Speaker #0Et si votre ventre n'était plus une source d'angoisse mais un véritable allié ? Bienvenue dans Les Héritables, le podcast dédié à la santé digestive sous toutes ses formes. Je suis Sabrina Massy, nutrithérapeute et naturopathe fonctionnelle spécialisée en santé digestive. Chaque épisode, on décrypte ensemble le syndrome de l'intestin irritable, les troubles du ventre et les vraies solutions pour retrouver une vie sans contraintes. Bonne écoute ! Aujourd'hui, on va parler de quelque chose dont... Franchement, on ne parle pas assez et pourtant c'est basique, c'est vraiment la base. Si vous avez un S2I, un syndrome de l'intestin irritable, vous avez probablement déjà fait le tour de ce qu'on vous propose habituellement. Le régime pauvre en FODMAPS, enlever le gluten, les antispasmodiques, peut-être des probiotiques. Et vous avez vu, soit ça a aidé un peu, soit pas vraiment, soit ça a aidé pendant 6 mois et puis après bof. Et je sais que beaucoup d'entre vous se reconnaissent là-dedans. Mais est-ce qu'on vous a déjà demandé ? Est-ce qu'il vous manque quelque chose ? Pas ce que vous mangez en trop, ce qui est absent, ce que votre corps n'a pas assez pour fonctionner. Parce que le S2I, c'est pas juste un intestin qui fait des caprices, c'est souvent un intestin qui manque de ressources. Et ces ressources-là, on ne les cherche quasiment jamais dans un bilan classique. Donc aujourd'hui, je vais vous parler de 5 carences et d'une vitamine qu'on oublie presque toujours. Pourquoi elles apparaissent ? Comment elles aggravent les symptômes ? et concrètement, qu'est-ce qu'on peut faire avec tout ça ? Avant de rentrer dans le vif du sujet, il faut qu'on comprenne pourquoi ces carences apparaissent. Parce que ce n'est pas un hasard. Première raison, et celle-là, elle est vraiment très courante, vous mangez moins varié. Quand on a mal au ventre tout le temps, on finit par se restreindre. On enlève les légumineuses parce que ça ballonne, les crudités parce que ça irrite, les fruits parce que ça accélère le transit, etc. Et petit à petit, sans s'en rendre compte, on arrive à une alimentation très réduite. Et là, les apports en vitamines et minéraux, ils s'effondrent. La deuxième raison, la muqueuse intestinale absorbe moins bien. Alors ça, c'est un peu plus technique, mais restez avec moi, c'est important. Quand l'intestin est irrité de façon chronique, mais légèrement, même sans que vous ayez une inflammation visible, il fait moins bien son travail d'absorption. Donc même si vous mangez des aliments qui contiennent du zinc ou du fer, Votre corps en récupère moins. Et troisième raison, le stress. Le stress chronique, celui qu'on a souvent quand on vit avec un S2I depuis des années. Il consomme littéralement certains micronutriments, le magnésium notamment. Et il abîme la barrière intestinale. Résultat, cercle vicieux, le stress aggrave le S2I, le S2I génère du stress et les deux ensemble vident les réserves. Maintenant, les 5... carences à connaître. Tout d'abord le magnésium. Alors le magnésium c'est probablement la carence la plus fréquente et en même temps la plus invisible. Et je dis invisible parce que si votre médecin vous fait une prise de sang classique, le magnésium qu'il mesure dans le sang, ça ne reflète pas vraiment vos réserves. Vous pouvez avoir un taux normal sur l'analyse et quand même être à plat. Alors pourquoi c'est important pour le S2I ? Le magnésium, il joue un rôle clé dans le système nerveux de l'intestin. Oui, l'intestin a son propre système nerveux. On appelle ça le deuxième cerveau et ce n'est pas juste une image. Quand vous manquez de magnésium, la sensibilité à la douleur augmente. Les spasmes sont plus forts et votre niveau d'anxiété monte, ce qui, on vient de le voir, aggrave encore le S2I. Maintenant attention, et là c'est vraiment important, toutes les formes de magnésium ne se valent pas. Le magnésium marin qu'on trouve souvent en pharmacie, c'est pas une bonne idée quand on a un S2I. Pourquoi ? Parce qu'il attire l'eau dans le côlon, donc si vous avez déjà tendance à la diarrhée, vous risquez d'aggraver les symptômes. Les formes bisglycinate ou malate sont beaucoup mieux tolérées. Son qu'on entend souvent, je suis épuisé, je suis stressé, j'ai des crampes. Et bien avant d'aller chercher des explications compliquées, vérifiez le magnésium. Ensuite, la vitamine D. Alors là, vous avez sûrement déjà entendu parler, c'est la vitamine du soleil. Tout le monde en manque en hiver, sauf que dans le S2I, ce n'est pas juste une question de saison. Des études ont montré que les personnes avec un syndrome de l'intestin irritable ont en proportion plus souvent une carence en vitamine D que la population générale. Et cette carence, elle est associée à une moins