- Speaker #0
Acheter un bien au Maroc, c'est un projet qui soulève beaucoup de questions très concrètes. Comment se déroule, étape par étape, une transaction immobilière ? Y a-t-il vraiment une marge de négo quand on achète ? Quels sont les frais cachés qu'on ne voit pas toujours venir ? Et est-ce qu'on peut tout faire à distance, depuis l'étranger ? Dans cet épisode, Fabrissa, directrice générale de Damanimo, filiale du groupe Bank of Africa, va nous partager son parcours, nous éclairer sur le fonctionnement du marché marocain ainsi que de ses tendances. et nous révéler une ville qui devrait surperformer le reste du royaume. Un échange dense, pratique et incontournable pour comprendre l'immobilier marocain. Allez, c'est parti pour le deuxième épisode du podcast Les Clés du Maroc. Bonjour Fabrice, merci d'être la deuxième invitée de ce podcast Les Clés du Maroc. Avant de commencer, qui es-tu et comment as-tu débuté dans l'immobilier au Maroc ?
- Speaker #1
Bonjour Lorenz. Merci de me recevoir et d'accorder cette interview pour cette thématique très intéressante. Donc moi, je suis née en France en 1981 et j'ai grandi à Marne-la-Vallée, à l'est de Paris.
- Speaker #0
Côté Disneyland.
- Speaker #1
À côté de Disneyland, exactement.
- Speaker #0
Ça permet de mieux se repérer en France.
- Speaker #1
Exactement. J'ai fait des études en immobilier, donc d'abord un master en management immobilier à l'université de Marne-la-Vallée et ensuite un master à l'ESSEC Business School Paris en management immobilier.
- Speaker #0
Très bien.
- Speaker #1
Et puis, je travaillais en immobilier au sein de la Banque Société Générale, dans la direction immobilière de la banque. Et puis, mon mari a eu une opportunité professionnelle au Maroc, à Casablanca, Donc il m'a proposé... Qu'on tente l'aventure. Donc après, quand même un temps de réflexion. J'ai dit OK. Et puis, j'ai cherché justement un emploi dans le secteur immobilier au Maroc. Et on est parti en 2009. On s'est installé à Casablanca.
- Speaker #0
Donc, ça fait quasiment 15 ans, 16 ans que tu es à Casablanca.
- Speaker #1
Je suis à Casablanca, oui, au Maroc.
- Speaker #0
Donc, aucun regret d'avoir suivi ton mari pour cette aventure.
- Speaker #1
Aucun regret.
- Speaker #0
De l'autre côté.
- Speaker #1
On est toujours là, 15 ans après.
- Speaker #0
C'est que ça se passe plutôt bien alors.
- Speaker #1
Tout va bien.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, si on fait simple, qu'est-ce que tu fais aujourd'hui comme métier ici à Casablanca ?
- Speaker #1
Alors moi, je m'occupe du pôle immobilier de la filiale immobilière du groupe Bank of Africa, qui est donc la troisième banque marocaine. Et dans cette filiale immobilière, on exerce différents métiers liés à l'immobilier, donc l'expertise immobilière. On gère aussi le patrimoine immobilier propre de Bank of Africa, qui est un patrimoine très diversifié avec des usines, des magasins, des logements, des commerces, des terrains. Et on fait aussi l'intermédiation sur des transactions immobilières avec les promoteurs immobiliers. On accompagne les investisseurs dans leurs projets immobiliers.
- Speaker #0
Ça tombe bien parce qu'aujourd'hui, c'est la transaction qui sera le cœur du sujet et qui va permettre de répondre à des nombreuses questions qu'on... tous les auditeurs de ce podcast. Mais avant, est-ce que tu as un projet ou un succès dont tu es fière que tu as réalisé au Maroc ou en France ?
- Speaker #1
Alors, on a réalisé beaucoup, beaucoup de missions différentes. Il faut savoir que le poste où je suis, la filière dans laquelle je suis, on a beaucoup de sujets et de thématiques. On traite sur tous les segments de l'immobilier. Je dirais que les... Les opérations qui m'ont le plus marquée, c'était quand on a reconverti des anciens sites industriels que la banque avait récupérés. Donc c'était des grandes usines à l'arrêt. Il y avait une usine textile, après on a eu aussi le cas d'une minoterie. Et puis dernièrement, le cas aussi d'une ancienne usine de confection. Là aussi, c'était des usines qui avaient fonctionné dans le temps, qui maintenant étaient à l'arrêt, que la banque avait récupérées. et on a réussi à... Finalement, les reconvertir, trouver un investisseur, un nouvel industriel qui a pu racheter ses usines, les rénover, les remettre en activité. Donc, recréer une dynamique économique sur ses biens, créer de l'emploi. Donc, c'est des opérations qui sont marquantes. On se dit qu'on a réussi à avoir un impact sur le marché.
- Speaker #0
Si on arrive à sauver beaucoup d'emplois, surtout dans les usines, c'est quelque chose qui est assez important et compliqué à faire. je vois côté français où on est plutôt en train de de perdre les usines que de les sauver. Un message plein d'espoir où on pourrait s'en inspirer en France. Aujourd'hui, l'état du marché immobilier marocain, toi qui es dedans depuis bientôt 15 ans, 16 ans ici, comment est-ce que tu vois son évolution depuis 10 ans ?
- Speaker #1
Alors, c'est un marché qui évolue beaucoup, qui évolue très vite et avec des dynamiques différentes selon les segments, selon les villes. Je pense que c'est intéressant de remonter jusqu'à la période de Covid. Donc la période Covid, bien sûr, comme partout dans le monde, ça a été une année d'arrêt.
- Speaker #0
Le frein à main a été tiré très fort.
