- Speaker #0
Et après, j'ai eu des amis adorables où pour le régime, c'était l'inverse. Mais nous, on veut quand même t'inviter à la maison. Je suis pas drôle, je fais pas grand-chose. Surtout en plein régime FODMAP. Mais fais-moi une liste. Et j'ai fini par faire une fiche, une fiche quand même, de ce que je peux manger en grande quantité, en moyenne quantité. Pas du tout, très dangereux. Et mes allergies en priment parce que les allergies, elles avaient explosé. Et voilà. Et donc, les gens ont plus d'empathie face à ça tout de suite. comment on va faire ? Il regrette même de t'avoir demandé la liste. Et en fait, c'était très cool parce que je faisais ça et au restaurant aussi, je pouvais envoyer ma liste si c'était des restaurants un peu gastronomiques ou quoi ou si j'étais invitée. Et après, j'arrivais toujours à sortir. Je te trouvais toujours en steak frites. Je ne me privais jamais. Et c'était, pour moi, j'étais dans la démarche, c'est aux autres de s'adapter. Je suis malade.
- Speaker #1
Les Invisibles. Juin 2020. Ma vie bascule du jour au lendemain dans une maladie neurologique, rare, qui n'a de poétique que le nom. Le syndrome du mal de débarquement. Les symptômes qu'elle m'amène vivent en colocation avec moi. 7 jours sur 7. 24 heures sur 24. Et ne prennent jamais leur week-end. Je n'ai donc pas la place pour un autre combat. Du moins, c'est ce que je crois. Puis vient ce jour où je témoigne dans une émission télé, dans l'espoir de rendre visible l'invisibilité du syndrome dont je suis atteinte. À peine sortie du plateau, forte de cette expérience et encore dans mes talons rouges, une évidence s'installe. Je n'en resterai pas là. Dans le train du retour, je rejoins à la fois ma maison et mon nouveau combat. Offrir un espace de parole au travers d'un podcast, aux personnes qui composent, bien souvent en silence, avec des maladies invisibles, et avec les regards de sociétés qui ne croient que ce qu'elles voient, deux réalités plus souvent subies que choisies. Aujourd'hui, loin de mes talons rouges et au plus proche de l'engagement, l'évidence s'étend. C'est à l'invisible ou pluriel que je vous invite, ceux qui dans la chair, l'esprit, et les sociétés se vivent, sans pour autant faire de bruit. Si comme le dit Antoine de Saint-Exupéry, l'essentiel est invisible pour les yeux, ici, on compte bien le faire entendre. Bonne écoute !
- Speaker #0
Hello Jennifer ! Bonjour Tamara !
- Speaker #1
Comment est-ce que tu vas aujourd'hui ? Je vais très bien, merci beaucoup.
- Speaker #0
Et toi, comment tu vas ?
- Speaker #1
Ça fait du bien à entendre ! Écoute, moi je suis très fatiguée. Très très fatiguée, voilà, beaucoup de logistique avant des rendez-vous filmés. Et je viens avec ça, mais je suis aussi hyper heureuse d'être là. J'adore ces moments en image. Donc voilà, contente d'être avec toi.
- Speaker #0
Moi également, ça me fait très plaisir. Merci beaucoup pour l'invitation.
- Speaker #1
Toi, Jennifer, tu m'as raconté ton histoire sans détour. Vraiment, et c'est ce que j'ai aimé et apprécié chez toi, c'est vraiment de pouvoir être face à une femme qui me parle de caca dans le métro. Merci de faire partie de ces personnes.
- Speaker #0
Je t'en prie.
- Speaker #1
Et voilà, parce que tu mets des mots sur un vécu Merci. que beaucoup de gens taisent et qui est immensément tabou. Je le confie parce que moi-même, je vis avec un SIBO, Small Intestinal Bacterial Overgrowth. Et c'est vrai que ce n'est pas aux apéros avec les potes que je parlais de mes moments de constipation, à huit jours de constipation, mes lavements à l'hôpital, mes gaz que je n'arrive pas à retenir dans l'ascenseur, un peu tout ce côté pas du tout sexy et glamour. Donc voilà, tu dis des choses que personne n'ose dire ou très peu et tu les dis avec humour, avec précision et avec beaucoup d'intelligence. Et alors moi, je suis vraiment très heureuse de t'accueillir aujourd'hui pour rendre visible ce qui d'ordinaire reste bien invisible ou du moins très proche de nos toilettes. Et je suis aussi heureuse de partager que tu es aujourd'hui une patiente rétablie du syndrome de l'intestin irritable. grâce notamment à un protocole que tu as créé, que tu nous partageras tout à l'heure. Mais avant ça, revenons quand même un petit peu sur ton histoire, parce qu'avant d'être une patiente rétablie, tu as quand même été une patiente qui a quand même bien galéré.
- Speaker #0
Clairement.
- Speaker #1
Donc, tu vis avec un syndrome de l'intestin irritable depuis que tu as 7 ans. Et tu m'as dit, le digestif, c'est tabou. Donc, c'est encore plus invisible. Pourquoi, selon toi, on parle aussi peu de ce qui se passe dans notre ventre, alors que, par exemple, le syndrome de l'intestin irritable, ça touche quand même 10% de la population ? C'est-à-dire une personne sur dix, donc c'est énorme. Et encore, c'est que le syndrome de l'intestin irritable, ce n'est pas toutes les pathologies qui sont liées à l'intestin.
- Speaker #0
Liées au digestif. Exactement, tu as complètement raison. On estime à près de 10% de personnes atteintes de l'intestin irritable. Donc c'est terrible parce qu'en plus, ça a une vraie altération de la qualité de vie. Et on n'en parle pas, c'est tabou tout simplement parce que c'est sale. On nous a appris à taire ça, on n'en parle à personne, comme tu as dit, pas même aux amis. C'est-à-dire que moi, depuis que je suis malade, à peu près depuis 7 ans, c'était écrit sur mon carnet de santé, donc c'est comme ça que j'arrive à retracer à peu près la date, et bien je pensais que c'était normal, déjà d'être constipée, et je pensais que c'était normal d'avoir des problèmes pour aller à la selle. En même temps, si on n'en parle jamais. Moi, je m'étais toujours dit, tout le monde a des problèmes pour aller aux toilettes. Tout le monde, que ce soit dans un sens ou dans l'autre, que ce soit diarrhée ou constipation. Pour moi, c'est très tabou parce que dans notre société, on ne doit pas en parler. C'est juste que c'est sale. Et puis de quoi on parlerait de toute façon ? Qu'est-ce que tu veux qu'on se dise à l'apéro ? Alors, c'était comment aujourd'hui ? Je ne sais pas si tu le sais, mais la question qu'on s'est posée au début, comment ça va ? À la base, à l'époque, c'était comment ça va à la selle ? C'était ça que voulaient savoir les tout premiers médecins. Comment ça va la selle aujourd'hui ? Parce que tes selles indiquent ton état de santé global.
- Speaker #1
C'est hyper intéressant ce que tu dis, parce que typiquement un autre tabou qu'on a par rapport à ça, c'est de regarder son caca.
- Speaker #0
Moi je regarde tous les jours !
