisé, mais ce G-Link, on est vraiment dans la conception, la réalisation et la maintenance des infrastructures publiques. On est très peu présent dans le domaine des bâtiments, ce qu'on appelle le secteur vertical.
- Speaker #1
Donc, vous êtes plus, si je ne me trompe pas, dans ce qu'il y a en dessous que ce qu'il y a au-dessus du bâtiment, à peu près.
- Speaker #0
Ou plutôt, pour le dire autrement, on fait plutôt tout ce qui est horizontal et on ne fait pas ce qui est vertical.
- Speaker #1
Ok, très bien.
- Speaker #0
On fait un tout petit peu de verticale à la marge, mais vraiment notre cœur de métier, c'est vraiment l'horizontale. Et donc, pour revenir à nos segments de clients, il y a tout d'abord les géomètres et topographes, des gens qui vont aller dans la rue pour faire des levées terrain, pour avoir des plans très précis qui vont permettre ensuite, dans des bureaux d'études, à des projeteurs, à des ingénieurs de génie civil, de concevoir les travaux d'infrastructure. Donc, on a des solutions pour les géomètres et topographes. J'y reviendrai tout à l'heure.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
On a ensuite des solutions pour les bureaux d'études, qui peuvent être des bureaux d'études indépendants, généralistes, spécialisés dans tel ou tel domaine, ou bien intégrés dans une grande boîte de travaux, ou bien intégrés dans une collectivité locale. Donc tous les gens qui font des études, on a également des solutions très intéressantes, qui sont vraiment leurs outils de travail au quotidien. On travaille évidemment pour les boîtes de travaux, notamment autour de la réglementation, de la sécurité. On parlait de DICT.fr tout à l'heure. On travaille aussi beaucoup pour les grands exploitants de réseaux qui doivent enfouir leur réseau et surtout en assurer l'entretien, qui doivent également savoir de manière très précise où sont leurs réseaux, quel diamètre, etc. Je pourrais développer ça tout à l'heure. Donc, les exploitants de réseaux sont des grands clients et partenaires. Et enfin, cinquième segment de clients, les collectivités locales qui ont évidemment un rôle majeur dans les infrastructures publiques. Elles sont donneurs d'ordres, elles peuvent décider, elles peuvent financer. Elles peuvent faire des études en interne. Elles vont bien évidemment délivrer des autorisations administratives pour faire les travaux. On n'a pas le droit de faire un trou dans la rue sans une autorisation. administratives, bien évidemment. Et enfin, elles ont la charge d'assurer sur une très longue période la maintenance de ces infrastructures, des routes, des rues, des ouvrages d'art. Donc évidemment, les collectivités sont au cœur de cet écosystème.
- Speaker #1
Très bien. Et donc face à ces cinq segments clients, vous avez effectivement des logiciels ou des produits qui vont aller répondre à chacun des besoins.
- Speaker #0
Voilà, exactement. Donc, je ne vais pas rentrer dans l'état de nos 40 produits, mais pour te donner un peu dans les grandes lignes. Donc, si je repars des géomètres, qui est un peu l'origine de chaque projet, il y avait des méthodes historiques. Il y a ce qu'on appelle le carnet terrain, qui n'est pas un carnet papier qui est un boîtier, mais le carnet terrain reste une méthode très utilisée par les géomètres. Nous, on a introduit des solutions plus modernes, j'aurais tendance à dire, donc des tablettes. qui permettent au fur et à mesure, on va relever des points GPS très précis dans la rue, ces points apparaissent dans la tablette et donc en fait, la personne qui est dans la rue peut dessiner son plan au fur et à mesure, elle relève ses points. Alors que la méthode traditionnelle consiste plutôt à faire un relevé de points GPS et au bureau, sur un ordinateur, faire ses points. Donc là, la tablette fait gagner pas mal de temps et on travaille de plus en plus sur un sujet qui me passionne, qui permet de gagner encore plus de temps, parce que notre obsession c'est vraiment de faire gagner du temps et donc de l'argent à nos clients. C'est ce qu'on appelle la photogrammétrie. Pardon, c'est un terme un peu barbare, mais ça consiste très concrètement à prendre une vidéo d'une scène, d'une rue, d'une tranchée, avec un smartphone, avec un drone, peu importe, au moyen de capture, donc on prend une vidéo. Cette vidéo, on va la transformer en un nuage de points, en trois dimensions. Et après, ce nuage de points, on va le découper en tranches, si tu me passes l'expression, pour générer des plans en deux dimensions qui vont ensuite permettre au bureau d'études de travailler. Et tout à l'heure, on parlera d'IA. Et l'IA va avoir un rôle de plus en plus important à jouer dans cette partie de conversion de nuages de points en plan utilisable.
- Speaker #1
En plan 2D, utilisable, OK.
- Speaker #0
Voilà, donc ça, c'est la partie géomètre. Il y a des sujets, évidemment, de compte du changement. Les technologies arrivent, les technologies mûrissent. Et puis après, les acteurs de terrain. On va les voir. D'ailleurs, c'est intéressant. Notre GoToMarket, auprès de cette cible de clients, c'est beaucoup sur le terrain.
- Speaker #1
GoToMarket, c'est juste pour notre audience, la façon d'aller aborder un marché. Exactement, la façon de commercialiser,
- Speaker #0
de montrer des nouvelles offres, c'est très terrain parce que le vétérin se fait sur le terrain par définition donc on est aux côtés des gens qui font ces métiers.
- Speaker #1
Et tu as d'autres exemples sur d'autres métiers de ce génie ou des réponses que vous apportez sur les autres segments de clients ? On parlait tout à l'heure des exploitants réseau,
- Speaker #0
d'autres choses ? Oui, on va parler des exploitants réseau si tu veux. En fait, les exploitants réseau, alors ils ont un métier qui est extrêmement important parce que si on n'est pas de réseau, D'eau, d'électricité, de fibre, je pense qu'on serait très malheureux.
- Speaker #1
Pour vous, les exploitants réseau, c'est eau, fibre ?
- Speaker #0
Alors, il y a les réseaux dits humides, c'est tout ce qui va être autour de l'eau. Les réseaux secs, donc ça va être, oui, l'électricité, tout ce qui est télécom, la fibre.
- Speaker #1
Et gaz ou pas ?
- Speaker #0
Alors, il y a le gaz, il y a le réseau de chauffage, chauffage urbain, en vie, etc. Donc, éclairage public.
- Speaker #1
Vous êtes présent dans toutes ces parties-là ?
- Speaker #0
Oui, on travaille avec tous les exploitants parce qu'en fait, ils ont tous une problématique commune, même s'ils ont des métiers... Il peut y avoir des caractéristiques techniques un peu différentes. À la fin, ils ont un réseau. Ce réseau, ils doivent le déployer, l'enrichir, le maintenir. Et puis, quand il y a un problème, le réparer éventuellement en urgence. On a bien vu, on parle de plus en plus de résilience des réseaux. Je pense que l'été nous a montré, entre les canicules, les méga-feux, etc., nos réseaux ont une forme de fragilité aussi. Je crois que c'est un des grands enjeux des exploitants dans les années qui viennent, de renforcer la résilience des réseaux pour être beaucoup plus robustes. à la fois au changement climatique, à des incendies ou d'autres choses qui peuvent arriver. Et donc les exploitants de réseaux, ils ont un système d'information géographique qui leur permet de connaître leur réseau. Ça peut être des dizaines, des centaines de milliers de kilomètres, des millions de kilomètres. Les réseaux peuvent être extrêmement étendus. Et ces réseaux, ils ne datent pas forcément d'hier. Une partie du réseau peut avoir 5 ans, une autre partie 50 ans, une autre partie 80 ans. Et on pourrait imaginer que les exploitants connaissent parfaitement l'emplacement de leur réseau. Ce n'est pas toujours le cas. Si vous exploitez un réseau qui a été construit il y a 80 ans, vous avez peut-être des plans papiers dans une armoire. Ce n'est pas très précis. On ne sait plus trop exactement. Il y a des vrais enjeux de connaissance, de maîtrise du réseau pour pouvoir derrière piloter ce qu'on disait avant, le déploiement additionnel, la maintenance, etc.