- Speaker #1
Voilà, donc d'un coup, tout s'est arrêté, y compris les transactions mobilières qui ont chuté, bien sûr, drastiquement. Et après, tout l'écosystème aussi s'est un peu figé. Et au sortir du Covid, il y avait une reprise, certaines reprises, certaines dynamiques, qui après a été un peu tempérée par la situation économique mondiale et les instabilités mondiales qui ont fait qu'on avait un peu des reprises un peu timides. Il n'y avait plus beaucoup de visibilité, donc les investisseurs et les acquéreurs potentiels ne savaient pas forcément avaient du mal à se projeter. On a connu, bien sûr, des années avec une inflation très importante qui a pu atteindre 6% d'inflation par an. Les taux d'intérêt étaient élevés sur les crédits immobiliers. Donc tout ça a apporté un peu d'insécurité au niveau du marché immobilier. Il n'y avait pas assez de visibilité. Sur l'avenir, les gens avaient peut-être peur d'investir dans l'immobilier à ce moment-là. Je dirais les deux ou trois années qui ont suivi le Covid, on était sur un marché pas très dynamique et puis avec des prix qui étaient un peu en vague, qui montaient, qui descendaient, sans qu'on arrive vraiment à savoir quel était le réel prix du marché. Et puis, je dirais que depuis 2024, on est rentré dans une nouvelle dynamique, beaucoup plus... beaucoup plus intéressante. Là, on voit qu'il y a des nouvelles perspectives, qu'il y a une reprise. L'inflation s'est stabilisée. Les coûts des matériaux, aussi, j'en ai pas parlé, avaient beaucoup augmenté après Covid. On a augmenté de plus de 20 %.
- Speaker #0
C'était pareil en France, où les coûts de construction ont explosé du jour au lendemain et les chantiers ont été mis à route.
- Speaker #1
Ça a impacté les promoteurs immobiliers aussi. Du coup, leur business plan ne tenait plus la route parce que par rapport aux coûts qu'ils avaient prévus, ils n'arrivaient plus à construire à ces prix-là. Et donc... Tout ça s'est un peu stabilisé, on a retrouvé de la confiance, on a retrouvé une dynamique économique, aussi avec la perspective de la Cannes 2025 qui va être organisée au Maroc, la Coupe du Monde 2030 aussi, dont le Maroc est co-organisateur. Et du coup, tout ça crée une vraie dynamique à plusieurs points de vue, parce que l'État a lancé des grands chantiers d'infrastructures au Maroc, qui concernent les routes, qui concernent les transports, qui concernent aussi la capacité hôtelière. du pays, où il a la capacité à accueillir des touristes. Et donc, tout ça a relancé un peu la production de logements, l'économie. Donc, ça a redonné confiance. Ça a mis aussi de la lumière sur le Maroc. Donc, on a des investisseurs de l'étranger aujourd'hui qui s'intéressent au Maroc, qui souhaitent investir au Maroc et qui pensent qu'effectivement, il y a une croissance qui est intéressante au Maroc avec des bonnes perspectives. Donc là, on a un volume de transactions qui est reparti à la hausse de manière très nette. Les taux des crédits immobiliers se sont stabilisés et donc les prix sont repartis à la hausse. Et on a des destinations où les prix ont augmenté très rapidement.
- Speaker #0
Et puisqu'on parle de prix, si on faisait un focus sur deux villes, on dirait Casablanca, puisqu'on est ici et que tu es d'ici, et Marrakech qui est, je pense, la ville la plus connue en France du Maroc. En termes de prix aujourd'hui, quels sont les prix à Casablanca, à Marrakech pour avoir un appartement et les rentabilités qu'on peut attendre ? Alors pas en Airbnb, mais vraiment en location classique comme une loi 89 en France, donc uniquement un appartement sans meubles.
- Speaker #1
À Casablanca, selon les quartiers, bien sûr, parce que Casablanca c'est une grande ville, il y a beaucoup de quartiers. Et puis il y a aussi l'immobilier neuf et l'immobilier de seconde main. Donc, j'irais que l'on peut avoir un logement, les prix démarrent à partir de 11 000 dirhams par mètre carré, ce qui fait 1100 euros à peu près par mètre carré. Donc là, on est sur du moyen standing, plutôt seconde main. Ça peut aller jusqu'à 14 000, 1400 dirhams par mètre carré. Donc, pour avoir un logement à Casablanca, il faut avoir au moins un budget d'à peu près un million de dirhams, 100 000 euros. D'accord. On peut avoir un appartement. Et après, il y a le segment du haut standing. Là, les prix peuvent aller jusqu'à, enfin, dans une fourchette entre 20 000 et 25 000 dirhams, donc 2 000 à 2 500 euros par mètre carré. Ils peuvent même aller jusqu'à 30 000 dirhams, 3 000 euros par mètre carré, pour des studios. Par exemple, Casablanca, c'est une ville où il y a dernièrement une grosse production de studios. Ce qu'on appelle studio, Casablanca, ce sont des appartements avec un salon, une chambre. D'accord. En France, c'est l'équivalent des F2.
- Speaker #0
D'accord, oui. En France, c'est un deux-pièces.
- Speaker #1
C'est un deux-pièces,
- Speaker #0
voilà. Un studio, c'est une pièce et c'est pas mal déjà.
- Speaker #1
Voilà, donc en fait, on n'a pas cette typologie. On a généralement un salon et une chambre. Et ça, c'est des petites surfaces de 50 mètres carrés, 50, 55 mètres carrés. Et on a des prix qui peuvent atteindre les 30 000 dirhams du mètre carré. Donc, ça veut dire qu'un studio, ça peut être 120 000, 150 000 euros pour avoir un studio. Parce que c'est un produit, justement, d'investissement locatif qui est très demandé. Plus aussi un produit pour des célibataires, des étudiants, des gens qui ont un pied-à-terre. C'est une nouvelle demande sur le marché qui a émergé, donc on a une forte demande là-dessus. Ça, c'est à peu près les prix. Et puis pour un grand appartement familial au centre-ville de Casablanca, on peut être à 200 000, 300 000 euros facilement. Et puis après, il y a le segment villa et les biens très haut standing ou luxe qui dépendent. dépassent les 500 000 euros, voire les 1 million d'euros dans certains quartiers.
- Speaker #0
Et en termes de rendement sur un investissement locatif à Casablanca, est-ce qu'on a une fourchette de ce que c'est un rendement normal sans vouloir chercher une surperformance ?
- Speaker #1
Alors sur Casablanca, comme on est sur un marché plutôt, c'est de la résidence principale, donc on est sur de la location plutôt à l'année, avec un locataire stable, et on a des rendements qui peuvent dépasser les 6%. 6% annuel.
- Speaker #0
Ce qui est plus qu'en Ile-de-France, on est plutôt proche des 3, voire des 2,5. Donc ça fait un peu rêver. Et sur Marrakech ?
- Speaker #1
Sur Marrakech, c'est un marché différent parce que c'est un marché qui est très tourné vers le tourisme. Donc on a à la fois un marché local et puis un marché aussi touristique, donc d'investissement et un marché de résidence secondaire. Alors les prix à Marrakech ont évolué très fortement. On est sur des croissances... des prix de 6 à 8% par an, voire plus.
