- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue dans les Dessous de l'Industrie, l'émission qui présente les acteurs industriels français, leur parcours, leurs réussites. Aujourd'hui on a le plaisir d'accueillir Jonathan Jarouss, le dirigeant d'MJ Valorisation, une entreprise qui comme son nom l'indique valorise des déchets. Salut Jonathan, merci d'être là aujourd'hui. Est-ce que tu peux commencer déjà par nous présenter un petit peu MJ Valorisation si vous le faites assez brièvement ?
- Speaker #1
Alors Amgération c'est une entreprise qui intervient dans la gestion globale des déchets, déchets industriels banals, déchets industriels dangereux et déchets industriels métalliques. On intervient également dans la gestion des contraintes réglementaires liées à l'environnement et la sécurité. On réalise ainsi les dossiers CPE, les bilans de crédition carbone, les portes à connaissance du préfet, les zonatex et les accompagnements de langues certifiables. En fait l'idée c'était de créer un stataire capable de gérer l'ensemble des déchets et d'accompagner les... nos partenaires dans la gestion de l'empochante réglementaire.
- Speaker #0
Ok, simple, concis. Du coup, pour que ça soit encore plus clair pour tout le monde, est-ce que tu peux nous donner un exemple concret, par exemple, de comment vous accompagnez un client ? Tu n'es pas obligé d'en citer un si tu n'as pas envie, mais juste pour vraiment se dire, bon ben voilà, un client, comment vous l'accompagnez de A à Z ?
- Speaker #1
Bon, je prends l'exemple d'un marché qu'on a récupéré la semaine dernière. Le client actuel, il avait un partenaire qui lui traitait son bois, qui lui traitait son carton. Il avait un partenaire pour le traitement et la gestion de ces déchets dangereux. Il avait un partenaire pour ses pompages et il avait un partenaire aussi, un bureau d'études pour l'accompagnement de ses certifications parce que c'est une entreprise de plastique qui travaille pour l'alimentaire. Donc aujourd'hui, on s'est substitut à l'ensemble de ses prestataires et je crois qu'Ugivalorisation est venue remplacer 6 prestataires qui sont en place actuellement chez ce client.
- Speaker #0
Ok, donc finalement, Ugivalorisation est positionné comme un acteur de valorisation des déchets qui permet justement d'avoir un seul interlocuteur pour ton entreprise sur l'ensemble des typologies de déchets.
- Speaker #1
Exactement et surtout c'est la garantie que les déchets sont traités en conformité. Un exemple concret, pour un deuxième exemple, on a un client chez qui on a chiffré une spécificité d'acide et on s'est rendu compte que le client n'avait pas le droit de stocker plus de 2 mètres cubes d'acide et la solution pour optimiser la gestion c'était de les faire partir par 5 mètres cubes. Donc on l'a déjà mis en conformité pour les 2 mètres cubes qu'il détenait, on lui a fait apporter la connaissance du préfet, on lui a fait une zone ATEX, on lui a fait une modulation incendie. On a mis ce client en conformité pour les déchets qu'il détenait. On n'a pas fait seulement que les chiffrer, on va au-delà. On chiffre et on met en conformité le client.
- Speaker #0
Ok, donc vous n'êtes pas juste là pour finalement traiter les déchets qui ressortent de chez vos clients et les récupérer, mais vous allez aussi l'accompagner pour que ces déchets-là, qui ont technique et autres, et justement comme tu viens de l'expliquer par exemple à Toké, Vous accompagnez aussi pour qu'il soit en règle par rapport à tout ce qui vient.
- Speaker #1
Exactement, ce bureau d'études accompagne sur d'autres thématiques qui sont les bilans carbone et bien d'autres encore. D'ailleurs, on est consultant expert pour la BPI, pour les bilans carbone.
- Speaker #0
Très clair, merci. Maintenant qu'on a compris ce que faisait MJ Valorisation, j'aimerais que tu nous parles un petit peu de toi et que tu nous expliques en l'occurrence comment on devient dirigeant d'une entreprise de valorisation de déchets. C'est-à-dire que... Comment on arrive dans ce milieu-là ? Finalement, quel est un petit peu ton parcours ? Qu'est-ce qui fait que tu es arrivé dans la valorisation de déchets ? À quel moment tu as commencé ? Est-ce que tu peux déjà nous expliquer comment tu es arrivé là-dedans ?
- Speaker #1
Je dirais un petit peu de hasard. Je pense qu'après l'entrepreneuriat, on a dans les tripes, c'est quelque chose qu'on a qui nous anime quand on est jeune. J'ai commencé à 16 ans par une formation dans le bâtiment. Je suis resté deux années sur cette activité. J'avais des collègues qui... qui récupérait les déchets du bâtiment pour par moments les livrer chez un prestataire, un grossiste local. Et le bâtiment, il savait que c'était quelque chose qui ne me convenait pas spécialement. Je n'étais pas fait pour ce métier, mais j'avais aussi envie d'entreprendre. Et un jour je suis là avec un collègue livré chez le grossiste et je me suis dit tiens à l'époque on était parti avec notre argent je me suis dit pourquoi pas collecter un petit peu comme ça, faire ce boulot là qu'on fait là, passer sur les chantiers dans les campagnes à travers tout ce qui peut exister et ramasser ces déchets métalliques qui peuvent être là des chutes de chantier, il peut être dans les campagnes des baignoires, des chauffe-eau, un tracteur à couper, à démanteler, n'importe quoi, sillonner avec mon fourgon et ramasser, c'est parti de là je me suis dit pourquoi pas tenter d'y faire cette aventure là comme ça là, voilà.
- Speaker #0
Donc tu t'es lancé tout seul en disant en fait je suis dans le BTP, ça me gonfle de bosser pour quelqu'un sur un truc qui clairement te faisait... Ouais et puis je savais,
- Speaker #1
on va pas se mentir que je savais pas faire je crois, j'avais pas une grande technicité en la matière, j'étais plein de bonne volonté pour prendre le marteau piqueur, faire des choses, mais voilà c'est pas quelque chose qui... j'avais la volonté mais c'est pas quelque chose qui m'animait et puis j'avais pas la technicité pour quoi, voilà.
- Speaker #0
Ok, et donc du coup tu te dis... Ben finalement j'ai envie d'aller au contact, j'ai envie de faire du commerce si j'entends bien, j'ai envie de vendre des choses, de récupérer de la matière et de la revendre.
