- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue sur les Femmes de l'Ouest, le podcast qui va à la rencontre de celles qui font vivre la côte atlantique de Brest à Biarritz. Si vous êtes féru de déco et de seconde main, vous la connaissez très probablement sous le nom d'une place pour chaque chose. Et pour Caroline, chaque chose a une place, comme chacun d'entre nous dans nos vies. Et si parfois il est difficile de la trouver, les événements extérieurs peuvent nous y amener. Dans cette conversation, Caroline nous raconte les circonstances qui l'ont amené à quitter son poste de directrice commerciale dans la mode pour revenir à ses amours d'enfance, la Chine. Et si en 2021, elle se rapproche de l'océan, elle y trouve le réconfort pour une nouvelle vie et un nouveau modèle pour son activité. Avec Caroline, on parle ici de renouveau, d'élan, de communauté. et de générosité. Caroline se livre et partage pour nous aussi quelques exclusivités juste avant l'été. Bonjour Caroline.
- Speaker #1
Bonjour Elisabeth.
- Speaker #0
Merci de nous accueillir dans ta très belle boutique à Carnac.
- Speaker #1
Bienvenue, bienvenue à la Jocelyne.
- Speaker #0
Ouais, on est très heureuse de passer ce moment avec toi ce matin. Première question que je pose à toutes mes invitées, comment vas-tu en ce matin d'été ?
- Speaker #1
On est en avance, Elisabeth, ça ne nous semble pas encore l'été. Presque été, il fait tellement beau. On a un très beau début de saison. Et bien ça va très bien, comme ce début de saison plutôt agréable, moi ça va super bien.
- Speaker #0
Est-ce que Caroline, on peut rentrer dans le vif du sujet ? On est ici à La Jocelyne à Carnac, est-ce que tu pourrais nous parler de ce lieu, La Jocelyne ?
- Speaker #1
Alors oui, La Jocelyne, je me suis un peu approprié ce nom-là, parce qu'en fait c'est le nom de l'immeuble où est située la boutique. Donc beaucoup de gens pensent que j'ai un empire, que toute la Jousseline m'appartient. Donc je tiens à préciser que pour le moment, je n'avais juste qu'il y a quelques jours qu'une seule boutique dans cet endroit où j'ai atterri en 2021. Je suis arrivée à Carnac en 2021 et quand je suis arrivée, je venais de vivre une grosse épreuve de vie et je repartais de zéro. Je quittais Nantes et je m'installais ici. Et un des premiers trucs que le hasard m'a mis entre les mains, parce que c'est quand même un peu un hasard. Le coup du destin, c'est ce local et l'idée d'avoir une boutique et après avoir fait pas mal d'années de mon business uniquement sur Instagram. Et voilà, c'est un hasard qui a fait que tiens, une boutique à Carnac, et si en fait on faisait évoluer le modèle de ma vente de brocante en ligne et sur Insta par une boutique et je m'étais toujours dit jamais j'aurai de boutique, jamais. Parce que dans ma vie d'avant, je gérais... Le terrain, je gérais des réseaux de boutiques et je savais à quel point c'est quand même dur, contraignant, compliqué et un métier à part que de faire du retail comme on dit. Et j'ai foncé dans cette aventure et j'ai pris ce local qui s'est avéré être une de mes meilleures décisions de ces dernières années au niveau pro, mais même humainement pour moi, ça m'a un petit peu sauvée d'avoir ce nouvel endroit où je peux m'exprimer et où je fais des rencontres assez incroyables depuis 4 ans. Et puis je suis en train de m'étendre un petit peu puisque depuis quelques jours, la Jocelyne s'étend. Puisque j'ai récupéré le local d'à côté, avenue de Car Mario, qui était une petite boutique adjacente et qui était quasiment vide. Et voilà, le destin a encore été hyper sympa avec moi, aidé de aussi ma pugnacité et mon envie d'entreprendre et à chaque fois de me fixer des nouveaux défis. On a un deuxième espace Jocelyne Bisse qui va s'ouvrir dans pas longtemps.
- Speaker #0
Super, tu nous as dit beaucoup beaucoup beaucoup de choses déjà et j'en suis ravie. Je ne sais même pas comment commencer. Est-ce que tu pourrais nous dire peut-être, nous parler éventuellement de cette vie d'avant, tu nous as parlé du retail et du moment où tu as eu ce déclic de justement de créer ou de revenir à la brocante ou de venir à la brocante.
- Speaker #1
Alors j'ai fait 15 ans dans le retail, dans la mode jusqu'en 2015. Je travaillais pour... Dans la mode, c'était un vrai choix parce que j'ai un attrait particulier pour le vêtement et toute la dimension sociale du vêtement. Ça m'a toujours beaucoup attirée et je suis en même temps aussi très manuelle et amoureuse du vêtement et de la fabrication du vêtement. Et je m'éclatais, j'ai passé quand même de très belles années à vivre la mode sur le terrain, c'est-à-dire d'être dans les magasins, de gérer des équipes, d'animer des équipes autour de la vente du vêtement et pour des belles marques. pour Petit Bateau et Lacoste notamment, et à la fin j'étais dans le groupe Vivarté pour la marque Chevignon. Donc j'ai eu une grosse expérience de terrain, de management, de pilotage de business unit, de compte d'exploitation de magasins, de booster le chiffre d'affaires, animer des équipes à la vente, et de défendre des beaux produits, des belles marques françaises. Et en 2015 j'ai eu un espèce de ras-le-bol. Donc je possède dans une boîte qui est aujourd'hui à Sombré, le groupe Vivarté, qui était en pleine débâcle. Donc c'était dur. Là j'ai un peu souffert, notamment au niveau social managérial, puisque j'étais cadre dirigeant et j'étais dans une boîte en PSE. Donc c'est un peu traumatisant quand on essaie d'être humain dans son management et là j'étais plus du tout en phase avec mes valeurs. Et en même temps j'avais un projet perso de partir m'installer à Nantes, donc je m'étais dit j'ai une fenêtre de tir peut-être pour arrêter, couper et éventuellement faire autre chose ou le faire ailleurs. Et voilà, je suis partie et j'ai eu un peu un déclic. Je me suis dit tiens, si je faisais ma petite brocante, parce que j'ai toujours été une grande bricoleuse, une grande chineuse. Ma maman a toujours été dans la récup. Dans ce côté, elle est chinée depuis toute petite. Et je me suis dit tiens, et si on faisait ? Et j'ai eu une espèce de saturation du cadre dirigeant qui est en permanence en héroïe. il y a toujours ce côté... J'étais formatée, école de commerce, à être au cadre, à performer, tout à fait. Alors c'est resté, cette envie de performer. Mais là, j'ai décidé de me dire, tiens, et si je le faisais que pour moi, et dans un modèle beaucoup plus simple, beaucoup plus en phase avec ce que je sais faire. Et j'ai notamment vachement réorienté mon cerveau sur mes mains, sur comment je peux faire avec mes mains, être seule, ne plus avoir à manager des gens, ne m'en prendre qu'à moi-même, mon propre patron, être un peu mon capitaine de ma petite aventure. Et mon idée, c'était, je le dis souvent, de créer de la valeur à partir de rien. Et donc voilà, du jour au lendemain, j'étais chez Pôle emploi. Et Pôle emploi, je leur ai dit, je choisis l'option numéro 2, j'ai un projet. Et voilà, et donc j'ai fait très vite une petite auto-entreprise. Et j'ai décidé de, j'ai commencé à ramasser des trucs dans la rue ou à les chiner et à revendre ça sur Le Bon Coin.
