Speaker #0Bienvenue dans les petites histoires de Michelle, un podcast dans lequel je raconte mon exploration de la cuisine japonaise. Cet art ultime de bien manger que j'ai à cœur de transmettre aujourd'hui est la synthèse entre mes pratiques d'artiste, de jardinière et de cuisinière. Il s'adresse aux amoureux du Japon, aux gourmets de tous bords et aux cuisiniers soucieux de préparer une cuisine saine, savoureuse et créative, qui nourrit aussi bien le corps que l'esprit. Vous y trouverez des récits de voyages et des témoignages d'expériences qui ont fait sens dans mon parcours. J'y délivre également Au-delà des recettes, les principes qui sous-tendent la cuisine japonaise. Nous ferons des visites dans le jardin, source d'émerveillement et d'abondance, et nous prêterons l'oreille à des personnes qui ont contribué à enrichir mon parcours dans l'oasis nippone que je me suis créée. Belle écoute à vous !
Speaker #1Au Shogatsu, c'est le nouvel an au Japon. C'est l'une des fêtes les plus importantes de l'année qui dure plusieurs jours. Comme les japonais aiment commencer l'année nouvelle sur de bonnes bases, ils pratiquent un grand nettoyage les derniers jours de décembre. Un rituel de purification de la maison en quelque sorte. On remet de l'ordre dans ses affaires afin de bien entamer l'année qui arrive. Il s'agit de liquider les dossiers en cours et de régler les dettes avant d'entamer l'Omi-Soka, le réveillon du 31 décembre. On peut dire que cette année, j'étais au diapason avec les Japonais, avec un peu d'avance même. Fin novembre, j'ai commencé à vider mes placards. Assistée par mon amie Catherine Heintz, dont je venais de suivre un séminaire de morpho-relooking. Dans son accompagnement, Catherine recommande de faire un tri dans les placards à vêtements sur la base des conseils personnalisés qu'elle prodigue après son analyse pointue de la morphologie de chacun de ses clients. Elle m'a donné l'impulsion de départ en ouvrant les placards avec moi, tout en insistant sur la pertinence d'effectuer ce tri du dressing. Faire le tri de la garde-robe, c'est bien plus qu'un simple rangement, c'est un véritable cheminement intérieur, dit-elle. Chaque vêtement qu'on laisse sortir, c'est un morceau du passé dont on se libère. En se défaisant des vieux habits qui ne résonnent plus avec qui nous sommes aujourd'hui, nous allégeons notre esprit, faisons de la place pour le renouveau et ouvrons la voie à des énergies plus positives. Se délester du poids de l'ancien pour embrasser une vision neuve et inspirante de notre futur est un acte symbolique puissant. Un dressing allégé et harmonisé reflète une personne en phase avec elle-même, prête à accueillir de nouvelles opportunités et à rayonner pleinement. Enlever les couches du passé, permet de repartir sur de nouvelles bases, de se défaire de la stagnation des vieilleries et engendre une vision plus claire avec une nouvelle énergie. Ces arguments énoncés par Catherine correspondent en tout point à l'état d'esprit qui règne au Japon à cette période de l'année. Bien sûr que j'y adhère, sur le principe. Encore fallait-il que je passe à l'acte. En tout, j'ai sorti quatre gros sacs de vêtements et autant de sacs de chaussures, sac à main et autres babioles inutiles qui moisissaient au fond du placard. Et quand je dis moisissaient c'est autant au sens propre qu'au sens figuré. Une fois l'impulsion donnée, d'autres objets inutiles, abîmés, obsolètes, déclassés, sont eux aussi sortis de la maison. Certains de ces objets, encore en bon état, ont trouvé une nouvelle vie. Je les ai déposés sur le muret de ma propriété, avec un panneau invitant ceux qui s'y intéressent à se servir. J'ai même déposé des sachets à la disposition des futurs nouveaux utilisateurs. En général, Ces objets qui quittent la maison trouvent preneur le jour même. Dire que j'ai attendu aussi longtemps pour entreprendre cette action si salutaire. Il faut croire qu'avant, je n'étais pas prête à lâcher certaines tranches du passé ou alors que je n'avais qu'une conscience intellectuelle ou superficielle de l'importance de cet acte sans l'ancrer véritablement dans la matière. Le plus gratifiant dans cette expérience, c'est que des retombées positives se sont rapidement fait sentir. Avant ce grand nettoyage, j'étais prise de salve d'éternuements, parfois une dizaine d'affilées, quand je m'installais dans ma chambre à coucher et je passais le début de la nuit avec un rhume qui me faisait user une dizaine de mouchoirs. Je mettais ça sur le compte d'acariens ou de poussières allergisantes, mais le passage frénétique de l'aspirateur et le renouvellement de la literis n'y changeaient rien. En assainissant le fond de ce placard, dont j'ignorais l'état parce que je ne le visitais que très rarement, j'ai mis fin aux éternuements intempestifs. À ce résultat palpable et immédiatement perceptible, d'autres bénéfices se sont faits jours en termes d'énergie renouvelée pour mes projets. Alors, imaginez l'ambiance quand tout un pays s'affaire au grand ménage des maisons, règle ses factures, répare ses lampes, range ses placards. Imaginez les retombées, tant sur le plan individuel que collectif. Pour la première fois, quand tout le Japon se prépare avec frénésie à entrer dans la nouvelle année, je suis en phase avec les Japonais, je ressens la même urgence à me mettre à jour. Un nouvel épisode des Petites Histoires de Michell vous attend tous les mardis. Pensez à vous abonner à ma newsletter pour continuer de voyager au Japon avec moi.