- Speaker #0
Bienvenue dans les Dessous de l'Industrie, le podcast qui présente les entreprises et les parcours inspirants au sein de notre écosystème industriel français. Aujourd'hui, on a le plaisir d'accueillir David Cidron, dirigeant de MPE Europe, une entreprise innovante qui développe et déploie des équipements industriels tels que des broyeurs ou encore des convoyeurs à disques. Pour ceux qui ne sont pas vraiment familiers avec tous ces termes, David, est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu en quoi ça consiste, en vulgarisant le plus possible ?
- Speaker #1
Bonjour à tous, bonjour Ludo. Déjà, juste pour remettre MPE, en fait MPE pour commencer c'est une mission. Et la mission, ça recoupe un peu ce que tu as dit Ludo, pour nous c'est de concevoir et de fournir des solutions et des équipements spécifiques, innovants, durables, qui répondent aux exigences des process industriels. Ça c'est la raison d'être. de la société. On a défini des activités. Une première activité qui est dédiée au projet global. On va partir d'un besoin spécifique client et on va aller jusqu'aux phases de commissioning et de qualification sur des process donnés, principalement dans la poudre. On a une autre activité qui est MPE équipement et cette activité-là, c'est l'activité historique de MPE qui existe depuis 1957. Et là-dedans, on va retrouver nos fameux convoyeurs à disques, convoyeurs à chaînes, chaînes B, nos transports pneumatiques et nos broyeurs. Alors, un broyeur, qu'est-ce que c'est ? C'est pour faire de la réduction de taille de particules. On est leader dans le café sur ces équipements-là. Sur les équipements convoyeurs à chaînes, c'est un tube, une chaîne avec des disques qui vont venir transporter une matière d'un point A à un point B sans la casser. sans la démélanger et en limitant au maximum tout ce qui est contamination croisée, risque allergène, etc.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous donner un exemple concret d'application sur ces convoyeurs qui sont apparemment votre produit phare ?
- Speaker #1
Alors en termes de produits, on va transporter tout ce qui est produit en vrac, ce qu'on appelle tout ce qui est pulvérulant. On va transporter les légumes secs, on va transporter tout ce qui est fruits à coque, cacahuètes, noisettes, amandes. On va transporter de la farine, on va transporter tous ces types de produits. Il faut savoir qu'MPE, on travaille à 95% dans les secteurs de l'agroalimentaire et du pet food. Ça, c'est nos secteurs d'activité privilégiés, parce que c'est là-dessus qu'on a une vraie expertise et qu'on est capable de répondre à toutes les exigences de ces secteurs d'activité. Et pour vulgariser un petit peu plus, comme tu me le demandais sur notre métier, MPE, aujourd'hui, quand on parle d'un... projet, quand on parle de process en agroalimentaire, vulgairement, on va faire des gâteaux ou des crêpes. C'est-à-dire qu'on a une recette, cette recette va nous donner des ingrédients, des quantités, et derrière, on va faire le process, c'est-à-dire les équipements, mettre en place les équipements qui correspondent à la recette. C'est-à-dire qu'on va avoir besoin d'une quantité de X. de tel produit, on va avoir besoin de le mélanger peut-être avec une quantité de X kilos d'un autre produit, pour derrière venir le cuire, venir le tamiser, venir le mélanger, venir le broyer pour arriver au produit final pour le client. Donc en gros, on fait des gâteaux.
- Speaker #0
Super, merci. Écoute, je crois que c'était bien vulgarisé. Maintenant, pour rentrer un peu dans qui tu es, parce qu'aujourd'hui, dirigeant MPE Europe, très bien, mais est-ce que tu peux nous faire une petite rétrospective en disant un petit peu ton histoire et comment t'en es arrivé jusque-là ? En quelques mois, si tu n'y as pas de bêtises, tu commences dans le monde professionnel tout de suite après le bac ?