- Speaker #0
Donc tu as commencé par Le Bon Coin. Oui,
- Speaker #1
et très vite, j'ai ouvert une page Facebook et un compte Insta en avril 2016.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et puis très vite, c'est en effet Insta qui a pris la plus grosse de mon temps et de ma capacité à aller chercher des clients. Et à vendre, ça s'est fait grâce à Insta.
- Speaker #0
Et j'ai une question parce que c'est quand même un gros, gros, gros changement de passer d'un gros groupe avec de nombreux points de vente, avec des effectifs très nombreux, à se retrouver toute seule, du jour au lendemain. Comment toi t'as géré un peu ce grand écart on va dire ?
- Speaker #1
Je pense que déjà j'avais une espèce de gros ras-le-bol, il fallait que je fasse une pause. J'avais une pression énorme d'avoir... Quand t'es directeur commercial et que tu gères un réseau de 100 vendeurs en gros dans ton périmètre et que t'es en difficulté, que t'es en PSE, c'est humainement dur, c'est trash. Moi je le vivais très très... c'était très très dur pour moi. Donc il a fallu que je fasse une pause. C'est-à-dire que... Et puis j'ai plus de compte à rendre à qui que ce soit. J'étais dans une boîte aussi avec des actionnaires en panique parce que tout était en train de s'écrouler. Donc voilà, je vais pas te faire un dessin, tu sais tout ce que vit le cadre dirigeant dans ces cas-là. Donc j'avais une pressurisation au-dessus de moi et en dessous et je crois que j'étais pas loin du BO, du fameux burn-out, dont tout le monde parle. Donc je pense que moi je me suis sauvée avant que le truc me tombe dessus et là j'ai eu besoin de faire pause et de me dire je me démerde toute seule là. j'ai essayé de faire un truc toute seule et en même temps très rapidement de toute façon humainement je me suis rendu compte que ça m'amenait à rencontrer beaucoup de monde en fait je n'ai jamais autant rencontré de gens depuis que je fais ce métier là parce qu'avant j'étais un peu dans mon schéma enfermé même socialement quoi tu rencontrais j'imagine plus ou moins les mêmes personnes c'était du réseau business à la limite et encore c'était pas passionnant franchement parce que dans la mode on a vite fait le tour c'est un petit milieu et je me suis ouverte surtout à d'autres profils voilà Parce que c'est vrai que la brocante, voilà, on n'a pas trop des profils école de commerce, etc. C'est plutôt un milieu un peu bohème. Il y a des profils très masculins en plus, très différents. Et quand j'allais chiner ou quand je me frottais à d'autres confrères brocanteurs, les profils changeaient complètement. Et c'est passionnant parce qu'on va dans des endroits, quand tu vas chiner chez des gens, quand tu vas dans des vides greniers à Sartrouville, à 6h30 du matin, dimanche, en plein hiver. Ouais, c'est pas du tout la même chose en termes de rencontres et moi j'ai trouvé ça génial. C'était mais étourdissant, je trouvais ça super. Et Insta, ça a été pareil, ça a démultiplié les rencontres.
- Speaker #0
Et j'ai une question justement, comment dans ce milieu que tu évoques très masculin, celui de la brocante, j'imagine à l'opposé du textile et de la mode qui est très féminin. Comment toi tu as peut-être, est-ce que tu as dû te faire une place ou est-ce que facilement ou... naturellement, elle s'est présentée à toi, cette place ?
- Speaker #1
Alors moi, je suis arrivée au moment où je me suis lancée dans mon truc. Je n'étais pas non plus précurseur, c'est-à-dire que la voie était déjà en marche vers une nouvelle façon de me faire le métier de la brocante. C'est Célène Sy, notamment, Charlotte et Maxime, qui avaient monté ce business-là en voulant dépoussiérer la brocante, en voulant introduire dans la brocante une vraie démarche de business et de gestion d'une image et de gérer des clients, etc. Donc moi je suis arrivée en bossant avec eux notamment, donc j'étais un peu rassurée par ce côté-là, mais en même temps oui très vite je me suis frottée à des personnages masculins pas forcément habitués à voir arriver une nénette qui va avoir le côté esthétique des choses, qui va vouloir dépoussiérer, qui va utiliser l'outil digital qui n'était pas du tout dans les codes de la profession jusque-là. Et c'est normal et en même temps c'est ce qui fait tout le charme de la brocante. On a tous des souvenirs incroyables d'être allé chiner avec ses parents, ses grands-parents, sur une brocante pro, la vie de grenier, avec des brocanteurs qui sont des personnages et qui sont aussi passionnants que leurs objets, qui sont dans une autre dimension que la sphère moderne, on va dire. Et oui, clairement, parfois, ça a été un peu compliqué. Il a fallu faire preuve. Voilà, souvent, comme les femmes doivent faire preuve, très souvent, qu'elles sont autant capables que ces messieurs, même si d'apparence, elles n'ont pas le biscotto, elles n'ont pas la gouaille. Je pense que j'ai bousculé, j'en ai bousculé certains. Je pense que j'ai toujours montré, en plus, que j'avais cette appétence aussi à travailler avec les autres. Et ce n'était pas forcément dans les codes de la brocante. C'est un milieu un peu, parfois, un peu de filou, où chacun est dans son périmètre et un peu... Enfin voilà, et moi j'ai aussi introduit ça, cette idée de travailler en réseau avec d'autres professionnels pour se fournir ou pour s'envoyer des clients, même ici à Carnac, c'est moi ce que j'ai instauré très vite, pouvoir, voilà, pas me regarder en chien de faïence avec mes confrères concurrents, mais plutôt travailler en équipe.