- Speaker #1
En fait c'est vraiment un réflexe qui est... hyper important de regarder la forme, la couleur et l'odeur. Donc déjà, personne n'ose dire qu'ils regardent qu'on caca, alors que j'espère qu'il y en a beaucoup qui le font. Et je me dis, tu vois, aujourd'hui, avec les écrans, le fait d'être souvent au téléphone, aux toilettes, ce genre de choses, en fait, est-ce que les gens sont en train de se dénaturer de ce réflexe humain qui est de regarder pour sa santé où en est son caca ?
- Speaker #0
Oui, complètement. Parce que, encore une fois, on a mis une normalité là où il n'y en a pas. Moi, je pensais que c'était normal d'être constipé. Il y en a qui pensent que c'est normal d'aller 7 fois aux toilettes par jour, qu'ils sont comme ça, alors que pas du tout. Et il y en a qui pensent que c'est normal que ça sente mauvais. Eh bien non, c'est qu'il y a quelque chose. Alors, soit c'est une pathologie plus ou moins grave, soit c'est pas grave, c'est fonctionnel, mais ça ne doit pas sentir. Ça doit être à peu près neutre. Et c'est pareil pour les gaz. Un gaz qui sent, c'est qu'il y a une dysfonction. Alors, soit vous avez fait une fondue, une raclette la veille, d'accord. Sinon, les gaz ne doivent pas sentir. Ils sont nombreux, ils sont présents, ça c'est normal. S'ils sont trop nombreux et qu'ils sentent, ce n'est pas normal. Mais regarder son caca, clairement, moi, je l'ai toujours fait, puisque j'ai toujours eu des soucis. Donc, j'ai toujours fait parce que je m'inquiétais. Il faut bien imaginer que sur trois, comme tu l'as dit, jusqu'à trois à sept jours de constipation, on regarde quand même ce qui sort, parce qu'avec trois à quatre repas par jour, à un moment donné, on s'inquiète de la quantité qui sort, parce que ce n'est quand même pas normal. Et j'ai été surprise, finalement, là, au fil de ma pratique, de me rendre compte, dans les questions que je pose aux personnes et aux patients, Euh... Est-ce qu'il y a des morceaux non digérés dans les selles ? Il n'y a pas de tabou aujourd'hui, là je pose ces questions. Est-ce qu'il y a des morceaux non digérés dans les selles ? Et souvent on me répond, je ne sais pas. Alors ça, il suffit de regarder, tu es obligé de le savoir. Ça veut dire que tu ne regardes pas. Et je suis surprise parce que qui ne regarde pas aujourd'hui ses selles ? C'est hyper important. Parce qu'on a ce qu'on appelle l'échelle de Bristol, qui peut nous donner déjà une indication sur de 1 à 6, est-ce qu'on est plus ou moins constipé ou en diarrhée. Et il faut viser le top, c'est le numéro 4, c'est vraiment le perfect 4. Et si on n'est pas sur ce niveau-là, essayez de comprendre pourquoi, surtout si ça devient chronique. Que ce soit une fois de temps en temps, ça va.
- Speaker #1
Le fameux perfect, c'est du coup le niveau 4 sur l'échelle de Bristol.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Alors celui-là, il est rare. Personnellement, en vivant avec un SIBO, je suis toujours vraiment très haut ou très bas, c'est-à-dire diarrhée ou constipation. Et ouais, même comme je le disais en introduction, moi, quand j'avais 10 ans, je finissais à l'hôpital à me faire des lavements parce que j'étais tellement constipée que tout restait à l'intérieur de l'intestin.
- Speaker #0
Moi, c'était mon cas. Et du coup, je suis ravie de te dire qu'aujourd'hui, moi, c'est terminé et que je peux te confirmer que le type 4 existe puisque je le fais tous les jours. Tous les jours, comme le représise. On devrait se féliciter. Non, mais il faut se féliciter. Mais clairement, qui peut se gargariser à ce point de faire un type 4 ? tous les jours.
- Speaker #1
Jennifer, tu es des perfects.
- Speaker #0
Je veux une médaille, s'il vous plaît. Surtout après 20 ans de maladie, donc plus de 20 ans où j'ai souffert.
- Speaker #1
Donc je comprends pourquoi maintenant, quand on te demande comment tu vas aujourd'hui, tu dis très bien.
- Speaker #0
Maintenant, elle vient parfaitement. C'est parfait.
- Speaker #1
Quand tu étais enfant, tu vivais sous laxatif. Tu as failli faire une occlusion à 7 ans, c'est-à-dire un arrêt du transit intestinal qui demande une hospitalisation d'urgence quand même. Et plus tard, à l'arrivée de tes règles, les symptômes se sont empirés, voire il y en a eu des nouveaux. Est-ce que tu peux nous raconter comment ton corps t'a lâché et comment tu as vécu cette chute progressive depuis l'enfance ?
- Speaker #0
C'était vraiment depuis l'enfance. Donc on retravaille ça encore une fois à partir de 7 ans, 7-8 ans où j'ai failli faire une occlusion en effet. J'ai été hospitalisée et là j'étais vraiment pleine, J'ai connu tout type de lavement, tout type de laxatif. Et à partir de ce moment-là, à partir de cet âge-là... C'était le traitement de base à l'époque, donc laxatif tout le temps, pour rééduquer mes intestins. Et le problème c'est que je ne pouvais plus trop en sortir et ça bouchait quand même, ce n'était pas du tout une solution, je me retrouvais avec des poires en lavement tout le temps. Et comme tu l'as dit, en effet, là où vient la puberté, surtout en tant que femme, avec les hormones, les hormones ont une action dans l'intestin. Et là ça s'est écorcé, parce que ça me constipait encore plus, cette préparation hormonale pour le cycle. Et là ça a été terrible, terrible. Là j'allais aux urgences, donc on m'a mis sous pilule très tôt alors que je n'avais pas besoin particulièrement. J'avais des migraines, etc. J'avais les prémices de ce qu'on appelle aujourd'hui une endométriose. Et par la suite ça n'a cessé de me déclencher divers symptômes en fait le digestif. Mais je ne l'avais jamais repéré. Parce qu'encore une fois pour moi c'était normal. d'être constipée, donc ça c'était acté. C'est pas parce que j'étais de type constipée que j'ai pas connu la diarrhée, parce qu'il existe les fausses diarrhées, et ça on n'en parle pas assez. Souvent les gens pensent qu'ils sont diarrhéiques, alors que la plupart du temps c'est pas des diarrhées, c'est de la constipation qui se transforme en diarrhée, parce que le corps quand même, il a quand même une fonction intelligente de se sécuriser, pour évacuer et nous mettre en sécurité, pour éviter l'occlusion. Et bien j'ai connu beaucoup de diarrhées impérieuses.
- Speaker #1
Et c'est quoi les autres symptômes avec lesquels tu vivais à partir de ce moment-là ?
