- Speaker #0
C'est vrai que mécaniquement, on a eu une nette progression de la participation des femmes dans les conseils municipaux. On est passé à presque 48% maintenant de femmes à l'échelle nationale conseils municipaux. Mais on constate qu'en 2026, on avait seulement 25% des têtes de liste qui étaient des femmes. Et les femmes qui sont élues maires ne représentent que 23% des élus.
- Speaker #1
Bonjour, je suis Laurie Théron et je vous accueille sur mon podcast Les Mariannes. Dans cette émission, que j'ai conçue pour vous aider à prendre toute votre place dans la vie publique de notre société, je reçois des femmes politiques et des activistes qui inventent le monde de demain.
- Speaker #2
Mesdames, vous êtes légitimes, vous avez votre place, vous êtes compétentes, investissez-vous dans cette vie politique.
- Speaker #0
Il faut du courage pour faire de la politique, que l'on soit homme ou femme, mais je crois qu'on ne pardonne à rien nos femmes.
- Speaker #3
On vient vous chercher parce que vous êtes une des pièces du puzzle qui va faire gagner.
- Speaker #0
Un message qui, moi, m'a été transmis alors que j'étais jeune et que je n'avais pas forcément confiance en moi, on m'a dit, Sophie, il faut y croire, toujours y croire.
- Speaker #4
Quand vous doutez de vous, pincez-vous.
- Speaker #1
Avec les Mariannes, je vous propose de partir à la rencontre de femmes qui s'engagent dans leur territoire ou à l'échelle nationale pour défendre leurs idées et construire différemment le monde de demain. Quant à moi, je suis une passionnée de politique et d'engagement et je rêve d'une société plus égalitaire. J'ai passé 7 ans dans la peau d'une collaboratrice parlementaire au Sénat et j'accompagne aujourd'hui les entreprises et les changemakers dans leur communication digitale et la conception de leur stratégie éditoriale. Pour soutenir ce podcast et permettre au maximum de personnes de bénéficier de son contenu, abonnez-vous, notez le 5 étoiles et partagez-le autour de vous. Je suis évidemment présente sur les réseaux sociaux, vous me retrouverez avec le compte ElmarianneFR. Enfin, pour être informé de la sortie d'un nouvel épisode, abonnez-vous à la newsletter que vous trouverez sur mon blog. Et puis, vous pouvez aussi soutenir financièrement le podcast en laissant un don sur la plateforme Tipeee. Bienvenue dans l'univers des Mariannes. Bienvenue sur ce nouvel épisode d'Emmarianne. Aujourd'hui, je suis avec les femmes du réseau Femmes des IEP. Donc, trois jeunes femmes qui militent au quotidien pour défendre les droits des femmes. Elles vont nous parler de ce réseau, de cette association féministe. Donc, j'aimerais vous les présenter. Nous sommes avec Astrid Riffard, Anne Boba et Victoria Grandjean. Bonjour à toutes les trois. Astrid, toi tu travailles... Où et d'où viens-tu ? Quel IEP as-tu fait ?
- Speaker #4
Alors moi, j'ai fait mes études à Sciences Po Lyon en affaires publiques et je me suis orientée dans la fonction publique. Donc désormais, je travaille comme cadre territorial à la ville de Marseille, dans la mairie des 13e et 14e arrondissements. Génial,
- Speaker #1
hyper intéressant. Anne, toi, où est-ce que tu es localisée et quel IEP as-tu fait ?
- Speaker #0
Alors moi, je suis à Strasbourg et je suis diplômée de ce même IEP en relations internationales. Et je travaille actuellement au Parlement européen à Strasbourg pour l'unité des conférences et de l'interprétation.
- Speaker #1
Très intéressant. Et Victoria Grandjean ?
- Speaker #4
Alors moi, j'ai travaillé pendant longtemps à la métropole de Lyon et je viens d'arriver à Paris. J'ai travaillé sur les questions de concertation et de discrimination des personnes en situation de handicap. Je suis aussi diplômée de l'IEP de Lyon.
- Speaker #1
Parfait. Alors mesdemoiselles, ce qui vous unit, c'est effectivement votre association Femmes des IEP. Vous êtes au bureau de cette association. Est-ce qu'Astrid, tu peux un peu m'en parler, me présenter le réseau Femmes des IEP, ce que vous faites et ce que vous défendez ?
- Speaker #4
On est un réseau professionnel féminin des étudiantes et des diplômées des IEP. On existe depuis 2019. On est une vingtaine de bénévoles un petit peu partout en France. Et nos missions principales, c'est de mettre en réseau nos adhérentes. via des networking qu'on organise dans les différentes villes où on est implanté. On organise aussi des événements, des événements de montée en compétence à destination de nos adhérentes sur des sujets liés au monde professionnel. Des événements aussi ouverts au public sous forme de conférences qui pour le coup sont davantage des événements de sensibilisation à l'égalité professionnelle au crié d'un public plus large que nos adhérentes. Et puis, on a des actions d'influence. On travaille sur des sujets divers et variés en lien avec l'égalité professionnelle. Par exemple, la place des femmes en politique ou au poste à responsabilité. On a pu aussi travailler sur la place des femmes dans le sport à l'occasion des JO de 2024, à analyser des programmes électoraux, à travailler sur de potentiels amendements à des propositions de loi. Tout ce travail d'influence a pour but de venir apporter notre petite pierre à l'édifice grâce à notre expertise sur des sujets divers.
- Speaker #1
Bravo pour votre engagement qui fait clairement avancer la cause des femmes et bravo pour cet engagement bénévole. En amont des municipales du mois de mars, vous avez publié un livre blanc avec Femmes des IEP, un livre blanc composé de 70 mesures féministes pour transformer nos territoires. D'abord, Pourquoi avoir choisi de travailler sur un tel manifeste dans un contexte préélectoral ? Et qu'est-ce qui a motivé cette prise de parole ?
