- Speaker #0
Bienvenue maître.
- Speaker #1
Merci beaucoup pour votre invitation.
- Speaker #0
C'est moi qui suis très heureux de vous recevoir pour ce premier épisode de l'Éclu du Maroc. Avant de commencer, est-ce que vous pouvez nous raconter votre parcours, votre enfance, vos études et comment devient-on notaire au Maroc ?
- Speaker #1
Alors je peux vous dire que je suis né à Casablanca, que j'ai passé ma toute petite enfance au Maroc, que j'ai vécu après de nombreuses années en France. Et qu'après avoir fini mon cursus étudiant en droit, diplômé de la faculté Paris II et diplômé notaire du centre de formation professionnelle notariale de Neuilly, je suis revenu au Maroc, m'installer professionnellement et que je suis donc devenu notaire en 2010.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui vous a poussé à devenir notaire et pas avocat ou une autre profession juridique ?
- Speaker #1
Alors en fait, juriste de formation, j'étais peu porté aux contentieux et aux conflits, ce qui me détournait de certaines professions. Et j'avais un certain goût pour le droit immobilier, pour le droit de la famille, ce qui a fait que j'ai fait le choix du notariat et que ce choix a abouti à devenir notaire ici à Casa.
- Speaker #0
Et s'il fallait définir le rôle notaire en seulement trois mots ?
- Speaker #1
Alors le notaire a un rôle de conseil, le rôle de sécurisateur et le rôle d'accompagnateur.
- Speaker #0
Je pense que c'est les trois mots qui vont permettre de... définir ensuite plus précisément le rôle du notaire au Maroc. Comme souvent, quand j'ai commencé ce podcast, beaucoup d'amis franco-marocains, français, m'ont dit « Attention, au Maroc, quand on achète là-bas, c'est dangereux, on peut acheter sans savoir ce qu'on achète, on n'est pas vraiment propriétaire. » Donc c'est pour ça que je voulais absolument qu'on commence cette série d'épisodes par un notaire qui va nous expliquer comment faire, quel est son rôle, et qu'en fait, on peut acheter au Maroc de manière tout à fait sécurisée, avec toutes les garanties qu'on peut connaître dans d'autres pays.
- Speaker #1
pays alors je confirme qu'il est possible d'acheter au maroc de manière tout à fait sécurisé dès lors qu'on est bien conseillé bien accompagné et comprend le temps de préparer son acquisition avec sérieux il ya effectivement eu beaucoup d' arnaques dans certains secteurs mais je pense que si on est bien entouré et qu'on sait quelles sont les règles on peut éviter ce genre de problème et faire une acquisition pertinente et même faire une acquisition très rentable
- Speaker #0
Et dans ce cas-là, quel est le rôle du notaire au Maroc ? Comment ça s'organise quand un acheteur aujourd'hui trouve une maison à Casablanca, à Marrakech ? À partir de quand est-ce que le notaire intervient dans cette transaction ?
- Speaker #1
Alors il faut comprendre que le notaire s'est vu conférer un monopole avec deux autres professions, les adoules et les avocats agréprés de la Cour de cassation, pour établir des actes. portant sur des biens titrés à la conservation foncière. Et ça m'invite à déjà faire ce point de précision. Lorsque l'on souhaite acquérir un bien immobilier au Maroc, il faut comprendre que le système foncier n'est pas comme en France, homogène, et qu'il existe encore au Maroc un système traditionnel sans publicité foncière. En tant que notaire, je n'ai pas le droit d'établir un acte portant sur ces biens. On peut les acheter, on peut les vendre, mais moi je conseille fortement, lorsqu'on envisage une acquisition, de ne pas pas s'orienter vers des biens non titrés qui n'ont pas de publicité foncière. Et sans doute, les références aux arnaques, magouilles, mauvaises acquisitions, ont porté sur des biens qui ne faisaient pas l'objet de publicité foncière. Dès lors qu'on fait le choix d'acquérir un bien qui fait l'objet de la publicité foncière, qui a un titre foncier et qu'on est appuyé par un professionnel, les risques de déconvenu sont résiduels.
- Speaker #0
Donc ça veut dire qu'aujourd'hui, un acheteur, qu'il soit marocain, marocain résident de l'étranger ou un français, doit en priorité s'orienter vers un titre foncier qui est clair et pas vers un bien sans titre ?
- Speaker #1
Alors un bien sans titre peut être vendu, je ne dis pas le contraire, mais c'est une prise de risque car on ne peut pas, à travers une administration publique, s'assurer de l'identité affirmée du propriétaire et des charges. Lorsqu'on achète un bien titré à la conservation foncière, et je rassure tous les spectateurs, c'est la majorité des biens au Maroc, on a une administration d'État qui assure par un certificat de propriété l'identité du propriétaire et les charges qui pèsent sur le bien. Ce qui fait que l'acquéreur sait, puisque l'administration d'État vient lui confirmer ce point, qui est le propriétaire, s'il y a des hypothèques, s'il y a des saisies, si le bien est disponible à la vente et il peut dans ces conditions... faire un achat sécurisé chez soit un notaire, soit un avocat, agréé près de la cour de cassation, soit chez des adultes. Mais dans la pratique, c'est vrai que le notaire s'étant spécialisé dans ses opérations, il est souvent sollicité et c'est lui qui veille en amont. à ce que le titre foncier soit nickel, de sorte que l'acquéreur qui établit ou qui est reçu dans l'étude notariale sait qu'il achète un bien disponible.
- Speaker #0
Et à partir de quand est-ce qu'un acquéreur doit contacter un notaire pour commencer à faire toutes les formalités administratives ? Est-ce que c'est dès qu'il va signer une offre auprès d'un agent de billet ou auprès d'un particulier ? Est-ce que c'est déjà en amont ? Comment ça se passe ?
- Speaker #1
Alors, tout dépend du rôle que ce personnage veut confier au notaire. Le notaire, si on veut établir un acte de vente, si on veut acheter le bien, va recevoir l'acte. Donc effectivement, il doit préparer cet acte. Alors, on peut faire référence à un avant-contrat, c'est-à-dire un compromis. Mais ce compromis présuppose que des conditions essentielles qui doivent se réaliser manquent à la vente. Quand on veut obtenir un financement bancaire, effectivement, il faut établir un compromis de vente. Et la banque demande à 99% un compromis de vente notarié. pour s'assurer du sérieux de la transaction et préparer les conditions du prêt avec la garantie que prendra la banque. Maintenant, on peut être épaulé par un notaire dès qu'on se lance dans cette opération, car le notaire a un rôle de rédacteur, il reçoit l'acte, mais il a aussi un rôle de conseil. Et il y a différents aspects monétaires, fiscaux, juridiques, qu'il est bon de connaître, surtout lorsqu'on investit dans un pays qu'on ne connaît pas, avec lequel on a peu de connexion. Je le répète, je suis... absolument certain qu'une personne bien accompagnée, qui a une conscience aiguë de tous les problèmes qui peuvent être soulevés et des solutions qu'il peut fournir, peut faire un investissement très rentable au Maroc, mais c'est à cette personne d'être bien accompagnée et de faire le choix d'être bien épaulée, et cela dès le début de l'opération d'investissement.
