Speaker #0Bienvenue dans les petites histoires de Michel, un podcast dans lequel je raconte mon exploration de la cuisine japonaise. Cet art ultime de bien manger que j'ai à cœur de transmettre aujourd'hui est la synthèse entre mes pratiques d'artiste, de jardinière et de cuisinière. Il s'adresse aux amoureux du Japon, aux gourmets de tous bords et aux cuisiniers soucieux de préparer une cuisine saine, savoureuse et créative, qui nourrit aussi bien le corps que l'esprit. Vous y trouverez des récits de voyages et des témoignages d'expériences qui ont fait sens dans mon parcours. J'y délivre également, au-delà des recettes, les principes qui sous-tendent la cuisine japonaise. Nous ferons des visites dans le jardin, source d'émerveillement et d'abondance, et nous prêterons l'oreille à des personnes qui ont contribué à enrichir mon parcours dans l'oasis nippone que je me suis créée. Belle écoute à vous ! Itadakimasu est un petit mot que l'on prononce au Japon avant de se saisir de ses baguettes pour manger, partout, même au restaurant. C'est là que je l'ai vu pratiquer, furtivement parfois. C'est un petit mot d'action de grâce pour ce qui nous est donné, comme le bénédicité que l'on récitait dans ma famille avant le repas à une autre époque. J'ai des souvenirs de mon père qui bénissait le pain avant d'entamer une miche. Pour les grandes occasions, lors des réunions familiales avec mes oncles, tantes et cousins, nous chantions le Bénédicité à plusieurs voix. Chacun, selon sa tessiture, trouvait sa place dans cette joyeuse chorale familiale. C'était une époque où le religieux rythmait la vie entre prières du matin. prière du soir, bénédicité, office du dimanche où la communauté se rassemblait. Je ne sais pas trop à quel moment ni pourquoi ces pratiques ont été abandonnées dans ma famille. Est-ce que ce sont nos parents qui ont relâché ? Est-ce que nous, enfants, manifestions notre opposition à ces rituels qui nous semblaient désuets ? Est-ce que nous nous posions des questions ? qui remettait en cause les obligations édictées par le pouvoir ecclésiastique ? Est-ce que cela faisait partie de la révolte de l'adolescence qui se retourne contre tout ce qui fait autorité ? Toujours est-il que nous avons jeté le bébé avec l'eau du bain, tournant ainsi le dos à la dimension spirituelle de la nourriture par manque de compréhension du sens profond. de ces pratiques. Cette dimension spirituelle, je l'ai recontactée à travers l'enseignement reçu dans les cercles d'études macrobiotiques. Manger correctement une nourriture bien préparée maintient notre corps en bonne santé mais soigne aussi l'esprit. L'approche de la nourriture par les moines bouddhistes de l'école Zen Soto au Japon est Elle aussi, riche d'enseignements, le tenso, le cuisinier, est l'un des moines les plus respectés du temps, la deuxième personne la plus importante dans un monastère zen, celle qui va activer la vie de la communauté en cuisinant pour elle, tout en faisant de l'acte de cuisiner une méditation à part entière. Récité dans les temples à chaque repas, les sutras ouvrent notre conscience à la réalité profonde de ce qu'est la nourriture. En me penchant chaque jour sur mon assiette, en exprimant ma gratitude pour ce qui m'est offert, j'affirme ma reconnaissance à la nature et à son abondance. Petit à petit, Dans la régularité de cette attitude au quotidien, plus d'abondance s'est manifestée dans ma vie. Maintenant, nous savons que tout est énergie. Nous savons que nous attirons à nous ce que nous vibrons. Dans les prières toutes faites, que nous répétions en famille quand nous étions enfants, c'est le manque qui se manifestait, et l'abandon des prières que l'on nous faisait réciter mécaniquement est salutaire. En répétant Donne-nous notre pain quotidien nous nous positionnons en mendiant et vibrons le manque. Dans la reconnaissance des abondances qui sont les nôtres, et dans l'action de grâce pour ce qui nous est déjà donné, nous activons l'énergie d'abondance dans notre vie, plutôt que celle du manque. A chacun de choisir dans quelle direction il souhaite se diriger. Nous avons les clés. Itadakimasu nous connecte à cette abondance, tout en mettant l'accent sur le caractère sacré de la nourriture, et sur toute l'énergie qui contribue à faire circuler la vie en nous itadakimasu est aussi devenu le déclencheur de mon lien au monde tout un voyage en un seul mot mon matcha du matin m'embarque dès le réveil dans les jardins de thé sur les flancs des collines d'uji Mes ustensiles de cuisine, si bien pensés, me mettent en lien avec les ingénieurs, les travailleurs des forges où le feu et l'enclume façonnent la lame. Je réalise toutes ces intelligences humaines et toutes ces forces de travail qui, de génération en génération, ont créé les outils dont nous disposons aujourd'hui. Mon petit-fils Arthur a... appris à dire Itadakimasu à ses deux ans, alors qu'il commençait à parler. C'était pendant le confinement où nous étions rassemblés en tribu. Depuis, lors de nos repas familiaux, c'est lui qui a pris le relais de cette attitude de reconnaissance. Il est pressé que tout le monde soit servi pour pouvoir déclamer Itadakimasu ! Un nouvel épisode des petites histoires de Michel vous attend tous les mardis. Pensez à vous abonner à ma newsletter pour continuer de voyager au Japon avec moi.