Speaker #0Bonjour à tous et bienvenue sur ce nouvel épisode des carnets de Niki, je suis ravie de vous retrouver en ce début de mois d'octobre. Aujourd'hui, j'avais très envie de vous parler d'une activité qui occupe une place très importante dans ma vie depuis plusieurs années, mais plus particulièrement depuis un an. Et c'est aussi cette même activité qui m'a inspirée ce podcast et même le nom du podcast, Les Carnets de Niki, parce que c'est une activité qui est à mon sens indispensable et que l'on devrait tous pratiquer à un moment donné s'il s'agit de l'écriture. Donc on verra aujourd'hui les pouvoirs de l'écriture. Et on est aujourd'hui à une époque où l'on est connecté sur du numérique la grande partie du temps et je trouve que laisser filer une idée sur du papier, tenir un crayon entre les doigts, ça a quelque chose de libérateur, de très profond et aussi de très personnel. Et je voudrais commencer ce podcast avec, comme d'habitude, une citation. Donc celle-ci est de Maya Angelou. qui nous dit « Il n'y a pas de plus grande agonie que de porter en soi une histoire jamais racontée. » Donc aujourd'hui, on parlera d'écriture au sens beaucoup plus large, pas seulement de l'écriture de l'écrivain qui veut créer un roman, qui veut aboutir à une histoire, je vous en parlerai quand même, mais on parlera vraiment d'écrire ce qu'on ressent, d'écrire ce qu'on traverse, d'écrire des idées, des projets, des souvenirs, des peurs, notamment en tenant un journal. Ou par exemple aussi en écrivant une lettre que l'on peut écrire pour soi-même ou pour quelqu'un d'autre, et que l'on n'en verra peut-être jamais. Parce que l'écriture a ce quelque chose d'assez extraordinaire, qui est que parfois on commence simplement par poser quelques mots sur une feuille, et j'avais envie de dire de fil en aiguille, mais de rature en écriture, on finit par comprendre quelque chose sur soi qu'on n'avait jusqu'alors pas réussi à formuler. Et donc aujourd'hui, je vais vous parler de ces bienfaits, de ces pouvoirs de l'écriture sur notre cerveau, sur notre santé mentale et sur la réalisation aussi de nos projets. Premièrement, écrire permet de mettre de l'ordre dans nos pensées. Alors vous avez sûrement déjà connu ces moments où on a cinq ans de pensée en même temps. On réfléchit à ce qu'on aurait dû dire, à ce qu'on va devoir faire demain, à une inquiétude, à un projet. à une conversation qu'on a eue et qui peut-être nous a mis mal à l'aise. Et tout se mélange dans notre tête. Et je vous le dis souvent à travers ces épisodes de podcast, mais je vous invite souvent à prendre un carnet et à noter. Eh bien là, on est complètement dedans, parce que parfois il va simplement s'agir d'écrire pour permettre à toutes ces pensées de sortir de notre tête. C'est comme si on les déposait quelque part, comme si on se déchargeait d'un fardeau. Elles existent toujours ces pensées, mais elles vont devenir beaucoup plus claires. Puisque une pensée, une fois qu'on l'écrit, on peut la relire, on va pouvoir la nuancer et surtout la remettre en perspective. Et ce qui est intéressant, c'est que parfois on se rend compte qu'en fait on était en train de tourner autour du même problème depuis des heures, voire des jours ou des semaines. Et en l'écrivant, en arrivant à prendre du recul, on va s'obliger à donner une forme à ce qui était pour l'instant complètement diffus dans notre esprit. Et rien que ça, je trouve que c'est extrêmement puissant et surtout... extrêmement apaisant. Deuxième pouvoir de l'écriture, c'est que ça permet de mieux comprendre nos émotions. Lorsqu'on commence à écrire, quelque chose va se débloquer. Parce que le fait d'écrire, ça va matérialiser une pensée. Elle n'existe plus seulement dans notre tête, elle existe sous nos yeux, sur le papier. Et je trouve que l'écriture a cette capacité incroyable à nous faire accéder à des choses que l'on ressent