- Speaker #0
Sur le moment, y'a rien d'extraordinaire. Ça arrive comme ça, sans musique héroïque, sans ciel qui s'ouvre. Et pourtant, avec le recul, on réalise que c'était là que tout commençait. Il y a eu une première enquête, une vraie. Pas une discussion entre frères, pas une théorie lue dans un livre. Une enquête menée pour le compte du Gépin. Il y a eu un premier épisode. Celui où pour la première fois nous avons mis nos deux regards face à face, racontés et vérifiés. Et puis un jour un mail, un simple mail et une autre aventure qui s'ouvre sans qu'on l'ait vraiment anticipé. Ce soir on ne va pas parler de cas spectaculaires, on va parler des moments où tout commence sans vraiment qu'on s'en rende compte.
- Speaker #1
Chaque année, des centaines de personnes sont témoins de phénomènes aériens non identifiés. Ces observations les bouleversent, et vont jusqu'à changer leur regard sur notre place dans l'univers. L'histoire que vous allez écouter s'est réellement produite.
- Speaker #0
Je me souviens exactement du moment où j'ai su que je voulais comprendre ce qui se passait derrière les murs du Gépin. C'était l'été brûlant de 2015, dans la cuisine de nos parents en Dordogne. Le carrelage, même à l'ombre, gardait la chaleur du dehors. Julien buvait son café, penchait sur son téléphone. J'avais ramené un petit enregistreur MP3, une idée vague en tête, peut-être un projet de podcast, peut-être juste une conversation entre frères. Et toi ? Je lui ai demandé. Comme enquêteur, t'as déjà vu quelque chose que tu pouvais pas expliquer ? Aujourd'hui, dans les dossiers OVNI.
- Speaker #2
Épisode spécial, Mystère OVNI, là où tout a commencé. Là où tout a commencé, une enquête dans le ciel de Martre-Tolozane.
- Speaker #0
Pour cette observation, nous nous retrouvons à 60 km de Toulouse, dans le village de Martre-Tolozane. Ce soir-là, en sortant de chez lui, un témoin lève les yeux. Quelque chose attire son attention. A l'horizon apparaissent des boules lumineuses. Pas une, pas deux, mais une douzaine environ. Il s'agit de sphères bien rondes, jaunes-orangers, d'une lumière douce. Moins éclatantes que la Lune, précise-t-il, mais suffisamment nettes pour qu'ils distinguent leur contenu sans hésitation. Il les compare à des pamplemousses, des pamplemousses lumineux suspendus dans le ciel. Aucune traînée derrière elles, pas de faisceau, pas d'effet scintillant, mais des formes pleines, nettes. Elles apparaissent à l'horizon, au sud, puis entament une trajectoire ascendante, une montée progressive. comme une courbe presque parabolique en direction de l'ouest. Le témoin insiste sur un point. La distance entre les boules ne lui semble pas parfaitement régulière. Ce n'est pas une formation militaire stricte. Elles évoluent ensemble mais sans géométrie rigide. Très intrigué, il décide de prendre des photographies. Mais déjà, la scène a changé. La douzaine initiale n'est plus là. Il ne reste que 4 ou 5 sphères visibles. L'observation dure entre 4 et 6 minutes. Ce n'est pas une apparition furtive, mais un phénomène installé, observable. Progressivement, leur luminosité diminue, comme si on baissait lentement un variateur. Puis, elles disparaissent, silencieusement, car il n'y a aucun bruit. Pas de bruit de moteur, pas de souffle et pas d'hélicoptère au loin. Aucune odeur non plus, aucun impact sur l'environnement. Et les animaux ne réagissent pas. Le témoin ne ressent ni chaleur, ni vibration, ni sensation particulière. Concernant la distance, il l'estime entre 200 et 300 m minimum. Il ne peut pas vraiment expliquer comment il arrive à cette estimation. Il parle plutôt d'une impression, d'une évaluation instinctive. Pour la taille apparente, il donne une image simple. Comme un pamplemousse, mais vu à 15 mètres. Autrement dit, suffisamment grand pour être distinct, mais pas gigantesque. Et puis plus rien. Le ciel retrouve son aspect habituel. Reste cette question simple, presque banale maintenant. Qu'est-ce qui peut produire une douzaine de sphères jaunes orangées silencieuses s'entraîner, évoluant en courbe ascendante pendant plusieurs minutes, avant de s'éteindre progressivement ? C'est à partir de là, Julien, que l'enquête commence.
