- Speaker #0
Trans en Provence,
- Speaker #1
le podcast.
- Speaker #0
Pour une majorité de personnes, ce nom évoque certainement les vacances, le soleil qui cogne sur les restanques, les oliviers, les cigales, les petits villages perchés et les routes qui serpentent dans l'arrière-pays varrois. Bref, pas exactement l'endroit auquel on pense quand on imagine une histoire d'ovni. Et pourtant. Pour notre épisode de rentrée, nous allons justement retourner dans le Var et remonter le temps jusqu'au 8 janvier 1981. Parce qu'en plein hiver, dans cette campagne provençale, un homme va voir quelque chose tomber du ciel tout près de lui. Cette observation va devenir l'une des plus commentées et les plus médiatisées en ce début des années 80. Et c'est pour cette raison que Trans en Provence, pour les amateurs d'OVNI, a davantage le parfum du mystère que celui de la lavande. Bienvenue dans les dossiers OVNI. Aujourd'hui, nous ouvrons un dossier OVNI emblématique. Direction Trans-en-Provence.
- Speaker #1
Chaque observation d'OVNI raconte une histoire. Une histoire de femmes et d'hommes confrontés à l'inattendu. A travers leurs témoignages, les enquêtes et les archives, nous essayons de comprendre ce qui s'est réellement passé. Bienvenue dans le podcast Dossier aux vies.
- Speaker #0
Mais avant de nous intéresser à cette étrange observation, faisons un petit retour dans la France du début des années 80. Nous sommes donc en janvier 1981. La France est encore dans une période où le mot OVNI évoque encore très largement les soucoupes volantes, les petits hommes verts et les histoires venues des Etats-Unis. Mais quelque chose est en train de changer. Depuis quelques années, le sujet est également pris en charge par une structure pour le moins inhabituelle. Vous la connaissez, c'est le GEPAN, sans le I de information à l'époque.
- Speaker #2
Site de l'INA.
- Speaker #3
En 1970. a été créé un groupe d'études des phénomènes aérospatiaux non identifiés qui travaille donc à l'exploitation des témoignages.
- Speaker #0
Autrement dit, en France, on commence à essayer de regarder ces histoires avec les outils de l'enquête scientifique. Et justement, au début de cette année 1981, les dossiers OVNI ne manquent pas. Dans les archives actuelles du GEPAN, plusieurs observations étranges sont enregistrées dans les premières semaines de l'année. à Vaucresson, à Trans-en-Provence, puis encore à Calais, Perpignan, Vitrolles, Reims. Mais Trans-en-Provence va se distinguer par une particularité assez exceptionnelle. Le témoin affirme avoir vu un objet se poser et il va retrouver une trace à l'endroit où il pense qu'il s'est posé. Alors, remontons le fil. Nous sommes donc le 8 janvier 1981 et il est environ 17h. Le ciel commence progressivement à s'assombrir au-dessus de cette propriété située dans le village de Trans-en-Provence. Le témoin, Renato, se trouve sur sa terrasse supérieure ou restanque dans la langue du pays, de sa propriété. Ancien maçon, il travaille comme chaque jour dans son jardin. Et aujourd'hui ? Il a bien l'intention d'avancer autant que possible son chantier, construire un petit édifice en maçonnerie destiné à protéger une pompe. Il ne lui reste que peu de temps avant la tombée de la nuit et il sent la fraîcheur tomber sur ses épaules. Et soudain, il entend un bruit. On dirait un sifflement ou le passage du vent dans les arbres. Nikolai lève les yeux. Et là... Il voit en l'air un engin qui est à la hauteur d'un gros pin et qui descend doucement, tout droit, sans tournoyer. L'objet descend maintenant vers le terrain situé en contrebas de sa maison et il semble se poser. Pas s'écraser, mais se poser en douceur. Il n'y a pas de flamme en dessous ou autour de l'engin. Le témoin, intrigué, se rapproche. Il se blottit contre le mur d'une cabane située à une vingtaine de mètres de l'objet. Un peu en surplomb. Là, il observe l'engin. Il a l'aspect de deux assiettes, l'une renversée contre l'autre, et sa couleur est grise, comme celle du plomb. Il remarque également une sorte de bande plus épaisse sur le diamètre de l'objet. L'ensemble lui paraît mesurer environ 2,50 m de largeur pour 1,70 m de hauteur. L'observation est courte, car l'objet quitte le sol en soulevant un peu de poussière. Alors que l'engin s'élève, Renato distingue quatre formes circulaires d'un diamètre d'un seau de maçon qui semble dépasser de la structure. Deux semblent être des trappes, deux autres ressemblent plutôt à des réacteurs. Mais comme ils n'émettent ni flammes ni fumée, Renato pense que ce sont peut-être des sortes de pieds sur lesquels l'engin se pose. Puis l'ovni s'élève verticalement et disparaît rapidement. C'est tout. Quelques dizaines de secondes pendant lesquelles un homme qui était tranquillement en train de bricoler sur sa propriété se retrouve à quelques mètres d'un objet qu'il ne reconnaît pas. Mais c'est à ce moment-là que cette histoire prend une tournure différente. Parce que le témoin ne reste pas simplement là à se demander ce qu'il vient de voir. Comme beaucoup d'entre nous l'aurions fait, je pense. Il descend vers l'endroit où l'objet... auraient touché le sol. Et ils trouvent quelque chose. Une trace. Elle est approximativement circulaire. Environ 