déjà, mais qu'on n'arrive pas forcément à nommer. Mettre des mots sur une émotion ne la fait pas disparaître, au contraire, elle la fait exister. Et ça nous permet de mieux la comprendre, de mieux l'identifier et surtout de trouver un apaisement, voire des solutions. Troisième pouvoir de l'écriture, elle nous offre un espace où l'on peut être totalement libre. Alors effectivement, dans la vie, on a énormément de filtres, comme sur Instagram. On filtre énormément de choses, on va filtrer ce... qu'on dit, on va faire attention à notre image, on va se demander ce que les autres vont penser de ce que l'on dégage, de ce que l'on dit. On va se demander si on exagère. Si on a le droit d'être en colère à ce moment-là, ou si notre rêve est complètement ridicule ou aberrant. Mais en fait, lorsque l'on écrit uniquement pour soi, je précise, il n'y a plus de filtre. Puisque théoriquement, personne ne va lire, personne ne va juger. Et je pense qu'on sous-estime énormément la valeur d'un endroit où l'on peut être complètement sincère avec soi-même. Moi, je me souviens que quand j'étais enfant, j'avais, comme beaucoup de mes copines d'ailleurs, c'est marrant, c'est plus les filles qui écrivent en général j'ai l'impression que les hommes, mais on avait tous notre journal intime avec un cadenas et on veillait surtout à bien cacher la clé pour que nos petits frères nos petites sœurs ou nos parents n'aillent pas jeter un oeil là-dedans parce qu'on aurait été, je pense que j'aurais été mort de honte que quelqu'un de ma famille tombe là-dessus, mais vous voyez ce que je veux dire, c'est que cet espace-là c'est pour nous et donc je pense que si on a un conjoint à la maison c'est bien aussi qu'il respecte cette intimité-là Et en fait, le fait de pouvoir écrire ces pensées qu'on n'oserait peut-être pas dire à quelqu'un à voix haute, en fait, ça soulage tellement l'esprit. Et certaines pensées n'ont pas forcément vocation à devenir des décisions. En fait, elles ont juste besoin d'être posées là. C'est vraiment... Je sais pas si... Pardon pour les références, mais je pense que vous voyez la pensine d'Harry Potter. cet épisode où en fait avec sa baguette il retire ce qu'il y a dans son cerveau et il le met dans une bassine et en fait n'importe qui peut s'y plonger plus tard, c'est comme ça qu'il voit un moment les pensées de Severus Rogue, en fait elle me touche cette image parce que c'est exactement ce qui se passe avec l'écriture, c'est que notre carnet ça devient un peu notre pensine, notre réservoir à pensées et le papier joue parfaitement le rôle de pensine de réservoir à idées Quatrième pouvoir de l'écriture, c'est que ça permet de prendre de la distance. Donc ça rejoint ce que je vous disais au-dessus entre le fait de mieux comprendre ses émotions et d'être libre. C'est qu'en fait, avec le recul, quand vous replongez dans un carnet dans lequel vous avez écrit vos émotions, vos idées, on va pouvoir voir un peu les redondances, les comportements répétitifs. Et on va aussi peut-être... voir les relations, ce qui nous fait du bien, ce qui nous a épuisés. Et en fait, on va voir le chemin parcouru, mais on va aussi pouvoir identifier le petit caillou dans notre chaussure. Et ça, c'est ultra important parce que c'est un travail qui se fait sur la durée, sur la longueur. Et ce que je trouve beau lorsque l'on tient un journal, c'est que lorsque l'on va relire ce qu'on écrivait il y a un an, on va voir tout le chemin qu'on a parcouru et on va aussi voir la personne qu'on était à ce moment-là et celle qu'on est devenue aujourd'hui. Parce qu'en réalité, certains problèmes qui nous semblaient absolument insurmontables il y a quelques temps vont aujourd'hui soit ne plus tout faire partie de notre vie, soit on les aura acceptés et on se dira mais en fait je me suis tellement crispée par rapport à ça. Et en fait on réalise une chose essentielle, c'est qu'on