- Speaker #0
Ça monte vite.
- Speaker #1
Sur certains segments, ça monte très vite. Et il y a une demande qui est très forte, qui entretient aussi cette augmentation des prix. Sur le moyen standing à Marrakech, on peut avoir un appartement à partir de 800 000, 900 000 euros, 900 000 dirhams, pardon, c'est-à-dire 80 000 à 90 000 euros. Ensuite, sur du haut standing ou des plus grandes surfaces, pareil, on peut dépasser les 300 000 euros, atteindre 2500 euros par mètre carré. Plus après, sur Marrakech, vous trouvez vraiment des très grandes villas, très grands luxes. Donc ça, ce sont des budgets qui peuvent aller très haut. Et là, on peut attendre des taux de rendement plus élevés parce qu'on va être, soit on est sur de l'allocation à l'année, soit on est sur de l'allocation saisonnière. qui peut apporter des taux de rendement plus élevés, mais avec un risque aussi plus important lié à la rotation des locataires, au fait qu'il peut y avoir des périodes de vacances aussi, même si Marrakech, c'est toute l'année. Il y a du tourisme toute l'année.
- Speaker #0
Sauf en juillet-août où il fait très très chaud.
- Speaker #1
Très chaud, mais il y a quand même du tourisme.
- Speaker #0
Il y a du tourisme, j'y étais, à 45 degrés à l'ombre. On ne regrette pas d'être passé par Marrakech, mais ça fait une expérience. Moi, ce que je vois, c'est qu'il y a une très grosse demande sur le marché marocain. On s'était rencontré un peu par hasard à Paris au salon immobilier marocain. Et moi, ce qui m'avait vraiment choqué, surpris, c'était le nombre de personnes qui étaient présentes à ce salon, qui faisaient les files d'attente à chaque stand des promoteurs, des commerciaux. Moi, à chaque fois, j'attendais entre 15 et 20 minutes mon tour pour pouvoir parler à quelqu'un. et le public était vraiment là pas juste pour... regarder, on va dire prendre la température, Mitterrand se trouve dans une démarche de... Il venait pour acheter un bien au Maroc, il ne savait pas forcément où, mais en rentrant dans le salon, il était là pour acheter. Moi, c'est quelque chose qui m'a vraiment... Enfin, j'ai pu comparer par rapport à la France où le marché de la transaction est complètement en berne, complètement franc en ce moment. Et donc, effectivement, c'est bien de voir qu'il y a une vraie demande sur le marché marocain. Est-ce que c'est quelque chose que tu as pu voir post-salon où il y a beaucoup de demandes qui... qui revient pour acheter au Maroc.
- Speaker #1
Oui, effectivement. C'est vrai qu'on est heureux chaque année de voir l'engouement qu'il y a autour du salon d'immobilier marocain à Paris. Donc, c'est une attente chaque année et c'est vraiment une satisfaction de voir l'engouement qu'il y a. Et puis, cette année, on avait vraiment une... Une clientèle très diverse, donc à la fois des Marocains, mais aussi des personnes de différentes nationalités qui n'avaient pas forcément un lien direct avec le Maroc et qui voulaient investir au Maroc. C'est une destination qui attire. C'est vrai qu'on trouve des prix aujourd'hui qui sont bas par rapport aux prix de l'immobilier en Europe. donc c'est des budgets qui sont très accessibles très intéressants et c'est une destination On a un climat qui est très favorable. On a des sites touristiques très intéressants. Et c'est très proche de l'Europe.
- Speaker #0
Et on y mange bien.
- Speaker #1
On mange très bien. Donc, il y a beaucoup d'avantages. C'est pour ça que ça attire. On est ravis de ça. Et puis aujourd'hui, on est justement en train de suivre tous ces clients qu'on a pu rencontrer à l'occasion du salon. Beaucoup de personnes ont prévu un voyage au Maroc entre le mois de juin et le mois d'août. pour venir visiter les projets qu'ils ont vus, concrétiser leur achat. Donc voilà, la dynamique est lancée.
- Speaker #0
J'espère qu'il y aura plein de signatures. Est-ce qu'aujourd'hui tu vois des signaux faibles qu'on ne voit pas trop encore, mais qu'il faudrait explorer sur le marché de l'immobilier au Maroc ? Un marché qui pourrait monter ou un type de produit spécifique ?
- Speaker #1
Alors, le marché de l'immobilier au Maroc, il faut savoir qu'il est... qu'il est toujours en pleine structuration, ce n'est pas un marché mature. Donc on a des segments qui répondent à des dynamiques très différentes. C'est vrai qu'on connaît bien le marché résidentiel, c'est un marché où il y a toujours une forte demande, donc qui évolue toujours bien. Après, il y a d'autres segments qui sont différents, l'immobilier professionnel par exemple. Si on parle des locaux commerciaux, il y a beaucoup d'offres. Aujourd'hui, sur les locaux commerciaux et quand on veut acheter un local commercial, par exemple pour investir ou pour faire un commerce, il faut faire très attention à l'emplacement.
- Speaker #0
L'emplacement, l'emplacement, l'emplacement.
- Speaker #1
L'emplacement, voilà, c'est extrêmement important pour qui tu as peut-être le payer un peu plus cher ou avoir l'impression d'être dans la fourchette haute du marché. Mais je veux dire, s'il n'y a pas de potentiel commercial, aujourd'hui, il y a des locaux commerciaux qui sont fermés parce qu'ils ne sont pas dans des emplacements vraiment stratégiques ou intéressants commercialement. Et puis après, il y a aussi l'immobilier de bureau. Si je prends le cas du marché de Casablanca, parce que c'est un marché qui est très important à Casablanca, vu que c'est la capitale économique, il y a une grosse production en termes de plateau de bureau, parce qu'il y a une forte demande. Maintenant, le marché des bureaux est assez difficile à appréhender. C'est un marché dont on ignore comment il peut évoluer dans les prochaines années. On a vu le cas en Europe. après le Covid et le changement des modes de travail qui a complètement modifié un peu la dynamique de ce secteur. Donc à Casablanca aujourd'hui, il y a beaucoup d'offres. Est-ce que toute cette offre va trouver preneur ? Et que vont devenir les anciens immeubles de bureaux qui ont été construits il y a des dizaines d'années et qui répondent à des normes qui sont dépassées aujourd'hui ? Donc quid de la reconversion aussi de ces décisions ?