- Speaker #0
Donc un investisseur, la faute idéale, c'est que dès le début, il contacte un notaire afin de commencer à préparer toutes les formalités. s'assurer que tout est en ordre ?
- Speaker #1
Alors, un investisseur, il a intérêt à prendre un conseil. Tout d'abord, parce que quand on parle d'investisseur et qu'on parle d'investisseur étranger, il y a un paramétrage qu'il faut prendre en considération. Le dirham, qui est la monnaie marocaine, n'est pas une monnaie convertible. Et dès lors que l'on a des dirhams entre les mains, pour les reconvertir dans la monnaie d'origine, il faut une autorisation de l'office d'échange. Or, cela peut parfois être problématique. Voilà pourquoi le Maroc... L'acheteur accepte, dès lors que l'on fait des investissements immobiliers en devise, de permettre à celui qui investit en faisant l'acquisition d'un bien immobilier dans sa monnaie et qu'il accepte de la convertir en dirab, quelques années plus tard, de revendre ce bien. Une fois que cette personne aura revendu ce bien, elle pourra, une fois qu'elle a payé les impôts, garder le prix de vente, c'est-à-dire le prix d'achat plus l'éventuel plus-value, et ressortir cet argent. mais la La question monétaire est déjà une question qu'il faut poser, car il faut s'assurer du mode de financement. Finance-t-on en dirhams ? Finance-t-on en devises ? Et régler en amont ce problème. Dans un deuxième temps, effectivement, sonder le marché immobilier. Il y a des agents immobiliers qui jouent ce rôle, mais les agents immobiliers, s'ils trouvent des biens, il est peut-être bon, dès le début, surtout lorsqu'on investit dans un pays que l'on ne connaît pas, de s'assurer que la démarche et même que le mandat qui leur est donné est un mandat conforme aux règles de droit. Nous avons un cadre législatif au Maroc très riche et chaque opération est normalement l'objet de la législation. Encore faut-il connaître cette législation et comprendre qu'elle est destinée à protéger, mais qu'il faut avoir une conscience aiguë que si on fait les choses maladroitement, on peut effectivement, comme partout, tomber dans un piège.
- Speaker #0
Et vous avez déjà des clients qui sont d'abord tombés de manière maladroite et qui ensuite vous sont arrivés dans votre étude. Et pour essayer de rattraper où les clients que vous avez sont des gens déjà avertis et qui connaissent plutôt bien le système.
- Speaker #1
En fait, j'ai des profils de clients différents, c'est-à-dire qu'effectivement, j'ai certains clients qui sont des promoteurs. J'ai des clients qui sont des investisseurs locaux. J'ai aussi effectivement des appels de l'étranger parce que des gens souhaitent faire des investissements. Maintenant, à chaque client, son profil. Quelqu'un qui a une véritable déconvenue, normalement, cela se finit au tribunal. Encore faut-il qu'il fasse. valoir ses droits. C'est pour ça que si l'acquisition a été faite dans les règles, si on s'est assuré de l'identité du vrai propriétaire au moment de la vente, si l'acte notarié a été reçu et si les formalités pour les titres fonciers ont été accomplies auprès de la conservation foncière et que tout est en règle, l'acquéreur ne prend quasiment aucun risque. Encore faut-il qu'il suive de A à Z le processus et je le répète, qu'il soit bien épaulé. S'il est tombé dans un piège, euh... Peut-être n'avait-il pas pris des bons conseils. Peut-être a-t-on aussi joué sur sa naïveté en lui faisant miroiter une belle affaire. Chaque bien à son prix est à vous faire miroiter d'excellentes affaires, il faut être vigilant.
- Speaker #0
Et en parlant des différentes formalités à respecter, quelles sont les grandes étapes d'un achat immobilier au Maroc ?
- Speaker #1
Alors, à partir du moment où on a une idée claire du bien, il faut s'assurer que le bien est disponible à la vente. Nous avons la faculté de demander une note de renseignement qui peut communiquer tout. toutes les informations d'urbanisme relatives aux biens. Donc nous interrogeons l'agence urbaine, elle nous communique la note de renseignement et nous savons quel est le projet autour du bien. Nous pouvons après consulter le titre foncier, une consultation physique mais qui est validée par un certificat de propriété délivré par la conservation foncière et qui engage la responsabilité de cette administration, qui atteste de la délimitation, qui atteste de la superficie, qui atteste de l'identité du propriétaire et des charges qui pèsent sur le bien. Un examen fouillé du titre foncier, c'est-à-dire du dossier consacré au bien immobilier, nous permet de nous assurer que tout est en ordre. Si à ce moment-là, il y a une faille, nous informons l'acquéreur potentiel du fait qu'il faut abandonner son acquisition. Parce que si la personne qui se présente comme propriétaire n'est pas inscrite sur le titre comme propriétaire, elle n'est pas propriétaire. Si la personne qui agit n'est pas la personne et qu'elle se présente comme mandatée, encore faut-elle que cette personne ait des mandats en bonne et due forme. Tout ce contrôle juridique, il est fait par celui qui établira l'acte. Parce qu'en tant que notaire, lorsque je reçois un acte de vente, j'engage ma responsabilité. J'engage ma responsabilité civique, j'engage ma responsabilité pénale. Je suis un maillon de la chaîne qui permet de conforter l'acquéreur sur la quasi-absence de risque d'une telle acquisition. Et à partir de là, je l'épaule au moment où il a choisi de recourir à mes services. Cela peut être dès le début. Comme cela peut être juste au moment de la vente.
- Speaker #0
Et cela arrive souvent que la personne qui se déclare comme propriétaire du bien, en réalité, ne l'est pas ?