- Speaker #0
Super. Et est-ce que tu pourrais nous parler peut-être de... Cette vie parisienne que tu as quittée à la suite de cette expérience professionnelle, est-ce que c'était un retour à Nantes ou est-ce que c'était une nouvelle voie pour toi ?
- Speaker #1
C'était un peu un hasard. Moi, ma maman est nantaise, j'avais des attaches familiales à Nantes. J'ai des souvenirs petits d'être à Nantes, d'avoir fait toujours les fêtes de famille chez mes grands-parents, des deux côtés, du côté de mon papa et de ma maman à Nantes. C'est un hasard qui fait que mon conjoint de l'époque, son ex-femme, souhaitait s'installer à Nantes. On était en garde alternée avec son fils en région parisienne. Et quand cette idée d'aller à Nantes s'est proposée, je me suis dit « Why not ? » Moi, j'ai des attaches aussi à Nantes, ça me dit bien. Du coup, on s'est dit « On va se rapprocher de la mer, on va avoir une qualité de vie meilleure, on a des boulots qui nous permettent, allons-y. » Et on a bien fait. Et puis après, l'histoire a fait que je me suis encore plus approchée de la mer. Ici à Carnac, où là aussi j'ai des attaches depuis plusieurs générations, c'est un lieu de vacances pour moi depuis toujours et maintenant c'est devenu mon lieu de vie.
- Speaker #0
Et comment ça fait de vivre justement sur ce lieu qui était initialement un lieu de vacances et qui aujourd'hui est un lieu à l'année ?
- Speaker #1
C'est merveilleux, c'est merveilleux. Je pense qu'il faut une phase d'adaptation. Souvent les gens, quand j'ai décidé de venir vivre ici à l'année, alors moi j'avais mes parents qui sont là depuis 25 ans, qui avaient déjà passé le cap. Mais il y a beaucoup de gens qui m'ont dit « Ah, l'année, t'es sûre, c'est quand même dur, l'hiver ici, c'est quand même pas pareil. » Et c'est vrai qu'on a tous l'image de Carnac, la carte postale de l'été. Et ces rues vides, sombres, ces volets fermés l'hiver, c'est vrai. Donc je pense qu'il faut... Moi, j'ai vraiment eu l'impression de faire un deuil, en fait, quand je suis venue vivre ici. Parce qu'en fait, tu décides de vivre ici et tu dois faire le deuil de cet endroit qui est à... Ta parenthèse enchantée, quand tu te veux quitter Paris, que t'en peux plus, que tu bosses comme un taré et que t'as envie d'aller passer un week-end et juste te reposer ou aller passer tes trois semaines de vacances habituelles depuis toute petite à Carnac dans ta carte postale enchantée, quand tu décides de venir vivre ici, tu perds quelque chose, tu perds ça. Tu perds le fait de te dire que c'est un endroit où tu peux relâcher. Non, c'est l'endroit où tu vas vivre tous les jours. Et donc tu dois prendre le côté carte postale, mais tu dois aussi affronter les hivers un peu moins drôles. Et il m'a fallu... Le premier hiver était cool ici, en 2021-2022, et après, il y a eu deux hivers un peu plus compliqués. Et en fait, moi, de maintenant, ça va faire quatre ans, et maintenant, pour rien au monde, je reviendrai en arrière. parce que je suis devenue amoureuse de l'endroit et amoureuse même de l'endroit, même quand il ne fait pas beau et qu'il pleut, et j'adore ce côté cyclique. Moi, c'est ce que j'adore, être près de la mer. Le cycle de l'eau, des marées, le va-et-vient des gens qui arrivent, qui repartent, le côté cyclique de la saison, même en termes de business. C'est super agréable, en fait. Il n'y a jamais de monotonie. On sait toujours qu'après la pluie...
- Speaker #0
Le beau temps.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Et justement, tu... Tu as une relation avec l'océan, en tout cas avec la mer. Tu as partagé quelques remarques par rapport à ça. Est-ce que tu pourrais nous parler de ce lien que tu entretiens avec lui et aussi des habitudes que tu as pu prendre une fois que tu es arrivée ici ?
- Speaker #1
En fait, c'est assez récent. Ça va faire quatre ans que je suis ici, mais les premières années, je me suis rendue compte que c'était assez dingue. J'ai quand même acheté une maison à 900 mètres de la mer. J'ai eu ma boutique à 50 mètres de la plage. Et en fait, les deux, trois premières années, j'ai quasiment pas... J'étais connectée à l'océan. Je suis arrivée un peu ici en mode survie, j'ai dû refaire toute ma vie et bizarrement j'étais près de l'océan, j'étais bien dans un endroit où j'avais des souvenirs incroyables et où je savais que c'était un endroit de plaisir et d'apaisement. Et au bout de trois ans, j'ai commencé enfin à me dire, là t'habites au bord de l'eau, t'es à 900 mètres de la plage, mais c'est un cadeau, c'est une chance immense, il faut en profiter et cette mer, elle peut t'apporter... Voilà, plus que d'aller la voir une fois par semaine ou tous les matins, juste la regarder et la filmer avec ton téléphone et de la montrer sur Instagram, ce que j'ai beaucoup fait pendant 2-3 ans. Et c'est la fin de l'été dernier, je me suis dit, et si on allait se baigner sans s'arrêter après l'été ? Misons sur un été indien, on va continuer à se baigner en septembre, novembre, voire décembre, et puis on arrêtera en plein hiver. Et en fait, je ne me suis jamais arrêtée de me baigner, donc j'ai décidé d'aller me baigner. Toutes les semaines, toute l'année, tout l'hiver. Et je me suis retrouvée avec des copines, on s'est baigné fin janvier, là où il a fait le plus froid au cœur de l'hiver. Il faisait moins deux, moins trois, tout était gelé. Et on était à l'égenèse avec nos petits maillots de bain néoprène à se baigner dans l'eau froide. Donc j'ai découvert cette idée, cette sensation, cette espèce de petit défi perso d'aller se baigner dans l'eau froide. Et incroyable découverte. Et depuis, je ne peux plus m'en passer d'aller me baigner. Alors je ne fais pas... Je ne fais pas du triathlon, j'ai pris des cours de crawl. Sincèrement, je sais comment on fait du crawl d'endurance maintenant, mais je préfère faire ma petite neige de mamie. Donc je fais mes petites brasses à l'Egenèse, c'est là où j'ai appris à nager. J'ai appris à nager en 1984, un truc comme ça, l'été 84, avec mes grands-parents à l'Egenèse. Et là je me dis, tous les jours, en ce moment, dès que je peux, je vais nager. C'est juste magique en fait, donc c'est ressourçant. personnellement parce que j'ai des souvenirs incroyables et puis voilà j'ai découvert tous les bienfaits de l'eau qui sont assez magiques donc j'arrête pas de le dire, je bassine tout le monde avec ça mais va te baigner, tu vas voir ton corps s'adapte, mais non tu n'auras plus froid t'auras juste l'impression d'avoir un spa géant à dispo voilà et j'ai découvert le côté hyper bénéfique même pour le psy l'eau froide, en plein hiver là c'est pas pareil Cette saison, on est limite un peu frustrés parce qu'on n'a plus cette espèce de décharge d'hormones, d'adrénaline notamment. Mais c'est complètement dingue. Moi, ça m'a rangé ma tête, ça me faisait un bien fou. Oui, c'est un défi. Alors qu'en plus, on relève le défi et on voit qu'on arrive à y aller. Ça met en confiance. On découvre que le corps est beaucoup plus puissant qu'on ne le croit et que le corps s'habitue. Et ça, c'est assez magique. Et quand on transpose, j'arrête pas de le dire, je le répète, quand on transpose ça à sa vie de tous les jours, à tous les défis du quotidien, on se rend compte à quel point on est beaucoup plus fort que ce qu'on ne le croit et que notre corps et notre mental est beaucoup plus fort. Donc moi, c'est un terrain de découverte. Et puis c'est un bienfait physiologique de dingue pour la peau. Cryothérapie. Et puis depuis quelques semaines maintenant, j'ai décidé aussi d'essayer de glisser sur l'eau et d'essayer de rentrer dans la grande famille des gens qui font du surf.
