Speaker #0Bienvenue dans les petites histoires de Michelle, un podcast dans lequel je raconte mon exploration de la cuisine japonaise. Cet art ultime de bien manger que j'ai à cœur de transmettre aujourd'hui est la synthèse entre mes pratiques d'artiste, de jardinière et de cuisinière. Il s'adresse aux amoureux du Japon aux gourmets de tous bords et aux cuisiniers soucieux de préparer une cuisine saine, savoureuse et créative, qui nourrit aussi bien le corps que l'esprit. Vous y trouverez des récits de voyages et des témoignages d'expériences qui ont fait sens dans mon parcours. J'y délivre également, au-delà des recettes, les principes qui sous-tendent la cuisine japonaise. nous ferons des visites dans le jardin source d'émerveillement et d'abondance et nous prêterons l'oreille à des personnes qui ont contribué à enrichir mon parcours dans l'oasis nippone que je me suis créé belle écoute à vous La macroméotique est une école où l'on apprend à penser par soi-même à l'aide de la boussole Yin-Yang. Quand on connaît les postulats de base, issus de lois universelles révélées par la sagesse orientale, on peut analyser et étudier tous les phénomènes développant ainsi notre autonomie de pensée, y compris dans la manière de nous nourrir. Ça, c'est dans la théorie. Dans le réel, Cette lecture n'est pas aussi évidente qu'il y paraît, car nous sommes façonnés dès le plus jeune âge et depuis des générations à une pensée occidentale aux antipodes de cette vision du monde. La plupart des personnes, moi y compris, qui sont attirées par ce système triangle, unifiant, sont très abîmées. par des nourritures erronées et, leur corollaire, des modes de pensée brouillés. Quand de surcroît on est malade, comme c'était mon cas quand j'ai découvert la macrobiotique, la peur qui nous habite risque de nous amener à réduire la macrobiotique à un dogme auquel il faudrait se conformer. Bonjour les dégâts ! Il vaut mieux être accompagné sur le chemin. Certes, les erreurs sont des enseignements, encore faut-il en tirer les bonnes leçons. À l'époque où j'ai découvert la macrobiotique, inspirée par la Shojin Ryori, c'est-à-dire la cuisine des moines zen du Japon, nous étions plus nombreux à pratiquer et des personnes qui ont été directement en relation avec Georges Osawa Le fondateur de la macrobiotique relayait son enseignement. Avec l'absolutisme des convertis, je me suis lancée à fond dans cette nouvelle voie, avec tous les excès qui me caractérisent, prosélytisme y compris. Vu de l'extérieur, l'alimentation macrobiotique peut paraître très exigeante. restrictive, cadrée. Sa pratique par des gens malades qui prennent un chemin de guérison est effectivement très précise pour obtenir des résultats. Mais une fois la santé retrouvée, elle devrait devenir un jeu avec une grande liberté. Il y a mille manières de cuisiner et de combiner les aliments en sortant des aliments. des associations traditionnelles pour créer des plats délicieux. En empruntant ce chemin strict, mon état physique a rapidement évolué. Le premier constat est une perte de poids importante. Probablement que mon corps se nettoyait de ce que j'avais accumulé avec une nourriture trop riche, trop carnée, trop alcoolisée. Et aussi, de toute évidence, parce qu'il n'assimilait pas encore ce nouvel équilibre alimentaire pour lequel il lui a fallu un temps d'adaptation. Après cette période de mise en route, je commence à me sentir de mieux en mieux. Je ne passe plus ma vie à lutter contre la fatigue qui m'envahissait après des repas trop chargés. Mon corps n'a plus à consacrer toute son énergie à réguler les conséquences de mes excès alimentaires. Je jouis de plus de vitalité, d'un meilleur sommeil et d'une plus grande souplesse aussi. Lors des échauffements en danse, je mets beaucoup moins de temps à étirer mes muscles. C'est assez logique d'ailleurs. La viande que nous consommons, c'est un muscle. Et la fonction d'un muscle, c'est de se contracter. Si nous mangeons beaucoup de viande, nous nous contractons. En allégeant la consommation de produits carnés, la souplesse revient. Au fil de la pratique, je découvre aussi que mon intuition se développe. Je pressens certains événements à l'avance. Je suis débordante d'énergie. Dans cette période de ma vie, je suis à la fois maman, enseignante, formatrice d'enseignants, jardinière, artiste, et je danse ma vie au sens propre comme au sens figuré. Je reprends même mes études en fac en parallèle de toutes ces activités. Et comme je vais de mieux en mieux, je souhaite... Et évidemment que ma famille partage ce chemin vers une meilleure santé et se prépare un bel avenir. En mangeant la même nourriture, on dit que nous fabriquons le même sang, ce qui tendrait à créer une unité dans la cellule familiale. Ça aussi, c'est dans la théorie. Dans l'absolu, on peut y adhérer, surtout si l'on a... à cœur, en tant que cuisinière, de donner le meilleur à sa famille. Dans la pratique, il en a