- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue dans les Dessous de l'Industrie. Alors aujourd'hui, je vous emmène dans un univers que nous connaissons tous, sans vraiment le connaître, le textile. Derrière chaque bonnet, chaque écharpe ou chaque paire de gants se cache un véritable savoir-faire industriel. Et pourtant, en France, ces entreprises sont devenues rares. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Chloé Bonnefoy, dirigeante de la Maison Bonnefoy, une entreprise familiale qui fabrique toujours ses produits, en Haute-Loire, depuis 1940. Alors Chloé... Avant de rentrer dans le vif du sujet, déjà, merci d'être présent pour faire ce podcast avec nous. Est-ce que tu peux peut-être te présenter ainsi que peut-être la Maison Bonnefoy en quelques mots ?
- Speaker #1
Alors bonjour, je m'appelle Chloé Bonnefoy et du coup, je suis la troisième génération de la famille Bonnefoy à reprendre l'aventure familiale. Et la Maison Bonnefoy, c'est une entreprise qui a été créée en 1940 par mon grand-père, Villette en Haute-Loire. Et on n'a pas déménagé, on est toujours dans les mêmes locaux. Mon papa a beaucoup développé l'entreprise. Et je l'ai reprise il y a quelques années.
- Speaker #0
Alors, pour commencer notre échange, j'aimerais qu'on entre un peu dans l'atelier de la Maison Bonnefoy. Et j'aimerais que tu nous expliques un petit peu, quand on achète un bonnet, une écharpe ou un plaid, on imagine rarement tout ce qu'il a fallu faire pour arriver à ce produit fini. Donc j'aimerais déjà, pour bien comprendre et que tout le monde comprenne, j'aimerais qu'on commence par rentrer dans cet atelier. Est-ce que tu pourrais me dire, moi, si je n'y connais absolument rien en textile, ce qui est le cas, comment tu peux nous expliquer le métier de la Maison Bonnefoy ? Vous êtes plutôt des créateurs, des fabricants, les deux ?
- Speaker #1
Donc en fait, on crée les produits et on fabrique tout dans notre atelier à partir du fil coloré. Donc on achète des fils en France ou en Italie et on tricote sur machine. C'est-à-dire qu'en gros, on fait des boucles dans des boucles dans des boucles. D'où le côté élastique de la maille. C'est le principe du tricotage. Et on va créer des bonnets, des gants, des écharpes, des plaides. Toutes les finitions après sont faites dans l'atelier aussi, que ce soit le lavage, le repassage. Il y a beaucoup de finitions à la main. Ce qu'il faut savoir, c'est que chaque produit passe dans les mains de plusieurs personnes. Et après, on va pouvoir proposer un produit fini à la vente.
- Speaker #0
Donc, il y a la phase tricotage et finition. C'est un peu deux phases différentes, c'est ça ? Les deux grandes étapes, si on devait avoir ces étapes de fabrication détaillées.
- Speaker #1
Si on regroupe toutes les étapes, on va dire qu'on commence par la création. Donc, il y a une création stylistique. Et il y a aussi une retranscription en points de maille. Parce que dans l'idée, on va créer un motif avec un fichier assez classique. Mais en gros, il faut le retranscrire avec des points de maille pour la machine. Et donc là, c'est les techniciens qui jouent leur savoir-faire. Et après, la machine va tricoter le produit. Et quand le produit est sorti, il y a des bouts à rentrer, des finitions à faire à la main. Ça peut être aussi du lavage, de la mise en forme. Parce qu'un bonnet, pour qu'il ait une belle forme, on va aussi lui donner une petite mise en forme.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et voilà, on va poser l'étiquette de composition, l'étiquette de marque pour avoir un produit fini, prêt à être vendu.
- Speaker #0
Ok, donc il y a encore des gestes qui sont des gestes humains, qui sont faits à la main dans le process de fabrication. Tout n'est pas réalisé en machine.
- Speaker #1
Ah mais clairement, on ne pourrait pas se passer de personne pour finir les produits. Certes, les machines sont de plus en plus perfectionnées. Et maintenant, on arrive à créer un produit quasiment entièrement sur machine. On fait des bonnets sans couture, des gants aussi. sont tricotés en forme. En fait, il n'y a pas de confection au niveau de la main, au niveau des doigts, du gant tricoté. Mais par contre, il y a beaucoup de finitions et beaucoup d'étapes qui sont faites par des personnes.
- Speaker #0
Ok. Est-ce que tu peux nous donner une idée juste de combien de temps il faut pour fabriquer un produit ? Par exemple, un bonnet dont tu parlais à l'instant, pour qu'on se rende compte ? Alors,
- Speaker #1
ça va dépendre du bonnet. Il y a plein de critères qui rentrent en compte. Si on fait un petit bonnet simple, un revers, qu'il soit haut sur la tête ou vraiment très moulant. Mais allez, si on va donner une moyenne, on va dire par exemple un bonnet sur une machine, selon la machine, ça peut être une vingtaine de minutes de tricotage.