- Speaker #1
Il y a l'aspect commerce, il y a l'aspect d'entreprendre, il y a l'aspect de partir le matin avec son véhicule et d'être son propre patron. Et puis le côté challengeant parce qu'il ne faut pas oublier que quand on démarre comme ça les débuts sont laborieux parce qu'on fait le tour des chantiers mais bon localement ce n'est pas tout le monde qui accepte de vendre ses déchets parce que les gars des fois vont les livrer à des grossistes donc tu dis bah merde c'est compliqué. On va dans les marchés plus grands, on s'intéresse aux campagnes. Et puis les campagnes, c'est ce que je te dis, c'est une baignoire, c'est un chauffe-eau. Et puis, il y a des moments où c'est un tracteur qui est au fond du trou, qu'il faut couper avec une disqueuse et un chalumeau, qu'il faut remonter. Et puis des fois, pour remplir ton fourgon, il faut rester 2-3 jours dans le même secteur, dans la même campagne. Et puis quand il est plein, on descend chez le grossiste. Donc ouais, les débuts, c'est compliqué, mais je m'accroche. De toute façon, j'y crois. J'ai la forêt. Ok.
- Speaker #0
Et ça, tu as fait ça du coup ? Est-ce que tu t'es lancé tout seul ? Je comprends bien. Tu as fait ça tout seul pendant combien de temps ?
- Speaker #1
À ce moment-là, j'ai 18 ans quand je me lance dans cette aventure. Et le premier collaborateur arrive, j'ai 22 ans. Donc il y a vraiment 4 années qui se passent où on prend tout ce qu'ils ne veulent pas faire et on y va.
- Speaker #0
Ok, du coup cette entreprise, tu te lances tout seul ou tu te dis, tu avais identifié un peu peut-être ce marché-là où tu avais une certaine appétence. Et tu as des anecdotes sur ces 4 années-là, parce que 4 ans à te lancer tout seul, à aller récupérer des déchets à droite à gauche, tu as dû vivre des trucs assez improbables.
- Speaker #1
Ouais des galères pas possibles je me rappelle qu'un jour j'ai pris un marché sur une grande surface et en fait je leur explique que je vais le faire en 48 heures et je prends des intérêts la journée et en fait le soir ils partent parce qu'ils ont fait leurs 7 heures et moi je reste la nuit et je fais 48 heures pour débarrasser la grande surface quoi c'est que moi je prends un duvet dans le camion je dors deux heures quand je dors deux heures parce que j'ai pris des engagements et que je les tiens et je suis toujours parti du principe qu'il va y être assez d'engagement et là on fait, enfin je veux dire... On sort des coffres forts à la main. C'est un truc dément. C'est un truc de fou. Mais je m'y tiens et je tiens mes engagements.
- Speaker #0
Donc, sur cette période-là, en fait, malgré tout, tu tentes des coups, parce que c'est quand même assez osé de se dire que tu es tout seul ou presque, que tu te fais des intérims et que tu prends sur des chantiers particuliers. Et là, tu vas un petit peu de temps en temps au... Comment dire ? Un peu coup de poquet en disant si je m'en occupe, il n'y a pas de problème. Et à la fin, tu arrives à être le cher. Et c'est comme ça finalement que tu as réussi à grossir petit à petit. C'est grâce à ce genre d'opération.
- Speaker #1
Oui, ça en fait partie. Il y a la foule de la jeunesse, on apprend parce que ça reste quand même des choses où tu ne te refais pas mordre deux fois. Mais malgré tout, avant, à l'époque, je n'y dis non à rien. Tout ce qu'on me propose, j'y vais, je prends. et je compte pas mes heures, je compte pas mon temps, de toute façon ça me plaît j'ai vraiment construit l'entreprendre j'ai vendu cette entreprendre de faire du commerce. J'ai vraiment envie d'y aller, donc j'y vais. Je me rappelle aussi d'une fois où, c'est vraiment mes débuts, j'ai 18 ans et demi, j'ai un vieux fourgon et c'est compliqué à 18 ans et demi, donc je manque de finances et je vends le fourgon. Je me retrouve à Pince et je me pointe à la Poste à l'époque et je rachète une vieille express de la Poste, j'obtiens de la Poste et là, pendant un mois, je suis avec mon express. Le temps que je me refasse et que je reparte sur un fourgon, j'ai 18 ans et demi, mais je suis seul, je suis isolé, je n'ai personne autour. Et je suis dans... Je suis pas un entrepreneur au tournoi pour me conseiller. Il y a personne qui me guide.
- Speaker #0
Tu fais XQTA.
- Speaker #1
La seule chose qui me dictait, c'était de respecter mes engagements. C'est toujours quelque chose que j'avais à cœur.
- Speaker #0
C'était un des mantras de te dire ça c'est ma philosophie d'entrepreneur, quoi qu'il arrive, j'ai dit un truc, je le ferai. Ça va être plus ou moins dur, mais je le ferai.
- Speaker #1
Ça m'a su tout au long de ma vie. Des fois je me suis engagé sur un véhicule, c'était plus le moment. Je me suis engagé, j'y ai fait. On trouvera les solutions.
- Speaker #0
Très intéressant. Du coup, je reviens à l'étape d'après. Tu disais arriver 22 ans. Là, finalement, tu passes un cap parce que tu embauches ton premier collaborateur. C'est ce que tu disais tout à l'heure.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et j'arrive. À l'époque, j'ai qu'un petit garage que je louais 60 balles par mois. Et là, j'arrive dans la Haute-Loire, à Sainte-Sigolène, sur le site que je suis actuellement. Donc, c'est une grande barre de bâtiment qui fait 500 mètres carrés avec un terrain qui fait 7000 mètres carrés. Et dans ces 500 mètres carrés de bâtiment, il y a plusieurs locataires. Donc, la propriétaire loue à différents... différentes structures, différentes entreprises et moi je m'installais ici. Je sens bien le secteur, je sens bien la zone et elle me dit, je n'ai pas de place pour toi. Je lui dis, écoute, est-ce que tu peux me faire un bail ? Et moi j'exploiterai l'extérieur et j'aurai un morceau de terrain. Elle me dit, écoute, pas de problème, je te fais ça, pas de souci. Donc du coup, là je suis dehors et il y a Intermarché qui fait des travaux et qui change les abris de chariots. Et là, je vais récupérer un abri de chariots à Intermarché. Et ça sera mon premier abri, mon premier chantier de l'époque. Je n'ai pas d'eau, pas d'élec. Et je reste deux ans sous l'abri de chariot. Et je me rappelle que le chantier est en plein air. Ce n'est pas clôturé, c'est ouvert au cas de vent. Et j'ai un peu de stock de marchandises, pas grand-chose. Je mets 3-4 000 euros, mais c'est aussi toute ma vie qu'ils sont là, ces 3-4 000 euros. Et je me dis, merde, si je me fais voler, la deuxième étape, je vais à Leroy Merlin, j'achète une cabane de jardin qui fait 20 mètres carrés, j'installe et j'y vis dedans. J'habite sur mon chantier, j'ai une copine à l'époque qui me suit dans l'aventure, qui vient avec moi. On habite sur le chantier, à l'époque on avait la confiture qui gît dans les placards, c'est quelque chose qui m'a marqué.