- Speaker #1
Alors, c'est pour ça que j'ai fait la césure bien immatriculée ou non. Lorsque le bien n'est pas immatriculé, et c'est pour ça que je pointe vraiment cette information pour les gens qui regardent cette émission. Il n'y a aucune administration qui attestera de manière certaine que la personne est propriétaire. Donc, si on achète un bien non immatriculé... La personne qui se présente comme propriétaire, elle peut arriver avec des documents, elle peut arriver avec un acte d'achat, elle peut arriver avec un acte d'hérédité, mais elle peut avoir entre-temps vendu le bien, il peut y avoir des contestations sur son droit. Et donc une personne achète un bien en pensant qu'elle contracte avec le vrai propriétaire et la personne peut être un escroc ou une personne même qui, sans être un escroc, va voir son droit contesté par un autre. Donc c'est extrêmement insécurisant. À partir du moment où la personne recourt à un notaire pour établir un acte portant sur un bien titré, C'est l'administration foncière qui engage sa responsabilité si la personne qui se présente comme vendeur est sur le titre. Si la personne qui se présente comme vendeur et comme propriétaire est sur le titre, ce droit de propriété lui est reconnu par l'administration foncière. Et donc il y aura toujours une faculté de recourir contre la conservation foncière si une faute a été commise. Mais en règle générale, il n'y a pas de faute, car le conservateur qui délivre le certificat de propriété... c'est qu'il engage la responsabilité de son administration.
- Speaker #0
D'accord. Et en termes de délai, en France, les délais pour signer chez un notaire sont assez longs. Il faut toujours compter entre trois et quatre mois entre l'obtention du crédit, entre la promesse et l'acte authentique. Au Maroc, quels sont les délais moyens d'une signature quand tout se passe bien, qu'il n'y a pas de gros problèmes ou de mauvaises surprises ?
- Speaker #1
Alors, au Maroc, c'est un peu plus rapide. D'abord parce que, contrairement à la France, puisque c'est ça qui a été pris en référence, les droits de préemption, ne sont pas notifiés. C'est-à-dire qu'au Maroc, tout droit d'une personne qui a un droit préférentiel à l'achat ne s'exerce que postérieurement à la vente s'il venait à s'exercer. C'est-à-dire qu'un indivisaire va souhaiter faire l'acquisition d'un bien si le bien est vendu. Un indivisaire a un droit préférentiel qu'il peut exercer après la vente, ce qui est toujours pénible. Dans l'hypothèse où on achète en indivision, il faut s'assurer en amont, sans doute, en les sollicitant qui ne souhaitent pas acheter. De la même manière, la loi sur la copropriété au Maroc n'offre pas un droit de préemption au profit des copropriétaires. Ce qui est toujours bien quand vous achetez un lot de copropriété, de savoir que vous ne pouvez pas être primé par un copropriétaire. Mais le règlement de copropriété, la loi l'autorise, peut introduire cela. C'est pour ça que quand vous faites une acquisition... il faut vous assurer qu'il n'y a pas de droit de préemption et qu'on ne va pas l'exercer postérieurement à votre achat. Alors à partir du moment où on n'a pas à notifier à la commune un quelconque droit de préemption ou la purge de ce droit de préemption, on peut établir un compromis de vente. Dès lors qu'on a le titre foncier, le certificat de propriété, qu'on s'est assuré qu'il est nickel, on peut recevoir le compromis de vente. Et à partir de là, c'est plus la banque qui... va octroyer le crédit et qui va mandater des signataires, qui prendra quelques jours. Parce que si le dossier de crédit est validé, un acte de vente avec la présence des mandataires de la banque devra être établi. Et c'est ce délai de latence de quelques jours, quelques semaines, quelques mois, parce que ça peut tarder, doit être pris en considération. Sinon, les formalités administratives stricto sensu, lorsque vous avez signé un contrat de vente, Vous devez l'enregistrer auprès de la Direction générale des impôts. Nous avons digitalisé cette formalité, donc elle peut se faire une journée quand le système fonctionne. Après, nous adressons toujours par voie digitale à la conservation foncière le dossier foncier. Cela peut prendre quelques jours parce qu'il doit être examiné quant à son contenu. Et c'est seulement si le conservateur foncier valide la vente que les droits de conservation foncière doivent être acquittés. et qu'une fois qu'ils sont acquittés par le notaire, sur la base des frais qu'il a demandé au client, l'inscription de la vente peut se faire sur le titre. Alors j'attire votre attention sur un autre point, contrairement à la France, où un acquéreur sait qu'il est propriétaire en signant l'acte notarié. Au Maroc, le transfert de propriété n'intervient pas le jour de la signature de la vente. Il intervient, pour les biens titrés à la conservation foncière, le jour de l'inscription du droit de l'acheteur. Et cela peut prendre 2-3 semaines, sauf complications particulières. Donc il faut que l'acheteur sache que le fait d'avoir une copie authentique ou une expédition, c'est le terme retenu au Maroc, de l'acte notarié, ne lui garantit pas son droit de propriété. La seule chose qui lui garantit de manière certaine son droit de propriété, c'est le certificat de propriété délivré par la conservation foncière à son nom. Et ça, c'est au notaire de le réclamer à la conservation foncière une fois que l'opération de vente a été faite pour qu'il sache, je parle de l'acquéreur, qu'il est bien propriétaire.
- Speaker #0
Ça veut dire que l'acheteur, quand il paye les 100% du prix, qu'il signe le dernier document, il n'a pas encore les clés du logement parce qu'il n'est pas encore officiellement propriétaire ou dans la pratique, il peut déjà emménager dans son logement et c'est qu'une question de délai administratif.
- Speaker #1
Alors, je vais essayer de répondre de manière complète à cette question. D'abord, le transfert de propriété lorsque le bien est titré à la conservation foncière. Évidemment. Parce que si le bien n'est pas titré, le transfert de propriété se fait au moment de la rencontre des volontés dans l'acte. Mais en tant que notaire, je n'ai pas le droit d'établir un acte sur un bien non titré. Lorsqu'il s'agit d'un acte qui porte sur un bien titré, le transfert de propriété est soumis à l'inscription du droit sur le titre. Et du jour de la signature à l'inscription, le vendeur est toujours propriétaire. Et il se peut même qu'il reste propriétaire. Il se peut même qu'un créancier fasse une saisie conservatoire, rendant impossible la vente qui normalement devait être opérée. Voilà pourquoi les fonds ne sont pas versés aux vendeurs. Ils sont versés au notaire en qualité de séquestre. Donc, que vous fassiez un emprunt bancaire ou que vous achetiez avec vos fonds propres, il faut que vous sachiez que l'argent va transiter sur le compte du notaire à la caisse de dépôt et gestion, sans générer le moindre intérêt. Mais le notaire est séquestre et il ne peut libérer les fonds au profit du vendeur, sauf s'il y a des décharges. Mais je n'invite pas le client à donner des décharges que lorsque le transfert de propriété a eu lieu. Donc, l'argent est séquestré chez le notaire. Et il libère les fonds lorsque les formalités fiscales et l'inscription à la conservation foncière ont été accomplies. Et il libère les fonds au profit du vendeur ou au profit du vendeur et de ses créanciers. Parce que s'il y avait une hypothèque, il faut décharger et payer le créancier hypothécaire qui a donné la main levée pour rendre la vente possible.