- Speaker #1
C'est ça. Alors moi j'étais un peu fâché avec l'école. L'école n'était pas forcément faite pour moi ou je n'étais pas fait pour l'école, peu importe. Mais j'ai arrêté juste après le bac. J'ai eu la chance de rentrer dans un bureau d'études en machine spéciale. Donc en fait on répondait avec des charges sur des besoins spécifiques de clients, sur un équipement, pas forcément sur du process. J'ai commencé à l'atelier. Donc je montais, j'usinais, j'ai même fait un petit peu d'usinage, mais je montais en gros les machines qui étaient dessinées au bureau d'études. Après je faisais les réceptions avec les clients, pour voir que tout fonctionnait, que tout répondait au cahier des charges. Et donc j'ai travaillé 8 ans dans ce bureau d'études, j'ai fini, j'étais chef de projet. Pendant ces 8 ans, j'ai eu la chance de travailler aussi dans un... J'étais... Je faisais de l'assistance technique, chez un gros industriel. dans le traitement de l'eau, où j'ai découvert le process industriel. Et j'ai trouvé que c'était vachement bien, parce que le process industriel, l'avantage du process, c'est qu'on voit la globalité d'une installation. La machine, on va se concentrer sur un équipement spécifique, mais qui fait partie d'un process global. J'ai dit, c'est ça que je veux faire.
- Speaker #0
Tu avais envie de maîtriser la chaîne dans son ensemble, et pas être juste une débriefe.
- Speaker #1
Juste un maillot. Et après, pour des raisons personnelles, je l'ai ménagé, et ça a été l'occasion de créer la société. Donc j'ai créé la société Cogit, en 2014, qui est un bureau d'études en ingénierie pour du process. Je suis resté... resté longtemps tout seul, 8 ans. Et pendant ces 8 années, la première année très compliquée, et la deuxième année, je suis rentré dans un grand groupe, dans le café, en tant que consultant, et j'y suis resté 7 ans.
- Speaker #0
Donc tu lances la suite des cogites, et finalement le cogite, ce sera David Cideron pendant 2, 7, 8 ans. Et du coup, au bout de ces 8 ans, ça change. Qu'est-ce qui se passe pour que ça change ?
- Speaker #1
Au bout de ces huit ans, je me suis posé la question de qu'est-ce que je veux faire de Cogit ? Est-ce que je reste consultant toute ma vie et puis je navigue entre les projets et entre les entreprises tout seul ? Ou alors est-ce que j'ai créé Cogit pour le développer et pour faire un vrai bureau d'études, un vrai bureau d'ingénierie ? J'avais pas mal d'idées de développement, j'ai toujours pas mal d'idées de développement d'ailleurs. Mais pour ça, il faut se structurer, pour ça, il faut avoir des nouvelles commandes, des nouveaux clients. Donc j'ai dit, allez, on passe le cap, on y va. J'ai eu des opportunités qui ont fait que j'ai pu embaucher du monde. La première année, j'ai embauché quatre personnes. Ça n'a pas été forcément une réussite, parce que passer de un à cinq, il faut se structurer, il faut abandonner l'idée aussi en tant que chef d'entreprise. de produire. Moi qui suis très technique, il fallait que j'arrête de faire du projet. Il faut savoir déléguer, faire confiance, ce qui n'est pas toujours évident quand on a été tout le temps seul. Voilà, donc c'est plein de petites étapes qui ont fait que, sur certaines choses, on s'est planté. Je me suis planté en tout cas. Et pendant ces huit ans, par contre, c'est là que j'ai rencontré MPE.
- Speaker #0
Alors, juste avant qu'on ait une chose sur MPE qui est hyper intéressante, quand tu dis que tu t'es planté, Qu'est-ce qui te fait dire que tu t'es planté ?