- Speaker #3
Alors ce que j'avais fait à l'époque, j'avais commencé par une simulation de la situation astronomique, bien évidemment, à partir de logiciels Winstar, parce que c'était ça qui existait à l'époque, il n'y a pas encore Stellarium. Donc, qu'est-ce qui apparaissait dans le ciel ? Il y avait la planète Jupiter notamment qui était intéressante, parce qu'elle peut être source de confusion. J'avais aussi fait une évaluation de la situation météo. Donc, il faisait 16 degrés avec un refroidissement éolien de 3 degrés, vitesse de vent au sol 9 km heure et visibilité très bonne, 30 km. Ensuite, évidemment, il y avait des photographies données par le témoin. Donc, j'avais analysé les photographies et notamment les métadonnées, les métadonnées EXIF. Et dans les métadonnées, on voyait que, en gros, les données fournies par le témoin étaient correctes. La date et l'heure correspondaient avec ce qu'il disait. Et sur cette photo apparaissaient effectivement quelques points lumineux, dont, pour les plus habitués d'entre vous, je pense que vous avez déjà une idée de ce que ça pouvait être. Donc les hypothèses ont été... Bon, celle du canular a été vite écartée par les données exif. Celle d'une confusion avec un avion ou un hélicoptère aussi, on écarte rapidement parce qu'il n'y a pas de bruit. Avec des planètes, ça ne marchait pas non plus parce qu'il y avait un mouvement qui était observé, incluant Jupiter, impossible, ça ne collait pas. Donc l'hypothèse la plus probable, on s'est vite retourné vers l'observation de lanternes volantes, encore elles. Encore ces lanternes thaïlandaises qui étaient à la mode dans les années 2000. On en voit encore, mais disons que c'est peut-être plus connu maintenant, mais à l'époque, ça pouvait encore surprendre. Donc, disons que dans une vraie enquête, ce qu'il aurait fallu faire, c'est une enquête de proximité, aller voir dans les environs ce qu'il y avait. Je m'étais amusé à l'époque, à partir de la taille angulaire, à évaluer la distance. En prenant l'hypothèse que c'était une alentère thaïlandaise, ça me donnait une distance au sol à 800 mètres. Et donc, un lâcher, je ne sais plus trop comment j'avais calculé ça, dans une zone de 400 mètres. Or, en regardant les 400 mètres, il y avait une salle des fêtes. Et là, on est un samedi soir. Bon. Boule orange, samedi soir, salle des fêtes. Voilà, ça fait du sens. Donc, ce que j'avais mis dans mon rapport à l'époque, c'est que dans le cadre d'une enquête réelle, il aurait fallu contacter les organisateurs de ce centre touristique, cette salle des fêtes, pour confirmer ou infirmer l'hypothèse. Mais avec ce que j'avais comme information, j'avais conclu. Lanterne thaïlandaise, classification B, pas de preuves, mais forte présomption.
- Speaker #0
Alors, pourquoi tu as dit deux fois dans ton enquête, tu as dit dans le cadre d'une enquête réelle ou dans le cadre d'une vraie enquête ? Alors, parce que c'est un peu particulier, bien sûr.
- Speaker #3
Voilà, c'est un peu la divulgation de cet épisode. Cette enquête-là, c'était celle qui a été donnée en 2012 au candidat enquêteur Roger Pan. C'était un cas qui n'était pas inspiré de faits réels, ce n'était pas totalement un cas fictif, mais en gros, c'était un cas qui pouvait être enquêté à distance. et qui permettait un peu à tous les candidats enquêteurs, les aspirants enquêteurs, de montrer s'ils étaient capables de rédiger une enquête qui un peu tenait la route sur la base des éléments visibles à distance.
- Speaker #0
Et je crois qu'il y avait un certain nombre de contraintes pour mener cette enquête. Tu n'avais pas le droit d'appeler les mairies ou des choses comme ça.
- Speaker #3
Oui, voilà, parce qu'il ne fallait pas que tous les enquêteurs appellent la mairie pour tous au même endroit, au même moment. Donc, effectivement, il fallait faire une enquête totalement à distance, sans contacter personne pour ne pas embêter les gens, en gros.
- Speaker #0
Et donc ? Qu'est-ce que ça a donné ? Est-ce que, suite à cette enquête, est-ce que tu as eu un entretien aussi ?
- Speaker #3
Alors, oui, après, ça s'est formalisé sous la forme d'un entretien au CNES à Paris. Donc, c'était Xavier Passeau à l'époque, le responsable du GEPAN. Il y avait aussi un psy qui travaillait avec le GEPAN et puis quelqu'un de la gendarmerie, j'en rappelle. On a fait des entretiens avec tout ça et puis voilà, c'était comme ça qu'ils avaient sélectionné les enquêteurs du GEPAN à l'époque, en 2012.
- Speaker #0
Voilà, donc... Ben ? Avec cette première enquête fictive, c'est là où tout a commencé pour toi, puisque tu as été embauché comme enquêteur au GEPAN. Je ne sais plus combien il y en avait à l'époque, c'était peut-être des IPN ?
- Speaker #3
En fait, c'était trois ans avant, en 2009, il y avait les IPN intervenants premier niveau, qui étaient juste là pour être les yeux du GEPAN localement. Et justement, Xavier Passot avait décidé de réduire drastiquement le nombre, parce qu'en gros, 100 bénévoles qui ne se connaissent pas, c'est très difficile à gérer. Et donc, il avait décidé de réduire ça à un par région, donc quinzaine. Et donc, moi, j'avais passé cet entretien pour être l'enquêteur de l'Aquitaine à l'époque.
- Speaker #0
Et donc ça c'était Xavier Passot qui était le directeur du GEPAN à l'époque, et je crois qu'une quinzaine d'enquêteurs c'est encore le chiffre qu'il y a aujourd'hui, c'est resté stable depuis.
- Speaker #3
C'est ça, c'est l'ordre d'idée, parce que c'est un nombre qui permet d'avoir une mutualisation des formations, de faire venir les gens, parce que si on veut se faire venir 100 personnes c'est compliqué, mais faire venir 15 personnes une fois par an au CNES c'est jouable, faire des visios aussi à 15 ça se fait très bien, et donc oui c'est un chiffre entre 15 et 20 qui fonctionne bien.
- Speaker #0
Bon, et donc, puisqu'on est sur la thématique de là où tout a commencé, on vous en expliquera la raison dans quelques instants. Et puisqu'on tire le fil, on va se retrouver en 2020, donc on part de 2012 là où tu es enquêteur. En 2020 se produit le confinement dont tout le monde se souvient plus ou moins, ça commence à être un peu flou tout ça. Et on discute beaucoup ensemble des podcasts qu'on écoute.