- Speaker #1
Surtout la maintenance, j'imagine. Juste de savoir où sont les réseaux aussi.
- Speaker #0
Voilà. Et je reviens sur DCT.fr une seconde. Vous avez un bureau d'études qui va faire... telle une demande de travaux qui va dire j'envisage de faire des travaux dans cette rue par exemple. Vous, exploitant, vous devez répondre. C'est d'ailleurs une obligation légale. Vous allez répondre par DICT.fr. Si votre réseau, il est précis à 5 mètres près, ça peut être embêtant pour le bureau d'études qui ne sait pas exactement... Parfois, on ne sait pas exactement où est le réseau.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Donc, je ne voudrais pas être trop technique, mais il y a des... Vas-y,
- Speaker #1
vas-y, vas-y, tu peux.
- Speaker #0
Il y a des classes de précision qui ont été définies, classes ABC, peu importe. Mais en gros, il y a des classes de précision très précises. Avec telle classe, on sait où est le réseau à quelques dizaines de centimètres près. Salut ! telle classe c'est quelques mètres, telle classe c'est quelques dizaines de mètres. Et donc on voit bien que la boîte de travaux qui va devoir, avec un marteau piqueur, faire un trou, si le réseau est précis à 5 ou 10 mètres près, en fait on ne sait pas trop où il est,
- Speaker #1
ça augmente le risque d'endommagement au réseau. Exactement, on ne va pas faire quelques trous.
- Speaker #0
Et donc c'est pour ça, mais encore une fois, on y reviendra peut-être tout à l'heure, il y a des réglementations qui ont eu lieu, notamment en France il y a une réglementation qui a un peu plus d'une dizaine d'années, dont le but, c'est une réglementation... anti-endommagement des réseaux, qui justement encadrent un peu le fait que les gens qui ont fait un travail doivent se renseigner sur la localisation des réseaux, les exploitants doivent répondre, mais bien évidemment, encore faut-il que ces réponses soient précises et exploitables par les gens qui vont faire ces travaux. Et c'est là qu'on intervient. Alors, on parlait d'une plateforme d'échange des ICT.fr, mais au-delà de ça, on travaille beaucoup actuellement avec certains exploitants de réseaux, avec certaines technologies, et notamment Donc, L'IA joue un rôle de plus en plus important pour les aider de manière la plus automatique possible à recaler leurs réseaux, à améliorer la précision des réseaux. Parce que si vous ne savez pas où est votre réseau, on va dire à 10 mètres près. La matière traditionnelle de le faire, et qui est encore faite au quotidien aujourd'hui, consiste à envoyer des gens qu'on appelle des détecteurs de réseau, qui vont aller sur le terrain avec des machines, et soit directement depuis la surface, soit en faisant passer des câbles sous la surface, détecter de manière très précise ces réseaux. Donc,
- Speaker #1
il y a des entreprises,
- Speaker #0
c'est un métier, des entreprises dont le métier, c'est de détecter des réseaux. Il y a plein de très belles sociétés en France dont c'est le métier qui font ça très bien avec un certain nombre de technologies. Et donc, nous, l'approche qu'on a pour aider les exploitants de réseaux en disant, tout ça prend quand même un certain temps. On parlait de millions de kilomètres de réseau, donc on s'imagine bien la dimension du défi qui est là. Et donc, nous, on propose avec des technologies propriétaires. d'exploiter des images, des photos de surface, on va dire. En surface, on va détecter ce qu'on appelle des affleurants. Donc ça peut être une plaque, un boîtier, quelque chose qui permet d'atteindre le réseau qui est en dessous. Et en fait, le réseau, en général, il est sous l'affleurant. Et donc, nous, avec des technologies, on détecte les affleurants sur des photos, mais vraiment à grande échelle. Et on va ensuite pouvoir recaler automatiquement des réseaux en disant, par définition, le réseau, il est sous l'affleurant, il n'est pas trois mètres à côté. Et donc, ce sont vraiment des axes de recherche très appliqués en cours. On co-construit ces solutions avec nos clients exploitants.
- Speaker #1
OK. Avant de rentrer un peu plus dans les détails de la recherche que vous avez, donc moi, ce que j'entends, vous commencez effectivement, on n'a pas fait encore les collectivités locales, les BE ou les boîtes de TP, mais on pourra revenir sur les boîtes de TP parce qu'on a pas mal d'audience TP au sein des bâtisseurs. Donc, on a des solutions pour les géomètres, des solutions pour les bureaux d'études. Donc là, on est vraiment dans l'amont. un petit peu alors
- Speaker #0
Justement, je vais parler un peu du bureau d'études. C'est vraiment un de nos cœurs de métier en France et en Norvège également. On fournit des logiciels pour le travail quotidien. Alors, ce qu'on appelle les projeteurs, c'est le terme consacré. Et les ingénieurs qui vont ensuite faire des calculs. Donc, en fait, il y a des gens qui vont quelque part concevoir un peu la géométrie des travaux. En 2D, en 3D, ça peut être très simple. Ça peut être très complexe en fonction du projet. Et puis, évidemment, il y a tout un tas de calculs à faire. On va calculer. Combien de mètres cubes on va excaver du sol, on va calculer des coûts, etc. On va calculer des billes en carbone. Je ne rentre pas en tout détail, c'est un métier passionnant et très complexe. Et nous, on fournit vraiment les outils. Alors, on a des solutions pour les nommer rapidement Cova10 et Mensura. C'est un peu le logiciel. Cova10, Mensura, dans ce domaine-là, c'est très connu. Ce sont des très belles solutions qui ont été développées il y a quelques temps et qu'on fait évoluer au fur et à mesure avec là aussi de l'IA, on en reparlera tout à l'heure. Encore une fois, nous, notre métier, on est des technologues. Notre métier, c'est de prendre le mire de la tech, de le convertir en cas d'usage et de donner aux utilisateurs finaux, eux, leur métier. C'est de faire des travaux, c'est de faire des plans, c'est pas de faire de la tech. Et donc, on se conçoit vraiment comme des partenaires technologiques de nos clients.
- Speaker #1
Après, pour les boîtes, donc là, on est vraiment dans l'amont, BE et géomètre. Ensuite, on est sur le TP.
- Speaker #0
Exactement, donc sur le TP, alors les boîtes de TP utilisent la plateforme DICT.fr puisqu'en fait cette connaissance de ce qu'il y a dans le sous-sol doit être faite à deux moments. Très en amont quand le bureau d'études commence à réfléchir à son projet, le projet il aura peut-être que le premier coup de pelle aura lieu 12 mois après les études, alors ça peut être un mois, ça peut être 12 mois, ça peut être 3 ans s'il y a eu des recours de rifrains, ou éventuellement jamais. Donc en tout cas, il y a une première recherche de réseau souterrain à ce moment-là. Et après, la boîte de travaux va faire ce qu'on appelle une DICT, juste avant de commencer les travaux, en fait, parce que s'il s'est écoulé un an, peut-être qu'il s'est passé quelque chose sur les réseaux et que les réseaux ont évolué. Donc évidemment, on fait ça, mais au-delà de faire ça, on souhaite également donner des outils aux gens qui sont sur le terrain. Donc on a des applications en mobilité qui permettent à un chef de chantier, à ses équipes, de récupérer via des applis mobiles la localisation précise des réseaux. Aux Pays-Bas, on a même des solutions de réalité virtuelle.
- Speaker #1
C'est même de la réalité augmentée pour être précis.
- Speaker #0
Donc à travers la tablette, tu vois ton trottoir en fait. Et sur le trottoir, tu vas voir apparaître en réalité augmentée la positionnement des tuyaux avec des codes couleurs selon que ce soit de l'eau, du gaz ou autre chose.
- Speaker #1
Tu peux aller jusqu'au guidage pour le gars dans sa pelle. Quand il va aller creuser ?