- Speaker #1
Ce qui me fait dire que je me suis planté, c'est qu'on a fait une année... L'année où j'ai embauché pas mal de monde, on avait eu des opportunités de projet qui ne se sont pas toutes concrétisées. Ce qui fait qu'on a fait une année financièrement catastrophique.
- Speaker #0
Tu le dirais comme étant ton plus gros échec en termes d'entrepreneurial cette année-là ?
- Speaker #1
On peut considérer que c'est un échec, mais aujourd'hui c'est ce qui m'a permis aussi d'évoluer et d'en être... où j'en suis aujourd'hui. Donc en fait, c'est un échec sans être un échec. Ça m'a permis de m'ouvrir les yeux sur certaines choses, entre autres la partie commerciale. Si c'était à refaire aujourd'hui, je le referais de la même manière.
- Speaker #0
Ok, et donc du coup, l'échec là, t'as forcé à changer. Qu'est-ce que t'as changé à ce moment-là ?
- Speaker #1
Que j'ai changé à ce moment-là, j'ai installé plusieurs équipements de MPE et je les avais sollicités à l'époque. parce que j'avais vu qu'ils n'avaient pas de représentants en France. Ce qu'il faut savoir, c'est que nous, sur la partie commerciale, de l'ingénierie, de la vente de la matière grise, c'est assez compliqué. Si on arrivait avec un équipement, c'était plus simple, parce que l'équipement va répondre à un besoin spécifique. Mais autour de cet équipement, il y a forcément du process qui vient se greffer. Donc l'idée avec MPE, c'était de se dire, si on peut être représentant de votre marque, Nous, ça peut nous intéresser. Vous, vous n'en avez pas en France. Ça peut être une situation gagnant-gagnant. Donc, on avait commencé ce partenariat avec MPE.
- Speaker #0
Alors, petite parenthèse là-dessus, c'est toi qui étais allé les chercher ?
- Speaker #1
C'est moi qui suis allé les chercher. C'est moi qui suis allé les chercher. J'ai fait un mail à Scott, qui est directeur développement d'ailleurs de MPE. Avec les Américains, c'est rigolo parce qu'on n'est pas du tout dans le même, comment dirais-je, business model, mais c'est des gens qui sont très cash. C'est-à-dire que moi, je leur ai fait un joli mail et eux m'ont répondu, Scott m'a répondu avec trois lignes, en me disant « Merci de m'avoir sollicité, de nous avoir sollicité et oui, nous vous montrer avec vous. » Il faudrait que je le retrouve ce mail d'ailleurs.
- Speaker #0
Oui, il n'y a pas besoin de faire un trop développement-conclusion.
- Speaker #1
Non, non, les Américains, ce n'est pas du TKH. Il faut aller droit au but. Ils sont là pour faire du business. Ils ne sont pas là pour enfiler des perles et ils ne s'en cachent pas. Donc, on avait mis ça en place, mais je ne l'ai pas trop exploité à l'origine. Et la grosse calotte qu'on a pris en 2022-2023, j'ai un consultant qui nous accompagne sur le développement de l'entreprise et lui m'a aussi ouvert les yeux et on a vu que... exploiter les équipements MPE, aujourd'hui ça sera un vrai plus pour nous par rapport à notre métier. On s'était concentré sur vraiment développer l'activité des équipements MPE, au moins sur la France en tout cas, avec une partie sur l'Europe. Et ce qui s'est passé, c'est que l'année dernière, le président d'MPE, Dan, que je ne connaissais pas à l'époque, donc ça va faire un an, je pense qu'il y a un an, on démarrait les discussions. Il m'a appelé et m'a dit « Écoute David, on veut développer l'Europe, on veut avoir un siège social en Europe, et si ça t'intéresse, on le fait avec toi. Donc on investit dans ta société, on rentre au capital de la société, et on te donne les moyens de devenir MPE Europe, et dans 5 ans, on veut que tu sois leader sur l'Europe, sur le transport d'équipements et de matières en vrac. » Donc il ne m'y attendait pas vraiment. C'était une vraie opportunité parce qu'aujourd'hui, on a un grand frère qui nous accompagne et qui nous permet de nous développer. Et je dis toujours, aujourd'hui, ils m'ont donné les moyens de mes ambitions.