2 mètres de diamètre. A certains endroits, le sol présente ce que le témoin décrit comme des marques de ripage. Comme si quelque chose avait glissé ou frotté sur la Terre. Alors forcément, la question devient différente. Ce n'est plus seulement... Qu'est-ce que cet homme a vu ? Mais ça devient, qu'est-ce qui a laissé cette trace ? On imagine sans peine l'émotion de Renato quand il décide de rentrer dans sa maison. Quand sa femme rentre du travail, il lui raconte son observation, mais celle-ci ne la croit pas. Elle pense que c'est une plaisanterie. Par contre, le lendemain matin... Lorsqu'elle voit la trace en forme de cercle, elle téléphone aux voisins, qui viennent également voir cette trace, et ils conseillent tous à Renato d'appeler la gendarmerie. Et son affaire va intéresser les autorités puisque ce même 9 janvier, les gendarmes se rendent sur place. Ils auditionnent le témoin, constatent la trace, prennent des photos, et ils prélèvent des échantillons de terre ainsi que des plans de luzerne autour de la zone concernée. L'affaire est médiatisée rapidement, particulièrement par la presse locale, dont Nice Matin et Var Matin qui se font l'écho de cette observation dès le 10 et le 11 janvier. Cette médiatisation a une conséquence immédiate. Les ufologues privés arrivent sur place avant même que le Gépan ne puisse mener sa propre enquête. Puis la fameuse revue ufologique Lumière dans la nuit publie un article consacré à l'affaire, toujours en 1981. Mais c'est avec le résultat des analyses effectuées par le GEPAN que l'affaire va prendre une autre dimension, qui va en faire l'un des cas ufologiques français le plus connu et le plus médiatisé.
- Speaker #2
Journal télévisé, FR3, janvier 1984.
- Speaker #4
Ce GEPAN donc vient de publier un rapport concernant l'atterrissage d'un ovni à Trans-en-Provence, dans le Var, un atterrissage survenu au début de l'année 81.
- Speaker #0
Mais pour l'instant, en ce début 81, personne ne sait encore. ce que cette trace raconte. Et c'est justement là que nous allons nous arrêter pour retrouver Julien, qui va nous faire part des analyses et de leurs résultats, des hypothèses du rôle du Gépin. Pour l'instant, restons simplement sur cette scène initiale, vierge de tout embellissement. Il y a un homme sur sa terrasse lors d'une soirée d'hiver dans l'arrière-pays Varroa. Il entend un sifflement, un objet gris qui descend du ciel, qui se pose quelques secondes, puis le silence, et au sol, une marque de 2 mètres de diamètre. Alors qu'est-ce qui s'est réellement passé à Trans-en-Provence ce soir-là ? C'est ce que nous allons maintenant essayer de comprendre avec Julien.
- Speaker #1
Ce que nous savons, c'est ce que le témoin a raconté. Mais ce n'est que le début de l'histoire. Maintenant, il faut regarder ce qui peut être vérifié et ce que l'enquête nous apprend.
- Speaker #0
Voilà donc ce que raconte Renato Nicolae. Un objet qui descend en sa propriété. qui reste là quelques instants, puis qui repart. Et surtout, après son départ, il y a ces fameuses traces au sol.
- Speaker #5
Oui, c'est là que vraiment commence l'affaire Trans-en-Provence. Et là, aujourd'hui, on met les pieds dans une histoire qui a fait couler beaucoup, beaucoup d'encre. C'est peut-être le cas français le plus célèbre. Je me rappelle avoir vu des reportages quand on était petit. Et polémiques en plus, parce qu'il y a beaucoup d'avis, de gens qui ont des avis sur le sujet. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, exceptionnellement, on ne va pas se baser uniquement sur le rapport du Gépin. Et on va aussi prendre en considération des contre-enquêtes sérieuses qui ont pu être faites depuis.
- Speaker #0
C'est vrai que ça date un peu et puis c'est vrai que le cas avait été médiatisé, comme on l'a dit dans la première partie. Moi j'ai vraiment le souvenir d'avoir vu des reportages quand on était petit pour nous. Trans en Provence c'était presque mythique, c'était le cas qui était vraiment mystérieux par essence et ça a été présenté à l'époque comme un cas super solide et avec des preuves.
- Speaker #5
Oui, et ce qui va transformer ce dossier en l'un des cas français les plus célèbres, c'est que cette fois... On ne va pas seulement interroger un témoin, on va photographier, on va prélever, on va envoyer des échantillons dans des laboratoires, on va analyser le sol, analyser des végétaux, bref, il y a des éléments concrets. Mais avant de parler de ces analyses, on va regarder d'abord les traces. Parce que le lendemain de l'observation, le 9 janvier 1981, les gendarmes viennent sur place. Et dans le procès verbal reproduit par le GEPAN, ils décrivent deux cercles concentriques de 2,20 m et 2,40 m de diamètre. Donc ça, c'est déjà intéressant. et qui forment une couronne d'environ 10 cm d'épaisseur. C'est quand même pas rien. Et sur cette couronne, deux portions diamétralement opposées, longues d'environ 80 cm, présentent des stris noirs. Donc il y a une formulation intéressante dans les tout premiers éléments transmis au Gépin. Le telex de la gendarmerie parle de deux arcs de cercle ressemblant à des traces de ripage de pneumatiques. Et alors ça, on verra que dans les contre-enquêtes, ils insistent beaucoup là-dessus.
