MaxMoi je rentre à Excellia, j'ai 17 ans, je suis un jeune homme passionné de musique qui ne sait pas spécialement ce qu'il veut faire dans la vie, mais j'ai conscience que la musique c'est un milieu compliqué et que c'est peut-être plus intéressant pour moi. moi de poursuivre mes études et la musique on verra après. Du coup je découvre Excellia qui propose un parcours international et je me dis que ça pourrait être intéressant pour moi parce que les langues c'est quelque chose qui me plaît. Je parle déjà français, anglais, espagnol et j'apprends le chinois depuis quelques années. J'ai une famille très internationale, des ongles, des tentes mariées à des étrangers, d'autres qui vivent à l'étranger et du coup ce programme me parle donc je décide de rejoindre Excellia tout en mettant la musique un petit peu de côté en le gardant juste comme un hobby. Je suis donc un programme international et la troisième année nous permet de partir pour un an d'échanges universitaires. Moi je décide de partir en Chine justement parce que j'apprends déjà la langue et du coup on part pour la ville de Xi'an en plein milieu de la Chine on part à 40 pour un échange d'un an dans le but d'obtenir un double diplôme en langue, culture et économie chinoise et du coup on se retrouve En plein milieu de la Chine, pour une première expérience aussi longue à l'étranger, c'était un sacré choc. Du coup, je passe un an là-bas, entouré de pas mal d'étrangers. Et puis, ce qui se passe, c'est que suite à cette année d'échange, je dois faire un stage de fin d'études de six mois. Et je me dis, j'ai testé l'expérience en école, pourquoi pas tenter l'expérience professionnelle en Chine ? Donc je cherche un stage sur place. Et je trouve un stage en tant que directeur marketing pour une entreprise franco-chinoise, un stage dans la ville de Nantong, à 1h30 de Shanghai. Et je me dis, bon, c'est un très bon poste pour un stage, pourquoi pas. J'obtiens le stage et je pars là-bas pour une nouvelle expérience professionnelle de 6 mois. Le stage se passe très bien, puisque à l'issue du stage, les directeurs me proposent le poste de directeur général de l'entreprise. Moi, j'ai... 19, 20 ans, je me dis que je n'aurai jamais ce type de proposition en France. Donc évidemment, j'accepte le poste. Je rentre en France pour six mois pour finir mon diplôme, tout en travaillant à distance. Et le diplôme en poche, je repars directement pour la Chine, pour commencer ma carrière professionnelle en Chine. J'entame une vie de bureau, on va dire, costume, cravate, 9h, 17h. Je manage des grosses équipes, je travaille sur des projets, je gagne très bien ma vie. Ça ne me plaît pas spécialement. Je ne me retrouve pas trop dans ce que je fais, mais je me dis que la vie c'est ça, il faut travailler, il faut gagner sa croûte. Donc je fais ça, mais dès que j'ai du temps libre, le soir, le week-end, je sors beaucoup. Je rencontre pas mal de gens, je me fais beaucoup d'amis. Je suis dans une ville où il y a très peu d'étrangers, beaucoup de Chinois, donc je me plonge vraiment dans la culture. Je m'améliore aussi énormément en chinois, parce que là-bas personne ne parle anglais. j'ai pas trop le choix mon temps libre c'est beaucoup de sorties je rencontre des artistes etc qui organisent des événements donc je me mets à à organiser des événements avec eux le week-end et dès que le week-end se termine le lundi je repars au travail un jour un lundi je pars travailler j'avais 500 mètres à pied pour aller au travail et à mi-chemin je dois traverser le feu est rouge j'attends et là il y a un chinois juste à côté de moi qui qui lui n'attend pas que le feu passe au vert, il traverse sans regarder, il se fait renverser. En fait je vois ce chinois mourir devant moi. Cet événement ça a été pour moi un déclic. En fait j'ai vu ce monsieur mourir devant mes yeux et je me suis dit mais ça aurait pu être moi. Bien que j'étais