- Speaker #0
C'est-à-dire que si entre la signature et la remise des clés, qui devait avoir lieu deux ou trois semaines après, un couac apparaissait, l'acheteur... et quand même protéger son argent, il peut le retrouver à 100% si jamais on s'aperçoit qu'il y a eu un souci quelque part.
- Speaker #1
Alors, deux points. Déjà, il est de tradition, de pratique notariale, de dissocier le transfert de la propriété du transfert de la jouissance. Et si le vendeur est d'accord, on accepte qu'il remette les clés le jour de la signature de la vente en gage de bonne foi. Maintenant, rien n'interdit aux vendeurs de s'y opposer. Certains vendeurs ne veulent pas remettre les clés tant qu'ils n'ont pas leur argent. C'est un raisonnement. c'est contraire à la pratique dominante, mais c'est tout à fait leur droit. Si en revanche, les clés doivent être remises le jour de la signature, bien que l'acquéreur ne soit pas juridiquement propriétaire, cela fait l'objet d'une rédaction de clause spécifique. Maintenant, si un problème vient à survenir, il ne faut absolument pas que l'argent soit entre les mains du vendeur. Et donc, bien évidemment, une fois qu'on constate que la vente est rendue impossible, que pour x ou y raisons, il s'effaçait quelque chose, alors la vente sera annulée. sous la responsabilité du vendeur, parce que le notaire s'est assuré que le bien le jour de la signature de la vente était disponible. Mais si entre-temps un créancier a déposé une saisie conservatoire, le notaire peut prendre attache avec le créancier et le désintéresser avec les fonds. Mais parfois, la vente est rendue impossible et dans ces cas-là, il restituera ses fonds à l'acquéreur. La question de la séquestration est fondamentale parce que comme le transfert de propriété ne se fait pas instantanément, il faut qu'un tiers de confiance non seulement s'occupe de rédiger l'acte, de conseiller les parties, de s'assurer que les formalités sont accomplies auprès des administrations compétentes et de s'assurer que les fonds ne sont pas perdus.
- Speaker #0
Donc le rôle du notaire est vraiment essentiel pour se sécuriser l'esprit et le... et le compte en banque quand on fait un achat au Maroc ?
- Speaker #1
Solveur, une banque n'acceptera pas d'engagement pour une main levée qui n'émanerait pas d'un notaire, malgré le fait qu'il y ait un monopole partagé avec les adultes et les avocats agréés près de la cour de cassation. Donc, bien évidemment, même quand il y a un prêt bancaire, la banque demande l'engagement du notaire et remet directement les fonds qui correspondent au prêt, non pas à l'acquéreur pour financer son acquisition, mais directement au notaire.
- Speaker #0
Évidemment, pour éviter la dispersion de l'argent. Et ça arrive souvent qu'après la signature, on s'aperçoit qu'il y a une dette qui traînait, qui n'avait pas été déclarée, où aujourd'hui ça reste assez rare.
- Speaker #1
Alors en fait, il faut que les gens comprennent. Nous devons obtenir, avant d'établir l'acte de vente définitif, l'attestation des impôts locaux, relative aux impôts locaux de l'administration fiscale. Donc, comme l'acquéreur est potentiellement solidaire des dettes, taxes d'habitation, taxes des services communaux, Taxe d'Eterra Nonobati, le notaire s'assure que le vendeur est en règle sur ce point. Donc, une fois qu'il a le quitus de l'administration, il n'y a pas de risque que l'acquéreur soit embêté sur ce point. Ça, c'est le premier aspect. Le deuxième point, c'est qu'au moment où l'acte de vente est établi, on s'assure qu'il n'y a pas d'inscription. Je rappelle qu'en raison du système foncier marocain, qui n'est pas identique au système foncier français, il n'existe de droit qui n'est inscrit. Donc, s'il n'y a ni hypothèque ni saisie conservatoire sur le titre foncier, le droit à hypothèque ou la saisie conservatoire n'existe pas parce qu'elle n'est pas inscrite. Or, le notaire s'assure au moment de la consultation et en se faisant délivrer un certificat de propriété que le bien est nickel. Maintenant, le problème qui peut intervenir et auquel j'ai déjà été confronté, c'est que le jour de la signature de l'acte de la vente, le bien est nickel. Mais lorsque je dépose à l'administration foncière le dossier, une saisie conservatoire apparaît. Et dans ces cas-là, l'acquéreur a pris peu de risques parce que l'argent est séquestré chez le notaire. Mais le vendeur s'est engagé à vendre un bien disponible. Ce qui fait que si, pour x ou y raisons, ces deux sont faites parce qu'un créancier s'est manifesté que la vente est rendue impossible, sa responsabilité directe est engagée. Maintenant, si le prix de vente est suffisant pour désintéresser le créancier nouvellement inscrit qui n'était pas connu au moment de la vente, je peux tout à fait utiliser ces fonds parce que je suis mandaté par les partis. pour désintéresser d'éventuels créanciers. Et dans ces cas-là, là encore, il m'est arrivé de prendre un tâche avec des avocats qui avaient déposé une saisie conservatoire contre le vendeur, qui m'ont donné la main levée de la saisie conservatoire contre mon engagement de les payer. Et là aussi, mes engagements ont application lorsque le droit est transféré à l'acheteur. Je ne délivre pas un euro ou un dirham, en l'occurrence ma monnaie étant le dirham, à un quelconque créancier si, au niveau de la conservation foncière, tout n'a pas disparu.
- Speaker #0
Et dans l'hypothèse où la dette est supérieure au prix de vente, l'acheteur qui est un peu lésé parce qu'il y a des projets qui avaient été prévus, est-ce qu'il peut prétendre être indemnisé, avoir laissé des clauses spéciales ou à partir de là, il a perdu du temps et un peu d'espoir ?