- Speaker #0
Oui, parce que dès le départ, les gendarmes regardent les traces Merci. Laissé par le supposé OVNI, en fait, tout vient de ces traces. Et il pense à des pneus. Mais même, il parle assez vite de ripage de pneus. Il y a des stris, effectivement.
- Speaker #5
Ils ne disent pas que ça en est. Ils disent que ça ressemble à des traces de ripage de pneumatiques. Ce n'est pas une identification.
- Speaker #0
Oui, mais quand même. Nous, on l'a vu dans plusieurs épisodes. Le premier instinct des témoins, leur première interprétation, c'est souvent la bonne. Et est-ce que le GEPAN, sans le I à l'époque, étudie la piste ?
- Speaker #5
Alors ça... on va faire du rumple suspense, on va revenir là dessus parce que garde juste ça dans un coin pneumatique,
- Speaker #0
on y reviendra Alors pneu, tu me fais le coup de l'indice qu'on retrouve 15 minutes plus tard Bon et après ces ripages, après ces constatations qu'est-ce qui se passe alors ?
- Speaker #5
Alors le lundi 12 janvier, le GPAN prend connaissance de l'affaire, les gendarmes ont déjà effectué des prélèvements dès le lendemain de l'observation mais pas de chance, le week-end est marqué par de fortes précipitations donc après consultation de la gendarmerie locale Le GEPAN décide de ne pas intervenir immédiatement. Et ça, c'est marqué comme ça dans la note technique.
- Speaker #0
Oui, je crois qu'ils arrivent beaucoup plus tard. Ils arrivent quand en fait ?
- Speaker #5
Ils arrivent le 17 février.
- Speaker #0
Attends, mais l'observation c'est le 8 janvier. Donc ils arrivent à 40 jours plus tard.
- Speaker #5
Oui, mais attention, il y a déjà eu des constatations et des prélèvements de la gendarmerie. Le GEPAN n'arrive donc pas 40 jours plus tard sur le site. Donc personne ne serait occupé.
- Speaker #0
Oui, mais le site, forcément, il s'est passé des choses pendant ce temps dessus.
- Speaker #5
Ça, c'est précisément un des problèmes qui sont soulevés par les contre-enquêtes. Et ce qui est assez intéressant, C'est que le GEPAN lui-même explique au début de sa conclusion que les traces physiques ne constituent pas une bonne source d'informations si elles ne peuvent pas être analysées avant que les effets se dissipent. Donc ça passerait par une protection du site, des prélèvements rapides, conditions atmosphériques normales. En fait, c'est comme une enquête de police.
- Speaker #0
La scène est corrompue.
- Speaker #5
La scène est corrompue. Or ici, on a de la pluie et 40 jours qui se sont passés.
- Speaker #0
Bon, mais ça n'arrange pas nos affaires, ça.
- Speaker #5
Mais maintenant, il faut rendre justice à l'autre côté du dossier. Parce que si Trans-en-Provence est devenue aussi célèbre, ce n'est pas uniquement à cause de deux arcs dans la Terre.
- Speaker #0
Ah, alors j'imagine que là, on va parler des fameuses analyses qu'on évoque dans la première partie, mais dont on n'a pas donné les résultats.
- Speaker #5
Et voilà, parce que le Japon va faire analyser le sol et les végétaux. Et on va voir que les résultats ne sont pas simplement, on n'a rien trouvé sur le sol. La note technique estime même pouvoir mettre en évidence qualitativement les traces d'un événement. ayant entraîné des déformations mécaniques, un échauffement et peut-être même des apports de matériaux.
- Speaker #0
Donc, il s'est réellement passé quelque chose à cet endroit ?
- Speaker #5
Alors, c'est rigolo parce que c'est la conclusion que j'ai pensée sur ces analyses. Le rapport emploie même une expression assez forte. Il part d'un événement de grande ampleur.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #5
Et le terme figure dans la note technique.
- Speaker #0
Et échauffement, alors ça veut dire quoi ? Que le sol a brûlé ou quoi ?
- Speaker #5
C'est difficile à dire parce que là aussi, bon... le GEPAN va quand même rester prudent. Le GEPAN va dire qu'il ne peut pas obtenir une appréciation quantitative précise de la masse de la pression et de l'échauffement. Et il ajoute que les interprétations possibles, les chocs, les frottements et autres, restent trop diverses et trop vagues pour confirmer définitivement le récit d'un témoin.
- Speaker #0
Donc, déjà, on peut dire qu'on a un phénomène physique, ça oui, mais ce coup volante, on n'y est pas encore.
- Speaker #5
Non, mais bon, c'est déjà pas si mal.
- Speaker #0
Et les plantes alors, puisqu'il y a eu des prélèvements autour ?
- Speaker #5
Oui, oui, oui. Alors les plantes, c'est probablement la partie qui a le plus contribué à la réputation dite scientifique de Trans-en-Provence. Certains disent que c'est le premier ovni scientifique. Alors des végétaux sont prélevés à différentes distances de la trace, et il s'agit notamment de lusernes sauvages. Et les analyses biochimiques mettent en évidence plusieurs différences entre les échantillons proches de la trace et ceux qui en sont éloignés. Et le rapport étudie notamment des pigments liés à la photosynthèse des lipides, des sucres ou des acides animés.
