- Speaker #0
On grandit, on fait semblant, on dit ça va, on fit devant, on a des mots compliqués.
- Speaker #1
Et si les vêtements de ta mamie pouvaient se transformer en les plus beaux habits du monde ? La question se pose. Aujourd'hui, mon invitée fait quelque chose d'assez particulier. Je trouve ça très original d'ailleurs. Elle prend des vieux tissus, des morceaux d'histoire, un tissu qui raconte déjà quelque chose. Elle transforme ça en création originale, unique, dont je suis très fan d'ailleurs. On va parler aujourd'hui de style, de mode, pourquoi pas, de grandes marques également. On va aussi parler de couture, mais pas que. On va certainement parler aussi de tissu qui raconte l'histoire. Mais bon, on va aller en profondeur dans tout ça. Toujours est-il, c'est bienvenue dans G7 en Explique-moi ton métier. J'ai l'immense plaisir d'accueillir Cassandra. Cassandra, tu es couturier, créatrice, mais pas que. On va développer tout ça un peu plus tard. Je tiens à préciser quand même que je blague un peu, mais ce qui est logique, vous savez maintenant pourquoi. Mais c'est toujours pas simple quand on fait l'intro, mais ça fait partie du jeu, on va dire.
- Speaker #0
J'ai 7 ans, explique-moi ton métier. Avec tes mots,
- Speaker #1
ton cœur peut toucher. J'ai 7 ans, explique-moi ton métier. Comment va-tu aujourd'hui,kassandra ? Ça va, merci de m'accueillir. Ça va, ça va. Ça va ? Ouais. Bon, on est parti alors. Première question. Un truc relativement simple. Imaginons que j'ai 7 ans. Je te pose une question. C'est quoi ton métier ? Peux-tu me répondre à ça en une phrase, s'il te plaît ?
- Speaker #0
Mon métier, c'est créatrice de mode. Donc, j'imagine, je réfléchis sur la création des vêtements que tu peux porter.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Voilà. Donc, depuis l'idée qui germe dans la tête jusqu'à la réalisation physique. du vêtement que tu portes.
- Speaker #1
Ok, très bien. Toujours face à toi, cet enfant de 7 ans, il rentre dans ton atelier et la première chose qu'il voit, c'est quoi ?
- Speaker #0
Le bazar. Le désordre. Parce que j'en mets partout. Je pense que la créativité fait que tu t'éparpilles aussi. Donc ouais, je pense que le bazar et puis au milieu de tout ça, des tissus et une machine à coudre.
- Speaker #1
Ok, très bien. C'est quoi le préjugé qu'on pourrait avoir à ce que tu fais ? Ton métier, ta créativité ?
- Speaker #0
Que je passe mon temps derrière ma machine à coudre. Je pense que c'est un des premiers préjugés qu'on peut avoir. Le deuxième peut-être aussi, c'est le petit côté... Alors ça dépend. Peut-être le petit côté artisanal. Donc petite créatrice dans son atelier à faire des petites choses. Ou de l'autre côté, si on te prend pour une vraie marque, de te dire non, mais c'est une marque un peu élitiste, elle est dans son monde, tout ça. Je dirais qu'il y a deux visions qu'on peut avoir.
- Speaker #1
OK, on va développer un peu du coup le côté marque élitiste.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu fais ? C'est quoi une marque élitiste pour toi ?
- Speaker #0
Pour moi, c'est... On en parle beaucoup aujourd'hui dans le secteur de la mode, souvent pendant la Fashion Week, là qui se termine tout juste. C'est le fait... qu'une marque reste, on est un peu dans son entre-soi, donc on est parmi les mêmes personnes. Et on va éviter d'ouvrir ce secteur-là à d'autres personnes qui seraient intéressées, qui n'ont peut-être pas des privilèges financiers ou sociaux, de faire partie d'une famille d'eux, ou d'avoir assez d'argent pour en faire partie.
- Speaker #1
Ok. Avant de creuser un peu plus, c'est quoi ta journée de travail ? À quoi elle ressemble ?