- Speaker #0
Alors j'avais des allergies au tout tout tout début, j'avais des allergies alimentaires. C'était concomitant la constipation mais j'avais jamais fait le lien à l'époque, j'étais pas formée pour ça. Et du coup j'avais des allergies donc ça démarre avec les cerises, les pêches, tout à peu près les fruits. Et petit à petit chaque année, chaque saison j'enlève des fruits. Alors on me dit que c'est le pollen, c'est la protéine de pollen, donc c'est tous les pollens, il faut juste ne pas manger de fruits. Donc j'ai commencé à restreindre mon alimentation dès 7 ans, ça a été terrible. Vraiment, je pense, une phase de semi-dépression parce que j'adorais les fruits et je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. Et surtout, je n'avais aucune solution des allergologues. Et les allergologues, je peux te dire que j'en ai vu. Parce qu'après, au fil du temps, même à 15 ans, j'ai déclenché d'autres allergies, notamment au nickel, suite au port de mon appareil dentaire, etc. Donc au métaux, après j'étais allergique aux crèmes dépilatoires. J'ai fini par être allergique à presque tout. Les fruits à coque, j'en passe, c'était meilleur. Et même les légumes crus, c'est-à-dire que même les concombres, les carottes, les tomates, même ça, ça ne passait plus dès que c'était cru. Donc, il fallait toujours cuire, etc. C'était déjà une charge mentale si jeune sur mon alimentation, avec des réactions des gens très compliquées. Parce que quand j'étais allergique, c'est « mais t'es sûre que t'es allergique ? Tu veux pas réessayer ? » Ben en fait, non, je le sais. Et puis je risque quand même le dème de coinque, donc fais attention. Et voilà, donc ça, ça a été... Et les symptômes se sont vraiment empirés. Plus j'avançais à l'âge adulte, plus ça empirait. Les symptômes, les comorbidités, donc lombalgie, endométriose, migraine. Il n'y a rien qui allait. De l'eczéma, les tendinites aussi. J'ai fait énormément de tendinites. Tout était cacophonique de symptômes.
- Speaker #1
Tu as connu 22 ans d'errance médicale. On te prescrivait des laxatifs aussi qu'on donne avant les coloscopies. Comme si c'était un traitement banal. à intégrer dans ton quotidien. Et à quel moment, surtout quand tu es une enfant ou après une adolescente, une jeune adulte, tu t'es dit, non mais en fait, là, c'est moi qui vais devoir trouver des réponses ?
- Speaker #0
En fait, alors ça n'a pas été tout de suite... J'ai eu des choses terribles. J'ai eu même le médecin de famille qui venait à la maison. J'étais allongée sur l'île de mes parents, en position fétale, tellement j'avais mal, tellement j'étais pleine. Pour vérifier que j'étais pleine, il me met un doigt dans l'anus, avec un préservatif. Pour déceler une constipation basse, je ne suis pas sûre qu'il y ait besoin, il suffit de m'appuyer sur le ventre. Et ça, c'est tellement humiliant, tu as 13 ans, tu es en train de te construire, c'est terrible. Et en fait, tout ce qui concerne le digestif, c'est relié beaucoup à l'émotion de la honte. Et finalement, on ne subit déjà vraiment que ça dans le domaine médical, ce type de violence médicale. Et quand tu arrives, parce que j'avais aussi des lombagies, j'ai porté une ceinture corsée à 26 ans, ça n'avait... aucun sens et je comprenais pas on pouvait me diagnostiquer une spondylarthrite ankylosante aujourd'hui c'est ce qu'on aurait fait d'ailleurs parce qu'on aime bien mettre des pathologies comme ça chroniques et en fait j'arrive à l'hôpital ils me font une radio mais vous êtes juste pleine vous êtes pleine jusqu'au poumon je le sais que je suis pleine ça fait trois jours quatre jours que je vais pas la selle et pour ce que je fais je suis pleine depuis un moment et là on prescrit la solution à boire la purge à boire de 2 litres qui est soit dit en passant immonde avant de faire un colo alors qu'ils vont pas me faire de colo derrière ? parce qu'en constipation comme ça, ce n'est pas recommandé. Et a priori, c'est vrai que là où j'ai beaucoup souffert et j'ai beaucoup erré, c'est parce que sur de la constipation, ce n'est pas grave. Ce n'est pas les signaux d'une maladie organique grave. Normalement, quand il y a de la diarrhée, là, les médecins s'inquiètent un peu plus. Le tableau clinique, il est un peu plus inquiétant. Pas chez moi, donc je n'ai jamais inquiété. Jusqu'au jour où, à 26 ans, en cumulant toutes ces comorbidités de symptômes, parce que tout ce que je raconte, tout ça, ça se mettait en mille feuilles. Ça s'ajoutait, A 26 ans j'arrive, je suis en fatigue chronique, mais la vraie fatigue chronique, un épuisement complet. J'arrivais même plus à courir derrière un bus parce que tout était tellement difficile pour moi. Et ce qui m'a... Ce que j'ai sauvé, c'était de me dire, à 26 ans, je ne peux pas être dans cet état. Ce n'est pas logique, ce n'est pas normal. Donc, je ne veux pas y croire, mais un jour, je me réveille et je m'effondre. Je tombe du lit, j'étais à moitié réveillée. Mais alors littéralement, là, j'ai compris que l'expression existait. À moitié réveillée, je te jure, tu as marre de la tête au bassin. Le reste, plus de jambes. Donc, je tombe, je dis, ok, on va essayer de ne pas paniquer, on va essayer de se relever. Il était presque 10 heures, j'étais en retard au travail comme tous les jours. Et ce qui est terrible, c'est qu'à cet âge-là, tout le monde pense que je fais la bringue le soir. Non, je me suis couché à 21h et je suis dans un état pas possible. Je ne comprends même pas ce qui se passe. Et à l'époque, je ne le relis même plus au digestif. Je le relis à mon dos, à l'endométriose. On m'a mis sous ménopause artificielle pour essayer de taire tout ça. Il n'y a rien qui va. Et là, je me suis dit, non, mais ce n'est pas possible. Si les médecins ne trouvent pas, je vais chercher moi-même. Et j'ai réussi à pousser auprès de ma médecin généraliste d'aller voir. L'intuition me menait au gastro-entérologue, un énième gastro, pour trouver une solution.
- Speaker #1
Alors, pour partager une anecdote aussi concernant le toucher rectal, pour te dire que tu n'es pas seule, le 14 février de cette année, donc 2025, je me suis retrouvée tellement constipée, je pouvais quasi plus marcher. J'ai fini aux urgences, ils m'ont fait une radio, ils ont vu que j'avais aussi de la merde jusqu'au poumon. Et j'ai eu le droit à un toucher rectal d'un jeune médecin très sympathique, en plein le 14 février. Alors, chance à moi, je n'ai jamais fêté la Saint-Valentin, mais quand même, en sortant de l'hôpital, je me suis dit, j'aurais pu être avec mon mari.
- Speaker #0
non c'est un autre mec de mon âge qui me met un bois dans le cul ça tu vois c'est terrible parce que du coup il l'a vu sur une imagerie quand t'étais pleine jusqu'au poumon là je suis pas médecin mais il y a aucun argument pour aller te faire un toucher rectal tu es pleine ça se voit il n'y a pas besoin d'aller sur ce niveau de détail là non bon bah voilà je sens moins seule tu as dit que le régime FODMAP
- Speaker #1
a été une révélation dans toute cette toile d'araignée de symptômes, d'incompréhensions, qu'en l'adoptant, en deux semaines, il y a des comorbidités qui se sont effacées. Qu'est-ce que ce régime, déjà, et qu'est-ce que tu as découvert à ce moment-là sur ton corps ?