- Speaker #4
Il est vrai qu'on a eu cette idée déjà en février 2025. Donc, ça a été un travail de longue haleine. On a voulu anticiper les échéances électorales à venir, notamment lorsque l'on sait que le mandat municipal, il est long, il est de six ans. Et celui-ci, il sera de 7 ans puisqu'il sera un petit peu rallongé à cause des élections présidentielles qui auront lieu en 2032. Donc voilà, on se projette sur un long mandat et sur un mandat qui a un impact très important sur la vie des gens puisque les politiques de proximité au service des administrés, des usagers, elles viennent vraiment impacter leur vie quotidienne. Et donc on s'est dit qu'on était légitime et en mesure de faire ce travail, en s'entourant aussi de femmes qui avaient cette expertise et cette volonté de travailler à nos côtés sur ce sujet. Et aussi nous faire part de l'impact de ce travail et de leur volonté à y travailler, parce que c'était un réel besoin et une question qui restait aussi un petit peu un angle mort des politiques publiques locales. puisque lorsque l'on parle de politique publique locale, on ne pense pas forcément à l'angle égalité femmes-hommes, alors que pourtant elles ont de gros impacts sur la vie de chacun et chacune en fonction de comment elles sont portées. Et avec le pôle influence ensuite, on a pu vraiment déployer ce livre blanc et travailler à partir d'une méthode, d'une expertise, en s'appuyant sur des... des femmes volontaires et engagées, encore une fois, de manière libre.
- Speaker #1
Alors ce livre blanc, qu'est-il devenu ? Est-ce que vous l'avez présenté à des candidats, à des candidates, à des élus, à des nouveaux élus ? Comment est-ce qu'il a été accueilli ?
- Speaker #4
Alors on a organisé un événement de lancement en septembre 2025 à Paris, à la Cité Audacieuse, où nous sommes domiciliés en tant qu'association féministe. Ça a été l'occasion pour nous de présenter largement ce livre blanc à un public divers et varié, fait de fonctionnaires, mais aussi d'élus ou futurs élus, de directeurs de cabinet, de personnes intéressées par le sujet, de citoyens et de citoyennes intéressées et engagées. Et on l'a aussi diffusé largement via nos réseaux sociaux. par mail aussi à destination de l'ensemble des communes qui ont reçu un mail après cet événement de lancement. On a aussi une charte d'engagement que l'on a écrite et on a incité les élus ou futurs élus qui étaient convaincus par notre livre blanc et qui souhaitaient s'engager pour porter des mesures dans ce livre à signer la charte d'engagement. Aujourd'hui, on a une trentaine d'élus qui l'ont signé. On compte diffuser encore cette charte de manière large, puisque désormais les exécutifs locaux sont installés et on va pouvoir entrer dans le vif du sujet, on va dire, de la vie politique municipale désormais, avec de nouveaux élus en charge des questions d'égalité qui vont pouvoir peut-être aussi entendre ce que l'on propose et le porter.
- Speaker #1
Génial. Alors, on va rentrer un peu plus dans le vif du sujet, comme tu viens de le dire. On va faire un petit état des lieux post-municipal de la parité dans les territoires. Vous êtes les expertes du sujet, donc on va décrypter ensemble la situation territoriale pour les femmes. Donc, après le scrutin du mois de mars 2026, où est-ce qu'on en est aujourd'hui concrètement de la parité dans les conseils municipaux ? Je rappelle qu'en 2020, on avait 21% de maires élus qui étaient des femmes. Quelle leçon est-ce qu'on peut tirer du scrutin 2026 en ce qui concerne la parité ?
- Speaker #0
C'est vrai que c'était le premier scrutin depuis la modification de la loi sur la parité en politique qui a donc étendu aux communes de moins de 1000 habitants le fait d'avoir cette parité obligatoire sur les listes candidates. Donc c'est vrai que mécaniquement, on a eu une nette progression de la participation des femmes dans les conseils municipaux. On est passé à presque 48% maintenant de femmes à l'échelle globale, nationale. conseils municipaux. Par rapport à 2020, c'est donc une réelle avancée, mais on constate néanmoins qu'en 2026, on avait seulement 25% des têtes de liste qui étaient des femmes, et les femmes qui sont élues maires ne représentent que 23% des élus. Donc on a ce mécanisme, c'est toujours un petit peu le risque avec les quotas finalement, qui est cette distorsion de la réalité, puisque mécaniquement on augmente la proportion. de femmes dans les conseils municipaux. Il faudra voir comment ça se traduit derrière en termes d'attribution des délégations, par exemple, ou de l'accès à d'autres mandats exécutifs. Donc ce qu'on peut dire, c'est qu'on va dans le bon sens. On assiste aussi à l'émergence d'une nouvelle génération d'élus avec ce scrutin, y compris jeunes, qui s'engagent dans la lutte politique et à un certain renouvellement aussi du vivier local grâce à cette modification de la loi. Mais la dynamique reste encore. trop lente. Ce qu'on peut dire, c'est que ces changements réglementaires, ils sont nécessaires pour accompagner la transformation de la société et de la vie politique. Mais il faut, au-delà de ça, changer les mentalités dans une approche beaucoup plus large au niveau sociétal.
- Speaker #1
Ce qui est intéressant dans le scrutin, c'est peut-être ce chiffre de 25% de femmes tête de liste pendant les élections, c'est bien ça ?
- Speaker #0
Oui, exactement.