- Speaker #0
Ma journée de travail, elle commence... par ouvrir mon ordinateur portable, vérifier mes mails, vérifier mon calendrier éditorial, savoir quelles communications je dois mettre en place aujourd'hui, est-ce que j'ai préparé mon poste à faire sur Instagram, sur les autres réseaux sociaux. Quand je suis dans la préparation d'une nouvelle collection, je prépare les pièces, je les découpe une à une pour pouvoir les apporter dans un atelier de confection par la suite. et après le reste de la journée je dirais que ça se on change de casquette toute la journée donc il y a la créatrice, il y a celle qui découpe il y a celle qui fait la communication,
- Speaker #1
il y a celle qui fait la logistique parfois quand il y a des colis à envoyer alors ton identité c'est donc de récupérer pas forcément du vieux tissu parce que c'est un peu péjoratif quelque part de dire vieux tissu Mais en même temps, ça a quand même son charme, le fait de dire que ça a dû vécu. Quand on dit vieux, ça a forcément dû vécu. Et comment tu trouves ces tissus-là ? Et quand on découvre, il se passe quoi ?
- Speaker #0
Moi j'ai beaucoup d'imagination quand je les vois. De toute façon quand je vais chercher ces tissus-là, je vais chiner dans des émaus, dans des ressourceries, parfois chez des particuliers. Le choix du tissu se fait à l'esthétique, aux couleurs, aux motifs qu'il représente. Parfois j'ai la chance de savoir d'où il vient, quelle était son utilisation avant que je le retrouve. Parfois je ne l'ai pas, donc j'essaie de faire mes recherches sur internet. Et c'est drôle de savoir la vie qu'il a vécue avant, d'imaginer aussi cette vie-là, de se dire peut-être que ça faisait partie d'un linge de famille qui a été transmis de génération en génération, ou en fait, ça faisait partie des rideaux dans un salle, chez des grands-parents. Donc, il y a beaucoup d'imagination quand j'arrive devant un tissu.
- Speaker #1
Et est-ce que tu as découvert un tissu sur lequel... T'es littéralement tombée sur le charme.
- Speaker #0
Celui que tu portes aujourd'hui. Le fleuri. Celui-là, je trouve qu'il y a une esthétique qui est très particulière. C'est un coton qui est texturé. Les fleurs sont... Il y a un esprit baroque mais en même temps très végétal. Ça fait partie d'un des tissus qui m'a marquée. Il y en a un autre aussi. Très vintage, un peu disco, dans les tons orangés qui me suivent. Il m'en reste parce que je n'ai pas envie de le finir. Tu veux le garder vraiment ? Oui, c'est compliqué parfois de les laisser partir et de se dire « Ah, je l'ai fini et il faut que je passe à autre chose. »
- Speaker #1
Tu évoquais tout à l'heure le fait que du coup, quand tu découvres un tissu, tu as beaucoup d'imagination et tu sais plus ou moins déjà à quoi ce tissu sera destiné. Et là, tu évoques le fait que du coup, il y a certains tissus où justement tu... Tu le préserves quelque part, à garder sous le coude. C'est quoi ce choix cornelien et comment tu fais face à ça ?
- Speaker #0
Alors, au début de la marque, mes créations, je les faisais vraiment au fil de l'eau. Le tissu, il arrive, je l'ai trouvé. Il n'y avait pas forcément d'association dans les collections. On appelait ça même des drops, parce que c'est vraiment des toutes petites capsules de vêtements qui sortent. qui sortaient régulièrement tous les mois. Et au fur et à mesure, je voulais vraiment créer des collections qui parlent, avec des créations à l'intérieur qui soient liées entre elles pour qu'il y ait une histoire qu'elles communiquent ensemble. Donc c'est vrai qu'aujourd'hui, quand je vais chercher mes tissus, j'essaye justement de penser à ça, de savoir comment il va être lié avec d'autres tissus. Le choix cornélien, je me fais violence. Voilà, tout simplement. Parce que c'est peut-être aussi égoïste de ma part de le garder que pour moi. Et je me dis qu'il pourrait plaire à d'autres personnes.
- Speaker #1
Ma question, du coup, c'est, tu fais ce choix de tissu, tu as une idée en tête, tu te projettes. Et à un moment donné, ça ne matche pas.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui se passe ?