- Speaker #0
Alors, le régime FODMAP a été prescrit par le gastro à la base. C'est les sucres fermenticides, donc les sucres naturellement présents dans les aliments. Il y en a partout, quasiment, mais à certains niveaux. Et du coup, le but c'est d'écarter un peu ces aliments-là, puisque leurs sucres vont fermenter dans l'intestin et vont provoquer des douleurs. Alors attention, ce ne sont pas les coupables, c'est bien le terrain, c'est bien mon corps qui n'allait pas, mais le fait d'enlever ces aliments a permis de couper le feu et d'apaiser. Et c'est le cas pour 50 à 75% des personnes qui ont l'intestin irritable. Donc c'est pour ça qu'il est de plus en plus recommandé et c'est prouvé par de multiples études. Les FODMAP, ça vient de l'université Monash en Australie. C'est eux qui ont découvert ça, les chercheurs de cette université. Et pour moi, ça a été une révélation. Ça a très bien fonctionné. Et le pire, c'est qu'en fait, les FODMAP, ce sont des fibres. Fermenticibles, mais ce sont des fibres. Essentiel pour un microbiote en bonne santé. Essentiel, normalement, quand on lutte contre la constipation comme moi. Donc évidemment, j'avais quoi comme discours tout le temps ? Tout le temps. Et ce que j'essayais de faire tout le temps, manger des fibres, ou manger assez de fibres. Oui, je fais que ça. Je me fais même des cures de fibres. pourquoi ça ne marchait pas ? Ça empirait même, parce que les fibres, elles appellent l'eau du corps. Et si c'est déjà bouché, ça vient juste rajouter du bouchon sur le bouchon. Et avec les FODMAP qui sont des fibres, en les arrêtant, déjà je me suis dit, bon,
- Speaker #1
je vais refaire une occlusion.
- Speaker #0
J'ai un petit peu peur, mais on y va quand même. Franchement, j'avais plus que ça à essayer. Et là, ça a marché tout de suite. Quand je t'ai dit, oui, en une semaine sur les douleurs digestives, en deux semaines, fatigue chronique envolée, ça a été incroyable. Là, je me suis dit, waouh ! Je tiens enfin un truc, c'est fou, en arrêtant les fibres. Et je retrouve un transit un peu plus régulier, jusqu'à retrouver un transit normal. J'ai dit, oh là, mais ça fait plus de 20 ans que je pense que c'est normal de se constiper. Et en fait, pas du tout.
- Speaker #1
Et ça fait plus de 20 ans qu'on te dit probablement, mange des fibres. Contre la constipation.
- Speaker #0
Et que je le fais. En plus, j'avais une hygiène de vie de régime anti-inflammatoire. Alors, je ne faisais pas des cures détox, mais je faisais des cures de fibres. Donc, ça simulait un petit peu une cure. Franchement, je pouvais manger comme une naturopathe des réseaux. Je n'étais pas du tout à me faire des kebabs tous les jours, mais pas du tout. Et je n'avais pas du tout une mauvaise hygiène de vie. Mais c'est fou, en fait, parce que ça, ça a marché. C'était incroyable.
- Speaker #1
Tu as vécu une ménopause artificielle ? À 25 ans. que tu as arrêté quand tu as voulu fonder une famille, et là tu as réalisé que quand tes règles arrivaient, tu n'avais plus de douleur. Et du coup tu m'as dit, soigner son microbiote a tout changé pour toi.
- Speaker #0
Mais complètement. Ça ce n'était pas prévu au programme, je t'avoue, parce que là, les FODMAP, c'était focus, mon intestin. Donc focus, on répare tout ça, et ça fonctionne, en tout cas il n'y a plus de douleur, trop bien. Il faut réintégrer les FODMAP, ça je ne l'ai pas su tout de suite, parce que les gastro-entérologues ne sont pas formés à la nutrition. vraiment pas tous. Et du coup, je me suis débrouillée toute seule. J'ai découvert un peu comment fonctionnait vraiment le protocole. Et en me formant, je me suis dit, waouh, mais en fait, ce n'est pas du tout ça. C'est provisoire. Parce que moi, avec les allergies que j'avais avant depuis mes 7 ans, je peux te dire que quand il m'a tendu la liste... Il t'a dit, je ne peux plus rien voir. Non, non, mais faites-moi une coloscopie. C'est une blague. Non, ce n'est pas drôle. Il y a une caméra cachée. Et en fait, non, non, ça a vraiment aidé. Et le jour où j'ai voulu avoir un enfant, je me suis dit, j'y arriverai jamais. Puisqu'il faut que j'arrête ce système de double pilule, ménopause artificielle, qui me maintient et qui me met en silence tous mes cycles, je n'aurai jamais d'enfant, tant pis, parce que je vais tenir un mois. Et le peu dans ma vie où j'ai fait un mois et demi sans pilule, ça a été une horreur absolue. C'était des migraines, c'était pas des migraines, c'était un javelot dans la tête. C'était l'horreur. J'ai dit bon, on va essayer. Et là, c'est incroyable, il ne se passe rien. Je n'ai pas mal au ventre. Je saigne, je n'ai pas mal au ventre. Je ne sens plus mes règles. Et qu'est-ce que j'ai fait entre temps ? J'ai soigné mon intestin. Et en plus de ça, ce que j'ai découvert aussi, c'est que j'ai aussi soigné mes allergies que j'avais depuis petite. Et je peux te dire que j'en ai vu des allergologues. Ah, j'en ai vu !
- Speaker #1
Donc aujourd'hui, tu manges de tout. C'est-à-dire que les FODMAP, tu les as réintégrés dans ton alimentation. Tout ce qui était allergique, tu as réintégré dans ton alimentation. Ça a pris combien de temps, tout ça ?
- Speaker #0
Entre 4 et 5 ans.
- Speaker #1
Quand même.
