Speaker #0Bienvenue dans les petites histoires de Michel, un podcast dans lequel je raconte mon exploration de la cuisine japonaise. Cet art ultime de bien manger que j'ai à cœur de transmettre aujourd'hui est la synthèse entre mes pratiques d'artiste, de jardinière et de cuisinière. Il s'adresse aux amoureux du Japon. aux gourmets de tous bords et aux cuisiniers soucieux de préparer une cuisine saine, savoureuse et créative, qui nourrit aussi bien le corps que l'esprit. Vous y trouverez des récits de voyages et des témoignages d'expériences qui ont fait sens dans mon parcours. J'y délivre également, au-delà des recettes, les principes qui sous-tendent la cuisine japonaise. Nous ferons des visites dans le jardin, source d'émerveillement et d'abondance, et nous prêterons l'oreille à des personnes qui ont contribué à enrichir mon parcours dans l'oasis nippone que je me suis créée. Belle écoute à vous ! Aujourd'hui, on va cuisiner quelque chose de très simple, mais profondément japonais. Un plat qui réchauffe, qui rassemble. qui raconte l'hiver mieux que n'importe quel poème. Le nabe, la fondue japonaise. Nabe, c'est à la fois le nom du récipient en terre cuite avec son couvercle que le plat que l'on cuisine dedans. Le nabe, c'est un grand geste de chaleur. Pas seulement la chaleur du bouillon, mais celle du cercle qui crée autour de la table. Au Japon, le nabe est un plat qu'on pose au centre. On se tourne vers lui et d'une certaine manière, on se tourne aussi les uns vers les autres. Ce n'est pas un plat de chef, mais un plat de maison, de famille, de colocation étudiante, de soirée d'hiver. C'est le plat qui dit « on mange ensemble » . C'est lui que je propose quand on décide de passer une soirée entre amis en hiver. Je prépare tout à l'avance, je pose le plat sur un coin de mon poêle à bois où il mijote en douceur. Je suis totalement disponible quand les convives arrivent, pas de préparation risquée de dernière minute. Ce que j'aime dans le nabé, c'est que vous n'avez pas besoin d'en faire trop. Un bouillon d'achis, du mirin. de la sauce soja, des légumes de saison et en hiver mon jardin et mes silos en regorgent. Les carottes, les pommes de terre et le poireau, les navets, les choux et le céleri grave, quelques céleris branches aussi quand il n'a pas gelé et pourquoi pas des côtes de bête, du tofu, des morceaux de poulet, quelques champignons shiitake. Et hop ! Tout mijote ensemble tranquillement. On pose les ingrédients dans la casserole comme on ferait un tableau. Le vert, le blanc, le brun et le noir, le jaune et l'orange. Le tout baigne paisiblement dans le bouillon clair et c'est beau. Pas spectaculaire, mais beau comme les choses simples. Alors, si vous voulez le refaire chez vous, quelques instructions suffisent. Faites chauffer un litre de dashi, ajoutez deux cuillères de mirin, deux de sauce soja. Disposez vos légumes, la viande et votre tofu dans la casserole comme un petit tableau. Posez le couvercle, laissez mijoter et surtout amenez la casserole à table. Servez-vous directement dedans. C'est ça l'esprit nabé. Quand on soulève le couvercle, Il y a comme une mini tempête parfumée. La vapeur nous entoure et d'un coup, on oublie qu'il fait froid dehors. À table, le nabé devient un centre. On se tourne vers lui et autour, on parle. Ou pas ! Le nabé fonctionne aussi bien dans le silence que dans les rires bruyants. On se serre chacun notre tour. On choisit un morceau de tofu, un shiitake, un bout de chou. On peut tremper les ingrédients dans un petit bol de sauce ponzu ou les assaisonner avec un peu de miso qu'on aura déposé sur le bord des bols de chaque convive. Le nabé n'est pas un plat, c'est toute une conversation. Quand il ne reste presque plus rien dans le bouillon, on ajoute des shirataki, ces vermicelles de soja transparents, pour un deuxième service. Et pourquoi pas y casser un ou deux oeufs aussi, comme une petite récompense finale, une seconde chaleur. Voilà, c'était le nabé, simple, chaud, vivant. Un plat qui réunit, un plat qui respire le Japon, et qui fait un lien direct. avec le poteau-feu de nos grand-mères au centre de nos tablées familiales. Alors adoptez-le, adaptez-le et surtout partagez-le ! Un nouvel épisode des Petites Histoires de Michel vous attend tous les mardis. Pensez à vous abonner à ma newsletter pour continuer de voyager au Japon avec moi.