- Speaker #0
C'est un autre challenge.
- Speaker #1
Je suis un petit bébé dans le domaine, mais là aussi, je pense que c'est un truc incroyable qui s'ouvre à moi.
- Speaker #0
Ouverture des horizons. Pendant que tu me parlais, je me pensais en fait, est-ce que comme, et on va parler du nom que tu as choisi aussi pour ton entreprise, une place pour chaque jour, est-ce qu'aujourd'hui... Toi aussi, tu te sens vraiment à ta place, et non pas rangée dans un endroit, mais justement à explorer les choses dans le territoire.
- Speaker #1
Oui, à ma place, un ongle avait été choisi un peu par hasard, comme ça, je me souviendrai toujours, j'étais assise à un arrêt de bus, et ce truc est venu en tête parce qu'il y avait chose dedans, et place, et je m'étais dit, tu donnes une place, tu prends les choses, et tu vas les chiner pour les vendre à des gens, donc c'est bien, une place pour chaque chose, c'était la maxime. Et puis il y avait ce côté rangement, et très vite en fait, même ces dernières années, je me suis rendue compte que j'avais trouvé ma place moi aussi, c'était pas que les choses. Et vraiment je souhaite à tout le monde de trouver ce sentiment-là, moi ça continue encore dix ans après, de continuer à voir que le destin te dit « ouais t'es bien à ta place » . Quand il se passe des choses, je le dis souvent ici dans cet endroit, je me dis « mais c'était écrit, c'est pas possible » . Le fait que je puisse récupérer ce local à côté, ça fait deux, trois ans que je le regarde en disant « mais merde, c'est pas possible, ce truc vide, il faut mettre quelque chose dedans, il faut machin » . Et le, voilà, le... Alors c'est aussi parce que je mets l'énergie aussi pour avoir, obtenir, mais je me sens vraiment définitivement à ma place tous les jours. Je pense qu'il n'y a pas un jour où je n'ai pas un signe qui me dit « bah voilà, c'était ça que tu devais faire, c'était ce métier-là, c'était ta vie avec les choses, c'était dans cette boutique » . Voilà.
- Speaker #0
dans cet endroit et justement par rapport à toutes ces choses qui nous entourent et je les regarde, il y en a de nombreuses. Est-ce que peut-être tu as une anecdote à nous partager ? Éventuellement, un coup de cœur que tu as eu, une histoire qu'on t'a racontée d'un produit ou d'un objet ? J'imagine qu'elles ont toutes, bien entendu, des histoires à raconter, mais un en particulier qui t'a peut-être émue plus particulièrement ?
- Speaker #1
J'en ai plein. En fait, je peux raconter l'histoire de tous les objets dans cette boutique. Et en fait, ce que je trouve très chouette ici, c'est que tous les objets viennent d'ici. Quasiment tous sont chinés ici. Donc, je suis un peu passeur d'objets à Carnac. Je dis ça. Donc souvent, les gens me disent, tiens, ça, ça vient d'où ? Bon alors parfois ma mémoire me fait défaut, mais il y a vraiment des trucs où je peux leur raconter d'où vient l'objet. Donc je sais pas, qu'est-ce que je pourrais te raconter ? Ou là-bas de l'autre côté, l'autre jour, ah oui il y a un truc sympa, j'ai chiné une poulie, une poulie, pas une poulie, un cabestan. Un cabestan. Alors c'est pas trop mon domaine, les objets de marine, mais j'étais chez des gens qui m'ont revendu des belles pièces, des trucs sympas, et ce que j'adore faire quand je vais chez des gens pour chiner, je viens pour une pièce souvent et je dis toujours mais vous avez pas autre chose à vendre ? Et là du coup... C'est génial parce que c'est là où on découvre les plus beaux trésors. C'est des choses, les personnes ne pensaient pas que ça avait une valeur, ne pensaient pas que ça intéresserait quelqu'un. Et quand elles vous commencent à te raconter l'histoire, tu trouves ça génial et tu prends l'objet limite parce que tu as l'histoire. Et là, le monsieur me raconte que le cabestan, il était au fin fond de son abri de jardin, en train à moitié de moisir. Et il me raconte, au début je lui dis non, c'est pas trop mon truc, le truc de Marine. Et là il me dit bah c'était mon service militaire dans la fin des années 60, j'étais à Brest, j'étais à l'école navale ou je sais plus quoi et il y avait la... comment elle s'appelle ? Ah moi j'ai oublié le nom du bateau, merde. C'était Anne de Bretagne, un bateau, un trois mains, je crois que c'est Anne de Bretagne, un trois mains qui était là-bas et qui était en démantèlement et il est allé se servir, il a pris le cabestan, bon je ne sais pas comment... il était autorisé ou pas à le faire à l'époque mais je crois que le truc était clairement à l'abandon et c'est un bateau qui depuis a été rénové et qui vient d'Inkerk je crois en ce moment et qui vient d'être rénové à nouveau et qui est un trois mâts mythique qui a plus d'un siècle et je trouve ça génial parce que limite là j'avais un cas de conscience je me dis il faudrait peut-être que je recontacte l'association qui sauvegarde le bateau peut-être pour leur rendre le cabestan donc je me dis s'il ne part pas s'il n'y a pas un amoureux d'objets de marine cet été à Carnac qui veut l'acheter allez on rappellera Ciao ! L'association pour leur dire, rien n'atteste sur ce cabestan qu'il vient de là-bas, il n'y a pas marqué, mais voilà l'histoire est chouette. Et puis après, il y en a 10 000, il y a des femmes ici, elles me revendent leurs pièces de vêtements. Toutes les pièces qui sont là, ce n'est pas des trucs que j'achète en gros à des fournisseurs de fripes, comme ça se fait beaucoup maintenant, il y a toute une industrie de la fripe et du vintage. Moi, toutes les pièces, c'est des femmes qui me racontent en gros, limite la soirée où elles ont porté le vêtement, tu vois. Donc ça, c'est génial. Parce que souvent, je vois des petites jeunes, elles essayent le truc, et là, je leur dis, mais vous savez ça, c'était Madame Machintruc en 1984. Elle était une soirée... Enfin, pas toutes les pièces, mais il y en a beaucoup. Je peux vraiment aller raconter l'histoire.
