Speaker #0Bienvenue à toi, cher auditeur, et merci de nous rejoindre pour l'aventure Les Carnets de Frissons, cette édition spéciale, mois d'octobre, dans lesquelles nous parlerons chaque semaine d'un roman profondément angoissant, omnubilant, oppressant, bref, j'espère que tu as compris sur quel podcast tu as atterri aujourd'hui. Alors prends ta boisson chaude, installe-toi confortablement, et c'est parti pour Les Carnets de Frissons. Bonjour à tous et bienvenue sur ce premier épisode des Carnets de Frissons, l'édition spéciale du mois d'octobre que j'avais absolument envie de partager avec vous parce qu'en tant que passionnée de polars et de romans angoissants, j'étais obligée de vous faire une session sur des romans qui sortent du lot et qui vont parfaitement dans le décor du mois d'octobre. Et comme par hasard, au moment où je lance l'enregistrement de ce podcast, il y a un énorme orage qui est en train de se... déchaîner dehors, donc autant vous dire que je suis absolument dans l'ambiance. Et pour ce premier épisode, j'avais très envie de vous parler d'un des romans qui m'a le plus traumatisé, je dois clairement utiliser ce mot, c'est ça, c'est traumatisé, c'est le roman Cimetière de Stephen King, cimetière avec un S. Alors c'est un roman qui a été publié en 1983 et qui est souvent cité parmi les oeuvres les plus terrifiantes de l'auteur. Et donc, Dans les carnets de frissons, j'ai décidé à chaque fois de vous donner trois raisons de frissonner avec le roman qu'on abordera. Et donc, sans plus attendre, je vais vous donner les trois raisons de frissonner avec Cimetière de Stephen King. Première raison de frissonner, parce que Stephen King touche à l'une de nos peurs les plus universelles, qui est celle de perdre quelqu'un que l'on aime. Louis Creed s'installe dans une nouvelle maison avec ses enfants et sa femme, située dans le Maine, aux Etats-Unis. Ils mènent une vie ordinaire, sont ravis de leur nouvelle maison et de prendre un nouveau départ. Mais à proximité de leur propriété se trouve un étrange cimetière pour animaux, baptisé par les enfants du coin le cimetière. Et derrière ce cimetière, on va apprendre que quelque chose d'encore plus inquiétant se cache. Je vais éviter de vous spoiler. Vous pourriez penser que nous sommes simplement dans une histoire de zombies ou de revenants. Mais Cimetière est bien plus profond que ça, puisque Stephen King nous invite à nous poser la question « Que ferais-je si l'un de mes proches venait à mourir et si j'avais la capacité de le ramener à la vie ? » Et là, ce qui est intéressant dans ce roman, c'est que le fantastique devient extrêmement humain. On sait que certaines choses sont interdites, on sait qu'il ne faut pas franchir cette limite. Et Louis, le personnage principal, le sait, on est dans sa tête du début à la fin. Et c'est probablement l'une des grandes forces du roman, c'est que le lecteur peut juger les décisions du personnage tout en comprenant parfaitement pourquoi il les prend. Deuxième raison de frissonner avec Cimetière, le véritable monstre est peut-être seulement le reçu du deuil. Il y a une phrase très célèbre associée à ce roman, que parfois... il vaudrait mieux être mort. Et c'est l'idée qui traverse toute l'oeuvre. On ne peut pas corriger l'histoire, on ne peut pas réécrire l'histoire. Et Stephen King imagine précisément un endroit qui semble abolir cette règle et une terre qui dit tu peux revenir en arrière, tu as le choix. Tu peux réparer l'injustice qui a été commise, sauf que tu vas devoir accepter les conséquences de ce choix. Et c'est là que Cimetière est presque une tragédie. Enfin presque est une tragédie parce que Louis progressivement va être détruit par son chagrin. Il sait qu'il fait quelque chose de dangereux et de mal et d'interdit. Il sait qu'il ne devrait pas franchir la limite, mais il l'a franchi. Et dans ce roman, c'est l'espoir lui-même qui devient presque, qui devient inquiétant, qui devient oppressant, et c'est extrêmement dérangeant. Troisième raison de frissonner avec Cintière, c'est que Stephen King nous fait assister à une catastrophe. Inévitable. Et pour moi, c'est probablement ce qu'il y a de plus angoissant dans ce roman, c'est que très rapidement, on comprend qu'il va exister, qu'il existe quelque chose de mauvais autour de cet endroit. Et lorsque Louis décide d'aller à cet endroit pourtant interdit, on sait déjà que les choses vont complètement dégénérer. Et ce qui est très dur dans ce roman, c'est qu'en fait, en tant que lecteur, on devient témoin impuissant de la chute du personnage principal. Et ce qui est palpitant dans ce roman, c'est que l'auteur a un ingrédient principal pour nous tenir en haleine. En fait, il va utiliser énormément l'attente. Il y a beaucoup d'attente dans ce roman. Il y a aussi beaucoup de silence. La forêt, la nuit, les chemins qu'il faut emprunter, les bruits. On est seul avec le héros et surtout, on est complètement pris aux tripes par Cynthia. Et plus... Louis avance vers cet endroit, plus on a l'impression qu'il quitte progressivement le monde rationnel. On a envie de l'attraper en tant que lecteur, mais bien évidemment on ne peut pas. On est juste témoin d'une chute qui est totalement prévisible. Donc on peut se demander, mais pourquoi Cimetière est-il différent des autres romans de Stephen King ? Eh bien parce qu'en fait, Stephen King a écrit énormément d'histoires qui sont absolument terrifiantes. Mais dans Cimetière, ça touche à quelque chose de presque plus intime. Parce qu'il ne nous demande pas seulement de quoi avez-vous peur. Il nous interroge sur le choix que nous, nous aurions fait à la place de Louis Creed. Est-ce que nous aurions tenu ou est-ce que nous aurions cédé ? Et je trouve cette question infiniment plus dérangeante, parce qu'étant dans la tête du protagoniste pendant tout le roman, on se pose forcément indéniablement la question, mais qu'est-ce que j'aurais fait moi à sa place ? Est-ce que j'aurais été capable de ne pas succomber à cette possibilité ? Et d'ailleurs, Stephen King a lui-même longtemps considéré Cimetière comme l'un des romans les plus sombres. Et lorsqu'on arrive à la fin du livre, on comprend absolument pourquoi. Alors à la question, faut-il lire Cimetière ? Pour moi, oui absolument, si vous aimez l'horreur psychologique. Parce que ce n'est pas simplement un roman qui va chercher à provoquer quelques frissons, c'est un livre sur la mort, sur le deuil, sur la culpabilité, et bien évidemment sur l'amour. Donc ce sera... tout pour ce premier épisode. Si ce format vous plaît, s'il vous plaît, j'ai très envie que vous me le disiez sur les plateformes, sur Instagram parce que je vais continuer cette série tout le mois d'octobre et d'ici là, prenez soin de vous, prenez du plaisir dans la lecture et peut-être dans quelques temps évitez les petits cimetières perdus au fond des bois. Je vous dis à très vite et belle semaine à vous. Ciao ciao !