- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue dans les Dessous de l'Industrie, l'émission qui présente les femmes et les hommes et les entreprises qui offrent pour le développement de notre industrie française. Aujourd'hui j'ai le plaisir d'accueillir Florent Tonçon, dirigeant d'Easytech, une entreprise que je connais bien et qui édite un logiciel MES et qui a pour vocation de digitaliser les processus industriels des entreprises. Alors Florent, on va commencer assez simplement. par une question. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus sur ce que tu fais et nous détailler tout ça ? Mais alors, s'il te plaît, en vulgarisant pour que ça soit compréhensible par tous.
- Speaker #1
Bonjour Ludovic. Florent Tanson, je suis dirigeant de la société EZTech. On a créé un logiciel pour les industriels, logiciel qui permet de piloter et d'optimiser toutes les phases de fabrication dans une usine. Depuis l'arrivée de la matière première, qui est livré dans l'usine jusqu'à sa sortie, qui est prêt à expédier pour être envoyé chez les particuliers ou chez d'autres industriels.
- Speaker #0
Super. Et alors, est-ce que tu peux nous donner un exemple un petit peu concret de ce que vous faites peut-être avec un cas client ? Comment vous les aidez ? Qu'est-ce que vous mettez en place ? Quelles sont les problématiques auxquelles vous répondez ? Et quels sont peut-être les bénéfices perçus ?
- Speaker #1
Oui, j'ai un cas concret en tête chez un industriel qui fabrique des dispositifs médicaux, des rotules, des hanches, etc., qui faisait tout son contrôle qualité. C'est des produits médicaux, donc très grosse exigence sur le contrôle du produit. Et donc cet industriel faisait son contrôle qualité avec du papier, avec des feuilles de papier, des gros blocs Rodia, et les opérateurs saisissaient tout dessus. et avait des tonnes de classeurs pour savoir ce qu'il devait contrôler. On a remplacé ce papier par un logiciel et le logiciel connaît le produit qui est devant l'opérateur avec des QR codes et pose des questions à l'opérateur en lui demandant de faire son contrôle. C'est prendre une mesure, peser, regarder un défaut d'aspect, etc. mais va guider l'opérateur. Donc on a supprimé la recherche sur le papier, on a supprimé... la saisie manuscrite, vous pensez à la personne qui va relire derrière, et on a remplacé tout ça par un logiciel qui digitalise, c'est bien le terme, la totalité du fameux contrôle qualité.
- Speaker #0
Ok, donc si je comprends bien, à l'époque on avait des erreurs liées au fait que ce check se fait manuellement, donc ce contrôle qualité se faisait manuellement. Là aujourd'hui, vous mettez en place des solutions qui vont venir aiguiller les opérateurs pour leur dire, très complot. très concrètement, regardent à tel endroit, il y a de fortes chances que la problématique en termes de qualité se trouve à tel endroit sur la pièce, et du coup, finalement, vous les aidez à gagner du temps et de l'efficacité sur ce sujet précis du process qualité.
- Speaker #1
Oui, effectivement, on aide l'opérateur dans sa tâche en temps réel, mais on aide aussi tous ceux qui vont arriver derrière, qui ont analysé les données qualité, les clients qui vont recevoir les PV qualité. on va aider tous ces gens-là puisqu'il n'y a plus de retraitement de la donnée. La donnée, elle est déjà numérisée et digitalisée, donc distribuée à tout le monde.
- Speaker #0
Super, merci. Est-ce que tu as un autre cas ? Parce que là, on était sur un industriel qui travaille sur... Du coup, vous les aidez sur le contrôle qualité. Est-ce que ça vous arrive d'aider dans d'autres contextes ?
- Speaker #1
Oui, on a le contexte de la planification. Quand tu planifies une production, tu prévois ce que tu vas produire. Tu le prévois sur tes machines, tu le prévois avec ta matière, tu prévois tes personnes, tes hommes et tes femmes qui vont venir travailler pour cette production. Et puis tu essaies de quantifier l'énergie que tu auras besoin aussi. La planification, si tu le fais avec du papier ou un tableau blanc, voire même un fichier Excel, ça va très très bien si tu n'as pas d'aléas, si tout se déroule très très bien. Par contre, en cas d'aléa, il faut bouleverser toute la planification de l'usine. C'est là où un logiciel va permettre de réagir en temps réel et de dire, si j'ai une machine qui est tombée en panne, si j'ai une personne qui ne vient pas là parce qu'elle est malade, si j'ai une rupture d'approvisionnement de la matière, si j'ai un pic d'énergie qui va engendrer une surconsommation, donc une surfacturation, là, l'outil planning va pouvoir aider à prendre de la décision et à distribuer la production différemment. à une autre heure de la journée pour l'énergie, à un autre moment pour attendre la livraison de la matière, à un autre moment ou sur notre équipe, parce que je n'ai pas la personne. Ou carrément, je suis enlevé de l'usine et allé produire à l'autre bout de la France parce que je n'ai plus mes équipements disponibles. Et ça, c'est l'outil digital qui va permettre d'accélérer tout ça.
- Speaker #0
Et quand tu dis que c'est l'outil digital, c'est que, aujourd'hui, vous arrivez à vous pluguer sur les machines en place pour récupérer de la donnée et ensuite être capable de la manipuler. C'est ça, grosso modo ?