- Speaker #0
Ok, très clair. Est-ce que tu arriverais à nous dire un petit peu ce qui différencie un produit de la Maison Bonnefoy d'un produit, on va dire, textile plus standard qu'on retrouve en chaîne de grands magasins ? Juste pour comprendre un petit peu les éléments de différenciation, la fabrication française, la qualité ou la capacité à personnaliser que vous avez, par exemple.
- Speaker #1
Globalement, on va dire, nous, sur le... Le produit français, il y a un côté qualitatif qui est vraiment très important pour nous. On n'est pas sur un produit qu'on va porter quelques fois et qui sera après bon à jeter à la poubelle. Vraiment, à l'inverse de la fast fashion, on a des matières qu'on utilise depuis longtemps, qu'on teste et qui vont durer dans le temps. Donc, les gens, quand ils viennent chez nous, ils savent que c'est des produits qu'ils vont pouvoir garder plusieurs années. Ils ne vont pas l'utiliser juste une saison. On sélectionne nos fils déjà le plus localement possible. Donc je disais en France parce qu'on a des filateurs français qui existent encore, mais les Italiens ont quand même un gros réseau d'entreprises textiles qu'ils ont gardé et on a beaucoup de choix en Italie, donc on travaille aussi avec des Italiens. Et du coup, on prend toujours des fils de qualité, majoritairement matière naturelle, parce que c'est ce qui tient chaud finalement. On propose des produits pour l'hiver et après, on peut avoir des fils recyclés, des fils bio. Et du coup, à partir du fil, on va tricoter le produit. Et après, il y aura un soin aussi qui est apporté sur le dimensionnement pour que le produit ne change pas de forme en cours d'étape, on va dire. Donc nous, on le lave déjà, comme ça, ça permet de fixer le produit. Et puis voilà, on teste aussi tous nos produits, ce qui permet d'être sûr qu'on propose des produits qualitatifs.
- Speaker #0
Ok. Alors petite question, est-ce qu'il y a un métier dans l'atelier que toi personnellement tu serais incapable de faire aussi bien que certains de tes collaborateurs ? Ou peut-être qu'il y a des gestes qui sont un peu plus difficiles à maîtriser ? Tu vois, pour vraiment entrer dans l'atelier, comment ça fonctionne ?
- Speaker #1
Alors oui, même si je suis passée à beaucoup d'étapes dans l'atelier, j'en connais pas mal, mais on a un savoir-faire rare, on a des métiers Rachel. Donc, c'est des métiers mécaniques motorisés de l'époque de mon grand-père. Et là, c'est vraiment mon papa qui a le plus gros savoir-faire. On essaie d'ailleurs actuellement de beaucoup capitaliser son savoir-faire. On fait des vidéos de lui, on essaie d'enregistrer tous les gestes, toutes les petites techniques, tout ce qu'il faut connaître. Et ça, c'est vraiment la partie effectivement que je maîtrise le moins. Je maîtrise beaucoup mieux les machines électroniques. Mais c'est quelque chose que j'essaie d'apprendre actuellement et sur lequel je veux me perfectionner.
- Speaker #0
Donc là, il y a un vrai savoir-faire qui n'est pas facile à transmettre, que vous essayez de documenter pour réussir à créer une sorte de passation, réussir à former quelqu'un. Toi, j'ai l'impression, évidemment, en tant que dirigeante, mais peut-être d'autres personnes. Est-ce que tu as une idée de combien de temps il faudrait pour former sur cette typologie de savoir-faire qui a l'air assez particulière ?
- Speaker #1
Alors oui, pour le coup, on forme des personnes. Moi, c'est un petit plus. J'aime bien connaître tous les postes de mon entreprise. Mais on est actuellement justement en train de former des personnes. C'est pour ça qu'on en profite pour essayer de capitaliser toutes ces informations. Clairement, il faut plusieurs années pour savoir, pour avoir tous les gestes, pour même avoir la maille qui sort, même si la maille sort du métier des fois, elle n'est pas au top. Donc, qu'est-ce qu'il faut modifier pour l'améliorer ? Comment ? Et c'est tous des petits gestes, des choses. Il faut des années pour être performant et encore savoir créer un modèle sur ces métiers-là. C'est un autre niveau. utiliser le métier et créer sur ce métier-là. Par contre, c'est grâce à ces métiers-là aussi qu'on a le label Entreprise du patrimoine vivant. On a un savoir-faire très rare qu'on conserve et qu'on veut transmettre.
- Speaker #0
Ce label-là, je l'avais en tête, on y reviendra parce que c'est assez intéressant, effectivement. Et si vous cherchez vraiment au-delà du label à garder cette compétence-là, c'est parce que vous voyez vraiment un intérêt au niveau du produit Chéni à utiliser finalement ce mode de fonctionnement-là. Parce que j'imagine qu'il en existe d'autres qui pourraient... peut-être plus simple à mettre en place ou plus simple à entretenir dans le temps, mais vous y voyez un intérêt qualitatif.