- Speaker #1
Dans l'hypothèse où le créancier quelconque, où la vente est rendue impossible, l'acheteur a subi un préjudice. Il peut demander une indemnisation au vendeur parce que lui a perdu du temps en investissement d'argent et peut-être même a perdu du temps en prenant... un crédit. Donc, il est tout à fait normal que ce coût qu'il ne devait pas assumer et qui est le fait du comportement irresponsable du vendeur soit assumé par le vendeur. Mais alors, dans ces cas-là, on peut s'arranger amiablement, mais si on ne s'arrange pas amiablement, il n'y a plus que la justice.
- Speaker #0
Et en termes de montant, c'est des pourcentages du prix de vente ou c'est vraiment...
- Speaker #1
C'est variable. C'est-à-dire que l'indemnisation, elle doit être proportionnée au préjudice. Si j'ai investi de l'argent et que j'ai perdu du temps, on va indemniser. Mais je répète que signer un acte de vente est un acte grave. Et lorsqu'on vend un bien dont on sait qu'il est indisponible, même si au moment où on le vend, il n'est pas indisponible puisqu'il n'y a aucune inscription, on doit en assumer les conséquences. On peut même, dans certaines circonstances, provoquer la vente forcée. Parce que si le bien immobilier ne suffit pas à désintéresser un créancier quelconque, l'intégralité du prix, elle, peut servir. Et dans ces cas-là, si le créancier qui a fait une saisie conservatoire accepte l'intégralité du prix de vente et que le reliquat de la dette soit payé par le vendeur d'une autre manière, l'acheteur, lui, est tranquille. Il récupère le bien, simplement son argent n'ira pas au vendeur, il ira au créancier. Et d'ailleurs, lorsqu'il y a une hypothèque inscrite au profit d'une banque, c'est comme ça. Le prix est ventilé entre le banquier et le vendeur. Mais le banquier est payé prioritairement puisqu'il donne la main levée sur l'hypothèque, rendant possible la vente au profit d'un acheteur nouveau.
- Speaker #0
Et puis, qui paye ses dettes s'enrichit. Et en France, on a souvent l'habitude, c'est très français, quand on fait des promesses, de mettre des conditions suspensives, notamment au niveau du crédit. Il y a très peu d'achats contents en France. Au Maroc, est-ce que c'est une pratique courante de mettre des conditions suspensives, notamment de crédit ? Ou est-ce qu'il faut plutôt arriver avec un achat content à 100% ?
- Speaker #1
Non, le Maroc a un secteur bancaire tout à fait efficace. Les gens n'ont pas tous, la majorité des gens n'ont pas nécessairement la capacité d'acheter sans recourir à un prêt. Donc il est tout à fait logique qu'une condition suspensive soit insérée. Dans ces conditions, on précise dans le compromis de vente que la vente ne pourra se réaliser que si l'acquéreur peut financer son acquisition. Mais contrairement à la pratique française où les conditions du prêt sont très détaillées, on ne rentre pas à ce point dans le détail. Mais il est fréquent que l'acquéreur potentiel, qui à ce moment-là n'a signé qu'un compromis, donne une avance. Et le sort de cette avance est déterminé. L'avance peut être... non restituable en cas de non-obtention, ce qui est une manière d'indemniser celui qui immobilise son bien pendant quelques mois sans être certain qu'il pourra le vendre. Et dans ces conditions, j'invite ceux qui signent un compromis de vente en tant qu'acquéreurs potentiels à s'assurer de manière quasi certaine que la banque leur octroiera le prêt avant d'engager une avance qu'ils pourraient perdre si le prêt ne leur était pas octroyé.
- Speaker #0
Alors qu'en France, on est plutôt habitué à mettre une condition suspensive. Et si malheureusement, le prêt n'est pas obtenu malgré des demandes sérieuses...
- Speaker #1
Oui, mais en France, on a la tradition de l'indemnité d'immobilisation. Parce qu'on sait parfaitement qu'une personne qui se soumet à l'aléa d'un prêt non obtenu perd du temps et ne peut pas le vendre à quelqu'un d'autre. Parce que comme en France, lorsqu'on signe un compromis, le bien est indisponible à la vente pendant la durée de validité de son promis. La durée de validité, elle est conventionnelle. Ça peut être deux mois, un mois, trois mois, mais plus le délai est long, plus le préjudice est lourd potentiellement pour celui qui a immobilisé son bien pour à l'arrivée ne pas avoir d'acquéreur. Donc ça fait partie du deal.
- Speaker #0
Absolument. Et aujourd'hui le notariat marocain fait ses 100 ans. Je voulais faire un petit point focus là-dessus, voir un peu les origines du notariat au Maroc, comme c'est un peu différent de la France et puis d'autres pays. Voir avec toi un peu si tu pouvais nous expliquer ses origines, ses évolutions depuis 100 ans et comment ce métier est arrivé au Maroc.
- Speaker #1
Alors, le Maroc a vu le notariat qualifié de moderne, puisque c'est le nom qu'on lui donne, introduit en 1925 sous protectorat français. Et dans l'esprit des Français, à l'époque, le notaire devait être celui qui était chargé de s'assurer des questions successorales et familiales des ressortissants français. sur le territoire marocain. A l'indépendance, le notariat a survécu, mais il était encore exercé par des Français. Il a fallu attendre les années 70 du siècle dernier pour voir les premiers notaires marocains nommés. Aujourd'hui, un notaire au Maroc est obligatoirement marocain. Il y a eu bien évidemment une évolution. D'abord parce que pour des Français qui ont une vision du notaire à la française, Le rôle essentiel du notaire dans l'esprit de beaucoup de Français, c'est le conseiller des familles. Or, pour les questions familiales, contrat de mariage, succession, le notaire marocain n'est pas vraiment compétent parce qu'un notaire traditionnel qu'on appelle « adulte » joue ce rôle au Maroc. En revanche, le notaire moderne
- Speaker #0
s'occupe de toutes ces questions pour les étrangers non musulmans. Parce que le Maroc étant un pays extrêmement libéral pour les étrangers, il ne veut pas lui appliquer un droit de la famille d'inspiration musulmane et applique mécaniquement le droit national du ressortissant. Ainsi, un Français verra sa succession dès lors qu'il n'est pas musulman, soumise au droit des successions français pour la partie marocaine de la succession. Il en va de même pour un Américain. De la même manière, si des étrangers sont mariés et qu'ils vivent au Maroc, le code de la famille qui s'applique à leur relation, le contrat de mariage qui lie leur relation, est celui de leur état. Sauf si, effectivement, l'une de ces parties au mariage est marocaine, ou sauf si cet étranger est de confession musulmane. Donc il faut savoir jouer là-dessus. Mais en tant que notaire, et ayant fait ma scolarité en France, ayant cette cette tradition du droit de la famille française, je suis souvent sollicité par des étrangers non musulmans pour établir leur contrat de mariage ou m'occuper des successions d'étrangers non musulmans. Ça, c'est une chose. Donc, par rapport aux noteurs français, c'est une vraie différence. Sinon, on s'occupe du droit des sociétés et du droit immobilier. Et aujourd'hui, le notaire est presque vu par l'ensemble des Marocains comme le praticien naturel du droit immobilier, même s'il partage le monofole, comme je l'ai dit.