- Speaker #1
C'est grosso modo ça, c'est exactement ça même. On se branche sur les machines, on se branche sur les logiciels de gestion et on met des terminaux numériques pour les... pour les opérateurs sur le terrain.
- Speaker #0
Ok, super. Maintenant, si on rentre un petit peu sur ton parcours, parce que comment est-ce que tu en es arrivé là ? Je crois que tu as quand même un parcours assez intéressant. Est-ce que tu peux nous raconter justement comment tu es arrivé dans ce secteur d'activité ? Comment tu es arrivé à être éditeur de logiciels MES, à travailler dans ce monde-là ? Et finalement, est-ce que tu peux nous donner un petit peu ton histoire professionnelle ?
- Speaker #1
Alors, je ne suis pas arrivé là par hasard, en fait, tout s'est construit petit à petit. Moi, je sors d'un DUT informatique industrielle, donc génie électrique en informatique industrielle. Donc, j'ai commencé à travailler en tant que technicien en automatisme, en supervision, avec aucune connaissance en développement informatique. Et puis, tout doucement, au fil du temps, on s'est rendu compte que la supervision ou l'automatisme permettaient de... d'améliorer la tâche au quotidien de l'opérateur, mais qu'en rajoutant de l'informatique, des logiciels sur le terrain, on allait encore mieux accélérer le traitement des données et donc accélérer et faciliter la tâche des opérateurs. Parce que la donnée, on permet de la transiter des bureaux à l'atelier beaucoup plus vite avec l'informatique. Chose qu'on ne pouvait pas faire avec l'automatisme. Donc là, il a fallu apprendre à développer, à programmer, à utiliser des langages de programmation. de faire des petits bouts de logiciels et au fil du temps faire des logiciels complets, qui m'amenaient à l'édition de logiciels. Donc j'ai commencé dans la société métaproductique en tant qu'automaticien et puis très rapidement je suis devenu responsable projet, chargé d'affaires, chargé d'affaires et ensuite jusqu'à directeur général de la structure.
- Speaker #0
On se fait un petit focus là-dessus quand même. Ça s'est passé sur combien de temps cette évolution ? qui est hyper intéressante, je pense que tout le monde qui rentre technicien dans une structure a envie de finir un directeur général. Tu peux nous, enfin envie je ne sais pas, remarque, mais du moins le parcours est intéressant, tu peux nous donner un petit peu les clés, comment ça s'est passé, comment tu as réussi à finalement gravir les échelons un par un sur cette période-là ?
- Speaker #1
Ce qu'on vient de résumer en quelques secondes, c'est passé en 17 ans. Mes 17 ans, les choses se sont faites par opportunité, par opportunité que j'ai saisie au fil du temps. Et je dirais par explosion de plafond de verre successif. C'est très personnel comme remarque, mais je suis plutôt de nature à me dire que dès que je suis dans une zone de confort, j'aime bien aller titiller la zone de confort suivante. Et pour le faire, il faut exploser un plafond de verre. On a tous un plafond de verre aujourd'hui. Il est charge à nous de l'exploser ou pas, ou rester dans sa zone de confort. Et c'est ce qui m'est arrivé à chaque fois que j'avais un plafond de verre. Quand j'étais automaticien, mon plafond de verre c'était d'aller sur l'informatique, qui était l'inconnu, ça fait peur. À un moment donné, je l'explosais ce plafond de verre, je passais dans le monde informatique. Le monde informatique, il a fallu gérer des projets, prendre des responsabilités. C'était tout nouveau pour moi aussi, j'ai explosé le plafond de verre, et je suis passé à l'étape du dessus. Chargé d'affaires aussi, là on rajoute une dimension commerciale au métier. Nouveau plafond de verre, on l'explose, on passe au suivant. Direction générale, prise de participation dans le groupe. Nouveau plafond de VR, nouveau challenge, on parle aussi de challenge, on l'explose et on passe à la suite.
- Speaker #0
Et la suite, alors si je ne dis pas de bêtises, c'est la suite de directeur général, c'est je crée ma propre entreprise.
- Speaker #1
Et la suite, c'est nouveau plafond de VR, effectivement, en verre sécurite, mais que j'ai explosé quand même, c'est faire le grand pas, sortir d'une très très grosse zone de confort et créer EasyTech en 2016.
- Speaker #0
Si on fait juste... Ce petit focus aussi sur cette transition entre les deux. Tu es directeur général, un poste qui est quand même plutôt, comme tu viens de le dire, potentiellement confortable. Mais il y a un moment où tu te dis, il faut que j'aille explorer de nouvelles choses. Et pour ça, pour explorer de nouvelles choses, il faut que je crée ma société. C'est ça qui s'est passé dans ta tête ou ça répondait à d'autres besoins, à d'autres envies ?
- Speaker #1
Non, les autres envies, c'est plutôt une envie de... de liberté ou d'autonomie. Quand tu es directeur général, tu dois suivre un objectif qui était fixé, une feuille de route fixée par, d'une part, un président, et d'autre part, par un comité d'actionnaires. Donc tu dois te conformer à cette feuille de route. Moi, j'ai envie de l'écrire, la feuille de route. Donc, de chambure, soit je rachète l'entreprise dans laquelle je suis, je deviens président et actionnaire majoritaire et j'écris la feuille de route. Ce qui n'était pas le souhait de mes anciens co-actionnaires, de me vendre. Toi, tu pars et tu crées ta propre structure pour écrire et tracer ta route.