- Speaker #0
C'est arrivé. Je mets de côté pour le moment. je préfère pas m'obstiner sur une création qui ne me parle pas ou plus je la mets de côté et j'y reviens plus tard j'essaie de réutiliser les tissus par la suite c'est le cas sur la prochaine collection par exemple j'ai fait des tests sur un tissu ça ne rend absolument pas ce que j'avais imaginé donc pour le moment voilà il est en stand-by et combien de temps tu crées un vêtement ? un vêtement une chemise comme ça je dirais Merci. 3h30-4h.
- Speaker #1
C'est vite. Je ne me rends pas compte en tout cas. Avec mes yeux d'enfant de 7 ans.
- Speaker #0
C'est rapide. Parce que ça fait presque 10 ans que je couds. Et que les chemises, je les fais à la chaîne maintenant.
- Speaker #1
Et on a squeezé un peu cette question. On est parti un peu vite. Mais qu'est-ce qui t'a amené à faire ce travail-là ? De t'orienter dans la couture. De choisir ce style de... tissu pour ce style de vêtements ?
- Speaker #0
Je suis passionnée de mode depuis que je suis enfant. Je pense que c'est peut-être un des premiers métiers que je voulais faire quand j'étais petite. Et comme je le disais au début, en fait, c'est quand même un monde assez éguitiste, donc l'accès aux études est un peu compliqué, donc j'ai un peu contourné ça. J'ai fait des stages dans des marques de vêtements et sur mes... Mon choix d'études par la suite, je l'ai mis de côté également. Et je suis revenue un petit peu à la mode par la couture. Parce que je ne savais pas du tout. Ma grand-mère maternelle a dû m'apprendre à faire des boutons. Et du coup, je me suis dit, bon, ce serait quand même bien de faire ces vêtements. Je suis petite, donc pour le coup, moi, je me retrouve toujours avec des vêtements qui sont beaucoup trop grands pour moi, où j'ai besoin de faire des brefs. Il y a toujours besoin de faire des rectifications. Donc, je me suis dit, ce serait cool d'avoir ces vêtements-là qui sont faits pour moi. Et au fur et à mesure, je ne sais pas, je me suis dit, ce serait peut-être cool d'y revenir. Je pense que le déclic, c'était quand j'ai vidé la maison de mes grands-parents paternels. Il y avait plein de tissus qui restaient chez eux, dans les placards. J'ai grandi avec et je n'ai jamais fait attention à ces tissus-là. Et il y avait une paire de rideaux dans le salon. Sur le moment, je me suis dit, waouh, c'est beau. Et je les ai laissés. Il y a toujours ce petit truc de me dire, ah, j'aurais dû les prendre. Et c'est un peu ce que je me dis, en fait, avec les tissus que je chine aujourd'hui. Je n'ai pas envie de les laisser. Ils méritent une seconde vie, en fait. Parce que je sais que ces rideaux-là, je suis sûre que les nouvelles personnes dans la maison paraissent utiles. Donc, elles méritent de pouvoir avoir une deuxième vie, voire une troisième vie. Et oui, au fur et à mesure, l'idée de la marque de vêtements est venue. assez rapidement. Et une idée de marque de vêtements pour l'homme et pour la femme, c'était plus une évidence parce que d'avoir des modèles assez intemporels, pas genrés, c'était assez important pour moi. Voilà.
- Speaker #1
C'est clair. Question technique. Est-ce que les tissus de l'époque sont plus qualitatifs que ceux d'aujourd'hui ?
- Speaker #0
Clairement. Je le vois. Le coton, souvent, c'est des draps que je chine. Les draps blancs, tu le sens juste sur le point, en fait.
- Speaker #1
Au toucher, au ressenti, ce n'est pas du tout...
- Speaker #0
Rien que ça, tu vois que c'est qualitatif. Je sais qu'il y en a qui ont des trous, mais en fait, je me dis, vu l'âge qu'ils ont, c'est logique. Et je pense qu'il a fallu un certain temps d'utilisation pour que ces trous arrivent.
