- Speaker #0
C'est un des tableaux les plus scandaleux de l'histoire de la peinture. Olympia d'Edouard Manet. Il fit s'exclamer d'indignation le tout Paris en 1865. On y voit une femme nue, qui n'appartient pas à une scène mythologique. Ce n'est pas non plus une Sabine enlevée au cours d'une scène historique. Ni une nymphe, ni une muse imaginaire telle qu'on en croise tant dans les allées du salon. Non, de toutes les femmes nues exposées cette année-là, celle-ci fait scandale. parce qu'elle est juste ce qu'elle est. Une prostituée qui regarde le spectateur dans les yeux et le met brutalement face à la situation. Depuis 160 ans, cette œuvre, aujourd'hui visible au musée d'Orsay, a captivé des générations de visiteurs. Parmi eux, il y a un jeune portugais du nom de Gabriel Abrantes, qui grandit aux Etats-Unis mais revient voir la toile presque à chaque fois qu'il passe à Paris. Je m'appelle Anne-Cécile Genre et vous écoutez Les Intranquilles, le podcast de la délégation en France de la Fondation Gulbin-Kian, en partenariat avec Beaux-Arts Magazine. Aujourd'hui, je vous raconte comment Gabrielle Abrantes a puisé dans l'œuvre culte d'Edouard Manet l'ironie et la provocation qui font toute la force de son travail, à la fois en peinture et en vidéo. J'ai rencontré Gabriel Abrantes un jour d'octobre, sous le soleil d'Avignon, dans la cour ombragée de la collection Lambert, qui hébergait sa première grande exposition en dehors du Portugal. Malgré les nombreux préparatifs à l'approche du vernissage, il m'a reçu avec l'air décontracté de celui qui se sent chez lui partout, même dans un hôtel particulier du XVIIIe siècle. Ses parents sont portugais, mais Gabriel Abrantes est né dans la petite ville universitaire de Chapel Hill, aux Etats-Unis. Il passe sa petite enfance entre la Belgique et le Portugal, avant de retourner aux Etats-Unis de ses 7 à ses 21 ans. C'était les années 90, et il m'a raconté que son père, médecin mais amateur d'art plastique, était abonné à des cours de peinture par correspondance. Il a très tôt partagé avec lui cette activité du dimanche, et il a su très vite qu'il voulait être artiste. Pour faire comme Manet, ce peintre qu'il admirait quand il visitait les musées.
- Speaker #1
J'étais vraiment une personne à côté des normes au lycée. Je n'étais pas ni le jockey athlète, ni le président, ni le meilleur étudiant. Et c'était avant que j'aie découvert un peu comme artiste. Alors j'étais vraiment un fantôme. Mais je voyais un peu le théâtre des gens. Et je pense que toute cette expérience au lycée et plus tard à l'université m'a donné une envie de questionner les normes et comme elles sont un peu les fils qui contrôlent les marionnettes des personnes dans le théâtre de la vie. Et Manet, ce qu'il faisait, c'est de couper les fils ou de mettre la lumière sur les fils. C'est un geste punk, un geste contre le pouvoir, contre le centre, contre la normativité. Et c'est un peu ça qui m'a touché.
- Speaker #0
Après le lycée, Gabriel Abrantes entre à la prestigieuse Cooper Union de New York, une des meilleures écoles d'art américaine, m'a-t-il dit, pour la simple raison que c'est la dernière école gratuite des Etats-Unis et qu'elle est donc extrêmement demandée. Il y découvre un enseignement avant tout théorique, totalement coupé de la pratique.
- Speaker #1
On dessinait des cubes pendant un an. Après, on était là quatre heures à parler des cubes. Et ça, ce qu'il voulait qu'on fasse, c'est d'apprendre à parler et à conceptualiser qu'est-ce qui est derrière le cube. Est-ce qu'on va parler de la ligne, de l'ombre, de la tradition du cube ? Est-ce que le cube est occidentaliste, western-oriented ou est-ce que c'est une autre chose ? Je pense que ces quatre ans, c'était plutôt des ans de création de discours. Et pour moi, ça m'a déstabilisé complètement parce que je venais pour devenir peintre.