- Speaker #0
Alors ça c'est quelque chose de très intéressant. C'est un domaine dans lequel on n'est pas vraiment présent aujourd'hui, mais aujourd'hui les pelles sont souvent dirigées par un être humain qui est dans la pelle et qui manipule son engin. Il y a beaucoup de sociétés de robotique qui automatisent le pilotage de ces engins de chantier. Et effectivement, dans un avenir je pense pas très lointain, on sera capable de fournir des plans pour guider très précisément ces machines de chantier autonomes, justement pour ne pas endommager les réseaux.
- Speaker #1
Tiens, c'est intéressant qu'on parle de ça, ça veut dire que, puisqu'en fait aujourd'hui ce qui se passe, il y a effectivement des machines qui vont être autonomes qui sont en train d'arriver ou qui vont arriver à un moment ou à un autre, on pourra parler un peu des business models d'ailleurs ensuite. Mais moi ce que je vois c'est qu'on a, moi qui connais un peu plus le TP, pour le coup il y a pas mal de solutions de guidage qui existent. Et donc là t'es en train de nous dire qu'à un moment ou à un autre vous allez vous interfacer. C'est peut-être déjà le cas. Est-ce que c'est des choses aujourd'hui, l'écosystème autour de Sojeline qu'aujourd'hui déjà, parce que déjà... Je pense qu'il y a déjà un gros travail, vu que c'est une boîte qui a été montée par différentes acquisitions. Je pense qu'il y a déjà un gros travail, qui a peut-être déjà été fait d'ailleurs, mais déjà de faire en sorte que tous vos logiciels communiquent entre eux, à un moment ou à un autre. Et je pense que DICT.fr, quand je vois, c'est un peu l'un des centres que vous avez. C'est intéressant parce qu'au final, cette déclaration de chantier qui est somme toute, on se dirait c'est simple, au final, en fait, c'est quand même le centre d'énormément de choses pour vous. Et j'imagine qu'en termes de de réflexion et d'envie autour de DICT.fr, il y a énormément de choses à faire, ne serait-ce qu'en termes de partage de données ou d'interconnexion d'informations. Peut-être que je me trompe. Ah non, mais alors, tu as tout à fait raison. Et juste pour finir, comment est-ce que vous travaillez autour ? Avec qui, par exemple, c'est qui les partenaires ? Que ce soit sur des machines ou des choses, en termes de logiciel, avec qui vous bossez aujourd'hui ? Si vous en bossez, tu vois, si vous travaillez avec certains partenaires comme ça. Alors,
- Speaker #0
on va parler d'un sujet très important qui est connecter les acteurs. En fait, c'est le cœur de notre projet stratégique, c'est le cœur de la vision de Sojelink, c'est de connecter l'écosystème européen des acteurs des infrastructures publiques. On a bien vu, j'ai parlé de cinq types d'acteurs, on a parlé des détecteurs de réseau, en fait il y a énormément de gens qui interviennent dans une chaîne de valeur d'un projet. Et nous, on se voit vraiment comme un connecteur, un facilitateur d'échange d'informations entre tous ces différents types de stakeholders. quand on est sur dicet.fr finalement on connecte et on échange de l'information. Les plans, ce n'est pas nous qui les avons fabriqués, ce sont les plans des opérateurs. On va les donner à des gens qui en ont besoin à un instant T. Idem, on connecte le métier du géomètre avec le bureau d'études, puisque le bureau d'études a besoin des plans du géomètre pour commencer à travailler. Et donc, on développe une plateforme qui s'appelle Sojelink Connect, puisque jusqu'à présent, on a parlé des outils métiers qu'on fournit aux uns et aux autres. Mais au-dessus ou à côté de ces produits métiers, on construit une plateforme qui s'appelle Sojelink Connect. qui vise à faciliter l'échange d'informations à toutes les phases d'un chantier. Je vais donner un autre exemple de quelque chose de très intéressant qu'on fait aux Pays-Bas. Si vous, par exemple, vous allez chez des gens pour connecter des gens à la fibre. Votre métier, c'est d'aller dans la rue, vous allez connecter des maisons à la fibre, à l'électricité. Vous devez ensuite démontrer au donneur d'ordre que vous avez fait votre boulot pour être payé. Parce que souvent, c'est des sous-traitants ou des sous-traitants de sous-traitants. Le donneur d'ordre va être une grande société d'électricité ou de télécom. Là, pareil, on a une appli mobile. qu'on donne aux chefs de chantier. Les gars font le travail qu'ils ont à faire. Et une fois qu'ils ont installé le compteur ou qu'ils ont fini, ils vont prendre des photos, des vidéos à travers l'appli mobile. Ils vont renseigner un certain nombre de champs techniques. Ça va remonter directement au donneur d'ordre qui va pouvoir valider que les travaux ont bien été faits et déclencher le paiement de son sous-traitant. Donc, on est toujours dans cette idée de connecter différentes personnes, différents types d'acteurs dans l'écosystème.
- Speaker #1
Alors juste pour ma compréhension, DICT.fr ou est-ce qu'il y a une partie où vous faites un peu le travail ? Je ne sais pas si... Je vais sûrement dire une bêtise. À un moment, je me demande si vous n'êtes pas délégué... L'État ne vous demande pas de faire des choses à leur place. Ou si vous vous connectez à toutes les choses, parce qu'en fait, avec toutes les infos que vous avez, vous êtes un peu un des seuls acteurs qui fait ça. Moi, je n'en connais pas 36. Peut-être qu'il y en a d'autres, mais ce n'est pas le sujet. Avec toutes les informations que vous avez, vous êtes quand même capable d'aller valider ou pas un chantier, quelque part. Si, avec toutes les informations... Et là, hypothétiquement, tu vois, si on projetait un petit peu... Non, non, non, ce n'est pas notre rôle.
- Speaker #0
Il ne faut pas qu'on se trompe de rôle. Notre rôle est vraiment d'organiser de l'échange d'informations. Notre métier est réglementé. D'ailleurs, nous ne sommes pas les seuls à organiser ces échanges de plans entre les uns et les autres. En revanche, pour faire ce métier... Il faut signer une convention avec l'État. C'est réglementé. Oui, il y a quelque chose là. Bien évidemment. N'oublions pas qu'on parle d'infrastructures. Et les infrastructures... Et d'ailleurs, le conflit en Ukraine nous montre bien l'importance vitale des infrastructures. On voit bien maintenant quand deux pays se font la guerre, ils vont essayer de se taper leurs infrastructures respectives pour essayer de s'affaiblir dans la durée, vraiment dans des guerres d'attrition. Donc je pense que la nature, l'emplacement des réseaux en France, c'est vraiment... Enfin en France, mais c'est pareil dans les autres pays où on travaille. C'est une information stratégique qu'on doit protéger. On pourra parler aussi de souveraineté, d'hébergement de data, etc. Mais donc, c'est un sujet qui est vraiment sérieux. En tout cas, nous, notre métier, c'est d'organiser l'échange d'informations, la sécurisation de ces échanges. En revanche, ce n'est pas de valider, évidemment, tel ou tel chantier. Ça, ce n'est vraiment pas notre métier. En revanche, je vais te donner un autre exemple aussi de connectivité entre deux types d'acteurs. DICT, c'est pour récupérer des informations techniques, de plans et autres. J'ai évoqué tout à l'heure les autorisations administratives pour lancer les travaux. Donc, on connecte, évidemment. également les boîtes de travaux avec les collectivités locales. On va demander des autorisations administratives qu'on va communiquer à la collectivité, au fond des logiciels de collectivité, qui vont ensuite répondre pour autoriser.
- Speaker #1
Ça fait partie d'une partie des solutions que vous vendez aux collectivités.
- Speaker #0
Exactement. Vous imaginez ? Voilà.
- Speaker #1
En plus de toutes d'autres solutions que vous avez déjà, pour soit leurs besoins internes, ou soit d'autres choses.
- Speaker #0
Voilà, donc les collectivités, alors c'est marrant parce que les travaux en vie, donc c'est un peu ambigu parce que... les gens en veulent parce qu'ils ont envie que leur ville soit rénovée, soit belle. Et puis quand il y en a, tout le monde râle.
