- Speaker #0
Aujourd'hui, je te propose un épisode un petit peu différent et je suis tellement fière d'avoir prêté mon micro à cette femme, à cette femme-là. Tu sais combien j'aime parler de la place des femmes, de celles qu'on prend ou qu'on ne prend pas dans nos vies. Eh bien aujourd'hui, on parle de cette place à l'échelle du monde. J'ai eu la chance d'échanger en profondeur avec Patricia Elias, avocate en droit international. Une femme engagée qui se bat chaque jour pour le droit des femmes. et pour leur présence là où se décident les accords de paix. Très vite, une évidence est imposée. Je voulais te partager son engagement, sa vision, sa force. Parce qu'aujourd'hui, elle mène un combat essentiel en lançant une pétition « Pas de paix sans les femmes » . Je suis sûre que cette interview va t'inspirer, mais j'espère surtout qu'elle te donnera l'élan d'agir, d'aller signer cette pétition, de la partager largement autour de toi. Pour toi, pour tes enfants. et pour le monde qui se construit aujourd'hui. Bonne écoute ! Welcome dans les bienveillantes, ce petit coin du monde qui est le nôtre, un endroit où nous, femmes pleines d'ambition et mamans au grand cœur, venons échanger, s'inspirer et grandir ensemble. Moi, c'est Rosane, coach certifiée spécialisée dans l'accompagnement de l'équilibre de vie des femmes. Je suis ta compagne de route pour ce chemin, parfois chaotique,
- Speaker #1
mais ô combien enrichissant, quand on veut marier nos rêves, professionnels, personnels. et nos joies familiales.
- Speaker #0
Patricia, je suis absolument ravie de t'accueillir dans mon podcast. Il faut absolument que je raconte à toutes celles qui nous écoutent comment on s'est rencontrées par la magie des réseaux sur LinkedIn, pour être précise. Et ce que je trouve vraiment chouette sur ces réseaux, c'est que quelquefois, on rencontre des femmes qu'on n'aurait probablement pas rencontrées en réel. Et voilà, il y a eu des échanges. J'ai proposé qu'on se parle. Tu m'as dit oui, bien sûr. Et un petit peu avant Noël, il y a eu cet échange en vrai, quoi. Alors que je me disais, oh là là, mais Patricia... elle a parlé devant le Sénat, elle est hyper engagée dans des causes, des sphères que je ne connais pas du tout pour ma part. Et puis, quand on s'est parlé, il y a eu la magie d'une rencontre, c'est-à-dire de femmes. On a tout de suite parlé de cœur à cœur, on s'est sentis bien ensemble. Et cet échange, déjà, il a ouvert beaucoup de choses en moi. J'étais très inculte sur les engagements que tu portes. Et je t'ai demandé si tu voudrais bien venir prendre la parole ici, dans le podcast. Et spontanément, tu m'as dit oui. Merci pour ça, parce que j'avais très envie déjà de te prêter mon micro pour te donner une chambre d'écho pour tout ce que tu défends et aussi pour permettre aux femmes qui m'écoutent d'entendre ton parcours et d'entendre ce que tu défends, parce que je crois qu'il y a énormément de choses qui peuvent s'ouvrir chez elles grâce à ça. Donc, merci de tout cœur déjà pour ça.
- Speaker #1
Merci à toi, Rosane. Je te remercie de ta générosité d'ouvrir cet espace. de parole pour toutes les femmes et cette sororité que tu as en toi qui m'a tout de suite plu et c'est comme ça que nous avons sympathisé directement. Je te remercie infiniment.
- Speaker #0
Alors, avant qu'on rentre dans le vif du sujet de qui tu es, ce que tu défends, tu sais alors tu ne sais pas parce que je te surprends avec ça j'ai toujours des questions quand j'ai des invités toujours les mêmes, en début et en fin. La première question c'est, quand je te dis bienveillante à quoi ou à qui cela te fait-il ?
- Speaker #1
pensée ? J'adore déjà « bien vaillante » parce que les femmes sont extrêmement vaillantes et souvent elles ne se rendent pas compte de combien elles sont vaillantes, courageuses. Elles sont fortes. Les femmes sont très fortes et donc ça me fait penser aux femmes. Je te remercie beaucoup d'avoir trouvé ce titre « bien vaillante » . En plus, elles sont en général elles sont disons, c'est pour le bon, c'est pour le bien. qu'elles sont aussi vaillantes et jamais pour le mal. Rarement, je dirais.
- Speaker #0
Et c'est intéressant parce que toi, on va voir ton parcours, mais tu as eu beaucoup d'engagement à travers le monde, en fait. D'ailleurs, tu habites au Liban et c'est une qualité finalement que tu retrouves au travers de toutes tes missions, au travers des femmes que tu rencontres dans le monde.
- Speaker #1
Absolument, absolument. Je suis extrêmement admirative des femmes, extrêmement admirative. Elles ne se rendent pas compte de leur force. nettement. Toutes me disent « moi je n'ai rien fait, j'ai fait ça » . Mais quand elles parlent, je dis « mais moi je n'ai jamais fait ce que toi tu as fait » . C'est énorme. Chacune de nous a un potentiel en elle-même qu'elle n'a pas exploré. Ou bien qu'on est tellement habitués par notre éducation de fille à être plus humble que les garçons, à se dire « non, je ne peux pas » . Mais nous pouvons tout. Nous sommes exceptionnels. Les femmes sont exceptionnelles par tout ce qu'elles endurent, par tout ce qu'elles font. par leur multitask, par leur force intellectuelle, physique et de cœur, très important de cœur. Et souvent, nous sommes trop modestes et nous pensons que non, nous sommes des femmes ordinaires. Nous sommes des femmes extraordinaires, j'en ai la conviction.
- Speaker #0
On va reprendre un petit peu sur ton parcours. Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots et puis peut-être directement enchaîner sur ton engagement aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors, je suis une avocate en droit international, droit des pays arabes, droit français, droit anglais et nord-américain des affaires, ainsi que droit international. Je suis depuis l'âge de 17 ans à l'université. La Doyenne nous a lu toutes les lois discriminatoires vis-à-vis des femmes. Et depuis ce jour-là... Ça a été mon engagement, mon combat de vouloir changer les lois discriminatoires vis-à-vis des femmes pour avoir une égalité entre les femmes et les hommes. Parce que je suis profondément convaincue que l'humanité ira beaucoup mieux quand la moitié de cette humanité qui sont les femmes aura atteint l'égalité et pourra aussi mettre sa force et son talent au service du monde. Donc, j'ai travaillé dans… beaucoup de domaines, mais toujours avec cette vision, cette mission pour les femmes au niveau international.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, tu viens du droit, tu es avocate, on parle de loi, mais ce qu'on constate aujourd'hui, en tout cas en France, mais tu vas me donner une vision plus large, c'est qu'il y a plein de lois qui ont avancé, qui ont vraiment émancipé les femmes, etc., qui l'ont amené à cette égalité. Et pour autant, toi, ce que tu défends aujourd'hui, c'est une injustice de représentation, quelque part, c'est ça ?