- Speaker #0
Ok. Alors ce qui est pas mal quand même quand on reprend l'histoire, c'est que c'est toi qui allais les chercher au tout début et qui as bossé avec eux, qui as montré un petit peu ta valeur, si je comprends bien, autant sur les chevillées techniques que sur les chevillées justement de représentation en Europe. Et finalement, c'est eux qui sont venus te proposer ça. C'est-à-dire que tu n'avais pas forcément l'idée à la base ?
- Speaker #1
Je n'avais pas du tout cette idée-là. En fait, moi l'idée c'était vraiment qu'on ait un vrai partenariat avec eux, mais j'étais loin de m'imaginer qu'on deviendrait MPE Europe comme on est aujourd'hui, qu'ils investiraient chez nous et qu'ils nous donneraient les moyens de devenir un acteur majeur dans l'ingénierie et un leader dans le transport de matières en vrac.
- Speaker #0
Et alors ? Du coup, par rapport à ça, parce qu'ils ont fait un lien avec l'actualité, c'est quand même un lien capitalistiquement parlant avec une société américaine. Là, actuellement, les relations entre les États-Unis et l'Europe, et finalement même l'ensemble de la planète, c'est chaud d'un peu. Comment ça se passe pour toi ? Est-ce que tu vois un impact ou pas encore ou pas du tout ?
- Speaker #1
Alors aujourd'hui, on ne voit pas encore l'impact. On essaie de sourcer un maximum de choses en Europe. Et le nom de la société, c'est MP Europe. C'est pas MPEUS. Et l'autre point, c'est que comme on importe certains équipements, tant que l'Europe n'a pas mis officiellement des nouvelles taxes, on n'est pas trop impacté. L'impact serait différent si jamais on devait exporter aux États-Unis. On a eu le cas avec la Chine pour MPEUS. Et finalement, les solutions qu'on a trouvées, c'est qu'on fabriquerait peut-être plus rapidement que prévu certaines pièces en France. On a un plan stratégique qui est en place sur du court terme, moyen terme et long terme. Et sur du court, moyen terme, on s'était dit qu'il faudrait qu'on ait notre usine de fabrication, parce qu'il faut savoir que MPE fabrique tout en interne. Que ce soit nos broyeurs, nos convoyeurs à disques, à chaînes, que ce soit notre transport pneumatique, on maîtrise la chaîne globale de valeur, c'est-à-dire qu'on fabrique tout. Les broyeurs, on fabrique nos châssis, on les peint, on usine nos bulles, tout est fait en interne. Les convoyeurs, on va mouler nos disques sur les chaînes. Le gros avantage, c'est qu'on maîtrise tout. Et l'autre gros avantage, c'est qu'on en est une partie ingénierie. Ça nous permet de faire du développement, ça nous permet... de pouvoir faire des solutions complètement sur mesure pour le client, ce que nos concurrents ne sont pas capables de faire aujourd'hui.
- Speaker #0
Et donc du coup, si je comprends bien l'impact que ça a aujourd'hui stratégiquement, ces tensions, ces actualités, ce qu'on voit, c'est que ça relocalise certains sujets.
- Speaker #1
C'est là où je voulais en venir, c'est qu'en fait, on avait pour objectif de rapatrier une grosse partie de la production en Europe. La situation peut faire que ce qui était à moyen terme,
- Speaker #0
le devienne à court terme.
- Speaker #1
Ça pourrait accélérer le processus. Pour le moment, on va dire que nous, il n'y a pas forcément d'impact. Et s'il y a un impact, ce sera potentiellement positif.