- Speaker #0
Donc tu as posé les bagages sur le chantier pour sécuriser ton stock ?
- Speaker #1
Exactement, j'ai demandé à la propriétaire à l'époque, elle m'a dit il n'y a pas de soucis. Tu penses bien à cette époque-là, c'était il y a déjà 18-20 ans, on était moins emmerdant quand on avait mis cette petite cabane. la mairie l'avait vu, j'avais pas été embêté, puis j'avais mon activité sous mon abri de chariot. Et ouais, ça a duré comme ça quelques années. Ça a duré deux ans avant que je puisse rentrer dans une partie des murs et louer quelque chose. Donc, on est deux ans sous l'abri de chariot et deux ans dans le chalet.
- Speaker #0
Deux ans dans une tiède à l'Aurore Merlin avec une seule prise. C'est impressionnant.
- Speaker #1
Ouais, c'est seulement ça. C'est une seule prise. On choisissait si c'était la télé ou le radiateur parce que sinon, ça disjonctait. Crois-moi qu'à cette époque, j'ai eu un penchant pour la lecture. J'ai appris à lire, tu vois. C'était le radiateur qui était la priorité.
- Speaker #0
écoute c'est assez hallucinant c'est pas c'est pas fréquent on entend des gens qui ont vécu cette période là et du coup si on continue l'histoire de l'entreprise pour finir je regarde un très bon souvenir ok trop bien je regarde vraiment souvenir vraiment
- Speaker #1
c'est quelque chose que j'ai c'est vraiment pas une époque oui tu l'as pas vécu comme un moment où
- Speaker #0
Tous les matins, tu te levais avec la tête en bras qui a lutté en disant c'est l'enfer, c'est l'enfer. Tu l'as vécu plutôt avec le sourire. Si j'entends pas tous les jours, mais parce que si tu deviens super froid, il y a des moments où tu deviens râler un peu. Mais là, aujourd'hui, tu te dis ouais, c'était sympa, j'étais jeune. C'était l'aventure. Ouais, voilà,
- Speaker #1
on avait confié au jeune placard, mais on avait quand même 5 degrés dans la chambre. Donc ça allait quoi.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et puis l'hiver, c'est pas toute l'année, c'était quelques mois par an.
- Speaker #0
oui c'est clair à part au devoir moi qui connais quand même un petit peu bien le coin les hivers ils peuvent être un peu costauds.
- Speaker #1
Ouais, il était très très froid, c'est ce qu'on a, on avait quand même un petit pot à la bois qui nous ailait, donc on avait 40 degrés le soir et moins 5 le matin, pas vu que c'était pas isolé, donc on avait 45 degrés qui oscillaient dans la nuit, faut pas se flipper entre les couvertures du soir et le matin. Ok,
- Speaker #0
et donc tu fais ces deux ans là, et puis l'entreprise grossit petit à petit, si je dis pas de bêtises... Tu l'as dit tout à l'heure, du coup le bâtiment au début tu avais 100 m², c'est vous qui avez l'entièreté du bâtiment ?
- Speaker #1
Alors aujourd'hui, à l'époque, elle me loue 100 m², elle me loue 200 m² et très très vite, en fait, très très vite, on décide d'acheter le bâtiment. Je crois qu'on est en 2012-2013. Suite à ça, j'achète le bâtiment quand même quelques années après. Mais en tout cas, à un moment, elle me loue 200 m², donc je suis dedans et après, elle accepte de me vendre le bâtiment. Et là on fait vraiment une ascension, on est 2012-2013, j'ai déjà 12 ou 13 collaborateurs, on commence à avoir une boîte qui fonctionne bien, on commence à être bien là. Ça commence à être sérieux, on est des gros artisans.
- Speaker #0
Ok, donc là finalement si on décompose, ta première étape c'est toi qui te lances, bon là tu lances le projet, deuxième étape tu commences à être du gros artisan, c'est-à-dire pas mal de monde autour de toi. Et si je ne dis pas de bêtises, il y a une troisième étape où vous commencez à vous dire bon là maintenant il faut qu'on passe encore un cap où on n'a plus envie d'être des artisans, c'est ça ?
- Speaker #1
Ouais c'est vrai. Alors on reste des gros artisans de 2012-2013 jusqu'à 2018. Là on est une entreprise de taille conséquente, on fait 3-4 millions d'euros, mais c'est très artisanal. On n'apporte aucune valeur ajoutée par rapport à nos concurrents qui sont en place. Et là vraiment on est vraiment approché par une personne qui fait du coaching de dirigeant et qui a une vision très claire du business, une vision gouvernante, une vision structure entreprise. Et aujourd'hui, à cette époque, on commence à bosser ensemble, à se poser des questions. Et là, on se rend compte qu'on fait 3-4 millions, il y en a vraiment des gros artisans. Il n'y a pas de RP en place, il n'y a pas de CRM, les aspects d'hématisation, transition numérique, c'est des choses qui sont absentes, RSE. Donc on s'intéresse aux prémices, on est aux prémices de tout ça. On commence à mettre des choses en place, on commence à mettre de l'RP, on commence à importer des déchets, on commence à dématérialiser. Et là, on commence vraiment à structurer, à créer un codier, on remonte à quelque chose de nouveau. Et là, on rentre dans un aspect beaucoup plus technique, on devient des industriels. Et là, c'est vraiment à ce moment-là, on prend vraiment un départ. J'ai le sentiment que c'est même le départ, parce que même si on a un chiffre d'affaires déjà conséquent et qu'on veut déjà des belles choses, le départ, il est vraiment là, on se démarque. Et là, on va vite. Là, on va vite. On va vite parce que j'ai la bonne personne qui m'apprend les choses, qu'à cette époque, je suis isolé, et là, j'ai quelqu'un sur qui je peux m'épauler, quelqu'un qui...
- Speaker #0
il y a une vision et qui sait faire qui peut m'apprendre je reprends t'as trois étapes finalement dans le parcours de l'imagine et valorisation t'as le début tout seul ensuite t'as la phase artisan comme tu dis où vous grossissez mais vous faites quand même un peu du bricolage parce que artisan souvent c'est un peu le synonyme du truc et la troisième partie c'est hyper intéressant là vous devenez pour toi officiellement industriel parce que vous avez des process parce que vous avez une organisation qui se structure Elle est là pour accueillir plus de... Enfin, du coup, une taille plus conséquente.
- Speaker #1
Exactement, c'est ça.