- Speaker #0
Ça me rappelle un peu l'affaire de la marrante, ça ressemble un petit peu. Et donc ces différences, elles suivent la distance.
- Speaker #5
Alors pour plusieurs paramètres, le rapport observe effectivement des relations avec l'éloignement par rapport à la trace. Et certaines transformations des pigments conduisent même les auteurs à envisager l'action possible d'un champ énergétique de type électrique. Là ça devient rigolo. Mais le rapport précise aussi, pour nuancer évidemment, que d'autres expériences sont nécessaires pour comparer ces modifications avec celles produites par des... des traumatismes physiques.
- Speaker #0
C'est là qu'arrive l'histoire dont on entendait parler quand on regardait les informations et tout ça, les micro-ondes.
- Speaker #5
Tu t'en souviens toi aussi. Je ne sais pas pourquoi, ça m'est resté en tête moi aussi. On avait vu un reportage, je crois qu'on parle du même en fait, où quelqu'un, soit du GEPAN, soit d'un gendarme, disait que la luzerne avait été bombardée de micro-ondes. Moi, je me rappelle, l'image ne m'avait plus. J'imaginais Renato avec son four micro-ondes, une rallonge qui fait une sorte de blague. En tout cas, Michel Bounias, qui réalise les analyses biochimiques, envisagera notamment un effet électromagnétique. Et la contre-enquête d'Eric Maillot montre qu'il a rapproché les perturbations constatées d'un possible champ électromagnétique de type micro-angle pulsé.
- Speaker #0
Là, je comprends mieux pourquoi le cas est devenu mythique, même si je ne comprends pas tout ce...
- Speaker #5
Non, moi non plus. Moi non plus, mais c'est vrai qu'il faut se mettre à la place de quelqu'un qui découvre l'affaire. Tu as quelqu'un qui raconte qu'un objet s'est posé chez lui, il y a des traces à l'endroit qu'il désigne, il y a des laboratoires qui détectent des modifications du sol, tu as un chercheur de l'INRA, c'est pas rien, qui constate des perturbations dans les végétaux. Et tout ça publié sur un organisme du CNES, bah oui, ça a tout du sérieux.
- Speaker #0
Bah ouais, alors sur le papier, c'est probablement l'un des dossiers les plus impressionnants qu'on ait raconté ici. Je sais même que, depuis le début, moi je te dis qu'on raconte Trans-Saint-Provence et on a du mal à y venir dessus parce que, je sais pas si on a peur de tuer un peu le mythe qu'on a nous-mêmes entretenu, mais c'est vrai que ça me rappelle un peu la Marante, ça fait partie des cas vraiment emblématiques, quoi.
- Speaker #5
C'est ça, sur le papier, c'est effectivement assez impressionnant, alors maintenant on va retourner le papier.
- Speaker #0
Voilà, bon mais c'était trop beau, alors allons-y, j'imagine qu'il y a des choses qui clochent.
- Speaker #5
Allez, on va maintenant attaquer ce qui cloche. D'abord, il faut regarder comment les végétaux ont été prélévés. Le croquis de la note technique montre plusieurs prélèvements répartis suivant un axe avec un échantillon de témoins situé à 20 mètres. Donc, dans les contre-enquêtes, ils vont reprocher à ce protocole d'être asymétrique, tout simplement. Et les prélèvements s'arrêtent au niveau de la trace au lieu de se poursuivre de l'autre côté. Et puis, d'autre part, il n'y a pas de deuxième axe qui permet de voir si, finalement, c'est concentrique ou pas. Donc, dans les contre-enquêtes, ils insistent pas mal là-dessus.
- Speaker #0
Sinon, le vrai maximum pourrait être très bien un mètre plus loin, en fait.
- Speaker #5
Oui, parce que ça n'a pas été mesuré. Donc, dans le livre « Les OVNI du CNES » , Mayol... Le formule très clairement, avec ce protocole, on ne peut pas démontrer que l'effet maximal se trouvait précisément au centre présumé de la trace. Et on ne peut pas non plus démontrer, à partir de ces seules analyses, que l'altération de végétaux a commencé le 8 janvier.
- Speaker #0
Donc c'est un premier problème, les anomalies mesurées peuvent être réelles, mais leur origine, on n'en sait rien, ça reste à démontrer.
- Speaker #5
Oui, d'ailleurs le GEPAN lui-même est beaucoup plus prudent que ce qu'on a pu en dire plus tard. Sa conclusion dit que les connaissances... soit traumatismes végétaux sont encore trop parcellaires pour fournir une explication précise et unique des résultats.
- Speaker #0
Alors moi c'est pour ça que j'aime bien revenir sur ces cas-là souvent, parce qu'en fait depuis le début on dit revient aux sources, en fait on revient au récit initial et à ce qui est passé au début, parce qu'effectivement on entend souvent dire que le CNES a prouvé que les plantes avaient été irradiées par l'ovni, donc c'est des raccourcis vraiment.