- Speaker #1
Également. Écoute, j'ai travaillé dans plusieurs domaines pour les femmes, la représentation politique des femmes, le leadership des femmes, la force économique. Et puis aussi, j'ai travaillé pour l'institution d'une convention internationale contre les violences faites aux femmes. Et j'ai pu avoir l'accord de 18 pays parce qu'il n'y a pas de convention internationale contre les violences faites aux femmes. Et aujourd'hui, on constate dans le monde, en Afghanistan, 20 millions de femmes qui sont réduites. à un état inférieur à de l'esclavagisme. Elles n'ont pas le droit d'aller à l'école, elles n'ont pas le droit d'étudier, elles n'ont aucun droit. Elles n'ont même pas le droit de parler, parce que les talibans ont trouvé que c'était trop qu'elles parlent. Il y a même eu un taliban qui a dit que les femmes n'avaient pas besoin de deux yeux, un oeil était suffisant. Et je ne vois aucune condamnation internationale, aucune sanction internationale. Et donc, vu tout ce qui se passe dans le monde actuellement, J'ai vu que l'index international de la paix, le Global Peace Index de 2025, a dit qu'il y avait 78 conflits armés étatiques dans le monde aujourd'hui. En 2025, on n'a même pas commencé 2026. Plus que tous les conflits qu'il y avait pendant la Deuxième Guerre mondiale. Tous les voyants sont rouges concernant la paix. Les dépenses internationales pour la paix sont de 0,52% des dépenses militaires. C'est-à-dire qu'on a... 99,48% des dépenses qui sont pour les dépenses militaires, pour l'armement, pour la guerre et moins que rien pour les dépenses de la paix. Je me suis dit qu'il fallait qu'on agisse et demander la paix à travers les femmes. Il y a une résolution du Conseil de sécurité qui s'appelle la résolution 1325 Femmes, paix et sécurité qui dit que les femmes doivent être à tous les postes de décision avant, pendant et après les conflits parce que La présence des femmes aux tables de la paix fait que la paix a plus de 35% de chances de durer plus de 15 ans. Une paix plus stable de plus de 15 ans quand il y a des femmes aux tables de négociation. Donc aujourd'hui, j'ai créé cette pétition internationale « Pas de paix sans les femmes » « No peace without women » qui demande aux États et aux conseils de sécurité et aux secrétaires généraux des Nations Unies l'implémentation de cette résolution 1325 « Femmes, paix et sécurité » . Nous avons besoin que les femmes soient à la table des négociations pour établir la paix dans le monde. Pour le moment, j'ai 3 000 signatures et j'ai besoin d'avoir 10 000 signatures pour que nous puissions changer les choses.
- Speaker #0
Oui, c'est incroyable.
- Speaker #1
Oui, je vais te dire aussi ce qui m'a inspirée. Il y a le traité de non-prolifération des armes nucléaires qui a été signé entre Gorbatchev et Reagan, l'URSS et les États-Unis. Et à l'époque, Gorbatchev avait dit que ce traité a eu lieu à cause du mouvement féministe en Angleterre. Et en Angleterre, dans un petit village qui s'appelle Greenham, on peut regarder ça sur Google, il y avait une base militaire nucléaire anglaise. Et les femmes de ce village... ont refusé qu'il y ait une base nucléaire militaire. Elles refusaient ces armements nucléaires. Elles ont fait un sit-in autour de cette base, un sit-in pacifiste. Ça a duré quatre ans. On leur a enlevé leur tente, on les a laissées dans le froid, dans la neige. Certaines ont été torturées, d'autres ont été violées. C'était des femmes qui avaient des métiers, pas toutes, mais souvent. Elles ont tout quitté pour faire ce sit-in pacifiste autour de ce camp. Ça a duré quatre ans et à la fin, elles ont gagné. Le camp a été démantelé et il y a eu ce traité international qui a été signé de désarmement nucléaire international, de non-préléfération des armes nucléaires. Et Gorbatchev avait dit que c'était dû à ces femmes-là et que certains des articles de ce traité étaient inspirés par ce que ces femmes ont demandé. Et donc aujourd'hui, moi je demande à toutes les femmes, toutes les jeunes, tous les hommes inspirés, De soutenir cette pétition, de signer cette pétition, de créer ce mouvement international pour la paix, nous en avons besoin. Nous ne pouvons pas rester à regarder ce qui se passe dans le monde aujourd'hui. Cet enclenchement qui n'en finit plus de guerre, nous avons besoin de paix pour l'humanité, pour l'avenir de l'humanité, pour l'avenir de nos enfants, pour ce qui nous reste de notre propre avenir également.
- Speaker #0
Ce que j'entends finalement, c'est que ça joue à deux niveaux. et que non seulement moi, les femmes sont là et présentes. plus. Elles sont victimes puisqu'il y a quand même eu des gros reculs pour le droit des femmes dans le monde récemment.
- Speaker #1
Les premières victimes dans les guerres, les premières victimes sont les femmes. Les femmes et les enfants. Est-ce que tu es au courant qu'au Darfour, les femmes sont systématiquement violées ? Il y a des viols de petites filles de 5 ans. On n'en entend pas parler. En République démocratique du Congo, pareil. En Ukraine, c'est ce qui se passe. En Afghanistan et... Le corps et les vies des femmes ne comptent pas, Rosane, internationalement parlant. Nous n'entendons aucune sanction, aucune condamnation, et ça n'est nulle part mis dans les médias. Je ne comprends pas pourquoi est-ce que les vies des femmes, les corps des femmes comptent si peu internationalement. Nous sommes la moitié de l'humanité et nous ne sommes pas prises en compte. C'est pour ça que je dis... Il faut absolument créer ce mouvement pour dire, nous sommes là, nous existons, et nous sommes là pour la paix et pour l'avenir positif de l'humanité.
- Speaker #0
Exactement. Parce qu'il y a défendre les femmes, mais au-delà de ça, ce que j'entends, et on le voit aussi dans notre sphère, finalement dans l'entreprise, même dans les familles, c'est que la présence de femmes apporte une énergie différente qui amène des décisions différentes, un regard différent. Et là, moi, je n'avais jamais vu ça comme ça avant qu'on se parle, en me disant, mais mon Dieu, mais bien sûr, on est tous horrifiés de voir la tournure que prend le monde, les démonstrations de force, de muscles, de tout ce que ça engendre de terreur, mais aussi de sentiments d'impuissance qu'on ressent certainement tous. Et je trouve ça hyper intéressant de se dire, mais oui, mais en fait, la solution est peut-être là. Est-ce que tu sais, est-ce que tu as une explication sur pourquoi cette résolution qui a été prise il y a 20 ans, c'est ça que tu me disais ? Elle n'a pas avancé.