- Speaker #1
Il est vrai que moi, les premières fois où j'ai vu tes créations, encore plus quand je les ai portées, on a forcément un souvenir, une connotation dans notre tête quand on voit ces tissus-là, quand on voit ces motifs qui sont déstabilisants parce qu'on s'imagine soit un canapé, soit un rideau, soit un tissu d'ameublement et au final, les feux de les voir en tenue... C'est un peu déroutant, mais en même temps, j'adore. Donc du coup, pour ça, cette question, c'est qu'est-ce que les gens te disent quand ils voient tes créations ?
- Speaker #0
J'adore.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Souvent, c'est ça. J'aime trop ce que tu fais. Après, les gens qui me font ces retours-là, c'est des gens que je côtoie. Je sais que c'est aussi des personnes qui ne vont pas porter ces créations-là parce que c'est très... Elles sont très originales. Après, pour les gens que je ne côtoie pas, j'ai eu beaucoup de messages sur Insta de personnes qui m'ont dit que j'adore tes créations, que tu es trop belle. J'ai beaucoup de compliments.
- Speaker #1
C'est cool. C'est gratifiant.
- Speaker #0
Oui, de vous.
- Speaker #1
C'est gratifiant. Est-ce que tu penses que justement, ce côté gratifiant n'est pas quelque chose sur lequel tu pourrais te tomber dans les travers ? Je m'explique en te disant... C'est cool, je laisse couler, puis voilà.
- Speaker #0
Non, je ne suis pas comme ça. Je me dis plus, en fait, rien ne me dit que demain, les gens diront toujours ça. On ne se repose pas sur les lauriers.
- Speaker #1
Tu évoquais tout à l'heure, en début, le fait que tu chines ces tissus à différents endroits. Est-ce que tu te dis, à un moment donné... Je vais aller chiner ailleurs parce que du coup, sur le projet, j'en ai fait le tour. Ou les alentours.
- Speaker #0
Oui, ça m'est déjà arrivé. Ça demande de la logistique. Où est-ce que j'ai fait ça ? Je suis allée sur Châtellerault déjà parce qu'il y a une autre communauté MAU, ce qui a d'autres ressources. Il y a des centres de tri qu'il faut que je contacte. Mais c'est quand même un monde... Ce n'est pas compliqué d'avoir des contacts, mais... Je pense que c'est des demandes qu'ils n'ont pas au quotidien, que c'est compliqué aussi de gérer ces nouvelles demandes en fait. J'avais testé aussi avec centres de tri en local savoir si c'était possible. Déjà, s'ils avaient des gisements de textiles, donc savoir s'ils récupéraient des textiles dans leur collecte d'ordures à recycler parce que les gens ne font pas très bien le tri. Et on a testé ça sur une semaine. Ils m'ont donné deux poubelles remplies, donc les poubelles qu'on sort dans la rue toutes les semaines. Sauf que ça ne correspondait pas à moi, à ce que je cherchais. Mais par contre, je me suis rendu compte que les gens ne savent pas faire le trait. Oui,
- Speaker #1
ça c'est un sujet à ne pas ronter. Ces tissus-là, en tout cas ma perception des choses en tant qu'enfant de 7 ans, c'est des tissus qui ne sont pas valorisés du tout, qui sont même rebuts. comment toi tu pourrais sensibiliser les enfants de 7 ans à leur dire que ces fameux rideaux de mamie ou ces tissus d'ameublement qu'il faut les réutiliser voire même les utiliser dans des cas comme en l'occurrence toi où tu fais un truc vraiment génial avec c'est quoi le message, comment tu sensibilises ?
- Speaker #0
c'est pas facile non je pense qu'aujourd'hui il y a quand même pas mal d'outils de sensibilisation En tout cas, ce qui concerne la mode et puis ce qu'on jette. En local, Charlotte Burat qui fait un jeu de sensibilisation, justement, qui s'appelle Texicologie, à destination de tout public. Tu vois, il y a des enfants qui y participent, il y a des adultes. Tu vois, tu as des petits outils comme ça qui sont développés par des gens qui travaillent. Déjà, il y a ça. Je pense que... Le message, il doit aussi passer par des personnalités qui ont un petit peu plus de pouvoir dans leurs paroles, notamment sur les influenceurs. Je pense qu'ils sont beaucoup écoutés, mieux écoutés que certains postes, on va dire, certaines communications faites par l'État, par exemple, parce que les enfants, ils ne vont pas du tout aller regarder les trucs qui sont faits par le gouvernement. Je pense qu'il faut adapter sur... Comment on apporte ce message-là aux enfants ? Il y a des émissions, par exemple, je crois que c'est M6, ils font une émission sur justement réutiliser des tissus qui ont déjà vécu. Et puis peut-être faire travailler son imagination, tout simplement.