- Speaker #1
Ah oui, mais ça c'est la classique.
- Speaker #0
On dit pourquoi y a-t-il encore ma rue est barrée ? Donc voilà, on a des logiciels qui permettent aux collectivités de recevoir les demandes d'autorisation administrative, de les instruire parce qu'il y a souvent un sujet de coordination. La collectivité va se dire, je ne peux pas faire des travaux dans trois rues adjacentes en même temps, sinon le quartier va être complètement bloqué. tel chantier c'est en mars, tel chantier c'est en mai, tel chantier ça va être en octobre. Donc il y a une logique de coordination des travaux au sein d'une ville. Et on a même été dans l'idée toujours de connecter jusqu'à développer un module, une carte interactive pour les citoyens. C'est une carte qui va s'intégrer dans le site web de la ville, qui est automatiquement connectée aux autorisations administratives. Donc nous on sait très bien que telle rue, de telle date à telle date, va y avoir des travaux. On s'y est dit pourquoi, il y a un libellé aux travaux. Et bien on va publier cette info pour les citoyens. dans une carte interactive. Donc, on voit une carte de la ville avec un petit plot de chantier. Puis, quand on clique dessus, on a de l'information. Le citoyen a de l'information sur les chantiers. Donc, ça, c'est quelque chose que les villes adorent. C'est quelque chose qu'on a lancé fin d'année dernière et qui se déploie très bien actuellement parce qu'on sait bien, les gens, ils veulent les travaux, mais les clients en aillent ras. Donc, c'est très important pour la ville de bien communiquer.
- Speaker #1
D'avoir la visibilité, de communiquer. Puis, ce n'est pas très compliqué. Au final, vu que vous avez déjà toutes les informations, le mettre en place.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
OK. Alors, maintenant, Parlons un peu de l'avenir de Sojelink, du plan que vous êtes en train de mettre en place. Tu nous as déjà parlé un peu de la plateforme. Il y a le plan OneLink, si je ne me trompe pas, que tu as mis en place à réaliser d'ici 2030, avec des objectifs très ambitieux de doubler la taille. Chiffre d'affaires, après, ce que ça veut dire doubler tout, tu vas nous dire. Et également de l'intégration de l'IA et de comment tu vois tout l'IA. Donc, c'est trois questions en une question.
- Speaker #0
Non, non, mais écoute.
- Speaker #1
Parlons un peu de ça. Déjà, tu as commencé à l'évoquer en parlant de la plateforme. Tu as parlé de la photogrammétrie, des différents nuages de points, de comment, pour les exploitants de réseau, tu as commencé à nous dire. Voilà, donc tu nous as donné quelques petits indices. Mais parle-nous peut-être un peu plus de ce plan et comment tu vois l'IA dans tout ça.
- Speaker #0
Alors, effectivement. Donc, OneLink, c'est le nom de notre plan. Et on voit bien. Dans ce plan, comme dans Sojelink, il y a cette idée de lien. Nous, notre métier, c'est vraiment d'utiliser la technologie pour faire du lien entre des gens qui ont un travail à faire. Je dirige une entreprise. Quand on dirige une entreprise, je pense que c'est bien d'avoir un plan. Il faut avoir un cap. Il faut avoir où on va. On ne pilote pas au quotidien. Et un horizon 2030, c'est bien. Ça permet à tout le monde de se projeter. Ça permet au quotidien de prendre des décisions d'embauche, d'investissement, etc. Donc dans OneLink, c'est avant tout un plan d'investissement, un plan d'investissement dans la tech, dans la R&D, dans l'IA. J'ai donné quelques exemples, on fait vraiment beaucoup de choses dans ce domaine. C'est aussi un plan de transformation. On a changé l'organisation de notre entreprise quand je suis arrivé. On s'est réorganisé par segment de marché client. Donc on veut vraiment mettre le client au cœur de tout ce qu'on fait. Donc maintenant, il y a des gens au niveau d'équipe commerciale, au niveau d'équipe produit, qui sont très experts sur les bureaux d'études, d'autres sur les géomètres, d'autres sur les boîtes de travaux, etc. On veut être sûr de bien comprendre le métier quotidien de nos clients, puis aussi même quelles sont leurs problématiques, quels sont leurs enjeux à 5-10 ans, pour que nous, on puisse en tenir compte dans nos plans d'investissement et dans nos roadmaps. Donc voilà, beaucoup de transformation interne, on s'est réorganisé. Bien sûr qu'en interne, je pense comme énormément d'entreprises maintenant, on déploie de l'IA pour nos propres usages, que ce soit dans les ventes, dans la compta, aux juridiques, etc. On essaye d'utiliser ces outils pour être plus efficaces comme entreprise. On utilise également l'IA pour essayer d'accélérer aussi nos travaux de roadmap produit, pour apporter plus de fonctionnalités, plus de use case plus rapidement à nos clients. Et enfin, bien évidemment, l'IA, on va la mettre dans les produits pour que nos clients puissent l'utiliser directement.
- Speaker #1
Tu utilises toi l'IA au quotidien ?
- Speaker #0
Tout à fait, oui. Qu'est-ce que tu fais,
- Speaker #1
par exemple ?
- Speaker #0
Alors, j'utilise des agents généralistes. Alors, je suis un peu multi-IA, Tia GPT, Claude, Copilot. Je joue un peu avec tout en fonction des sujets. Je pense que quand on dirige une entreprise, c'est important de comprendre ce qui se passe dans le monde. Alors, quand je dis dans le monde, en tout cas dans notre écosystème. Donc, c'est déjà une excellente source d'informations. Je lui pose plein de questions. L'IA me répond et c'est souvent un dialogue qui permet de trouver dans le magazine d'information un rythme qui est très supérieur à ce qu'on faisait quand on avait Google. Il fallait sur des sites web. Donc, on gagne un temps énorme. Je réfléchis évidemment pas mal à la stratégie de l'entreprise. L'IA généraliste est également, je trouve, un bon sounding board du dirigeant d'entreprise pour réfléchir à sa stratégie. Je passe beaucoup plus de temps avec mes équipes qu'avec les A, je te rassure. Mais néanmoins, dans un train, etc., quand on a un peu de temps, passer 10-15 minutes, dire tiens, j'ai une idée, qu'est-ce que tu en penses ? Je trouve que c'est un sounding board qui n'est pas stupide du tout. Et qu'on enrichit au fur et à mesure. Et puis, ça, ce sont mes use cases personnels. J'ai des use cases de productivité autour de la gestion de l'agenda. Mais en tout cas, ce qui est intéressant, c'est qu'on a vraiment... pousser l'usage interne. On a fait des challenges, par exemple au marketing, challenge IA. Les équipes sont venues avec des idées vraiment extraordinaires, en cas d'échappée de pensée. Comment utiliser l'IA pour mieux connaître nos clients, mieux comprendre leurs attentes, etc. Voilà, donc vraiment l'IA en interne, je pense qu'on a pris un très bon virage depuis le début de l'année, et c'est vraiment en train de rentrer dans les mœurs.
- Speaker #1
Et ensuite, bien évidemment, l'IA pour la partie dev. J'imagine que là... Tu as des datas par hasard. Oui, je peux te donner des datas. En termes de... Tu vois, sur l'IA. Après, on ira sur l'IA dans les métiers.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Non, mais c'est aussi passionnant. Enfin, je suis un ingénieur, un technologue. Je suis passionné par ça. Je passe beaucoup de temps avec nos équipes de R&D. En fait, l'IA pour un dev, c'est un peu comme l'IA pour un dirigeant ou pour un cadre. C'est un assistant. C'est-à-dire qu'en fait, l'IA écrit du code, mais bien évidemment, commandé par le développeur et contrôlé par le développeur. Si on commande mal, on contrôle mal, on a vraiment n'importe quoi et ça ne sert à rien. Et donc en fait, quand on est un éditeur de logiciels, on a un peu deux sortes de problématiques. On a souvent des logiciels qui existent depuis un certain temps, qu'on doit faire évoluer parce qu'on a des demandes longues comme le bras de nos clients qui veulent tout un tas de trucs.