- Speaker #1
En 2000. Parce que, pourquoi elle n'a pas avancé ? Parce qu'il n'y a pas de volonté. Et puis très honnêtement, nous y sommes pour quelque chose. Nous devons créer ce mouvement pour exiger qu'elle soit implémentée. Vous voyez ? Parce que quand les femmes ne disent rien, je vais te dire très sincèrement, je parlais avec quelqu'un de l'ONU, il me dit, quand il y a eu ce qui s'est passé, la révolution en Iran, des femmes, et que personne n'a bougé, le mouvement féministe international n'a pas bougé. Avec ce qui s'est passé en Afghanistan, le mouvement féministe international n'a pas bougé. Pourquoi est-ce que les hommes vont bouger ? Très honnêtement, si nous ne défendons pas notre cause, toutes les femmes engagées pour les droits des femmes l'ont dit. Si nous ne défendons pas notre cause, nous allons avoir un recul énorme. Vous savez, il y a un pasteur aux États-Unis qui a dit « Pourquoi est-ce qu'une femme devrait aller voter ? Le mari va voter pour toute la famille et pour les femmes. » Il y a ces... petit recul un peu partout dans le monde qui fait que nous, on pense qu'on a tous nos droits, que c'est normal. Rosane, il faut qu'on pense à une chose. Ça ne fait même pas 70 ans que des jeunes filles ont le droit d'aller étudier, d'apprendre, de se cultiver. Moins de 50 ans qu'on a le droit de vote dans l'armée, dans les postes politiques. Beaucoup moins que ça, c'est-à-dire que c'était hier qu'on a commencé à avoir nos droits pour avoir le minimum. Et donc, beaucoup à faire encore. Aujourd'hui, les femmes ont oublié, elles pensent que c'est normal de pouvoir travailler, d'avoir des droits, d'étudier, d'avoir des droits politiques. Non, c'était hier où on ne les avait pas. Et aujourd'hui, il paraît qu'il y a une résurgence de mouvements masculinistes qui sont... contre tout ça et qui sont pour femmes en cuisine et pour procréation et ça s'arrête là. Et donc il faut absolument qu'on se mobilise internationalement pour nos enfants, pour nos filles et surtout pour l'avenir de l'humanité. Parce que je pense qu'il n'y a pas un seul homme ou une seule femme qui n'est pas aussi issu d'une femme, d'une mère. Donc il faut penser à ça, il faut penser à l'avenir de l'humanité. Et très honnêtement, moi j'ai une grande expérience. Quand j'étais, parce que je travaillais pour ONU Femmes, et dans un pays qui était en guerre, nous avons réuni une quarantaine de femmes dont le mari de celle-là avait tué le fils de l'autre, le frère de celle-là avait tué le père de l'autre, etc. Il y avait du sang entre ces femmes. Nous les avons réunies et nous étions extrêmement inquiètes. Et que veux-tu qu'il se passe au bout d'une heure ? Ces femmes se sont jetées, elles ont pleuré, elles se sont jetées dans les bras les unes des autres et elles ont décidé de faire une coalition pour la paix. paix pour leur pays. Ce que je veux dire, c'est que les femmes peuvent transcender le sang qu'il y a entre elles et l'aigreur qu'il y a entre elles pour penser à l'avenir de leurs enfants, leur famille, leur pays, alors que malheureusement, les hommes, c'est plus « je suis plus fort, je vais te montrer qui je suis » , etc. On voit ce qui se passe. Du moins, les quelques hommes qui sont en train de gérer l'humanité aujourd'hui, le monde, ne nous mènent pas là où nous voudrions aller. Aujourd'hui, il y a moins de 10% des femmes qui sont dans les processus de discussion pour la paix. C'est pour ça que nous voyons ce qui se passe actuellement. Nous avons absolument besoin de renverser la tendance et de reparler de paix.
- Speaker #0
En même temps, quand je t'écoute, je me dis que c'est tellement symptomatique d'une sorte de posture que nous prenons, nous les femmes. C'est-à-dire qu'on va donner de notre... temps, donner notre amour dans le foyer, s'occuper des tâches, des enfants, dans la sphère intime, et laisser tout ce qui est public, politique, on est encore là-dedans, le monde du travail est toujours un monde d'hommes conçu pour les hommes et où les femmes sont en train de se déchirer pour faire les deux, mais cet engagement pour la famille, le foyer, prend tellement d'énergie, en France on est encore à 70% des tâches domestiques et familiales qui sont pour les femmes, qu'après elles n'ont plus de jus. c'est-à-dire à vouloir s'occuper si bien des siens peut-être qu'on délaisse cette sphère plus extérieure plus politique parce que on se dit qu'on ne peut pas être partout je suis curieuse de t'entendre là-dessus il faut être organisé
- Speaker #1
j'ai eu la même chose, j'ai eu deux garçons qui sont maintenant des grands jeunes hommes mais ils sont à l'école de 8 à 4 donc on est organisé Et pendant ce temps-là, on peut faire beaucoup de choses. Et donc, je veux bien quand ils sont tout petits, d'accord, mais à partir d'un certain âge, il faut les responsabiliser. Et puis, il faut être organisé. Il faut bien organiser son temps et on peut tout faire. Je sais, on exige beaucoup des femmes, mais aussi si on a un compagnon ou un mari, division des tâches et aussi responsabiliser les enfants. Tout ça est possible, c'est-à-dire qu'ils rentrent et que chacun sache ce qu'il a à faire et comment aider la maman, parce que toute la tâche ne peut pas être sur le dos des mères, surtout si elle travaille. Je vais te dire très honnêtement, moi j'ai attendu quand même qu'ils aient 12 ans, 12-13 ans, pour pouvoir me lancer dans une carrière plus active. Et en attendant, j'étais très active, mais à 4 heures j'étais là pour les accueillir, etc. Et c'est ça en fait. qui fait que les femmes avancent moins vite, les carrières des femmes avancent moins vite que les carrières des hommes, parce qu'on a cette charge mentale, celle des enfants, etc. Mais ce que je veux dire, c'est que nous pouvons être organisés. Il y a des moyens de garde en France qui n'existent pas dans le monde entier. À Londres, dans d'autres pays, c'est beaucoup moins le cas. En France, nous avons cette chance. Nous devons être organisés et pouvoir compter sur les autres également, délégués. Et c'est comme ça qu'on peut y arriver. Être organisée, avoir un but, avoir une mission, c'est très important que les femmes soient indépendantes, financièrement, intellectuellement, et ne se mettre aucune barrière. Rosane, peut-être que tu n'es pas au courant, mais quand j'avais vu que les lois étaient tellement discriminatoires vis-à-vis des femmes, je m'étais dit, il faut que je sois législatrice pour changer ces lois. Et donc pour être législateur, il faut être députée. Et donc j'ai voulu être députée. Et puis bon, à l'époque, il n'y avait pas. Et puis en 2007, Sarkozy avait été président. Il avait inventé les députés des Français de l'étranger. Et il se faisait que j'étais... Il se faisait que je suis française, évidemment, mais nous étions en Afrique, puisque j'avais suivi mon mari pour son travail. Et je me suis dit, c'est une bonne idée. Pourquoi je m'étais dit que c'est une bonne idée ? Parce que le candidat du parti de Sarkozy... J'ai vu sur son blog qu'il disait l'Afrique comme c'est loin, l'Afrique comme c'est chaud. Je me suis dit, bon, ce monsieur, je le vaux largement. Je suis avocate, j'ai des connaissances, j'ai vécu en Afrique, j'ai vécu au Moyen-Orient, je connais tout ça et je me suis présentée pour être députée des Français d'étrangers pour toute la zone Afrique-Moyen-Orient. C'était quand même 49 pays. 49 pays. Une femme seule, avocate d'accord, mais à l'époque… Tu n'avais pas forcément le réseau,
- Speaker #0
tu n'avais pas l'appui d'un parti.