- Speaker #0
Oui, ça remporte l'obligation quasi stratégique de devoir investir sur le sol européen pour qu'il soit non pas seulement une représentation commerciale et contractuelle, mais bien un siège de production également.
- Speaker #1
Alors aujourd'hui, on n'est pas juste une représentation commerciale parce qu'on a quand même toute la partie ingénierie en interne déjà.
- Speaker #0
Justement, sur le sujet commercial, j'avais quelques questions malgré tout. Avec ton expérience, toi qui vis dans cet écosystème, est-ce que tu as constaté une évolution dans le mode de fonctionnement commercial des industriels français ou européens, notamment dans leur façon d'acheter ?
- Speaker #1
Moi, je n'ai pas vu d'évolution. C'est toujours les mêmes processus, plus ou moins.
- Speaker #0
Et alors, tu n'as pas vu d'évolution, mais malgré tout, et ça, tu en as parlé un petit peu tout à l'heure, tu as fait évoluer forcément ton organisation commerciale. Déjà, quand tu passes de te vendre toi en tant que consultant à vendre des projets pour cinq, forcément, ça change. J'imagine qu'en plus, en travaillant avec des Américains et en vendant de l'équipement, ça a dû changer. Comment tu as fait un petit peu évoluer cette organisation commerciale ? Est-ce que tu as mis en place des outils d'accompagnement, des formations ? Est-ce que tu peux nous parler de cette évolution ?
- Speaker #1
Alors l'évolution, elle a été faite suite au plan stratégique qu'on a mis en place. C'est qu'on a vu qu'on avait des lacunes sur la partie commerciale. Donc deux choses, il fallait pallier déjà leur chance de rentrer des commandes. Donc on a fait appel à une entreprise extérieure que tu connais bien, qui s'appelle Cylian. Déjà pour nous aider à rentrer des leads, nous faire connaître. Ça c'était le premier point, c'était la partie la plus urgente à faire à ce moment-là. Deuxième chose, après dans le plan stratégique, on a défini qu'il fallait qu'on structure notre activité commerciale. Et ce qu'on est en train de faire, on a recruté un jeune alternant en commerce international. Là, on est en train de chercher un nouveau commercial, potentiellement sur l'Europe, pour m'aider aussi à accélérer les choses. Parce qu'en gros, avec MPE, l'avantage, c'est que MPE, c'est 80 millions de chiffre d'affaires. Comme je disais, ça existe depuis plus de 65 ans. Donc ils ont déjà les outils en place, donc on a récupéré leur ERP, on a récupéré pas mal de choses, et entre autres une CRM. Aujourd'hui, donc en termes, quand tu me parlais d'outils, on a mis en place une CRM qui nous permet de suivre nos leads, comme on ne le faisait pas forcément avant, ou alors un fichier Excel, c'est pas une CRM, comme avait bien fait remarquer justement Stéphane. Et derrière l'objectif, après c'est vraiment la priorité maintenant, c'est de structurer cette activité commerciale. On a une personne qui nous accompagne sur la partie développement stratégique. Et l'idée ici, c'est de mettre en place ce qu'on appelle le SPANCO. C'est-à-dire définir des rôles et des responsabilités différents au sein des commerciaux. Le SPANCO, en gros, ça veut dire Suspection, Prospection, Approche, Négociation, Conclusion et Commande. Donc, on a différents types de profils sur la partie commerciale. On a ce qu'on appelle les chasseurs et on a ce qu'on appelle les éleveurs. La partie chasse, c'est ceux qui vont faire la Suspection, Prospection. C'est vraiment les personnes qui vont aller ouvrir les portes, qui vont aller chasser la commande, qui sont motivées par faire rentrer du business. Donc c'est la partie SP du Spanko. Et après, on a la partie ANC. Là, c'est plus le technico-commerciaux. C'est plus la personne qui va définir techniquement, qui va faire le devis jusqu'à la conclusion, en support potentiellement avec le SP. Et après, une fois que ça s'est conclu, qu'on a eu la commande, ça passe sur la partie opérationnelle. Et ça, c'est encore d'autres personnes, c'est plus les équipes projet, les équipes en charge des équipements qui vont s'en occuper. Et c'est vraiment essayer de scinder, de structurer cette activité commerciale.