été autrement. Au lieu de nous unir, les repas familiaux nous déchiraient. Notre table est devenue une scène de guerre. Attachée à leurs habitudes alimentaires, mon mari et mes enfants s'opposaient au changement de régime et me l'ont fait savoir de manière violente. Des amis, habitués à ma table bourgeoise, ont même été convaincus que j'étais prisonnière d'une redoutable secte. Les mêmes qui traiteront plus tard de complotistes, celles et ceux qui ont fait un choix basé sur leur discernement concernant l'injection d'une substance à la composition inconnue. Je me sens incomprise renié dans ma fonction de centre du foyer, c'est-à-dire au fourneau, freiné dans mon désir d'évolution. Les miens ne me suivaient pas. Aujourd'hui, avec beaucoup de recul, je peux dire que j'étais chiante, insupportable. Je me croyais victime de leur incompréhension, mais c'étaient eux les victimes de ma dictature culinaire. Pour autant, ils n'étaient pas question. que j'abandonne une voie aussi salutaire pour moi. Non seulement je jouissais d'une belle vitalité, mais la lecture des phénomènes avec la boussole Yin-Yang me passionnait. Peu à peu, non sans frustration, je prends des dispositions pour poursuivre ma quête d'une alimentation qui me convient à tout point de vue. Au lieu de prendre mes repas à la maison, je reste sur mon lieu de travail Merci. Et je vais déjeuner à la table d'hôte de M. Cavandoli, où par ailleurs, je rencontre des personnes qui suivent la même voie et me donnent de précieux conseils au passage. Plus tard, je me suis installée une cuisine sur mon lieu de travail où je pouvais prendre mes pauses repas dans le calme, laissant les miens se débrouiller avec le plat préparé la veille et qu'ils n'auront plus qu'à se réchauffer. Pour nos repas pris en commun, je faisais deux cuisines. La mienne pour satisfaire à mon propre équilibre alimentaire et des plats pour ma famille qui ne trouvaient pas son compte avec ces nouvelles préparations dont ils ne comprenaient pas le sens. C'est tout à la fin de sa vie que mon mari, trop chargé par les repas d'affaires récurrents, m'a déclaré un jour « Je veux manger comme toi » , ce que nous ne savions pas encore à l'époque. C'est qu'il était miné par un cancer silencieux et insidieux qui, quand il se déclare, ne laisse guère de chance de survie. Certes, une alimentation en conscience est la base même de la santé, mais il serait réducteur, avec ce que nous savons aujourd'hui, de s'en tenir uniquement à cette approche. Une maladie, c'est aussi un conflit qui s'exprime dans la biologie. Nous avons actuellement de nombreux outils pour mettre en lumière ces conflits, pour débusquer les croyances erronées qui nous limitent et les mémoires cellulaires que nous trimballons et dont nous pouvons nous libérer. Si les nourritures terrestres sont les apports tangibles qui maintiennent la vie du corps, notre véhicule. terrestre, la quête spirituelle et la nourriture plus subtile qui alimente notre âme, venue accomplir une expérience d'incarnation. Après le décès de mon mari, j'ai perdu mon cap. À l'époque, ma priorité est devenue le lien social, quitte à renoncer à l'équilibre alimentaire qui m'avait soutenu si longtemps, mais qui était marginalisant. J'ai progressivement repassé de végétalienne pure et dure à des habitudes alimentaires que j'avais abandonnées. En quelques années, les conséquences se sont fait sentir de manière violente. J'étais de retour à la case départ, un corps très abîmé et des pensées brouillées. À ce stade, j'aurais pu retourner tout simplement vers les pratiques. qui m'avaient été bénéfiques, mais les formes paraissaient insurmontables, trop dures, trop exigeantes, trop sévères, trop sec. C'est très progressivement, après des voyages réguliers au Japon, que je retrouve l'appétit pour un équilibre alimentaire fondé sur les principes de la sagesse orientale. J'en approfondis les bases, me remets en phase avec les orientations dans un champ élargi, celui de la cuisine traditionnelle Washoku. En me focalisant sur l'esthétique de la présentation, sur la notion de saisonnalité, je retrouve la joie de la création d'œuvres uniques comme estime. De nouvelles perspectives s'ouvrent, le champ des possibles me paraît infini, bordé par un cadre hérité. d'une sagesse lointaine. Je m'amuse à nouveau et je commence à partager le résultat de mes créations à ma table d'outes. Aujourd'hui, après une quinzaine d'années à régaler à mon comptoir, un nouveau volet s'ouvre, la transmission de ce savoir accumulée. Des conférences et des ateliers pratiques sont proposé à ceux qui ont le désir de cuisiner en conscience. Les informations concernant ce programme sont diffusées sur ma page Facebook et sur mon compte Instagram. Aurez-vous la curiosité de venir nous rejoindre ? Un nouvel épisode des Petites Histoires de Michelle vous attend tous les mardis. Pensez à vous abonner à ma newsletter pour continuer. de voyager au Japon avec moi.