- Speaker #1
Ça nous apporte un type de produit qu'on ne pourrait pas fabriquer sur d'autres machines. Donc déjà, ça nous permet d'avoir une diversification dans notre collection. C'est complémentaire pour moi avec les métiers électroniques. On fait d'autres choses sur les métiers électroniques. Et surtout, ce qui est chouette, c'est qu'on arrive quand même à garder un savoir-faire qui n'existe quasiment plus. J'allais dire, je ne connais pas finalement un fabricant en France qui fasse encore des écharpes sur des vieux métiers Rachel mécanique. Donc, il y a aussi un peu l'envie de préserver ça aussi. Enfin, en France, on voit bien que textile disparaît, on perd beaucoup de savoir-faire. Ce serait dommage d'en perdre un de plus.
- Speaker #0
Oui, donc il y a vraiment ce côté patrimoine dont tu parlais. Ok. Alors maintenant, j'aimerais qu'on passe à un autre sujet, parce que la Maison Bonnefoy, ce n'est pas seulement une entreprise textile. Tu l'as bien dit, c'est une histoire familiale qui dure depuis un peu plus de 85 ans. Je reprends un petit peu ce que tu disais, ton grand-père l'a fondé, ton père l'a développé et aujourd'hui tu es la troisième génération. Reprendre une entreprise, vous savez ce que c'est, chez les Bonnefoy. Est-ce que tu pourrais nous dire si ça a toujours été une évidence pour toi ? Parce que même si tu es la troisième génération, est-ce qu'à ces jeunes tu t'imaginais déjà travailler ici ? Ou finalement ton parcours a fait que ça a été une opportunité ? Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu comment ça s'est fait ?
- Speaker #1
Depuis aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours voulu devenir styliste. Donc, bercée par l'univers créatif de l'atelier, j'ai toujours adoré créer mes modèles, faire des créations. Du coup, je suis partie en études de design de mode. Et c'est durant ces études-là que je me suis rendue compte que j'avais un vrai attrait pour la maille par rapport au tissage. Et je me suis dit, mais pourquoi partir dans d'autres entreprises alors qu'il y a un potentiel énorme de développement dans l'entreprise familiale ? Et c'est là que je me suis décidée pour reprendre l'entreprise. Et j'ai fait aussi des études pour... Je suis partie en école de management. Enfin voilà, j'ai fait des... J'ai fait ce qu'il fallait pour pouvoir être capable de reprendre la structure.
- Speaker #0
Oui, donc assez tôt, on va dire, tu t'es tout de suite mis dans cet univers. Tu n'es pas allé explorer forcément non plus des univers qui n'avaient strictement rien à voir. Et donc assez tôt, tu étais dans ce bain-là. Plutôt logique. Tu peux nous dire un petit peu comment s'est passée la transmission avec ton père ? Notamment sur un sujet qui n'est pas évident, mais peut-être lorsque vos visions de l'entreprise étaient différentes, parce que c'est deux générations différentes, vous avez sûrement eu des visions. Comment les responsabilités ont-elles progressivement évolué ?
- Speaker #1
Globalement, j'ai de la chance. Mon papa m'a toujours laissé mettre en place ce que je souhaitais. Il n'a jamais été bloquant et il m'a vraiment accompagné dans cette transmission et j'ai trouvé ça très facile finalement. On avait des compétences tous les deux assez différentes. Ce qui était super complémentaire, ce qui m'a permis aussi de reprendre un peu au fur et à mesure, on va dire, toutes les choses que lui gérait. J'ai pu aussi rajouter d'autres compétences qu'il n'avait pas, entre autres toute la partie un peu digitale, marketing. Voilà, c'était une partie un peu qu'il connaissait moins et ma jeunesse aussi par rapport à lui a permis un peu d'aller de ce côté-là. Mais ça s'est toujours très bien passé. Lui travaillait vraiment différemment. De son époque à lui, il travaillait exclusivement avec des professionnels. Donc, il travaillait avec des grands magasins, des marques, des boutiques. Et j'ai vraiment gardé ce schéma de fonctionnement au départ, en allant chercher quand même des nouveaux clients, des clients aussi un peu plus qualitatifs. On allait travailler avec le luxe. Vraiment, les marques qui mettaient beaucoup en avant le made in France, parce que j'ai toujours été très convaincue de mettre en avant ça. La fabrication française, pour moi, c'était vraiment quelque chose d'important. Et au départ, j'ai continué de fonctionner comme lui le faisait, en apportant de nouvelles choses. Et progressivement, on a un peu modifié le fonctionnement en créant notre propre marque Maison Bonnefoy, parce qu'au départ, on était quand même inconnu du grand public. Et ça nous a permis justement de nous faire connaître et après d'évoluer pour arriver là où on en est aujourd'hui.
- Speaker #0
Ok. Donc tu ne t'as pas en tête un sujet où là vous aviez vraiment une vision différente, peut-être une opposition de génération, où tu te dis tiens, effectivement là il y a un... Un combat que j'ai mené.