- Speaker #5
Ah oui, parce que le rapport est beaucoup plus prudent que ça. Et il y a cette phrase qu'on a citée tout à l'heure sur un événement exceptionnel qui est assez fort, Le reste ? Ils sont très prudents parce que là, ils publient les résultats des analyses, mais sans en faire d'interprétation. Ils disent qu'on est limité par... Donc finalement, le CNES a prouvé que les plantes ont été irradiées par l'ovni. Non, ce n'est pas ce que dit la technique.
- Speaker #0
Et en plus, c'est 40 jours. Qu'est-ce qui a pu arriver aux plantes pendant ces 40 jours ?
- Speaker #5
C'est difficile à reconstituer, mais dans les contre-enquêtes, ils font remarquer que le site a été fréquenté. C'est Eric Maillot qui attire l'attention sur les traces de pas qui sont visibles sur les photographies. Et qui envisage même le piétinement comme une des causes possibles de l'état de certains échantillons. Mais là encore, d'un côté comme de l'autre, on n'a pas de certitude. On ne peut pas dire que les anomalies sont dues au piétinement. En fait, on ne sait pas trop.
- Speaker #0
Et en plus, tu nous disais qu'il y a eu de fortes pluies pendant ces 40 jours-là.
- Speaker #5
Oui, on le sait parce que le GEPAN l'a mentionné lui-même pour expliquer pourquoi il ne se déplaçait pas immédiatement.
- Speaker #0
Notre scène de crime scientifique, comme on l'a dit tout à l'heure, commence à être un peu moins propre. que ce qu'on aurait pu attendre.
- Speaker #5
Voilà, c'est une bonne façon de résumer le problème. On aurait dû mettre des trucs orange et jaune autour, en plastique. Oui,
- Speaker #0
c'est ça, comme dans les films.
- Speaker #5
Et donc, ce cas va attirer la curiosité de beaucoup de monde, des sceptiques comme des croyants. Et parmi les documents que nous avons utilisés pour préparer cet épisode, il y a notamment le chapitre consacré à Transfond-Provence dans le livre Les OVNI du CNES.
- Speaker #0
Alors, ça, c'est un nom que nos éditeurs connaissent, pour les plus fidèles, c'est David Rossoni. Puisqu'on l'avait déjà reçu dans ce podcast à propos d'un autre cas mythique, dont on parle décidément beaucoup en lien avec Trans-Provence, qui était le cas de Lamarante. Et puisqu'il avait fait une contre-enquête, et effectivement, on avait trouvé ça intéressant de lui donner la parole pour qu'il nous explique comment il avait procédé à cette contre-enquête, et ce qui a été ressorti de cette contre-enquête pour Lamarante.
- Speaker #5
Dans le même livre d'ailleurs.
- Speaker #0
Et donc ce chapitre est extrait du même livre, Les Ophénie du CNES, qu'il a écrit avec Éric Maillot, qui est aussi... l'auteur du dossier du cercle zététique qu'on utilise. Et il avait participé avec Michel Figué à une contre-enquête.
- Speaker #5
Oui, donc il y a eu un vrai travail de reprise du dossier. Ce n'est pas juste quelqu'un qui est dans son canapé et qui regarde ça de loin, avec des rencontres avec le témoin. Alors ça ne veut pas dire non plus que toutes ces conclusions sont justes, évidemment. Son texte est très engagé et franchement polémique. Certains éléments qu'il soulève méritent d'être confrontés à notre technique, évidemment.
- Speaker #0
Alors tu as des exemples ?
- Speaker #5
Alors le pneu, on revient.
- Speaker #0
Alors le retour du pneu.
- Speaker #5
Alors, regardons les photographies et les descriptions. Maillot soutient que l'image, souvent donnée d'une belle trace circulaire, est trompeuse. Il attire notamment l'attention sur une marque rectiligne associée aux arcs et sur d'autres traces de roues visibles sur le chemin et sur la zone. Et dans le chapitre du livre Les OVNI du CNES, il signale aussi qu'une photographie prise le 13 janvier montre clairement des traces de roues à l'entrée du chemin.
- Speaker #0
Ouais, donc des véhicules passent bien par là, j'imagine.
- Speaker #5
Oui, ça c'est pas surprenant, il y avait de l'activité sur la propriété, on le sait bien. Mais Mayot va plus loin. Il regarde les analyses du GEPAN, il remarque des constituants retrouvés dans les particules noires. Notamment, alors on va revenir dans le technique, une matrice polymérique carbonée du noir et de carbone, du zinc et des phosphates. Et puis il fait remarquer que le noir et du carbone sont massivement utilisés dans la fabrication de pneumatiques. Et que plusieurs autres des constituants peuvent également entrer dans leur composition.
- Speaker #0
Alors là, attend, parce que les gendarmes disent ça dès le début. Ça ressemble à du ripage, on va parler de ripage de pneumatiques. Donc, on trouve des traces de roues dans le secteur, et dans les prélèvements, on trouve des matériaux compatibles avec du pneu.
- Speaker #5
Voilà, c'est l'argument de Bayou, en tout cas.
- Speaker #0
Donc, soit ça veut dire que les soucoupes volantes arrivent et qu'elles se posent avec leurs pneus. Ce qui serait un peu curieux, soit c'est une trace de pneu de camion ou autre.
- Speaker #5
Oui, mais bon, encore une fois, on n'a pas de certitude. Ce que permet de dire cette étude, c'est que l'hypothèse d'un ripage de pneus est compatible avec plusieurs éléments du dossier, et qu'elle mérite d'être considérée. Mais ça ne veut pas dire qu'avec le document que nous avons, on peut dire euh Tel véhicule, tel jour, à telle heure, a produit telle trace, ça ne l'a pas. Donc, il y a une autre difficulté.
