Speaker #0Je m'appelle Sébastien Savin, j'ai 42 ans, je suis parisien, célibataire et comédien. Et nous sommes en 2020. Une précision loin d'être anodine et qui rend la description précédente lourde de sens. Mais en vrai ça va, ça va. Car pour la première fois de cette année, toutes de travers, un horizon plaisant s'ouvre à nous. Dans quelques jours, c'est Noël. Dimanche 6 décembre. Après plusieurs semaines sans coiffeur, j'ai la tronche Biggy Pop en pourri. Je vais donc chez Ricardo, mon coiffeur. Il me remonte le moral. Notamment car il me coupe les cheveux avec des ciseaux. Ça prend plus de temps, mais c'est important pour ma santé psychique de ne pas me faire tondre comme un calige. Ah nous Sébastien ? Oui. Alors on enfile ça ? D'accord. Non, ça s'enfile par l'arrière. Je parle de ça. Vous avez une très belle lugeur maintenant, c'est très impressionnant ce que vous poussez Sébastien. Non. Quel est votre secret ? Mon secret ? Le confinement. Je ne suis pas venu depuis 6 mois, je repoussais, je repoussais. Et ça, même ça. Stéphane, elle est bien rincée ma fille ? Complètement rincée. Complètement rincée. C'est mon mari. Ah, bonjour monsieur. Je l'appelle la patronne. Si on peut s'autoriser un peu d'espièglerie en ce moment, eh oh. Alors on coupe ? Qu'est-ce que vous feriez, vous ? Moi, je ne toucherais à rien, sauf à la couleur. À la couleur ? Un bel acajou. C'est quoi, acajou ? C'est comme mes boules. Quoi ? Là. Ah, de Noël ? Et un auberne à reflet rouge. Oui. On va juste couper six mois de cheveux, puis ça ira. Non, mais quelle histoire, ces boules. Pendant le confinement, on a mis nos boules à la poubelle. Oui, j'avais besoin de changement, j'avais besoin de changer mes boules. Il y a encore une semaine, Meuve-Lapartie cherchait des boules. Il faut croire que dans ce pays, c'est pas essentiel. On peut acheter des sapins, mais pas les boules. On était comme deux rondes, plan sans boule, penauds tous les deux, sans nos boules. Eh ben, alors on est bien allé sur des sites de boules. Mais c'est pas pareil, on peut pas les examiner, ces boules. Non. Le voisin, lui, il a de très belles boules. Alors je regardais par la fenêtre. Voilà à quoi on en est rendu. Contempler les boules des autres, baver d'envie sur les boules qui ne nous appartiennent pas. Voilà. Et puis du jour au lendemain, les boules sont finalement redevenues essentielles. On s'est rendu chez Casa dès l'ouverture. Sébastien, une queue devant les boules. Et puis alors là, les gens te touchent les boules, ça te mélange les boules, ça ne remet pas les boules à leur place. Les grosses boules avec les petites boules, une couille sur les boules. Des boules partout. Et plein de boules broyées. J'en ai même pris un Sébastien, la main dans le sac en train de me voler mes boules. Je lui ai dit tout de suite, mais calmement, moi je suis très calme. Lâchez mes boules. Moi je suis quelqu'un de gentil, d'intègre et d'honnête Sébastien. Mais si vous touchez mes boules, je peux facilement me mettre en boule. Là le type Sébastien, alors même qu'il avait mes boules dans sa main, et je le sais bien que c'est mes boules. Et là, il commence à partir dans une diatribe. Mais mes boules, mais mes boules, mes boules, mes boules. Mais je lui dis, mais monsieur, vous n'avez que mes boules à la bouche ou quoi ? Alors maintenant, monsieur, remettez-moi les boules là où vous les avez trouvées. Là, Sébastien, il ôte son masque et il lèche mes boules. Il lèche mes boules. Et puis il les jette par terre et il m'écrase les boules. Il m'écrase les boules. Oui, oui. Voilà Sébastien, c'est bon, vous allez pouvoir passer au bac. La patronne va s'occuper de vous. C'est fun for a rainy day. Rendez-vous demain matin dès 7h pour ouvrir ensemble une nouvelle fenêtre du calendrier de la loi. En attendant, retrouvez-nous sur Instagram ou Facebook, arrobase Sébastien Salandre. Bonne journée.