- Speaker #1
Très bien. Est-ce que tu as déjà eu une demande d'une personne qui a récupéré les tissus de ses grands-parents et qui t'a demandé de faire une création ? Pas encore. Pas encore. On entend d'ailleurs, donc du coup, allez-y. Oui,
- Speaker #0
avec plaisir.
- Speaker #1
Non, je ne crois pas. Non. OK. Et on a créé cette émission, en fait, parce qu'on s'était dit que G7 en Explique-moi ton métier avait quelque part un rôle à jouer sur la sensibilisation des enfants. Donc, c'est pour ça que je t'ai évoqué cette question tout à l'heure de y a-t-il un message pour les plus jeunes ? Maintenant, ce qui m'amène à cette question, c'est est-ce que... Alors, c'est une question un peu peut-être difficile à répondre, mais est-ce que tu penses que la génération d'aujourd'hui, les jeunes générations encore de 7 ans, parce qu'on est dans le thème, est-ce que ces tissus-là seront intemporels pour que ces jeunes enfants apprécient encore ces motifs ?
- Speaker #0
Moi, je me dis que oui. Je travaille beaucoup avec des motifs à fleurs. Et depuis que j'existe, je pense que je n'ai jamais vu ou entendu dire non, mais les fleurs, c'est démodé. Non, non, je pense que c'est vraiment des choses intemporelles. Tu vois, si c'est des trucs qui ont 30 ans, 50 ans, et aujourd'hui, moi, je les utilise sans problème parce que ça me plaît et que ça plaît à d'autres gens. Je me dis, la mode, de toute façon, c'est toujours un cycle.
- Speaker #1
Oui, éternel. Imaginons que tes grands-parents puissent voir tes créations aujourd'hui qu'est-ce que à ton avis se dirait ?
- Speaker #0
Oula, je ne sais pas trop ma grand-mère je pense qu'elle serait contente ouais je pense qu'elle serait contente Mon autre grand-mère, elle me soutient de toute façon. Elle me demande ça va, t'es bien dans ton atelier. Je ne sais pas si elle a déjà vu mes créations, mais elle a toujours été derrière nous, même si c'est un travail artistique. On en a parlé quand on s'est vus la première fois, mais même si c'est un travail artistique... Tu vois, je suis allée chiner avec elle la dernière fois.
- Speaker #1
Elle a mordu le truc, quoi.
- Speaker #0
Ouais, un petit peu, ouais.
- Speaker #1
Imaginons que tu pouvais parler à la Cassandra, qui avait 7 ans à l'époque.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
C'est dans un coin.
- Speaker #0
Tu fais du beau travail. Tu fais ce que tu aimes. Et tu n'es pas obligé de passer par les chemins prédéfinis pour faire le travail que tu fais aujourd'hui. Que c'est bien de casser les codes et de t'adapter pour y arriver.
- Speaker #1
Très bien. Donc, 4-5 ans, comment tu vois ta marque ?
- Speaker #0
véritablement comme une vraie marque de vêtements aujourd'hui et pas comme une marque artisanale. Je pense qu'il y a ce gap vraiment à passer. Quand tu crées toi-même, en fait, souvent, on te donne ce côté-là, c'est une artisane, sauf que ce n'est pas forcément moi ce que j'ai envie de montrer. Je veux vraiment qu'on considère que les cas oubliés aujourd'hui, c'est une marque pour l'homme et pour la femme qui fait des créations responsables. Il a augmenté un petit peu sa production parce qu'il y a un peu plus de demandes. Mais je n'ai pas non plus envie d'être une super entreprise. J'ai quand même envie de rester sur une échelle à taille humaine. Je trouve que c'est important quand même d'avoir cette authenticité-là, de rester à une taille viable et où le côté humain n'est pas perdu.