a traversé énormément de choses et surtout on les a surmontées. Cinquième pouvoir de l'écriture, l'écriture développe la créativité. Donc là, c'est le cas où on sort un peu du contexte de journal intime. Bien évidemment, l'écriture a un formidable pouvoir créatif. Et ça, je ne m'en étais pas forcément aperçue avant de commencer à écrire des romans de fiction. C'est que lorsqu'on écrit une histoire, on crée quelque chose qui n'existait pas quelques minutes auparavant. Ça va être un personnage, une ville, une intrigue, l'histoire en fait en elle-même. Et personnellement, je trouve que ça a quelque chose de presque magique, de se dire qu'on part d'une... toute petite idée et progressivement on crée un univers entier avec des individus qui sortent complètement, qui sont un mélange de plusieurs personnes dans nos têtes, de ce qu'on a lu, de personnes qu'on a rencontrées, de personnes qu'on a vues au cinéma. Et en fait, plus on va écrire, plus on va développer cette capacité à créer, notamment justement en observant les gens autour de nous. Je trouve que ça nous incite à être beaucoup plus attentifs à notre entourage. mais aussi à ce qui nous entoure de manière générale. Et en fait, là encore, je trouve qu'on devient presque collectionneur de toutes ces petites choses. Ça va être aussi les odeurs. Moi, je sais que j'ai élargi ma palette. Bon, déjà, je suis quelqu'un de très olfactif, mais j'ai encore plus élargi ma palette d'odeurs. J'essaye de les identifier dans la rue. Une odeur sur une personne que je trouve assez surprenante, je vais lui demander ce que c'est. Enfin, une conversation entendue dans un café, on va peut-être aussi pouvoir en faire quelque chose à un moment. Une vieille maison qu'on trouve sur le passage, je sais que la dernière fois je me baladais avec ma maman dans la campagne et on est tombé sur une maison hyper flippante, mais vraiment une vieille demeure abandonnée et je lui ai dit ça doit faire. tellement peur de rentrer dans cette maison. Et ma mère me dit, ah oui, oui, moi, quand j'étais enfant, elle me traumatisait cette maison et elle servait de brocante. Et je trouve que c'est... Donc, du coup, j'ai pris des photos de cette maison en me disant, mais elle me resservira à un moment donné pour mes romans, j'en suis certaine. Et voilà, toutes ces choses qui font partie de notre vie, on va les enregistrer un peu dans notre banque de données. Et parce qu'en fait, tout peut devenir matière à raconter. Et je trouve ça absolument incroyable. Sixième pouvoir de l'écriture. L'écriture nous apprend la patience. Il y a des écrivains qui m'écoutent aujourd'hui, je sais que vous savez. Parce que, en fait, l'écriture apprend énormément la patience, parce qu'un livre ne va pas s'écrire en une journée, en un week-end, parce qu'un texte ne sera pas parfait dès le premier jet et qu'il va falloir recommencer, le modifier, revenir, tout reprendre à zéro pour voir s'il n'y a pas d'incohérence. Bref, en fait, accepter... que l'idée à laquelle on tenait énormément aussi puisse parfois ne pas fonctionner. Parce qu'écrire apprend quelque chose de très précieux, c'est qu'il faut continuer même lorsque l'on n'est pas certain du résultat. Et je pense que c'est une leçon qui dépasse complètement l'écriture, c'est quelque part une leçon de vie. Septième pouvoir de l'écriture, elle permet de laisser une trace. Ça c'est aussi quelque chose que je trouve profondément émouvant dans le fait d'écrire, c'est qu'elle va conserver des morceaux de nous. Et je me souviens que quand j'ai reçu le premier exemplaire de Nos Moroses à la maison, je me suis dit, waouh. Déjà, il y a la fierté d'avoir été au bout du projet, mais il y a aussi l'idée de se dire, en fait, peu importe ce qui se passera, ce sera toujours moi qui l'aurai écrit. C'est mon bébé, en fait. C'est ma création. Et je trouve ça beau, en fait, de se dire, voilà, c'est... C'est