- Speaker #0
Ok. Ouais, donc c'était encore une fois un nouveau plate-fond de verre. Donc si je synthétise un petit peu ton parcours, à chaque fois que tu as eu un poste avec certaines responsabilités, finalement tu as identifié les enjeux et tes objectifs, tu les identifiais clairement, et tu identifiais quel était ton besoin en progression pour passer à l'étape d'après. Finalement, c'est un petit peu ça qui s'est passé pour gravir les échelons à part.
- Speaker #1
Non, je n'identifiais pas les besoins de progression. En fait, c'est plutôt naturel, ça se fait d'un coup. Ce n'est pas identifier, calculer, dire qu'est-ce que j'ai besoin pour progresser, pour passer à l'étape suivante. C'est non, je passe à l'étape suivante et une fois que j'y suis, là je me mets en danger et là je me mets en action. Je pense qu'il y en a beaucoup qui fonctionnent comme ça. Sinon, on n'explose jamais les plafonds de verre. On explose le plafond de verre et vraiment, on voit ce qui se passe derrière quand on est dedans.
- Speaker #0
Mais donc chez toi, c'était un peu inné et pas spécialement calculé. C'est ça que tu veux dire ? C'est-à-dire qu'à chaque fois que tu avais un poste, tu n'étais pas dans cette recherche ? Totalement. Ok, super. Bien compris. Maintenant, si on regarde du coup ce parcours comme on vient de le faire, est-ce que tu serais capable de me dire que... Considère être comme potentiellement ta plus belle réussite sur l'ensemble de ton parcours professionnel, soit un projet, une acquisition, une innovation sur lequel tu as travaillé.
- Speaker #1
J'ai trois réussites successives qui sont enchaînées très très vite. La dernière, c'est la plus belle pour l'instant. La première réussite, c'est bien évidemment la création de la société EasyTech. Tout de suite derrière, on a créé notre logiciel. propre logiciel. C'est un challenge aussi, parce que tu ne parles pas d'une seule personne, tu parles d'une équipe qui travaille de concert. Et le plus gros succès, je dirais l'aboutissement de ça, c'est notre label France 2030. On a obtenu le label France 2030, donc on est lauréat de France 2030 sur un sujet d'intelligence artificielle intégré dans le logiciel. Donc quand tu penses qu'on est parti de l'automatisme et de la supervision, On était dans le terrain, au milieu de la Grèce, du bruit et des machines. Là maintenant, on parle d'intelligence artificielle, cloud, SaaS. On parle New Tech aujourd'hui. Et le label France 2030, c'est une reconnaissance par nos pairs. Tout d'abord, on a passé toutes les barrières, on a déposé les dossiers. Donc c'est monté au niveau région. On a été validé et adoubé pour justement porter les sujets d'innovation au niveau de l'industrie française. C'est une très belle réussite pour moi.
- Speaker #0
On va revenir sur ce sujet France 2030 juste après, pour différentes raisons. Mais d'abord j'aimerais qu'on aille un petit peu plus loin sur une autre thématique, à savoir ton expérience par rapport à l'industrie française justement. Ça fait quand même, comme tu le disais, plus de 20 ans que tu travailles dans ce milieu-là, dans une société d'intégration. Précédemment, aujourd'hui, en tant qu'éditeur logiciel, est-ce qu'aujourd'hui, tu vois une évolution dans la façon d'acheter des industriels, dans la façon de travailler, dans la façon de faire du commerce, dans la façon de contractualiser ? Est-ce que tu as vu aujourd'hui, toi, des différences ou des évolutions sur cette partie-là ?
- Speaker #1
Oui, j'ai vu un cycle. Tout d'abord, il y a quelques années de ça, on va dire 20 ans en arrière, en... On travaillait beaucoup d'humain à humain, du relationnel, bouche à oreille. Et puis, au fil du temps, on s'éloignait de cet être humain pour travailler en visio. Les outils nous ont aidés à ça, pour faire du commerce en visio aussi. Essayer de convaincre, partir beaucoup sur de l'image, sur du market, très virtuel. Les outils nous ont bien aidés. Aujourd'hui, l'intelligence artificielle va encore mieux nous aider. Mais quand je parlais de cycle... Je vois bien le retour de l'humain qui est en train de reprendre sa place. Et là je parle au niveau commerce, puisque la question était sur le commerce. On se rend compte qu'aller à la rencontre des industriels... est primordial pour justement établir un relationnel, comprendre leurs enjeux, échanger avec eux, voir aussi ce qui se passe sur le terrain, rencontrer et échanger. Parce qu'on est sur des métiers aussi qui mettent en place des partenariats. On ne parle pas de relations clés en fournisseurs. Et partant de là, on met vraiment l'humain au centre du débat commercial. Et je trouve qu'aujourd'hui, la relation commerce, elle revient à ses fondamentaux, qui sont que c'est d'abord plusieurs humains qui parlent entre eux. Souvent deux, deux humains qui sont en négociation, mais avec un écosystème autour, une équipe qui vont discuter, soit des techniques côté éditeur intégrateur ou des équipes métiers côté industriel. Et c'est cet atout humain qui va challenger. Donc je dirais l'humain avec un grand H avant tout, qui est en train de revenir au niveau commerce.