bonne qualité de vie et à des symptômes plus intenses. Alors... pourquoi. La vitamine D, elle a un rôle dans l'immunité intestinale. Elle aide à maintenir la barrière de la muqueuse et elle module aussi la douleur. Ce n'est pas un remède miracle, mais attention, je ne veux pas vous faire croire que si vous prenez de la vitamine D, vos symptômes disparaissent. Mais corriger une carence, c'est une base et c'est une base souvent négligée. En France, on est quasi tous en déficit entre octobre et mars. Si vous avez un Zuzi, que vous n'avez jamais contrôlé votre taux de vitamine D, c'est le premier bilan à demander. C'est simple et ça peut changer vraiment quelque chose. Petite pause, si vous reconnaissez dans tout ce qu'on dit aujourd'hui et que vous demandez par où commencer, je vous propose un rendez-vous découvert totalement gratuit de 20 minutes avec moi. On fait le point sur votre situation, vos symptômes et je vous indique les premières pistes adaptées à votre cas. Aucun engagement, juste un échange humain et bienveillant. Le lien pour réserver directement dans la description de cet épisode. A tout de suite pour la suite. Ensuite, le zinc. Le zinc, alors lui, il est vraiment peu connu du grand public et pourtant, dans le contexte du S2I, il est hyper important. Le zinc, c'est quoi ? C'est un oligo-élément, un tout petit minéral dont on a besoin en petite quantité mais qui fait un travail énorme. Et son rôle numéro 1 pour nous, c'est la réparation de la muqueuse intestinale. Vous avez peut-être déjà entendu parler de la perméabilité intestinale ou du liquid gut, l'idée que la paroi de l'intestin devient trop perméable, laisse passer des trucs qu'elle ne devrait pas laisser passer, et bien le zinc c'est l'un des micronutriments qui aide à refermer tout ça. Le problème c'est que le zinc est absorbé dans l'intestin grêle, et quand l'intestin grêle est irrité, l'absorption chute. Et si en plus vous avez retiré la viande rouge, les fruits de mer, Les légumineuses de votre alimentation, parce que ça vous faisait mal. Vos apports en zinc s'effondrent aussi. Et là, c'est la double peine. C'est rarement dosé dans les bilans classiques. Pourtant, chez les personnes qui ont des restrictions alimentaires importantes à cause du S2I, c'est presque systématiquement bas. Ensuite, le fer, c'est le grand oublié. On arrive à une carence dont on parle presque jamais dans le contexte du S2I, alors qu'elle est super fréquente. Pourquoi on n'y pense pas ? Parce que le fer, on l'associe à l'anémie, et l'anémie, on l'associe à, il y a un problème grave. Il faut chercher un saignement. Et c'est vrai, ça reste important à vérifier, mais il y a tout un terrain intermédiaire, une carence en fer sans anémie franche qui passe complètement sous les radars. Le fer, comme le zinc, s'absorbe principalement dans la partie haute de l'intestin grêle, le duodenum. Si cette zone est inflammée de façon courte, chronique, même légèrement, l'absorption baisse. Et si en plus votre alimentation s'est appauvrie en viande rouge, en légumineuse, pour les raisons qu'on a évoquées au début, vos apports chutent aussi. Résultat, une fatigue qui traîne, un essoufflement à l'effort, des cheveux qui tombent un peu plus que d'habitude, une concentration qui flanche, des symptômes qu'on attribue facilement au S2I lui-même ou au stress, ou simplement c'est la vie. Alors que c'est peut-être juste le fer qui est bain. Petit point important, le fer et le zinc rentrent en compétition pour l'absorption. Donc si on commence à se supplémenter sans bilan, sans accompagnement, on peut créer un déséquilibre en corrigeant l'un et en aggravant l'autre. C'est typiquement le genre de situation où le dosage avant supplémentation, ça compte vraiment. La bonne nouvelle, c'est que ça se vérifie avec une simple NFS et un dosage de la féritine. Deux analyses ultra courantes. remboursés qu'on demande pour plein d'autres raisons et qui sont rarement interprétés sous l'angle S2I. Et un dernier point sur le fer et le zinc qui mérite vraiment d'être souligné, si malgré une supplémentation bien menée, ces carences reviennent régulièrement, c'est-à-dire que vous corrigez et quelques mois après c'est de nouveau bas, ça peut être le signe que quelque chose en amont empêche l'absorption de bien se faire. Dans ce cas-là, ça vaut le coup d'en parler à votre médecin qui pourra explorer d'autres pistes. au-delà de la simple supplémentation. Et maintenant, les vitamines B, la B9 et la B12 en particulier. Alors là, on rentre dans quelque chose d'un peu plus méconnu, mais vraiment fascinant. La sérotonine. Vous savez, le truc qu'on appelle l'hormone du bonheur. En réalité, 90% de la sérotonine de votre corps est produite dans l'intestin. Pas dans le cerveau, dans l'intestin. Et