Speaker #0Bienvenue dans les petites histoires de Michelle, un podcast dans lequel je raconte mon exploration de la cuisine japonaise. Cet art ultime de bien manger que j'ai à cœur de transmettre aujourd'hui est la synthèse entre mes pratiques d'artiste, de jardinière et de cuisinière. Il s'adresse aux amoureux du Japon. aux gourmets de tous bords et aux cuisiniers soucieux de préparer une cuisine saine, savoureuse et créative, qui nourrit aussi bien le corps que l'esprit. Vous y trouverez des récits de voyages et des témoignages d'expériences qui ont fait sens dans mon parcours. J'y délivre également, au-delà des recettes, les principes qui sous-tendent la cuisine japonaise. Nous ferons des visites dans le jardin, source d'émerveillement et d'abondance, et nous prêterons l'oreille à des personnes qui ont contribué à enrichir mon parcours dans l'oasis nippone que je me suis créée. Belle écoute à vous ! Je vous conte une dernière histoire d'animaux, toute récente, avant de reprendre la direction du Japon et de sa cuisine. C'est une incroyable histoire de chat. A l'escalier, chez moi à Brumath, j'ai un grand hangar avec un grenier accessible par un escalier métallique. C'est un refuge un peu magique pour des chats qui viennent de tous côtés. Il y a en ce moment un petit chat noir, sauvage et farouche, qui me fait beaucoup penser à Félina. une chatte qui avait des maîtres au bout de la rue mais qui avait choisi de se réfugier chez moi je l'ai adoptée elle m'a accompagnée pendant quelques années enfin c'est plutôt moi qui l'ai accompagnée jusqu'à sa fin. Ce nouveau chat noir guette Nadia la mère nourricière chaque soir à huit heures en haut du grand escalier extérieur qui a donné son nom au site. Fidèle au rendez-vous, il la précède sur le trajet vers le grenier du hangar, mais ne se laisse pas approcher. Il y a aussi un chat tigré, sans doute celui des voisins, qui a choisi de vivre dans mon grand jardin, au milieu des poules. Et puis, il y a un petit chat noir et blanc. Assez sale, il doit traîner dehors en permanence. De temps en temps, je le vois installé sur les traverses de chemin de fer qui servent de clôture. Il me regarde, je le regarde, je lui adresse quelques mots et chacun repart de son côté. Puis arrive un nouveau chat, noir et blanc lui aussi, mais beaucoup moins sauvage. Un soir, Nadia, ma voisine qui veille sur les animaux du lieu, quand je suis là et surtout quand je ne suis pas là, vient me voir affolée. « Michelle, s'il te plaît, ouvre-moi l'atelier. » J'entends un chat miauler à l'intérieur. Il s'est manifesté quand il a entendu mes pas sur le gravier de l'allée. On ouvre. Et là, on découvre que c'est ce petit chat noir et blanc présent. depuis quelques jours. Il a réussi à pénétrer au-dessus du faux plafond, décrochant au passage de grandes dalles pour venir atterrir un étage plus bas. Comment il est entré là ? Mystère ! Pourtant, on avait bouché tous les trous pour éviter que des animaux ne circulent à cet endroit. On finit par le récupérer. Il miaule. tout content et retourne se blottir dans l'abri douillet que Nadia a construit dans le hangar pour chats sans domicile fixe. Nadia finit par se dire que ce chat n'est pas un chat errant, il doit appartenir à quelqu'un. Elle décide de l'emmener à la SPA. Elle le piège délicatement dans une caisse et part à la SPA la plus proche. Là-bas, ils lisent la puce. Et là, surprise totale, le chat a été pucé en Martinique. Il a 4 ans et s'appelle Henri. L'adresse actuelle connue des propriétaires est à Strasbourg. La SPA les contacte. On attend de savoir s'ils sont joignables, ce qui va se passer. Je n'ai plus de nouvelles. Un jour, je me dis... Et si j'en demandais au pendule ? Je nettoie bien mon pendule et lui pose la question. Est-ce que ce chat a retrouvé ses maîtres ? Le pendule me répond « Oui » . Alors j'appelle Nadia et elle me raconte. Oui, il a bien retrouvé ses maîtres. Sauf que le chat est à nouveau chez toi, dans le hangar. Visiblement, ce chat n'est pas bien chez lui. Impossible de contacter ses maîtres, qui apparemment habitent actuellement à Brumath, dans mon quartier probablement. La SPA n'a