Speaker #0Bienvenue dans les petites histoires de Michel, un podcast dans lequel je raconte mon exploration de la cuisine japonaise. Cet art ultime de bien manger que j'ai à cœur de transmettre fait la synthèse entre mes pratiques d'artiste, de jardinière et de cuisinière. Il s'adresse aux amoureux du Japon, aux gourmets de tous bords et aux cuisiniers soucieux de préparer une cuisine saine, savoureuse, créative, qui nourrit aussi bien le corps que l'esprit. Vous y trouverez des récits de voyages et d'anecdotes qui ont fait sens dans mon parcours. J'y délivre également, au-delà des recettes, les principes qui sous-tendent la cuisine japonaise. Nous ferons des incursions dans le jardin, source d'émerveillement et d'abondance, et nous prêterons l'oreille à des personnes qui ont contribué à enrichir mon parcours dans l'oasis nippone que je me suis créée. Belle écoute à vous ! Comment une Alsacienne en est venue à se spécialiser dans la cuisine japonaise ? Toute cette histoire commence dans les années 80. J'étais une jeune femme autour de la trentaine. La danse était mon mode d'expression à l'époque, alors que pourtant, depuis toute petite, je rêvais d'être peintre. Mais c'était plus fort que moi. Il fallait que je danse. Trop d'énergie à canaliser. Je me disais que je peindrais quand je ne pourrais plus danser. Je dansais, créais des chorégraphies, montais des spectacles avec une petite troupe. Lors d'un échauffement, je faisais de tout petits rebonds et clac ! Mon genou se bloque. Bloqué, bloqué, bloqué. Mon amie anglaise Pips, danseuse elle aussi, me dit Ton genou, c'est autre chose. Moi, je ne sais plus exactement quoi, mais je vais t'envoyer chez la personne qui sait. Elle me propose d'aller voir un kinésithérapeute qui l'aide beaucoup elle aussi. Quand j'ai annoncé à mon mari que j'allais voir un kiné à 30 km, il est entré dans une colère noire. Quoi ? Tu vas aller voir un kiné à 30 bornes alors qu'on a tout ce qu'il faut ici ? J'ai instantanément compris que son cerveau a pressenti que ce déplacement allait avoir un impact important dans notre vie. Donc je vais voir ce kiné qui m'examine rapidement. Il s'occupe à peine de mon genou et me dit Votre foie est mort Effectivement, à cette époque, j'achetais la crème au litre et le beurre au kilo. Je consommais beaucoup de viande et l'alcool était de la partie aussi. Nous faisions souvent la fête et ma cuisine bourgeoise, héritée de ma mère, ravissait nos amis qui souhaitaient régulièrement notre table. Mais mon foie a pris cher. Le kiné commence à me manipuler un point à droite, en dessous des côtes. Je vais vous réveiller le foie. Je vous préviens, vous allez avoir mal pendant trois jours. Il me fait aussi des recommandations alimentaires qui sont plutôt des interdictions. Pas d'acide, pas de cornichons, pas d'épinards, pas de viande. Éventuellement un peu de poisson si vous n'arrivez pas à vous passer de produits carnés. Et vous faites cela pendant trois semaines. Puis, vous remangerez comme avant pour voir. Comme j'avais mal, j'ai suivi scrupuleusement les consignes. Après tout, trois semaines, c'est supportable. Au bout de ces trois semaines, quand j'ai voulu remanger comme avant, la viande ne passait plus. Le genou, quant à lui, s'était rétabli au bout de trois jours. Je pouvais de nouveau gambader allègrement. J'avais besoin de comprendre. Mais c'est quoi ce truc ? On me touche le foie et c'est le genou qui guérit.