- Speaker #0
Oui, quand même. Parce que même si demain, tu démontrais de façon absolue que les traces sont celles d'un véhicule, ça n'explique pas ce que Nicolas dit avoir vu. À moins, encore une fois, que les secours volantes et des pneus arrivent et fassent un petit dérapage contrôlé. Comme on faisait quand on était petit avec nos vélos.
- Speaker #5
C'est ça. Ça, ça nous amène sur une autre question, finalement. Est-ce que l'objet qu'il décrit pourrait avoir produit ces traces, ces traces rondes ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #5
C'est justement une des grandes sections aussi des objections, pardon, des contre-enquêtes. Nicolas Y décrit sous l'objet des sortes de pieds, des tuyères, c'est les ovnis, toi les boulons comme tu disais, comparés dans certaines versions. à des sauts de maçons renversés. Et dans les contre-enquêtes, ils soulignent que les éléments ne correspondent pas du tout à deux arcs striés observés au sol. Et Maillot insiste aussi sur le fait que Nicolas dit que l'objet ne tournait pas, alors que les arcs évoquent clairement un mouvement de ripage.
- Speaker #0
Ouais, donc on a peut-être fait un raccourci très humain. Nicolas, il dit que l'objet était là, on trouve une trace à peu près là, et donc la trace et l'objet sont... Et en plus, lui, il le présente à sa femme. En disant, viens voir, j'ai la preuve qu'il y a une soucoupe qui a atterri, parce qu'au début, elle ne le croit pas. Et ils lui montrent la trace, et ils appellent les voisins pour venir voir la trace. Et tout se passe autour de cette trace. Et alors, qu'est-ce qu'il en dit, le Gépin, là-dessus ?
- Speaker #5
Alors, le Gépin, il en revient à sa formulation initiale. Il parle de traces au sol, en relation supposée avec l'observation du témoin, je cite.
- Speaker #0
Ouais, ce petit mot supposé qui revient à nous hanter, quoi.
- Speaker #5
Tout est dans ce petit mot, et à partir de là, on peut imaginer un scénario beaucoup moins extraordinaire. T'as un Nikolai qui observe quelque chose, quoi que ce soit, on ne sait pas encore. découvre une trace préexistante et associe les deux. Alors ce serait une méprise ou pire, ça on verra tout à l'heure. Les contre-enquêteurs vont envisager quelque chose de le plus radical. Là, ils vont commencer à parler du canular.
- Speaker #0
Alors ça, tu le dis souvent, les canulars sont assez rares. Et là, il faut qu'on soit très clair. Est-ce qu'on a une preuve que Nicolas y a menti ?
- Speaker #5
Ah non, non, non. Et je préfère le dire avant même de raconter l'hypothèse. Ce qui suit, c'est un scénario proposé par Michel Mondry dès 1984, repris ensuite dans les contre-enquêtes. C'est pas un fait établi, c'est une hypothèse.
- Speaker #0
D'accord, et alors c'est quoi cette hypothèse ou ce scénario ?
- Speaker #5
Alors, il est assez rigolo parce que finalement, il ne suppose pas un canular sophistiqué. Il n'y a pas de maquette, pas de trucage photographique, pas de flots extraterrestres, et même pas besoin que Nicolas fabrique la trace.
- Speaker #0
Alors, il aurait fait quoi ?
- Speaker #5
Alors, en fait, il aurait tout simplement raconté une histoire à sa femme. Et là, il faut revenir à quelque chose qu'on oublie souvent dans le récit de Transfond Provence et qui, pour moi, est au cœur du problème quand même. Nicolas Y. Ce n'est pas celui qui va spontanément chercher les gendarmes pour faire connaître son observation.
- Speaker #0
Et oui, puisqu'on le voit, c'est sa femme qui appelle la voisine, je crois.
- Speaker #5
Ouais, ouais, ouais. Et dans le scénario des contre-enquêtes, Nicolai raconte son histoire à son épouse. Elle pense d'abord à une plaisanterie, mais la trace, comme tu le disais, contribue à la convaincre. L'histoire arrive ensuite jusqu'à une voisine qui se trouve être intéressée par les secousses volantes. Et c'est elle qui va recommander de prévenir les gendarmes et qui finit par les contacter elle-même.
- Speaker #0
Ah ouais, donc si, et j'insiste sur le si, si Nicolas avait simplement voulu faire une blague à sa femme, il aurait perdu le contrôle de sa blague. On l'a déjà vu, t'en rappelles, en 54, beaucoup de gamins disaient avoir vu des ovnis et après ils n'arrivaient plus, comme les gendarmes étaient au courant et tout, on donnait tellement de crédit à ce qu'ils disaient qu'ils n'arrivaient plus à se dégager de leurs propres mensonges. Et là, Nicolas, il voit les gendarmes qui arrivent chez lui.