rien dévoilé. Un soir, à 20h, Nadia sonne à ma porte avec Henri dans les bras. « Michelle ! Henri n'arrête pas d'arpenter devant ta porte et de miauler, comme s'il voulait entrer dans la maison. Il doit avoir trop froid dans le hangar. » Malgré les bouillottes que je lui porte tous les soirs, est-ce que tu veux bien le garder au chaud ? Je ressors la litière de Félina, lui prépare un panier douillet et lui propose de quoi manger et boire. Il se frotte contre moi, accepte quelques caresses et explore timidement autour de lui. Nadia, son repère familier, s'en va et me laisse. avec un Henri plutôt déboussoulé. Il a peur de tout. Du bruit que fait la porte de ma terrasse, quand les aimants la ferment, des sons de mes appareils électriques, de l'eau qui coule, de la vaisselle qui s'entrechaîne. Il a trouvé une planque dans la maison. Même moi, je n'ai pas réussi à le retrouver. Après une nuit passée à l'intérieur, Il saisit la première ouverture de porte pour s'échapper et retourner dans le hangar. Pendant plusieurs jours, Nadia vient me le ramener, chaque soir, à l'intérieur, au chaud. Au début, elle le portait, puis il a fini par la suivre entre autant derrière elle. Je lui envoie des textos pour la tenir au courant de l'évolution. Vendredi J'ai eu droit à un ronron. J'ai ouvert la porte deux fois pour déposer des trucs à l'extérieur et il n'a pas fait mine de vouloir s'enfuir. Il explore encore pendant que je vis ma vie. Samedi. Ce matin, je l'ai vu passer en vitesse et filer se cacher. Il a une planque sous mon bureau. Visiblement, il veut rester à l'intérieur. La gamelle était vide quand je me suis levée. Et il a utilisé la litière. Dimanche. Ce matin, il était caché dans mon placard de salle de bain. Je ne sais pas comment il a fait pour y entrer. Ce n'est pas moi qui l'ai enfermé. La preuve, c'est qu'il a voyagé pendant la nuit. J'ai vu qu'il a lapé un reste de soupe dans une casserole, soupe qu'il a d'ailleurs vomi. C'est ce qui a trahi sa cachette. Il est sorti au jardin. à 11h, mais ne revient pas. Lundi matin, il est enfin sorti de sa niche. Il mange après une grosse séance de câlins. J'ai ouvert la porte pour lui montrer qu'il peut sortir, mais apparemment, c'est pas vraiment une nécessité. Il est gentiment resté sur le seuil. Petit tour sur la terrasse et vite retour à l'intérieur. Lundi soir, Ça y est, cette fois-ci, il est vraiment sorti. Je verrai s'il trouve le chemin pour revenir. Plus tard. Henri est sorti depuis un moment. Je crois qu'il n'ose pas rentrer. Il s'effraye chaque fois que j'ouvre la porte de la terrasse et il repart. Mardi, c'est Nadia qui vient aux nouvelles. Est-ce que tout va bien Michelle avec Henri ? Trouve-t-il ses repères ? Est-il calin ? Ma réponse. Oh que oui, il est calin. Il se couche carrément sur mon bureau. pour se faire caresser pendant que je travaille à l'ordinateur. Mais j'ai l'impression que ce chat n'a pas vraiment décidé de rester chez moi, même s'il est sympa. La précédente chatte voulait vraiment être là. Elle a testé rentrer-sortir et se comportait totalement différemment. J'avais un tout autre feeling avec elle. Elle m'avait choisi. Lui, je ne sais pas s'il a vraiment envie de rester ici. On va voir ce soir comment ça se passe. S'il est retourné dans le hangar ou pas, s'il miaule pour rentrer. Je me suis demandé s'il ne retourne pas voir ses maîtres de temps en temps. Mercredi. Henri a demandé à sortir. Peu après, il était à nouveau devant la porte de la terrasse. mais il est reparti quand je l'ai ouverte le frossard... Tu peux éventuellement le ramener tant qu'il y a de la lumière chez moi. Nadia l'a effectivement trouvé dans son refuge au grenier du hangar elle l'a pris dans ses bras et l'a rapportée dans la maison jeudi pour henri même scénario que les jours précédents Tu devrais le retrouver là-haut. Il est sorti à douze heures. Tu peux me le ramener ou lui faire des bouillottes. C'est toi qui vois. Je suis là ce soir. Miracle ! Il vient de miauler à ma porte peu de temps après mon premier message. J'ai pris la précaution d'entrebailler la porte pour qu'il ne s'effraye pas au bruit de l'ouverture. Il a tout de