- Speaker #0
Ok, donc finalement, on va se reprendre dans le temps, il y a une époque où tu n'avais même pas encore forcément une structure commerciale. Aujourd'hui, tu l'as scindé et tu as pris le cycle de vie d'un client potentiel et tu l'as en plusieurs étapes pour être le plus efficace possible sur les étapes qui sont stratégiques. A savoir, si je résume bien, la première partie, il a utilisé l'ESP, c'est la partie identification d'un prospect et ouverture d'une porte pour le contacté entrer en échange avec lui et faire en sorte d'identifier un projet. Et après, tu as la deuxième partie du cycle de vente qui est du coup, cette fois, de déterminer quel est le projet, de réussir à y répondre et de faire avancer ce projet pour que ça se transforme en commande. C'est ça. C'est un peu ces deux étapes-là stratégiques dans la partie commerce. Ok, très clair. Ça fait combien de temps que tu as commencé à mettre en place ça ?
- Speaker #1
Alors on est au tout début, le plan stratégique, on avait essayé d'en mettre en place avec Cogit à l'époque. On l'a refait avec MPE, comme on est devenu MPE Europe, et on l'a fait début d'année là. Donc même si Cogit a existé depuis 2014, ça fait 10 ans, 10, un peu plus même. Le fait qu'on soit reparti avec MPE et qu'on soit en plein développement, parce qu'on a juste multiplié par 4 notre chiffre d'affaires l'année dernière. par rapport à la fameuse année 2022-2023. Là, on a déjà fait presque 50% de plus que l'année dernière en termes de chiffre d'affaires. Donc on se développe assez rapidement. On est plutôt en mode start-up pour le moment, donc on a besoin de structurer les choses. Mais ce qui est important, c'est de bien redéfinir les rôles et responsabilités et on essaye de mettre ça en place parce qu'on s'aperçoit que sinon ça part dans tous les sens.
- Speaker #0
Sur l'ensemble des sujets, avec ton organisation, tu es en train de mettre en place les bonnes bases. pour absorber cette croissance.
- Speaker #1
On est obligé, sinon ça ne marchera pas.
- Speaker #0
Ok, très clair. Et donc merci de nous avoir partagé en tout cas les bases que tu as posées. sur ces sujets commerciaux. Maintenant, j'aimerais juste te poser une question, notamment sur un sujet qui bouleverse pas mal les entreprises ces derniers temps. On le voit passer partout, on voit ces deux lettres partout, tu sais où je veux en venir, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, l'intelligence artificielle se déploie dans plein de cas d'usage. Ma question, c'est ce que toi, tu le constates aujourd'hui dans ton univers industriel, que ce soit au niveau du process, des équipements, que ce soit au niveau de vos outils. Comment tu le vois arriver toi, si tu le vois arriver ? ou pas, parce que si ça se trouve, dans certains cas, et c'est aussi ça que je cherche à voir, dans certains cas aujourd'hui, les clés d'usage ne sont peut-être pas encore vraiment déployées. Voilà, je voulais voir comment toi, ça t'a impacté aujourd'hui.