- Speaker #2
Là où tout a commencé, le premier épisode du podcast Dossier OVNI.
- Speaker #0
On tombe d'accord sur le fait qu'il n'existe aucun podcast qui parle des OVNI comme on aimerait en écouter.
- Speaker #3
Oui, c'est marrant parce que justement, on est tous les deux des enfants de profs. Donc, on est France Inter à la maison. On a toujours la radio allumée. Et donc, on a grandi avec ça et évidemment, on adore les podcasts. Et on aime bien les OVNI et donc... On cherchait des podcasts d'OVNI.
- Speaker #0
Alors, on ne dira pas quand même que tout était mauvais. Il y a des podcasts qu'on a écoutés beaucoup, comme la fabuleuse histoire des OVNI par la RTBF et les Frankistas.
- Speaker #3
Christian Page aussi.
- Speaker #0
Alors, Christian Page, quand j'ai découvert, j'ai tout écouté d'un seul coup. C'est pareil. Mais en France, en tout cas, on ne trouvait pas grand-chose. Il y avait beaucoup d'émissions dans des podcasts consacrés aux mystères et aux paranormales. Ils avaient quelques émissions, quelques épisodes. Mais c'était toujours autour des mêmes cas, des sans-péternels cas qui tournent en boule jusqu'à la nausée, dont on entend toujours parler, et surtout sans aucun dispositif critique. C'est-à-dire qu'on nous livrait le cas comme ça, on était priés de croire tout. Alors moi, j'aime bien les histoires, mais qu'en était-il ? Est-ce qu'il y avait eu des enquêtes ? On n'avait jamais, jamais ce regard-là.
- Speaker #3
Et il y avait aussi, de l'autre côté, les sceptiques. Il y a beaucoup aussi des banqueurs à quelque chose comme ça, où ils démolissaient systématiquement, il n'y a pas beaucoup de suspense non plus. Donc un truc un peu équilibré, effectivement, ça n'existait pas.
- Speaker #0
Voilà, et bon, à l'époque, j'étais beaucoup tanné, je vous rappelle les discussions à la maison, où je te parlais de ce podcast, où tu étais un peu dubitatif, mais tu as fini par accepter de faire un premier épisode test.
- Speaker #3
Ouais, l'épisode test sur le sous-lac.
- Speaker #0
Sur le lac, sur mer, sur les cheveux d'ange, sur la plage. Et là, l'aventure a commencé. Alors, on va rappeler un petit peu cet épisode, puisque c'est celui qui a lancé le podcast. Donc il s'agissait de deux estivants, de deux vacanciers, alors c'était pas l'été, c'était au mois d'octobre je crois, qui étaient pour les vacances de Toussaint, mais qui étaient sur la plage de la Chambrette, je me rappelle à Soulac-sur-Mer, c'est une plage qui donne sur l'estuaire, et de l'autre côté de l'estuaire c'est Royan, et c'est un large estuaire, puisque c'est un estuaire qui est le plus vaste d'Europe et qui fait 15 km de large. Donc ils sont en train de profiter de l'arrière-saison qui est super belle, et d'un seul coup... coup, ils voient deux sphères lumineuses qui traversent le ciel à très très haute vitesse, et ils sont, alors déjà, ils sont étonnés de voir ces deux sphères qui traversent, mais en plus, alors la chose encore plus étonnante, c'est que d'un seul coup, il y a des choses qui se mettent à tomber de ces soucoupes, des espèces de filaments, et donc là, ils sont vraiment complètement abasourdis, ils ne comprennent pas du tout ce qu'ils voient. Je crois, de mémoire, que lui était un peu familier des affaires d'OVNI, quand même, puisqu'il avait lu quelques bouquins, il n'était pas complètement étranger à ça. Il a le réflexe de prendre quelques-uns de ses fils. Il dit que les fils semblent se sublimer dans sa main, je crois. Il en garde quelques-uns dans son portefeuille. Les sphères lumineuses, bien sûr, disparaissent après au loin. Entre-temps, il voit un avion qui passe. On a quelques repères comme ça. On sait à quelle heure ils sont passés, qu'est-ce que c'était comme avion, etc. Ça nous donne des repères assez précis. Ce cas-là, en fait, on ne l'avait pas dit, mais pour être à l'aise sur notre premier épisode de podcast, On a pris un cas que toi, tu avais enquêté.
- Speaker #3
Oui, et puis même j'avais pris mon enquête préférée, parce que j'avais adoré cette enquête, parce qu'elle m'avait amené vers des endroits assez bizarres. En fait, j'étais parti à un moment sur la piste des araignées. Alors, qu'est-ce que les araignées viennent faire là ? En fait, c'est que les araignées, quand elles se déplacent, elles font ce qu'on appelle du ballooning. Elles déploient un fil de soie derrière elles, pour s'envoler, en profitant de l'aspiration de fils de soie. Et quand toutes les araignées font ça en même temps, ça fait des petites boules. Les petites boules, ça c'est documenté, on voit ça sur des vidéos sur Youtube. Et donc, je me rappelle, j'avais passé une demi-journée au Jardin des Plantes, où il y a une bibliothèque très fournie sur les araignées, où j'avais emprunté tous les bouquins sur les araignées, sur le balonim, pour essayer de voir si ça pouvait coller. Et j'avais été assez convaincu par ça. Donc, j'avais bien aimé le fait que cette enquête sur les ovnis m'emmène dans une bibliothèque sur les araignées. Je trouvais ça assez rigolo.
