Speaker #0bienvenue dans les irritables le podcast qui vous aide à mieux comprendre votre intestin et à retrouver une digestion plus sereine je suis sabrina naturopathe fonctionnelle et nutrithérapeute spécialisée en santé digestive et dans chaque épisode on décrit ensemble le syndrome de l'intestin irritable et je vous donne des clés concrètes pour mieux comprendre et prendre soin de votre ventre bonne écoute bonjour tout le monde bienvenue dans ce nouvel épisode Aujourd'hui, je voudrais qu'on prenne le temps de parler d'un sujet qui finalement nous concerne tous, les gaz. Car oui, les gaz, c'est normal d'en avoir dans le ventre, mais dans certains cas, ça peut devenir plus embêtant. C'est ce qu'on va explorer aujourd'hui en répondant à la question du pourquoi vous ballonnez. Cas de figure que j'entends très fréquemment, le matin, vous avez le ventre plat, et puis la journée avance, vous mangez normalement, rien d'extraordinaire, et pourtant, en fin d'après-midi ou le soir, c'est comme si vous étiez enceinte de 6 mois. et j'exagère à peine. Est-ce que vous produisez trop de gaz ? Est-ce que vous avez mal digéré quelque chose ? Est-ce que c'est dans votre tête ? Et c'est justement ce qu'on va démêler ensemble aujourd'hui parce que la réponse est bien plus intéressante et beaucoup plus utile pour vous qu'un simple vous avez trop mangé de lentilles. Avant d'aller plus loin, j'aimerais qu'on pose deux mots parce qu'on les confond presque tout le temps, y compris chez les professionnels de la santé. Il y a le ballonnement qui est une sensation, c'est cette impression de... tension, de plénitude, parfois même de gêne ou de douleur à l'intérieur du ventre. Personne d'autre que vous ne peut l'avoir, c'est purement ce que vous ressentez. Et il y a la distension abdominale qui elle est visible. C'est le ventre qui gonfle réellement, qui prend du volume, que vous pouvez même mesurer si vous prenez un mètre de couturière autour de votre taille le matin et le soir. Pourquoi c'est important de faire cette différence ? Parce qu'on peut ressentir un ballonnement très intense sans que le ventre gonfle visiblement. Et à l'inverse, certaines personnes ont un ventre qui gonfle nettement sans ressentir quoi que ce soit. Ce sont deux phénomènes qui peuvent exister ensemble mais qui n'ont pas exactement les mêmes mécanismes. Et ça, ça va nous servir tout à l'heure parce que la solution ne sera pas la même selon ce qui domine chez vous. Maintenant qu'on a posé le décor, entrons dans le cœur du sujet. Je vous ai parlé de mécanismes. Donc il y en a trois principaux. Retenez que la... plupart du temps, ce n'est pas un seul de ces mécanismes qui agit isolément, mais une combinaison des trois, avec un qui domine plus que les autres selon les personnes. Le premier mécanisme, celui auquel on pense en premier forcément, c'est la fermentation. Dans votre intestin en particulier, dans le gros intestin, vivent des milliards de bactéries qu'on appelle le microbiote. J'ai fait d'ailleurs une mini-série d'épisodes sur ce sujet, et ces bactéries ont un travail, elles fermentent. C'est-à-dire qu'elle digère à votre place certains résidus alimentaires, certaines fibres, que votre intestin grêle n'a pas réussi à absorber. Et cette fermentation, c'est normal, c'est même essentiel pour votre santé, car c'est ce qui nourrit le microbiote intestinal, et c'est pour cette raison aussi qu'on vous dit de manger des fibres. Le souci, c'est que cette fermentation, elle produit des gaz. Certains aliments sont plus fermentissibles, donc produisent plus de gaz que d'autres. C'est tout l'enjeu des FODMAPS, cette famille de sucres fermentissibles présents dans des aliments très courants comme l'oignon, l'ail, certains fruits et légumineuses, le blé, certains produits laitiers. Chez une personne aux microbiotes et à sensibilité intestinale, on va dire classique, ces aliments passent plutôt bien, mais chez une personne avec un syndrome d'intestin irritable, ils peuvent générer une fermentation beaucoup plus importante et donc plus de gaz plus vite. Il existe aussi une situation particulière. qu'on appelle le SIBO. Et là, je vous réfère à l'épisode numéro 2 qui est totalement dédié au SIBO. C'est une prolifération bactérienne dans l'intestin grêle, un endroit où il devrait normalement y avoir peu de bactéries. Quand ces bactéries s'installent dans cet intestin grêle, qui, je vous rappelle, est au-dessus du gros intestin, elles peuvent fermenter des aliments beaucoup plus tôt dans le tube digestif, ce qui explique des ballonnements qui arrivent parfois très vite après le repas, quasiment quand vous êtes en train de manger. Le deuxième mécanisme, c'est probablement celui qui va le plus vous surprendre, parce qu'on en parle très peu, et pourtant c'est central dans le syndrome de l'intestin irritable, on appelle ça l'hypersensibilité viscérale. En clair, votre intestin ne produit pas forcément plus de gaz que celui de vos voisins, mais votre système nerveux, lui, perçoit ces