Speaker #0Bienvenue dans les petites histoires de Michelle, un podcast dans lequel je raconte mon exploration de la cuisine japonaise. Cet art ultime de bien manger que j'ai à cœur de transmettre aujourd'hui est la synthèse entre mes pratiques d'artiste, de jardinière et de cuisinière. Il s'adresse aux amoureux du Japon. Aux gourmets de tous bords et aux cuisiniers soucieux de préparer une cuisine saine, savoureuse et créative, qui nourrit aussi bien le corps que l'esprit. Vous y trouverez des récits de voyages et des témoignages d'expériences qui ont fait sens dans mon parcours. J'y délivre également, au-delà des recettes, les principes qui sous-tendent la cuisine japonaise. Nous ferons des visites dans le jardin, source d'émerveillement et d'abondance, et nous prêterons l'oreille à des personnes qui ont contribué à enrichir mon parcours dans l'oasis nippone que je me suis créée. Belle écoute à vous ! Au cours du mois de juillet, je diffuse une série spéciale été. Quelques épisodes courts pour vous partager les joies des vacances avec mes petits-enfants. Ici, dans le jardin de l'escalier. il y a une autre scène qui me revient souvent en mémoire. Elle s'est déroulée dans le jardin un jour tout à fait ordinaire. Arthur venait de recevoir un nouveau jouet, une boîte avec trois boules, une rouge, une verte et une bleue. Lorsqu'on lançait la boule par terre, elle s'ouvrait brusquement. pour se transformer en un drôle de monstre. La veille, je l'avais emmenée dans un magasin de jouets. Moi, j'avais en tête un Lego parce que j'aime autant que lui construire et assembler. Mais Arthur avait eu un coup de cœur pour ce coffret de trois boules. Elle me paraissait sans grand intérêt, mais c'était son choix. Le lendemain, il ne quittait plus la boule bleue, sa favorite. Partout où j'allais dans le jardin, il me suivait, sa boule bleue à la main. Je m'étais glissée derrière le grand bassin, dans un massif de fougères, pour arracher quelques liserons. C'est un endroit où l'on circule difficilement et je lui avais demandé de rester sur le bord, de peur qu'il ne piétine les plantes. Il a voulu me suivre malgré tout. Je l'ai grondée et l'ai renvoyée vers l'allée. C'est alors que la boule lui a échappé des mains. Elle a rebondi une fois, puis a disparu dans le bassin. Sur le moment, je dois bien l'avouer, ma première réaction n'a pas été très compétissante. Je venais de lui demander de rester en arrière, il ne m'a pas écouté. Alors je lui ai simplement répondu, voilà, c'est le retour de Boumerang. Mais très vite, les hurlements ont remplacé les pleurs. « Mamette, cherche-la ! Tu vas la retrouver ? Tu m'en rachèteras une autre ? » Je lui ai répondu calmement que non, je n'en rachèterai pas une autre. Et je me suis mise à chercher. Les bras plongés jusqu'au coude dans l'eau du bassin, j'ai exploré méthodiquement les endroits où elle avait le plus de chances de se trouver. Je maugrais parce que j'avais bien d'autres choses à faire ce jour-là. Au bout d'un long moment, il a fallu me rendre à l'évidence, je ne la trouvais pas. Nous sommes repartis vers la maison. Entre-temps, Arthur s'était apaisé, heureusement. Et c'est là qu'il m'a dit une phrase que je n'ai jamais oubliée. « Tu sais, Mamette, finalement, c'est pas grave. » Il m'en reste encore deux autres. J'ai été profondément touchée. En l'espace d'une demi-heure, je l'avais vu passer de la détresse la plus totale à une forme d'acceptation. Il avait trouvé en lui les ressources pour faire le deuil de cette petite boule. Je me suis dit que c'était une belle leçon. Le lendemain matin, en me levant, la première pensée qui m'est venue a été pour cette boule bleue. Je suis retournée au bord du bassin, j'ai plongé la main exactement à l'endroit où j'avais déjà cherché la veille. Et cette fois, je suis tombée dessus du premier coup. Je suis restée un instant immobile, la boule au creux de la main, puis je l'ai glissée discrètement dans ma poche. Je voulais lui faire la surprise. Lorsqu'Arthur est arrivé un peu plus tard, je lui ai demandé de tendre les mains. Son sourire en découvrant la boule valait tous les trésors. Mais au fond, ce n'est pas ce souvenir qui me touche le plus. Ce qui me revient souvent en mémoire, c'est ce moment de la veille. Parce que si j'avais retrouvé cette boule immédiatement, Arthur n'aurait peut-être jamais eu l'occasion de vivre ce moment où il s'est détaché de ce qu'il croyait indispensable. Cette petite boule bleue m'a rappelé qu'il faut parfois laisser au temps le temps de faire son œuvre et que certaines découvertes sont plus précieuses que les objets eux-mêmes. Petites histoires de Michelle vous attend tous les mardis. Pensez à vous abonner à ma newsletter pour continuer de voyager au Japon avec moi.