- Speaker #0
Ok. Il y a un autre point qui m'a marqué dans tout ce que tu dis, c'est revenu plusieurs fois, c'est le fait que tu étais assez seul. Bon, forcément, tu t'es lancé seul, mais même tu as l'impression d'avoir été seul sans avoir la possibilité d'échanger. C'est quoi ton ressenti par rapport à tout ça ? Qu'est-ce qui t'a manqué ?
- Speaker #1
Le problème, c'est que je ne me lance pas seul. Il y avait beaucoup de concurrents de trois générations qui avaient unifié une structure qui a été mise en place peut-être par leurs grands-parents, leurs parents. Quand j'attaque, je suis vraiment isolé. Je me rappelle à l'époque, je te parle de cette époque, je suis 3 millions et je suis chez un comptable dans un centre de gestion parce que c'est le kebab du coin où je vais manger, qui me dit, écoute, j'ai un comptable qui est pas mal, j'y vais, on est isolé, on n'a pas les bons banquiers, pas de découvertes autorisées. Il n'y a rien qui fonctionne. Je suis vraiment seul dans mon truc, je me sens très mal épaulé, très mal accompagné. Je me rappelle quelque chose qui m'a beaucoup aidé, c'est un réseau qui s'appelle Business. Après j'ai fait partie des membres du bureau, même plus, j'avais une part principale dans l'organisation de ce réseau. Et quand je suis rentré là-bas, qu'est-ce que je rencontre ? Je sors de mon isolement, je rencontre des industriels qui me donnent des conseils, qui m'aident. Je rencontre des banquiers qui gèrent des grands comptes, des gens comme moi qui font le chiffre d'affaires que je fais. je rencontre un vrai expert comptable qui est toujours mon expert comptable, je sors d'un isolement et quand je vais là, c'est quand même une étape aussi de rapidité, on n'est pas encore dans la phase d'accompagnement avec le coaching, on est déjà dans quelque chose de bien nouveau on est à 2012-2013 à cette époque là c'est en 2018 qu'on devient un professionniste, mais déjà je sors d'un isolement on ne peut pas savoir ce que c'est quand on attaque tout seul un petit gars dans un fourgon qui ne connait personne tu restes longtemps personne, c'est très difficile pas de rester personne parce que ce n'est pas le sujet de l'ego c'est c'est d'être isolé comme ça et de ne pas savoir vers qui se tourner, comment faire. Et tout est très très long à ce moment-là. Parce qu'on veut faire une transaction, acheter un morceau de bien, on ne connaît pas le notaire, on s'assurait un peu plus, on n'est pas sur bon endroit parce qu'on assurait sur un truc en ligne sur Internet, on a une question comptable, on est dans un centre de gestion, on veut se rapprocher d'un banquier, mais on n'a pas le bon banquier parce qu'on a d'autres banquiers depuis qu'on avait peut-être 18-19 ans qui nous suivent et que ce n'est plus du tout adapté à ce qu'on fait aujourd'hui. Donc voilà, quand je rentre dans ce réseau, dans le business, c'est vraiment quelque chose de nouveau qui s'ouvre à moi déjà.
- Speaker #0
D'accord. Ouais, non, je vois bien. T'as vraiment eu ce sentiment de... Sortir. À ce moment-là, t'es sorti de ton écosystème à toi, de ton entreprise. T'as vu tes pères. Et le début de cette transition artisan-industrielle...
- Speaker #1
Oui, parce que finalement, le coach qui m'accompagne, le gars qui m'accompagne, Jean-Luc, je l'ai quand même rencontré là-bas aussi. Donc c'est aussi là-bas qu'on fait ces échanges-là. Donc c'est vraiment des réseaux liés à ça. Voilà, c'est ce que je recommande aux jeunes d'ailleurs aujourd'hui.
- Speaker #0
Tu leur recommandes de voir du monde et de s'entourer assez rapidement et de ne pas rester isolé, c'est ça ? Ou non, d'être accompagné aussi ?
- Speaker #1
Accompagné et de sortir de l'isolement aussi déjà. C'est déjà quelque chose d'important. Parce que franchement, j'ai galéré. Une fois que j'étais là-bas, tout allait beaucoup plus vite pour moi.
- Speaker #0
Qui ne dit pas de bêtises, ça t'a tellement marqué cette position que tu avais d'isolement, tu as du coup même lancé un projet autour de ça à un moment donné de ta vie ?
- Speaker #1
Oui, j'avais créé la première pépinière d'entreprise à Monistrol, une pépinière sociale. On avait des loyers qui attaquaient à 150 euros. En fait, l'idée c'était de créer des structures, des dépôts, des bureaux pour que les gens puissent venir s'installer avec des loyers très modérés. Et les loyers attaquaient à 150 euros et le plus gros loyer attaquait à 400 euros. Mais à 150 euros, on pouvait accéder à un bureau, à un dépôt. Et j'avais créé, je crois que c'était 18 structures à l'époque. Et en fait, j'avais accès un peu sur le bâtiment. Donc, on avait un électricien, un carreleur, un plombier, un maçon. Et chaque corps de métier pouvait envoyer du volume d'affaires à son camarade d'à côté. Ça avait créé un dynamisme commun. Et j'ai beaucoup d'entreprises qui se sont installées là-bas à l'époque, qui sont d'une des vraies réussites sur le secteur. Je ne peux pas les citer, mais j'en connais qui sont fortement développées, qui sont parties de rien, dans une case à 150 euros. Ça permettait d'avoir une adresse en zone industrielle. Ça permettait de... vraiment d'épouser une dynamique. Et puis, bon, des fois, je pouvais passer, faire un point, l'animer. Tout ce que je n'avais pas eu au début. Parce que, tu sais, quand j'attaquais, moi, j'avais un garage avant d'arriver à Saint-Sigouin, où je suis actuellement. Et ce n'était pas simple. Là, ça permettait de rencontrer les gens. Et en plus, ces gens intégraient le réseau de business à l'époque qui m'avait déjà beaucoup aidé et que j'anime avec le Medef aussi. Donc, voilà, ça a permis de créer tout ça.
- Speaker #0
OK. Maintenant qu'on a vu un petit peu tout ton parcours qui est quand même assez dingue et atypique, qu'est-ce que tu considérais comme étant une de tes plus belles réussites, s'il y en a une dans ton parcours en termes de projet, ou soit une acquisition, une innovation, n'importe quoi, où tu te dis, ah bien ça quand même. J'en suis plutôt fier quand on regarde un peu derrière.