- Speaker #0
C'est vrai que c'est assez intéressant de suivre les bureaux. notamment au Maroc, parce qu'en tout cas en Europe et même aux Etats-Unis, on voit qu'il y a un retour au bureau qui est imposé par les directions, que forcément les salariés bloquent un peu, parce que c'est toujours compliqué de revenir au bureau quand on a fait trois jours de télétravail pendant quelques années. Puis à Paris et le France, il y a vraiment aussi ce problème des vieux bureaux qui ont été construits il y a 20-30 ans, mais un peu plus, qui ne sont plus aux normes, qui ne sont pas forcément bien placés, qui ne respectent plus les attentes et les normes des employeurs. Et c'est en tout cas en France compliqué de les reconvertir en logement. parce que ce n'est pas forcément les bonnes trames. Après, il y a aussi des problèmes juridiques, aussi des problèmes de fiscalité, parce que la taxe bureau allait directement pour les communes. Donc, il y a pas mal de petites interrogations sur ce sujet. J'ai hâte de voir comment ça va se dérouler pour le bureau à Casablanca et au Maroc en général. Aujourd'hui, pour la transaction au Maroc, explique-moi, comme si j'étais aujourd'hui un client qui veut acheter un bien, un appartement à Casablanca, comment ça se passe de A à Z ? À partir du moment où je trouve un bien qui m'intéresse, est-ce que d'abord il faut te contacter ? Est-ce que je vais d'abord sur un site immobilier d'annonce et ensuite j'appelle ? Comment ça se passe ?
- Speaker #1
Alors déjà, moi, je conseille toujours de venir sur place, visiter le pays, visiter la ville, visiter le quartier où on souhaite visiter. Et puis, bien sûr, on peut se renseigner en amont. Donc aujourd'hui, on a beaucoup de choses sur Internet. Nous-mêmes, on a un site Internet où on a des références et des projets immobiliers qui ont été déjà référencés, sélectionnés par nos soins, donc qu'on peut proposer aux clients qui cherchent. Et puis sinon, il peut effectivement consulter déjà les sites immobiliers pour voir un petit peu le type de projet, les prix, quel serait son budget. Venir opérer sur place et puis surtout se faire accompagner par des professionnels. C'est très important, surtout quand c'est un marché immobilier qu'on ne maîtrise pas. Déjà, quand on est sur le marché immobilier, on a besoin de se faire accompagner. Mais quand on vient de l'étranger, donc encore plus. donc se faire bien accompagner par justement un un un agent immobilier ou un conseiller en immobilier comme on fait nous, donc qu'on accompagne nos clients entièrement sur toute la procédure. Rencontrer un notaire, se faire expliquer aussi comment se passe la transaction, quelles sont les différentes étapes, quelles sont les choses sur lesquelles il faut être vigilant. Rencontrer aussi une banque si on souhaite faire un crédit immobilier pour savoir comment se passe le financement, quel est notre budget, combien on pourrait emprunter, quelles sont les conditions, etc. Et puis après, visiter des projets, comparer les offres. Et une fois qu'on a fait son choix sur le bien immobilier, donc valider le prix, les conditions. Donc à ce moment-là, on se rend chez le notaire pour signer un compromis de vente. Très important de signer toujours la réservation devant notaire pour que ça ait une valeur juridique et qu'on soit protégé, notamment si on verse une avance, un accompte de réservation. Donc il est préférable de verser l'accompte entre les mains du notaire.
- Speaker #0
Et un à compte, c'est un prix fixe ou c'est un pourcentage du prix final ?
- Speaker #1
Alors, c'est à la libre entente des parties. Généralement, ce qui se fait, c'est que la compte, c'est entre 10 et 30 % du prix de vente. Donc, selon le projet, selon le montant aussi de la transaction, on peut se mettre d'accord sur un montant dans cette fourchette-là.
- Speaker #0
Et donc une fois qu'on a fixé, une fois qu'on a... Signez le compromis qu'on a versé son à-compte. Quelle est l'étape d'après ?
- Speaker #1
L'étape d'après, c'est de préparer la vente définitive. Donc là, ça dépend de la situation. Donc déjà, il y a la situation fiscale du bien. Donc le notaire va s'occuper de toutes les démarches vis-à-vis du vendeur pour que les impôts sur le bien qui sont dus soient payés avant la transaction. Ensuite, si on sollicite un financement auprès de la banque, il faut retourner vers sa banque avec son compromis de vente signé. pour finaliser sa demande de crédit, signer les contrats et donc débloquer son crédit. Après, s'il y a des conditions suspensives qu'on a prévues dans le contrat de vente qui sont liées, par exemple, à la mise à jour du dossier foncier du bien, à une libération, par exemple, du bien, s'il est occupé. Donc, il faut attendre que ces différentes clauses soient réalisées avant de pouvoir réaliser la transaction. et si on achète auprès d'un promoteur dans un projet neuf qui n'est pas encore livré.
- Speaker #0
Donc sur plan ?
- Speaker #1
Sur plan. Donc on va attendre la notification du promoteur qui va nous informer que c'est bon, le titre foncier est disponible et qu'on peut passer à la vente finale. Donc quand tout est prêt à ce niveau-là, on retourne chez le notaire pour signer la vente définitive. Donc on paye aussi, soit nous en fonds propres, soit l'acheteur en fonds propres, soit la banque, va payer le complément du prix de vente chez le notaire. Et c'est le notaire ensuite qui se charge des formalités d'enregistrement, d'inscription du bien et de remettre l'argent au vendeur et de donner à l'acheteur son certificat de propriété avec le numéro d'immatriculation du bien et le nom du propriétaire. Donc c'est ce document qui garantit à l'acheteur qu'il est bien propriétaire du bien et que son droit est inattaquable.
- Speaker #0
Et que c'est bien à lui et qu'on ne pourra pas le lui reprendre comme ça. et la durée moyenne d'une transaction entre le moment où... On se met d'accord avec le vendeur sur le prix. C'est quel le délai moyen que tu constates pour tes clients ?
- Speaker #1
Le délai moyen, c'est entre 3 à 6 mois, si le bien est disponible. Bien sûr, si on achète sur plan pour une livraison prévue dans 12 à 18 mois, voilà.
- Speaker #0
C'est peut-être 18 mois que dans ce cas-là, que 3.
- Speaker #1
Voilà, ça sera évidemment le maximum. Mais si le bien est disponible, il faut compter minimum 3 mois jusqu'à 6 mois.