- Speaker #0
Dans l'exposition de la collection Lambert, Gabriel Abrantes présente une série de peintures à l'huile mystérieuses, intitulée « The Ghosts I Love » et « Nobody Nowhere » On y voit des petits fantômes exercer différentes activités artistiques. Gabriel Abrantes m'a expliqué qu'il s'est inspiré du peintre Philippe Guston. dont les personnages cagoulés ressemblaient déjà à des fantômes dans les années 60. Mais alors que les fantômes de Philip Guston caricaturaient une certaine frange de l'Amérique,
- Speaker #1
ceux de Gabriela Brantes ont une résonance beaucoup plus personnelle.
- Speaker #0
Chaque fantôme est une facette de sa personnalité, dans le cadre d'un trauma qu'il a traversé. Il y a un fantôme dessinateur, un projectionniste, un joueur de guimbarde,
- Speaker #1
un écrivain. Un flûtiste, un réalisateur. Mais le plus souvent, ses fantômes sont peintres.
- Speaker #0
Car la peinture, Gabriel Abrantes en rêvait depuis le lycée. Il m'a même confié qu'à l'âge de 14 ans, il voulait tellement devenir peintre qu'il a demandé à l'artiste portugaise Paola Rego de l'embaucher comme assistant. Celle-ci a refusé, mais l'a emmené admirer ses œuvres dans un musée.
- Speaker #1
Quand il arrive au Beaux-Arts de Paris en 2005, dans le cadre d'un échange universitaire,
- Speaker #0
Gabriel Abrantes est donc déterminé à peindre coûte que coûte. L'atelier qui lui est assigné ne lui convenant pas, il installe ses affaires en plein milieu de l'école.
- Speaker #1
Il y a un endroit au centre des Beaux-Arts qui est le Grand Court, je pense qu'ils appellent ça la Cour Vitrée ou quelque chose comme ça, où ils font des passerelles de mode, etc. Et j'ai m'installé là en atelier provisoire, hors tous les autres ateliers, un peu comme Salon des Réfusés. Et je me suis mis à peindre dans cet espace très nobre, très beau, mais un peu à la punk dans le coin. Et j'ai fait des peintures très grandes, et j'ai fait une grande série de carreaux de céramique en format triangulaire. fait à la main, etc. Et ça m'a donné énormément de plaisir.
- Speaker #0
Et l'école n'a rien dit à propos de cette occupation sauvage de la cour ?
- Speaker #1
Aucune personne ne m'a rien dit. Je rentrais avec mon vélo, je stationnais devant ma peinture, je commençais à peindre, à peigner, et aucune personne n'a jamais rien dit. Alors ça, c'est cool. Et c'est jusqu'après cette année, quand j'ai revenu aux États-Unis, où j'ai commencé à faire des courts-métrages en 16 mm.
- Speaker #0
Il faudra finalement 11 ans de plus à Gabriel Abrantes pour remettre la peinture au centre de sa vie. A son retour aux Etats-Unis en 2006, il a comme professeur à Cooper Union le critique de cinéma Jim Oberman. Celui-ci lui fait découvrir les films de Jean-Luc Godard. Et le jeune artiste a alors une révélation en voyant la scène d'ouverture du mépris. Alors que la voix de Jean-Luc Godard récite le générique du film. et cite les noms de Michel Piccoli, Brigitte Bardot, on voit une caméra suivre une femme qui marche et s'approcher lentement par le biais d'un rail de travelling. Quand il semble qu'elle ne peut pas aller plus loin, la caméra se tourne vers le spectateur. Cette mise en abîme cinématographique enchante Gabriel Abrantes. Il voit dans l'art vidéo un moyen idéal de questionner la représentation des choses, à la manière de Manet à son époque. Il réalise pas moins de six courts-métrages étudiants cette année-là. dont deux, co-réalisés avec sa camarade Cathy Wildowski, sont dédiés à Olympia de Manet. Olympia 1 et 2 ne sont plus visibles, mais Gabriel Abrantes m'a raconté leur contenu. Dans Olympia 1,
- Speaker #2
Olympia était en grande conversation avec son frère, interprété par Abrantes.
- Speaker #0
Dans Olympia 2, le réalisateur se mettait à nu. Il interprétait lui-même le rôle d'Olympia, en discussion cette fois-ci avec sa servante.