- Speaker #1
Alors franchement, on a eu beaucoup d'innovations, parce qu'on innove beaucoup, et c'est un métier qui démarre la concurrente. Les innovations qu'on a mises en place autour de l'autre métier, il y a quelque chose dont je suis fier et pas fier, disons. Ce n'est pas simple, je vais l'expliquer. C'est qu'on a quand même réussi à faire une entreprise qui va vite, avec une croissance rapide, des projets nouveaux, et c'est de pouvoir... de pouvoir faire suivre un peu l'ensemble de nos collaborateurs. Des gens qui m'accompagnent depuis longtemps et qui arrivent à rester parce qu'on fait ce qu'il faut, on met l'accompagnement en place, on essaie de perdre personne. Et à contrario, c'est aussi toujours très dur quand il y a des collaborateurs qu'on n'a pas réussi à amener avec nous. C'est toujours un échec, pas un regret, parce que j'ai toujours fait ce qu'il fallait, on a toujours fait ce qu'il fallait pour essayer que tout le monde... La vie elle est ainsi et on a tous aussi notre plafond de verre. nos compétences et ce qu'on a envie de faire aussi peut-être, qui fait que voilà. Donc ça sera quand même une réussite d'avoir pu emmener autant de monde. Ça aurait été un échec pour le peu de fois où ça n'a pas fonctionné.
- Speaker #0
Mais sans regret. Donc ce que tu retiens, c'est d'avoir des collaborateurs qui restent quand même assez longtemps dans notre pays. Du coup, ça veut dire qu'ils se sentent à l'aise et d'avoir un peu créé cette... Je ne sais pas si on peut parler d'écosystème familial, mais d'avoir ce côté, bon, s'ils restent longtemps, et qui s'y retrouvent et qui sont heureux dans ce contexte-là.
- Speaker #1
Là, on appuie beaucoup sur nos valeurs RSE et on met beaucoup de choses en place de ce côté-là. C'était vraiment plus au-delà de ça, c'est vraiment la croissance rapide qu'on a eue. Mon responsable logistique est un ancien chauffeur de chez nous qui est monté à logistique. Mon responsable d'exploit qui est avec moi depuis le début, on était tous les deux sur le tas avec les ferro-marteaux burins. Ce sont des gens qui ont pris de grosses responsabilités et ce n'est pas tout le monde qui a pu trouver sa place dans cet écosystème. C'est ça que je veux. Au-delà de ce qu'on apporte en termes de RSE, on a eu une croissance qui est rapide et avec beaucoup de structures, beaucoup de mises en place. L'entreprise a beaucoup évolué. Tu imagines, on passe de cette case de Fabry de Jardin à très rapidement l'entreprise où on vise le zéro papier sous quelques années, où on intègre le client sur des applications mobiles, où l'entreprise est 100% intégrée autour de l'ERP. C'est beaucoup de changements pour tous ces gens qui ont été artisans avec moi à un moment. Ok,
- Speaker #0
donc d'avoir réussi à faire... progresser les gens avec toi finalement parce que j'ai mis le bateau et que tu te progressais tout le temps et que vous progressiez tous ensemble et d'avoir un socle commun mais j'avoue que ça doit être on a eu beaucoup d'accompagnement on s'est beaucoup fait aider,
- Speaker #1
on a beaucoup pris d'accompagnement et que notamment Pierre-Jean Gallot qui m'a accompagné sur des sujets justement pour aider à structurer nos collaborateurs, pour les aider à suivre en fait et à suivre le mouvement, à suivre le mouvement MJ sans s'y perdre c'est quelque chose de De passer à la ponce, rester des gros artisans, ce n'est pas un souci, mais quand tu es un gros artisan et que tu passes à l'art industriel, il y a beaucoup de remises en question et les choses vont aller très vite chez nous. C'est vraiment ce qui leur ressort de l'extérieur quand je vois nos clients, nos partenaires, ils me disent, vous allez vite, vous allez vite, vous allez vite.
- Speaker #0
OK. Dernière question, qu'est-ce que tu conseillerais à tes pairs quand tu regardes justement tout ce que tu as fait ? Tu te dirais, tiens, ça, je te recommande de le faire aussi parce que c'est un des trucs qui m'a quand même bien aidé dans mon parcours
- Speaker #1
Alors, tu vois, ce que je disais tout à l'heure, c'est vraiment ce qui m'a marqué, c'est d'intégrer des réseaux locaux. Il y a des choses, des moments qui sont très très bien de s'entourer de dirigeants, parce que quand même, les dirigeants restent quand même bienveillants. Je trouve qu'il y a beaucoup de conseils, on m'a beaucoup aidé quand j'ai démarré. Je l'ai beaucoup rendu aux jeunes, beaucoup beaucoup beaucoup dans les réseaux. J'ai beaucoup fait en sorte d'essayer d'être à l'écoute, d'aider, de conseiller. C'est quelque chose que j'ai à cœur, ça. De se rapprocher aussi de son MEDEF local. Moi, je suis vice-président du MEDEF dans mon département. C'est quelque chose d'important, je trouve que le MEDEF, notamment dans l'appartement, est très à l'écoute. C'est bienveillant, ce n'est pas toujours ce qu'on pense, priorité à des grosses entreprises, pas du tout. On a beaucoup d'entreprises de petite taille, des TPE qui sont présentes, et c'est toujours très agréable d'échanger avec tout le monde. Et puis ensuite, je crois que c'est l'accompagnement, parce qu'on est des dirigeants, on a la tête dans le guidon souvent. Je prends toujours cet exemple, Ludovic, je dis toujours, si tu prends une grenouille et que tu la mets dans l'eau bouillante, elle saute de la casserole. C'est que tu la mets dans l'eau froide et tu la montes à ébullition, elle se laisse ébouillanter. Je crois qu'à un moment, on baigne trop dans le bain depuis trop longtemps et je crois que c'est important. On pense détenir une sorte de vérité parce que ça fonctionne, mais des fois ça pourrait fonctionner beaucoup mieux, beaucoup plus organisé et beaucoup mieux. Tu me disais ce que je suis fier aussi, c'est ce qui m'a rendu fier justement, ce parcours d'accompagnement, c'est d'arriver à cumuler avec une vie de famille sans souci, tu vois ce que je veux dire, à jongler avec tout ça parce que j'ai une mauvaise organisation, il y a des vrais process. Aujourd'hui l'entreprise fonctionne sans moi, je fais jamais le pompier, je gère jamais de l'urgent important, je gère de l'important pas urgent, donc j'ai jamais d'urgence qui me remonte, on a vraiment structuré ce modèle. Ce qui fait que j'ai vraiment accumulé ma vie, j'ai pas que ça, j'ai pas qu'entrepreneuriat, ça me prend pas tout mon temps, ça fonctionne et c'est structuré, ça c'est vraiment le parcours d'accompagnement de dirigeants qui m'a permis de le faire.