- Speaker #0
Ok, donc tu as constaté finalement à une époque où on croyait à la... digitalisation complète du parcours d'achat, au fait que finalement, on n'allait plus avoir besoin de se rencontrer comme c'était le cas. Tu vois un retour de ces sujets-là et du coup, un retour de l'humain au milieu des processus commerciaux et de la vente finalement, avec les industriels notamment. Très clair. Est-ce que toi aujourd'hui, tu as fait évoluer ton organisation commerciale face à ce genre de sujet ? Est-ce que tu as mis en place... peut-être des outils spécifiques, un accompagnement spécifique. Aujourd'hui, comment tu as fonctionné commercialement ? Comment tu as évolué commercialement ? D'autant qu'en plus, comme tu l'as dit, il y a une époque, tu étais chargé d'affaires. Aujourd'hui, tu es dirigeant, donc tu es forcément un peu le commercial aussi de ton entreprise. L'objectif, c'est de vendre le plus possible. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus sur tout ça ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, effectivement, le fondement de ça, c'est que je... Je ne dois pas être le commercial des solutions que je vends, mais bien uniquement le commercial de l'entreprise. Mon rôle à moi, c'est de vendre l'entreprise auprès d'investisseurs, auprès de gros partenaires, mais de surtout pas vendre mes produits. Et ça a été la première démarche, la première action qu'on a mis en place, très récemment, qui n'est pas un outil, c'est plutôt une organisation, et c'est la première action. commencer à mettre en place une équipe commerce. C'est concrétisé par le recrutement d'un ingénieur commerce. Ensuite, tout ce qu'on a mis en place, ce sont des outils. Ce sont des petites briques qui, mis bout à bout, font qu'on va arriver à une démarche commerce aboutie où on va pouvoir répondre à un cas des charges, à une sollicitation d'un industriel. Ces outils, c'est des outils marketing, c'est de la communication, les réseaux sociaux, LinkedIn. intervenir dans des conférences, intervenir dans des webinaires, peut-être intervenir dans un podcast, on ne sait pas jamais. C'est tout ça mis de bout à bout qui a fait qu'on a mis en place, qu'on est en train de mettre en place cette démarche commerce en utilisant les outils qu'on n'avait pas avant. Même si j'ai dit qu'il y a 20 ans, on avait la relation humaine qui était très importante et qui est en train de revenir, il y a 20 ans, on n'avait pas tous les outils numériques qu'on a maintenant, mais maintenant, on utilise la force de ça. conjugué à l'humain. C'est pour ça que tout récemment, on s'est fait accompagner pour mettre en place une prospection numérique, ce qu'on faisait déjà, mais aussi téléphonique, pour avoir une première relation humaine avec nos industriels.
- Speaker #0
Ok, donc finalement, si je synthétise tout ça, tu considères qu'aujourd'hui, commercialement, dans ton système d'acquisition de nouveaux clients, Ce qui est important, c'est d'être présent aujourd'hui dans plein de canaux différents et donc d'être présent autant via des canaux professionnels, t'as parlé de réseaux sociaux, par exemple LinkedIn, que via des conférences que tu vas faire toi en physique, via des salons. Et ce que tu dis, ce que tu as constaté maintenant, c'est que finalement, il fallait être présent sur tous ces canaux-là pour aujourd'hui être reconnu là ou avant, si j'entends ce que tu veux dire par là. Là où avant, il n'y avait pas forcément besoin d'être aussi présent sur tous ces canaux différents.
- Speaker #1
Oui, c'est totalement ça. Tu parles d'être reconnu, moi je dirais connu et reconnu. C'est très important. Avant, peut-être que les acteurs n'étaient pas si nombreux qu'aujourd'hui, parce qu'il faut voir qu'il y a une forte présence concurrentielle aussi sur le marché. Il faut exister et être visible au-dessus de tout le monde. pas forcément être noyé dans la masse, mais visible au-dessus de tout le monde. Et c'est là où les outils numériques nous aident. C'est vrai que pour le compléter avec... avec des outils commerce et de la présence, de la présence, de la présence.
- Speaker #0
Regler, merci. Est-ce que, par hasard, tu as en tête une bonne pratique de vente que tu as apprise ou mise en place dans l'entreprise ? Ça peut être une méthode, un changement de process, un outil spécifique que tu as découvert il y a peu ou même il y a quelques années où tu dis, tiens, ça, ça serait important quand même que... Quelqu'un qui se retrouve dans ma situation le connaisse parce que ça a quand même changé pas mal de choses.
- Speaker #1
Je dirais que la bonne pratique de vente, c'est d'être en contact, dès le premier contact avec l'industriel, c'est de ne pas se dévoiler. Ne pas se dévoiler et écouter avant tout. L'idée, on a été conseillé pour ça il y a un an. Nous, avant, quand on rencontrait un prospect, un futur client, on montrait les muscles, tout de suite. On faisait une présentation de un quart d'heure, 30 minutes, sur la société EasyTech et nos solutions logicielles. Au bout de 30 minutes, l'industriel n'avait pas placé un mot, un verreur. Maintenant, ce qu'on a changé, c'est qu'on arrive, on fait un tour de table rapide, on explique juste qui on est, et de toute façon, ils le savent, quand on commence la réunion, qui on est. Mais surtout, on laisse la parole à l'industriel et on ne sort pas les muscles tout de suite. On va se dévoiler au fur et à mesure. De toute façon, ça va venir soit au fil des questions, soit au fil des rendez-vous suivants en R2, en R3. Ça sera naturel. Mais la bonne pratique, c'est écouter ce que votre interlocuteur a à vous dire.