- Speaker #1
Les logiciels historiques, les logiciels legacy. Les logiciels historiques,
- Speaker #0
alors ils peuvent être en technologie cloud, etc. Ce n'est pas forcément des technologies du XXe siècle, mais en tout cas, disons un logiciel qui a déjà 10 ans, qui a déjà beaucoup de clients. Quand il y a beaucoup de volume sur une plateforme, on est obligé quand même de faire... très attention à la qualité quand on fait des mises en production on peut pas planter les gens qui l'utilisent au quotidien. Donc je pense que sur de la maintenance évolutive de plateforme, on va dire sur lesquelles il y a beaucoup de volume on fait des gains de productivité de l'ordre de 20-30%, on va un peu plus vite mais c'est pas une révolution totale aujourd'hui peut-être que dans 6 mois, dans 2 mois ça sera différent, ça va très vite.
- Speaker #1
C'est intéressant d'avoir ton point de vue là-dessus.
- Speaker #0
En revanche, si on parle vraiment d'une page blanche, on peut aller beaucoup plus vite Merci. notamment pour faire le fameux vibe coding. Donc le vibe coding, c'est quelque chose qui fait l'effet waouh. On fait quelque chose en deux jours qui ressemble à un logiciel. C'est génial, il y a des écrans, on peut cliquer, etc. On peut parler, mais en fait, ce n'est pas un logiciel. En fait, ce n'est pas un logiciel qu'on peut donner à des clients à large échelle parce qu'en fait, toute la partie back-end, la partie base de données, architecture, ne sera pas forcément suffisamment bien pensée pour assurer le niveau de qualité, la fiabilité, l'accessibilité auxquelles aspirent les clients qui payent le service.
- Speaker #1
Juste pour traduire un petit peu pour nos auditeurs qui sont peut-être plus orientés TP ce que Antoine nous partage, alors le vibe coding c'est le fait de pouvoir créer des sites web juste en parlant à une IA ou des applications. Est-ce que tu en peux faire toi, moi le week-end ? C'est ce qu'on fait, c'est ce qu'on s'amuse à faire je pense entre ingénieurs en tout cas on s'amuse tout à faire ça ensuite on a, et donc ce qui fait qu'il y a beaucoup de gens qui se disent bah tiens j'ai un produit et je vais pouvoir le vendre ou le partager à mes clients. Et en fait il y a une différence entre eux. Nous, on appelle ça en interne plutôt du prototypage, où on va pouvoir aller très rapidement montrer quelque chose, tester et avancer. Et derrière, le fait de se dire, tiens, c'est quelque chose que je vais pouvoir donner à des clients, qui va être robuste, qui va pouvoir tenir la charge et qui va surtout garantir la qualité que moi je donne. Il y a quand même une étape. Il y a un gouffre.
- Speaker #0
Et c'est vrai qu'on peut se faire bluffer par l'effet waouh, le vibe codique, c'est incroyable. on peut... tous en deux jours refaire un logiciel extraordinaire sauf que c'est pas un logiciel qu'on peut donner à un client en fait
- Speaker #1
Et ça en interne, tu dis que sur des logiciels historiques, on est sur des gains de 20 à 30%. Sur des nouvelles solutions ou des add-ons, j'imagine que vous créez des additions de certains logiciels. Là, vous pouvez aller encore beaucoup plus vite, ce que j'imagine. Et alors, la plateforme qui va lier, comment vous l'appelez cette plateforme ?
- Speaker #0
Sojelink Connect.
- Speaker #1
Le Sojelink Connect, ça pour le coup, vous devez l'utiliser de manière assez importante et commencer à trouver des choses. qui commence à ressortir. Alors,
- Speaker #0
Sogenin Connect est aussi une application sur laquelle on a déjà beaucoup d'utilisateurs, on a déjà connecté pas mal de choses. Donc, on est aussi dans cette logique plutôt incrémentale que totalement disruptive. Mais en revanche, oui, si demain, je veux faire une appli mobile pour un use case complètement nouveau, pour un client qui m'a demandé quelque chose, oui, ça ira plus vite. Mais ce qui est intéressant, alors, je sais qu'on est dans le podcast des bâtisseurs, mais je ne vais pas trop parler du métier du développement informatique, mais c'est quand même aussi un autre sujet qui est très intéressant. c'est qu'on voit bien que la valeur ajoutée d'un développeur, d'un manager, d'une équipe de dev, c'est vraiment la connaissance du métier. C'est la connaissance du métier, c'est la capacité à bien architecturer les bases de données, comprendre comment on va mettre en production du code, comment on va tester tout ce qui va être résistant aux attaques cyber. Donc, il y a vraiment beaucoup, beaucoup de choses à penser. Et finalement, vraiment écrire la ligne de code, le if-then-else, pour ceux qui ont fait un peu de C++ il y a quelques années, le if-then-else, effectivement, se commoditise, Mia ! énormément de choses autour pour faire un logiciel qui est vraiment vendable, exploitable par des clients.
- Speaker #1
Et maintenant, si on rentre dans l'IA dans les métiers. Donc là, on a parlé de l'IA en interne au niveau plutôt direction col blanc, entre guillemets. On a parlé de l'IA pour vos développeurs, pour la partie produit, la manière dont ça vous aide dans le produit, dans votre roadmap. Maintenant, pour les métiers, comment vous voyez ça ? Un géomètre ou c'est peut-être un usage ou un cas que tu veux nous partager sur comment vous allez voir l'IA vraiment transformer la vie de vos clients.
- Speaker #0
Alors bon, déjà, l'IA n'est qu'un moyen, l'IA n'est pas un but. On ne fera jamais de l'IA si ça ne sert à rien, si ça ne crée pas de la valeur pour nos clients. Et donc, on repart de la base. De quoi nos clients ont-ils besoin ? Nos clients, aujourd'hui, ils travaillent, ils font leur job, il y a des infrastructures partout autour de nous, donc c'est bien que ça fonctionne. En revanche, nos clients, où qu'ils soient sur la chaîne de valeur, vivent dans un environnement de plus en plus complexe, de plus en plus réglementé. Il y a beaucoup de normes sur tout un tas de sujets, c'est de plus en plus coûteux. Et donc, ils cherchent... à être de plus en plus efficaces. Donc nous, on voit vraiment l'IA comme quelque chose qui va leur permettre de faire des gains d'efficacité. Très concrètement, gagner des heures. Gagner des heures au bureau de votre ordinateur. J'évoquais tout à l'heure la fameuse photogrammétrie. Aujourd'hui, tu as sûrement vu dans la rue des gens qui ont ce qu'on appelle des cannes avec un espèce de boîtier au-dessus qui est un boîtier GPS. Ils relèvent des points GPS un par un. Et puis après, ils vont avoir des petits points. Puis après, avec une souris, ils vont connecter les points entre eux pour faire des traits. Et après, quand tu as plein de traits, ça fait un plan. Je ne caricature pas, c'est vraiment comme ça que ça fonctionne historiquement. Donc, tu imagines un monde où, au lieu de ça, la personne sur le terrain, elle va se promener avec son smartphone, enregistrer une vidéo, et après, on va traiter dans des clouds, évidemment, avec beaucoup de puissance de calcul, pour convertir ça en nuages de points et puis en plans. Ça a une valeur énorme. Ça veut dire que les gens qui sont sur le terrain, un même individu va pouvoir faire beaucoup plus de chantiers, beaucoup plus de levées de terrain dans sa semaine. Et donc, ça a de la valeur pour son patron et pour sa boîte. Et c'est là que l'IA intervient parce que mine de rien, ce n'est pas si simple. Tu te retrouves avec un nuage de points, avec des millions de points. Pour le découper en tranches et faire un plan qui soit exploitable par un bureau d'études, c'était fait historiquement à la main, à la souris. On connectait des traits. Maintenant, on a des modèles d'IA qu'on entraîne pour faire, alors ce n'est pas encore à 100%, mais faire une bonne partie du chemin. Et ça va faire gagner un grand nombre d'heures à la personne qui faisait tout à la souris précédemment.