gaz, cette distension, avec une intensité beaucoup plus forte. Pour vous donner une image simple, vous pouvez imaginer deux personnes avec exactement la même quantité d'air dans l'intestin, Pour l'une, ça passera presque inaperçu, pour l'autre, dont l'intestin est hypersensible, ce sera ressenti comme une tension, voire une douleur importante. Ce n'est pas une question de volonté ou d'imagination, c'est une vraie réalité physiologique qui est même documentée dans les littératures scientifiques sur le syndrome d'intestin irritable. Le seuil de perception de la distension intestinale est abaissé chez certaines personnes. Et cette hypersensibilité est en grande partie liée à ce qu'on appelle l'axe intestin-cerveau, qui est cette communication permanente entre votre système nerveux digestif et votre cerveau. Le stress, l'anxiété, une période de fatigue intense peuvent littéralement abaisser ce seuil de perception et amplifier ce que vous ressentez sans qu'il y ait forcément plus de gaz produit. Le troisième mécanisme concerne la façon dont votre intestin gère et évacue ses gaz. allemand les gaz produits par la fermentation sont censés progresser et être évacués relativement régulièrement. Mais chez certaines personnes, notamment en cas de constipation ou de transit ralenti, les gaz ont plus de mal à avancer. Ils stagnent, ils s'accumulent, et cette accumulation crée à la fois la distension visible et la sensation de tension. Il y a aussi un phénomène plus récent, étudié depuis quelques années, qu'on appelle la dyssynergie abdominophrénique. C'est un nom compliqué, mais ça désigne quelque chose d'en fait assez simple. Chez certaines personnes qui ballonnent beaucoup, le diaphragme, au lieu de se relâcher normalement pour laisser de la place au ventre, se contracte de façon inadaptée, un peu comme un réflexe qui se dérègle et ça pousse littéralement la paroi abdominale vers l'avant. C'est en partie pour ça que chez certaines personnes, elles voient leur ventre gonfler de façon assez spectaculaire et en quelques heures sans que ce soit uniquement lié à la quantité de gaz réellement présente. Maintenant qu'on a les trois mécanismes de fond, parlons de ce qui... au quotidien peuvent aggraver les choses, indépendamment de votre alimentation elle-même. Déjà, le chewing-gum, par exemple, c'est assez connu. Il vous fait avaler de l'air à chaque mastication, ce qu'on appelle l'aérophagie. Les boissons gazeuses, évidemment, apportent directement du gaz dans votre tube digestif. Les édulcorants comme le sorbitol ou le xylitol, qu'on retrouve dans beaucoup de produits sans sucre, avec des guillemets, sont eux-mêmes très fermentissibles et peuvent aggraver les ballonnements chez les personnes sensibles. La façon de manger aussi compte énormément, et ça on l'oublie souvent. Manger vite, ne pas assez mastiquer, manger en parlant beaucoup ou dans le stress, ça favorise à la fois l'aérophagie et une moins bonne digestion en amont, ce qui laisse plus de résidus à fermenter en aval. Et puis il y a le stress au moment du repas lui-même, si vous mangez en pleine réunion, en marchant, répondant à des messages, votre système nerveux n'est pas dans un état favorable à la digestion. Cela peut comme on l'a vu. abaisser votre seuil de tolérance à la distension et amplifier tout ce que vous ressentez ensuite. Alors, qu'est-ce qu'on retient de tout ça ? Le message le plus important, c'est qu'il n'y a pas une seule cause au ballonnement et donc pas une seule solution. Si vous ballonnez principalement à cause d'une fermentation excessive, travailler sur votre alimentation aura un impact réel. Si c'est surtout votre hypersensibilité viscérale qui est en jeu, ce sera davantage le travail sur le système nerveux, la gestion du stress qui fera la différence. Et si c'est un problème de transit ou d'isinergie abdominophrénique, les solutions seront encore différentes, parfois avec un travail respiratoire ou postural. C'est exactement pour ça que je vous dis que je vous dis souvent qu'il ne sert à rien de tout supprimer d'un coup en espérant que ça passe. Comprendre votre mécanisme, celui qui domine chez vous, c'est la première étape pour arrêter de subir vos ballonnements et commencer à agir sur la bonne cible. D'ailleurs, si ce sujet des FODMAPS et de qu'est-ce que je dois vraiment éviter vous parle particulièrement, j'ai créé une masterclass qui justement s'appelle S2I et alimentation, arrêter de tout supprimer. On y reprend de façon beaucoup plus détaillée, comment identifier ce qui vous fait réellement réagir sans tomber dans l'éviction généralisée. Et vous pouvez également prendre rendez-vous pour un appel découverte avec moi, ça dure 20 minutes, on parle de votre situation et de comment je peux vous accompagner. au mieux dans vos troubles digestifs, qu'il s'agisse d'un syndrome de l'intestin irritable ou non. Tous les liens vous les trouverez en description de cet épisode. Merci de m'avoir écouté, prenez soin de vous et à très bientôt pour un nouvel épisode.