- Speaker #1
Je n'ai pas une opposition en tête, mais plus une façon différente de vivre les choses. Mon papa était plutôt pessimiste et moi, je suis plutôt optimiste. Et du coup, quand mon père, des fois, était très pessimiste, je lui disais, mais en fait, papa, si c'est pour me pourrir le moral, rentre chez toi, il n'y a pas de souci. Moi, je gère. Ça ne sert à rien, en gros, d'être dans le côté négatif. Autant apporter des solutions, essayer d'apporter des idées. Et du coup, le fait de le ramener comme ça, généralement, ça lui permettait de redescendre et de se dire, oui. T'as raison. Voilà, il se rendait compte que lui-même était super négatif et que ça ne faisait pas avancer les choses. Et voilà, ça, ça a été, on va dire, un des points principaux qui est souvent revenu entre nous deux dans notre relation.
- Speaker #0
OK, c'est pas tant un sujet de vision, c'est peut-être plutôt une philosophie de fonctionnement qui était un peu différente de temps en temps. OK, très intéressant. Et alors, dans le processus de reprise, il y a un moment précis où tu t'es dit, tiens, ça y est, cette fois, là, c'est vraiment mon entreprise. Enfin, non pas que tu cherches forcément à exclure ton père, mais où tu te dis, ça y est, là, maintenant, dans ce process, c'est moi qui tiens les rênes.
- Speaker #1
Oui, je pense pendant le Covid, mon papa ne venait plus à l'entreprise. On préférait quand même qu'il ne prenne pas de risques. Et là, c'était une période un peu floue pour toutes les entreprises. Ça a été compliqué au tout départ. Quand on a eu le discours du président, on était tous un peu perdus. Et on a été très réactifs. On nous a demandé de fabriquer des masques, un peu pour protéger les entreprises aux alentours. Au départ, je ne voyais pas trop comment on allait faire. Ce n'était pas notre domaine. Les masques, pour moi, c'était plus du tissu, de l'assemblage, de la confection. Et on est arrivé à créer un masque en trois dimensions sur nos machines à tricoter, qu'on a envoyé du coup, c'était le gouvernement qui validait la validation de ces produits. Et en trois jours, on a eu la réponse comme quoi notre masque était catégorie 1, il filtrait 99% des particules. Et on a pu commencer à le proposer à toutes les entreprises autour de nous. Et là, ça a été vraiment, ça a été très rapide. C'est la première fois, enfin moi, dans mon expérience à moi, on avait plus de demandes que ce qu'on pouvait produire. Ça veut dire qu'on était sollicité par des métropoles, par des grandes surfaces énormes où ils nous demandaient des millions, des centaines de milliers ou des millions de masques. Nous, on n'avait pas la capacité, on était beaucoup trop petits pour répondre à des marchés comme ça. On voulait simplement, à la base, répondre aux demandes des entreprises alentours. Mais là, il y a eu une mise en place. Notre manière de fonctionner dans l'entreprise a été totalement différente. Il a fallu s'adapter. C'était, malgré la situation, une bonne expérience pour nous parce qu'on s'est rendu compte qu'on était capable de réagir, on était capable de s'adapter. Là, on va dire toutes les décisions. Mon papa n'était pas là et j'ai pu faire face à ça. Donc, en quelque sorte, ça a été un peu ma première expérience en solo pour comment réagir en tant que dirigeante.
- Speaker #0
Ça a été même physique dans le sens où il est vu qu'il n'était pas là sur le terrain. De fait, c'est ce moment-là que tu l'as senti. En plus, il y avait des besoins qui étaient différents de l'habitude. Donc, tu as dû finalement mettre ta patte dans le fonctionnement. OK, très clair. Ce qui est aussi intéressant dans ton parcours, Tu t'en as parlé un petit peu tout à l'heure, c'est que tu n'as pas simplement repris l'entreprise, et j'aimerais qu'on s'attarde un peu là-dessus, mais tu as également remis en question un peu le modèle qui fonctionnait depuis plusieurs décennies. Alors quand je dis le modèle... C'est un peu le modèle économique, c'est-à-dire que là où avant vous étiez en B2B, ce que tu disais tout à l'heure, là toi t'es arrivé en disant moi maintenant on va aussi devenir une marque et on va commencer à vendre au B2C, ce qui change quand même complètement la façon de faire. Et j'aimerais que tu nous expliques un peu qu'est-ce qui a fait que tu as décidé de développer cette propre marque, pourquoi t'es arrivé à ce constat qu'il fallait aller vers ça. Peut-être qu'il y a des choses qui ne fonctionnaient plus ou alors c'était vraiment parce que t'avais envie de tenter autre chose.