- Speaker #0
D'accord. Aujourd'hui, est-ce que tu vois des pièges entre le compromis, le notaire, la signature ? Ou est-ce qu'il y a des pièges qui peuvent apparaître sur le parcours ?
- Speaker #1
Alors, surtout les pièges, c'est-à-dire qu'il faut éviter quand on cherche à investir au Maroc, c'est déjà de s'orienter vers des biens qui sont immatriculés. Ça veut dire qu'ils sont immatriculés à la conservation foncière, ils ont un numéro de titre foncier, et donc leur situation est connue et la propriété est inattaquable. Donc à la différence des biens qu'on appelle Melchia, qui ne sont pas titrés, ils ne sont pas immatriculés, et donc ça, ça représente un risque, parce que demain, une personne peut venir revendiquer un droit sur cette propriété avec un simple papier qui aurait été signé peut-être il y a 40 ans, et donc on peut se retrouver dans une situation... Très difficile. Un autre risque que j'évoque souvent, c'est de verser l'argent directement entre les mains du vendeur sans passer par le notaire. Donc c'est un risque pour l'acheteur, ça ne garantit pas ses droits. Donc on recommande toujours de transiter par la comptabilité du notaire qui est le garant effectivement de cette opération.
- Speaker #0
Et il y a beaucoup de gens qui achètent des biens Melka, qui sont sans titre. Ou ça reste aujourd'hui une minorité qui passe par ce chemin ?
- Speaker #1
Non, ça reste une minorité. Et puis, c'est surtout, généralement, ce sont des biens qui sont situés dans des zones agricoles qui n'ont pas encore été, c'est-à-dire bien relevés par les services du cadastre. Donc, c'est des opérations qui prennent du temps. Et bon, au fur et à mesure des années, il y a de plus en plus de parcelles de terrain qui sont immatriculées. Mais voilà, c'est plutôt des choses qu'on voit, mais qu'on peut voir dans les environs de Marrakech. Par exemple, il y a des terrains agricoles qui ne sont pas encore immatriculés aujourd'hui et donc qui peuvent être proposés à des investisseurs, mais que je déconseille fortement.
- Speaker #0
Gros warning pour les investisseurs qui veulent acheter ce type de biens. Également au Maroc comme en France, la vente sur plan, la VEFA, est-ce que c'est quelque chose que tu recommandes ?
- Speaker #1
Alors ça présente des avantages, c'est-à-dire déjà d'acheter dans le neuf. Aujourd'hui, il faut voir que les normes de construction ont beaucoup évolué en quelques années. Donc, ça s'est modernisé. Les prestations qu'on trouve aujourd'hui dans les nouvelles constructions sont beaucoup plus modernes. On a des matériaux plus actuels. On a aussi des prestations en termes d'isolation, en termes de, par exemple, des panneaux solaires, des récupérations d'eau. donc il y a des prestations aujourd'hui qui sont qui sont plus modernes, qui sont intéressantes à avoir. Donc ça, c'est l'intérêt quand on achète dans un projet neuf. Et puis quand on achète sur plan, généralement, on est au début du projet, on a le choix en termes de typologie, d'orientation de l'appartement, par exemple dans le projet ou de la villa qu'on veut dans la résidence. Donc ça présente ça comme avantage. Et puis ça permet aussi peut-être d'étaler son paiement sur une période plus longue. Si par exemple on réserve sur un projet qui sera livré dans 18 mois, ça laisse le temps pour que tu puisses pour préparer les paiements, mettre de côté l'argent pour payer. Après, le risque, c'est un décalage du délai.
- Speaker #0
Qui arrive.
- Speaker #1
Effectivement, voilà.
- Speaker #0
Les retards sur les chantiers, je pense que c'est un problème qui est mondial.
- Speaker #1
Voilà, ça existe partout. Donc, effectivement, il y a le risque de décalage du planning, donc avec un retard qui peut être plus ou moins important par rapport à ça. et... Et puis, voilà. Après, si on veut un bien disponible tout de suite, quand on achète sur plan, il faut accepter d'attendre.
- Speaker #0
Il faut attendre 18 mois, 24 mois à peu près, le temps que le produit sorte de terre. Et quand on est MRE ou français, est-ce que l'on peut tout faire à distance pour acheter un bien depuis la France au Maroc ?
- Speaker #1
Alors oui, théoriquement, aujourd'hui, on peut tout faire à distance parce qu'on peut trouver son bien sur Internet, on peut être accompagné par des professionnels à distance. Comme nous faisons nous, on fait un accompagnement, on a un centre de relations clients, tous les process sont digitalisés. On peut ouvrir son compte bancaire au Maroc à distance, on peut demander son crédit à distance, on peut faire une procuration même pour qu'une autre personne que nous aille signer chez le notaire au Maroc. Donc théoriquement, on peut tout faire à distance. Après moi, je recommande fortement quand même de venir visiter. le projet dans lequel on va acheter, l'emplacement, le quartier, se renseigner sur les choses, même sur ce qui est prévu, quelle est l'évolution, quels sont les projets à proximité, quelle est l'évolution, quels sont les desserts routières, que prévoient les plans d'aménagement ou les projets urbains, comment est l'environnement, le voisinage. On peut, théoriquement, mais c'est quand même toujours mieux de venir sur place, au moins visiter son bien.
- Speaker #0
Tu as déjà des clients qui ont vraiment fait le process à 100% sans mettre un seul pied dans le projet ou à la fin, ils vont quand même venir au moins une fois vérifier ou sentir un peu le quartier où tu as envie des clients qui...
- Speaker #1
Nos clients viennent toujours pour visiter, c'est-à-dire un moment pour confirmer sur place ce qu'ils vont acheter. Des fois, ils envoient à des personnes, par exemple, de leur famille. pour visiter avant eux, pour repérer. Mais une fois que le choix est fait, on va dire au moment de confirmer et de signer, les gens viennent.
- Speaker #0
Ça permet un peu de défraîcher le terrain et puis d'arriver et de faire les choses rapidement sans perdre de temps.
- Speaker #1
Donc effectivement, on peut tout préparer en amont, à distance, et puis venir juste pour concrétiser.
- Speaker #0
Et s'il y avait un piège le plus sournois pour un acheteur ici au Maroc, ce serait lequel ?