- Speaker #0
Très bien. On n'est pas sur une bonne pratique technologique comme on pourrait avoir ces derniers temps. Ça me va très bien. Autre question, est-ce que tu as une expérience un peu commerciale à nous partager, notamment peut-être sur ton plus gros deal ? Comment ça s'est passé ? Est-ce que tu peux nous en parler un petit peu ?
- Speaker #1
Oui, alors, je réfléchisse un peu, mais non, je vais trouver vite, parce que ça nous est arrivé il n'y a pas très longtemps sur une affaire où on signe 120 000 euros de prestations, quand même, et là, je rencontre le directeur général du groupe. qui me demande, après avoir défendu le dossier pendant deux heures, il me demande une remise commerciale, ce qui est tout à fait naturel et logique à ce moment-là. Donc moi j'annonce ma remise commerciale, je suis prêt à consentir, oralement, et le directeur général se lève, vient vers moi, me serre la main, et dit « Monsieur Tonçon, cette remise me va, on paie affaire, vous pouvez commencer demain, vous n'avez pas le bon de commande. » Mais ma poignée de main vous garantit que ça y est, c'est parti, le projet, vous avez signé, vous avez remporté le contrat. Et on a eu la commande un ou deux mois plus tard, on avait déjà commencé le boulot, on a fait confiance et la poignée de main, elle a fait son effet.
- Speaker #0
Là, on revient un petit peu au sujet où finalement ton plus gros deal, ta plus belle vente, elle s'est faite. pas avec des innovations technologiques, c'est fait à l'ancienne, où on se sert la main.
- Speaker #1
Oui, j'ai envie de dire, j'ai envie de préciser aussi, c'est que tu démarres une relation commerce, en fait, même, on arrête la relation commerce quand on a la commande, et on va enclencher une relation opérationnelle. On va réaliser, installer des choses pour l'industriel et s'inscrire dans la durée. On va peut-être travailler un an, deux ans, trois ans. voire dix ans avec cette même industrielle. Et en fait, on pose les premières bases d'une fondation solide. Et je trouve que commencer les bases d'une fondation par une poignée de main, ça veut tout dire pour la suite. Et c'est ce qui se passe aujourd'hui. On le constate au quotidien, c'est qu'on a réellement développé une relation de partenaire avec cette industrielle. Ce n'est pas un client, nous ne sommes pas un fournisseur, nous sommes des partenaires.
- Speaker #0
Super, merci. J'aimerais maintenant qu'on parle d'un sujet qui revient de plus en plus ces années-tentes, on a déjà un petit peu parlé, mais aujourd'hui l'impact de l'intelligence artificielle chez les industriels, ça vous touche tout particulièrement chez EasyTech, forcément. Est-ce que tu peux justement nous en dire un petit peu plus sur comment l'IA est arrivée chez vous, comment ça a bouleversé votre activité, autant au niveau interne ? chez vous, chez EasyTech, comment vous l'utilisez, que forcément, chez les industriels, qu'est-ce que ça change et comment vous voyez les choses. C'est hyper intéressant qu'on ait votre prisme et votre vision parce que vous êtes des acteurs de l'intelligence artificielle chez les industriels.
- Speaker #1
L'IA est arrivée chez nous bien avant ChatGPT, avant que tout le monde connaisse ChatGPT. L'avènement de ChatGPT n'a fait qu'accélérer cette adoption de l'IA. Elle est arrivée chez nous à deux niveaux. Le premier niveau, c'est nos outils en interne. On a amélioré nos process de production. Nous, on produit du code, du logiciel. Aujourd'hui, on code beaucoup plus vite avec l'intelligence artificielle. Mais je dirais que ça, c'est notre usage interne. Ensuite... Ce que ça nous a apporté sur nos logiciels, c'est qu'on a pu apporter un niveau d'algorithme beaucoup plus poussé pour les industriels. Et là, on va parler mathématiques, on ne parle plus de chat GPT, on parle d'algorithmie qui se base sur l'historique, qui se base sur le savoir pour faire du prédictif. On a pu développer dans notre logiciel Smart Portal une couche d'intelligence artificielle qui va permettre de faire de la simulation industrielle. pouvoir simuler de la production, pouvoir simuler des nouvelles usines et ces couches là, tout dans un logiciel. Voilà, on n'est pas dans le chat GPT là encore ce que je disais tout à l'heure, on est bien dans du calcul et dans la prédiction et l'optimisation industrielle.
- Speaker #0
Ok donc si je comprends bien aujourd'hui vous êtes capable finalement de dupliquer, enfin du coup de permettre à des industriels d'avoir... Une projection qui se base sur des données que vous récupérez pour créer une nouvelle usine, pour étendre une usine et d'être beaucoup plus efficace dans la prise de décision. Là où avant, j'imagine que ça ne se faisait pas au doigt mouillé, mais là où avant, forcément, c'était beaucoup moins fin dans la prise de décision.
- Speaker #1
Non, avant, ce n'était pas au doigt mouillé, ça c'est sûr. Sinon, ce ne serait pas des industriels. C'était très fin dans la prise de décision. décision. Mais en fait, c'était très long. En fait, ce qu'on permet de gagner aujourd'hui, c'est la célérité. Et ça, c'est ultra important. Parce que c'était très long, il fallait faire appel à des cabinets, avec des consultants, faire des consultations, des projections, des prototypes. Si on parle de produits, si on parle de machines, si on parle d'ateliers, éventuellement d'organisation d'ateliers. Aujourd'hui, tout ça se fait de manière numérique. et de manière projetée en plus, en se servant de la connaissance comme un être humain le ferait, mais de la connaissance informatique, basée sur des données.