- Speaker #5
Et donc dans cette hypothèse, il aurait été totalement dépassé par sa propre blague. C'est ce que Monnery appelle l'effet boule de neige, imagine. La gendarmerie se présente au domicile. Nicolas, un peu coincé, il maintient son récit. Un PV est dressé. Là, ça devient officiel. Puis arrivent des enquêteurs privés, puis la presse, puis le GEPAN, puis des scientifiques. Ils décrivent cette mécanique. Une fois passé le cap de l'interrogatoire officiel, l'affaire prend de l'ampleur et il devient de plus en plus difficile pour Nicolas de revenir en arrière.
- Speaker #0
En plus, il y a des gens importants qui viennent. Pour avoir une plaisanterie, ça devient coûteux quand même. Sauf qu'à la fin, tu as le CNES qui analyse tes salades. Et là, effectivement, la blague part peut-être trop loin. Mais pourquoi les auteurs pensent-ils que Nikolai aurait fait ça dès le départ ?
- Speaker #5
Là encore, il faut être prudent parce que Monnery construit une psychologie possible du témoin. Alors, plaisanterie destinée à son entourage, utilisation opportuniste d'une trace existante, puis impossibilité de se dédire. Ça, c'est les éléments du scénario. Ce n'est pas des faits que l'enquête a établis.
- Speaker #0
Oui, donc on ne va pas raconter ses motivations comme si on était dans sa tête. Oui,
- Speaker #5
c'est ça. Mais ce qu'on peut vérifier, en revanche, c'est que la chaîne d'alerte ne correspond pas à l'image d'un témoin qui court immédiatement chez les gendarmes parce qu'il a été affolé, parce qu'il a vu un ovni. Ça, c'est vrai. Et ça rend l'hypothèse du type dépassé par son histoire envisageable, disons. Et dans la contre-enquête, ils vont beaucoup plus loin. Ils considèrent ce scénario comme nettement plus probable que l'interprétation extraterrestre.
- Speaker #0
Oui. Alors, nous, on va s'arrêter avant. J'ai lu que Patrice serait quand... qu'on reçoit souvent dans le podcast, était allé enquêter pas très longtemps après et qu'il avait trouvé la femme très volubile. Elle n'arrêtait pas de tout ramener à la trace et le mari assez taiseux et qui souriait souvent en coin. Bon, alors...
- Speaker #5
Ça ne dit rien, mais ça donne une indication.
- Speaker #0
Mais après, on n'a pas la pièce qui permettrait de transformer l'hypothèse en démonstration, c'est-à-dire un aveu. Ben non,
- Speaker #5
exactement.
- Speaker #0
Alors, donc je récapitule. Donc on a un témoin unique, mais on a une trace réelle.
- Speaker #5
Oui, avec des marques au sol, oui.
- Speaker #0
On ne s'est pas démontré qu'elles ont été produites par l'objet décrit. Mais par contre, on a des modifications physiques au sol.
- Speaker #1
Donc le GEPAN conclut à des effets mécaniques et un échauffement, mais reconnaît que l'interprétation reste trop vague pour confirmer définitivement le témoignage.
- Speaker #0
Donc, il y a aussi des anomalies biochimiques dans les plantes.
- Speaker #1
Et là encore, le GEPAN prudent va dire qu'il ne dispose pas des connaissances suffisantes pour donner une interprétation précise et unique des résultats qui ont été donnés par l'INRA.
- Speaker #0
D'accord. Et en face, on a une hypothèse de pneus étayés par plusieurs indices, quand même assez fort, mais pas démontrée jusqu'à l'identification d'un véhicule précis.
- Speaker #1
Voilà, et un peu plus loin, il y a l'hypothèse du canilar qui fournit un scénario cohérent au lieu de ses auteurs, mais sans aveu formel du témoin.
- Speaker #0
Donc il n'y a pas de réca qui vient à ce niveau-là de la conversation ?
- Speaker #1
Non, c'est ça qui est intéressant, parce que Transcend Provence est souvent raconté de deux manières complètement opposées. C'est-à-dire, on a la version, c'est le cas où le CNES a scientifiquement prouvé que 9000 s'étaient posés. Quand on lit la note technique, ce n'est pas ce qui est dit du tout. Et la deuxième version... On sait que c'est une trace de pneu et que Nicolas avait tout inventé, mais avec les documents dont on dispose, là aussi, ça allait trop loin.
- Speaker #0
Bon, alors, qu'est-ce que dit réellement le GEPAN ? Parce qu'il faut bien qu'il dise quelque chose de ce cas.
- Speaker #1
Ben oui, ce qui a forcément une conclusion. Alors là, prudence, prudence, je pense qu'on va laisser parler le rapport. Alors, dans sa synthèse finale, le GEPAN commence par le témoin, comme d'habitude. Il explique que l'enquête n'a pas mis en évidence, dans ses récits successifs ou dans son comportement, d'indices révélant un processus particulier d'invention, d'exagération ou même de déformation.
- Speaker #0
Donc le G-Pan considère... Nicolas est comme crédible.
- Speaker #1
Oui voilà, on ne va pas s'engager là-dedans, on va par défaut le considérer comme crédible. Il considère qu'il n'a pas trouvé d'élément permettant de mettre son témoignage en doute de cette manière, mais, et la phrase suivante est essentielle, le rapport rappelle en substance que l'absence d'indices de mensonges ne suffit pas à certifier la véracité du témoignage.
- Speaker #0
Effectivement, ils sont très prudents.