- Speaker #1
Donc ça pose en fait la question de l'accès des femmes au mandat exécutif. de cette espèce de parité de façade qui fait que le leadership local est toujours un petit peu inaccessible, finalement, pour les femmes en politique. Si on regarde les grandes villes de 20 000 à 100 000 habitants, on comptait 12 femmes qui étaient maires en 2020, sur le mandat 2020-2026. Aujourd'hui, depuis l'élection 2026, elles ne sont plus que 8. 8 sur 42 villes, donc je vais les citer. assez peu nombreuses pour qu'on puisse les citer à ce micro. Johanna Roland à Nantes, Catherine Trottmann à Strasbourg, Nathalie Apéré à Rennes, José Massi à Toulon, Nathalie Quenders à Dijon, Laurence Ruffin à Grenoble, Erika Barrette à Saint-Denis et Sophie Joissin à Aix-en-Provence. Comment est-ce que vous expliquez ce recul des femmes à la tête de grandes villes ? Est-ce que c'est en raison de configurations politiques du territoire, de rapports de forces locaux ou est-ce qu'on touche là à une certaine limite ? concrètes du plafond de verre ?
- Speaker #0
C'est vrai qu'on a eu ce recul dans les grandes villes et c'était un vrai revers pour le féminisme, en tout cas dans la vie politique locale. Ce qu'on peut dire, c'est aussi qu'il y a un biais genré en termes de partis. C'est lié aussi à l'avancée de la droite et de l'extrême droite, un certain nombre de communes y compris. Dans certaines grandes villes, on sait que les femmes sont beaucoup moins présentes sur ces listes, encore moins en tête de liste. Elles sont beaucoup plus présentes sur les listes de gauche. Donc c'est vrai que dans les grandes villes, c'est dommage. C'est un vrai défi aussi pour la suite.
- Speaker #1
On le voit malgré les avancées de la loi où on voit qu'il y a une certaine parité en termes de nombre de femmes conseillères municipales, mais que sur les mandats exécutifs, ça peine encore. Comment est-ce que vous expliquez, vous ? ces blocages et cet accès difficile des femmes au poste de pouvoir local.
- Speaker #0
C'est vrai qu'il y a un certain nombre de facteurs. On peut citer d'abord peut-être encore et toujours le manque de candidates parce qu'il y a un certain nombre de femmes qui ne se sentent pas de s'investir et de s'engager dans ces mandats sur ce syndrome de l'imposteur qui est très persistant. On peut aussi parler de l'inadéquation du rythme de la vie politique et des contraintes familiales, puisqu'on a souvent, par exemple, des réunions en soirée quand on est élu, qui sont assez incompatibles avec une vie familiale ou avec d'autres contraintes d'ordre privé. On peut aussi parler de cette logique de partis et des mécaniques qui sont à l'œuvre dans les réseaux où les femmes sont un peu moins investies, en tout cas dans la logique traditionnelle des partis, où il y a beaucoup d'hommes qui sont quand même actifs dans ces réseaux, selon l'échiquier politique, évidemment, c'est à nuancer. Et on peut aussi parler de l'accroissement de la violence à l'égard des élus de façon générale, et en particulier des maires. Sous le dernier mandat, ça a été particulièrement notable. Et les femmes sont d'autant plus confrontées à ces violences. Il y avait eu une enquête de l'association élue locale qui avait constaté que 74% des femmes politiques avaient déjà subi du harcèlement, des violences physiques ou verbales, des injures, etc. Donc tous ces facteurs font que les femmes ont encore du mal aussi à accéder à des fonctions importantes en politique.
- Speaker #1
Alors justement, vous avez travaillé un manifeste qui contient énormément de pistes de solutions. pour résoudre tous ces sujets. Sur les Mariannes, on aime beaucoup parler des faits, du constat, mais on est là aussi pour amener des solutions très pragmatiques et très concrètes pour ceux qui s'intéressent à ces sujets et qui sont prêts à faire avancer l'égalité homme-femme. Ça tombe bien puisque vous avez concocté 70 mesures très concrètes pour avoir des territoires qui fassent attention à ces questions d'égalité homme-femme. Alors, il y a tout un volet, finalement, de votre travail qui s'articule autour des conditions d'une gouvernance paritaire et respectueuse des femmes, c'est-à-dire comment est-ce qu'on peut faire en sorte que l'égalité femmes-hommes ne soit pas seulement un principe affiché, mais une réalité concrète dans la gouvernance, dans les espaces de pouvoir territoriaux au quotidien. Astrid, qu'est-ce que tu peux nous dire là-dessus ? Quelles sont vos propositions ?