- Speaker #1
du tout, sans aucun parti, en indépendante. J'étais maman de deux enfants, de deux très jeunes enfants, et donc épouse et femme au foyer. Je me suis lancée dans cette aventure, parce qu'en France, on a cette chance, l'égalité des chances pour tous les candidats, c'est que si on a 5% des voix, l'État vous rembourse 45% des dépenses que vous avez faites. Moi, j'ai mis les 45% comme étant mon maximum. J'ai emprunté à la banque, je les ai convaincus que j'allais gagner les élections, j'étais d'ailleurs convaincue de les gagner. Et en fait, il m'a fallu, j'ai fait ces élections et j'ai eu un peu moins de 11% des voix. Il y avait 19 candidats de partis politiques français, moi j'étais une indépendante. J'étais numéro 2 au Liban et numéro 3 sur toute la circonscription, sur les 49 pays. Et le premier parti politique français qui a avoir des voix après moi a eu 5%. Moi, j'étais à presque 11% des voix. Qu'est-ce qui faisait la différence ?
- Speaker #0
C'est quoi dans ton message, tu crois ?
- Speaker #1
C'est lié aux femmes. Ma conviction, l'authenticité, la passion, l'humanisme et cette volonté qu'on a de vouloir changer les choses. Et je pense que c'est ça qui fait la différence entre nous et les autres. Les femmes ont cette force, cette authenticité, et les gens ont vu ça, ont cru dans mon message, et ont voulu que je les représente, parce qu'ils ont vu que ce que je faisais, c'est ce que les politiques ont oublié chez nous, c'est qu'on est au service des autres. Un homme politique, une femme politique, c'est pour être au service des concitoyens. Et aujourd'hui, les politiques ont un tout petit peu oublié ça, je trouve même beaucoup. Et je vais te dire, en 2007, j'étais à Paris et puis il y avait des élections municipales et je me suis présentée avec une liste de la société civile. Ça, c'était en 2007 et nous voulions changer pour le mieux. Nous voulions plus de transports en commun, nous voulions améliorer les routes, les écoles, etc. Et donc, je me suis lancée dans cette aventure avec des gens de la société civile, mais avec chacun qui était compétent dans ce domaine, des architectes. des sages-femmes, des médecins, tout ce qu'il fallait. Et nous avons eu, figure-toi, trois sièges, dont un à la mairie de Paris. Je m'occupais de toutes les médias, de la communication, etc. Un journaliste m'a dit « Vous vous lancez dans la vie politique ? » Et ça m'a étonnée. J'ai dit « Mais non, moi, je veux améliorer le quotidien de mes concitoyens. » Et là, j'ai compris que c'était ça, une femme politique, un homme politique. améliorer la vie de ses concitoyens. Et donc en 2012, j'étais bien consciente que j'étais une femme politique qui se lançait dans l'aventure, mais c'était pour améliorer le quotidien de mes concitoyens et non pas du tout pour avoir le titre d'être députée, mais pour le travail. C'est comme ça que quand la première fois on est parti avec mon mari au Cameroun, j'ai construit un orphelinat pour 100 enfants et aujourd'hui il est à 200 enfants. C'était en 98 ça. Et c'était juste pour essayer d'améliorer le quotidien du pays. dans lequel je vivais, qui était le Cameroun. Pendant trois ans, je savais que je ne resterais pas définitivement. Mais je l'ai fait parce que c'est important de pouvoir, si on peut, changer. Et après, au Gabon, j'ai travaillé avec les enfants des rues pour qu'ils aient un endroit où se loger la nuit et avoir un repas chaud pour ne pas que ces enfants soient soumis à toutes les horreurs que les enfants peuvent avoir la nuit, d'être violés, etc. Et ce que je veux dire à toutes les femmes, c'est que quand on veut, on peut. Ne vous mettez aucune barrière. Ne vous mettez aucune barrière. Si je m'étais dit au début « Oh, ben je suis une femme au foyer, maman de deux enfants, qui je suis pour faire cette aventure ? » Eh ben, je n'aurais jamais rien fait. Non, non, non, non. Ayez de grandes ambitions parce que en ayant de grandes ambitions, vous pouvez avoir des résultats. Et la même chose là, pour cette pétition que je fais « No peace without women » , « Pas de paix sans les femmes » , j'ai réussi à inclure Alors, Pour les Nations Unies, il y a les Nations Unies à Vienne, à Genève, à New York. Et ils ont des institutions de la société civile, des ONG qui s'appellent NGO, CSW, Genève. Et il y en a à Vienne et il y en a à New York. C'est celles qui chapeautent toutes les ONG qui sont accréditées auprès des Nations Unies. Et ça a été très rare. J'ai réussi à ce que ces trois institutions soient unies avec moi. pour cette pétition et nous allons faire un grand événement à New York, au CSW, c'est-à-dire à la Commission sur le statut de la femme à New York, en mars, pour la Journée internationale des droits de la femme, qui dit « pas de paix sans les femmes » . Et donc, quand j'avais présenté ça à l'une des trois institutions, elle m'a dit « Patricia, tu vois grand » . Je lui ai dit « il faut, il ne faut pas avoir peur de voir grand » . Et donc, c'est ce qu'on a fait et elles ont été d'accord. Les trois institutions, se sont alliées et nous allons faire cet événement pour dire pas de paix sans les femmes, nous avons besoin de femmes, nous avons besoin de paix à l'international. Et donc s'il y a une de tes auditrices qui sera à New York pour mars, ça commence à partir du 9 mars, vous êtes les bienvenus à cet événement qui aura lieu aux Nations Unies à New York. Et donc ne jamais se mettre de barrière, ne jamais se dire je ne suis qu'une femme. Je suis une femme et c'est très fort. C'est-à-dire, je suis quelqu'un de puissant. Et très honnêtement, je ne me suis jamais pensée, je ne me suis jamais réfléchie à moi-même en tant que femme. J'ai toujours pensé à moi en tant que personne, voulant faire le bien autour de soi, avancer, faire avancer les choses pour les autres. Voilà.
- Speaker #0
Yes. Bon, il y a plein de questions qui me viennent, mais déjà, j'ai envie de réagir à ça parce que... Tu sais que je travaille avec les femmes et je me rends compte que déjà, moi, je travaille sur la première strata qui est de dire « Non, mais travaillons sur la charge mentale, sur ces conditionnements, sur ces injonctions qu'on se donne pour déjà repenser à soi. » Tu vois, moi,
- Speaker #1
je suis...