- Speaker #1
Nous, on a une réflexion, au sein de mon groupe, on avait une réflexion là-dessus sur... ça c'est je pense que c'est effectivement un des gains les heures et le temps c'est vraiment le gain hyper clair et moi tu vois c'est la réflexion en ce moment qu'il y a dans les dont on parle qui est de se dire est-ce qu'on pourrait pas carrément fournir le service en tant qu'éditeur je vais te donner un exemple et puis je sais pas si c'est des choses sur lesquelles vous avez réfléchi alors j'imagine tu vas pas tout nous dire là parce que il y a aussi votre vision et tout tu vois derrière mais Tu vois, nous, par exemple, on a de plus en plus, on nous demande, donc nous, on est présent sur les carrières, les centrales à béton, les plateformes de recyclage. C'est des gens où il y avait des gens à l'accueil. Et de plus en plus, on nous demande de mettre des choses à l'accueil, donc des bornes, des choses comme ça. Et nous, on se rend compte qu'en fait, de fournir le service, c'est-à-dire de dire, moi, avec l'IA aujourd'hui, on est capable de dire, non seulement on met une borne, mais on pourrait mettre, pas forcément une borne, mais une caméra. Et derrière, faire rentrer les gens automatiquement et gérer ça de n'importe où dans le monde. Et même sans personne, pourquoi pas. Et se dire, donc moi, ce que je vends, ce n'est plus le logiciel, c'est le service de mettre ça en place. Est-ce que c'est des sujets sur lesquels, sur certaines de vos activités, vous regardez jusque-là ? Tu vois, l'idée, c'est de se dire... Je vois très,
- Speaker #0
très bien et... Je ne sais pas si tu peux en parler encore une fois. De par mes métiers précédents, je connais très bien le sujet de la paye. Dans la paye, il y a des éditeurs qui font des logiciels de paye, qui vendent ça à des experts comptables, qui font la paye de leurs clients. Et bien on voit dans ce métier-là, qui n'est pas du tout le métier de Sojelink, pour être clair, il y a des gens qui vont dire finalement on va faire la paye pour la PME plutôt que ce soit l'expert comptable qui fait la paye de la PME. Donc là on voit bien qu'on commence à arriver sur des sujets qui sont très complexes d'un point de vue écosystème. Il y a des gens qui commencent à prendre la place d'autres gens pour faire leur métier. Donc c'est des sujets qui sont... Moi j'ai beaucoup de respect pour mes clients. Mes clients aujourd'hui utilisent nos logiciels. Si demain je fais le métier de nos clients, je ne sais pas comment ça peut évoluer. Donc aujourd'hui, ce n'est pas notre stratégie. Notre stratégie est vraiment d'aider nos clients à faire le meilleur métier possible. On n'a pas vocation nous-mêmes à envoyer des gens sur le terrain pour faire des levées de terrain ou à concevoir nous-mêmes parce que je pense que ça demande un niveau d'expertise très élevé. Les gens qui ont fait ça ont fait des études et ont fait ce métier pendant 20 ans. Nous, notre métier, c'est de faire des logiciels en comprenant suffisamment bien ce que font nos clients pour être capable de s'adapter. En tout cas, pour répondre simplement à ta question, je pense qu'il y a une vraie tendance d'industrie, les consultants qui conseillent des boîtes parlent beaucoup de ces sujets-là, je pense que ça pose des sujets, des questions auxquelles il faut bien réfléchir. Donc aujourd'hui, ce n'est pas notre stratégie.
- Speaker #1
Et pour rebondir sur un autre sujet, on parlait des pelles autonomes ou des engins autonomes. Là-dessus, c'est des choses qu'on voit arriver avec des business models. Alors aux Etats-Unis, il faut que je retrouve le nom de l'entreprise, je ne l'ai pas qui me vient directement, mais il y a des entreprises aux Etats-Unis qui aujourd'hui te disent, comme je ne suis pas arrivé avant d'un véhicule autonome à une boîte de TP, je deviens une boîte de TP. Et derrière, aujourd'hui, est-ce que vous, vous êtes, je ne pense pas que vous allez faire ça, ce n'est pas ça mon sujet, mon sujet peut se dire, comment vous abordez cet écosystème-là ? Est-ce que les engins autonomes aujourd'hui, c'est des choses sur lesquelles on vous a déjà fait des tests ? Ou est-ce que vous êtes allé sur des choses un peu plus autonomes de ce type-là ? Alors, tu m'as parlé de drones tout à l'heure. Il y a peut-être d'autres sujets sur lesquels vous avez regardé, sur l'autonomie un petit peu.
- Speaker #0
Alors pareil, comme toute société, on a une stratégie, on a un stand de priorité, on essaye aussi... de rester très focus sur les priorités qu'on a définies, qui nous occupent déjà largement et qui nous permettent déjà d'envisager une très belle croissance dans les années qui viennent, puisque notre ambition, effectivement, c'est de doubler la taille de l'entreprise. C'est un sujet qu'on n'a pas regardé. C'est un sujet qui risque de venir sur la table l'an prochain, je ne sais pas. Mais encore une fois, moi, je reviens à notre vision. Nous, on veut connecter un écosystème. On est vraiment là. Et la connecter, ça veut dire quoi ? Ça veut dire avoir de l'information, de l'information fiable, accessible, dans des bases. sécurisée, souveraine, quand ça a du sens par rapport à nos clients. Et je pense que c'est quelque chose qui va se développer de plus en plus dans le monde des infrastructures. Et après, nous, on est là pour accompagner nos clients. Nos clients se transforment et on leur parle beaucoup. Et on leur parle aussi de prospective. On leur dit, mais comment vous voyez dans cinq ans ? Parce qu'il y a des choses qu'on peut développer très vite. Et puis, il y a des choses qui peuvent prendre des années aussi à développer, notamment quand il y a de la recherche à mon. Les choses ne se font pas forcément en un claquement de doigts. Voilà, donc on reste vraiment dans cette idée de connecter l'écosystème et pas d'être nous-mêmes opérateur au sens faire des plans, au sens faire des tranchées, au sens faire le travail des collectivités.
- Speaker #1
Ok, très bien. Au vu de ton passé dans la DGA, je pense que parler un peu de souveraineté, tout ça, ça peut être intéressant. Quelques minutes, tu vois. C'est quoi un peu votre vision là-dessus ? On parle tout le monde de souveraineté, tu parlais de résilience des réseaux. J'imagine que toutes ces données-là que vous avez, elles doivent être extrêmement sécurisées. J'emploie le terme sécurisé qui est un peu un mot. Oui,
- Speaker #0
c'est pour ça que notre métier est réglementé, que n'importe qui ne peut pas le faire. En tout cas, pour le faire, il faut avoir un agrément de l'État.
- Speaker #1
Votre vision là-dessus, elle est comment ? Parle-nous un peu de ça, parce qu'en tant qu'éditeur de logiciels sur des sujets très sensibles comme ça, aujourd'hui, est-ce que vous êtes hosté ? Je vais t'en dire.
