Speaker #0Bienvenue dans les petites histoires de Michelle, un podcast dans lequel je raconte mon exploration de la cuisine japonaise. Cet art ultime de bien manger que j'ai à cœur de transmettre aujourd'hui est la synthèse entre mes pratiques d'artiste, de jardinière et de cuisinière. Il s'adresse aux amoureux du Japon aux gourmets de tous bords et aux cuisiniers soucieux de préparer une cuisine saine, savoureuse et créative, qui nourrit aussi bien le corps que l'esprit. Vous y trouverez des récits de voyages et des témoignages d'expériences qui ont fait sens dans mon parcours. J'y délivre également, au-delà des recettes, les principes qui sous-tendent la cuisine japonaise. Nous ferons des visites dans le jardin, source d'émerveillement et d'abondance, et nous prêterons l'oreille à des personnes qui ont contribué à enrichir mon parcours dans l'oasis nippone que je me suis créée. Belle écoute à vous ! Avant de commencer, j'ai envie de vous préciser une chose. L'histoire que vous allez entendre aujourd'hui sort un peu du cadre habituel de cette émission. D'habitude... Ici, on parle de cuisine japonaise, de goût, de gestes, de saisons. On parle aussi parfois du jardin, du vivant, de ce qui pousse, de ce qui se transforme. Encore de voyages au Japon, bien sûr. Et aujourd'hui, eh bien, on va prendre un petit détour. J'ai eu envie d'ouvrir une parenthèse, une respiration, une diversion. assumés dans le fil des épisodes. Je vous propose ce que j'appelle des petites histoires de Michel, des histoires qui ne parlent pas directement de recettes mais qui parlent de liens, d'animaux, de voisinages, de territoires et de ces choses étranges et très concrètes à la fois qui font la trame de nos vies. Ces histoires sont nées ici. à l'escalier à brumate. Elles circulent comme ça, de bouche à oreille, entre jardin, maison, animaux. Et j'avais envie de les déposer ici, au micro. Alors prenez ça comme une digression, un pas de côté, une petite dérive volontaire. On reprendra le fil habituel de l'émission. juste après quelques histoires d'animaux qui font partie de ma vie. Mais pour l'instant, je vous invite à écouter une histoire de tortue pour commencer. Ma voisine Nadia a un contact absolument incroyable avec les animaux, vraiment. Avec mes poules, qu'elle garde quand je pars longtemps, et même quand je suis là, tant elle a créé du lien avec elle. Avec les Ausha qui souhaitent mon renier et qu'elle nourrit chez moi. Avec les hérissons de mon jardin lorsqu'ils ne trouvent plus rien à manger en hiver. Et avec ses propres animaux aussi. Un lapin d'appartement et des tortues. Un jour, ma sœur Simone doit partir loin et longtemps. Elle cherche quelqu'un pour garder sa tortue. Et moi, je me dis, mais bien sûr, Nadia. Je lui demande. Évidemment, elle dit oui. Je m'en occupe. Tout le monde est rassuré. Ma sœur part tranquille. Et puis, un jour, Nadia débarque chez moi, affoulée. « Michel, Michel, la tortue de ta sœur, elle s'est barrée. Je ne la retrouve plus. » Panique totale. Je l'accompagne chez elle pour l'aider à chercher. Et quand j'arrive sur leur terrain, je me dis immédiatement On ne la retrouvera jamais. Le terrain est très sauvage, plein de végétation, plein de limaces. On cherche, on cherche. Et plus on cherche, plus je me dis, là, il faudrait élaborer tout le jardin pour espérer la retrouver. Et tout à coup, j'ai un réflexe, un vieux réflexe. Je pense à mon pendule. Un pendule que j'utilisais à l'époque pour retrouver mon chien. Un Ausha, un mal alpha, fugueur professionnelle. Je pendulais sur le plan de la ville et j'envoyais mon mari ou mes enfants dans la bonne direction pour le récupérer rapidement. Alors je rentre chez moi chercher le pendule et je me dis « Bon, comment je fais là ? » Je reviens sur le terrain, je me poste à un endroit au hasard et je pose la question « Est-ce que la tortue est dans un cercle d'un mètre autour de moi ? » Le pendule répond « Non » . Je bouge de deux mètres, je repose la même question « Non » . Je rebouge encore. Et là, le pendule dit « Oui » . Je regarde Nadia et je lui dis simplement Elle est là et je m'en vais, je pars. Je ne veux rien voir, je ne veux rien savoir. Une bonne demi-heure plus tard, Nadia arrive en courant. « Michel, Michel, je l'ai retrouvé ! » Je lui demande « Mais où ? » Elle me répond « Ben, là où tu m'as dit ! » Incroyable ! La tortue s'était enfouie sous terre. On ne l'aurait jamais retrouvée sans ça. Voilà pour ma première histoire de tortue. Un an plus tard, Nadia m'appelle à nouveau. « Michel, est-ce que tu peux prendre ton pendule ? » Une de nos tortues s'est sauvée. Je prends le pendule. J'applique exactement la même stratégie que la première fois, mais là, rien. Je bouge de deux mètres en deux mètres. Je pose la question rituelle. Que des noms ! Au pied d'un mur, je tente autre chose. Je demande au pendule. Montre-moi la direction où est la tortue. Le pendule oscille en diagonale, clairement. Et ça pointe loin, très loin, bien au-delà du mur. Là, je lâche l'affaire. Je rentre chez moi. On ne retrouve pas la tortue. On passe une nuit triste là-dessus. Nadia, Thierry et moi, on baisse les bras. Le lendemain matin, coup de fil, c'est Claude, un voisin d'une rue plus bas. Claude me fume chaque année du saumon absolument merveilleux. Il me dit « Dis donc, je viens de retrouver une tortue chez moi, sous une palette que je voulais déplacer. » Et il a pensé à m'appeler parce que je lui avais raconté bien avant l'histoire de la tortue retrouvée grâce au pendule. Claude, auparavant, m'avait lui-même raconté une histoire incroyable, celle de ses deux chiens. Un artisan était passé chez lui. Claude lui avait bien dit « Surtout, claque bien le portail en partant ! » Évidemment, le portail n'a pas été claqué. Les chiens se sont sauvés. Avec son épouse, ils sillonnent la ville. Ils finissent par croiser l'un des deux chiens qui revenait tranquillement vers la maison depuis la gare de Brumate. Et plus tard, dans la journée, une amie les appelle. Elle avait entendu à la radio qu'un chien avait été retrouvé sortant d'un train à la gare de Strasbourg. C'est comme ça qu'ils ont récupéré le deuxième chien. Quand Claude découvre la tortue sous sa palette, il repense à tout ça et à mon histoire de pendule. Je vais chez lui, je récupère la tortue et je la ramène à Nadia et Thierry. Et la très grande joie des retrouvailles, vous imaginez bien. La maison de Claude se trouve exactement dans la direction à voile d'oiseau indiquée par mon pendule, à une très grande distance, traversant plusieurs propriétés en diagonale parfaite. Alors je me dis que parfois, les animaux, les chemins... Les pendules et les histoires de voisins se parlent bien mieux qu'on ne l'imagine. Voilà, c'était les histoires de tortues à l'escalier abrumant. Un nouvel épisode des petites histoires de Michelle vous attend tous les mardis. Pensez à vous abonner à ma newsletter pour continuer de voyager au Japon avec moi.