- Speaker #1
Ce serait d'être mal conseillé et d'acheter trop cher par rapport au prix du marché. Ou bien d'acheter dans une zone qui n'est pas forcément une zone avec un bon potentiel d'avenir. Il faut savoir aussi qu'il y a des zones qui sont reconverties. Donc il y a des nouveaux plans d'aménagement qui paraissent, il y a des zones qui changent de destination. d'affectation. Donc, il faut aussi être vigilant par rapport à ça, ne pas se tromper de quartier et d'emplacement.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a une marge de négociation entre le prix affiché sur les annonces et le prix réel payé chez le notaire ? Ou est-ce que le prix affiché égale le prix payé chez le notaire ?
- Speaker #1
Il y a généralement une marge de négociation. Après, ça dépend de la rareté de ce bien. C'est-à-dire, s'il y a beaucoup de demandes pour ce bien, que c'est quelque chose qui est très demandé et qu'il y a peu de... Il y a peu d'unités à vendre, vous n'aurez pas beaucoup de marge de négociation. Si au contraire, il y a pas mal d'unités, ou c'est un rythme d'écoulement qui est plus lent, vous pouvez avoir une marge de négociation.
- Speaker #0
J'ai une question qui revient souvent de la part de mes amis franco-marocains, qui est la question du crédit. Est-ce que tout le monde ne veut pas acheter un bien 100% comptant ? Est-ce qu'un MRE depuis la France peut contracter un crédit pour acheter en France ou est-ce qu'il doit obligatoirement être résident marocain ? pour pouvoir emprunter ?
- Speaker #1
Alors, il peut, il y a effectivement, les banques proposent des offres de financement pour les MRE, pour les étrangers. Alors après, c'est des offres, il y a différentes propositions d'offres spécifiques en fonction du profil du client qu'il faut se renseigner auprès d'une banque marocaine pour pouvoir avoir le détail, l'offre qui correspond au profil du client.
- Speaker #0
Moi, je pense qu'on fera un épisode avec un banquier ou un courtier qui pourra... nous parler pendant une heure des différentes offres, parce qu'il y a aussi la question que j'allais poser pour les Français qui souhaitent investir au Maroc, est-ce qu'on peut également faire du crédit, si oui, sous quelles conditions ? Parce que moi j'entends deux sons de cloche, il y a les oui et puis il y a les non, et le entre-deux où c'est oui, mais il faut un apport de moins 50%, avec des taux assez importants. Je pense que ça mériterait un second épisode dédié à la partie financement bancaire. Souvent les gens oublient la fiscalité et les autres pièges qu'on peut avoir en achetant un bien. Ils oublient des frais cachés. Est-ce qu'il y a des frais cachés une fois qu'on a acheté un bien qu'il faut anticiper, hormis les travaux d'entretien et de réparation de sa maison ?
- Speaker #1
Oui, alors il y a des frais, effectivement, et que les clients oublient parfois, c'est les droits de mutation.
- Speaker #0
En France, on va...
- Speaker #1
Donc, en fait, on doit payer des frais de mutation qu'on appelle un peu par abus de langage, on appelle ça des frais de notaire. En réalité, c'est des frais qui sont essentiellement constitués de taxes. Donc, taxes de... Les droits d'enregistrement, les taxes de la conservation foncière, les frais d'hypothèque. Si la personne prend un financement bancaire, il y aura donc une hypothèque et des frais d'hypothèque. Et puis les honoraires du notaire, c'est une petite partie de ça. Donc tous les droits de mutation, généralement, s'élèvent autour de 7 à 7,5% de la valeur du bien.
- Speaker #0
C'est comme en France quasiment, on est sur le même pourcentage.
- Speaker #1
Donc il ne faut pas oublier ces frais-là. qui seront à payer directement aux notaires. Et après, il y a une fiscalité, bien sûr, sur l'immobilier, comme partout, notamment une taxe des services communaux, qui est une taxe d'habitation, qui est payable chaque année sur la valeur locative du bien, et qui dépend, en fait, est-ce que c'est une résidence principale, est-ce que c'est une résidence secondaire, est-ce qu'elle est occupée, vacante ? Une fiscalité particulière par rapport à ça. Et après... Donc, il faut bien savoir est-ce que le bien nécessite des travaux ? Est-ce qu'il faut refaire l'installation électrique, la plomberie ? Des fois, juste rénover pour mettre à son goût. Donc ça, comme en France.
- Speaker #0
Oui, forcément, c'est les frais. Puis aussi, je pense, c'est des frais que les gens oublient. Ça peut être la fiscalité quand on loue. Forcément, on est fiscalisable et il y a un impôt à payer sur les loyers. Tout à fait. Je pense que les gens, parfois, ne l'intègrent pas dans leur BP. c'est important de l'intégrer ça aussi pour toi l'avenir de l'immobilier au Maroc ? C'est plutôt le boom des résidences principales, plutôt le locatif ou le Airbnb qui va prendre une place importante avec en plus la Coupe du Monde qui arrive dans moins de cinq ans ?
- Speaker #1
Alors, il y a de la place pour tous les segments, sachant que c'est un marché qui, comme je disais, qui n'est pas encore mature, qui est en structuration. Si on parle de la résidence principale, il faut savoir qu'il y a encore un déficit en logement qui est important au Maroc. Il a été beaucoup réduit, il s'est élevé à un million de logements il y a une vingtaine d'années. Aujourd'hui, on est autour de 360 000 unités de logement, un déficit de 360 000 unités de logement. à peu près, donc qui n'est toujours pas résorbée. Sur le logement principal, il y a toujours une demande très importante, surtout sur les grandes villes, bien sûr, ce qui attire la population pour des raisons économiques. Après, sur l'investissement locatif, il y a clairement beaucoup d'espace, parce qu'il y a un objectif d'augmenter le nombre de touristes au Maroc. Tout est mis en œuvre pour ça, le développement des projets immobiliers, des unités hôtelières, le renforcement des desserts aériennes, une offre globale pensée pour les touristes, pour pouvoir augmenter le nombre de touristes. Il faudra accueillir les gens à l'occasion de la Cannes 2025 et de la Coupe du Monde 2030. Cela nécessite de disposer suffisamment d'unités hôtelières ou d'appartements type Airbnb pour pouvoir accueillir les touristes. Donc on a quand même cinq belles années devant nous pour préparer ça. Donc il y a une vraie dynamique dans ça. Que ce soit de l'investissement locatif, de l'investissement saisonnier, enfin de la location saisonnière pour les touristes.