- Speaker #0
Ah oui, non, là il faut être clair, il n'y a rien de miracle. Après, je n'avais pas toutes les infos non plus. En fait, je me suis formée au fil de l'eau. Et plus j'en apprenais, plus je testais. Il faut aussi faire face souvent à la peur, la peur de réintégrer, etc. Parce qu'une fois qu'on a tellement endormi les symptômes et qu'on est bien, je peux te dire que c'est normal de dire, non, je ne vais pas y retourner. Je vais me dire intolérante au blé à vie, puis c'est bien. Et en fait, ce n'est pas le cas. Encore une fois, ce n'est pas l'aliment le problème. Il a fallu que j'apprenne et il a fallu que je rétablisse le terrain. C'est-à-dire mes organes, mon intestin, il fallait réparer tout ça. Une fois que j'avais compris comment réparer, que j'ai compris qu'il y avait un souci génétique aussi, j'ai un polymorphisme génétique qui fait que j'ai un manque d'enzymes et je ne sécrète pas assez de mucus pour protéger ma paroi intestinale, je me suis complémentée en fonction. J'ai fait de la complémentation aussi en fonction, il y a des compléments alimentaires, on peut toujours critiquer, mais quand on a un souci fonctionnel, ils sont indispensables. surtout à la réparation. Et ensuite, après ça, il fallait réensemencer et essayer de voir comment réensemencer, même naturellement, par l'alimentation des probiotiques naturels. Mais il y avait tout un protocole à faire, en fait, que j'ai fait sur le tard. C'est pour ça que ça a pris du temps. Et aujourd'hui, je peux remanger de tout, même du blé, même des additifs que je ne supportais pas du tout. Vraiment, là, tu me donnes un sandwich, je ne sais pas si on a le droit de citer de marque, mais un sandwich triangle, il passe sans problème. Sans problème. Alors qu'avant, j'aurais fait une diarrhée directe derrière. Et j'aurais eu très très mal au ventre, j'aurais fait une grosse crise. Ça, c'est fini. Et le plus fou, c'est les allergies. Parce que ça, vraiment, j'avais sur tous les bras, on avait fait tous les tests possibles, imaginables. J'étais allergique à noix, amandes, noisettes, fruits à coque. Surtout ceux-là, si tu veux, pour moi, c'était des vraies allergies. Et en fait, je n'en ai plus du tout. Plus du tout. Je peux manger des noisettes, des amandes. C'est complètement dingue. Mais en fait, ça s'explique. C'est logique. Le système immunitaire, il est présent dans l'intestin à 80%. Donc, ça s'explique.
- Speaker #1
Tu dis, aucune maladie n'est psychosomatique, mais dans toutes les maladies, il y a du psychosomatique. Et un jour, en voyant une photo de toi enfant, justement quand tu avais 7 ans, tu as fait un lien entre tes symptômes et l'accident de ta mère, sur ses dires, sur son discours. Qu'est-ce que ça a changé pour toi de comprendre cette connexion ? Et comment utilises-tu aujourd'hui le lien entre émotions et symptômes ? Dans ton accompagnement ou dans ta compréhension de l'humain et de ce que tu vis ? Ça a tout changé,
- Speaker #0
parce que pour moi, ça a été la pierre qui manquait au rétablissement final. Vraiment la cerise sur le gâteau pour me dire, ça y est, j'ai compris. J'ai compris d'où c'est venu. Au-delà d'intolérance alimentaire, parce que j'étais intolérante alimentaire. Au-delà de ma mauvaise capacité digestive du fait de ma génétique. Au-delà de tout ça, je savais au fond, je le sentais, que je pouvais aller plus loin. Il me manquait encore des aliments à réintégrer, type le blé, les oignons, l'ail. Et j'aurais pu me dire, c'est pas grave, je vis comme ça, on mange son gluten aujourd'hui facilement, c'est pas grave. Je voulais aller plus loin. Et ce que j'arrivais à faire avec les personnes en accompagnement, dans mon accompagnement, j'ai toujours fait ça, c'était... Comment ça a commencé ? Qu'est-ce qui vous est arrivé dans votre vie ? Où sont vos soucis de santé ? On retrace les soucis de santé et on met en parallèle, si tu le fais, tu vois, c'est impressionnant, qu'est-ce qui s'est passé dans votre vie à ce moment-là ? Même le plus anodin. Et à chaque fois, on arrive à retracer, à savoir à peu près, est-ce que c'est parti de quelque chose d'émotionnel ? Parce que pour traiter, en fait, il faut traiter la partie émotionnelle, s'il y en a une. Comme je m'étais toujours mis dans la tête, c'est depuis que j'ai 7 ans, donc c'est depuis sans doute ma naissance, et puis j'ai ce souci génétique, etc. J'ai jamais voulu aller voir plus loin. Mais un jour, quand je me suis dit, j'aimerais vraiment reprendre une vie normale, je suis sûre que je peux y arriver. Pourquoi je ne fais pas ce que je n'arrête pas de recommander aux gens ? Il est temps que je le fasse. Donc j'ai été ouvrir mes albums photos, et j'ai regardé mon carnet de santé de 17 ans. Je regarde les photos de quand j'ai 7 ans. Et là, je rends compte que j'ai des cernes violettes énormes, que ma sœur, elle est en surpoids complet, elle est plus jeune que moi. Donc, j'ai été voir ma mère. Je lui ai dit, maman, il s'est passé quoi en 97 ? Et là, direct, le premier truc qui lui vient, c'est mon accident de voiture, quand je me suis fait renverser. Il y a tous mes revenus. Mais tous mes revenus physiquement, physiologiquement. C'est-à-dire que c'est comme si la mémoire... Et c'est là où c'est assez hallucinant. C'est que d'un coup j'ai senti physiologiquement mon intestin grêle, comme si une pièce de puzzle se reconnectait, et comme si d'un coup il se passait quelque chose de fou, mais de fou. Comme si ça se reconnectait et tout se rebranchait. Et surtout j'ai compris, parce que je me souviens très bien, j'étais la plus grande, j'avais que 7 ans, mais il fallait que je me taise, il fallait que je sois forte, parce qu'il fallait protéger ma petite sœur et il ne fallait pas lui raconter tout ça. Il ne fallait pas aller dans le détail. Maman s'est fait renverser, on ne dit rien, elle est à l'hôpital. On ne sait pas ce qui lui arrive. Je n'avais pas le droit de pleurer. En fait, j'ai tout tué. J'ai tout tué, j'ai tout gardé en moi. Je pense que tu as compris que je me suis constipée. Allez.
- Speaker #1
Après, quand il y a traumatisme, il y a aussi très souvent perte de mémoire. Comment tu fais quand tu as des personnes que tu accompagnes et qui te disent « mais en fait, je ne me souviens de rien de ce qui s'est passé à cette époque-là » .
- Speaker #0
Là, on ne peut pas forcer. Et ils ne se souviennent de rien. Alors, c'est vrai que ça arrive. Alors soit. En fait, soit ils ne se souviennent pas, soit ils n'ont pas envie. Ils n'ont pas envie de me le dire, ce qui est OK, c'est normal. Mais après, ça dépend des profils. Parce qu'il y en a qui vont avoir un événement, ça va être une prise d'antibiotiques ou quelque chose de très, très précis, un voyage en Inde, des trucs très précis comme ça. Là, évidemment, on a la cause. Quand c'est dans l'enfance, ça peut être plus compliqué. Mais on m'a déjà... En général, ils se livrent plutôt bien à moi parce que justement, je n'ai pas l'étiquette. professionnels de santé, j'ai pas l'étiquette psy et j'ai l'étiquette père donc y'a pas de jugement et on va me sortir des trucs type inceste etc et en fait une fois que tu les sors, tu comprends et ça se voit dans leurs yeux, ils comprennent tout de suite Comment ils en sont aussi arrivés là ? Il n'y a pas que ça, mais c'est une partie de la réponse pour leur protocole à eux en fait, et leur chemin à eux. Parce qu'il n'y a pas un intestin irritable qui se ressemble. Il y en a un par personne, et il est unique à chacun, et c'est ça la difficulté du traitement d'intestin irritable. Et s'il y en a qui ne se souviennent pas, on ne va pas aller chercher plus loin, il ne faut pas creuser. Mais je pense qu'au fond, les personnes, soit elles savent, soit il faut qu'elles enquêtent, mais ce n'est pas une obligation, et on peut faire sans. On peut vraiment faire ça, tu vois, je pouvais vivre en écartant quelques aliments de mon alimentation. C'est juste que moi, j'ai fait le choix d'aller là où je n'avais pas envie d'aller, d'aller creuser un peu plus. Et je pense que je n'ai toujours pas tout découvert. Je sais que j'ai fait une amnésie traumatique aussi. J'ai vu ça du coup, parce qu'après, derrière, j'ai traité à l'UMDR, etc. Et en retraçant ma vie, on s'est rendu compte que non, il y a des choses que mon cerveau a effacées. Et c'est OK pour l'instant. Si je veux creuser, je peux. Mais là, il faut être prêt, il faut être accompagné de toute façon. Ça ne fait pas partie de mon accompagnement, mais je délivre de l'info. Mon objectif, c'est de délivrer de l'espoir et de l'information.