- Speaker #4
Alors effectivement, la gouvernance politique, c'est un des six axes de notre livre blanc. Et c'est le premier de notre livre blanc parce qu'on estime que c'est l'orientation de tout. La gouvernance politique, c'est décider comment l'exécutif s'organise pour que chacun et chacune ait sa place et ait un temps suffisant pour s'exprimer, pour prendre des décisions, etc. Et effectivement, il y a beaucoup de choses qui irriguent cette gouvernance, qui peuvent être repensées pour que ces règles soient autant adaptées à des femmes que des hommes élus. Et in fine, on va le voir, ça sert tout le monde. C'est-à-dire que, par exemple, le temps d'une réunion, l'horaire à laquelle on organise une réunion, ça va avoir un impact sur la vie personnelle d'un élu, qu'on soit un homme ou une femme. Et finalement, on aura tous à gagner. Peut-être que cette réunion se termine plus tôt. Je vais revenir sur trois mesures ou trois idées fortes relatives à la gouvernance politique. La première, c'est le partage des délégations. Comment est-ce qu'au sein d'un exécutif municipal, on partage les délégations sans biais de genre, c'est-à-dire éviter de se retrouver avec systématiquement des hommes aux finances, des femmes à la culture ou au social, sans vouloir être cliché, mais en réalité c'est ce que l'on On retrouve dans beaucoup de collectivités. Pourtant, les femmes sont autant légitimes à être en charge des finances, de la sécurité. Et ça, il faut vraiment que ça arrive à entrer dans les portes, que les femmes osent prendre ces délégations et que les exécutifs municipaux laissent aussi leur place aux femmes sur ces sujets. La deuxième chose, c'est le partage de la parole. que ce soit en conseil municipal, dans les instances diverses et variées comme les commissions ou dans les médias. On le voit souvent, la parole est monopolisée par les hommes dans les réunions ou dans les prises de parole publiques en général. Et ça, ça pose vraiment un problème de représentation aussi puisque les femmes ont été démocratiquement élues de la même manière sur les listes que les hommes ont pu l'être. Pour autant, ils ont moins la parole en conseil municipal ou dans d'autres réunions. Donc ça, éventuellement, mesurer le temps de parole ou imposer une prise de parole alternée, ça peut être une solution pour mieux partager cette parole. Et ensuite, des mesures d'avantage en termes de structuration RH de la collectivité peuvent aussi avoir un impact. déjà dans le recrutement de la direction de la collectivité, puisqu'on le sait, dans une collectivité, on a des élus, mais il y a aussi une administration. Et cette administration, elle est dirigée par un ou une DGS, directeur général de services, et des directeurs généraux adjoints, ou directrices générales adjointes. Et souvent, à ces postes à responsabilité, on va retrouver des hommes, notamment sur les postes de DGS, puisque dans la grande ville, les DGS sont 80% des hommes. Pourtant, il y a suffisamment de femmes qui réussissent les concours d'administrateurs, etc. pour être nommées sur ces postes-là. Donc, il y a une réflexion aussi à avoir sur la gouvernance de l'administration. Et enfin, la politique de rémunération, ça peut aussi être un angle d'attaque et quelque chose à porter politiquement. Parce qu'on peut croire que dans la fonction publique, on est tous payés de la même manière. Pour autant, il y a une marge de manœuvre en termes de négociation salariale quand on est contractuel. Est-ce que les hommes et les femmes ont les mêmes rémunérations lorsqu'ils sont contractuels ou pas ? C'est une question à se poser. Et la deuxième chose en termes de rémunération, c'est que les titulaires perçoivent des primes qui dépendent de leurs emplois et des filières auxquelles ils appartiennent. Les femmes surreprésentées dans les filières administratives et sociales ont souvent, dans la plupart des collectivités, des primes moins importantes que les hommes. qui sont surreprésentés sur les filières techniques et davantage valorisés en termes salariales. Voilà, ça c'est des choses aussi à approfondir et à porter politiquement par les exécutes locaux.
- Speaker #1
Le devoir d'exemplarité finalement. Comment est-ce qu'on peut embarquer une équipe municipale, qui est parfois peu sensibilisée sur ces enjeux, sans les braquer, mais en faisant quand même bouger les lignes ? Est-ce qu'il y a des tips à avoir ? Est-ce que vous avez des conseils là-dessus ? Pour celles et ceux qui nous écoutent, si vous êtes convaincus de ce que l'on dit, mais que vous avez du mal à peut-être convaincre autour de vous, que vous sentez des résistances assez puissantes, comment est-ce que vous pouvez évidemment faire bouger les lignes intelligemment et fédérer autour de vous ? Est-ce que vous avez des conseils là-dessus ?
- Speaker #4
petite collectivité où j'ai pu aussi travailler, j'ai vu constater que certains élus se posaient vraiment la question du sujet et que ce n'était pas forcément un enjeu parce qu'on n'est pas forcément confronté à des inégalités femmes-hommes dans une petite mairie. Pour autant, un petit atelier de sensibilisation ou une formation en début de mandat, juste pour poser un constat auprès des élus pour que les élus puissent partir avec. une base de connaissances communes. Installer une commission à l'égalité femmes-hommes ou aux droits des femmes, ça peut aussi être une instance de dialogue et de conversation pour les élus sur ces sujets et pour pouvoir analyser un petit peu plus amplement les politiques publiques sous ce prix. Et enfin, construire un plan égalité. Alors, ça peut être un petit plan pour les premières années. pour commencer vraiment juste de manière à apprivoiser le sujet, de se donner des objectifs sur le début de mandat ou sur le mandat pour mettre en place des choses pratico-pratiques, que ce soit en termes de gouvernance, mais aussi sur toutes les autres politiques publiques que l'on pourra évoquer après, mais sur l'aménagement du territoire, sur l'éducation, etc. Il y a vraiment un sujet, égalité, sur toutes les politiques publiques. Ça ne doit pas être une politique de niche, mais une politique qui irrigue toutes les autres.
- Speaker #1
Merci beaucoup Astrid. Si tu pouvais nous résumer les trois décisions phares à recommander à un élu dès le début de son mandat pour instaurer une gouvernance plus égalitaire, ce seraient lesquelles ?
- Speaker #4
Alors tout d'abord, avant de prendre ces arrêtés de délégation, bien regarder que les délégations ont été distribuées sans biais de genre. Ensuite, mettre en place une petite formation de sensibilisation auprès des élus sur ce sujet. Au sein du conseil municipal, peut-être mettre en place une règle de parole alternée ou bien mesurer la répartition de la parole entre les femmes et les hommes. Et enfin, je dirais, intégrer ces logiques dans le recrutement au sein de la direction administrative de la collectivité et dans la politique de rémunération salariale.
- Speaker #1
Génial. Alors, on va poursuivre cet épisode. sur la construction de politiques publiques féministes au niveau local. On a passé un peu de temps sur le fonctionnement interne de la collectivité et s'assurer qu'elle respecte les femmes. Là, il va être question, à l'échelle d'une commune, de mettre en œuvre des politiques publiques féministes. Comment est-ce qu'on peut faire et quand on est élu et qu'on veut agir, par quoi est-ce qu'on commence ?