- Speaker #1
Ça a été très progressif au final, mais quand je suis arrivée dans la structure, on avait encore les effets de la crise de 2009, où on a vu des grands magasins qui partaient en Chine pour aller chercher plus de marge. Et j'ai des clients de mon papa qui, quand même, faisaient des gros volumes de chiffre d'affaires qui sont partis d'un jour à l'autre en nous abandonnant comme des vieilles chaussettes. Donc, quand on voit ça, on se rend bien compte qu'on ne peut pas continuer de fonctionner de la même façon, qu'il faut réagir. Et du coup, à la base, l'idée de lancer notre propre marque Maison Bonnefoy, c'était aussi de se faire connaître. Parce que dans le milieu professionnel du tricotage, certes, on était connu, mais on n'était pas connu du grand public. Et dans les boutiques, les gens qui achetaient des produits de notre collection, ils reprochaient un peu ça. Ils disaient « Ah, ces produits sont super, on adore. » Mais c'est dommage, il n'y a pas de marque. Il n'y avait pas d'information, pas de storytelling, comme on dit. On ne racontait pas notre histoire. Il y avait quand même un manque là-dessus. Donc, en écoutant nos clients, on a commencé par la marque. On a lancé Maison Bonnefoy en 2015 et c'est qu'en 2020 qu'on a lancé notre site internet de vente en ligne aux particuliers parce que la conjoncture, encore une fois, nos clients étaient fermés à cause du Covid. On s'est dit, on va lancer finalement les produits, que les gens puissent aussi acheter des produits directement sur notre site internet. Donc ça a été des étapes, ça a été progressif et c'est la conjoncture, la société aussi qui a influé sur notre manière de nous développer.
- Speaker #0
Ok, donc ça s'est fait assez progressivement. Sachant que c'est quand même un changement structurel pour une entreprise de s'adresser à un nouveau marché, ce qui n'est pas du tout dans le même mode de distribution notamment, qu'est-ce que vous avez dû apprendre pour devenir une marque et vendre directement aux particuliers ? Est-ce qu'il y a eu des nouveaux métiers que vous avez dû apprendre ? Il y a des éléments que tu connaissais peut-être, mais au niveau de l'entreprise, dans votre fonctionnement ?
- Speaker #1
Effectivement, c'est un autre monde. Nous, on savait créer des produits, les fabriquer, mais pas forcément communiquer. Et la communication, c'est un point super important. On en apprend encore tous les jours, on essaie de s'améliorer au fil du temps. Globalement, il a fallu mettre en place des réseaux sociaux. Ce n'est pas forcément là où encore on est le plus fort, mais on a développé une communauté qui nous suit, qui apprécie nos produits. Le site internet aussi, toute la partie digitale, vente en ligne, on ne peut pas tout savoir en arrivant. Donc, c'est des choses qu'on découvre un peu au fur et à mesure. Et d'année en année, on s'améliore, on teste des nouvelles choses. Et finalement, c'est aussi une partie qui devient de plus en plus importante chez nous.
- Speaker #0
Là, en prenant un peu de recul, sachant que ça fait quand même plus de dix ans que vous êtes lancé dans cette aventure, est-ce que tu arriverais à dire, tiens, à toi d'il y a dix ans, fais bien attention à ça, sur ce sujet-là, mets-toi bien dessus, apprends, enfin, tu vois, est-ce qu'il y a un sujet en particulier où tu te dis, tiens, celui-là, je ne me rendais pas compte de son importance, quand on se lance justement dans ce processus de créer une marque et de distribution en particulier ?
- Speaker #1
Non, pas forcément. Après, je me rends compte qu'il faut du temps. En fait, pour que les choses se développent, se mettent en place, il faut du temps. Et ça, malheureusement, il faut être patient. On sait qu'il y a des choses, on a toujours plein de projets, on a toujours envie de mettre en place plein de choses. Mais finalement, notre saison, on l'a fait, enfin, notre année, on l'a fait sur une saison d'hiver. Donc, toute l'année, on prépare notre saison d'hiver, on améliore, on met des choses en place. Et une fois que la saison est passée, on attend la prochaine saison, en gros, pour tester des nouvelles choses. Voilà, donc il y a un côté, il y a la patience, mais finalement, on a l'impression que... Tout passe très vite et que l'hiver revient toujours très rapidement, mais il y a une adaptation et en tout cas, il vaut mieux mettre en place les choses le plus tôt possible parce qu'il faut du temps pour que ça se développe.
- Speaker #0
Aujourd'hui, tu dirais que tu diriges principalement une usine, une marque ou même un... Peut-être pas un média, mais c'est pour se rendre compte de la place de la communication au sens très large du terme.
- Speaker #1
La communication et la digitalisation de notre structure prend une place de plus en plus importante et c'est vraiment ma stratégie de développement. Après... Quand on est une entreprise de fabrication, on ne peut pas délaisser la fabrication non plus. Donc clairement, je vais plusieurs fois dans la journée, dans l'atelier, je valide encore des produits. J'essaie tous les bonnets. On crée un bonnet, clairement, je l'essaie pour savoir s'il est bien, si la forme rend bien. On ne peut pas déconnecter les deux. Et autant il y a des marques, c'est des marques, elles achètent des produits, elles ne font que de la com, la vente. Nous, on ne pourra jamais oublier la partie production, fabrication et création. Ça prend une part énorme chez nous. Donc c'est complémentaire. On va dire que les deux sont intéressants et c'est intéressant aussi de participer à tout.