- Speaker #1
Et depuis 100 ans, quelles ont été les 2-3 grandes évolutions dans le métier du notaire au Maroc ?
- Speaker #0
Alors, les évolutions, elles ont été conditionnées aussi par l'écosystème. C'est-à-dire qu'un notariat ultra minoritaire est aujourd'hui plus important. Je crois que nous ne sommes pas loin de 2000 notaires sur tout le territoire. Il y a un véritable maillage. Les caractéristiques de nos actes sont très proches de celles d'un notaire français. Nos actes ont date certaine. nos actes ont force probante, même si les tribunaux ne leur confèrent pas la force exécutoire, contrairement aux actes des notaires français. Et puis, au Maroc, il y a effectivement une évolution de la profession, puisque depuis le texte de 1925, une loi a modifié ce texte en 2011 et elle régit notre profession, introduisant la faculté d'avoir des notaires associés sous forme de société. et donc d'avoir plusieurs notaires dans les études. Alors moi, je suis notaire individuel, j'ai des collaborateurs, mais il est tout à fait possible d'avoir en face de soi une société civile professionnelle.
- Speaker #1
D'accord. Et vous parliez qu'un notaire ici n'a pas la force exécutoire. Est-ce qu'on peut revenir dessus pour qu'on puisse bien comprendre qu'est-ce que ça implique par rapport à un notaire français, la différence ?
- Speaker #0
En fait, cela signifie qu'une personne qui a entre les mains la copie authentique d'un acte notarié, qu'on appelle au Maroc une expédition, Parce que l'original de l'acte notarié, l'original unique signé par les parties, est toujours conservé dans les archives du notaire. Le notaire délivrant des copies ou des expéditions. Une personne munie de l'expédition d'un acte notarié peut se prévaloir de la date et cet acte a une force probante particulière devant les juges. Mais on ne peut pas faire exécuter d'autorité, sans une décision de justice, un acte notarié sans... que la décision soit rendue par le juge. En ce sens, il n'y a pas la force exécutoire.
- Speaker #1
Merci pour l'explication qui, je pense, a intéressé nos auditeurs. Et quelles sont les probables évolutions dans le métier de notariat ? Je sais qu'en France, on parle beaucoup d'intelligence artificielle, un peu de blockchain, de signature électronique. Est-ce que c'est des sujets qu'on entend ici ou pas encore ?
- Speaker #0
Alors, ces sujets sont sur la table, parce que le notariat marocain doit s'adapter à la modernité. À ce jour, notre loi, celle qui régit notre profession, impose que l'acte soit reçu en notre étude. La raison en est simple. Le notaire, il engage sa responsabilité quant au contenu de l'acte. Mais il s'assure aussi de l'identité et de la capacité des parties. Et le meilleur moyen de s'assurer de cela, c'est d'être en face des parties pour être sûr que, et leur consentement, et leur volonté, et leur capacité, est bien exprimée dans l'acte. Ça, c'est un premier point. Maintenant, rien n'interdit, lorsqu'on n'est pas en mesure de se déplacer, de donner procuration à un mandataire. Mais contrairement à la France, où les actes sont signés le plus souvent électroniquement sur un support électronique, les actes notariés d'aujourd'hui sont encore signés sur un support physique. Et ils sont signés manuellement. Ma signature électronique, elle sert à signer mes actes pour les formalités vis-à-vis des administrations, que ce soit l'administration fiscale ou que ce soit l'administration foncière. ou les tribunaux. Mais la signature électronique, c'est l'outil que j'utilise pour signer mes actes dans... et plutôt mes copies dans mes formalités avec les administrations extérieures. Mais nous sommes encore dans la localisation. En revanche, ces envois des administrations se font par voie digitale et nous sommes en train de collaborer et de contribuer à la constitution des archives numériques de l'administration fiscale et de l'administration foncière.
- Speaker #1
J'ai encore le souvenir en France de mes premières acquisitions immobilières où c'était encore signature à la main et il fallait encore paraffer. Donc on passait quasiment un quart d'heure, vingt minutes à... à tout signer, à revérifier que tous les parties, qu'il n'y ait pas une signature qui ait été oubliée.
- Speaker #0
Au Maroc, nos actes sont infiniment moins longs que les actes français. C'est exceptionnellement rare qu'on ait un acte depuis 10 pages. Il n'y a pas la multiplicité de lois protectrices. Et l'acte notarié et les annexes ne doivent pas être paraffés, mais signés sur toutes les pages. Mais effectivement, nous sommes encore au stylo et au support physique. Donc, la... constitution de mes archives et mes minutes restent en mon étude parce que la loi m'oblige à les laisser en mon étude et donc j'ai des archives qui se constituent. Mais mon rapport avec l'administration, quelle que soit l'administration, est un rapport digitalisé.
- Speaker #1
Et sur la partie intelligence artificielle, est-ce que c'est déjà quelque chose de chat GPT qui est déjà utilisé chez les notarici ou c'est en voie de... pour arriver ou pas du tout ?
- Speaker #0
En fait... Mais je pense que l'outil qu'est l'intelligence artificielle peut être un fabuleux outil. Et sur des questions complexes, il est tout à fait naturel de solliciter l'intelligence artificielle. Donc après, c'est un rapport qu'on a soit avec ces outils, mais je pense que ces outils peuvent être utilisés efficacement, surtout lorsqu'il y a un travail de conseil et un travail complexe. Maintenant, le formalisme de l'acte, la signature de l'acte et le transfert aux administrations se fait... par un processus informatisé très clarifié qui est contrôlé et qui n'est pas décentralisé. Donc nous, nous avons un outil technologique qui nous permet d'adresser nos copies à l'administration fiscale pour payer les impôts comme nos copies pour les adresser à l'administration foncière. Mais c'est un système centralisé et c'est un système qui est monopolisé.
- Speaker #1
Il fera encore plus longtemps. Et aujourd'hui, quelles sont les tendances à surveiller sur le marché immobilier marocain ?