- Speaker #0
Alors on peut commencer par signer notre charte d'engagement, celle qui est liée au livre blanc porté par notre association. On peut aussi, comme le disait Astrid, s'impliquer au sein de la commission qui est dédiée à l'égalité femmes-hommes au sein de la commune. Mais on peut aussi prendre des responsabilités dans des dossiers ou des commissions qui sont traditionnellement plutôt réservées aux hommes et faire sa place. Je dirais aussi toujours l'enjeu de se former tout au long du mandat à ces enjeux d'égalité. Et puis surtout rencontrer les acteurs, les associations au niveau local qui portent aussi des projets féministes et qui surtout sont les vrais acteurs du tissu social au sein d'une commune. C'est très important de les intégrer complètement à la co-construction des politiques publiques.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des leviers plus efficaces que d'autres ? Je pense par exemple à la notion de budget, à la notion d'urbanisme, d'éducation, de sécurité. On peut avoir l'impression effectivement que de toute manière, ces enjeux féministes irriguent vraiment toutes les politiques publiques. Est-ce qu'il y a quand même des leviers d'action qui sont plus efficaces que d'autres ?
- Speaker #0
Effectivement, l'argent, le budget, c'est le nerf de la guerre. C'est la base de tout. Quand on décide d'affecter les ressources à certaines politiques publiques plus qu'à d'autres, c'est là qu'on peut avoir un réel impact. On dit souvent que le service public, c'est le patrimoine de ceux qui n'en ont pas, puisqu'il vient pallier un certain nombre d'inégalités, que ce soit en termes territorial, scolaire, etc. Et donc, grâce au service public et au budget en particulier, on a ce véritable levier d'action. L'éducation, c'est une autre marge de manœuvre assez importante pour sensibiliser dès le plus jeune âge. les enfants, les générations futures à ces enjeux d'égalité, mais aussi sensibiliser les animateurs, les enseignants, toutes les personnes qui travaillent avec les enfants aux bonnes pratiques pour réduire les inégalités. Et puis en termes d'aménagement du territoire, d'accès aux infrastructures, il y a tout un tas de choses à mettre en œuvre, que ce soit par exemple sur l'éclairage public, sur l'accès aux infrastructures sportives qui ne soient pas genrées. L'installation de toilettes publiques qui soient gratuites et sécurisées, la féminisation de l'espace public en donnant des noms de rues, de places ou de stations de transport qui soient ceux de femmes. Voilà, il y a tout un tas de choses à faire en termes d'aménagement du territoire également et vous le retrouvez dans nos propositions et dans le livre blanc.
- Speaker #1
Bien sûr, alors là, on évoque effectivement qu'une petite part de toutes les propositions que vous avez faites dans le cadre de ce manifeste. Revenons un peu sur la budgétisation sensible au genre, qui est un concept peut-être encore un peu nébuleux pour nos éditeurs et auditrices, mais qui est quand même au centre de beaucoup de choses. C'est un petit peu le nerf de la guerre, comme on le disait, les finances. Alors, quel est ce concept de budgétisation sensible au genre et comment le traduire concrètement dans les faits ?
- Speaker #0
Alors, c'est un concept qui part du principe que les politiques publiques grâce à ce levier budgétaire, peuvent avoir un impact, qu'il soit positif ou négatif, sur les inégalités de genre. Et on décide justement de réorienter, en tout cas d'aborder ces politiques publiques au prisme de l'égalité grâce à l'outil budgétaire. Dans un premier temps, on peut d'abord faire un état des lieux des biais de genre ou de cet impact dans les différents champs de politique publique pour identifier les aspects sur lesquels on peut agir. prioriser l'action et surtout affecter les ressources en conséquence pour corriger là où il y en a besoin. Elle peut aussi être mise en place progressivement, cette budgétisation sensible en genre. On a l'impression toujours qu'il faut tout révolutionner quand on entend parler de ce concept-là, mais ça peut être l'objet d'abord d'une ou deux politiques publiques qui s'étend ensuite à d'autres au sein de la collectivité. Donc il n'y a pas besoin de tout révolutionner d'une part, ça peut être un point de départ. et puis ensuite l'acquisition de bonnes pratiques qui soient généralisées.
- Speaker #1
Alors, en résumé, les trois mesures simples mais à fort impact que toutes les communes pourraient mettre en place dès demain pour construire des politiques publiques attentives aux femmes, comment est-ce que tu pourrais les résumer ?
- Speaker #0
Il y aurait d'abord un partage équitable des délégations en mettant fin aux attributions genrées au sein du conseil municipal. On peut aussi féminiser l'espace public par les noms de rues, de places, de stations de transport, mais aussi en valorisant le parcours de femmes qui sont engagées à l'échelle locale dans des associations, par exemple dans des structures municipales, sportives, etc.
- Speaker #1
Merci beaucoup Anne. On poursuit cet épisode avec des exemples de collectivités engagées qui ont fait leur preuve, que ce soit en France, en Europe. ou ailleurs dans le monde et qui vous semblent particulièrement avancés sur ces sujets. Je suis sûre que vous avez observé de près ou de loin des bonnes pratiques. Donc, il est temps de nous en faire part, de nous en faire profiter. Quelles sont les collectivités qui ont retenu un peu votre attention sur tous ces sujets ?