pour fabriquer cette sérotonine, votre corps a besoin de B9. et de B12. Donc si vous en manquez, c'est toute la communication entre l'intestin et le cerveau qui se dérègle. La motricité intestinale peut s'emballer ou se ralentir, la sensibilité à la douleur augmente et l'humor en prend un coup aussi. La B12 en particulier, elle est absorbée dans une partie très précise de l'intestin, l'iléon terminal. Quand cette zone est chroniquement irritée, l'absorption diminue et si vous mangez un peu de produits animaux en plus, la carence peut s'installer très lentement sans que vous en rendiez compte pendant des mois. Fatigue inexpliquée, brouillard mental, humeur instable, avec un S2I en fond, c'est vraiment la piste B12 et B9 qu'il faut explorer en priorité. Et là encore, même logique que pour le fer et le zinc, si la carence en B12 revient malgré la supplémentation, c'est un signal qu'il faut creuser un peu plus loin avec votre médecin, pas juste continuer à empiler les compléments. Et avant de passer à la pratique, un petit mot sur une vitamine dont on parle quasiment... jamais, la B1 ou la thiamine. La B1, son rôle principal, c'est dans le métabolisme énergétique, comment vos cellules transforment ce que vous mangez en énergie. Mais elle a aussi un rôle direct sur la motricité intestinale, sur la façon dont les muscles de l'intestin se contractent pour faire avancer le bol alimentaire. Une carence en B1, même légère, peut donner des troubles de la motilité, donc potentiellement aggraver soit la constipation soit certains symptômes de type S2I mixte. Et comme pour les autres, elle est plus fréquente chez les personnes qui ont une alimentation très restreinte ou qui ont des vomissements fréquents ou une consommation d'alcool régulière, même modérée. Ce n'est pas la carence numéro 1 à chercher, mais si tout le reste a été vérifié et que la motilité reste un problème, c'est une piste qui mérite vraiment d'être posée sur table. Bon, alors maintenant la question c'est qu'est-ce qu'on fait avec tout ça ? D'abord une mise au point importante. Je ne veux pas que vous repartiez d'ici et que vous commenciez à vous supplémenter tout seul et sans vérifier. Parce que ces micronutriments interagissent entre eux. Le fer et le zinc par exemple, ils rentrent en compétition à l'absorption on l'a dit. Et prendre trop de certaines choses ça peut aussi être problématique que d'en manquer. Ce que vous pouvez faire concrètement c'est demander à votre médecin un bilan un peu plus complet que d'habitude. Voici ce qu'on demande dans l'ordre où je le ferai d'abord. la vitamine D, donc c'est le 25OH, vitamine D, c'est l'analyse la plus simple, le plus souvent en déficit, et celle-là qui a le moins d'effets secondaires si on corrige. Ensuite, une NFS complète avec féritine pour regarder le fer. Ça permet aussi de repérer une anémie si elle existe. Puis le zinc et les folates, donc vitamine B9, et la B12. Ces trois-là sont souvent regroupés dans un même bilan, fatigue ou carence. Sur le magnésium, c'est un peu différent, comme on l'a dit, le dosage sanguin classique n'est pas très fiable. Donc plutôt que d'attendre un résultat de prise de sang, beaucoup de praticiens proposent directement un essai de supplémentation en bisglycinate ou malade de magnésium sur 4 à 6 semaines en regardant si les symptômes, crampes, anxiété, sommeil s'améliorent. Une fois les résultats en main, parlez-en avec votre praticien de santé pour la suite. Est-ce qu'il y a besoin de se supplémenter ? à quelle dose, sous quelle forme et pendant combien de temps. Chaque carence a sa propre logique de correction et certaines formes sont mieux tolérées que d'autres quand on a un intestin sensible. Ce sont des analyses qui existent, qui sont remboursées pour la plupart et qui sont rarement proposées dans le suivi classique du syndrome d'intestin irritable. Vraiment rarement. L'idée, ce n'est pas de remplacer ce que vous faites déjà avec votre médecin ou votre gastro-entérologue. c'est d'ajouter une information qu'on oublie souvent. Parce que traiter un intestin irritable, sans regarder si le corps a les ressources pour se réparer, c'est un peu comme essayer de construire une maison sans les matériaux. Voilà pour cet épisode. Si vous retenez une seule chose aujourd'hui, c'est ça. Dans le syndrome de l'intestin irritable, on pense beaucoup à ce qu'il faut enlever, mais on pense très peu à ce qu'il faut remettre. Et parfois, c'est là que tout se joue. Si cet épisode vous a parlé, pensez à vous abonner, à partager ou en parler autour de vous. Mais surtout, laissez un avis, c'est très important pour que le podcast se fasse connaître au plus grand nombre. Et on se retrouve très vite dans un prochain épisode de Les Héritables. A très bientôt !