- Speaker #0
Alors là, je pense que le marché immobilier en général au Maroc est plutôt porteur parce qu'il y a des échéances cruciales. Le Maroc a fait un effort considérable de modernisation et s'inscrit dans l'optique 2030, puisque le Maroc co-organisera la Coupe du Monde avec l'Espagne, le Portugal, et que cela implique des investissements considérables à l'échelle du pays en termes d'infrastructures. et en termes d'adaptation en général, que ce soit des fonds publics ou des fonds privés. Donc on peut considérer qu'effectivement, il y aura une augmentation du prix de l'immobilier dans certaines zones. Deuxièmement, le Maroc est un pays qui connaît une croissance de 4 à 6% annuelle, et un besoin de logement, puisque la donne démographique n'est pas celle d'un pays vieux, mais d'un pays vieillissant, qui n'a plus le même indice de fécondité qu'avant, mais qui est encore un problème. un pays relativement jeune. Donc, à partir de là, il y a des besoins de logement. Maintenant, quand on fait une acquisition immobilière, il faut être extrêmement vigilant et il faut raisonner par rapport au bien. J'aurais tendance à dire que l'expertise d'un bien immobilier, ça passe par l'analyse du bien, l'analyse de sa situation géographique, l'analyse du voisinage. Et donc, ça présuppose une analyse ultra rationnelle. Qui nécessite donc d'être là et de ne pas nécessairement déléguer ou si on délègue... de déléguer à des gens de confiance et compétents. Parce que je pense vraiment que le Maroc est un pays d'opportunité pour les gens qui investissent avec rationalité. Et que pour les gens qui ne prennent pas les précautions élémentaires ou qui cèdent à des pulsions non analysées, cela peut être un cauchemar.
- Speaker #1
C'est vrai que parfois certains, en tout cas depuis la France... On voit le Maroc avec le soleil, tout est beau, tout est joli, et d'un coup, ils perdent tout le sens rationnel en n'allant pas sur place vraiment vérifier, en ne prenant pas les conseils d'un notaire. Et souvent, en France, je ne pense pas. Voilà,
- Speaker #0
donc il faut voir, être précautionneux. On peut acheter un bien construit, on peut acheter un bien sur plan. On a un texte législatif qui régit la loi sur plan, mais la loi sur plan n'offre pas. Tout à fait les mêmes garanties que la loi sur plan en France. Elle existe au Maroc. Donc, lorsqu'on achète sur plan, il faut être extrêmement vigilant parce que même si l'essentiel des projets sur plan aboutissent, il peut y avoir des déconvenues. D'ailleurs, les vraies déconvenues, celles qui ont été pointées par des victimes du Maroc, ce sont les personnes qui ont acheté des biens non titrés. Ce sont les personnes qui ont été victimes de spoliation foncière. il y a eu un programme très très motivant pour éradiquer ce fléau. Ça a même été une cause décrétée comme nationale par Sa Majesté. Et puis ceux qui sont déçus, c'est parfois ceux qui achètent sur plan. Mais parce qu'entre le résultat final et ce qu'ils avaient cru acheter, il y a un différentiel. C'est donc à eux d'être très vigilants au moment où ils signent les avant-contrats. Et s'ils ont des incertitudes, ne pas acheter sur plan. Mais si ils prennent les précautions et si...
- Speaker #1
ils se sont bien renseignés l'essentiel des acquisitions sera satisfait et les opportunités sont importantes on sera là pour les décrire et les exploiter on va bientôt arriver sur la fin je vais vous proposer un jeu, c'est la minute oui, non ou joker ou alors à détailler et après on pourra revenir sur les réponses s'il faut développer je sors le chronomètre Pour être à Une minute. Attention. Peut-on acheter un bien 100% à distance depuis l'étranger au Maroc ?
- Speaker #0
Oui. Les états aérés.
- Speaker #1
Les frais de notaire sont-ils négociables ?
- Speaker #0
Oui, mais je détaillerai.
- Speaker #1
Avez-vous déjà refusé un dossier ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Existe-t-il encore des biens sans titre foncier à Casablanca ?
- Speaker #0
Oui, mais très peu.
- Speaker #1
Avez-vous déjà un client qui a lâché une ruine sans le savoir ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Un notaire peut-il commettre une erreur ?
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Le système juridique marocain est-il assez clair pour un MRE ou un étranger ?
- Speaker #0
Oui, si on est précautionneux.
- Speaker #1
Est-ce que l'immobilier commercial au Maroc est un secteur à surveiller dans les années à venir ?
- Speaker #0
Je pense que oui.
- Speaker #1
Faut-il d'abord acheter sa résidence principale avant de réaliser un investissement locatif ?
- Speaker #0
C'est un choix, donc je dis non.
- Speaker #1
Un investissement... Ben oui. Ah, c'est un oui, c'est un oui, ni non. Un investissement locatif à Casablanca est-il une valeur sûre sur le long terme ?
- Speaker #0
Cela dépend du locataire.
- Speaker #1
On vient d'arriver à une lutte tout pile. Est-ce qu'il y a des réponses ou des questions sur lesquelles vous voulez revenir ? On parlait sur acheter un bien à 100% à distance depuis l'étranger.
- Speaker #0
Oui, car l'acquisition ne se fait pas par voie électronique, elle se fait toujours en l'étude notariale. Mais si on acquiert à distance, il faut donner pouvoir. Or, le pouvoir doit revêtir la forme notariée. Donc si je vais chez un notaire français pour donner pouvoir à quelqu'un qui me représentera au Maroc, je peux le faire, mais il y a un souci. C'est que le Maroc exigera de la procuration qu'elle reçoive l'exéquature du tribunal marocain. Ce qui fait que je suggère fortement aux gens de se rendre chez le notaire, parce que les frais d'avocat et la lenteur de la procédure d'exéquature seront sans doute plus onéreux, plus pénibles, que le fait de prendre un billet d'avion pour aller signer en l'étude du notaire, même... si on prend trois jours de congé.
- Speaker #1
Et puis en plus, c'est toujours une bonne excuse de prendre trois jours de congé pour aller au Maroc.
- Speaker #0
Et un notaire vous conseille fortement de venir.
- Speaker #1
Toujours. Les frais de notaire sont-ils négociables ?