- Speaker #0
Et je me rends compte à quel point c'est encore plus important parce que en faisant ça, on peut aussi introduire une autre dimension qui est la dimension de rayonner et d'aller agir dans le monde aussi. tant qu'on est trop focus sur ces injonctions, sur ce travail domestique, eh bien, on ne peut avoir notre voix, notre action, mise ailleurs. Et ça, c'est quand même extrêmement inspirant de se dire, eh oui, mais c'est vrai, alors pourquoi continuer à être autant dans ce système, ce fonctionnement, le stéréotype des genres, nos injonctions, nos habitudes, parce qu'on se coupe de tellement de choses. Et quand je t'écoute, je me dis, mais qu'est-ce qu'il t'a donné toi ? Parce que je vais revenir sur une autre question, notamment sur, on a tellement tendance, tu l'as dit, à se diminuer en fait, à se dire, je ne suis qu'une femme, je ne suis pas capable. Moi, je l'ai beaucoup vu en entreprise où les hommes n'ont pas de mal à dire, moi je peux, je fais ça. Ils ne se posent pas trop la question, alors que nous, on va toujours, enfin toujours, beaucoup de femmes vont plutôt se diminuer, ne pas oser. Et je pense que c'est un grand handicap que nous avons là, pour faire ces grandes choses.
- Speaker #1
Mais c'est dû à notre éducation, parce que malheureusement, nous élevons les petites filles différemment des petits garçons. Et aujourd'hui, je lance un appel à toutes les femmes, à toutes les mamans, donnez les mêmes possibilités à vos filles et à vos garçons. Parce que quand ils sont petits, on va dire à la petite fille, « Non, ne fais pas ci, non, ne fais pas ça, non, ne sors pas le soir, non, c'est dangereux. » C'est vrai que c'est dangereux, très honnêtement, c'est très dangereux. Jusqu'à aujourd'hui, j'ai ma mère qui me dit... Tu vas seule, je veux dire, la nuit, à l'aéroport ou des choses comme ça. Je suis folle, je dis, mais ça fait dizaines d'années que je vis seule, que je fais toute seule. Je comprends, parce qu'effectivement, disons qu'à Paris, 8h du soir, la nuit, si tu marches dans la rue, tu regardes quand même derrière toi, tu fais très attention à ce qu'il n'y ait personne, ce que les hommes n'ont pas à faire.
- Speaker #0
Ils ne connaissent pas. Nonobstant cela, je dirais, nous avons de telles capacités qu'on n'a pas besoin. On éveille nos filles à ces dangers-là, mais il ne faut pas les emprisonner dans cela. Il faut leur dire tu peux faire tout ce que tu veux. L'avenir est devant toi. Il faut leur donner des role models. Il faut qu'il y ait de plus en plus de femmes qui montrent qu'on est capable. On est capable de tout. Bonne note. toutes les compétences, toutes les capacités. Donc, ne nous limitons pas. Et nous, en tant que mère, ne limitons pas nos filles.
- Speaker #1
Est-ce qu'elle explique ? Comment tu expliques, toi, dans ton parcours, que tu as eu cette force ? Quand on t'écoute, on a l'impression que c'est évident, quoi, cet engagement pour toi et ces limites que tu n'as pas.
- Speaker #0
Et je vais te dire, je vais dire une chose, je vais le dire quand même à tout le monde. J'ai souvent, j'ai eu des moments de désespoir profond. J'ai été désespérée, j'étais dans mon lit, j'ai pleuré. Mais je me suis dit, le lendemain est un autre jour. Et le lendemain, il a fallu que je trouve la force en moi de me relever. Parce que si tu ne te relèves pas, il n'y a personne qui est là pour te relever. Il ne faut pas croire que je suis superwoman. Pas du tout. Pas du tout. Mais on a cette force en nous. C'est incroyable. Les femmes ont une force exceptionnelle. Je veux dire à tout le monde qu'on peut, on a le droit, c'est normal, nous sommes humaines, d'avoir des moments de désespoir total. Ça peut durer du temps aussi. Après les élections municipales à Paris, à la mairie, et quand j'ai gagné ces trois places et qu'on a eu une place à la mairie de Paris, j'étais invitée partout, je commençais à avoir un avenir politique et mon mari a dû quitter pour un pays en Afrique. Est-ce que tu te rends compte ? On avait deux petits-enfants. Il a fallu que je fasse quoi ? Que je suive mon mari parce qu'on ne va pas diviser la famille. Donc j'ai tout perdu. J'ai tout perdu. Je suis repartie là-bas. Et quand je suis arrivée là-bas, c'était au Cameroun. Je peux te dire que pendant un mois peut-être, j'étais vraiment pas bien en me disant, je fais quoi ? Je fais quoi ? J'étais totalement désespérée. À notre pays, rien. À recommencer à zéro. Et ça m'est arrivé plusieurs fois dans ma vie.
- Speaker #1
Tu as eu l'impression de te sacrifier ?
- Speaker #0
Certainement. Mais bon, je me suis... Il faut se relever. Il ne faut pas, disons... partir dans les lamentations, etc. Il faut tout de suite se dire, qu'est-ce que je fais ? Qu'est-ce que je fais ? La solution. Mes enfants, tu sais, quand ils avaient un petit problème, ils venaient en pleurant, je disais, c'est quoi la solution ? Qu'est-ce que tu préconises ? Et c'est ça, il faut être dans le... Bon, c'est quoi que je dois faire ? Il faut avancer. Et donc, c'est comme ça que j'ai... Parce que je n'avais pas le droit, en tant que femme d'épouse d'expatriés, de travailler. Et donc, j'ai construit cette orpheline-là. J'ai fait mes recherches, je suis partie partout, j'ai vu où est-ce qu'il y avait le plus de besoins. Et voilà. Cette orphelinat, tous les enfants, la plupart ce sont des filles parce qu'on jette plus les filles que les garçons, vont à l'école et puis on leur apprend un petit métier. Et comme ça, à 18 ans, quand elles sont obligées de quitter l'orphelinat, elles ne sont pas livrées à la rue. L'orphelinat leur donne un petit logement. Elles ont un métier en main et elles peuvent travailler et avoir un avenir.
- Speaker #1
Donc on entend quand tu parles de cette grande force et détermination. qui est, je dois l'avouer, un commune à énormément de femmes. Moi, je coache plein de mamans solo qui sont mamans solo avec un, deux, trois, quatre. J'ai même une maman solo avec cinq enfants et elles le font.
- Speaker #0
Grand respect. Grand respect.
- Speaker #1
C'est vrai. Mais je le dis, et la flamme, ta flamme à toi, elle vient d'où, cette flamme intarissable, j'ai l'impression ?
- Speaker #0
De temps en temps, elle s'éteint devant les obstacles parce qu'après, on est revenu à Paris, tout le monde m'avait oublié, il a fallu réinventer, etc. Après, on est repartis dans un autre pays, quitter le Gabon. La même chose. Le premier mois, je me dis, je me suicide. Je fais quoi ? J'en peux plus. Et après, il faut se relever.
- Speaker #1
Mais il y a toujours cette flamme.