- Speaker #1
Tu es aujourd'hui patiente partenaire. Pourquoi c'est important pour toi d'être passée de cette patiente silencieuse à cette patiente qui sait, qui transmet, qui diffuse l'information ? Parce qu'en fait, si tu veux, au-delà du digestif, au-delà du « je peux faire des type 4 tous les jours » , Bon, ce n'est pas la peine de te la péter.
- Speaker #0
Je vous l'ai déjà dit que je fais un type 4 tous les jours.
- Speaker #1
C'est le nouveau truc. Ce n'est pas de ne pas avoir de ride, c'est de pouvoir faire des types 4 tous les jours.
- Speaker #0
Et voilà. C'est qu'en fait, je me pense qu'il n'y aurait eu que le digestif, que le transit. Peut-être que je n'aurais pas été aussi loin dans ma démarche, mais étant donné qu'on m'avait étiqueté endométriose, que j'aurais pu être étiqueté spondylarthrite ankylosante, fatigue chronique, j'aurais pu vraiment être dans plein d'assauts de patients, tu vois. J'ai eu tellement de comorbidités, les tendinites et tout, et je t'en passe, que là je me suis dit, mais j'ai résolu tellement de choses juste en m'occupant de l'intestin. C'était quand même costaud, mais juste en traitant l'intestin, mais il faut que ça sèche. C'est pour ça que j'ai fait le blog au tout début, en 2018, en mode, mais il faut que ça sèche. Parce qu'aujourd'hui, on va attiqueter énormément, c'est très à la mode et tant mieux que ça soit visible. Mais je parle surtout de l'endométriose parce que ça, ça m'a vraiment choquée. Ne plus avoir mal pour mes règles à partir de 31 ans. Non, j'aurais aimé le savoir avant en fait, que c'était possible et que le chemin n'était pas gynéco, ostéo et tout ce qu'on va te sortir pour aider à mieux vivre avec. Et c'est pour ça aussi que je suis sur, en fait, je milite pour dire non, on ne va pas mieux vivre avec, même si c'est bien. Sur l'instant T, moi je milite pour dire, on peut s'en sortir, et c'est pour ça que j'ai voulu prendre la parole.
- Speaker #1
T'as vécu des violences parfois ordinaires, par exemple, tu rentres de congé mat, t'as des collègues qui te font comprendre que t'es hyper fine alors que tu rentres de congé mat, qui sont presque un peu critiques, jalouses de ça, alors que toi en fait t'arrives pas à grossir. Tu as des serveurs parisiens qui te font des commentaires parce que tu ne bois pas d'alcool ou d'autres personnes parce que tu as des intolérances et que tu ne peux pas consommer comme les autres. Qu'est-ce qui t'a aidé face aux pressions de la société ? Je te le demande parce que c'est aussi quelque chose que j'ai vécu énormément, d'arriver chez les gens avec mon topo air, avec ces choses-là finalement qui t'excluent quand même d'une sorte de société et où on va toujours te faire un petit commentaire ou quand tu ne bois pas d'alcool, vous êtes enceinte. Et comment t'as fait pour tenir face à ce monde qui est tout le temps en train de t'envoyer des petites piques ou des petits commentaires sur ton poids, ce que tu consommes ?
- Speaker #0
On va pas se mentir, c'était très dur. Ça reste toujours en toi, la preuve je m'en souviens très bien. Tu vas à un bar, t'as commandé ton perrier tranche et d'un coup t'as une pote soi-disant qui arrive et qu'est-ce que t'as encore ? Rien, juste... Bois pas d'alcool, en effet. Et c'est un problème pour tout le monde. C'est un problème pour tes amis à table, c'est un problème pour le serveur. Mais ils sont tous ligués, c'est fou. Cette pression de la société sur l'alcool, c'est terrible. Parce que ça pourrait être parce que je suis enceinte ou pour une maladie ou ma religion ou juste parce que je n'ai pas envie. Mais le « parce que je n'ai pas envie » , ça remet tellement en question leur réalité. Non, juste, je n'ai pas envie, en fait. Et on peut juste ne pas boire d'alcool. du tout et on va être très jugé. On est beaucoup jugé. Alors moi, ce qui m'a aidé, finalement, c'est mon caractère aussi. C'est que le fait que je n'ai jamais voulu me priver. Donc en fait, je sortais quand même et qu'importe ce qu'on allait me dire, je m'y préparais mentalement parce que j'allais avoir une réflexion, donc toujours sortir avec une armée de punchlines à sortir derrière. Après, il fallait faire le tri. Voilà, tu fais le tri. La potente question, c'est plus mon ami. Enfin, il y a un moment où ce n'est pas possible, en fait. Tu es dans une démarche où tu essayes de te soigner. Et c'est important pour ta santé. On parle quand même santé à la base. Et non, donc là, faire le tri. Et après, j'ai eu des amis adorables. Pour le régime, c'était l'inverse. Mais nous, on veut quand même t'inviter à la maison. Je suis pas drôle, je mange pas grand-chose. Surtout en plein régime FODMAP. J'ai fait une liste et j'ai fini par faire une fiche. Une fiche quand même de ce que je peux manger. En grande quantité, en moyenne quantité. Pas du tout, très dangereux. Et mes allergies en prime, parce que les allergies, elles avaient explosé. Et voilà. Et donc, les gens ont plus d'empathie face à ça, tout de suite. Ils disent, comment on va faire ? Ils regrettent même de t'avoir demandé la liste. Et en fait, c'était très cool, parce que je faisais ça. Et au restaurant aussi, je pouvais envoyer ma liste, si c'était des restaurants un peu gastronomiques ou quoi, ou si j'étais invitée. Et après, j'arrivais toujours à sortir. Je trouvais toujours un steak frites. Je ne me privais jamais. Et c'était... Pour moi, j'étais dans la démarche, c'est aux autres de s'adapter. Je suis malade, en fait. Maintenant, la honte doit changer de camp. Le jugement doit changer de camp. Je suis malade. Si vous me traitez mal, honte sur vous, en fait. Ce n'est pas normal. Et donc, la démarche, ce n'est pas de dire, je ne bois plus d'alcool, je ne mange pas ça. Parce que tout de suite, les gens vont être... Tu vas les questionner sur leur principe à eux. Donc, ça va frictionner. Mais c'était l'inverse. Je suis malade, j'ai telle pathologie. Donc, pour un temps donné, il faut que j'évite de manger ça. Et comme tu es rentré sur un autre angle, notamment la maladie, et sur le digestif, bizarrement, on n'en parle pas, mais les gens, on digère tous. On va tous aux toilettes. Donc, ils se projettent. Et là, ils disent, là, tout de suite, tu as beaucoup plus d'empathie. Et tout de suite, ils comprennent. Et c'était cet angle-là, en fait, qu'il a fallu que je prenne pour garder mes amis et justement pour qu'ils soient encore plus des bons amis aujourd'hui.