- Speaker #0
Ok, donc si je résume, tu dirais, sortez de chez vous, sortez et allez voir de vos pères entrepreneurs dans vos réseaux locaux, là où vous êtes. Faites-vous accompagner pour sortir la tête de guidon et avoir des retours assez objectifs, parce que forcément, ils n'ont pas la tête dedans. Je te fais accompagner. C'est que la compagnie... Et je voulais juste finir sur le fait, maintenant, ma telle entreprise qui tourne. T'as donné quand même, parce qu'il y a un moment où t'étais 24h sur 24 littéralement au travail, ils habitaient sur place, mais aujourd'hui maintenant, on a passé ce cap-là.
- Speaker #1
J'ai passé ma vie au travail avec eux. Aujourd'hui, tu vois, l'entreprise, c'est 4 millions d'euros d'investissement sur 2023. Là, on vient d'investir 4 millions d'euros et c'est le retour une fois de 4 millions d'euros sur 2027. L'entreprise aura investi 12 millions sur 3 ans. Il y a beaucoup de... Pardon, excuse-moi. Elle aura investi 12 millions d'euros sur 6 ans. Mais on a quand même une croissance très importante. Mais malgré tout, j'ai plus de temps qu'à l'époque où on faisait pas grand-chose. Tu vois ce que je veux dire ? Et c'est vraiment ce parcours qui m'a permis de régler tous ces problèmes de gouvernance, de structure et d'avoir vraiment une vision business et de structurer les choses.
- Speaker #0
Oui, là, tu es vraiment devenu un industriel avec une entreprise, des process, des mécaniques qui te permettent de gérer les urgences où à l'époque, tu devais être partout. Très clair.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Maintenant, j'aimerais qu'on fasse le focus sur une thématique en particulier et en plus qui revient un peu dans tout ton parcours, c'est la vente et le commerce dans ton secteur d'activité. J'aimerais que tu nous expliques un petit peu ton ressenti par rapport à ça, parce que là, tu as quand même une vingtaine d'années d'expérience au sein de ce secteur qui est la valorisation des déchets. J'aimerais que tu nous dises un petit peu, avec ton expérience, si tu as l'impression que les clients, ils ont évolué dans leur façon d'acheter. Par rapport à il y a 20 ans potentiellement, alors oui aujourd'hui tu ne vends plus la même chose si j'ai bien compris, mais quel est ton ressenti par rapport à ça ? Qu'est-ce qu'il y a des évolutions qui sont évidentes ?
- Speaker #1
Pour pouvoir parler du marché comme il est évalué, il faut qu'on parle de notre activité. Notre métier a profondément évolué au cours de ces cinq dernières années. D'ailleurs j'ai perdu 80% des concurrents au cours de ces cinq dernières années. De belles entreprises étaient respectables, des boîtes de trois générations, de belles entreprises qui ont... qui ont été rachetés par des plus grosses entreprises. Notre métier a profondément évolué. Ce que je ressens, c'est que dans mon métier, le prix, ce n'est plus l'argument du tout de notre activité. Les gens, ils veulent de la conformité. Ils veulent être sûrs qu'ils vont travailler avec une entreprise qui est certifiée. Le prix, bien sûr, entre en ligne de site de compte, mais ils cherchent aussi des partenaires stratégiques. Ce qui nous démarque, c'est d'être capable de gérer l'ensemble des déchets, c'est d'apporter un bureau de suite pour la conformité, c'est d'avoir un outil de traçabilité qui est à ma disposition Les chauffeurs font des tournées avec des tablettes numériques, donc ça permet aux clients de suivre tout à travers le déchet, de l'enlèvement jusqu'à l'élimination finale. Aujourd'hui, c'est ces paramètres qui rentrent en ligne de compte. Le métier, est-ce qu'il a changé ? Oui. Justement, avec Equenda, qui fait des enquêtes auprès de nos clients, nos fournisseurs, pour voir comment on est perçu, comment est perçu le métier, ce qu'ils attendent. Et on se rend compte que le prix est en quatrième position. Ça a vraiment changé. Le déchet est vraiment perçu autrement, comme autre chose. Et les gens ne veulent vraiment pas orienter leur déchet à un endroit qui ne pourrait pas être le bon endroit. Donc, c'est vraiment le fait d'avoir des certifications et des actions qu'ils mettent en place qui font que...
- Speaker #0
Ok. Et en termes de comportement client pur, parce que c'est au niveau du marché et de l'activité, effectivement, où finalement la valorisation de déchets a évolué. Mais est-ce que le client en tant que tel, tu te dis, il a changé par rapport à il y a 20 ans ? Il ne réagit pas de la même façon ? Il a des vrais comportements un peu déchirants ?
- Speaker #1
C'est ça. Il ne réagit pas de la même façon dans le sens... Il y a 7-8 ans, c'est combien vous me payez mes déchets ou combien ça me coûte ? Aujourd'hui, c'est où partent mes déchets ? Comment c'est structuré ? quel filial vous privilégiez ? Est-ce que vous faites une révalorisation des déchets ? C'est vraiment ça. Ce qui a changé, c'est qu'on ne nous parle plus de prix. On nous parle vraiment d'actions qui vont être menées à travers ça et de l'entreprise à qui ils confient leurs déchets que c'est une entreprise qui est vertueuse aujourd'hui.
- Speaker #0
C'est vraiment un secteur à part entière, parce que moi j'interview pas mal de monde ces derniers temps, et c'est plutôt la tendance, elle est plutôt à l'inverse quand j'arrive sur cette question, où les gens me disent, bon aujourd'hui on parle plus de prix qu'il y a un certain temps. Mais c'est vrai que là on est vraiment sur un secteur à part entière.
- Speaker #1
Ce que je te dis vraiment, quand on fait notre enquête chez Equenda, on se rend compte que ça arrive vraiment, il faut vraiment des certifications. Moi je vois, on est aussi coq vert, on a plusieurs certifications, on est ISO 14001, plein de choses qu'on a mis en place, toute cette traçabilité, toute cette donnée pour la data. Le fait d'avoir une flotte de poids grossiste, d'avoir une station d'épuration sur site pour maîtriser nos rejets, d'attendre tout suffisant, quand on arrive sur des grands groupes, ils nous disent qu'ils vont partir au déchet. C'est vraiment important pour eux parce qu'ils vont travailler eux-mêmes pour des grands groupes, ce qui va être un point d'honneur, ce qui va être fait. Tu sais, d'auvis que l'arrivée de l'RSE, ça arrivait très fort il y a 10 ans, personne ne l'avait arrivé non plus. Il y a même encore 5 ans, il était compréhensif. Aujourd'hui, c'est quelque chose d'hyper important. Bien sûr, mais le prix a son importance aussi. on est compétitif on reste compétitif sur les marchés mais c'est pas le sujet prioritaire Tu sais, aujourd'hui, sur un marché public, 10% qui sont réveillés à RSE. Et le prix, c'est 60%. Avant, sur un marché public, on n'avait pas ça.