- Speaker #0
Parce que je crois que... Mon fils me dit, maman, tu veux bien arrêter de vouloir sauver le monde ? Il m'a dit ça il n'y a pas longtemps. Je n'avais pas cette impression que je voulais sauver le monde. Mais en fait, C'est plus fort que moi. Là où je suis, j'essaye de changer pour le meilleur ce que je peux. Et j'ai cette conscience en moi que si je ne fais pas quelque chose pour aider, pour changer, ma conscience ne me laisse pas tranquille. Je ne peux pas. Beaucoup de gens me disent, mais qu'est-ce que tu veux ? Repose-toi, prends du temps pour toi, etc. Je ne peux pas. C'est plus fort que moi. J'ai besoin d'aider. J'ai besoin d'être dans l'action. J'ai besoin. Parce que je peux. Donc, pourquoi je ne vais pas donner ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et je pense que toutes les femmes ont ça en elles. Et peut-être que l'origine, c'est que ma grand-mère maternelle a beaucoup cru en moi. Quand j'étais petite, elle m'a toujours dit, tu vas faire des grandes choses. Ça a été en même temps un poids et une force, tu vois. Parce que je disais tout le temps, mais qu'est-ce que je dois faire ? Mais qu'est-ce que je dois faire pour être quelqu'un de bien, etc. Mais elle a cru en moi. Et je vais te dire le plus bizarre encore, une amie à ma mère. qui m'avait rencontrée, elle m'a dit « Tu seras présidente de la République, tu es une jeune femme fantastique. » Et ces femmes qui ont créé en moi ont fait que j'ai cette force aujourd'hui. C'est très important. Je dis toujours une grand-mère, une amie à ma mère. Tout ça, ça donnait de la force. Et évidemment, ma mère qui a toujours lu toute la littérature française, féministe, Françoise Sagan, Simone de Beauvoir, etc. Tout ça, ça aide. C'est-à-dire que quand on lit ces livres-là, on se rend compte qu'on peut tout faire.
- Speaker #1
Oui, oui. Et je pense aux femmes qui nous écoutent et qui se disent, oui, bon, en fait, j'aimerais bien, mais qu'est-ce que je peux faire, quoi ? Tu vois, ce serait quoi les premiers actes d'engagement qu'elles peuvent faire ?
- Speaker #0
Déjà, toutes les femmes ne sont pas obligées d'avoir les mêmes engagements que les miens. Chacune a sa propre histoire. Ça peut être beaucoup plus modeste, ça peut être beaucoup plus fort. Tout le monde n'est pas née pour faire la même chose. Mais chacune a quelque chose en elle qu'elle a envie de faire ou dans lequel elle se voit. Lancez-vous. Ça peut être même un petit niveau, quel que soit X. Chacune a quelque chose qu'elle aime dans la vie. Maintenant, je ne suis pas contre les mamans qui sont contentes d'être ma mère au foyer, etc. C'est un respect. J'ai été maman au foyer, j'ai été dévouée à ma famille. C'est très respectable. Mais à un moment donné, j'ai eu besoin de plus. Et donc, voilà. Oui, chacune peut avoir une ambition personnelle. Ça peut être seulement d'être épouse et mère. Je n'ai aucun problème là-dessus. Je parle pour les autres qui ont envie d'être plus. Parce que ce qui se passe à un moment donné, les enfants quittent le nid et là, il y a un grand vide. Et si vous n'avez pas préparé ce vide-là, un avenir pour vous, ça, ça peut être très dur. Donc, préparez-le doucement depuis le début. Ou ça peut être au moment où ils quittent le nid. Mais il faut avoir un... projet d'avenir qui fait que aujourd'hui nous vivons plus longtemps moi je suis quelqu'un entre guillemets qui suis, je suis pas prendre sa retraite c'est une petite mort c'est une mort lente et j'ai observé beaucoup de personnes à la retraite c'est là où tout l'organisme ça fait en fait exactement, parce qu'on n'est plus dans l'action moi je suis pour rester dans l'action jusqu'au bout
- Speaker #1
Oui. Oui, il y a des études qui ont montré ça, que le fait de garder une activité, un job, c'est souvent un peu partiel en fait.
- Speaker #0
Et ça maintient la tête, le corps, etc. Et donc moi j'ai dit à toutes les femmes, vous avez un projet en vous, et bien doucement, doucement, travaillez-le. Ça va peut-être prendre du temps, peut-être ça prend un an, deux ans, c'est pas grave, c'est pas grave. Réalisez-le.
- Speaker #1
Oui, je suis tellement d'accord avec toi. Moi je parle beaucoup d'équilibre. Et l'équilibre, on le voit à l'instant T, très peu, finalement, on le voit dans le temps. Et puis, c'est vrai qu'on a nos engagements. Et puis, à un moment donné, la priorité, elle est mise sur les enfants petits. Et puis après, quelquefois, un peu plus le travail parce qu'on développe quelque chose. Et en même temps, il ne faut pas que ça nous enferme. C'est souvent ça que je dis. Il ne faut pas qu'il y ait des parties de nous qui soient oubliées, mises au placard, sacrifiées. Quand je te disais, tu as eu l'impression d'être sacrifiée, tu me disais avec beaucoup de sincérité, ben ouais, un petit peu. Mais tout ça, c'est... On peut faire des choix temporaires Et savoir que c'est temporaire. Aujourd'hui, je fais ça, je m'engage là-dessus, c'est ça qui est juste. Mais je n'oublie pas cette partie de moi qui a envie d'eux. Et je n'oublie pas qu'un jour, je ferai ça. Et je n'oublie pas que... Voilà. Et je crois que c'est important, parce que c'est rassurant pour les femmes de se dire qu'elles n'ont pas, entre guillemets, à choisir et à se sacrifier. Et qu'en même temps, faire des choix temporaires, c'est juste. Et que, comme tu le dis, la vie est longue. Il y a les moments où on matière. Il y a des moments où il y a d'autres choses. qui correspond aussi à des moments où nos enfants ont besoin qu'on leur foute la paix.
- Speaker #0
Voilà, quand les enfants étaient à l'école, je m'étais engagée auprès de l'école, j'étais représentante des parents d'élèves, j'ai fait les élections pour être représentante des parents d'élèves, je m'occupais des enfants, j'étais au bureau d'orientation, je me suis occupée, je m'occupais de mes enfants, mais en même temps je m'occupais aussi de leur avenir en faisant ça, et de l'avenir des autres enfants.
- Speaker #1
Donc tu as aussi fait des quêtes ? Oui,
- Speaker #0
mais bien sûr, je me suis occupée comme ce n'est pas possible de tout ça. J'étais une maman à plein temps, une maman et une épouse à plein temps. Je suis toujours une maman à plein temps, etc. Bon, maintenant, ils sont grands et ils ont leur propre vie. Mais je suis toujours là pour les fêtes, pour tout ça. Être, dis donc, être une femme dans la vie active n'empêche pas du tout d'être une mère et une épouse. Mais alors là, pas du tout. Et aussi, je redis à tout le monde, on n'a pas, tout le monde n'a pas besoin d'être tout en même temps. Vous avez le droit d'avoir vos choix. La plupart des hommes n'ont pas du tout à avoir ce choix à faire parce que c'est la carrière d'abord et puis il y a la femme qui s'occupe de la famille, des enfants, alors que nous avons cette charge mentale en plus qui fait que j'admire. les femmes, parce que nous avons tout ça en plus. Donc, le travail, plus cette charge mentale-là, qui est, comme tu dis, à plus de 70%, c'est nous qui l'apportons.