- Speaker #1
hum hum Tu m'avais parlé de ce mode d'emploi de génie que tu avais créé. J'ai trouvé ça tellement bien de pouvoir vraiment faire la liste de ce que tu peux manger ou pas, ou avec un petit peu de nuances et à envoyer au resto et aux potes. Tu m'avais fait rire aussi parce que tu m'avais dit le nombre de toilettes que j'ai flinguées. Alors moi, ma question, c'est comment peuvent faire certaines personnes qui vont dans des restaurants, mais qui ne sont pas forcément chic, qui sont un peu plus simples ou plus boui-boui ? pour éviter de flinguer les toilettes ? Est-ce que tu as des techniques ? Parce que c'est une question qui paraît très basique, mais c'est un peu la question qui hante les personnes qui ont des troubles digestifs. C'est comment je peux aller manger avec des potes ou mon mari ou ma femme dehors et en même temps d'éviter de flinguer les toilettes ? Parce que malheureusement, quelqu'un qui a vomi juste à fin de notre passage, on est plutôt en bienveillance. Oh le pauvre, qu'est-ce qui s'est passé ? Quelqu'un qui a chié. il ne vous a plus la mort, on est là, on lui en veut en fait.
- Speaker #0
Oui, exactement ça. C'est exactement l'image que j'avais trouvée aussi pour m'aider à dealer un peu avec la honte. C'était cette image-là. Tu sais, quand je te racontais que j'ai failli me faire dessus dans le métro, j'avais une heure de transport, il n'y avait pas de toilette. Et vraiment, ma solution ultime, il fallait que je gère cette crise. La crise a été vraiment immensément douloureuse. Les gens qui sont concernés le savent. C'était terrible. Donc, il fallait gérer et la douleur et la peur. de me faire dessus, mais la peur de me faire dessus, c'était la honte totale. Et je n'avais pas d'échappatoire. Et quand je me suis trouvé l'échappatoire de me dire, au pire, il me reste quoi comme solution ? Eh bien, je sors sur le quai. C'est l'hiver, il est 18h, il fait nuit, et je fais sur le quai. Et une fois que mon cerveau avait dit, ok, d'accord, j'ai une solution, aussi terrible soit-elle, j'ai une solution. Du coup, j'ai pu gérer... La crise et la douleur en elle-même parce qu'on peut pas tout faire. Donc là dans l'émotion, voilà j'ai une solution à proposer si je fais sur le quai. Et si quelqu'un vomit sur le quai ou quand quelqu'un vomit en effet, on est plus empathique parce qu'on va tout de suite se dire la personne elle est malade, bon c'est un peu dégueu mais la pauvre. Et c'est là où j'ai eu cette image là, je me suis dit mais oui quelqu'un qui vomit, on lui ferait jamais cette réflexion ? Tu lui ferais ça ? Ah ça pue la mort ! Non, on lui ferait pas cette réflexion. Mais quelqu'un qui va aux toilettes et où ça pue la mort parce qu'on a une diarrhée impérieuse, qu'en plus on est constipé de base, donc laisse tomber comment ça a bien macéré là-dedans depuis pas mal de temps, et bien là, on va dire quelque chose. En fait, on est malade. Donc tout de suite, déjà, se remettre dans le contexte. On est malade, c'est pas notre faute. Si on doit aller aux toilettes, on va aux toilettes. Donc déjà, si on veut sortir, se lever de la tête de dire que c'est un problème. Ce n'est pas un problème, vous êtes malade. Donc vous n'allez pas vous priver de sortir pour les autres. Parce que là, vous êtes en train de vous priver de sortir pour les autres. Tant qu'il y a des toilettes, tant pis, vous allez les flinguer. Si ça vous gêne vraiment autant, vous prenez un petit pchit, un petit parfum. Mais bon, quand on est en crise, normalement, on sait, ça ne suffit pas. Mais prenez des astuces. déjà. Ne pas se priver et se dire qu'on est malade. Donc c'est vraiment pas votre faute. Et ensuite, c'est de repérer et apprendre à se connaître. En fait, en général, on le sait. On sait les aliments qui peuvent nous faire du mal. Au restaurant, ce qui est très vicieux, c'est les sauces. Donc moi, je faisais enlever toutes les sauces. Même si j'envoyais pas ma fiche à tous les restos, évidemment, il faut qu'ils aient une certaine catégorie. Mais n'importe quelle brasserie, je savais, moi, que je pouvais manger steak frites. Eh ben, allez, steak frites ! C'est pas grave, c'est de temps en temps, de toute façon. De toute façon, je prends pas un gramme, donc je m'en fiche, tu vois. C'est pas tout. tous les jours. Mais je ne vais sûrement pas me priver sous prétexte que je peux potentiellement flinguer les toilettes. Et quand bien même je vais flinguer les toilettes, je suis malade. Voilà.
- Speaker #1
Tu as rencontré ton mari un peu au pire moment.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu ne voulais même pas qu'il te touche tellement que tu étais pleine de gaz. Et moi, ma question c'est, qu'est-ce que ça dit selon toi de la séduction quand on est malade, quand on est plein de gaz, de peur, de symptômes ?
- Speaker #0
Là, on a vu plus glam quand même, ça c'est clair. Déjà que c'est tabou de base dans la société. Alors t'imagines bien que dans l'intimité, quand tu rencontres quelqu'un, il y en a plein qui se privent carrément d'avoir des relations, qui ne cherchent même plus personne en fait. Qui refusent parce que trop gênant, ce que je peux comprendre. Mais en vrai, après, moi j'étais tellement pas pleine d'attente, donc du coup je m'étais dit, au moins je verrai si c'est le bon. Mais j'ai quand même menti. J'ai quand même menti, je les faisais croire que j'avais mes règles, alors juste il ne fallait pas qu'ils me touchent sinon ça partait, en mode mitraillette, on en était là, mais ça dépendait des périodes. Il m'a vu vraiment dans les pires moments, il a été d'un réel soutien parce que je commençais à investiguer, je commençais à chercher, c'était la mode du sang gluten, j'avais commencé à tester des trucs. Et sans gluten, j'avais qu'une partie de l'équation, ça n'allait pas. Et après, j'ai compris pourquoi. Quand tu vois la liste des fois de map, tu te dis, ok, d'accord, ça ne pouvait pas marcher juste sans gluten. Mais oui, c'était vraiment le pire moment pour la séduction. On a vu mieux. Ce n'est pas simple. Mais franchement, ça se fait. Ça dépend de ce qu'on cherche, en fait. Mais si vous cherchez l'homme de votre vie ou la femme de votre vie, franchement, c'est quelqu'un qui doit être à même de comprendre ça.