- Speaker #0
Ok, donc finalement, le gros avantage de l'IA dans ce contexte-là, c'est un gain de temps, plus qu'un gain finalement en termes de prise de décision potentiellement. Ça aurait été la même, mais c'est jusque-là, grâce au jumeau numérique, qu'on arrive à l'apprendre en une journée, là où avant il fallait un mois de... un mois de travail. J'extrapole peut-être. Et grosso modo, c'est ça l'idée, si je comprends bien.
- Speaker #1
C'est le premier apport, c'est le gain de temps. Le deuxième apport, c'est de pouvoir explorer des pistes inexplorées. Et ça, c'est très important. On le rencontre beaucoup dans la détection de défauts. Si j'ai un défaut constaté sur une pièce, quand elle sort de mon usine, j'essaie de comprendre pourquoi est-ce que je fais ce défaut. Donc l'être humain, il va le faire avec son expérience, son passé, son histoire. Alors que l'intelligence artificielle, si on lui donne suffisamment de données, et là il faut lui donner un manger ou des modèles, elle va être capable de dire « je pense que c'est ce paramètre qui a causé un défaut » . Ça peut être parce qu'il y a eu une météo différente le jour où on a produit la pièce. Impact météorologie sur le taux d'hygrométrie de l'usine et le produit est différent. Alors que l'être humain, jamais il n'aurait imaginé ça, parce que l'hygrométrie ne le ressent pas sur lui. Jamais il n'aurait pensé que la météo pouvait influer sur le produit. Et là, je parle d'un cas d'usage concret, chez un industriel.
- Speaker #0
Ok. Autre enjeu quand même majeur ces derniers temps, ces dernières années, chez les industriels, l'enjeu écologique et tout ce qui en découle. Est-ce que toi, tu constates des évolutions, justement, dans votre façon de travailler avec les industriels par rapport à ces sujets-là ? Est-ce que tu as des pratiques ou des demandes particulières ? Comment tu as vu les évolutions, justement ? ces dernières années ?
- Speaker #1
On le voit à deux niveaux. Le premier niveau, c'est qu'on nous demande, nous, de justifier d'un bilan carbone, d'une démarche RSE au niveau de la société, ce que nous sommes en train de mettre en place. Donc ça, c'est une demande pour nous challenger. Et puis, on a aussi une demande d'accompagnement, d'expertise, en disant, aidez-nous à mesurer notre bilan carbone.
- Speaker #0
de notre production. Tout ça, il faut mesurer et on a besoin d'outils pour mesurer, pour synthétiser. Et c'est là où on va apporter des outils. Et puis ensuite, on va nous demander « Aidez-nous à faire baisser justement ce bilan carbone, ces consommations d'énergie. » Et là, je reviens sur le jumeau numérique. Tu imagines bien que ta production, tu la fais, tu simules une production sur un ordinateur. Plutôt que d'essayer ta pièce sur ta machine dans la vraie vie, ce ne sont pas les mêmes consommations d'énergie, de matière. d'occupement de tes équipes et peut-être faire venir même des consultants de l'autre bout de la planète ou un expert qui a pris l'avion juste pour venir tester un nouveau process.
- Speaker #1
D'accord. J'aimerais maintenant qu'on avance un petit peu sur comment tu vois l'avenir. J'imagine que tu n'as pas de boule de cristal, mais aujourd'hui, est-ce que tu peux nous parler un petit peu des orientations d'ICITEC en termes d'innovation et en termes d'orientation stratégique aussi ? Vers quoi vous allez finalement pour qu'on comprenne un petit peu ce vers quoi tu penses il faut aller pour justement suivre les évolutions de l'industrie ?
- Speaker #0
Aujourd'hui on parle beaucoup, il y a une politique qui est menée sur la souveraineté d'une part, de ramener de l'industrie des compétences en France. C'est à nous justement éditeurs de pouvoir mettre cette... ses compétences et ce savoir dans du digital. Quelqu'un qui part à la retraite aujourd'hui, plutôt que de perdre son savoir, l'idée, c'est de transférer dans des outils qui vont piloter la ligne ou qui vont intégrer son savoir et les transmettre beaucoup plus rapidement aux équipes qui vont venir remplacer la personne qui part à la retraite. Je pense que le futur sera beaucoup sur du transfert de compétences accéléré. Et nos outils vont s'orienter là-dessus, d'une part. D'autre part, si on regarde l'aspect technologique, parce que l'aspect compétence, ok, ça peut être un vain mot ou peut-être un peu pieux, mais si on regarde aussi l'aspect technologique, on a parlé d'intelligence artificielle tout à l'heure, je crois beaucoup à l'infrastructure décentralisée, de libérer les industriels des infrastructures. Leur dire, si vous prenez des solutions chez nous, c'est nous qui allons héberger l'infrastructure, donc les serveurs, les accès aux données. Mais surtout, on va les sécuriser. L'enjeu de la cybersécurité est primordial aujourd'hui. Si je reviens sur le sujet de la souveraineté, si on ramène la production en France, il faut qu'on la sécurise, ces productions. On voit bien le contexte géopolitique actuel. On voit le nombre d'attaques qui ont augmenté aujourd'hui sur nos entreprises, sur nos fleurons industriels français. Si on ne sécurise pas la donnée, si elle est de partout dans l'entreprise, la donnée, elle ne sera pas sécurisée. Par contre, si la donnée... Si le logiciel est mis dans un corps fort numérique, s'il est hébergé par EasyTech, c'est encore mieux. Là, on va sécuriser encore plus notre donnée et notre savoir-faire.