- Speaker #1
Alors, je me posais beaucoup la question, il y a encore un an, un an et demi, de savoir comment on pourrait intégrer l'IA chez nous. Et en fait, ça s'est fait un petit peu naturellement. Alors nous, on l'utilise beaucoup, on va dire, dans les tâches assez répétitives, de bureautique, des choses assez classiques. Mais on se pose aussi la question de comment on peut l'intégrer pour nous aider dans du chiffrage. Parce qu'on fait, alors sur l'équipement, le chiffrage se voit relativement vite. Mais dès qu'on fait du process global, on a des offres de 40-50 pages. Donc ça commence à être des choses assez lourdes. Et on réfléchissait à comment on pourrait l'intégrer, comment on pourrait entraîner une IA. Alors c'est pareil, c'est que des réflexions. Aujourd'hui, on n'a rien mis en place. mais pour nous aider dans ces phases de chiffrage, au moins pour donner un budget assez rapidement au client. On a commencé même de l'intégrer sur tout ce qui était l'officiel 3D. C'est-à-dire qu'on utilise l'IA pour nous générer des macros qui nous permettent de sortir plus rapidement des plans, des équipements de liste, des PDF, des WG, des délivrables pour le client. Voilà aujourd'hui comment nous, on essaye de l'intégrer. Maintenant, dans les process, nous, on n'a pas d'automatisme en interne encore. Donc, on travaille avec des sous-traitants et partenaires. Aujourd'hui, on regarde comment on peut l'intégrer pour aussi faire les choses de manière plus rapide, moins chronophage pour l'opérateur. Je pense qu'une chose toute bête, mais par exemple, sur nos broyeurs, la réduction de taille de particules, c'est assez spécifique et technique. Et on doit régulièrement réajuster les ouvertures. entre les mules pour avoir les bonnes spécifications et la bonne mouture. On réfléchit à avoir un système de contrôle automatique pour pouvoir régler automatiquement, faire du contrôle en ligne et régler automatiquement le moulin derrière. Ça, c'est des choses qui sont en discussion chez nous. On regarde en permanent. On est en train de chercher comment on pourrait l'intégrer. Je pense que la nouvelle génération qui arrive... va nous aider à ça. Mais c'est clair que si on ne tient pas compte aujourd'hui, on sera dépassé dans quelques temps. Et je pense très rapidement, on sera dépassé.
- Speaker #0
Ok. Donc si je comprends bien, impact à deux niveaux, et votre regard, il y a quand même un impact qui est sur des cas classiques de traitement. On va dire le commun des mortels aujourd'hui, comment s'appuyer sur ça.
- Speaker #1
Oui, très basique.
- Speaker #0
En revanche, plutôt un état de réflexion, aussi sur des sujets d'orgas, sur notamment comment... Gagner du temps et de l'efficacité sur des sujets commerciaux, à savoir les chiffrages. En disant, comment je suis capable aujourd'hui de faire un chiffrage en deux heures grâce à l'IA versus ça me prenait trois jours avant.
- Speaker #1
C'est un peu l'idée.
- Speaker #0
Donc là, plutôt en réflexion. Et pareil, phase de réflexion sur la phase d'équipement aussi. Cette fois plus sur le service et les produits que vous mettez à disposition. Vous dites, il faut absolument qu'on l'intègre dans les équipements qu'on positionne pour aider nos clients à être plus efficaces sur des tâches chronophages. C'est ça. Donc, le point commun des deux, le corollaire finalement.
- Speaker #1
C'est de l'optimisation de tâches.
- Speaker #0
Ouais, c'est de l'optimisation, faire en sorte de gagner du temps, et surtout sur des tâches qui sont a priori identifiées comme non essentielles. Même si, quand j'y réfléchis, c'est un vrai point qui m'interroge sur la partie chiffrage. Du coup, le fait de gagner du temps sur, par exemple, l'IA qui te fait des recours sur le chiffrage, est-ce qu'aujourd'hui, c'est pas dangereux dans le sens où, quand tu vas venir le présenter au client, t'auras pas bossé ces fameux trois jours dessus, tu vas peut-être perdre un peu de force de persuasion et d'identification dans le projet, non ?
