Speaker #0Bienvenue à toi, cher auditeur, et merci de nous rejoindre pour l'aventure Les Carnets de Frissons, cette édition spéciale, mois d'octobre, dans lesquelles nous parlerons chaque semaine d'un roman profondément angoissant, omnubilant, oppressant, bref, j'espère que tu as compris sur quel podcast tu as atterri aujourd'hui. Alors prends ta boisson chaude, installe-toi confortablement, et c'est parti pour Les Carnets de Frissons. Bonjour à vous, chers auditeurs, aujourd'hui nous allons nous intéresser et nous plonger dans le roman Ils étaient dix d'Agatha Christie, sûrement l'un des plus célèbres de l'autrice, publié en 1939. Vous imaginez que ça fait presque, à quelques années près, 100 ans. Pourtant, contrairement à beaucoup de ces enquêtes, ici il n'y a ni Hercule Poirot, ni Miss Marple, pas de détective brillant qui arrive pour remettre de l'ordre dans le chaos. Ici, Agatha Christie nous enferme avec 10 inconnus sur une île isolée. Alors, pourquoi Ils étaient 10 continue-t-il d'être aussi efficace presque un siècle après sa publication ? Voici 3 raisons de frissonner avec Ils étaient 10. Première raison de frissonner, parce que personne ne peut quitter l'île. Tout commence par une simple invitation. 10 personnes qui ne semblent a priori avoir aucun lien entre elles sont conviés sur une île située au large des côtes anglaises. Certaines pensent avoir été invitées par des amis, d'autres viennent pour travailler. Mais lorsque les invités arrivent sur place, les propriétaires sont absents, et rapidement, une voix enregistrée retentit dans la maison. Et à partir de là, le piège se referme. Et c'est précisément ce qui rend le gros moment aussi angoissant. Parce que l'île fonctionne comme un huis clos absolu. Il n'y a aucun moyen de quitter cette île, et la météo... compliquent les communications avec le reste du continent. Et lorsqu'un premier invité meurt, une certitude commence à s'installer. Le meurtrier est forcément parmi eux. Alors pour le lecteur, c'est extrêmement efficace parce qu'il n'existe aucun endroit sûr et que la maison devient une prison. Les personnages ne sont pas simplement confrontés à un tueur, ils sont enfermés avec lui sans savoir qui il est. Deuxième raison de frissonner. Parce qu'Agatha Christie transforme chaque personnage en suspect. Et c'est probablement l'un des mécanismes les plus brillants du roman, c'est que très rapidement, les survivants vont comprendre qu'aucune personne extérieure ne semble pouvoir être responsable des meurtres. Donc c'est forcément l'un d'eux, et forcément l'un d'eux qui ment. Et à partir de ce moment-là, tout change, la paranoïa s'installe, et chaque personne devient un potentiel coupable. Tous les comportements sont analysés et on essaye de repérer les incohérents. Et en fait, on change constamment d'avis. C'est forcément lui. Et quelques lignes plus tard, on se dira, mais non, en fait, ça peut pas être lui. Donc c'est forcément elle. Agatha Christie joue un jeu psychologique très fort avec son lecteur. Elle nous donne des indices, puis elle fait tout tomber comme un château de cartes. Et donc c'est ça qui est très puissant dans ce roman, c'est que c'est un roman qui est basé sur la méfiance et sur l'attente. Troisième raison de frissonner avec Ils étaient dix, parce que les meurtres suivent une mécanique terrifiante. Dans la maison résonne une comptine. Une comptine qui raconte la disparition successive de dix petits personnages. Au départ, cette comptine, elle peut sembler presque anodine. Sauf que les invités vont comprendre progressivement quelque chose d'horrible. Qu'en fait, cette comptine, elle parle d'eux. Et que le prochain meurtre est déjà annoncé. En conclusion, ce qui est vraiment frissonnant dans ce roman, c'est qu'il n'y a rien de surnaturel. Il n'y a pas de fantôme, il n'y a pas de créature, il n'y a pas de pouvoir mystérieux. Il y a seulement une atmosphère complètement oppressante, étouffante, anxiogène. Ça réveille également la peur de l'isolement, la peur d'être observée, la peur de ne pas savoir à qui faire confiance. Et surtout la peur de comprendre que quelqu'un a peut-être planifié votre mort longtemps avant votre arrivée. Et on peut se demander pourquoi Ils étaient dix reste aussi moderne. Pour ma part, je l'ai lu il y a deux ans et sincèrement j'ai frissonné, j'ai eu très peur du début à la fin. On est tenu en haleine, on est dans une ambiance oppressante du début à la fin, on se sent impliqué avec les personnages. Et en fait, la construction du roman est terriblement efficace. Et encore aujourd'hui, énormément de thrillers utilisent exactement les mêmes ingrédients. D'ailleurs, vous verrez que ce mois-ci, beaucoup d'épisodes, même... Quasiment tous les épisodes des carnets de frissons reprennent un peu ces ingrédients. Alors, est-ce qu'il faut lire Ils étaient dix ? Absolument. Et je dirais même, j'ajouterais même, qu'il est même intéressant à relire, parce qu'on pourra alors observer tous les indices qu'Agatha Christie avait placés sous nos yeux depuis le début. Personnellement, j'étais complètement à côté de la plaque. A aucun moment, je n'avais deviné qui était le coupable. J'espère que cet épisode vous a plu. N'hésitez pas à me faire un retour sur les réseaux, à mettre une petite note au podcast. Si un inconnu vous invite dans une magnifique maison sur une île déserte complètement isolée à votre place, je réfléchirai à deux fois avant d'y aller. À la semaine prochaine. Ciao, ciao !