- Speaker #0
Et donc, par contre, on invite les gens à réécouter. Alors, c'est le premier, vous ne pouvez pas vous tromper. On en a refait un petit mixage, on a remixé il n'y a pas longtemps, parce que A nos débuts, le son n'était pas toujours très au rendez-vous. On faisait vraiment avec les moyennes du bord. On avait juste l'envie et puis c'est tout. On n'avait pas de matériel, on n'avait rien. Donc, je vous invite à le réécouter. Et effectivement, tu avais fait analyser, je crois aussi, ce qu'il avait récupéré et qu'il avait mis dans son portefeuille, le témoin.
- Speaker #3
C'est ça qui était intéressant dans ce cas. C'est que les témoins n'étaient pas convaincus par l'explication sur papier. Et donc, j'en discutais avec les gens du GEPAN qui me disaient « Je leur ai dit dans ce cas-là, envoyez l'échantillon. » L'échantillon a été envoyé en laboratoire, qui a confirmé que c'était de la soie d'araignée.
- Speaker #0
Donc là,
- Speaker #3
en plus, c'est agréable de voir confirmer son hypothèse. C'est rare de pouvoir faire de la science dure dans l'étude des ovnis.
- Speaker #0
Et pour le coup, là, ils ont mieux accepté. Oui,
- Speaker #3
ça a clôt le dossier. Pour le coup, il a été catégorisé en A. Cette fois, on était sûr.
- Speaker #0
Ah, d'accord, ok. Donc, ce premier épisode, pour vous expliquer un petit peu comment ça s'est passé. Julien était un peu réticent au début à faire le podcast parce qu'on ne savait pas trop si on avait la compétence pour faire du montage, de l'enregistrement, etc. Et puis il y avait aussi, est-ce qu'on se sert comme ça des contenus du GEPAN ? Et là, pour le coup, on avait décidé d'envoyer ce premier épisode au directeur du GEPAN de l'époque.
- Speaker #3
L'idée, c'est d'être transparent parce qu'en fait, nous, si on n'a pas vocation à être le podcast officiel du GEPAN, ce n'est pas le cas. Par contre, on ne veut pas faire non plus des choses contre eux. Ce n'est pas l'idée, évidemment. Donc en fait ce qu'on a juste dit c'est tiens on aimerait bien raconter les enquêtes sous un autre angle. J'avais envoyé le premier épisode, à quoi ça ressemblera et est-ce que ça vous convient. Et donc oui ils nous ont dit pas de problème, ils nous ont laissé carte blanche et après j'en ai plus jamais reparlé avec eux de ce truc là. C'est à dire qu'on fait ça dans notre coin, j'ai mon activité d'enquêteur comme les autres et en parallèle ce podcast. mais voilà, jamais on a eu de... de Directing, ni quoi que ce soit.
- Speaker #0
Non, alors ça, je peux témoigner, jamais il y a eu d'émission, même pour les invités, on invite qui on veut. On a la liberté, alors ce qu'on avait fait au départ, et peut-être il faudrait qu'on garde cette habitude, quand on fait des hors-série, complètement déconnectés des cas Gépans, on le signalait au début, après on a moins fait, parce que je pense que les gens savent, quand on décide de faire des épisodes l'été pour commenter les BD de Jean-Claude Bourré, ça n'a rien à voir avec le Gépans, bien sûr. Bon, généralement, on essaie de le préciser quand même pour bien faire la part des choses. mais on nous laisse faire exactement tout ce qu'on veut.
- Speaker #3
Oui, il ne faut pas dépasser son rôle. Le GPAN, c'est un organisme qui dépend du CNES. Le CNES qui a son équipe de communication, c'est eux qui gèrent la communication du GPAN et du CNES plus largement. Donc, ce n'est pas à nous de faire ça.
- Speaker #0
Juste, on voulait avoir l'accord de principe du GPAN avant d'utiliser leur matière, ce qui paraît être le minimum. Vous vous doutez bien que si on fait un épisode spécial sur la... où tout a commencé. On a vu que Julien avait commencé à être enquêteur, et ça on vous le dit maintenant. Les choses sont claires, Julien est enquêteur. Je n'ai pas... On vous a dit comment on avait commencé également le podcast. Mais si on a fait cet épisode, c'est parce qu'il y a une nouvelle chose qui commence. Et pour savoir ce dont il s'agit, on va revenir deux ans pile, c'était... On a fait le compte,
- Speaker #3
c'était pile.
- Speaker #0
Pile en arrière, en mars 2024.
- Speaker #2
Là où tout commence, une nouvelle aventure.
- Speaker #0
Julien, tu m'appelles en me disant, tu as vu sur la boîte mail du podcast qui est arrivée, je pense que ça va te plaire. Et moi je me rappelle que j'étais en voiture, j'ai dit ah bon, t'insistais, tu dis oui oui oui, tu vas être content, je pensais de ça. Et donc moi de suite j'ai pensé, ça y est quoi, quelqu'un va nous proposer une adaptation du podcast en BD. Parce que vous le savez, si vous avez écouté le hors-série de l'été 2025. Avec Julien, on était très fans de BD d'OVNI quand on était gamins. Et on se disait, c'est dommage qu'il n'y ait plus des BD comme ça. Ça serait tellement bien d'en refaire une.
- Speaker #3
Et en lançant le podcast, je me rappelle, on s'était dit, ça se trouve, un jour...
- Speaker #0
Voilà, c'est ça.
- Speaker #3
Si vraiment ça marche bien, il y aura un auteur de BD qui voudrait faire un truc, ça pourrait être rigolo.