- Speaker #1
il faudra faire une relecture. L'IA est très pertinente sur plein de choses, mais l'IA, c'est juste un outil qui est capable de collecter un maximum de données, de les compiler. Si les données sont fausses ou erronées, forcément, ce qu'on va te donner en face, ça va être erroné. Et c'est ce que je dis aux gars. Toujours recouper l'information. Donc, ça veut dire qu'aujourd'hui, même si elle va nous faire un chiffrage, ça n'empêche pas la relecture et le contrôle. Et en plus, pour la paramétrer... Tu vas être obligé de te mettre dans ton sujet, de te mettre dans ton projet pour aller la nourrir un minimum avec ce que tu as besoin.
- Speaker #0
C'est clair. Merci Solchileïa. On approche quand même de la fin. Là, maintenant, dans tout ce qu'on a dit, quand tu regardes un petit peu ton parcours, parce qu'il est assez riche, c'est assez... Typique dans le sens où tu es sorti direct du bac et aujourd'hui finalement tu es dirigeant d'une structure. Qu'est-ce que tu te donnerais comme conseil à toi qui sort du bac à l'époque, quand on prend ce recul-là ?
- Speaker #1
Qu'est-ce que je me donnerais comme conseil ? Oublie que tu n'as aucune chance, fonce !
- Speaker #0
Donc tu irais même encore plus loin en disant fais-toi confiance !
- Speaker #1
Aujourd'hui, je pense que je referais la même chose. Même s'il y a des moments où ça a été vraiment galère. De toute façon, c'est la vie d'un chef d'entreprise. Je m'aperçois que c'est la résilience et le maître mot pour un chef d'entreprise. C'est jamais un long fleuve tranquille. Et tous les échecs que tu peux avoir, qu'on considère comme échecs, parce qu'en France, l'échec c'est très mal vu, alors qu'aux Etats-Unis, c'est pas du tout perçu de la même manière. En France, tu fermes une boutique parce que t'es en liquidation ou quoi que ce soit, en gros, t'es un raté, tu sais pas gérer ta boîte, blablabla. Aux Etats-Unis, t'es pas considéré comme un vrai chef d'entreprise si t'en as pas fermé trois. Parce qu'ils partent du principe que l'échec, et ils ont tout à fait raison, que l'échec c'est... c'est un peu l'école de la vie quand même. Donc, les échecs que j'ai eus ont fait que j'en suis là aujourd'hui.
- Speaker #0
En gros, en synthèse, il faut être dans l'action quoi qu'il arrive et tu vas forcément te planter, mais tu vas apprendre. Et ce que tu disais tout à l'heure en disant, l'échec, justement, j'ai utilisé le mot échec un peu exprès, mais l'échec dont on parlait de cette fameuse année, c'est en partie ça qui a fait qu'il y a eu pas mal de changements très positifs.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Ok, bah écoute, merci beaucoup David pour cet échange qui était très riche, très inspirant dans le sens où je pense qu'on a appris beaucoup de choses sur comment faire un parcours qui, quoi qu'il arrive, peut être intéressant à partir du moment où on se met dans l'action.
- Speaker #1
Il faut y croire un minimum du moment que tu y crois.
- Speaker #0
Avec ces mots-là, tu peux donner confiance à beaucoup de gens. Il suffisait d'y croire. Non, t'as raison, il faut y croire.
- Speaker #1
C'est toi le principal moteur aujourd'hui dans l'entreprise. Si le chef d'entreprise n'y croit pas, il ne peut pas emmener son équipe avec lui.
- Speaker #0
Ça paraît évident, mais t'as raison de le rappeler. Merci aussi de nous avoir fait découvrir un peu ton monde, nos process industriels, les équipements industriels, et surtout de nous avoir démonté que ce n'était pas réservé aux ingénieurs de formation. Je te souhaite plein de réussite pour tes futurs projets. Et je vous dis à bientôt pour un nouveau rendez-vous dans les dessous de l'industrie.
- Speaker #1
Merci Ludo, merci à tous.
- Speaker #0
Merci à toi David.