- Speaker #0
Oui, mais comme tout frais, c'est-à-dire que contrairement au système français où il y a ce qu'on appelle le tarif, comme nous n'avons qu'un monopole partagé, nos honoraires sont variables. Et nous pouvons les discuter avec le client. Grosso modo, c'est 1% du prix de vente. Plus la TVA, 20%. des honoraires. Mais si la vente porte sur un bien extrêmement onéreux, on peut faire un geste sur ce 1%. Donc, lorsque le bien porte sur plusieurs, plusieurs millions de dirhams. En revanche, les frais d'enregistrement de conservation foncière ou d'inscription hypothécaire sont proportionnels et ils sont dans le cadre d'un barème et ils sont collectés par le notaire, qui va donc collecter 4% d'enregistrement pour un bien bâti, 5% pour un bien non bâti, 1,5 à la conservation foncière plus les frais d'hypothèque. et donc devient collecteur d'impôts parce que cet argent est utilisé pour payer l'administration fiscale au titre des droits d'enregistrement et la conservation foncière. Donc le client fait, lorsqu'il est acquéreur, un chèque correspondant au prix de vente au notaire pour qu'il en soit séquestre et un chèque qui correspond à l'ensemble des frais au notaire qui est collecteur de l'impôt.
- Speaker #1
C'est comme en France où les gens pensent que les frais de notaire égale argent collecté uniquement pour le notaire et pas uniquement collecte. Les impôts où l'État se sert des notaires pour collecter tous les frais. On parlait des... Lorsqu'un notaire commet une erreur, est-ce que souvent c'est rattrapable ou est-ce qu'il y a des assurances ?
- Speaker #0
Alors, la profession est assurée. Nous avons une assurance qui est même souscrite par notre ordre, de sorte que s'il y avait une défaillance dans la souscription, l'ordre l'a prise à sa charge. Le notaire est responsable civilement, il est responsable devant son ordre, il est responsable devant la justice, il peut être intenté des actions en justice contre lui, sa responsabilité pénale peut être engagée. Bien évidemment qu'il y a des notaires qui ont commis des actes scandaleux qui méritaient une sanction, mais pour être tout à fait honnête, et je crois sincère et objectif, j'ai vu des plaintes contre des notaires qui, pour moi, n'ont aucune justification. Et je considère que l'activité notariale et la profession de notaire est une profession qui fait naître de lourdes responsabilités qui la rend parfois stressante. Nous intervenons à tous les niveaux, collecte de l'impôt, démarche avec l'administration fiscale, démarche avec les tribunaux de commerce, démarche avec la conservation foncière et... Comme nous recevons l'acte, que c'est nous qui mettons notre identité et qui engageons notre responsabilité quant au contenu de l'acte, il y a parfois un effet boumangue très désagréable parce que, sachant qu'il y a une assurance, certains clients sont tentés de nous actionner aisément en justice.
- Speaker #1
Et tout à l'heure, vous disiez que vous aviez déjà refusé un dossier. Comment un notaire peut refuser un dossier ? C'est parce que le client a peut-être mauvaise presse ? ou que le dossier en lui-même va apporter beaucoup de problèmes ?
- Speaker #0
Évidemment qu'il y a certains clients qui sont si connus et si négativement connus qu'on préfère ne pas les avoir. Mais moi, je juge le dossier. Donc si au niveau de la conservation foncière, je sens qu'il y a des problèmes quasi insolubles, je préfère dire au client que je n'aurai peut-être pas la force pour le faire aboutir. Et comme je ne suis pas tenu, impérativement d'accepter un dossier, je me réserve le droit de refuser des dossiers qui me paraissent tendancieux, compliqués. Maintenant, lorsque j'ai en face de moi quelqu'un dont le profil laisse à penser que cette personne n'est pas très honnête, je préfère passer mon tour. Et j'ai aussi ce droit.
- Speaker #1
Très bien. Comme conclusion, quel serait votre ultime conseil à un auditeur qui souhaite acheter au Maroc ?
- Speaker #0
Je lui conseillerais Euh... de sonder le terrain. S'il n'a aucun lien direct avec le Maroc, exemple, il est un retraité français, il doit savoir que c'est un formidable paradis fiscal dès lors qu'il transfère sa pension et qu'il la transfère en devise. Mais je l'inviterais à sonder, à vivre d'abord peut-être comme locataire et une fois qu'il a un peu compris où il était, s'entourer de spécialistes. Quant à la transmission du bien, quant au financement du bien, quant à la recherche du bien, pour faire un achat totalement sécurisé. Et je pense que s'il accepte de payer ce coût, parce que les sommes qu'on économise sont parfois des sommes qui coûteront beaucoup plus cher plus tard, s'il recourt à des experts de qualité, il peut faire une acquisition sereine et une acquisition qui générera un profit à terme.
- Speaker #1
Donc d'abord venir vivre et ensuite acheter.
- Speaker #0
S'il ne connaît pas du tout le pays, je pense que c'est mieux déjà de voir comment, s'il connaît bien le pays, autant vraiment baliser le parcours juridique, fiscal et monétaire, concernant l'acquisition de ce bien.
- Speaker #1
Je pense qu'on fera un épisode dédié sur la politique monétaire et sur la partie fiscale, pour que les auditeurs soient bien au courant de comment ça fonctionne.
- Speaker #0
Je pense que ça s'impose et je pense que ces émissions ont pour utilité de faire comprendre. à la personne qui regarde l'émission qu'il y a beaucoup de points d'interrogation et ces points d'interrogation peuvent se muer en points d'exclamation exclusivement si on recourt à des services de professionnels compétents.
- Speaker #1
Toujours, mais ça c'est pas uniquement au Maroc, c'est dans tous les pays. Absolument,
- Speaker #0
ça n'est pas propre au Maroc.
- Speaker #1
Il faut bien se faire accompagner sur tout compte.
- Speaker #0
C'est possible qu'il se rassure parce que vraiment il y a un système et une législation et les déconvenus de certains sont souvent le fruit, je dis, d'acquisitions périphériques. mal négocié.
- Speaker #1
Et dernière question mais qui n'a rien à voir avec l'immobilier, il y a la Coupe d'Afrique des Nations qui commence bientôt, c'est le Maroc qui sera le pays haute et quel est votre pronostic pour l'équipe du Maroc au football ?
- Speaker #0
Alors, en tant que Marocain, je soutiendrai l'équipe nationale, mais en tant que personne susceptible de prendre du recul, et je pense que de nombreux observateurs confirment cela, je suis obligé de dire que le Maroc, organisant sa Coupe d'Afrique, avant d'organiser sa Coupe du Monde, sera favori de cette compétition. Mais le favori ne gagne pas toujours.
- Speaker #1
On espère en tout cas que le Maroc gagnera cette coupe. Ce sera un grand moment de fête. Merci beaucoup Maître, à très bientôt.
- Speaker #0
Merci pour votre invitation.