- Speaker #0
Parce que moi je vois beaucoup de gens qui proposent d'investir en Airbnb à Marrakech où il y a un boom de touristes qui n'arrête pas et on se dit ça va continuer à monter jusqu'à la Coupe du Monde et qui en plus proposent des rendements qui défient toute concurrence par rapport à ce qu'on peut voir en France. ou même par rapport à l'investissement locatif classique à Casablanca. C'est assez intéressant de voir les gens qui... Il y a plusieurs écoles maintenant, ceux qui sont 100% pro-Airbnb, ceux qui font faire du locatif classique, et puis ceux qui veulent juste acheter leur RP classique pour y vivre. À côté de Casablanca, il y a une nouvelle zone qui est en train de se créer, Zenata. Qu'est-ce que tu en penses de ces nouvelles villes qui se mettent à côté de l'ancienne ville ?
- Speaker #1
Alors Zenata, c'est une ville nouvelle qui a émergé en périphérie de Casablanca et qui a été vraiment pensée comme un pôle global, avec des appartements, mais aussi des plateaux bureaux, il y a des centres commerciaux, il y a des espaces verts. Tout ça est à proximité de la plage. Donc c'est vraiment un quartier qui a été très bien pensé, qui émerge très rapidement, très vite, et que je trouve très intéressant parce que Merci. Aujourd'hui, on a accès à de l'immobilier à des prix inférieurs à ceux qu'on peut trouver à Casablanca. Et il y a, je pense que c'est des biens qui vont prendre de la valeur dans les prochaines années. Donc aujourd'hui, moi, je trouve que c'est un très bon investissement. C'est une zone très intéressante.
- Speaker #0
C'était un petit peu gratuit pour savoir où investir dans une zone qui devrait monter. Moi, je propose de faire un quiz express où je te pose des questions pendant une minute et tu réponds par oui. ou par nom, ou Joker si vraiment t'as pas envie d'y répondre. Et au besoin, on y revient après pour rentrer dans le détail s'il fallait un peu nuancer malgré ce choix très binaire que je t'impose. Je sors mon chronomètre. Hop, Dixi est prêt. Alors, est-ce que tu es prête ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Acheter sa résidence principale avant d'investir dans le locatif ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Investir à Marrakech, c'est encore une bonne idée ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Acheter sur plan, c'est risqué ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Un étranger peut acheter partout au Maroc sans restriction ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Le neuf, c'est toujours plus sûr que l'ancien ?
- Speaker #1
Euh... Non.
- Speaker #0
Les prix vont continuer de monter ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Faire appel à un agent immobilier, c'est indispensable ? Oui. Acheter comptant sans crédit, c'est une erreur stratégique ?
- Speaker #1
Euh... Non.
- Speaker #0
Un MRE doit acheter au Maroc plutôt qu'en France ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Acheter sans titre foncier est-il acceptable parfois ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Les prix sont surévalués dans certaines villes.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Obtenir un crédit quand on vit à l'étranger, c'est simple ? Non. Et c'est la fin de nos questions, juste dans les temps. Est-ce qu'il y a des questions sur lesquelles tu veux revenir, où tu as dit un oui, mais qui parfois semblait un peu nuancé ?
- Speaker #1
Alors, rappelle-moi les questions.
- Speaker #0
On va les rappeler. Acheter sa résidence principale avant d'investir dans le locatif ?
- Speaker #1
Oui, ça c'est mon point de vue. J'estime que... Enfin, après, ça dépend de son tempérament. donc moi je préfère garantir la résidence principale et puis après penser à des projets d'investissement mais après ça dépend de la stratégie de chacun, de sa situation aussi personnelle, financière, les deux sont acceptables
- Speaker #0
Les auditeurs pourront commenter dans la section commentaires, parce qu'ils sont plutôt team acheter d'abord sa résidence principale ou d'abord faire du locatif et puis on verra ensuite pour l'ERP moi je suis plutôt dans la même catégorie, en ce moment je suis plutôt locataire Et j'achète dans le locatif en Ile-de-France. Et puis, je pense bientôt au Maroc parce que je pense qu'il y a des belles choses à faire. Acheter sur plan, c'est risqué.
- Speaker #1
Oui, alors ça peut l'être effectivement si on ne se renseigne pas bien sur le promoteur auprès de qui on achète. Donc bien sûr, il faut se renseigner. Est-ce que c'est un promoteur qui a déjà de l'expérience, qui a déjà réalisé des projets, qui a déjà livré des projets ? Comment est l'environnement du bien ? Est-ce que les travaux sont déjà lancés ? Comment va évoluer l'environnement du bien ? Parce que quand on achète sur plan, des fois, c'est dans une zone qui n'est pas encore consolidée. Il n'y a pas forcément les routes, on ne sait pas ce qui va être construit à côté. Donc il faut vraiment bien se renseigner. Si on veut éviter tout risque.
- Speaker #0
Oui, c'est comme toujours, quand on se renseigne bien, on limite le risque. Exactement. Et tu disais qu'un étranger ne peut pas acheter partout au Maroc. Il y a des restrictions pour un étranger. C'est sur quel type de biens ?
- Speaker #1
Alors, par exemple, les terrains agricoles. Terrain agricole, aujourd'hui, un étranger ne peut pas acquérir une terre agricole.
- Speaker #0
D'accord, et c'est dans le but de protéger, j'imagine, le foncier agricole pour les Marocains.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Ce qui est assez malin. Le neuf, c'est toujours plus sûr que l'ancien.
- Speaker #1
Non, donc pas forcément, parce qu'aujourd'hui, il y a des biens anciens qui sont très bien, qui ont été remis au nombre, qui ont été rénovés. Et en fait, quand on achète dans l'ancien, on sait ce qu'on achète. C'est-à-dire, on voit l'immeuble, il est là, on voit s'il fonctionne bien, s'il est bien entretenu.
- Speaker #0
La fissure, on la voit.
- Speaker #1
Voilà, si il y a quelque chose, on le voit. Le neuf, en tout cas, quand on achète sur plan, donc on achète une promesse, quelque chose. Après, on peut avoir... Il faut y croire. Oui, on peut avoir des bonnes et des mauvaises surprises comme partout.
- Speaker #0
On parlait d'acheter comptant sans crédit. C'est une erreur stratégique. Est-ce qu'il vaut mieux s'endetter autant que possible ou est-ce qu'il vaut mieux acheter sans crédit ?