- Speaker #0
Ok, juste pour finir sur cette partie un petit peu transformation de modèle, est-ce que tu avais à nous dire quel a été le plus gros défi peut-être que vous avez vécu ? Est-ce que c'est financier, humain, commercial ? Est-ce qu'il y a un moment où peut-être tu as douté de cette stratégie, de ce nouveau modèle depuis dix ans maintenant ?
- Speaker #1
Globalement, dans les entreprises, le changement, ça peut toujours être compliqué. Puis que je suis arrivée dans la structure, j'ai toujours fait évoluer, on va dire, certaines choses. Donc, les salariés avaient déjà l'habitude du changement. Donc, la plus grosse différence chez nous, forcément, ça a été la mise en place de notre site de vente en ligne. Mais en même temps, l'idée, c'était vraiment de se faire connaître, de communiquer aussi sur la fabrication, parce que derrière, on essaie de donner le plus d'informations aux clients. Derrière les produits, on essaie de raconter toutes les informations, de raconter aussi l'histoire de la fabrication. Et il y a une transparence qui est super importante pour nous et qu'on essaie de mettre en avant dans toute notre communication.
- Speaker #0
J'aimerais qu'on fasse un petit focus sur le made in France, qui est un sujet dont tu as évoqué tout à l'heure, qui te tient à cœur. Tout le monde aujourd'hui, en tant que Français du moins, on affirme tous aimer le made in France, moi le premier. Mais au moment de l'achat, quand même, on le sent ces derniers temps, le prix reste souvent assez déterminant. Ma question, elle est assez simple. Est-ce que le made in France suffit aujourd'hui à vendre un produit ? C'est-à-dire, est-ce que si on met bien en avant le fait que c'est made in France, tu te dis, tiens, il y a eu une telle sensibilisation que vraiment, il y a un effet assez direct et corrélé sur la vente du produit ? Ou alors, il y a besoin encore de beaucoup d'autres choses ?
- Speaker #1
Je pense qu'il y a des gens qui sont convaincus de l'intérêt d'acheter français. Et eux, seront très sensibles. Moi, la première dans ma consommation de tous les jours, que ce soit une brosse pour les cheveux ou n'importe quoi, je vais regarder ce qui existe en produits français. On ne peut pas acheter tout français. Clairement, il y a des produits, je ne sais pas forcément si ça existe, mais en tout cas, je vais faire la recherche pour. Et en tout cas, actuellement, on a quand même les moyens. Il y a des sites internet qui regroupent des produits français. Enfin, il y a pas mal de choses. Le prix, certes, est toujours un point hyper important pour les gens, mais on peut aussi avoir des produits français. Avec des prix corrects. Nous-mêmes, sur notre site internet, on a un onglet prix doux où justement, on va en profiter pour mettre des petits prix sur des fins de série, des choses. Il y a des choses qui sont accessibles quand même en fabrication française. Il faut juste, il faut peut-être chercher un peu plus, forcément. Il y a une masse de produits qui viennent de Chine ou des pays étrangers, mais on peut trouver quand même, il y a beaucoup de choses en France qui, heureusement, se font encore.
- Speaker #0
Ok. Et alors ? Dans cette même veine, tu parlais tout à l'heure du label Entreprise du patrimoine vivant. Ce label-là, est-ce qu'il vous aide à légitimer un peu cette démarche, donc au côté Made in France ? Est-ce que tu peux nous parler un petit peu plus de ce label ?
- Speaker #1
Le label, en fait, Entreprise du patrimoine vivant, il regroupe des savoir-faire rares et sur des domaines très différents. Ça peut être la miroiterie, ça peut être l'embaussage, ça peut être des techniques très différentes. Et c'est super intéressant, ça permet de mettre en avant des savoir-faire qui existent encore. Si on cherche vraiment, pour la rénovation de bâtiments, des artisans avec des savoir-faire très spécifiques, ça permet aussi de les mettre en évidence. On a quand même plusieurs entreprises en Haute-Loire et on s'entraide entre nous. Il y a un côté bienveillant de toutes les entreprises et on se donne des conseils aussi pour préserver ça, à quelle manière chaque entreprise met en avant ses savoir-faire. Et en tout cas, c'est un... très beau label. Moi, je l'avais demandé à la base pour mes clients japonais parce qu'ils étaient super sensibles et ça me permettait d'avoir un atout pour vendre au Japon, que c'est un bon pays pour nous, le Japon. Ils sont sensibles au Made in France. Et au final, maintenant, je trouve que le label est de plus en plus connu en France et ça fait plaisir parce qu'on voit que les gens, maintenant, commencent à le connaître. En tout cas, ils font attention et ils savent que c'est un gage de qualité, en tout cas, d'une fabrication française.