en bonne santé, que tout allait bien pour moi, en fait cette personne renversée par le bus ça aurait pu être moi, ma vie elle aurait pu s'arrêter du jour au lendemain. Et si j'avais été à sa place, je me suis posé la question, est-ce que j'aurais été satisfait de ce que j'avais vécu jusqu'à ce jour-là ? Et je me suis dit que non, parce que moi, tous les matins, je me levais, comme je l'ai dit, je n'étais pas heureux de ce que je faisais. Et je me suis rendu compte qu'on n'a qu'une seule vie, il faut essayer de la vivre à fond et faire ce qu'on aime. Et pour moi, ça a vraiment été un déclic. Je continue mon chemin jusqu'au travail, j'arrive dans le bureau du directeur et je lui annonce que je démissionne. Je lui explique ce que je viens de vivre et que je viens juste de prendre conscience qu'on n'a qu'une seule vie, qu'il faut vivre ses rêves et vivre sa vie à fond. Donc je lui annonce ma démission et je choisis de tout quitter pour me consacrer à fond à ma passion qui est la musique. J'ai un ami qui a une boîte de nuit, qui cherche des investisseurs. Je décide de racheter 50% des parts. Avec lui, j'ouvre une école de DJ, une agence de booking pour faire venir des artistes internationaux en Chine. Et je me dis que je vais tenter de me consacrer aussi à ma carrière à moi en tant qu'artiste, en me remettant à fond au rap en français et puis pourquoi pas en chinois. Je me souviens du premier jour de cette nouvelle vie, je me suis réveillé et je me sentais tellement heureux en me disant je sais que j'ai fait le bon choix, je sais que ça va être dur, que j'ai des défis qui vont se présenter à moi, il va y avoir des hauts et des bas, mais je me sentais vraiment vraiment heureux de ce choix. J'entame donc mes business, la boîte de nuit, l'école de DJ, ça tourne pas mal pendant quelques années. Je fais quelques morceaux aussi de rap à côté pour le plaisir au début et puis à un moment je me dis bon on va vraiment essayer de... de faire en sorte que ça fonctionne et je commence à faire des morceaux en chinois et grâce aux réseaux sociaux, en fait ça fonctionne très vite. Là on est en 2015-2016, quelque chose comme ça, je poste mes premiers morceaux sur les réseaux en chinois et là ça pète en fait, le succès il est immédiat parce que je suis blanc, que je rappe en chinois. On me reconnaît très vite, je participe à une grosse émission télé qui a 200 millions de vues par épisode donc forcément ça me donne une visibilité incroyable. A partir de là, ma vie change radicalement. C'est des concerts, des tournées, on me reconnaît un petit peu partout dans la rue et je vis vraiment ma vie à fond et j'ai l'impression d'avoir atteint mon objectif de vie et j'ai la vie de rêve que j'avais toujours voulu avoir. Ma vie, du coup, c'est vraiment ça, de la musique au quotidien, des tournées, des concerts. On est en 2020, ça fait déjà 11 ans que je suis en Chine, le temps passe vite. Et là, encore une fois, un nouvel événement imprévu vient un petit peu tout chambouler, c'est l'arrivée du Covid. On est vraiment tout début 2020, le Covid frappe la Chine. Moi, je suis sur place, je vis trois mois de confinement très intense, très compliqué. Au bout de trois mois, je me pose pas mal de questions. J'avais déjà envie de changer d'air, de quitter la Chine. À un moment, je ne me trouvais plus trop légitime parce que j'avais l'impression qu'on m'appréciait juste parce que j'étais blanc et que je rappais en chinois. En fait, quand le Covid arrive, c'est à nouveau un déclic pour moi et je me dis OK, il est temps de partir et je décide de quitter la Chine. Je ne suis pas spécialement prêt à rentrer en France. Je n'en ai pas trop l'envie. J'ai envie d'aller voir ailleurs. Je reprends contact avec un ancien camarade d'Excelia qui, lui, vit à Varsovie, en Pologne. Il travaille pour une grosse boîte de jeux vidéo et il me propose de le rejoindre, de prendre un poste de responsable