- Speaker #0
Et comment tu choisis ces pièces ? Est-ce que tu as des critères de sélection ? Ou est-ce que c'est vraiment au coup de cœur ? Oui,
- Speaker #1
c'est au coup de cœur. Des clients aussi qui font des commandes ? C'est ce qui fait aussi mon... Chaque... commerçant dans sa sélection crée son identité. Moi, du coup, j'ai un peu adopté ça aussi dans le métier de la brocante. C'est-à-dire que je vais... Souvent, les gens, ils viennent m'apporter des choses. Ils me disent, je ne comprends pas pourquoi vous ne voulez pas me l'acheter ça parce que vous en avez un pareil ici. L'autre jour, j'ai vu que vous en aviez dans une boutique. Vous aviez la même dans la boutique. Vous l'avez vendue. Pourquoi vous ne voulez pas me l'acheter ? Et en fait, je leur dis, mais... C'est pas mécanique mon métier, c'est pas un critère, il faut que je vois l'objet et si l'objet me parle, je le trouve joli, sympa, enfin voilà moi je parle aux objets, on se parle, les gens vont me prendre pour une folle, mais je leur dis ne me demandez pas pourquoi là j'ai envie de l'acheter et celui-là j'ai pas envie de le prendre. Donc oui c'est purement esthétique, c'est un coup de cœur. Après j'ai ça et après ce qu'il faut aussi que moi ça marche, attention c'est parce que j'ai quand même une... J'ai mon background d'avant, dont je me sers tous les jours, qui est aussi de faire des choses rentables. Je vais aussi acheter des choses parce que je peux les avoir à un prix qui me permettra d'aller vendre à temps, etc. Je me finance ma passion aussi en ayant une gestion hyper drastique de mes choix.
- Speaker #0
J'imagine parce qu'on peut se dire, c'est sympa, c'est cool, on va chiner, on va aller vendre, mais on joue à la boutique. Mais en fait, il y a tout un business model derrière. Est-ce que tu peux... Enfin... Combien de temps, entre guillemets, il t'a fallu pour trouver le modèle ? Est-ce que tu penses l'avoir trouvé aujourd'hui ? Parce que tout à l'heure, tu disais que jamais de boutique physique, et finalement, ça s'est présenté à toi.
- Speaker #1
Ben c'est... Moi, j'ai voulu créer de la valeur à partir de rien, au début. Donc j'ai choisi le statut d'auto-entrepreneur pour faire quelque chose d'hyper simple. La brocante, c'est un métier qui est hyper difficile de l'industrialiser. donc aller avoir une société en brocante c'est assez complexe donc moi je voulais faire quelque chose de très simple avec très peu d'investissement c'est ça aussi qui fait que ça marche c'est que j'ai quasiment rien investi c'est à dire qu'au début je ponctionnais un petit peu de l'espace de mon environnement perso pour faire ma brocante je stockais chez moi j'utilisais les outils que j'avais déjà mais j'ai investi dans rien j'ai jamais fait de marketing j'ai jamais fait de pub Mon marketing, mes cartes de visite, c'est des cartes à jouer que je chine. Je mets des stickers dessus, limite les planches de stickers, je les chine à la ressourcerie. Tout est là-dessus. Je suis une espèce de petite fourmiradine qui va trouver toutes les solutions. Et à la fois, ça me fait kiffer parce que c'est assez cohérent avec le côté brocante récup. Et que moi, j'y trouve aussi du beau et dans la simplicité, de l'esthétique dans la simplicité. Et c'est ce qui fait que j'ai tellement peu de frais que dès le début, je gagnais des sous. et la boutique clairement ça change le modèle boutique tu te rajoutes quasiment 1000 euros de frais par mois donc moi je l'ai fait alors que mon truc était déjà bien rodé que j'avais une bonne inertie de chiffre d'affaires donc j'ai intégré le fait d'avoir 1000 euros j'ai accepté le fait de gagner beaucoup moins d'argent en gros tu perds 1000 euros mais ton chiffre d'affaires il se fait différemment quand t'es à une boutique il se fait plus facilement Oui. C'était mon métier, donc je le sais. Vendre à distance, c'est un boulot de dingue. C'est-à-dire que tant que tu ne fais pas de contenu, tant que tu ne mets pas une annonce, tant que tu ne publies pas sur CLNC, sur le bon coin, tant que tu ne fais pas un reel, un post, des descriptions produits, des fiches produits, tu ne vas rien vendre, tu ne seras pas visible. Donc c'est un temps de fou. En boutique, ton temps est différent et tes objets ont une place pour se vendre. Il y a une démultiplication de la visibilité du produit pour être vendu. Et du coup, après, j'ai fait une espèce de mix parce qu'avoir une boutique, oui. Ta porte s'ouvre, tous les produits sont là, il n'y a pas besoin de faire de fiche produit, mais il y a une dimension ultra complexe d'aujourd'hui, c'est de refaire rentrer les gens dans ton magasin, d'être au bon endroit et d'avoir un trafic devant ton magasin et ensuite de transformer pour que les gens rentrent dans le magasin et ensuite transformer pour que les gens achètent. Et ça, c'est un métier. Et je me suis servi d'Insta pour que les deux se nourrissent. C'est-à-dire que sans Insta, la boutique ne vivrait pas suffisamment. Mon Insta permet de donner envie aux gens de venir dans la boutique, de réserver, de commander à distance. Et une fois que les gens m'ont découvert par la boutique, ils me suivent sur Insta, ça fait la fidélisation. Parce que je n'ai jamais fait de CRM, je n'ai pas de fichier client, rien. J'ai fait en mode, les gens y reviennent s'ils ont envie, jamais je leur fais des newsletters ou des trucs, venez me voir, promotion, je n'ai jamais fait une promo. Mais voilà, j'ai un peu inventé du coup mon petit modèle. Et après, j'ai aussi mixé, si on parle argent. J'ai aussi mixé ça avec de l'investissement, puisque j'ai eu l'opportunité de pouvoir acheter la boutique l'année dernière. Donc là, je me suis rendue compte que l'investissement était équivalent entre payer un loyer et payer à la banque. Donc voilà. Du coup, oui, ça fait toujours autant de frais, mais c'est un investissement ici à Carnac, je pense, qui est plutôt intelligent.