- Speaker #0
Que intéressant, tu l'as mis en place à la base pour l'export plus que pour le Made in France. Ok, j'aurais pas du tout pensé ça. Mais dans la même veine, c'est une autre question pour vous faire connaître et faire connaître votre savoir-faire, je crois que vous ouvrez désormais votre atelier au public. C'est là où j'ai découvert ce qu'on appelle le tourisme de savoir-faire, que je ne connaissais pas non plus. Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu pourquoi vous avez fait ce choix ? Est-ce que ça vous apporte ? Aussi peut-être que ça a eu comme impact dans votre mode de fonctionnement ?
- Speaker #1
On ouvrait déjà un peu nos portes dans l'entreprise sur demande de la part d'office de tourisme ou d'école et généralement les gens qui rentrent étaient toujours très contents. Il ne s'imaginait pas, vu d'extérieur, la taille de la structure à l'intérieur, les gros métiers qu'on pouvait avoir. Les retours sont toujours très bons. Et c'est mes confrères des EPV du département qui m'ont donné envie de nous inscrire dans cette démarche. On va ouvrir nos portes une fois par semaine pour faire des visites d'entreprise, pour faire justement découvrir notre savoir-faire, notre métier, montrer qu'on peut encore fabriquer en France des produits de A à Z. Et c'est hyper intéressant à tous les niveaux. Ça nous permet aussi de continuer à développer notre notoriété. C'est peut-être aussi dans les visiteurs des futurs salariés qu'on va trouver. Il y a vraiment plein d'intérêts à plein de niveaux. Et on est persuadé que ça va apporter beaucoup de choses à notre structure. Et on veut créer un petit musée. On est en train de regarder vraiment pour aménager ça de façon intéressante, créer des parcours sensoriels pour leur faire découvrir les matières, le toucher, les odeurs. On travaille là-dessus actuellement pour améliorer justement le parcours.
- Speaker #0
Ok, très belle initiative. Écoute, je suis dans le coin en août. Si jamais vous êtes ouvert, peut-être que ce sera une de mes activités. Après, peut-être que vous fermez l'atelier.
- Speaker #1
On ferme un petit peu en août.
- Speaker #0
Je me suis fait bien, il faut prendre des vacances. J'aimerais avoir ton regard un petit peu sur la filière textile dans son ensemble, notamment face à l'avenir. Je disais que tu étais plutôt optimiste. Parce que derrière l'histoire de la Maison Bonnefoy, il y a aussi celle d'une filière textile française. qui a perdu beaucoup d'entreprises et de compétences quand même sur quelques années et qui aujourd'hui essaie de se réinventer. Ça se voit un petit peu dans ton discours et dans ce que vous faites.
- Speaker #1
Oui, le changement est très important. Il ne faut pas rester comme l'entreprise a toujours fonctionné. On est obligé d'évoluer en fonction des périodes. Voilà, il faut s'adapter, il faut aller de l'avant. Et sur le textile global, ça me fait toujours de la peine quand j'ai des confrères qui ferment. Je me dis qu'il y a des savoir-faire qui se perdent. Voilà, c'est toujours malheureux. Mais malgré tout, je reste optimiste parce que je vois, j'ai d'autres comprenants en textile qui, comme moi, se renouvellent, fonctionnent très bien, font plein de choses. Et je me dis, il y a encore des choses à faire dans le textile et on va arriver à conserver, heureusement, des savoir-faire en France, continuer de fabriquer en France pour pouvoir proposer des produits aux Français.
- Speaker #0
Mais ça nécessite plus de communication, plus d'ouverture, plus de mise en valeur. Vous essayez de mettre en valeur différemment. les acteurs du textile français. C'est ça que vous essayez de faire en ce moment.
- Speaker #1
L'entreprise se transforme et effectivement, on va fonctionner différemment. Peut-être que dans les années à venir, on travaillera moins avec des marques et plus avec notre propre marque. Mais on adore aussi quand même travailler avec des marques parce qu'on va avoir des fois des recherches créatives plus poussées. Peut-être là où on ne serait pas allé. En fait, tout est intéressant. On s'adaptera. On s'adaptera au fonctionnement et voilà, l'adaptation, c'est un point hyper important pour passer les années, je pense.
- Speaker #0
Si on regarde un petit peu demain, on sent que tu as encore beaucoup de projets, on sent que tu as plein d'idées. Plutôt ton côté optimiste, une véritable confiance un peu dans l'avenir de la Maison Bonnefoy. Et c'est normal étant donné tout ce que vous faites. Si je te demande comment tu imagines la Maison Bonnefoy dans dix ans ? C'est vrai que le textile change vite. Est-ce que tu arriverais à nous dire, tiens, je pense qu'on sera là ou du moins j'aimerais être là, voir développer certaines choses ? Ou au contraire, ce que tu voudrais surtout pas changer, peut-être ?