même fait mine de se sauver. mais semblait surpris de ne pas entendre le bruit, alors il s'est précipité à l'intérieur. Vendredi. Tout se passe bien aujourd'hui avec Henri. Il est sorti à 10 heures après avoir longuement attendu et il est revenu assez vite. Plus tard, il est resté debout devant la porte ouverte, mais a hésité à sortir sous la pluie. Il a une cachette chez moi. Je suis parti deux fois dans la journée et à chaque fois, à mon retour, je ne le retrouve pas. Et le dernier message, samedi. Henri est sorti en début d'après-midi après beaucoup d'hésitation. Il n'est pas revenu malgré la porte de la terrasse entreouverte et mes appels en bas de l'escalier du hangar. Le coquin il vient de rentrer au moment où je veux t'envoyer le message.
Moi qui croyais qu'il était bête plaintif et peureux je le vois s'approprier les lieux de jour en jour oui il craint les sombres effets forts le bruit de la vaisselle qui s'entrechoque le claquement de la porte de la véranda lorsque les aimants la referma part se cacher lorsque je secoue les serviettes de bain pour les assouplir avant de les plier. Il fuit aussi lorsque je sors mon balai ou le mécanisme pour le balayage humide. A-t-il été menacé avec ses outils ? Le matin, exactement au moment même où j'ouvre les yeux, je l'entends miauler devant ma porte de chambre à coucher. Normalement, je dors avec la porte ouverte. que ma chambre sans chauffage soit tempérée. Mais là, je la ferme, pour éviter qu'il ne vienne me déranger la nuit comme le faisait Félina. Elle sautait sur ma couette à 4h du matin pour que je lui ouvre la fenêtre d'où elle sautait sur la terrasse. Henri commence à m'accompagner à la cave où je cherche les bûches pour mon poêle. Il en découvre les recoins dont il ressort avec des toiles d'araignée sur le bout du museau. Il s'est approprié le plaid orange que j'ai posé pour lui sur le canapé de la bibliothèque. Le plaid est déjà marqué par les poils qu'il perd. Il a pris l'habitude de sauter sur le tabouret de bar où je suis installée pour consulter mon iPad, prendre mes repas, écrire ou dessiner dans mes carnets. Il se love tout contre moi dans le minuscule espace restant. Dans mon bureau, il a un fauteuil à côté du mien où il s'installe près de moi. Je lui ai dédié cet emplacements pour l'empêcher de grimper sur le bureau, poser sa tête sur ma main lorsque je manipule la souris. Il aime le poisson, apprécie les sardines et le foie de morue et raffole du dashi qu'il réclame plusieurs fois par jour. Il lèche la gelée des pochons achetés et laisse de côté les bouchées. Il sort de plus en plus souvent et revient assez vite. J'ai remarqué qu'il n'utilise plus la litière depuis quelques jours. Au début, je la nettoyais quotidiennement, ce que je n'ai plus à faire. Préfère-t-il faire ses besoins à l'extérieur, maintenant qu'il s'enhardit ? Ou alors, il se peut aussi qu'il n'aime pas les nouveaux granulés dont je l'ai garnie. Un après-midi lumineux, j'ai mis mes habits de jardinière. Un vieux jogging tout limé, un anorak déclassé, ma trousse ceinture avec les sécateurs et autres outils. Quand je suis revenue dans la maison, Henri a pris peur et a fui. Il ne m'a pas reconnue avec ma nouvelle tenue et mon bonnet sur la tête. Je me suis accroupie, lui ai parlé doucement, l'ai laissé se frotter contre tous ses nouveaux objets et renifler mes mains pour faire le lien entre les nouveautés et ce qu'il connaît déjà. Petit à petit en très peu de temps finalement nous nous sommes apprivoisés mutuellement un gros virage dans ma vie de solitaire je prends des égards pour lui fais des efforts pour éviter des sons trop forts des gestes brusques j'ai allumé une alerte dans mon cerveau pour détecter quand il veut sortir ou rentrer à nouveau. Un gros changement dans cette année 1, déjà chargée en bouleversements avec le départ de ma sœur. Je me sens plus dynamique depuis qu'il est arrivé, grâce à sa présence, bien que discrète, qui anime ma maison après tant de tristesse. Un nouvel épisode des petites histoires de Michelle vous attend tous les mardis. Pensez à vous abonner à ma newsletter pour continuer de voyager au Japon avec moi.