- Speaker #1
Alors c'est des discussions post-modernes autour du désir, mais qui questionnent aussi des formes de construction de pouvoir. Le frère, il n'est jamais vu, il est toujours derrière la caméra, un peu comme le spectateur des salons quand on m'en est regardé. Et le frère, il est assez queer et il provoque sa sœur. Et l'autre, c'est autour du pouvoir entre... une femme noire et une femme blanche, mais qui est jouée par un homme. Alors c'est des vidéos qui questionnent un peu toutes ces relations, ces relations subentendues ou jamais parlées de l'homosexualité ou des relations interraciales qui ne sont vraiment pas trop discutées autour de la peinture. Alors on peut dire que c'est une peinture olympia qui ironiquement m'a inspiré pour commencer à faire des films. à fouillir de la peinture.
- Speaker #0
Gabriel Abrantes m'a donné une raison de plus à ce basculement d'un médium à l'autre. À mesure qu'il se professionnalisait en peinture, il était contraint de travailler seul dans un grand atelier, alors qu'il avait toujours détesté la solitude. Alors que faire du cinéma demandait un entourage de co-réalisateurs, de techniciens, d'acteurs, ça lui permettait de n'être plus jamais seul. C'est sans doute aussi pour ça qu'il choisit un format, le moyen-métrage, dont le cycle de production est moins long que pour un long-métrage. Comme son nom l'indique.
- Speaker #1
C'est le résultat d'une anxiété, une insécurité qui m'a amené à surproduire. Je voulais toujours être en production et faire des longs métrages prend beaucoup de temps. Et alors si quelqu'un me donnait 500 euros, 1000 euros, 5000 euros, je le prenais et je faisais un film.
- Speaker #0
Pendant dix ans, Gabriel Abrantes réalise des films dont il est impossible de nister ici tous les sujets et les idées foisonnantes. Mais ils ont tous comme point commun de mettre en scène des jeux de pouvoir. Par exemple, les relations post-coloniales entre le Portugal et le Brésil, dans A History of Mutual Respect, une histoire de respect mutuel, co-réalisée avec l'américain Daniel Schmidt, qui gagne de nombreux prix à Locarno, Melbourne ou encore Lisbonne. Il traite aussi de la relation entre artistes et modèles, avec A Brief History of Princess X, qui révèle les dessous de la création de la sculpture Princess X par Constantin Brancusi, ou encore les rapports de classe, avec les extraordinaires mésaventures de la jeune fille de Pierre, où l'on voit une statue anonyme du Louvre, incarnée par Vimal Apons, rejoindre les manifestants de Nuit Debout, et se faire littéralement casser par la police. En 2018, Gabriella Brantes... co-signe avec Daniel Schmidt son premier long métrage, une histoire de footballeur de génie trop gentil nommé Diamantino. Son secret pour marquer des buts à tous les coups, c'est de convoquer mentalement l'image d'une sorte de bain moussant à paillettes dans lequel évoluent des chiens gigantesques et parfaitement toilettés. Mais un jour qu'il se promène à bord de son yacht 4 étoiles, Diamantino aperçoit un radeau de réfugiés. Sa vision du monde bascule et le développement de sa conscience sociale Merci. se fait au détriment de ses performances footballistiques.
- Speaker #1
Je pense qu'on a eu de la chance de ne pas pouvoir filmer où on voulait filmer. Initialement, on allait filmer au Brésil, mais on n'avait pas assez de financement. On a dû changer le scénario pour filmer au Portugal. Et là, on cherchait, le scénario était toujours autour de deux jeunes amoureuses qui voulaient faire semblant qu'elles étaient des orphelines. pour être adopté par une personne très riche. Et alors j'ai commencé à penser à qui peut être ce personnage très riche qui adopte les enfants, les faux enfants. Et quand je cherchais, je pensais à des héritiers aristocrates portugais. Et tout d'un coup c'était très clair, c'était Cristiano Ronaldo.