- Speaker #0
On fait toutes sortes de travaux. Nos clients, par exemple, peuvent concevoir une piste cyclable dans la rue en bas. J'imagine que la piste cyclable est un sujet moins sensible que de savoir où passent les réseaux de gaz.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Parce qu'un réseau de gaz éventuellement... bombarder ou qui fait l'objet d'un attentat peut créer vraiment une catastrophe. Donc je pense qu'il faut quand même aussi rester raisonnable. Il y a des choses qui n'ont pas d'incidence, la piste cyclable, des choses, si ça coupe, c'est embêtant, mais il n'y a pas mort d'homme, et des choses, ça peut aboutir à des choses vraiment catastrophiques. Donc moi, je pense vraiment que la protection de ces données va être un critère de plus en plus important pour les gouvernements, les collectivités locales et donc tous les opérateurs de cette chaîne de valeur. Et donc, nous, on se prépare. Alors, il y a des sujets. Il faut bien distinguer la sécurité et la souveraineté. On peut être très sécurisé avec des hyperscalers américains. C'est du jargon, pardon, des grands hébergeurs de données américains. Donc, c'est des gens qui ont de la technologie qui permettent une très forte sécurisation. En même temps, ils sont soumis à ce qui s'appelle le Cloud Act, qui permet, le cas échéant, à des agences américaines d'accéder à de la donnée non américaine. Et donc c'est là que la souveraineté entre en jeu. Maintenant, on se pose beaucoup la question de qui possède l'hébergeur, qui peut accéder à la donnée de l'hébergeur. Et donc je pense, nous, en tant que Sojelink, on va certainement faire évoluer pas mal notre doctrine pour travailler de plus en plus avec des hébergeurs souverains. et également des logiciels européens.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Ce n'est pas encore des contraintes fortes, ce n'est pas forcément écrit dans les cahiers des charges, mais on voit bien la tendance. Et encore une fois, je pense qu'à la fois la guerre économique que maintenant se livrent les grands blocs et la guerre réelle que se livrent maintenant certains pays, tout le monde se dit qu'on doit certainement être moins naïf qu'avant et protéger beaucoup mieux nos actifs.
- Speaker #1
Et c'est intéressant ce que tu partages, tu dis qu'il y a la sécurité, où là, on peut avoir de la sécurité avec... Tout un tape d'entreprises qui existent, notamment les entreprises américaines qui ont fait leur beurre sur le cloud, donc qui est l'hébergement, le hosting, et on ne va pas rentrer trop dans les thèmes, il y a ça. Et la différence que tu fais avec la souveraineté, où là, c'est un trade, entre guillemets, et peut-être qu'aujourd'hui, de plus en plus, on va devoir avoir besoin des deux en même temps. En tout cas, c'est des réflexions qu'on va avoir, et que vous avez, et que n'importe quel éditeur logiciel, de toute façon, a en ce moment, au vu de l'actualité dans laquelle on est. Je rappelle, on enregistre, on est en septembre 2026. Ça fait un an que tu découvres, alors j'imagine on voit à travers l'un peu moins d'une heure qui vient de passer que t'es quand même rentré dans pas mal de détails, on voit que t'as cette connaissance qui est quand même assez fine malgré l'arrivée récente, tu vois, ou avec l'arrivée récente, je te laisse voir. Comment tu vois un peu l'avenir du BTP ? Parce que t'arrives avec un bagage vraiment différent, sur de différentes industries, Tu as vu comment ça s'évolue ailleurs. Comment tu vois un peu notre milieu et comment tu le vois évoluer dans les prochaines années ?
- Speaker #0
Alors déjà, j'ai appris beaucoup de choses depuis un an, mais je pense que j'ai encore beaucoup plus de choses à apprendre. J'apprends au contact de nos clients. Je parle à des clients, il n'y a pas une semaine sans que je parle au moins à un client, que ce soit en France ou dans les autres pays où je me déplace également très régulièrement, aux Pays-Bas et en Norvège. J'apprends beaucoup auprès de nos collaborateurs. On a beaucoup de gens qui sont là depuis 15-20 ans et qui connaissent évidemment extrêmement bien le métier. Donc moi, les perspectives, je les vois un peu de la manière suivante. C'est que les opérateurs dont on parlait tout à l'heure, les bureaux d'études, les boîtes de travaux, etc. ont une vie qui n'est pas simple. Pourquoi ? Parce que le champ de contraintes augmente, des normes dans tous les sens, pour la sécurité environnementale. Toutes ces normes ont vraiment une très bonne raison d'être, mais quand même compliquent au quotidien le travail. Et en face de ça, une demande qui peut varier. Je parle de la demande de mes clients en fonction des sites.
- Speaker #1
Les clients de tes clients.
- Speaker #0
Je parle des clients, de mes clients, en fonction des sites. Il y a plus ou moins d'argent, il y a plus ou moins de projets. Et on voit bien qu'il y a quand même des tensions sur les finances publiques très fortes en France, mais pas que. Et donc, si je résume, ça peut être plus de contraintes sur des marchés plus difficiles. Donc, qu'est-ce qu'ils vont devoir faire ? S'adapter, ce qu'on fait tous d'ailleurs, chacun autant qu'on est dans nos propres entreprises.
- Speaker #1
Plus de contraintes sur des marchés difficiles, ça résume bien la situation.
- Speaker #0
Et donc, ils ont besoin de nous, de gens comme nous, pour les aider. très modestement sur la partie à laquelle nous, on contribue. Mais nous, notre devoir, notre obligation, c'est de les aider à devenir plus performants, plus efficaces pour passer à travers ces périodes. Donc ça, ça nous donne beaucoup de grains à moudre et beaucoup d'idées pour nos roadmaps. Après, je pense qu'il y a une tendance si on prend encore plus de recul par rapport à ça. Je pense qu'on a construit énormément d'infrastructures après la Seconde Guerre mondiale. Je pense qu'entre les années 50, 2000, 2010, Au revoir. On a mis des routes, des ponts, des ronds-points, etc. On a déployé des réseaux électriques. On continue, mais forcément, ça ralentit. C'est-à-dire qu'on ne peut pas continuer à doubler la taille des réseaux tous les dix ans parce qu'à un moment, il n'y a plus de place. Enfin, à un moment, on est déjà servi en réseau. Donc, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que le nouveau grand enjeu, c'est la maintenance de ces réseaux qui ont été construits. Alors, je parle de réseaux enterrés, mais je parle aussi de routes, de ponts, d'ouvrages d'art, peu importe. Tout ça va devoir être maintenu. Et c'est pour ça qu'on n'a pas trop parlé tout à l'heure de ce qu'on fait pour les collectivités locales. Mais je crois vraiment que trouver les outils, les méthodes, les logiciels pour faire de la maintenance intelligente dans la durée, c'est hyper important. Eh bien, les ponts, alors une fois tous 10 ans, il y a un pont qui s'effondre, c'est un drame. Donc, on n'a pas envie que nos ponts s'effondrent. Mais tu prends un département moyen en France, il y a plus de 1000 ponts.
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #0
Et il n'y a pas 1000 personnes pour s'en occuper. Donc, il y a un vrai sujet déjà de recenser ton patrimoine.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Savoir ce pont, il a été quand ? Quel matériau ? Il est dans quel état ? Est-ce qu'il y a des fissures ? Et planifier sur 5 ans, sur 10 ans de l'entretien. Donc ça, c'est des choses qu'on fait avec nos logiciels. On aide les métropoles, les départements, les régions, déjà avoir une connaissance fine de leur patrimoine d'infrastructure et planifier la maintenance dans la durée pour, d'une part, bien évidemment, déjà éviter les catastrophes, priorité numéro un, mais aussi faire ça de manière efficace d'un point de vue coût parce que les ressources de ces collectivités ne sont pas non plus infinies par rapport à la taille du patrimoine qu'elles doivent gérer.
- Speaker #1
Ok. Donc toi, tu vois deux choses, en tout cas de ce que j'entends, de l'angle et de là où est ce génie. Les deux choses que tu vois, c'est une première chose qui est de se dire, on a quand même de plus en plus de normes qui sont en train d'arriver, du réglementaire. Et donc, comment je vais aider, continuer à aider mes clients pour rester efficaces dans ce monde qui est en train d'arriver ? Donc, efficacité et comment je leur fais gagner du temps ? Je paraphrase, mais c'est un peu ça. Non, mais c'est exactement ça, tu as très bien résumé. Et la deuxième chose qui est de se dire, on a un enjeu de maintenance. par rapport à toutes nos infrastructures qui ont été mises en place depuis 50, 60, 70 ans. Comment on va pouvoir aider, plutôt ce qu'on appelle la maintenance prédictive, ou comment on va pouvoir aider dans cette maintenance-là à l'avenir ? Maintenant, est-ce qu'il y a un troisième volet sur lequel tu vois aussi, soit au niveau groupe, soit au niveau d'autres choses aller ?