- Speaker #0
Ok. Et donc, du coup, question suivière. Est-ce que tu penses que tu pourrais te lancer aujourd'hui comme tu t'es lancé il y a 20 ans ? Il y a 20 ans, c'était peut-être un peu plus freestyle, c'est-à-dire, allez, je me lance, je vais récupérer des déchets, on me demande moi ce qui lance bien, etc. Là, aujourd'hui, c'est vrai que tu te dis si tu te lances là-dedans pas évident quand même de se lancer de cette façon là
- Speaker #1
Clairement je pense que non. Je pense que non, je pense que je fais partie des années qui sont passées à travers les gouttes. Tu sais toutes ces contraintes, si je me positionne par rapport à mes concurrents, aux confrères, qui eux avaient l'argent depuis leur génération, ils ont eu ces contraintes, ils se sont dit merde, ils avaient l'argent. Moi j'avais pas l'argent, j'étais venu comme une aubaine. Et à ce soir il y avait très très fort, très très fort, très très fort. Et je vois tout ce qu'on nous demande aujourd'hui c'est vraiment... mais c'est trop ! Et au moins ça m'a servi, ça a été un levier, mais je trouve que c'est quand même beaucoup trop. Il y a beaucoup de paramètres qui sont en vente. Et je vois beaucoup de entreprises qui me disent, John, qu'ils sont un peu saturés. Parce qu'il y a beaucoup trop de choses à prendre en considération. On est beaucoup trop responsable de tout. Il y a beaucoup trop de choses sur lesquelles on est toujours responsable. On est toujours engagé. Chaque entreprise est toujours engagée. Et ce n'est pas toujours simple. Et clairement, je pense qu'aujourd'hui, on ne pourrait pas le faire bien. Je ne pourrais pas faire bien l'industrie comme j'étais avant en étant un gros artisan. Je ne pense pas. Pas sur mon activité. Je pense qu'il y a des choses à faire sur plein de domaines. Parce qu'il y a plein de choses qui émergent, plein de métiers émergents.
- Speaker #0
Mais sur celle-là, il y a eu pas mal de normes qui sont passées par là. Est-ce que tu peux aussi nous parler un petit peu, pour faire un focus sur cette partie vente et achat, ton organisation commerciale, comment tu l'achètes, t'évolues ? Juste avoir un petit peu un focus là-dessus, parce que c'est une ascension assez fulgurante, et le commerce au milieu de ça est juste hyper important. Donc comment t'as réussi à structurer tout ça dans le temps ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, on est en pleine redéfinition sur le pôle commercial. On a vraiment une partie qui va être sur la partie développement, sur la partie nouveaux prospects. On est vraiment en train de scinder ces deux activités. Et on aura aussi une autre activité qui va être le développement du portefeuille existant. Parce que c'est les mêmes métiers que d'aller récupérer de nouveaux marchés et de savoir soigner un client qu'on a actuellement et d'être capable peut-être de trouver des solutions, des choses dont il a besoin de lui apporter. Tout à l'heure on disait mon métier, je ne pense pas que c'est quelque chose sur lequel on pourrait partir, et non pas des métiers qui émergent. Il y a des métiers qui émergent comme Cylian et qui ont bossé sur la prospection digitale. Ce sont des gens avec qui on a bossé, qui nous ont ouvert de nouveaux marchés, et notamment sur la partie déchets dangereux. C'est grâce à eux qu'on a ouvert nos plus gros clients. C'était envoyer un teaser, un message énigmatique pour chuter l'intérêt du client et récupérer ses... Récupérer un marché, récupérer d'avoir des données, récupérer peut-être un contact, c'est des choses qu'au début, on y croyait sans y croire, mais c'est la partie de nouvelles techniques qui émergent et sur lesquelles il faut être à l'écoute. Et comme disait toi aujourd'hui, on a ramené nos plus gros marchés avec cette partie-là. Donc quand on parle des métiers émergents, ça c'est des métiers qui ont émergé et sur lesquels il y a des choses à faire. Comme quand je parlais de l'enquête de satisfaction avec Equendon qui fait l'enquête de satisfaction, c'est plus que ça, c'est très poussé, il va dans un niveau de détail Et quand ils reviennent, ils apportent vraiment de la data pour de l'amélioration, pour être plus pertinent chez nos clients, et surtout voir comment on est perçu, comment notre marché est perçu, comment les clients nous perçoivent et comment ils perçoivent le marché. Donc c'est une partie de ces nouvelles techniques sur lesquelles il faut être à l'écoute et suivre.
- Speaker #0
Donc si je résume, tu avais à l'époque finalement une circulation peut-être plus par marché, type gis de déchet. Là maintenant, avec le volume de clients, tu as plutôt une équipe qui va être là pour ouvrir des nouveaux comptes et une équipe qui va être là pour les accompagner, accompagner vos clients existants. avec une nuance peut-être PME-ETI versus grand groupe à chaque fois, parce que c'est vrai que ce ne sont pas les mêmes mécanismes.
- Speaker #1
Dans les deux pôles, il y aura une perdition PME versus ETI grand compte. On avait des experts pour un domaine. Comment était-ce à dire ? On avait trois BU, la BU fer et métaux. et l'ABU Bureau d'études avec des responsables de BU, des commerces par BU. On a toujours des spécialistes par activité, mais c'est un dé dans deux pôles qui vont être différents. Ok,
- Speaker #0
maintenant j'aimerais enchaîner sur un autre sujet, savoir ton avis un petit peu sur les grands enjeux du moment, les tendances du moment sur ton secteur d'activité. Un premier sujet dont on entend tous parler ces derniers temps, tu en as un petit peu parlé déjà, c'est l'utilisation de l'intelligence artificielle.
- Speaker #1
dans votre contexte est-ce que vous l'utilisez pas du tout est-ce que tu le vois arriver on la voit un petit peu ton avis concrètement là dessus et comment tu le constates de votre côté pour nous demain je pense que les enjeux sont les mêmes pour l'ensemble de l'industrie peu importe la typologie d'activité et je pense que l'IA c'est pas je pense c'est une certitude l'IA fait partie des grands enjeux de demain on peut pas passer outre nous on est en train de réfléchir à l'intégration comment on va l'importer chez nous réfléchir des solutions pour le Pour le transport, on est en plein dedans. On a déjà passé par la phase de démat, on a expliqué toutes les phases de transition numérique, de cyber, de toutes les choses qu'on a mis en place. Donc c'est des choses qui sont hyper importantes, mais elles doivent être prises en compte par l'ensemble des entreprises. Ça peut faire plein de choses magiques. Faudra de la data, fournir de la donnée, créer des applications mobiles pour fournir peut-être demain du bilan carbone par BN, par client, par typologie de déchets à nos clients, à nos partenaires. Donc je pense que ceux qui ne le feront pas, ils passeront quelque chose d'attitude.