- Speaker #0
Cet ovni cinématographique, mêlant sans vergogne la science-fiction, la chronique sociale et le film d'espionnage, aurait eu toute sa place dans les galeries d'art où sont généralement projetés les moyens-métrages de Gabriel Abrantes. Mais Diamantino est sélectionné au Festival de Cannes à la Semaine de la Critique en 2018. Il remporte le Grand Prix, ce qui projette ses réalisateurs, du jour au lendemain, au premier plan du cinéma mondial. C'est à ce moment-là, en rentrant de son séjour sur la croisette, que Gabriel Abrantes réalise que la pratique de la peinture lui manque, qu'il n'a quasiment rien peint depuis plus de dix ans. Quand le musée d'art, d'architecture et de technologie, autrement appelé le MAT de Lisbonne, lui propose une exposition rétrospective mêlant vidéos et tableaux, Gabriel Abrantes y voit l'opportunité rêvée pour se remettre à peindre. Il se donne un an pour produire une nouvelle série. En 2020, Quelques semaines avant le Covid, s'ouvre donc au mat l'exposition Melancolia Programada, mélancolie programmée. Au mur, les toiles sont colorées, ludiques. On y reconnaît des éléments familiers, un donut, un ballon, une paille, une bouteille de vin, une perruque, positionnées de manière à créer des personnages grotesques. Le réalisateur, finalement redevenu peintre, m'a dit s'être inspiré de Paola Rego, mais aussi de Jeff Koons. Il compose ses tableaux à l'aide d'un logiciel d'effets spéciaux pour le cinéma, Autodesk Maya. Une fois le design trouvé, il copie le motif sur la toile à la peinture à l'huile.
- Speaker #1
Quand j'ai une image que j'aime bien, je prends beaucoup de temps en création à jouer dans ces espaces. C'est un peu comme l'activité ludique d'un enfant qui joue au Lego. avec ses personnages et il va en train de construire son petit monde aléatoire. Et je construis plein de mondes, presque 50 ou 60, et après je les réduis et ça commence à construire une histoire. Au début, ce n'était pas très autobiographique. Le premier que j'ai fait, c'était vraiment très bête. C'était deux yeux complètement ouverts, comme un cartoon surpris, et une tête très simple. Et quand j'ai vu ça, j'ai ri. Et j'ai dit c'est ça. Et alors j'ai fait cette série d'espèces de cartoons abstracts digitales que j'ai peignées avec des techniques très traditionnelles à l'huile. Et je vois que Manet il faisait le même dans son atelier. Il faisait des scénographies presque cinématographiques dans son atelier. La lumière est fausse, les ombres sont fausses, les draps sont un peu faux. Beaucoup de fois ça semble que le drap était peigné après que la personne était là. En fait c'est des productions... extrêmement artificielle et je pense que cette artificialité c'était aussi la cause du choc.
- Speaker #0
Les fantômes de la série Nobody Nowhere, que Gabriel Abrantes s'apprêtait à exposer à la collection Lambert quand je l'ai rencontré, se sont imposés dans son univers virtuel à mesure qu'il vivait une expérience personnelle traumatique.
- Speaker #1
Je faisais ces peintures qui étaient un peu cartoon et j'ai commencé à utiliser la simulation de tissus dans les logiciels digitales, parce que c'est quelque chose que les logiciels digitales font très réalistiquement. L'histoire de la peinture, c'est... presque une histoire de peindre le tissu et les plis dans les draps. Par exemple, le bronzino, c'est au Velázquez. 5% c'est de la chair humaine et le reste c'est 95% des tissus, des grands vêtements, des princesses, des princes, etc. Et j'ai commencé à faire ça dans le monde digital, répliquer ces tissus baroques, rénaissantistes dans le monde digital et après le peindre. Et tout d'un coup, j'ai commencé à faire des personnages qui étaient couverts par ces tissus et j'ai vu un fantôme. Et comme j'étais en train de passer un moment où j'ai perdu, c'était sûr que j'allais perdre quelqu'un très proche, j'ai commencé à peindre ce fantôme.
- Speaker #0
Chaque tableau de la série n'est pas qu'un portrait de fantôme. C'est aussi une scène apocalyptique où le monde est en train de vaciller. En 2024, Gabriella Brantes réalise quatre vidéos qui viennent prolonger le même univers. Selon la même idée que ses films Olympia 1 et 2 en 2016, On y voit des conversations qui tournent en boucle, comme si ces scènes n'avaient jamais de fin. Au milieu d'un incendie, un couple se déchire autour de leur désir d'enfant. Dans une pièce inondée, un pianiste se lamente en chantant qu'il est triste. Dans un ouragan, Deux personnes s'insultent sans jamais vraiment s'écouter. Ces conversations, Gabriel Abrantes m'a dit qu'il les a réellement entendues.