- Speaker #1
Exactement. Puis en même temps, le fait d'être comme ça, en prise avec le foyer, la construction des enfants, et d'être très investie là-dedans, c'est aussi, je crois, ce qui nous donne une grande force et une légitimité. On parle beaucoup de force, d'amour, voilà, c'est ça aussi qui fait qu'on peut garder cet alignement, on peut garder cette authenticité dont tu parlais qui nous permet, peut-être nous-mêmes, de faire des choix aussi audacieux. C'est pas facile, quoi, d'arrêter de travailler ou de se dire à un moment donné, j'essaie d'avoir des enfants, donc je vais peut-être mettre ma carrière un petit peu en stand-by. Mais c'est pas grave, j'ai confiance que je reprendrai après. Tu vois, c'est aussi beaucoup d'audace quand on le regarde.
- Speaker #0
C'est très, très dur. Moi, je ne conseille à personne des mamans d'arrêter de travailler parce que reprendre le travail et extrêmement, extrêmement dur, pas pour nous, mais pour les employeurs, d'avoir confiance en nous après un grand arrêt de travail, c'est très difficile. C'est pour ça que je préconise auprès des femmes de ne pas arrêter leur travail. Si elles peuvent rendre un temps à mi-temps, ce serait très bien, mais sinon essayez de continuer, même si c'est très dur, mais vous en aurez les bénéfices plus tard. Et aussi pour la retraite, etc. Voilà. Moi, je l'ai fait, ça a été Merci. extrêmement dur de reprendre le monde du travail. Extrêmement dur. Et je le répète, ce n'est pas pour nous que c'est dur. C'est de trouver du travail qui est très dur pour quelqu'un qui a... Oui,
- Speaker #1
c'est l'étiquette qui est calquée, de toute façon.
- Speaker #0
Nous avons dû faire même, avec une organisation française, des trainings pour les femmes, pour les coachés, pour toutes ces femmes qui se sont arrêtées pendant 10, 15 ans pour élever leurs enfants, pour remplir ce vide. pour le remplir vis-à-vis des employeurs. En plus, vous ne savez plus faire d'entretien d'embauche, vous ne savez plus comment chercher du travail, vous êtes mise à l'écart concernant tout ce qui est l'Internet, tout ce qu'il faut faire, l'intelligence artificielle, etc. Donc moi, je conseille à toutes les femmes de ne pas arrêter de travailler. Oui, oui. Continuer de faire en sorte de pouvoir tout assumer et d'essayer d'avoir, si elles ont un compagnon, que lui aussi les aide pour assumer cela. Parce qu'après, ça fait un retard terrible, terrible pour leur avenir professionnel. Oui. On peut le surmonter, je l'ai fait. Mais c'est quand même beaucoup enduré et souffert. J'essaie de donner mon conseil extrêmement de grande soeur aux autres femmes. Et puis l'économie, pardon, je veux dire, l'indépendance économique est extrêmement importante. Ça vous donne une indépendance pour l'avenir, pour votre propre avenir. Parce qu'il faut... Il ne faut pas oublier, avec les incidents de la vie, avec tous les divorces, avec toutes les femmes qui se retrouvent à terre, quittées par un mari pour une autre femme plus jeune, etc. Avoir une indépendance financière est très important.
- Speaker #1
Oui, pour ne pas être vulnérable dans le mauvais sens du terme.
- Speaker #0
Oui, pour pouvoir reconstruire sa vie.
- Speaker #1
Est-ce que tu as un message d'espoir par rapport aux femmes, à leur place ? Parce que c'est vrai qu'on a dépeint quelque chose d'assez triste, un qu'on ressent tous. Je ne sais pas si tu as eu ça, moi, en début 2026. Ça a été compliqué pour moi de souhaiter les bonnes années. Je trouve que cette atmosphère internationale est tellement lourde. C'est rare. Tu vois, moi, je suis une éternelle optimiste, mais je sentais vraiment que c'était compliqué, ça. Est-ce que tu as des signaux, des espoirs, des choses ? Alors.
- Speaker #0
Moi, je dirais, le poète Louis Aragon a toujours dit « l'avenir de l'homme, c'est la femme » . Moi, je dirais que j'ai la conviction que l'avenir de l'humanité, ce sont les femmes. Je crois en les femmes. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, je crois en notre puissance collective, si nous nous unissons, main dans la main, déjà pour la paix dans le monde. et je demande à chacune et à chacun de signer cette pétition et de l'envoyer. Si chacune fait signer cette pétition par cinq autres, nous arrivons à 10 000 signatures pour bouger les choses à l'international pour la paix. Ma conviction profonde, c'est que l'avenir de l'humanité, ce sont les femmes.
- Speaker #1
Oui, le temps des femmes. Tentez autre chose déjà, parce que finalement... Ce monde-là dirigé par les hommes ne nous a pas amené, quand tu dépeins le tableau, sur l'argent dépensé dans la guerre et non pas dans la paix. Exactement.
- Speaker #0
Et donc mon espoir, le seul espoir de l'humanité, c'est que les femmes s'investissent plus dans la chose publique, qu'elles soient plus dans les postes de décision, qu'elles soient plus à la tête de tous les postes décisionnaires dans le monde, que ce soit au travail, que ce soit... en politique et certainement encore plus pour la paix. Et je voulais dire à toutes les femmes qui sont dans les entreprises, les hommes, j'ai oublié, je crois que c'était, qui c'est qui avait dit ? Je crois que c'est Margaret Thatcher qui disait « On atteindra l'égalité entre hommes et femmes quand des femmes incompétentes arriveront à des postes compétents. » Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, on a beaucoup d'hommes incompétents à des postes de haute compétence. Mais eux, ils ne se posent pas la question. Je suis un homme, donc... que je peux, alors que nous, nous allons nous dire non, est-ce que non, alors que nous avons tout ce qu'il faut pour y être. Donc, n'ayez plus de vous, avancez et vous êtes capables, vous êtes encore plus capables, parce qu'avec tout ce qu'on endure, avec tout ce qu'on a en plus, nous sommes bâtis, nous avons été créés pour être ces femmes, ces super femmes. Nous pouvons, ne doutez jamais de vous, vous pouvez. Si vous avez la volonté, Vous pouvez. Donc faites-le. Et surtout, c'est-à-dire pour un même poste, vous ne dites pas, oui, lui sera peut-être meilleur. Non, non, non. Vous êtes la meilleure. Vous êtes la meilleure et vous en ferez meilleur usage que lui. Voilà. Je ne suis pas contre les hommes. Attention, main dans la main. Moi, je crois que main dans la main, hommes et femmes, nous allons avancer. Mais je dis aux femmes, ne laissez pas les autres passer devant vous en vous disant, ils valent mieux que moi. Non, Nous nous valons. Honnêtement. N'ayez pas la conscience pas tranquille si vous prenez du temps pour vous, vous avez le droit. Les hommes ne se posent pas la question. Et vous savez, les études montrent que quand vous donnez de la capacité aux femmes, que ce soit pécuniaire, financière, etc., elles vont plus dépenser pour la famille, pour les enfants, alors que les hommes ce sera plus pour des plaisirs personnels. Donc investissez dans les femmes. Et nous étions à Paris au Paris Peace Forum. Et c'était une grande réunion. Et ils parlaient, ils parlaient de comment faire, etc. Et puis, j'ai pu avoir la parole. Et je leur ai dit, investissez dans les femmes. Et alors, ça a été la découverte du siècle. Tout le monde a applaudi, hommes et femmes. Ils n'y avaient pas pensé.