- Speaker #0
Effectivement, il y en a qu'on a observé un peu plus de loin, c'est sûr, parce qu'on a des pays en Europe qui sont beaucoup plus en avance que nous sur les questions notamment d'équilibre entre la vie perso et la vie professionnelle. Ça peut être l'Espagne, le Danemark, la Finlande qui sont vraiment en avance sur ces questions. On a aussi des pays comme la Suède qui sont en avance sur certains aspects puisque c'est la Suède qui a introduit le concept de budgétisation sensible au genre. Et on a quelques collectivités qui ressortent régulièrement. à l'échelle européenne avec des villes scandinaves, donc il y a Oslo et Helsinki, il me semble, qui sont pionnières en matière d'égalité salariale et sur les questions de gouvernance paritaire. Mais on pense aussi à Barcelone et à Vienne, Vienne en Autriche, qui sont pionnières pour le coup sur les questions d'urbanisme avec une réflexion très différente sur l'urbanisme. Et la ville de Reykjavik aussi en Islande avec des services publics centrés sur l'égalité. Pour le coup, il y a pas mal de collectivités européennes qui sont intéressantes à observer. Après, Je pense que ce qu'il est important de rappeler, c'est que le modèle de collectivité sur lequel nous on s'est basé, c'est un modèle très français avec le modèle de communes et d'intercommunalités. C'est un modèle auquel nous, on a essayé de s'adapter dans notre livre blanc en partant des compétences qui sont légalement attribuées aux communes et intercommunalités. On a essayé de faire quelque chose qui se peut adapter dans notre proposition puisqu'on propose un index qui est sous forme de petite maison avec la complexité. la mesure à mettre en place, et puis l'échelle à laquelle elle peut être mise en place. C'est très simple, et donc ça peut être pour toutes les plus petites communes, ou est-ce que c'est plus complexe, et c'est plus par des grosses villes ou par des intercommunalités, selon la compétence sur laquelle ça s'appuie. Par exemple, les transports, c'est plutôt les intercommunalités. Très concrètement, en France, c'est souvent les grandes villes qui sont les plus avancées, puisqu'elles ont dans leurs administrations la plupart du temps des missions dédiées, question d'égalité, et elles ont plus de salariés, donc très réalistiquement, elles ont. plus de moyens RH en fait. Après, pour citer des villes en France du coup, quelque chose qui est intéressant, nous on se fonde pas mal sur les rapports territoire féminin de Oxfam France qui proposent plusieurs villes pionnières, notamment Lyon, Nantes, Paris, on peut parler aussi de Rennes, de Strasbourg, de Lille, de Marseille. Ce qui est intéressant avec le livre blanc, c'est qu'on a essayé de détailler des illustrations de nos propositions par des actions de villes à ces pionnières, où on peut citer par exemple la métropole de Besançon ou la ville de Metz. qui ont mis en place un observateur local des inégalités. On a Nantes qui est plutôt pionnière pour sa politique d'achat avec des clauses d'exécution qui vont engager les entreprises contractuelles à mettre en place des actions pour favoriser l'égalité des genres. Il y a aussi la métropole de Lyon, pour le coup, qui a engagé un gros budget pour une campagne de communication contre le harcèlement sexiste et sexuel dans les transports en commun. Donc en fait, c'est assez vaste et chaque ville avance à des niveaux différents et à des rythmes différents sur des sujets différents selon parfois la sensibilité des élus. l'engagement des administrations. Je pense que quand on cherche des villes-exemples, on peut se référer aux villes signataires de la Charte européenne pour l'égalité des femmes et des hommes dans la vie locale ou aux manifestos d'Oxfam France aussi pour accélérer les politiques féministes locales. On trouve pas mal d'exemples dans ces documents.
- Speaker #1
Tu citais tout à l'heure des villes comme Barcelone qui ont mis en place des politiques autour de l'urbanisme. Comment ça se traduit ? En quoi ça consiste ?
- Speaker #0
Très concrètement, c'est aménager l'espace public en pensant d'abord aux femmes et aux personnes plus vulnérables. C'est penser l'aménagement urbain en le pensant d'abord au prisme des personnes qui sont les moins avantagées dans cet espace public. C'est-à-dire qu'on va d'abord réfléchir à comment est-ce qu'une personne qui est en situation de handicap, par exemple, ou comment est-ce qu'une femme qui a plusieurs enfants avec elle, qui est chargée, qui a une poussette, comment est-ce qu'elle va circuler et évoluer dans cet espace ? On peut mettre en place des choses qui simplifieront la vie des autres personnes, celles qui ont une grosse valise, celles qui ont un genou cassé, je ne sais pas. Comment est-ce qu'on peut simplifier cet aménagement, le rendre le plus fluide possible, le plus circulable possible aussi ? C'est penser à mettre des assises à des endroits réguliers, ça recoupe aussi beaucoup d'autres enjeux, notamment en ce moment les questions de gisement de la population, avec le fait de faire en sorte qu'il y ait des pendos réguliers, accessibles, de manière à ce que les personnes qui se déplacent avec des enfants par exemple, elles ont accès à des fontaines à Ausha intervalles réguliers.
- Speaker #1
Pour terminer, est-ce que tu peux nous parler, Victoria, un petit peu plus des mesures qui peuvent vraiment changer la vie des habitants et que vous avez observées auprès de ces collectivités ? Exemple ?