- Speaker #0
C'est ça. On ne l'a pas les lancés. Mais ce qu'on nous proposait pour le coup dans ce mail était beaucoup plus intimidant. Et il suffisait, pour être intimidé, de voir qui était l'émetteur du mail. et la maison d'édition, la rousse, rien de moins. Alors bien sûr au début, c'est de l'enthousiasme bien sûr. Une grande maison d'édition comme ça qui nous propose d'écrire un livre sur les enquêtes d'OVNI. Alors c'est plutôt très flatteur, mais très vite après l'excitation, c'est une forme de vertige qui nous saisit.
- Speaker #3
J'ai un petit doute quand même, si ce n'est pas une blague, quelqu'un qui nous fait...
- Speaker #0
Oui c'est ça, et puis on voit l'immensité du truc devant nous après, t'es content mais quand il faut mettre les mains dans le cambouis, parce qu'un podcast, bon mais ça vit, on parle, on nuance ce qu'on est en train de faire, on reformule, on se corrige, même parfois d'un épisode à l'autre, on l'a fait plusieurs fois quand il y avait des trucs qui n'étaient pas très clairs ou des choses comme ça. Un livre, c'est plus intimidant, c'est autre chose, c'est posé, c'est structuré, et surtout c'est définitif. Donc on se retrouve face à une question centrale, comment est-ce qu'on va raconter ces enquêtes ? Et puis on avait deux modèles en tête. Le premier, très narratif, un peu à la manière de... Alors puisque tu parlais de France Inter, alors effectivement on était déshabitués. Un peu à la manière de Rendez-vous avec X. Si vous réécoutez les premiers épisodes du podcast des dossiers OVNI... On sent que Julien est très, très, très influencé par René Bouin avec X. Oui, oui. Un enquêteur fictif, par exemple, qui parle à la première personne, pour nous, c'était pas mal. C'était immersif. On suit son regard, ses doutes. On suit ses intuitions. Mais on avait aussi un second modèle qui est plus proche. Alors, on en revient aux émissions qu'on a beaucoup écoutées. D'affaires sensibles pour les gens qui connaissent.
- Speaker #3
C'est celui du podcast. Voilà.
- Speaker #0
C'est le format du podcast avec une partie récit. puis une prise de recul. Donc l'analyse, le contexte, il y a presque dans ce format-là une dimension journalistique.
- Speaker #3
Et nous, dans notre cas-là, c'était l'enquête qui prenait cette dimension-là.
- Speaker #0
Exactement. Donc on a tourné autour de ces deux approches pendant vraiment un bon moment.
- Speaker #3
Oui, parce que la commandite, c'était, il fallait que ce soit un livre qui soit grand public. C'était un essai, ce n'était pas un roman. Et c'était... grand public, le but c'était pas de faire un livre super technique sur les techniques d'enquête c'est pas le but, c'est pas le pli et donc comme on avait ces deux approches, on a hésité et ce qu'on a fait, on a décidé d'écrire en fait on a rédigé un chapitre dans chacun d'un format, la même affaire mais avec deux traitements différents et on a soumis ça aux éditrices et quand elles nous ont fait leur retour, elles ont été très très claires pour le coup la version avec l'enquêteur fictif c'était plus agréable à lire, c'est plus fluide plus incarné, moins académique elles nous ont dit en gros C'est plus vivant, on est embarqué, c'est mieux. Donc sur le moment, ça nous a paru assez évident. On s'est dit, allez, c'est la solution, on s'engage dans cette direction.
- Speaker #0
À partir de là, on a commencé à structurer un peu le livre. Et pour commencer, il a fallu choisir bien sûr les cas. Et ça, on ne pensait pas que ça allait être si compliqué. En fait, ce n'est pas du tout anodin. On voulait une diversité, mais déjà une diversité temporelle. Parce que, bien sûr, vous le constaterez, les cas anciens, On le sait dans le podcast, les camps anciens sont toujours les plus spectaculaires, les plus sympas à raconter. Et des cas récents, contemporains, maintenant, on en a quand même qui commencent à avoir... Oui,
- Speaker #3
c'était aussi pour montrer la démarche du Gépin, de toute façon, dans les enquêtes modernes.
- Speaker #0
Oui, et puis même les histoires, comment elles évoluent. Depuis 1954, avec les pots d'échappement, jusqu'à maintenant. Et on voulait aussi, bien sûr, une répartition géographique. Et surtout, on voulait représenter les classifications du Gépin, que tu peux rappeler peut-être.
- Speaker #3
Oui, en gros, les cas A qui sont clairement identifiés, les cas B très probablement identifiés, les cas C qui ont des données insuffisantes qui ne permettent pas de faire une enquête, et les cas D, c'est les cas vraiment non identifiés après enquête.
- Speaker #0
Voilà, avec les cas D2 qu'on attend toujours, mais ça, vous le savez maintenant. Et comme dans le podcast, parce qu'en fait, la rousse, ils sont venus nous chercher parce que le format du podcast leur plaisait, parce qu'il y avait une approche un peu équilibrée. Donc l'idée était simple. Au début d'un chapitre, le lecteur ne sait pas si l'affaire sera résolue ou non. Donc il y a une tension, une incertitude. Et sur le papier, c'était assez cohérent, ma foi.