- Speaker #1
Donc, toi, tu dis, là où il y a quelques années, on était un petit peu dans le cloud, dans tous les sens, où assez facilement, on utilisait des solutions qui étaient américaines notamment, mais entre autres, ça pouvait être allemande. Dans le contexte industriel, on en connaît quand même pas mal. Tu dis aujourd'hui, un des enjeux majeurs finalement des années qui arrivent, ça va être de réussir à reprendre la main sur ces données et avoir des structures et des offres adéquates pour que les industriels soient en capacité de savoir où sont leurs données et comment elles sont hébergées.
- Speaker #0
Oui, totalement. C'est exactement ça. C'est de les ramener, de reprendre la main sur nos données, sur nos vraies infrastructures, sur nos logiciels aussi. Il ne faut pas oublier qu'aujourd'hui, Et si chez Microsoft, ils décident d'arrêter Microsoft Word ou tous les outils Microsoft, il y a plein d'industriels qui se retrouvent le bec dans l'eau. Donc, ça fait partie aussi de ces sujets-là qu'il faudra adresser. Ce ne sera peut-être pas l'objectif d'EasyTech, mais on est sensible aussi. Et ça fait partie sur les serveurs. Si on met nos serveurs chez Amazon, on dépend d'Amazon. Après, on peut le faire en connaissance de cause, il n'y a aucun souci là-dedans. Mais si on veut s'inscrire dans une... une politique de souveraineté, d'égalité aussi. On parlait environnement tout à l'heure. L'astralité, c'est consommons que ce qui n'est nécessaire. Ça marche avec les aliments, mais ça marche aussi avec la puissance serveur. Ça ne sert à rien d'avoir des tera, des teraoctets chez Amazon pour utiliser quelques gigaoctets pour son propre besoin. Donc, utilisons que ce qui est nécessaire. Et là, l'Europe est en train de faire un formidable travail au niveau de l'IA Act. et l'inscription de la frugalité, InTech va s'inscrire dans ce parcours.
- Speaker #1
Ok, très clair. Avant de terminer, j'ai une dernière question. Une avant-dernière question du coup. Est-ce qu'aujourd'hui, en regardant un petit peu ton parcours, comme on vient de le faire, tu serais en capacité de donner un conseil ou une expérience à quelqu'un qui voudrait se lancer dans le milieu du logiciel industriel et du coup à partager quelque chose qui... où tu te dis, ça, il faut qu'il le sache, s'il se lance là-dedans, ça va lui être super utile.
- Speaker #0
Tout à l'heure, on a parlé des plafonds verts. Donc, quelqu'un qui se lance, il faut être conscient de ses plafonds verts et il faut être conscient du fait qu'il va falloir les exploser, d'une part. D'autre part, si on parle de décision, édition de logiciel, créer du logiciel, là, on parle de new tech, de technologies très avancées qui galopent à une vitesse. formidable, il faut savoir s'entourer, il faut l'accepter surtout. Parce que quand on se lance, on est un jeune développeur ou un jeune geek super intelligent, mais tout seul on n'ira pas loin. On ira beaucoup plus vite, ça c'est sûr, mais on n'ira pas loin et on va vite se faire dépasser par la technologie et... Ou alors, on va avoir les yeux noyés par la technologie et on va manquer de prise de recul sur le métier, sur ce qu'il faut réellement vendre derrière. Il ne faut pas oublier ça. Je pense qu'il faut tout de suite prévoir une structure, une organisation avec les bonnes personnes au bon endroit. En début de podcast, on parlait du commerce, mettre en place une structure, une cellule commerciale. Ce n'est pas la priorité, mais pas loin. On n'en est pas loin. Je dirais que c'est... Si on fait une petite introspective, c'est peut-être le regret que j'aurais à faire, mais on avance par nos échecs, c'est qu'on aurait dû mettre en place une structure commerciale bien plus tôt chez EasyTech, bien dans l'amour, alors qu'on a commencé par la technique.
- Speaker #1
Ça c'est un écueil finalement que je vois assez souvent et assez classique, on a tendance à se concentrer sur son produit, son op, parce que généralement c'est ce qui nous intéresse et on oublie que... pour la créer, il faut réussir à la vendre de temps en temps. Merci, Florent, pour tous ces éléments. Est-ce que tu veux conclure avec un message que tu souhaiterais transmettre sur, notamment, l'importance de la digitalisation des process industriels, sur son rôle dans notre vie de tous les jours ? Est-ce que tu as en tête quelque chose qui permettrait de faire comprendre, peut-être, à nos auditeurs, en quoi c'est important, comment ça peut les impacter ?