- Speaker #0
Félicitations ! C'est super d'avoir cette boutique. Et il y a un autre sujet dont je voulais parler avec toi, c'est aussi... Tu es très généreuse dans ce que tu partages sur les réseaux sociaux, tous tes petits tips sur comment tu répares les objets. Et il me semble aussi que tu as cette année fait une première retraite. Alors je ne sais pas comment vous expliquer, quel terme vous utilisez pour cet événement. Qu'est-ce que justement... Tu partages énormément, donc j'imagine que ça t'apporte aussi énormément de satisfaction. Comment tu vois ces moments en dehors de la boutique auprès d'autres personnes qui ont la même passion que toi ?
- Speaker #1
Oui, alors partager, c'est depuis le début, ça a toujours été mon kiff parce que c'était au début, faire valoir c'était pour montrer que l'objet ancien est intéressant, qu'il faut le regarder différemment parce qu'on peut l'éclairer, on peut le réparer, on peut le restaurer, on peut le refaire briller. Et moi j'avais vraiment à cœur... de montrer ça. C'est-à-dire qu'on n'est pas obligé d'acheter du neuf et que c'est pas compliqué. Je dis toujours, je ne dis pas que je suis dans la restauration qui respecte les règles de l'art de tous les métiers. Souvent, je me fais un peu attraper sur Instagram. Les gens me disent, oui, mais non, le cuir, il faut faire comme ça. Il faut passer par une étape de dégraissage. Je dis, non, mais en fait, je ne prétends pas être... Moi, je veux juste montrer aux gens qu'en fait, facilement, rapidement, on peut aller sauver le truc. Il vaut mieux ça que de le finir à la poubelle et tout le monde n'a pas les moyens d'aller confier un article à l'artisan qui va le faire dans les règles de l'art. Je les respecte à fond, bien sûr. Donc moi, mon idée, c'est vraiment ça. Mais dire aux gens, vous pouvez être hyper looké, vous pouvez avoir une super déco, juste avec deux, trois tips et deux, trois outils pour nettoyer. Vous n'avez pas besoin d'aller répondre aux sirènes de la surconso qui va vous vendre à chaque fois un produit neuf qui brille. Et donc ça m'anime vraiment, mais depuis toujours. Et c'est tellement satisfaisant, comme dirait ma fille de 12 ans, c'est tellement satisfaisant de nettoyer, de rendre les objets hyper beaux. Donc c'est une drogue, moi clairement c'est ma drogue. Et je sais que sur Insta, c'est ce qui fait aussi clairement l'attrait du compte. Et très vite du coup, cette idée de faire vivre ça, ma passion, cette idée de sauver les objets, que ce soit cool, que ce soit fun, que ça apporte de la joie. On s'est dit, tiens, avec Vincent du domaine de Ronsard, on a monté ça hyper rapidement, en quelques vocaux sur Insta, au mois de février. Et si on faisait un événement, un moment, deux, trois jours, dans un bel endroit, authentique, avec une déco 100% chinée, parce qu'avec Vincent, on a ce point en commun. Et on propose à des gens de venir vivre le moment, soit pour apprendre, découvrir, se mettre en confiance, parce que cette retraite qu'on a faite, la première édition, on s'est retrouvés avec la moitié. On était douze, il y avait douze nanas. autant de novices ou de filles qui voulaient vraiment apprendre, découvrir, que de nanas qui étaient soit déjà en train de le faire à titre pro ou qui avaient envie de se lancer dans cette aventure d'en faire un métier. Et du coup, ça a été un succès fou. Là, on a une liste d'attente de dingue pour la prochaine édition et tout le monde attend que je ponde la date. Je ne sais pas encore quand on va le faire. Ça va être en automne. Et c'est un moment... Enfin, assez dingue, parce que oui, on parle de brocante, on aime la brocante, avec tout ce que j'ai expliqué, l'intérêt et tout ça de vivre de seconde main. Et en même temps, humainement, c'était génial. On a passé un moment top. Alors, c'est une grande tendance actuellement de faire vivre des moments comme ça, de joie, de plaisir ou de découverte dans des endroits sympas, comme un peu un nouveau modèle de vacances ou d'échappatoire. Mais ça a été dingue, on a passé un super moment. Et on continue, plusieurs mois après, sur WhatsApp, à échanger. Encore hier, on a échangé sur le WhatsApp. avec les douze nanas.
- Speaker #0
Trop chouette. Donc, tu retrouves une autre communauté. Oui.
- Speaker #1
Tout ça, c'est fait grâce à Insta. Clairement, c'est des personnes qui me suivaient. Vincent, on s'est rencontrés grâce à Insta. On arrive à créer des petites sous-communautés pour échanger comme ça et de l'entraide aussi auprès de celles qui veulent se lancer.
- Speaker #0
Et comment t'imagines la suite ? Comment tu vois le chemin pour une place pour chaque chose maintenant que tu as... La Jocelyne Bisse, comme tu dis.
- Speaker #1
Bonne question.
- Speaker #0
Est-ce que tu as des envies particulières ? J'imagine qu'il y a quand même pas mal de choses qui doivent se trouver dans la tête.
- Speaker #1
Oui, oui, oui. J'ai plein d'idées. Et après, en permanence, j'ai jamais voulu qu'une place pour chaque chose, ça devienne un empire. Souvent, les gens me disent « Oui, mais tu pourrais faire ça, tu pourrais faire des franchises. » Ah ouais, oui, alors je suis très déchirée parce que j'ai plein d'idées. Et en même temps, je me dis non, mais je n'ai pas forcément envie d'aller chercher plus. Moi, mon but, ce n'est pas plus d'argent, ce n'est pas plus de visibilité, de notoriété. C'est plus l'aventure humaine qui m'intéresse et elle est déjà tellement riche. Tous les jours, je m'ennuie jamais. Et c'est vrai qu'on est dans une société aujourd'hui où même quand on pense toujours à après et qu'est-ce qu'on peut faire de mieux. Qu'est-ce qu'on va faire demain ? Et mon CV ? Et ma carrière et tout ? Moi, souvent, depuis que je suis ici, je dis non mais déjà, je vis ma meilleure vie là, mais pourvu que ça dure comme ça... Des petits projets à droite à gauche, comme là j'ai fait d'aller faire cette retraite, c'est chouette. Là, le destin fait que j'ai un peu de nouveauté avec ce nouveau local à côté. Sachant que le truc m'est tombé dessus très très vite avant même que j'échafaudes comment vraiment j'allais faire.