- Speaker #1
Vaut mieux que la personne soit au courant. Oui,
- Speaker #0
c'est clair.
- Speaker #1
T'as dit une chose très forte, tu disais on s'inquiète des profils diarrhées mais pas des profils constipés. Pour toi, qu'est-ce que ça raconte de notre rapport à la douleur qui se voit pas et qui ne déborde pas ? Pour rester dans le thème.
- Speaker #0
Très belle image. Ça raconte qu'en fait, on est vraiment seul quand on est dans cette situation. Vraiment, vraiment seul. Et ça continue de normaliser le fait que... C'est pas grave si on ne va pas à la selle puisque de toute façon on ne nous pose pas la question. Tu vas chez le médecin, il ne te pose pas la question. Comment sont tes selles ? Donc en fait tu ne sais pas et tu restes renfermé sur toi-même, à tout garder pour toi. Et c'est vraiment cette image, ces émotions. Et puis ça va avec l'émotion en plus l'intestin. On l'a vu, tu as vu mon histoire. Clairement ça serait oublier une grosse partie de la pathologie de ne pas mettre les émotions dedans. Donc c'est compliqué, le fait que ça soit invisible. Alors c'est vrai que moi j'en ai jamais parlé jusqu'à ce que je sois rétablie, pour le coup. Que j'ai dépisté, enfin rétablie, que j'ai au moins dépisté mes intolérances, et que j'ai évoqué le fait que j'étais en régime, etc. Et qu'ensuite je fais un blog, j'ouvre un blog, maintenant j'ai un podcast, et il y a tellement de potes qui m'ont dit « mais ça se voyait tellement pas, j'aurais jamais cru » . Bah tu m'étonnes, tu m'étonnes les efforts qu'il faut faire. pour montrer que ça va alors que ça ne va pas. Le plus dur, c'était l'enfance-adolescence. Ça, c'était vraiment le plus dur. Parce qu'en plus, en pleine construction du cerveau, c'était très compliqué. J'étais comme l'ombre de moi-même. Je ne voulais parler à personne. Je ne me sentais vraiment pas bien. Mais il y avait aussi une réponse physiologique à tout ça. C'était physiologique, c'était logique. Mais c'était vraiment compliqué. Et à chaque fois, je me disais, tu n'y arrives pas aujourd'hui, ce n'est pas grave, tu resteras demain, tu seras dans un meilleur mood. Et en fait, il y a un truc plus fort que toi qui fait que non, ça ne marche pas. Mais aujourd'hui, je comprends pourquoi. L'intestin et le cerveau, ils sont complètement liés.
- Speaker #1
C'est ça. Le protocole FODMAP, donc toi, il t'a rétabli, mais il est quand même restrictif, très restrictif. Toi, tu as créé un protocole qui est plus allégé, un peu moins contraignant. Est-ce que tu serais d'accord de nous partager quelques informations par rapport à ça ?
- Speaker #0
Complètement. En fait... Quand je me suis formée après coup, parce que moi, j'avais déjà fait tous les FODMAP, j'avais dépisté mes intolérances. Et pour continuer d'aller plus loin, pour accompagner les personnes, je me suis formée au FODMAP. Vraiment, plus précisément avec l'université de gastro-entérologie de Michigan, aux Etats-Unis. Et là, je découvre qu'en fait, dans toute la formation, tu as un petit chapitre, tout petit, qui te dit, il existe une version simplifiée. Je me dis, attends, Pouce, pourquoi on ne commence pas par là ? Parce que c'est extrêmement lourd. Ceux qui suivent le régime FODMAP, ils le savent. Il y en a qui pèsent leurs aliments. Moi, je n'avais pas fait le vrai tradit classique FODMAP. Donc, je n'avais pas été jusqu'à peser mes aliments. Et ça a marché. Donc là, je me suis dit, attends, il existe une version simplifiée, recommandée par une université. Et en plus, moi qui n'ai pas tout pesé, calibré, ça a marché. Je suis sûre qu'on peut faire autrement. Entre-temps, je me forme, j'interview des chercheurs, etc. Et là, je me rends compte qu'il y a aussi une histoire d'additifs. qui ne sont pas des FODMAP, donc on ne fait pas enlever les additifs. Et pourtant, il y en a des émulsifiants, des additifs qui sont complètement délétères pour la paroi intestinale, le mucus justement. Du coup, quand je teste en accompagnement, je fais tester ça. Je fais enlever juste cette petite partie et les additifs. Et ensuite, on voit. Il y a eu des résultats phénoménals, mais vraiment presque mieux que si c'était les FODMAP, parce que les additifs avaient aussi un rôle à jouer. Et donc là, je me suis dit, je tiens un truc et il faut que je creuse cette piste. Et j'ai créé le protocole FODMAP allégé où vraiment, tu as beaucoup moins à enlever. Donc charge mentale vraiment beaucoup plus allégée. Tu n'as pas de notion de quantité. Tu enlèves aussi des additifs parce que ça, personne ne te met au courant. Et le but du protocole, ce n'est pas de rester sur les FODMAP une fois que tu as dépisté tes intolérances. Et bien là, tu vas pouvoir réparer la paroi intestinale, comme j'ai su le faire pour moi, et ensuite ré-ensemencer. Pour viser encore une fois toujours un rétablissement, un rétablissement durable.
- Speaker #1
Et où est-ce qu'on peut trouver ce protocole ?
- Speaker #0
Alors sur mon site, sur mon site foodmappers.com, tu peux l'acheter directement en ligne.
- Speaker #1
Ok, trop bien. Quel message t'aimerais transmettre aux personnes qui vivent avec ces maladies digestives invisibles ?
- Speaker #0
Eh bien, en fait, j'aimerais vous dire qu'il n'y a pas de cas désespérés, il n'y a que des mauvaises prises en charge. Donc, il faut continuer de chercher. Si vous êtes dans ces cas-là, s'il vous plaît, continuez de chercher. Ne désespérez pas. Il y a forcément quelqu'un dans ce monde qui est passé par vos mêmes symptômes. et qui a réussi à s'en sortir. Suivez ces personnes-là et essayez de voir comment elles ont fait. Et essayez de trouver des réponses parce qu'il y a des solutions adaptées à chacun. Quel super pouvoir cette maladie invisible t'a amené ? Quel super pouvoir ? Alors, le super pouvoir... Ah, je ne saurais pas te dire comme ça. J'ai envie de dire, je pense que j'arrive presque à savoir, sans poser la question de comment ça va aux personnes, rien qu'en regardant leur état de santé, de sourire, d'état de qualité de la peau, etc. Je pourrais te dire quel est leur symptôme digestif ou quel est leur type.
- Speaker #1
Quel est leur type ? Non mais on va vraiment se rencontrer de différentes façons avec les gens.
- Speaker #0
Bonjour type 3.
- Speaker #1
Excellent, merci beaucoup Jennifer pour ce partage.
- Speaker #0
Merci Tamara pour l'interview.
- Speaker #1
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