marketing dans la boîte dans laquelle il bosse. Je me dis pourquoi pas, mais je décide d'aller tenter ma chance là-bas. J'arrive donc en Pologne, je commence à travailler, mais je me rends compte très vite d'une chose qui me choque, c'est qu'en Europe, on parle encore très peu du Covid, alors que moi je viens de le vivre déjà pendant quelques mois. Je vois que les gens me disent oui, c'est juste une grippe, etc. Et en fait, j'ai envie de faire un morceau pour... pour raconter ce que je viens de vivre en Chine parce que je me dis que des pavés de texte sur les réseaux ça ne servirait pas à grand chose et moi il y a un truc que je sais bien faire, c'est écrire des chansons donc en fait je décide de faire une chanson et je fais un morceau qui s'appelle Ensemble où je raconte ce que je viens de vivre en Chine je poste ça sur Facebook sans aucune attente ni prétention c'est pour moi, pour mes proches je poste ça et en fait les millions de vues s'enchaînent et je me retrouve avec une visibilité incroyable je suis invité dans des médias, les radios, etc. Le morceau vraiment explose. C'est un morceau qui s'appelle Ensemble, qui faisait un petit peu... Je ne suis ni devin ni docteur, pourtant je sais que l'on nous ment. Moi je l'ai vécu de l'intérieur, déjà trois mois de confinement, d'abord en Chine. Ouais, nous étions le 23 janvier. Je vous raconte même pas la déprime, le jour où la nouvelle est tombée. J'y ai passé dix ans de ma vie, et là le Covid est arrivé. Mais que se passe-t-il ? Tout va trop vite, en un clin de cil, les rues se sont vidées. Je prends vraiment ça comme, encore une fois, comme un signe. Moi qui voulais mettre la musique de côté, je sors... Un morceau en français, j'en ai pas sorti depuis 15 ans dans cette langue et là je vois le morceau qui explose et je me dis c'est peut-être un signe peut-être que vraiment je suis fait que pour ça, que pour la musique si ce morceau plaît, peut-être qu'il faut que je retente une nouvelle carrière dans la musique mais cette fois-ci en français. Après le succès de ce morceau, je me dis bon c'était peut-être un coup de chance on va tenter de faire d'autres morceaux et je vois qu'il y a un engouement une communauté de fans qui grandit en France il y a des grosses radios qui commencent à m'inviter On m'invite pour faire la première partie de gros artistes français, etc. On me paye les billets d'avion pour venir. Donc je vois qu'il y a quand même un engouement. Il y a des artistes que j'écoute depuis que je suis tout petit, qui commencent à me suivre sur les réseaux, à m'envoyer des messages, m'encourager. Je me dis bon, c'est peut-être un signe. Et au bout d'un an et demi passé en Pologne, je me dis ok, c'est maintenant. Si je veux vraiment que ça fonctionne en France, il faut que je sois sur place. Décembre 2021, je me dis allez c'est parti, je rentre définitivement en France et je vais tenter de vivre de ma musique dans mon pays. Je choisis de venir sur Paris parce que je me dis que c'est ici que tout se passe niveau musique. J'ai encore quelques économies donc ça va, mais je les vois qui diminuent aussi. Je trouve un appartement et je me dis qu'il va falloir que j'ai de quoi payer mon loyer et vivre au quotidien. J'ai la chance, au fil des années en Chine, avec les business que j'ai développés, j'ai aussi acquis des compétences, notamment en développement web, et je me dis que c'est quelque chose qui me plaît. Pourquoi pas faire ça à côté pour gagner ma vie ? Donc je me lance en auto-entrepreneur pour développer des sites web. Donc je me remets à travailler. Dès que je le peux, dès que j'ai du temps, je me mets à fond sur la musique et j'essaie de développer ma carrière. Finalement, si je devais résumer toute cette expérience en Asie en une phrase, je dirais que... Il ne faut jamais remettre ses rêves au lendemain et tenter de vivre sa vie à fond tout en profitant de l'instant présent.