- Speaker #3
Voilà, donc on s'y est mis. Mais en écrivant, c'est là qu'on commence à voir apparaître les difficultés. D'abord, il y a une réalité vraiment très simple. On écrit à deux, et en fait, on ne s'était pas posé la question. On n'a pas le même style. Et alors, comment on fait ? Donc au début, on essaie d'harmoniser, mais alors du coup, c'était des allers-retours sans fin. Puis après, on a eu une idée qu'on a trouvé brillante sur le moment, c'était... introduire un deuxième enquêteur fictif. En fait, puisque nos voix diffèrent, autant l'assumer et en faire une force dans le récit. Donc, on a créé un duo. Un duo avec un enquêteur expérimenté, un peu désabusé des poids, et un plus jeune, plus enthousiaste, un plus spontané. Sur le papier, c'était pas mal. On avait presque une dynamique de série Netflix, tu vois.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai, parce que ce qui était bizarre, c'est que tu jouais le vieil enquêteur, alors que dans la fratrie, c'est toi le plus jeune. parce que toi tu as mené le doute et tu as mené l'esprit scientifique l'enquête etc et moi je faisais un peu pas le naïf mais le personnage qui vient là plein d'enthousiasme qui arrive au jépant et qui est sûr qu'il va trouver des choses etc et c'était pas mal du tout mais dans la pratique on s'est retrouvé avec plusieurs niveaux de narration et ça c'était complexe à gérer il y avait aussi quand même et on y tient et vous le savez dans le podcast c'est aussi rester au plus près de la parole des témoins ne pas déformer ni la parole des témoins ni celle des enquêteurs donc des dialogues fictifs entre des personnages inventés des transitions qu'il fallait parfois fabriquer pour relier des affaires qui dans la réalité ne l'étaient pas Et peu à peu, il y a quelque chose, on commençait à distordre un peu les choses pour que tout rentre bien dans les boîtes qu'on avait décidé de mettre en place. Mais bon, on s'était engagé, alors on a travaillé comme ça pendant des mois, avec sérieux et avec engagement, bien sûr, puisque nous, on était vraiment comme des bons élèves. On était là, la rousse, on rend les choses à l'heure et tout. Et finalement, on arrive au bout d'une première version. Bon, on envoie quand même cette première version aux éditrices.
- Speaker #3
Parce que quand on a le nez dedans, c'est pas évident d'avoir du recul sur ce dire, tiens, est-ce que c'est facile à lire ou pas ? Parce que nous, les histoires, on connaît évidemment par cœur. Donc, on envoie ça aux éditrices qui nous font un retour, on se fait une visio. Et là, je m'en souviens très, très bien de cette réunion. Parce que les éditrices, elles sont très, très pros. Elles commencent par nous rassurer. Les gars, sur le fond, c'est super. Les affaires sont passionnantes. Il y a du suspense. Vraiment, là, le contenu, c'est super. Alors, sur la forme, on a quelques petites remarques. Alors là, bon, il y a des problèmes de cohérence temporelle. Oui, parce qu'en gros, entre les deux enquêteurs qui font deux enquêtes en parallèle dans le même chapitre, à deux endroits différents, on a du mal à s'y retrouver. C'était trop compliqué. Peut-être qu'il faut un talent d'écrivain supplémentaire. Il y avait aussi des raccords entre les chapitres qui étaient vraiment artificiels. Parce qu'effectivement, comme on dit, on avait tordu la réalité pour que ça rentre dans notre narration. Et surtout, on avait un mélange entre fiction et réalité qui brouille la lecture. Parce qu'à certains endroits, on ne sait plus très bien ce qui relève des faits et ce qui relève de la mise en scène qu'on a été obligé de mettre dedans pour faire le lien entre les scènes.
- Speaker #0
Oui, et puis pour faire vivre le caractère de ces deux enquêteurs. On comprend là, à ce moment-là que le problème est vraiment réel et que ce ne sont pas des simples retouches à faire. Il faut tout reprendre. Bon, elles ont été élégantes. Les personnes avec qui on était, les éditrices avec qui on était en contact, elles ont pris leur part de responsabilité. On avait validé le format un peu ensemble, mais c'est vrai qu'on ne pouvait pas se rendre compte que sur la longueur et tout, ça allait être un peu compliqué. Donc, il a fallu faire différemment.
- Speaker #3
Voilà. Et on était à quoi ? 8 mois de la sortie du livre. Donc, on a raccroché de la visio. On s'est regardé, on s'est dit, bon, c'est un peu brutal, mais si on résume, le livre, il est super, mais il faut tout refaire.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #3
Et le pire, c'est qu'au fond, on savait qu'ils avaient raison. En fait, nous-mêmes, on n'était pas super à l'aise avec ce format, ce mélange fiction-réalité. Finalement, ça nous mettait un peu mal à l'aise. La complexité narrative, c'est vrai qu'on avait un peu galéré à garder une cohérence. On sent que ça forçait, quoi. C'était pas fluide. Et puis, en plus, il y avait un autre malaise aussi, peut-être plus profond même. C'est qu'on parlait à la première personne. C'était un enquêteur fictif qui parlait. Deux enquêteurs fictifs. Un peu de la façon de M. X, effectivement, qui parlait à la première personne. Et ça, ça me dérangeait un peu parce que j'avais un peu l'impression de m'approprier le travail d'enquêteur bien réel, mes collègues. Des gens qui ont passé des heures à interroger les témoins, à analyser les données, et nous on arrive en disant « j'ai fait ça, j'ai fait ça » . À chaque fois, ça me mettait un peu mal à l'aise, ça créait un décalage, c'est pas confortable, et je crois que cette gêne, finalement, elle transparaissait dans l'écriture.
