Speaker #0Bienvenue dans les petites histoires de Michel, un podcast dans lequel je raconte mon exploration de la cuisine japonaise. Cet art ultime de bien manger que j'ai à cœur de transmettre fait la synthèse entre mes pratiques d'artiste, de jardinière et de cuisinière. Il s'adresse aux amoureux du Japon, aux gourmets de tous bords et aux cuisiniers soucieux de préparer une cuisine saine, savoureuse, créative, qui nourrit aussi bien le corps que l'esprit. Vous y trouverez des récits de voyage et d'anecdotes qui ont fait sens dans mon parcours. J'y délivre également, au-delà des recettes, les principes qui sous-tendent la cuisine japonaise. Nous ferons des incursions dans le jardin, source d'émerveillement et d'abondance, et nous prêterons l'oreille à des personnes qui ont contribué à enrichir mon parcours dans l'oasis nippone que je me suis créée. Belle écoute à vous ! Dans l'épisode précédent des petites histoires de Michel, intitulé Macrobiotique Kezako, je parlais de l'acquisition de trois livres portant sur la Je dévore ces trois livres nouvellement acquis. Ils développent l'approche Yin-Yang des phénomènes et se focalisent sur l'art de se nourrir avec cet éclairage. J'y apprends que tout est énergie, que chaque aliment a une énergie spécifique et que l'art de se nourrir, c'est d'harmoniser les deux forces contraires, Yin et Yang, dans notre assiette. Nous devenons ce que nous mangeons. Si nous mangeons beaucoup de nourriture yang, c'est-à-dire des produits dominés par la force de contraction, de concentration, nous devenons yang. Inversement, si nous consommons beaucoup de produits yin, nous nous dispersons. En sélectionnant et préparant notre nourriture selon ces critères, nous pouvons orienter notre corps. notre vie dans la direction que nous souhaitons ce que je découvre me passionne et m'effraye en même temps tout me paraissait tellement logique tellement évident que je ne pouvais qu'y adhérer Mais ces connaissances nouvelles ont aussi éveillé des craintes, dont celle de plonger dans un système marginalisant. Alors, pour y voir plus clair, il me fallait rencontrer des personnes qui pratiquent cette manière de se nourrir. Je décide de frapper à la porte d'un magasin bio près de mon lieu de travail et de commencer mon enquête. le gérant de la boutique me répond que lui-même a adopté cette orientation alimentaire et qu'il s'en porte bien ouf voilà de quoi me rassurer je vais pouvoir parler à quelqu'un poser des questions la discussion s'engage il m'annonce qu'il tient une table d'hôte et que je pouvais me familiariser avec des repas macrobiotiques en venant manger chez lui voilà une perspective qui m'arrange bien pour commencer mon apprentissage comme il avait des compétences en diagnostic iridologique il me propose d'établir un bilan de mon état de santé après examen il m'annonce que j'ai un gros problème aux intestins je reste dubitative il suggère alors un examen de la voûte plantaire là j'étais en terrain plus familier parce que je connaissais la charte de la plante des pieds j'avais quelques planches détaillées soigneusement rangées dans un dossier mais qu'en fait je ne consultais que rarement je lui avance mon pied et il commence à appuyer sur différents points Sur l'un de ces points, j'ai tellement mal que je hurle et lui ordonne d'arrêter, d'arrêter tout de suite. Je le connaissais, ce point. Il se manifestait chaque fois que je palpais mes bouts de plantaire, mais dans un déni complet. Je me disais Mais pourquoi ça me fait mal ici, puisque je n'ai rien ? Là, venant de quelqu'un d'extérieur, la vérité brute est tombée. j'avais un gros problème et ce problème je ne voulais surtout pas le regarder en face en effet quelques mois auparavant je voyais avec effroi apparaître du sang dans la cuvette des wc de jour en jour le constat s'amplifiait la peur aussi avant chaque passage dans mes toilettes J'ai fini par me dire Si ça s'arrête, c'est que ce n'est pas grave et si ça continue, j'irai consulter. J'espérais bien entendu que ça s'arrête pour classer le problème et pouvoir continuer à faire l'autruche. Et ça a fini par s'arrêter. Au moment des congés scolaires, j'étais en vacances, le changement de rythme, l'allègement de la pression quotidienne y ont certainement contribué. Le symptôme a été mis aux oubliettes. Et voilà qu'on vient brutalement réveiller l'affaire et me mettre face au réel. Là, je ne pouvais plus esquiver. La douleur au pied, je ne pouvais plus la nier. m cavanduli rajoute qu'il ne me laisserait pas sortir de chez lui sans que j'aie pris rendez-vous avec un spécialiste il voulait bien sûr assurer ses arrières d'une part et aussi veiller à ce que je prenne enfin soin de moi Le rendez-vous est pris et je fais trois jours de quasi-jeune pour préparer mon colon à l'examen radiologique. L'examen a lieu et le constat médical est alarmant. J'accuse le choc et je prends ma décision. Ok, c'est grave, mais j'ai les moyens de m'en sortir et je fais le pari de guérir par l'alimentation. virage à cent quatre-vingts je lâche la cuisine de ma mère et me lance dans l'expérience de la Et pour commencer mon premier repas, je vais le prendre à la table d'hôte de M. Cavandoli. Ce que j'y ai mangé avait le même goût qu'une soupe que ma mère m'avait proposée après un épisode de maladie infantile qui m'avait bien secoué. Le goût inoubliable d'une soupe de guérison. je fais ainsi mes premiers pas dans l'art culinaire japonais je devrais plutôt dire dans l'une de ces facettes car elles sont multiples entre la cuisine populaire la cuisine de rue la cuisine des izakayas la cuisine des restaurants la cuisine des moines et celle des grands chefs la grande aventure commence