- Speaker #0
Je vais faire un petit peu écho à ce qu'ont déjà dit mes collègues juste avant, mais sur des exemples très simples parfois, parce que l'idée c'est d'être très concrète aussi dans nos propositions de solutions. On a beaucoup parlé de la gouvernance, ce qui était extrêmement important, mais très concrètement, sur les questions d'hygiène, ce qu'on disait un petit peu plus tôt, c'est installer des toilettes publiques qui soient gratuites, qui soient accessibles, qui soient sécurisées, qui soient nettoyées régulièrement, des distributeurs de protection menstruelle gratuite. Sur les questions de sécurité, Anne en a déjà parlé, sur tout ce qui est éclairage public, les transports en soirée, la descente à la demande des bus après 22h pour se rapprocher de son domicile, ça, ça change très concrètement la vie des femmes dans leur ville. Sur les loisirs, par exemple, je dirais que tout ce qui est changer les horaires d'accès au gymnase partagé, c'est un petit geste qui, en fait, est très important parce qu'on s'aperçoit qu'on privilégie très souvent les clubs de sport masculin. De faire attention à comment on répartit les horaires d'accès au gymnase, ça va changer très concrètement la vie des sportifs de tous les âges. Sur les réunions de concertation par exemple, proposer un espace de garde d'enfants à proximité des réunions de concertation qui soit pris en charge par la commune, ça permet de recueillir la parole des habitantes qui parfois n'ont pas toujours l'occasion de la prendre parce que les réunions de concertation se font souvent à des horaires qui sont inadaptés, le week-end ou en soirée. Et puis après sur un sujet qu'on a assez peu abordé aujourd'hui mais qui est très important... Alors tout ce qui est femmes victimes de violences sexistes et sexuelles ou de violences conjugales, dans des mesures qui sont, alors pas si simples, mais qui sont très concrètes, c'est de multiplier des lieux d'accueil pour les femmes victimes de violences, c'est de proposer un soutien matériel immédiat qui va faciliter aussi la vie des gens. On a des exemples de collectivités qui distribuent des kits d'urgence avec des produits d'hygiène pour les femmes victimes de violences qui s'apprêtent à quitter leur domicile, ou ça peut aussi être par exemple des kits de naissance pour les familles en grande précarité avec les produits d'urgence. de première nécessité pour les bébés. Voilà, donc ça, c'est un ensemble d'exemples qui sont à la fois faciles à mettre en oeuvre, qui sont un petit peu coûteux pour certains, c'est sûr, mais l'idée, c'est que c'est très concret et que ça change très concrètement la vie d'une personne qui vit dans cet espace-là.
- Speaker #1
Merci Victoria, c'était hyper intéressant et effectivement, on voit qu'il ne manque pas d'idées et de créativité. Alors, on va se diriger vers la fin de cet épisode avec une question clé. La question est la suivante, comment faire des hommes, des alliés du combat féministe, puisque actuellement, ils restent quand même majoritairement à la tête des communes de France. On l'a vu, seulement 23% de femmes mèrent actuellement. Donc, les hommes restent ceux actuellement au pouvoir et qui peuvent donner une impulsion et une direction féministe. Alors, comment les embarquer sur ces sujets ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Quelles sont vos remarques et vos réactions par rapport à ce que vous avez certainement vécu en présentant ce manifeste aux élus ?
- Speaker #0
Alors déjà, Laurie, je vais commencer en disant que nos 70 propositions de politique publique locale, elles sont aussi valables pour les hommes. Très concrètement, ce n'est pas parce que c'est écrit « propositions féministes » que les élus masculins ne peuvent pas s'en emparer. C'est aussi aux élus hommes, du coup, de faire le choix conscient de s'embarquer dans ce combat-là et de se sentir concernés. Nous, c'est un sujet qui revient beaucoup quand on parle de féminisme, qui ont déjà quand même beaucoup de clés en main. Il y a énormément de ressources en ligne pour s'informer sur les réseaux sociaux. Moi, je renvoie souvent au compte Instagram « Nous alliez les hommes » parce que c'est un espace sur lequel il y a pas mal de solutions spécifiquement féministes à destination des hommes. Il y a énormément de contenu de vulgarisation qui est disponible en ligne. Il y a aussi plusieurs associations qui proposent des ressources, qui proposent des groupes de sensibilisation pour les hommes qui veulent s'engager. Je pense à la Fondation Surgir en Suisse qui propose des groupes de réflexion sur les masculinités et sur comment s'investir dans la lutte contre les violences de genre quand on est un homme. En tout cas, de l'engagement des hommes, c'est une question qui est mentionnée à chaque intervention qu'on a faite, à chaque table ronde féministe à laquelle on a assisté ou participé. C'est parfois assez compliqué parce que ça fait des années que les féministes répètent que ce n'est pas un combat contre les hommes, mais avec eux. Et à l'heure actuelle, nous, de notre côté, on pense aussi que c'est leur responsabilité de se sentir concernés et de ne pas prendre... prendre contre eux individuellement un combat qui s'affirme contre un système de domination et d'exploitation. C'est aussi aux hommes alliés de se remettre en question sur leur capacité à prendre du recul sur des attaques contre un système global, on va dire. Pour nous, c'est extrêmement important d'avoir des alliés, mais c'est important aussi qu'ils sachent comment nous laisser notre espace de parole en tant que personnes concernées. Je disais comment faire en sorte qu'ils ne soient pas que spectateurs. Parfois, être spectateur, c'est une meilleure manière de nous laisser parler dès l'instant où on est spectateur. actifs, spectateurs à l'écoute, spectateurs qui prennent en compte les questions et les sujets qui sont abordés. Après, ce qui est important, c'est de rappeler aux hommes constamment. Je pense que parfois, il y a une fatigue militante aussi dans le fait de devoir rappeler certaines évidences. Ce qui est important, c'est des petites actions, c'est un soutien du quotidien, particulièrement face aux autres hommes. Et en l'occurrence, comme on parle beaucoup du cadre professionnel, nous, dans notre association, c'est de réussir à reprendre ses collègues qui soient sexistes, c'est d'accepter de comparer ses fiches de paye et protester quand des collègues femmes sont moins payées, c'est laisser la parole aux femmes en réunion et ne pas leur couper la parole, c'est entendre leurs idées, c'est ne pas attendre des femmes qu'elles soient les mamans de l'open space, on va dire, et que ce soit elles qui nettoient la machine à café. Et puis en tant que recruteur aussi, c'est un gros sujet de réussir à se remettre en question sur sa manière de penser. Est-ce que je privilégie ce candidat-là parce que je pense qu'il va être plus disponible disponible en tant qu'homme ? Est-ce que je trouve que celui-là fait plus sérieux ? Pourquoi est-ce que je pense ça ? Comment est-ce que je peux me former, former mes agents ? Il y a beaucoup d'outils qui sont disponibles et il y a beaucoup de tentatives féministes qui sont en cours pour embarquer les hommes. Pour moi, c'est aux hommes de se sentir concernés parce que nous, du côté des féministes, on fait déjà tout pour leur faire comprendre et pour leur rappeler que chacun peut devenir le problème s'il ne se sent pas concerné et s'il n'agit pas contre. Hommes comme femmes, c'est nécessaire de s'engager. On a tous et toutes à y gagner. On a des études qui montrent que les pays associés à des plus hauts niveaux d'égalité des genres et à des femmes à des postes de pouvoir sont aussi les pays les mieux placés dans les classements mondiaux de sécurité, de stabilité du pays, de bien-être des populations. Même les hommes interrogés dans ces pays-là, ils rapportent un sentiment de sécurité. Donc finalement, hommes comme femmes, on a tous et toutes à y gagner une société plus juste, des relations humaines plus épanouissantes, un cadre de travail qui soit plus égalitaire et plus sain. Aujourd'hui, c'est facile de savoir ce qu'on a à y gagner. Toujours confondu, c'est plus de sérénité, plus de paix d'esprit, plus de bien-être, plus d'égalité.