- Speaker #0
Et voilà, on avait un problème entre les choses réelles, les choses pas réelles, etc. Donc on arrête d'écrire, enfin on avait déjà fini. Mais on a recommencé à écrire, mais en réfléchissant autrement. Alors là, je rappelle, on a été beaucoup, beaucoup en contact pour dire, bon, il faut qu'on trouve une solution. Après tout, tous les contenus, on les a. Là, ça aide d'avoir des compagnes qui sont propres de lettres et tout ça, parce que ma compagne me dit, mais il vous faut un récit cadre. Et puis le jeu, il faut que ce soit un de vous deux, et il faut se mettre d'accord et tout ça. Finalement, avec cette remarque sur le jeu, qui c'est, etc., on s'est dit S'il y a quelque chose de personnel dans le podcast, s'il y a quelque chose sur lequel on est à l'aise, c'est nous, notre démarche, notre sincérité, nos échanges, nos questions, nos doutes.
- Speaker #3
Donc le jeu, c'est Philippe et Julien, et puis le hill, c'est l'enquêteur.
- Speaker #0
Voilà. Et donc, on a décidé d'assumer ça, et même on a décidé de se rapprocher au plus près de la réalité, puisqu'en fait, moi, quand j'ai découvert que Julien était enquêteur au Gépin en 2012... Je me suis mis à lui poser pas mal de questions. Et finalement, moi j'arrivais avec mon imagerie. autour de l'ovni, des ovnis, et Julien, petit à petit, m'a amené à réfléchir un petit peu différemment et sur d'autres sujets, juste que l'aspect fantastique de ces témoignages. Et donc, on s'est dit que, bah les masques ! C'était ça, notre livre, il fallait qu'il nous raconte nous, et que finalement on n'avait pas de fiction à inventer, puisque déjà c'était suffisamment intéressant.
- Speaker #1
Donc pour faire ça, on a décidé d'introduire chaque chapitre. par un dialogue entre nous, et en gardant la partie, pour le coup, de récits et d'enquêtes qui restent rigoureuses, etc. Donc finalement, dans les dialogues, nous, on peut se permettre d'être subjectif, on peut raconter un souvenir, on peut raconter des trucs personnels, un doute, un sourire, on peut même s'amuser, il y a un chapitre où on s'amuse un petit peu.
- Speaker #0
Bien sûr, et puis surtout, ça dit un petit peu d'où on parle. Parce que dans le podcast, on dit très très très peu de choses sur nous. Là, vous allez en savoir un petit peu plus. Alors, vous n'allez pas connaître les... les cahiers intimes de Philippe et Julien, je pense que tout le monde s'en trouve. Mais vous allez savoir notre rapport aux ovnis, et vous allez voir, c'est un petit peu une initiation aussi. On l'a voulu un peu comme ça, le livre, puisque c'est la réalité aussi de ce qui s'est passé.
- Speaker #1
Donc c'est ça, le cadre narratif, c'est celui-ci, c'est nos dialogues qui introduisent à chaque fois une bascule dans la partie récits et enquêtes, où là, par contre, on est rigoureux, parce que, pourquoi, ce qu'on disait tout à l'heure, on veut respecter le point de vue du témoin, on veut respecter le travail de l'enquêteur. Donc tout ce qu'on raconte, c'est sourcé, documenté, c'est factuel, donc la frontière est claire. Ce qu'il y a dans la partie narrative, c'est nous. On la discute. La partie psy, là, c'est totalement subjectif. Tout ce qu'on met dans la partie enquête, c'est sourcé, c'est documenté.
- Speaker #0
Mais alors, c'est pas du tout comme le podcast. C'est-à-dire que là, la discussion qu'on a, on va poser un petit peu les cadres de ce qu'on va raconter. Où on va attirer l'attention sur des choses qu'on ne peut pas mettre dans le récit, parce que ça n'y est pas. On va mettre, comme tu dis, un avis un petit peu plus personnel. Après, par contre, à la différence du podcast, les histoires et les enquêtes sont plus entremêlées. Alors que dans le podcast, c'est d'un côté l'histoire, de l'autre côté l'enquête. Là, c'est un peu plus mêlé.
- Speaker #1
Ce qui n'est pas absurde, puisque la source, c'est la même. C'est les rapports du Gépin.
- Speaker #0
Oui, oui, tout à fait. C'est des choix. Et après, à la fin de chaque histoire, on fait l'état des lieux de ce qu'on en sait aujourd'hui. Parce qu'il y a des choses qui ont pas mal évolué.
- Speaker #1
Ça, on s'est inspiré d'un dessin animé des années 80.
- Speaker #0
Ça, on adorait. C'était les Mystères de l'Histoire.
- Speaker #1
À la fin, il y avait toujours une partie où la fiction s'arrêtait. Il y a une petite partie documentaire.
- Speaker #0
Alors nous, ce n'est pas la fiction, c'est la réalité. Mais à la fin, on fait une petite partie documentaire pour dire, voilà, aujourd'hui, où on en est de la connaissance de ces faits. Donc voilà, un petit dialogue entre nous. le cas avec l'enquête et l'état des lieux de ce qu'on en connaît aujourd'hui. Et là, avec ce schéma, tout à coup, tout s'est mis en place. Alors là, il n'y avait plus de confusion. Le lecteur sait quand on est dans l'échange. Il sait quand on est dans le récit objectif et dans l'enquête. La subjectivité, en fait, elle est assumée puisqu'elle est mise un petit peu à part. Et la rigueur est identifiable. Donc là, ça va super vite. C'est là où on sent que ça fonctionne. Là, on prend vraiment beaucoup de plaisir à réécrire tout ça, à le mettre. Je me rappelle même l'été dernier, on s'est retrouvé sur les tables d'un endroit où on se baigne. On était en pleine ébullition et pour nous, ça fonctionnait, on était à fond.