- Speaker #1
J'espère justement qu'on aura réussi à capitaliser de plus en plus nos savoir-faire pour assurer en gros la transmission dans le temps. L'idée, effectivement, c'est que j'aime pouvoir garder mes collaborateurs avec moi le plus longtemps possible. Donc j'espère aussi que j'arriverai encore à garder dans le temps toutes les personnes qui travaillent avec moi. On a des savoir-faire tellement spécifiques qu'on ne peut pas changer en gros de collaborateurs tous les ans. On apprend des choses qui mettent des années des fois à être maîtrisées. Donc j'espère que dans quelques années, même si on s'est ouvert d'une façon différente au public, peut-être qu'on accueillera beaucoup plus de monde, on fera encore plus de visites d'entreprise, pas seulement une fois par semaine, mais qu'on continuera à créer des produits et à les vendre à des personnes, à des particuliers, soit à des marques. qu'on aura pérennisé notre entreprise textile face aux défis du textile en France. Ce côté, être rassuré pour l'avenir.
- Speaker #0
Ok, d'avoir stabilisé quelque chose avec justement ce nouveau modèle qui permette de soutenir la croissance et la stabilisation de l'entreprise. Ok, est-ce que tu pourrais donner un conseil à quelqu'un qui souhaite reprendre une entreprise familiale aujourd'hui ? Toi qui as tant d'expérience et même dans la famille, vous aviez de l'expérience.
- Speaker #1
Je pourrais en donner plein. dit. Le point principal, je pense, c'est d'être passionné par ce qu'on fait. Parce que déjà, j'ai envie de dire, des fois, il y a des années qui sont moins bien que d'autres. Mais quand on est passionné, on ne lâche jamais rien. Si on aime ce qu'on fait, on va de l'avant. Moi, je vois, j'ai toujours plein de projets et je peux les mettre en place que les uns après les autres. Donc, on fait avec, on attend. Mais quand on est passionné, on est plus impliqué, on va dire, dans le sujet. Et après, il ne faut pas hésiter à apporter sa touche parce qu'une entreprise ne peut pas fonctionner de façon linéaire. comme elle a été avec toutes les générations. En gros, chaque génération va apporter son évolution. Donc, il ne faut pas hésiter aussi à apporter ses idées petit à petit pour faire évoluer la structure.
- Speaker #0
J'ai une dernière petite question un peu bonus dans la continuité de ce que tu viens de dire. Si ton grand-père entrait aujourd'hui dans l'atelier, qu'est-ce qui le surprendrait le plus ? Ou alors peut-être qu'est-ce qu'il reconnaîtrait immédiatement ?
- Speaker #1
Je pense qu'il serait content de voir qu'on a gardé ses vieux métiers mécaniques. Après, au niveau de la structure elle-même, Il a vu les agrandissements que mon papa a fait, donc en termes de taille de structure, je pense qu'il n'y a pas un gros changement.
- Speaker #0
Par contre, effectivement, je pense qu'il serait impressionné par la dimension digitale. Là où mon papa, déjà, ça le dépasse un petit peu, finalement. Ce n'est pas un monde qu'il connaît. Oui, je pense que mon grand-père serait impressionné de l'évolution et de l'idée du changement, avec justement l'ouverture, le fait que notre fabrication puisse aussi intéresser les gens et qu'on envisage justement de faire des visites toutes les semaines. Oui, je pense que c'est quelque chose qui pourrait le toucher, en tout cas.
- Speaker #1
Ok. Et alors, si nos auditeurs devaient retenir ? une seule chose de cet échange, qu'est-ce que t'aimerais leur transmettre ?
- Speaker #0
J'aimerais beaucoup leur dire de regarder un tout petit peu plus leurs achats parce que si chaque personne achète au moins un produit français de temps en temps, ça fait une grosse différence à l'échelle nationale pour toutes les entreprises qui fabriquent en France. Ce qu'il faut se dire, c'est qu'on achète nos emplois, on achète pour notre nation et ça fait une différence à l'échelle de notre pays.
- Speaker #1
Écoute Chloé, un grand merci pour cet échange.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Pour aller dans la continuité de ce que tu viens de dire derrière chaque produit, il y a souvent une histoire que l'on ne voit pas forcément. Il y a une histoire française potentiellement. Aujourd'hui, tu nous as ouvert les portes de votre atelier, mais aussi de votre aventure familiale. Je te remercie beaucoup pour ce partage. J'aimerais lui dire merci aussi à vous, tous ceux qui nous avez écoutés. Si vous aimez découvrir les coulisses des entreprises industrielles, pensez à vous abonner au-dessous de l'industrie. On se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode. D'ici là, comme le disait Chloé, je vous invite à regarder les objets qui vous entourent avec un oeil peut-être un peu différent. Parce que derrière chacun d'eux, il y a une industrie, un savoir-faire, des femmes et des hommes, français potentiellement, qui les font vivre. Et je vous dis tous à bientôt dans les Dessous de l'Industrie.