votre création et personne ne pourra vous l'enlever. Alors bien évidemment, je vous invite, ça je reparlerai dans d'autres épisodes, mais à faire toutes les démarches administratives pour que jamais votre projet ne vous soit volé. Mais voilà, c'est votre création. Huitième pouvoir de l'écriture, écrire peut nous aider à oser. Je pense que l'écriture va nous permettre de prendre conscience de certaines choses. Par exemple, je reviens un peu à cette histoire de journal personnel. Lorsqu'on écrit j'aimerais changer de travail, j'aimerais partir vivre ailleurs, j'aimerais me lancer dans un nouveau projet, en fait on commence déjà à donner une existence à ces possibilités. Ce ne sont encore que des phrases, mais rappelez-vous, une phrase peut devenir une idée et une idée un projet. Et un projet peut devenir notre réalité. Et en fait, je pense que beaucoup de choses commencent, beaucoup de projets commencent comme cela, juste par quelques mots. Si vous me suivez depuis quelques temps, vous savez que j'ai un gros tableau noir dans mon entrée et que chaque année, j'écris toute ma liste de projets dessus. Mais vraiment tout ce qui me passe par la tête. Et je me souviens que quand j'ai commencé Nos Moroses, ça faisait vraiment partie de ma to-do liste, de ma wish list, de ma liste. Et j'avais mis faire mon premier roman. Et c'est vrai que de le voir juste écrit tous les jours sous les yeux sur mon tableau noir, J'ai pas pu me l'enlever de la tête en fait pendant un an puisque je passais devant tous les jours et clairement quand vous arrivez à faire de votre idée une réalité, ça a quelque chose de tellement tellement satisfaisant. Et donc je conclurai là-dessus, c'est qu'il n'est pas nécessaire de bien savoir écrire pour écrire. Si vous écoutez cet épisode en vous disant oui mais moi je ne sais pas écrire, oui mais moi je fais des fautes, oui mais moi je ne suis pas écrivain et je veux pas être écrivain, moi j'ai pas un vocabulaire extraordinaire. En fait, vous n'avez pas besoin de tout ça et vous n'avez même pas besoin de montrer à quelqu'un que vous écrivez. Je reviens là-dessus. Vous pouvez simplement prendre une feuille, acheter un carnet qui vous fait plaisir, qui vous met en joie, comme dirait Marie Kondo. Et vous pouvez simplement prendre une feuille et dire aujourd'hui je me sens comme si, comme ça. En ce moment, ce qui occupe mon esprit, c'est telle idée. Et vous écrivez comme ça, sans chercher... à corriger, sans chercher à ce que ce soit joli, simplement juste en laissant votre plume vous guider. Et donc, je crois que l'écriture, c'est beaucoup plus qu'un moyen de raconter des histoires, c'est vraiment une manière de réfléchir et aussi de se rencontrer soi-même. Alors, si vous n'avez jamais essayé d'écrire, je vous propose quelque chose de très simple cette semaine. Prenez 10 minutes, prenez une feuille, prenez un carnet. J'avais envie de dire les notes de votre téléphone, mais... Je trouve que vraiment, c'est pas la même chose d'écrire de sa propre main que d'écrire sur une tablette, sur un téléphone. Ça, j'aurais peut-être dû le dire au début, mais... Vraiment le pouvoir de l'écriture c'est le fait de laisser sa main glisser sur du papier. Je trouve que ça a un côté tellement apaisant. Et donc posez-vous cette question avec votre feuille. Qu'est-ce que j'ai besoin de laisser partir aujourd'hui ? Qu'est-ce que j'ai besoin d'écrire aujourd'hui ? Voilà, ce sera tout pour cet épisode. Vous le voyez qui est plus long que les autres parce que c'est un épisode qui me tient vraiment à cœur. Et en ce mois d'octobre, il y aura le salon. Des auteurs auto-édités auxquels je vais assister pour ma plus grande joie. Donc je vous ferai un épisode aussi, enfin je vous en parlerai dans le prochain épisode, donc début novembre. En tout cas, je vous souhaite une belle semaine, une belle journée. Je vous dis à très bientôt. Ciao ciao !