- Speaker #0
Je suis personne qui va trouver le moyen. En fait,
- Speaker #1
moi je suis vraiment, je fais confiance au destin maintenant et je ne me dis plus, tiens, je prévois de faire ça. Moi, je ne planifie plus rien. Déjà depuis mon trauma depuis 4 ans, j'ai énormément de mal à planifier. Donc c'est très difficile pour moi de planifier. Et donc je me laisse glisser, tu vois. Comme dans le surf. Comme dans le surf. Et on verra bien où le destin nous emmène. Et en fait, à chaque fois, je vois que quand je suis hyper détendue, cool, dans la joie, l'envie, juste de profiter déjà du moment, et bien on m'emmène vers des trucs, le destin m'emmène vers des trucs plutôt cool, tu vois. Et très souvent, en plus, là c'était drôle parce que le local, tout le monde m'a dit « Mais comment tu vas faire ? Mais de boutique, tu ne peux pas tenir de boutique ! Mais comment tu vas faire ? » Écoute, on verra. J'ai prié et puis on verra comment ça se passe. On va le faire d'une façon... Bah voilà, moi c'est un peu ma façon de fonctionner depuis quelques années. Maintenant, j'ai beaucoup moins peur qu'avant et souvent, maintenant j'entreprends, je fais le truc et je me dis... je me mets un peu en position de difficulté de me dire tiens un petit défi allez j'y vais, tout le monde me dit mais comment tu vas même mon cerveau, comment tu vas, on verra bien une fois que le truc est là on trouvera des solutions voilà trop chouette,
- Speaker #0
est-ce que par rapport à justement à cette vie en bord de mer à ce modèle que tu as trouvé est-ce que tu prends bien évidemment le défi rien de neuf c'est quelque chose qui m'a beaucoup marquée au début quand je t'ai découvert il y a je sais pas combien d'années comment une place pour chaque chose s'inscrit justement dans cette démarche de à la fois sensibilisation et promotion aussi d'une autre forme de consommation alors au début très vite moi
- Speaker #1
je me suis lancée c'était en 2016 donc c'était le tout début c'était un peu précurseur à moi on se moquait un petit peu de moi parfois et puis même moi très jeune j'étais toujours seconde main moi on se foutait un peu de moi parce que j'avais toujours des trucs de seconde main Enfin voilà. Maintenant, c'est devenu vraiment dans l'air du temps. C'est devenu limite une mode, le greenwashing des marques, machin. Il y a une vraie prise de conscience, donc on n'a pas trop le choix. J'ai été très militante à une époque, hyper militante, zéro déchet, etc. Et après, j'ai un peu évolué aussi dans ma façon d'en parler, de le faire vivre. Parce qu'il y avait, notamment sur les réseaux sociaux, il y a eu toute une période où je pense que beaucoup de contenu sur le sujet... générer chez les gens une sorte de culpabilité de dire non mais j'arriverai pas je suis pas capable, ça veut dire que voilà on se culpabilise et j'ai très souvent des personnes qui me rencontrent et je leur dis ah c'est sympa ton truc et ils me regardent genre hyper gênée les dents comme ça c'est un truc neuf, je l'ai acheté chez Action et là je dis non mais c'est bon ça va je suis pas Naya Tola je suis pas la police et du coup parfois je me suis dit non j'ai pas envie d'être perçue comme ça non plus Merci. et du coup j'ai un peu fait évoluer aussi mon contenu et du coup je me suis dit essaie plutôt de faire un contenu qui va donner envie plutôt que de toujours dire ah non il faut pas acheter du neuf ça c'est pas bien juste donner envie par mon modèle en montrant les jolies choses et par défaut ça donne envie aux gens mon côté militant en tout cas il a un peu plus pris ce virage là Et... Et voilà, du coup, je trouve que c'est plus... Parce que j'ai pas envie d'être une donneuse de leçons, quoi. Je veux pas avoir ce ton-là. Surtout sur les réseaux sociaux, j'évite tout ce qui est maintenant polémique. Bon, parfois, je dérape un peu, je peux pas m'en empêcher, mais j'évite.
- Speaker #0
Est-ce que, si... Je l'espère qu'il y aura des personnes qui nous écoutent qui seront peut-être dans cette démarche de se reconvertir dans une autre activité. Est-ce que t'as peut-être un conseil à leur donner ? Ou peut-être... Un tips que toi tu as appris à mesure de ces années et de l'expérience que tu as pu accumuler ?
- Speaker #1
Sur ce métier-là ?
- Speaker #0
Sur ce métier ou même l'entrepreneuriat et le saut dans le vide ou peut-être recommencer quelque chose de ça ?
- Speaker #1
Sur ce métier-là de la brocante, se lancer aujourd'hui, ce n'est pas du tout comme il y a dix ans parce que le marché de la seconde main s'est énormément structuré maintenant. Donc ce n'est plus du tout pareil. Il y a dix ans... Tu proposais des choses, tu sortais du lot et tu trouvais que tu avais une facilité à le vendre ? Maintenant, aujourd'hui, la proposition de seconde main, elle est prolifique. Il y en a partout et ça s'est structuré et tout. Donc, comme dans tout marché qui est structuré et qui grandit, il faut trouver sa place, avoir un positionnement et il faut être meilleur, il faut être bon quand il y a plus de monde sur un marché. Donc, c'est plus difficile. Après, sur l'entrepreneuriat en soi... Je trouve que c'est facile à dire, mais après coup, parce que parfois j'ai une espèce de culpabilité, Caro arrête de te la péter, c'est peut-être que toi t'as eu un gros coup de chance, donc arrête de dire ouais c'est easy, suffit juste de pas avoir peur, de se lancer, tu agis, tu réfléchiras après. J'ai envie de dire ça si tu veux, mais parfois je me dis que c'est pas évident non plus pour tout le monde de se révolutionner, de se jeter dans le grand bain, mais moi clairement... Oui, c'est ce que j'ai fait. Moi, j'ai toujours été à trop réfléchir avant d'agir. Et à un moment, j'ai dit stop, j'en ai ras-le-bol. Je vais juste essayer de moins réfléchir et de me lancer et de me dire et si ça ne marche pas, ce n'est pas grave, tu reviendras en arrière. Après, moi, c'est mon chemin. L'autre jour, je me suis fait alpaguer sur les réseaux sociaux. Elle dit, c'est facile pour vous, vous êtes d'un milieu, trop easy pour vous, machin. Oui, en même temps, non, en fait. Non, c'est pas si... Non, non, c'est pas facile. D'autant plus que moi, j'avais une pression quand je me suis lancée. Les gens me regardaient, « Matin, est-ce que tu reprends un vrai métier ? On t'a pas payé une école de commerce pour finir dans un métier de bohème ? » Comme ça. Enfin, voilà. Je dis vraiment aux gens, je le dis souvent, « C'est quoi votre rêve de quand vous étiez gamin ? Qu'est-ce qui t'a vraiment vibré ? » Là où tu kiffes le plus, réfléchis, c'est quoi le truc où tu kiffes le plus ? Moi, je savais, c'était quand je bricolais et tout. Quand j'étais responsable régionale, je kiffais quand j'étais dans la phase travaux des magasins et qu'on allait ouvrir et que j'allais me dépatouiller tous les problèmes techniques que personne n'arrive à résoudre. Je trouvais ça trop satisfaisant, beaucoup plus que de manager et de faire des comptes d'exploitation. Et voilà, donc il faut y aller, surtout que maintenant, il y a matière.