- Speaker #0
Écoute, je pense que c'est vraiment les grandes tendances que je vois. Tu as parlé de maintenance productive,
- Speaker #1
donc c'est un sujet que je connais très bien dans ma boîte précédente,
- Speaker #0
mais ce n'était pas dans le domaine, dans ces domaines-là, c'était plutôt dans le domaine, on va dire, du monde industriel, des machines, etc. Mais néanmoins, la logique est la même. Déployer des capteurs, ce qu'on appelle l'IoT, l'Internet des Objets, etc. pour mesurer des vibrations, des choses qui vont permettre ensuite à des modèles d'IA de dire attention, peut-être que dans quelques semaines, dans quelques mois, dans quelques années, tu vas avoir un problème et donc il est temps d'agir. Donc je pense que la maintenance prédictive est extrêmement utile pour permettre d'optimiser justement ce coût de maintenance dans la durée. Donc oui, je pense que c'est vraiment les deux grands axes. De toute manière, du design d'infrastructure, de la construction d'infrastructure, il y en aura toujours. Un peu plus, un peu moins, là ça dépend un peu. des bonnes fortunes, des finances publiques il va y avoir des grands projets d'investissement en France par exemple le projet des EPR la France a prévu de dépenser, on parle de 70 milliards d'euros pour faire 12 EPR ça va durer 30 ans, 40 ans qui dit EPR, il y a évidemment le coeur nucléaire mais autour il y a des bâtiments il y a de la voirie, il y a des réseaux il faut aller chercher l'eau dans les rivières la rachiner, donc ça va durer 30 ans donc il y a quand même aussi, je pense que la transition énergétique qui est un sujet vraiment qui devient un peu indiscutable. On doit assurer une transition énergétique pour lutter contre l'échappement climatique. Ça va nécessiter des investissements. Alors, on peut se dire, comment on va le financer ? Ça, c'est une autre question. Je ne me pensais pas. Mais en tout cas, on va être obligés de le faire d'une manière ou d'une autre. On a beaucoup parlé de la France. On n'aurait pu parler plus des autres pays. Mais aux Pays-Bas, ils sont en pleine transition énergétique vers l'électricité. Ils étaient beaucoup moins électrifiés que nous, si tu me permets l'expression. Ils avaient d'autres sources d'énergie. Et ils ont un problème, c'est qu'en fait, ils n'ont pas les tuyaux. Et donc, aux Pays-Bas, si tu te fais construire ta maison, tu t'achètes ton petit lopin, tu fais construire la maison, tu es très content. Et bien, vraisemblablement, tu vas devoir attendre un an entre le moment où le gars te remet les clés et le moment où tu emménages parce que tu n'as pas l'électricité.
- Speaker #1
Dommage.
- Speaker #0
Oui, et tu ne vas pas emménager si tu n'as pas l'électricité. Donc, en fait, c'est un problème, mais c'est un problème réel, concret. Donc, aux Pays-Bas, il y a des plans d'électrification, ça s'appelle le main grid. Enfin, ils vont vraiment investir beaucoup dans le réseau électrique, justement, pour décongestionner ce problème qui existe aujourd'hui.
- Speaker #1
Et en Norvège, tu as peut-être d'autres visions ? C'est ça, c'est Norvège où vous êtes présent aussi.
- Speaker #0
Oui, en Norvège, on est très présent aussi, à la fois dans l'infrastructure, également dans le monde du bâtiment. Alors en Norvège, le marché du bâtiment, de la maison, est plutôt dans un bas de cycle actuellement. Peut-être un sujet assez particulier à Norvège, mais beaucoup d'inflation importée, donc les matériaux coûtent très cher, tout coûte très cher, donc ça a eu un impact assez négatif. En revanche, sur les infrastructures, il y a plein de projets d'infrastructures, comme aux Pays-Bas et comme en France.
- Speaker #1
Écoute, dernière question avant de te libérer. Aujourd'hui, imagine, je suis un dirigeant d'un bureau d'études, tu vois. Quel conseil tu me donnerais ?
- Speaker #0
Écoute, c'est une très bonne question. Déjà, le premier conseil que je donnerais, c'est être proche de ses clients. Parce que quel que soit le milieu qu'on fait, je pense que mettre le client au cœur de ses préoccupations, ça ne peut pas être un mauvais conseil. Et ensuite, anticiper les tendances. Parce que peut-être, alors on parle de bureaux d'études, il y a des bureaux d'études généralistes, mais il y en a qui font de l'électricité, d'autres qui vont faire du gaz, d'autres des télécoms, d'autres qui vont faire des ponts. Enfin, il y a vraiment, quand on rentre plus dans le détail, c'est un métier qui est très, très segmenté. J'irais vraiment anticiper les tendances. Et puis, si jamais j'étais sur un segment où je me dis, oulala, il ne va pas y avoir beaucoup d'investissements dans les années qui viennent, il va y avoir de moins en moins de projets. Et j'ai des clients qui voient leur nombre de projets baisser, surtout en 2026. peut-être se réinventer, peut-être faire un pas de côté, aller chercher un autre segment. Et puis, je vais prêcher pour ma paroisse, regarder la technologie. Peut-être que la technologie peut aider aussi à mieux travailler, à être plus efficace et donc passer une éventuelle mauvaise période si jamais une année, j'ai un peu moins de commandes.
- Speaker #1
Sachant qu'en plus, les prochaines années, c'est un peu dur en ce moment pour nous tous.
- Speaker #0
Alors, on ne sait jamais. Là,
- Speaker #1
je parle en tant que bureau d'études.
- Speaker #0
Je suis un éternel optimiste. Donc, je pense qu'il y a toujours des choses. Il y a des échéances électorales qui approchent, qui seraient prises, disons, la présence de personnes, on n'en sait rien. Il y aura-t-il des plans d'investissement ? Personne n'en sait rien. Moi, je pense qu'il faut à la fois essayer de détecter les tendances et aussi être très réactif au quotidien pour adapter son entreprise.
- Speaker #1
En tout cas, on le voit, l'adaptabilité, la réactivité, c'est ce que tu nous as montré en tout cas de Sojelink. Et en même temps, c'est la voie que tu nous as tracée, en tout cas, que tu as tracée à tes équipes et que tu nous as un peu partagé pour votre plan 2030. Est-ce qu'il y a des choses qu'on a peut-être oublié de dire ? Ou que tu voulais dire, sur lesquelles on n'est pas allé, il n'y a pas de soucis, vas-y, je te laisse. On a fait un bon tour.
- Speaker #0
Et je pense que tes auditeurs vont trouver que c'est déjà une très bonne durée de podcast. Donc je propose qu'on en reste là. moi, je aimerais te... Je te remercie déjà pour faire le podcast Les Bâtisseurs. J'en ai écouté plusieurs. Je trouve que c'est très intéressant, un bon moyen de... Connecter l'écosystème, j'ai compris que connecter c'est le maître mot chez Sojelink. Et donc un grand merci pour ça et ton rôle dans l'écosystème et pour m'avoir invité et m'avoir permis de parler un peu de Sojelink et de nos activités.
- Speaker #1
Merci en tout cas pour ton temps Antoine. Et puis je te remercie de partager ton avis sur les bâtisseurs, ça me fait extrêmement plaisir. Écoutez, merci de nous avoir écoutés jusque là. Je pense que si vous êtes encore là, c'est que vous êtes des passionnés du lien. N'est-ce pas ? Donc, bien évidemment, s'il vous plaît, je sais que certains d'entre vous le font. Vous pouvez liker les épisodes. Moi, ça m'aide en fait à remonter dans les classements et ça m'aide à faire en sorte que d'autres gens puissent connaître le podcast Les Bâtisseurs. Je veux dire au revoir et merci à Antoine et à très vite pour un nouvel épisode des Bâtisseurs. Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. S'il vous a plu, n'oubliez pas de le noter et de le commenter sur Apple Podcasts ou Spotify et d'en parler autour de vous. C'est ce qui m'aide à le faire connaître et à motiver de nouveaux invités à partager leur vision. Et pour continuer cette conversation, retrouvez-moi sur LinkedIn.