- Speaker #1
Là, encore une fois, ça dépend de la situation financière et patrimoniale de chacun. Ça dépend aussi de son projet. Si c'est un projet de résidence principale, est-ce que c'est de l'investissement locatif et est-ce que à ce moment-là, il va pouvoir jouer effectivement sur l'endettement ? et les revenus qu'il va recevoir pour pouvoir capitaliser la Sune. C'est ce montage à construire en fonction de son projet. Et après, en fonction de l'évolution des taux d'intérêt des crédits immobiliers.
- Speaker #0
Et on parlait des prix qui sont peut-être surévalués dans certaines villes. Il y a des villes en tête ou des quartiers en tête où tu trouves qu'aujourd'hui, ils sont soit trop élevés, soit trop en avance sur le marché. Ça dépend comment on le voit.
- Speaker #1
Oui, moi, je pense actuellement à la ville de Tangier. L'Antangé qui se situe au nord, très proche de l'Espagne, aujourd'hui, c'est une ville sur laquelle il y a une spéculation qui est très importante, parce que c'est une ville qui a connu des transformations récentes, qui a été embellie, on a revu un petit peu toutes les infrastructures, Elle est desservie par le TGV qui la relie à Casablanca en deux heures. C'est la porte de l'Espagne et puis c'est à la jonction entre... entre l'Atlantique et la Méditerranée. Donc, géographiquement, c'est une zone qui est très intéressante et c'est une ville qui n'est pas très dense encore, donc qui est très jolie, très intéressante et qui connaît, du coup, en prévision de la Coupe du Monde 2030, notamment puisqu'il y a le stade de foot et il y aura des matchs là-bas. Donc, il y a un essor énorme pour Pangey, beaucoup de spéculations. Donc, on a eu une hausse des prix très brutale. Je pense que ça ne va pas se confirmer. Je pense que ça va un petit peu revenir à des niveaux plus raisonnables. Mais il y aura quand même une hausse des prix qui va s'installer dans cette ville. Et c'est le même cas aussi à la ville de Bensliman, parce que c'est là qu'il y aura le plus grand stade de foot. Et donc, ça a mené à une spéculation.
- Speaker #0
Un peu folle peut-être.
- Speaker #1
Un peu folle, oui, sur cette destination.
- Speaker #0
Et on parlait du crédit quand on vit à l'étranger. c'est que simple à avoir aujourd'hui avec tous les outils numériques ou est-ce qu'il faut quand même être assez présent, faire quelques allers-retours au Maroc pour pouvoir l'obtenir ?
- Speaker #1
J'ai répondu non parce qu'effectivement il faut quand même se déplacer il faut quand même prendre le temps de rencontrer les banques, donc une banque marocaine de comparer peut-être les offres donc il faut se pencher quand même sur le sujet.
- Speaker #0
Très bien et on va finir par ton coup de gueule et ton coup de coeur, le truc qui t'agace le plus dans les transactions au Maroc ?
- Speaker #1
Alors ce qui complique beaucoup les transactions et le marché, c'est la présence de multiples intervenants qui ne sont pas forcément professionnels. Il faut savoir que les professions immobilières au Maroc ne sont pas réglementées. Donc moi, personnellement, je milite pour une réglementation des professions immobilières, pour un encadrement du marché, pour que dans l'intérêt des acheteurs, qu'ils puissent être accompagnés par des... Des gens qui sont professionnels et qui ne vont pas les orienter vers des fausses pistes ou leur donner des fausses informations ou des prix un peu farfelus. Donc, la présence d'intervenants non professionnels, ça complique les transactions.
- Speaker #0
Donc, c'est un peu de s'inspirer de ce qu'on fait en France. Alors peut-être sans tomber dans l'excès, comme en France, on aime bien aller dans l'excès à chaque fois. Mais une carte professionnelle pour les agents immobiliers, avec un minimum de formation et d'éontologie et d'éthique. Effectivement. Parce que j'ai l'impression qu'ici au Maroc, il y a autant d'habitants que d'agents immobiliers potentiels. Ils sont tous un peu agents immobiliers, mais pas vraiment. Et puis l'info, elle n'est pas toujours très bonne et il faut être très patient et savoir discerner le vrai du faux. Donc effectivement, professionnaliser un peu le secteur, je pense que ça peut faire du bien pour le marché, et même rassurer tout ce qui est investisseurs, tous les éméreux, les marocains.
- Speaker #1
Pour la transparence des données des marchés, parce qu'aujourd'hui, des fois, on peut se perdre un peu dans les prix, dans les données, parce qu'on a des sources qui ne sont pas fiables. Donc c'est vrai que d'encadrer un peu mieux la profession, ça aiderait beaucoup.
- Speaker #0
Et pour finir sur une note positive ? Ton coup de cœur, la chose que tu adores le plus dans ton métier ou ce marché immobilier marocain ?
- Speaker #1
Ce que j'adore dans mon métier et dans le marché immobilier en général, c'est que c'est très varié. Donc, on ne s'ennuie jamais. On a des marchés, si on regarde les différentes villes au Maroc, c'est des marchés qui répondent à des dynamiques très différentes. Il y a des évolutions très rapides du marché. Il y a beaucoup d'acteurs différents sur le marché. Donc, on ne s'ennuie jamais. C'est très intéressant et c'est un marché qui est en pleine structuration, en pleine évolution tout le temps. Donc vraiment, on ne s'ennuie pas. C'est ce qui me plaît.
- Speaker #0
C'est pour ça que je suis là, parce que j'ai l'impression que c'est hyper actif et que pour s'ennuyer, c'est assez compliqué. C'est ici qu'on va arrêter l'épisode. Merci beaucoup pour ton temps. Merci, Lorraine. Si on veut te contacter, comment est-ce qu'on fait ?
- Speaker #1
Alors, on peut me contacter sur les réseaux sociaux, sur LinkedIn, sur ma page LinkedIn. les pages Facebook et Instagram d'Amanimo, qui est la marque commerciale de BMC Immobilier, par laquelle on présente tous les projets qu'on commercialise, ou bien venir nous voir directement à Casablanca.
- Speaker #0
On mettra le lien de ton profil dans les commentaires. Si vous avez un projet, si vous avez des questions, pour contacter Fabrice en direct, il sera un plaisir de vous renseigner, de vous aider dans vos démarches pour acheter une merveille ici au Maroc. Merci beaucoup Fabrice. Merci Loren. A très bientôt.
- Speaker #1
A bientôt.