- Speaker #0
Enfin,
- Speaker #1
j'ai... Merci. des témoignages que tu... des podcasts comme tu fais toi, Elisabeth, des témoignages, il y a foison, on est dans un pays, si c'est pas ici qu'on le fait, on est dans un pays béni, on est aidé de partout, et il y a du boulot, si jamais tu te plantes sur un truc, c'est pas grave, tu reviens en arrière, t'essayes un autre truc.
- Speaker #0
Et tu vois, en même temps que tu dis ça, je me dis, au final, en fait, on revient jamais vraiment en arrière, on continue d'avancer, et ces expériences, elles nous enrichissent énormément. Donc c'est vraiment une... Ouais, si c'est peut-être un pas de côté, c'est finalement... Et très souvent,
- Speaker #1
tu te rends compte que ceux qui se reconvertissent ou changent, ils ont une idée en tête, mais en fait, tu évolues et c'est pas du tout ce que tu as imaginé, mais si tu te laisses un peu aller, tu te laisses emporter par tes rencontres, les opportunités à saisir et tout, tu finis par trouver quelque chose, limite, que tu n'avais même pas imaginé, mais pour ça, il faut avoir cette espèce de lâcher prise. On verra. et qu'on n'est pas du tout habitués à manier.
- Speaker #0
On n'apprend pas forcément ou on nous apprend malheureusement.
- Speaker #1
Ce n'est pas trop une valeur.
- Speaker #0
Dernière question pour toi Caroline et j'ai hâte de te la poser parce qu'elle compte beaucoup pour moi et pour toutes les personnes que j'interroge sur le podcast, je termine par cette même question et qui est qu'est-ce que représente l'océan Atlantique pour toi ?
- Speaker #1
L'océan Atlantique c'est l'Ouest Go West c'est Et... Je sais pas, en tout cas, moi, c'est l'endroit où je me suis sauvée, quoi. C'est l'endroit où j'ai appris à vivre quand j'étais gamine, j'ai appris à nager. Et c'est l'endroit qui m'a sauvée, voilà. Enfin, depuis 4 ans, ouais. Et en plus, il est d'hiver. Tu vois, moi, cet été, j'ai décidé d'aller me faire une petite balade avec ma fille dans le sud de l'océan Atlantique et d'aller sur la façade où je suis jamais allée à Osgore, aller voir des potes. Je me suis dit, on va descendre. Et on est déjà allé à Noirmoutier, on a fait l'île de Ré, etc. Et je ne suis jamais descendue avec elle jusqu'au sud-sud de l'Atlantique. Donc on va aller, enfin, on peut aller encore plus loin après, dans d'autres pays. Mais voilà, il est très varié en plus. Il est magique. C'est comme la Bretagne Nord. Moi, je ne connais pas la Bretagne Nord. C'est pareil, je me dis, il faut aller en Bretagne Nord. La façade atlantique, elle est diverse, elle est magnifique. Donc voilà, venez au bord de l'océan. On y vit. La douceur de vivre est géniale.
- Speaker #0
Je confirme. Merci beaucoup Caroline. Est-ce que tu peux nous donner un peu toutes les informations ? Est-ce qu'on peut te retrouver sur les réseaux et à Carnac ?
- Speaker #1
On peut me retrouver sur Insta essentiellement. Donc une place pour chaque chose en toutes lettres, sans point, sans tirer, etc. Mes contenus sont également visibles sur Facebook, mais ce n'est pas du tout une plateforme où j'échange. Donc j'invite plutôt les gens à être sur Insta. Et puis à la boutique, à la Jocelyne, 14 avenue de Caire-Mario, vous êtes à 50 mètres de la plage. Donc même si à la limite, vous ne trouvez rien à la boutique, vous venez juste passer me voir. Vous pouvez toujours aller piquer une tête après ou manger une glace. Enfin voilà, on est dans un petit coin où j'ai des voisins super aussi. Vous pourrez faire votre petit coin shopping. On est en train de, avec mes petits voisins, nous avons décidé de baptiser ce nouveau quartier de Carnac. Je tiens à le dire, c'est le premier endroit où j'en parle. On a décidé qu'on allait baptiser ça le village de Caire-Mario. Et créer, parce qu'on a créé quand même un nouvel endroit entre le Celtic, le kiosque en face avec Augustin, Art, Amo Design et HL Maroquinerie. Mon voisin Hugues, il y a la Bénard-Joséphine, on a Stéphanie avec un stitubule de douceur qui va débarquer dans pas longtemps derrière. On s'est dit, là il y a un nouveau petit coin de Carnac, il y a Port-Andreau, il y a l'avenue Mille, il y a aussi le village de Caire-Mario. Trop chouette !
- Speaker #0
Donc c'est ici que ça se passe aussi. Merci beaucoup Caroline pour ce moment. Merci pour ta générosité et ton partage.
- Speaker #1
Merci d'être venue jusqu'à moi.
- Speaker #0
A bientôt. Merci beaucoup pour avoir pris le temps d'écouter cette conversation avec Caroline. J'espère qu'elle vous aura plu. De notre côté, on se retrouve dans 15 jours pour une nouvelle conversation le long de notre littoral adoré. Et si vous avez aimé cet épisode, n'hésitez pas à le partager autour de vous et de donner quelques étoiles, au moins 5, sur les plateformes d'écoute. A très vite.