- Speaker #1
C'est fou, hein ?
- Speaker #0
On veut un avenir meilleur. Investissez dans les femmes. Et j'y crois profondément.
- Speaker #1
Oui, ça me refait penser à cette étude qui avait été faite sur le QI d'un groupe. et que le QI d'un groupe pouvait être déterminé par le pourcentage des femmes qui étaient dedans, en fait. Parce qu'elles vont inciter à la communication, à l'écoute, à l'empathie, et donc ça améliore aussi le collectif, la capacité du collectif. Donc c'est ce que vous disiez.
- Speaker #0
Et pour cette histoire de paix et guerre, j'étais aussi dans une conférence où il y avait la prix Nobel de la paix, qui est ukrainienne, je n'ai pas son nom en tête, et elle a dit... Quand ils prennent des décisions pour la paix pour l'Ukraine, en disant « l'Ukraine devra céder ce territoire à la Russie » , elles disent ça, c'est des décisions d'hommes. Pourquoi ? Parce que quand on parle de territoire, moi en tant que femme, je pense aux êtres humains qui sont dans ces territoires. Tous les hommes qui vont être emprisonnés ou envoyés en Russie, tous les enfants qui vont être déportés parce que c'est ce qui se passe actuellement. en Russie et élevés en tant que Russes et non pas Ukrainiens, toutes les femmes qui vont être violées, toutes ces vies humaines qui vont être sacrifiées. Les hommes pensent en matière de territoire, et c'est parce qu'il n'y a pas eu de femmes dans ces négociations de paix qui ont pensé aux êtres humains qui vivent sur ces territoires-là. Il ne s'agit pas de céder un territoire, il s'agit de vies humaines, de centaines de milliers de vies humaines sacrifiées. Et donc, c'est pour ça que je dis qu'on a besoin des deux. On a besoin de cette vision. masculine, mais on a besoin de cette vision pour avoir un meilleur avenir pour l'humanité.
- Speaker #1
Donc cultiver l'audace et cultiver l'exigence en soi et quand on sent que c'est défaillant, s'équiper, s'entourer, se faire accompagner pour le développer.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Ça finalement, probablement, les deux qualités qui manquent, et ce n'est pas les compétences. Et ce n'est certainement pas non plus le regard et ce qu'on en fera de bien.
- Speaker #0
Je vais te donner un petit exemple. J'ai une femme, une fantastique femme, qui me dit, qui me dit, mais je ne suis rien, je fréquente ce monsieur, il est telle, telle chose, et moi je ne suis rien. J'ai dit, comment tu es rien ? Elle, elle a un brevet de skipper. Elle sait piloter des bateaux. Et elle a fait un brevet de pilote d'avion. J'ai dit, mais combien ? d'hommes dans le monde entier ou de femmes ont ces compétences que tu as. Combien ? Moi-même, je ne les ai pas. Tu es quelqu'un d'exceptionnel. Donc réfléchissez, pensez en vous aux choses exceptionnelles que vous avez, que d'autres n'ont pas. Que ce soit que vous avez accouché dans des souffrances terribles, que vous avez élevé des enfants. C'est une, si vous voulez, le foyer est un microcosme de la société. Vous êtes en train de gérer une petite, une mini-entreprise, que ce soit financièrement, que ce soit avec le personnel, avec tout. Vous êtes en train de le faire et vous ne vous rendez pas compte. Pour vous, c'est un truc ordinaire de mère. Non, non, c'est quelque chose d'exceptionnel. Et donc, vous le transposez à plus grande échelle. C'est tout. C'est tout. Donc, retrouvez en vous. Mettez-vous avec un papier, un crayon. Marquez tout ce que vous avez fait. tout ce que vous avez pu réaliser et doucement, doucement, vous allez voir que vous êtes cette personne exceptionnelle. Et si vous ne l'avez pas encore réalisé, il y a encore grand temps.
- Speaker #1
Alors la dernière question de mon podcast toujours, c'est, tu y as répondu largement, mais j'aimerais bien avoir ta réponse éclair. Pour toi, quel est le plus grand défi des femmes et quelle est leur plus grande force pour l'accomplir ?
- Speaker #0
Le plus grand défi des femmes, c'est de croire en elles. C'est un grand défi. Et vraiment, parce qu'on a été éduqués à faire passer les autres avant soi. Donc, le grand défi, c'est de croire en soi. Et la seconde partie, c'était ?
- Speaker #1
Faire plus grande force pour le faire,
- Speaker #0
pour le relever. Notre force, nous sommes exceptionnels.
- Speaker #1
Si vous n'avez pas entendu 40 fois le mot exceptionnel dans ce podcast, vous ne l'avez pas entendu.
- Speaker #0
Voilà. Écoute, nous sommes, je vais te dire, nous... Nous avons un corps qui est fait pour avoir des enfants. On va grossir, on va mincir, on va changer d'étape. On était une jeune fille, on devient une femme. Tout le temps.
- Speaker #1
Tout le temps.
- Speaker #0
C'est comme un parcours…
- Speaker #1
Plus linéaire. Oui, c'est vrai. C'est vrai. Hormonalement, en tout cas, c'est assuré.
- Speaker #0
Et après, la ménopause. Et je veux dire, regarde toutes les étapes d'une vie qu'on traverse et on essaye de rester toujours les mêmes. C'est une énorme force. Mais on a été créé comme ça, donc on a cette force-là, et elle est supérieure à toutes les autres. Nous sommes des êtres exceptionnels, fantastiques, dotés d'une force inimaginable. Utilisons-la.
- Speaker #1
Merci pour toute cette inspiration, ce regard sur le monde, ton engagement. Je vais mettre en lien dans les notes de l'épisode le lien pour signer la pétition et surtout pour renvoyer cette pétition et en faire la promotion à cinq autres personnes pour que ça puisse être entendu. C'est peut-être le premier geste que l'on peut faire déjà. C'est-à-dire signer et aussi s'engager à se dire, tiens, je le partage parce que je prends ma voix et je dis qu'elle compte et je peux influencer d'autres femmes ou d'autres hommes à dire, tiens, mais ça vaut le coup et j'ai écouté ce podcast et vraiment, je pense que il y a des choses qui se jouent maintenant. et il faut qu'on se bouge et rien que partager et défendre ça c'est déjà prendre son leadership à ce niveau-là pour le faire et contribuer dans ce mouvement et ce collectif qu'on peut voilà soyez dans l'action et soyez fiers de vous d'avoir contribué à
- Speaker #0
la paix dans le monde je suis persuadée que nous pouvons le faire donc aidez-nous aidez-moi aidons-nous aidons nos enfants en signant cette pétition pour la paix je suis sûre qu'on peut changer les choses
- Speaker #1
Merci beaucoup Patricia.
- Speaker #0
Merci à toi, Reven.
- Speaker #1
A très bientôt. Ciao, ciao.