- Speaker #0
Ça les impacte déjà. Parce qu'aujourd'hui, quand on commande, malheureusement sur Amazon, ou heureusement aussi, ça nous permet d'avoir notre produit qu'on n'aurait pas pu avoir, il a fallu traverser l'autre bout de la France pour l'avoir. Quand on commande chez Amazon, quand on voit chez le médecin aussi, on se rend compte que l'ordonnance est digitalisée, elle se trouve directement sur le comptoir du pharmacien. Ça, on est déjà dans la digitalisation. Quand on commande une voiture et qu'on demande l'option... Ça nous fait super plaisir depuis longtemps. La voiture n'est pas sur parc, elle va être produite. C'est pour ça qu'il y a des délais un peu longs. Mais en tout cas, l'option qu'on a commandée, elle est déjà inscrite dans le système de production. Et si ce n'est pas digitalisé, ce n'est pas quelqu'un qui va venir avec un post-it et qui va suivre depuis le carnet de commande. C'est-à-dire l'acheteur qui aurait noté sur le post-it « je veux cette option » . Et le post-it ne va pas suivre toute la chaîne de production pour être sûr d'avoir, par chance, l'option désirée. Donc la digitalisation, on l'a déjà au quotidien, mais ça va accélérer encore plus le transfert des données aujourd'hui.
- Speaker #1
Je vais reprendre un peu ma question pour que ce soit encore plus ciblé. Si je parle justement de messages que tu souhaiterais donner sur la digitalisation des process industriels et finalement la digitalisation des industries, comme toi tu le constates tous les jours, est-ce que tu... Tu arriverais du coup à expliquer le rôle dans notre vie de tous les jours et l'impact que ça a. Parce que c'est vrai que l'industrie aujourd'hui est loin de l'ensemble des personnes qui n'y travaillent pas. Est-ce qu'aujourd'hui tu as des exemples en tête qui nous disent, là maintenant avec nous, ce qu'on est en train de faire avec les industriels, voilà ce qui est en train de changer et voilà comment ça fonctionne aujourd'hui.
- Speaker #0
Ce qui est en train de changer, c'est que les vêtements qu'on commande aujourd'hui... à l'autre bout de la Terre, ils sont produits en France. Parce que beaucoup plus rapidement, grâce au digital. On est capable justement de passer sur une chaîne de production d'une chemise à manches courtes à une chemise à manches longues très très rapidement et d'injecter les consignes de production aux machines pour fabriquer les chemises très rapidement grâce à ça. Et c'est le digital qui permet ça. Parce que là encore, la donnée, elle est transmise très rapidement dans l'usine et la pièce ressort de l'usine très très rapidement. On accélère ce flux de production et du coup on va beaucoup plus vite que de commander à l'autre bout de la planète et avec des délais de transport qui sont beaucoup plus longs. Et l'impact il est ultra environnemental en fait. Le digital va permettre d'améliorer l'impact environnemental si on s'inscrit bien dans cette politique d'économie ou d'écologie ou de sobriété sur l'énergie. Le digital va grandement améliorer tout ça. Mais, si j'ai un message à faire passer, parce que tu me demandais un message aussi, il ne faut pas oublier qu'il y a des humains derrière. Le digital, ce n'est pas l'informatique, l'informatisation en outrance, l'automatisation en outrance. On a des humains autour de ça. On en a parlé tout à l'heure au niveau commerce. Il ne faut pas oublier que sur une machine, il y a un être humain qui produit. Il a une équipe autour de lui. mais il y a un être humain qui produit. Le digital va lui enlever les tâches fastidieuses. Il va accélérer ces tâches fastidieuses et va permettre à cet humain, donc un opérateur, une opératrice sur une chaîne, justement de se consacrer vraiment à la valeur de son travail. Contrôle qualité, l'amélioration de son outil de production. Plutôt que de lui enlever des tâches fastidieuses de je charge ma machine, c'est un robot qui peut le faire, je soude, c'est un robot qui peut le faire. Je fais un contrôle qualité, là encore c'est le digital qui va le faire. Je saisis sur du papier ce que j'ai produit, là c'est un digital qui va le faire. Il ne faut pas oublier qu'il y a l'humain qui est derrière tout ça. Et on est en train de voir le retour de cet humain. Aujourd'hui on parle de l'industrie 5.0, c'est réellement fin. C'est, on remet, j'allais dire l'église au centre du village, mais on remet l'humain au centre du village, au sein de l'industrie.
- Speaker #1
Ok, super intéressant comme mot de la fin. Moi je comprends deux choses. Pour conclure ça, tu dis que le digital va permettre de relocaliser l'industrie en France et en tout cas l'encourage et tu le vois aujourd'hui. Donc ça c'est vraiment intéressant et je ne l'avais pas forcément en tête de mon côté que le digital pourrait être justement vecteur de cette relocalisation dont on parle quand même de plus en plus. Et l'autre point c'est que ton mot de la fin finalement, toi aujourd'hui tu es quelqu'un qui digitalise mais... Tu n'oublies pas l'humain et au contraire, tu le mets même en avant. C'est-à-dire que la digitalisation des usines et des industries n'est pas là pour remplacer l'humain, mais vraiment pour l'accompagner. En tout cas, toi, c'est ta philosophie, si je comprends. Oui,
- Speaker #0
tout à fait. Le digital, c'est l'humain augmenté.
- Speaker #1
C'est noté. Écoute, Florent, je te remercie beaucoup pour tous ces éléments. C'était très, très intéressant. Je pense qu'on a appris beaucoup de choses sur ce qui se passe. dans nos usines françaises, notamment en termes d'évolution et d'évolution numérique. Donc, je te souhaite le meilleur dans tous tes projets, le meilleur pour EasyTech. Et j'espère te revoir bientôt. Et puis, je vous dis à tous à très bientôt dans les Dessous de l'Industrie.