- Speaker #1
Merci beaucoup pour cette conclusion parfaite, avec laquelle je suis parfaitement alignée. Alors, on se dirige cette fois-ci vers la vraie fin de notre épisode. Pour les lycéennes, les étudiantes qui s'interrogent sur leur choix d'orientation, comment vous résumeriez, mesdames, le parcours en IEP, les IEP que vous avez vous-même fait, et quel genre d'opportunités est-ce qu'on peut trouver, des opportunités professionnelles, on peut trouver après un IEP ?
- Speaker #2
Avant toute chose, moi, je dirais à une lycéenne ou une étudiante de ne pas se fermer les portes. et que Sciences Po ça peut être accessible à toutes et tous et que ce n'est pas parce qu'on est une femme qu'on ne peut pas accéder à de grandes écoles et faire des études brillantes et qu'elles auront tout à fait leur place et leur place pour parler, pour donner leurs idées au sein de cette formation qui est pluridisciplinaire et ça c'est vraiment quelque chose de super motivant pour celles et ceux. qui s'interrogent sur les questions d'actualité. Et ça mène vraiment à de nombreux métiers, puisqu'on peut travailler dans des domaines très variés, avoir aussi une expérience à l'étranger au cours de son cursus. Ça, c'est un plus que l'on ne retrouve pas forcément dans toutes les formations, et c'est très formateur. À Sciences Po, il y a une place pour les langues qui est importante, et donc ça peut aussi être un moteur de motivation. Il y a de la professionnalisation, des stages, des immersions, des stages longs aussi en fin de cursus qui permettent déjà de mettre un pied dans la vie professionnelle et de trouver petit à petit, si on n'avait pas déjà son idée en rentrant à Sciences Po, parce que c'est le cas de nombreux étudiants, de trouver le domaine dans lequel on va vouloir travailler par la suite. Et si on ne devient spécialiste de rien en faisant Sciences Po, pour autant on développe des connaissances et des compétences qu'on va pouvoir réutiliser dans plein de domaines différents. Un esprit ouvert sur le monde, un esprit de synthèse, de proposition et un esprit critique. Donc voilà, je pense qu'il ne faut pas se mettre de barrière et que surtout...
- Speaker #1
Un dernier message que vous auriez envie d'adresser à toutes celles et ceux qui viennent d'être élus et qui doutent encore de leur légitimité ou qui ont vécu des campagnes municipales parfois... épuisantes, un peu harassantes ou un peu violentes. Qu'est-ce que vous auriez envie de dire à ces femmes-là, qui se sont battues dans des campagnes et qui ont leur place aujourd'hui, mais qui commencent juste leur marathon ?
- Speaker #3
Déjà, les remercier de leur engagement et de surtout garder le cap. C'est un engagement qui est plus que nécessaire aujourd'hui, comme le disait Victoria, à l'heure où les droits des femmes reculent aussi, où sont menacées. dans un certain nombre d'endroits dans le monde. Le combat féministe n'a jamais été aussi important quelque part qu'aujourd'hui. Et donc, on a besoin de femmes, on a besoin de role models aussi qui s'engagent et d'inspiration pour la suite. Donc, voilà pour ce message.
- Speaker #1
Merci beaucoup à toutes les trois d'avoir partagé cet épisode avec moi. J'étais ravie de vous recevoir. Merci beaucoup pour... votre travail, vos analyses et toutes vos propositions. Un dernier mot, où est-ce qu'on peut peut-être vous retrouver facilement et retrouver votre manifeste ?
- Speaker #2
Alors, sur notre site internet, femmesdesiep.fr et sur les réseaux sociaux, Instagram et LinkedIn, vous retrouverez toutes les informations essentielles sur le Livre Blanc, nos autres actions et l'opportunité d'adhérer si vous n'êtes pas encore adhéré.
- Speaker #1
Merci beaucoup et à bientôt. Merci. Merci Laurie.
- Speaker #2
Merci beaucoup Laurie. Merci pour votre écoute engagée. Si ce podcast vous a plu,
- Speaker #1
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