- Speaker #1
C'est des extrapolations, des exagérations des vraies conversations. Deux personnes qui ne se comprennent pas, qui n'ont aucune empathie une pour l'autre. Avec une essai, en anglais on a cette phrase que c'est « virtue signaling » . que c'est essayer de signaler ton virtude. C'est un phénomène qui existe beaucoup sur les réseaux sociaux. On veut poster autour de la manifestation correcte. Peut-être qu'on n'a même pas allé à la manifestation, mais au moins on a fait notre post sur Instagram à dire qu'on est des bonnes Samaritaines qui croient dans les bonnes questions sociaux dans le monde. L'appréciation, la plupart des fois, c'est d'une hypocrisie néfaste, vraiment préoccupante. Mais appliquer dans la vie réelle, c'est quelque chose de vraiment effrayant. C'est vraiment des moments où on trouve que l'empathie, la compréhension de l'autre, la volonté de partage, c'est vraiment évacuer du contrat social. C'est quelque chose que je trouve très affreux. J'ai juste souligné quelque chose et j'ai mis ça en valeur. pour un peu... Montrer la manque d'empathie qu'on a aujourd'hui dans un moment où les modes de communication sont plutôt appris anonymement sur l'internet sans voir l'autre. Mais Olympia aussi, c'était une critique. Les salons, dans l'époque de Manet, avaient toutes ces conditions anthropologiques et sociaux et de pouvoir. qui était invisible pour les participants dans cette culture. Et Manet, je pense qu'il a un peu tiré le rideau autour de ça. Et ces vidéos, ils sont en train d'essayer de faire exactement la même chose. Je suis en train de satiriser ou critiquer les formes de communication et les normes que moi je trouve qui ne sont pas acceptables.
- Speaker #0
Gabriel Abrantes expose aussi une série de dessins aux fusains et une installation de réalité virtuelle. Pour passer ainsi d'un support à l'autre, il m'a avoué passer beaucoup de temps sur internet à suivre des tutoriels. le faire son père avec ses manuels de peinture. La technique du fusain lui a, par exemple, été enseignée par un youtuber basé au Sénégal. Il lui a permis de mettre en scène un nouveau héros, qui n'est plus un fantôme.
- Speaker #1
À un certain moment, j'ai commencé à voir que mes peintures ont perdu cet humour, que les peintures semblaient bien faites, très perfectionnistes, mais très calmes, presque sages, presque... placide. Je voulais ramener un peu de ce humour, ce cartoon, ce côté un peu loufoque et simple. Et alors j'ai commencé à développer ce personnage du rat en 3D et j'ai créé une série de je pense que 12 dessins d'un rat qui lutte un fantôme. Et ce sont des peintures très violentes. Les rats, ils ont des machine guns AR-15 qui remet à les machine guns qu'on voit qui sont utilisés par des enfants dans les États-Unis pour faire des attentats dans les écoles, etc. Ou des outils médiévaux violents ou des pièces de bois. Et là, pour les prochaines peintures que je vais faire, je vais faire des peintures avec des sculptures, des fantômes, des rats, des animaux. Tout ce qui fait l'amour, qui fait des bagarres, qui loute, mais des peintures qui sont drôles en même temps qu'elles sont violentes, en même temps qu'elles sont érotiques. On a ça un peu dans les vidéos, les fantômes ils font l'amour, les fantômes ils se battent physiquement, ils crient avec les autres. Il y a un drame qui est très présent dans les vidéos et moins dans les peintures et je veux amener ça un peu dans les peintures.
- Speaker #0
A bientôt 42 ans, Gabriel Abrantes parvient désormais à mener de front sa carrière de peintre et de cinéaste. Depuis Diamantino, il a signé un autre long-métrage, un film d'horreur intitulé Amelia's Children, qui a remporté le prix du jury au festival de Gérard May en 2023. Il prépare un troisième film, mais il continue de créer des tableaux et des dessins, avec toujours en tête l'idée du décalage cher à Manet, qui reste sa source d'inspiration préférée. Vous venez d'écouter le sixième épisode des Intranquilles, le podcast de la délégation en France de la fondation Gulbin-Kian, en partenariat avec Beaux-Arts Magazine. Merci pour votre écoute et à bientôt pour un nouvel épisode. Si vous aimez le podcast, faites-le nous savoir. Abonnez-vous, laissez-nous des commentaires et envoyez-nous des étoiles.