- Speaker #1
Oui, cette fois, l'écriture, effectivement, c'est devenu tout fluide, on avance vite, on prend du plaisir. Il n'y a plus cette tension-là qui rendait le travail laborieux finalement.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Donc finalement, ce livre a été une petite enquête en lui-même, une enquête sur la meilleure manière de raconter des enquêtes. On a commencé par vouloir incarner un personnage, on a fini par comprendre qu'il suffisait juste d'être nous-mêmes. Et paradoxalement, c'est ce qui rend le livre plus clair et de notre point de vue aussi plus honnête par rapport au lecteur, par rapport aux enquêteurs du GEPAN et par rapport à tout le monde.
- Speaker #1
Par rapport à tout le monde, oui. Et d'ailleurs, on voulait en profiter pour faire une chose qui manque dans le livre.
- Speaker #0
On s'en est rendu compte après.
- Speaker #1
On s'en est rendu compte trop tard. On n'a pas eu le temps de caser des remerciements au début du livre.
- Speaker #0
Voilà. Donc, on a plein de remerciements à faire. Donc, déjà, la préface qui est signée de Frédéric Courtade.
- Speaker #1
Oui. En fait, comme pour le podcast qu'on a dit au début, avant de se lancer dans l'écriture d'un livre, c'est pareil. Moi, j'en ai parlé à Frédéric Courtal, le responsable du GEPAM, pour vérifier que ça ne posait pas de problème avec la com du CNES ou avec qui que ce soit, que ça ne pouvait pas entraver quoi que ce soit. Tout de suite, il a soutenu le projet au point d'en faire la préface. Donc ça, c'est vraiment très sympa de sa part. C'est effectivement la première personne qu'on peut remercier ici.
- Speaker #0
Et puis, on est très fiers vraiment d'avoir sa préface. Donc moi, je peux le dire, on va aussi remercier les enquêteurs du GEPAM parce que c'est quand même leur travail et leurs enquêtes qu'on valorise. dans le livre. Et voilà, sans ce travail-là, il n'y aurait pas de podcast, il n'y aurait pas de livre. Donc on espère de notre côté que ça sert un peu aussi leur discours, de véhiculer un petit peu par des médias qui ne sont pas habituels pour le GEPAN, de véhiculer un petit peu leur méthodologie, leurs idées,
- Speaker #1
etc.
- Speaker #0
Et après dans le podcast, bien sûr, vous les retrouvez régulièrement puisqu'on les interroge pour avoir leur avis personnel sur le phénomène, etc.
- Speaker #1
Et en dernier, je pense qu'on peut aussi remercier nos éditrices qui ont été très exigeantes, mais qui avaient raison. Voilà, c'est des gens qui sont très professionnels, qui font bien leur travail. C'est-à-dire que nous, on n'est pas des professionnels, évidemment, de l'écriture ni de l'édition. Elles ont aussi nous guidé, nous orienté et même nous recadré quand c'était nécessaire.
- Speaker #0
Bien sûr. Et en parlant de recadrage, on peut aussi quand même remercier nos deux compagnes qui ont subi quasiment deux ans de... d'écriture, de relecture, de réunion et tout ça. En plus du podcast, ça fait beaucoup, beaucoup de travail. Donc, on peut aussi les remercier. Puis, si on ne le fait pas, on va se faire engueuler. Finalement, ce qui est étrange avec les débuts, c'est qu'on ne les reconnaît presque jamais sur le moment. La première enquête de Julien n'était qu'un dossier parmi d'autres. Le premier épisode du podcast, une expérience entre deux frères curieux de voir si quelqu'un allait les écouter. Et ce mail d'un éditeur, une surprise qu'on a d'abord relue deux fois pour être sûr de ne pas avoir mal compris. Avec le recul, pourtant, il nous semble que tout s'aligne. Une enquête qui donne envie de continuer, d'aller voir plus loin ce qui se cache derrière le phénomène OVNI. Un podcast qui devient petit à petit un rendez-vous régulier avec vous, et un moment où on partage nos interrogations, nos évolutions aussi. Et un livre qui nous donne l'occasion maintenant de raconter ces histoires autrement, en restant exigeant sur le contenu, mais peut-être en en disant un peu plus de l'endroit d'où l'on parle. Pas les grands mythes que l'on voit passer en boucle dès que le mot OVNI apparaît dans les médias, mais ces observations ordinaires, signalées en gendarmerie, étudiées par les enquêteurs du Gépan, où se mêlent parfois méprises, parfois mystères, et toujours des témoins qui, eux, sont bien réels. Au fond, ce livre est né exactement comme ce podcast, d'une conversation entre deux frères qui regardent le même ciel. mais qui ne le regardent pas tout à fait de la même manière. Et si vous voulez découvrir ces histoires, et bien cette fois, elles ne sont pas seulement dans nos épisodes, elles sont aussi dans un livre. Et ça, c'est une nouvelle étape de l'aventure.
- Speaker #2
Le livre Mystère OVNI, aux éditions Larousse, est disponible dès aujourd'hui en librairie et sur le web. Et si vous l'ouvrez, le premier chapitre porte un titre qui vous semblera peut-être familier. Car on peut y lire ces mots. Là où tout a commencé.
- Speaker #3
Surtout n'oubliez pas. Regardez le ciel et... Gardez l'œil ouvert.