- Speaker #0
Donc là convaincu de l'apport mais finalement ce que je comprends c'est que vous en termes de maturité vous êtes en phase de réflexion et d'analyse pour voir où l'intégrer au bon endroit que ce soit pas juste pour faire joli mais que ça ait un vrai impact de votre côté.
- Speaker #1
On a déjà certains services qui sont en train de l'intégrer, on est en train de voir sur quoi exactement on peut l'intégrer là. On a vraiment des gens internes qui bossent là dessus.
- Speaker #0
Ok l'autre grand enjeu finalement, en plus vous êtes directement impacté, c'est les enjeux environnementaux on voit quand même depuis cinq dix ans c'est quelque chose qui est très important et qui a un impact sur l'industrie particulièrement sur la valorisation des éjets est ce que tu vas comment analyse un petit peu l'évolution justement sur ces cinq dix ans dans tes pratiques ou même sur les demandes clients alors tu en as un petit peu parlé moi de ce que j'ai compris le secteur d'activité c'est vraiment normé c'est à dire avec une demande et une rigueur qui est devenu vraiment très élevés sur vous, les capacités à prouver, les capacités à être certifiés. C'est ça le gros impact que ça a sur votre secteur d'activité ?
- Speaker #1
Oui, on a aussi l'arrivée de trac déchet il y a quelques années. C'est un petit espion qui surveille un petit peu vraiment si les entreprises ont conformité, s'ils les orientent dans la bonne filière. Donc, nous, c'est un coup de pouce pour nous, parce qu'on était déjà prêts et qu'on veut déjà beaucoup de choses. Donc, oui, vraiment, les enjeux demain, c'est... C'est de fournir toujours plus de transparence dans ce qu'on fait et d'essayer de toujours faire de la valorisation matière. C'est pour ça qu'on s'appelle la vibration aujourd'hui. Et de limiter au maximum les pratiques qui ne sont pas vertueuses autour de ça. Il faut qu'on soit capable d'être le plus transparent possible pour fournir vraiment aux clients ce qu'on est, ce qu'on vraiment comme ça. Au final, leurs déchets, comment ils sont traités et transformés.
- Speaker #0
j'aimerais enfin qu'on termine sur des perspectives toujours pour mj valorisation comment tu vois un petit peu justement l'avenir c'est un comment ça me parlait là brièvement quand tu vois justement l'avenir du secteur est ce que tu penses qu'il y aura des innovations majeures comment tu te positionne un peu mj par rapport à tout ça voilà j'aimerais avoir un regard de devant ce que tu as prévu toi aujourd'hui
- Speaker #1
Notre mission est définie, qui est notre raison d'être. Et on a aussi une vision à 5 ans. Notre vision à 5 ans, c'est d'être leader régional dans la valorisation des déchets et acteur major du conseil environnement et sécurité. Donc c'est vraiment de développer des thématiques sur la partie traitement des déchets, sur la partie aussi bureau d'études, parce que le bureau d'études c'est une activité aussi qui est importante chez nous et qui représente aussi une part importante de l'activité et puis surtout qui nous permet de... de fidéliser nos partenaires parce que c'est vraiment une mise en sécurité. Donc aujourd'hui, avec des enjeux comme être leader régional, je suis très confiant et on projette nos chiffres 5 ans à l'avance et on est toujours un petit peu, on n'est pas toujours un petit peu, on est dans les projections qu'on s'était fixées. Donc on est plutôt ravi, on maintient toujours le cap de devenir acteur régional en relation de déchets 2030. C'est vraiment quelque chose qui nous porte.
- Speaker #0
En tout cas, on vous le souhaite. J'ai une autre petite question. Si on regarde du coup, maintenant plutôt derrière toi, est-ce que tu aurais un conseil à donner à des nouveaux entrepreneurs qui se lanceraient ?
- Speaker #1
dans ton milieu ou dans un autre d'ailleurs mais plutôt dans un milieu industriel est ce que qu'est ce que tu gardes avec un conseil alors aujourd'hui c'est ce qu'on parlait un petit peu l'isolement l'accompagnement sur quelle thématique tu es plus sud de toi c'est ça ouais ouais bah
- Speaker #0
sur non mais sur la tu louer le deux trucs que tu gardes rennes effectivement tu as raison déjà un petit peu parlé le truc que tu gardes ray le conseil que tu donnerais c'est faites-vous accompagner, si je reviens à ce qu'on disait tout à l'heure, faites-vous accompagner, sortez visiblement. Et puis surtout aussi,
- Speaker #1
vraiment investir ses équipes. Un dirigeant, il ne dirige pas seul, sinon ce n'est pas un dirigeant. Les décisions sont prises communément avec les membres de mon codire, et je ne fais pas, si je n'ai pas l'aval de mes équipes, c'est fini. Cette dimension patriarcale où on arrive avec des idées qu'on impose, c'est fini. Les gens aujourd'hui, ils n'ont pas envie de faire, si c'est quelque chose qui ne correspond pas à leur moral. Alors éthique, et d'ailleurs c'est plutôt quelque chose de bon, et puis surtout ils ne font pas si... Ils n'adhèrent pas au projet, au moins si on n'a pas leur approbation. Dire aux gens voilà ce qu'on va faire sans qu'on ait leur approbation, ça ne fonctionne plus. De penser qu'on peut diriger cette entreprise, c'est de la folie. Et je le vois beaucoup encore chez les dirigeants, ils en font un peu à leur tête sans écouter, et ça c'est très compliqué de faire un contre-courant de ces équipes. Et puis ça permet de fixer un cap. Moi, des fois, je rencontre des entreprises qui me disent qu'ils vont au gré des vents, des courants, au gré des marchés. Ils me disent, écoute, le marché arrive, on s'adapte. Pour moi, ce n'est pas naviguer, c'est dériver. Et je pense qu'un jour, on finit sur les rochers. Et il faut un cap clair. Et je pense que le cap, c'est quelque chose qu'on doit définir en communément avec l'équipe.
- Speaker #0
Tu te dis le management vertical où le dirigeant disait moi je pense comme ça et faites ce que je vous dis. C'est terminé. Super. Très clair. En tout cas, merci beaucoup Jonathan pour cet échange qui était très riche et assez inspirant parce que franchement c'est vrai que tu as un parcours qui est détonnant. J'espère que tu as passé un bon moment et je vous dis tous à très bientôt dans ce podcast des Dessous l'Industrie pour un prochain épisode. Musique