- Speaker #1
Oui, très très prudents. Et ensuite arrivent les traces physiques. Donc le GEPAN estime qu'un événement important a affecté le sol, ça c'est marqué comme ça, Des déformations mécaniques, des échauffements, peut-être des apports de matériaux, mais ajoute immédiatement que les interprétations possibles restent trop diverses pour fournir une confirmation définitive. Ce coup de volant de pneu, on ne sait pas. Et enfin, il y a les végétaux. Et là, il y a de nombreuses différences qui sont mesurées en fonction de la distance, mais là encore, le rapport dit qu'il est impossible d'en fournir une interprétation précise et unique.
- Speaker #0
Et pourtant... Tu as bien parlé tout à l'heure d'un événement de grande ampleur. Ça s'est noté comme ça dans le rapport.
- Speaker #1
Oui, c'est rare de voir ça dans un rapport du GEPAN. La dernière idée forte de la conclusion, c'est là-dessus, qu'il faut au minimum constater qu'un événement de grande ampleur est intervenu à cet endroit.
- Speaker #0
C'est quand même fort, comme tu dis. Mais par contre,
- Speaker #1
ils ne peuvent pas dire ce que c'était. C'est pour ça que je trouve la vraie conclusion du GEPAN plus intéressante que sa version mythifiée, finalement. Plus intéressante, mais moins amusante, hyper présente. jamais cette conclusion ne dit en approuver l'atterrissage d'un engin extraterrestre, et dit en substance, nous avons un témoin dont l'enquête n'a pas permis de discréditer les récits, nous avons des effets physiques et biologiques, mais nous n'avons pas une interprétation suffisamment précise pour établir définitivement le lien entre les deux. Voilà ce que ça dit la note.
- Speaker #0
Donc, après toutes ces années, si on reste strictement sur le dossier, il reste une inconnue. Est-ce que ce qui a laissé la trace est vraiment ce que Nikolai dit avoir vu ?
- Speaker #1
C'est probablement la question centrale.
- Speaker #0
Finalement, on commence l'histoire en se demandant quel était cet ovni et on la termine avec une question beaucoup plus basique. Est-ce que l'ovni et la trace ont seulement quelque chose à voir ensemble finalement ?
- Speaker #1
On ne pourra pas aller plus loin je pense.
- Speaker #0
Je crois qu'on va pouvoir laisser Trans en Provence là où il est depuis plus de 40 ans dans la catégorie des affaires qui résistent à une conclusion définitive. C'est peut-être pour ça qu'il est emblématique.
- Speaker #1
Oui, mais il reste une toute petite chose.
- Speaker #0
Ah, je le savais.
- Speaker #1
Et cette fois, c'est un... Petite chose qui ne vient ni du Gépin, ni d'un laboratoire, ni d'une analyse de pigments ou quoi que ce soit. Elle vient de Nicolas lui-même.
- Speaker #0
Ah, alors qu'est-ce que c'est que cet élément-là ?
- Speaker #1
Alors, c'est un élément rapporté. C'est Eric Maillot qui rapporte qu'au cours d'un de ses échanges avec Michel Figué, Nicolas lui aurait confié une phrase, et une phrase que moi j'aime bien, qui dit « Il y a tellement de couillons dans ce monde, un jour je vous dirai la vérité » .
- Speaker #0
Ouh, ça sonne comme un aveu ça un peu.
- Speaker #1
Alors ça ne fait pas une preuve. D'abord parce que cette phrase nous est rapportée de façon très indirecte, donc on ne sait pas si elle a vraiment été dite. Et ensuite parce que même si Nicolas l'a prononciée ainsi, toute la vérité ça peut vouloir dire beaucoup de choses, ça ne veut pas dire j'ai inventé mon histoire.
- Speaker #0
Ouais, c'est pas un aveu mais c'est quand même une drôle de phrase à laisser derrière soi quand on est le témoin central de l'une des plus célèbres affaires ovni français. Et puis moi je ne peux pas résister à associer ça au petit sourire que décrit Patrice. Quand la femme de Nicolas se mettait à parler de la trace et de l'ovni vu par son mari, et où lui regardait Patrice en souriant, il a bien souligné ça, Patrice.
- Speaker #1
Sa femme et sa voisine étaient finalement plus intéressées, plus impressionnées parce qu'elle l'avait vu lui-même.
- Speaker #0
C'est ça. Et est-ce qu'il l'a finalement raconté ?
- Speaker #1
Ben non, pas dans les documents dont nous disposons. Il y a des rumeurs, on en parlait tout à l'heure, sur son lit de mort et le risque.
- Speaker #0
J'ai entendu ça, moi, il n'y a pas longtemps, mais je ne sais plus, je n'ai pas retrouvé ou si je l'avais entendu, il aurait dit sur son lit de mort que tout ça avait été inventé. Mais bon, finalement, le dernier mystère de Trans en Provence, ce n'est peut-être pas seulement de savoir ce qui s'est posé dans son jardin, c'est peut-être de savoir ce que Renato Nicolae avait encore à raconter.
- Speaker #2
C'est la fin de cet épisode de Dossier OVNI. L'histoire a été racontée, l'enquête a été menée, les faits, eux, sont là. Pour le reste, chacun se fera son idée. Retrouvez Dossier OVNI sur les réseaux sociaux. Et comme toujours, tournez la tête vers le ciel.
- Speaker #3
Mais gardez les pieds sur terre. Dossier OVNI, le podcast.