- Speaker #1
Tu évoquais tout à l'heure le côté durable et du coup ce choix stratégique de récupérer du coup des tissus d'un certain temps. Est-ce que ça t'a traversé l'esprit ou pas de recréer ces tissus-là ?
- Speaker #0
Oui, parce qu'il y a des motifs, je sais, qui m'ont beaucoup plu. mais il faut réfléchir à comment on les recrée de manière justement responsable et durable. Ce n'est pas créer pour créer. L'idée, c'est de savoir s'il y a de la demande derrière, s'il y a des gens qui vont l'acheter ou pas, et de voir quelles sont les solutions les plus éthiques qu'on peut utiliser pour éviter qu'il y ait des répercussions au niveau environnemental, au niveau social. OK.
- Speaker #1
Quand tu crées un vêtement, de mon côté, moi, quand je porte des vêtements, les gens s'interrogent beaucoup. Les gens aiment, je l'ai évoqué tout à l'heure. Et ça, c'est vraiment, c'est véridique. Mais quand je vois, par exemple, mes filles, il y en a une qui a six ans et elle découvre ça. Elle, forcément, elle n'a pas la perception du côté vieux tissu. Mais tu évoquais tout à l'heure le fait que les fleurs restent toujours des fleurs. Et elle, elle trouve ça génial. Elle découvre en fait ses motifs et ses tissus. Et je trouve ça extraordinaire qu'un enfant de 7 ans aujourd'hui puisse découvrir ça et se dire, waouh, en fait, c'est génial. Et quand je lui ai expliqué le concept, bon, je ne pense pas qu'elle a vraiment assimilé encore le pourquoi du comment, mais elle a trouvé ça génial de se dire, ah ok, donc ça veut dire que ça... potentiellement, c'est les tissus de sa mamie ou d'une mamie qui est redevenue quelque chose d'autre. Donc, on voit bien qu'il y a un travail déjà qui se fait. Mais quand je lui pose la question, est-ce que tu es prêt à porter ces vêtements-là ? Elle me dit oui, carrément. Et on avait déjà évoqué ce sujet. Est-ce que plus tard, ton visage, par exemple, une collection enfant ?
- Speaker #0
On n'en avait pas tous les deux. Je t'ai dit non au début. Et je ne sais pas, la dernière fois, je me suis surprise à y penser. De me dire que ça peut être cool. Parce qu'en soi, tu peux faire un peu plus de modèles pour les enfants parce que ça demande moins de tissus. Donc, pourquoi pas ? Pourquoi pas ? Je ne ferme plus la porte à cette idée-là.
- Speaker #1
Ok. Dans le monde où on est dans la surconsommation, on achète ou limite les vêtements aujourd'hui en une durée de vie très faible, en fait. Comment, toi, tu défends ta marque sur ça ? Même si on imaginait le truc, mais imaginons qu'un enfant de 7 ans te pose cette question, comment tu peux l'expliquer ?
- Speaker #0
Tout simplement, l'idée, c'est d'utiliser des matières qui durent. 99% des matières que j'utilise, c'est 100% coton. Il y a des fois, c'est mélangé avec du polyester parce que soit en fait, c'est des tissus où je n'ai pas la composition ou que j'ai chiné vraiment au tout début de l'activité et que j'ai quand même envie d'utiliser. Mais aujourd'hui, je fais beaucoup plus attention sur la composition des tissus que je trouve, donc 100% coton. Rien que ça, en fait. On sait que le tissu... ne va pas locher. Que tu ne sentiras pas la transpiration si tu as chaud, parce que le coton, ça respire.
- Speaker #1
Tu peux me demander des doigts comme ça.
- Speaker #0
Non, non, du tout. Que ça va mieux tenir, en fait, dans le temps. Si on voit qu'il y a des tissus, tu vois, que je vais chêner, qui ont je ne sais pas combien d'années, si tu vois qu'ils sont encore de bonne qualité, ça veut dire que 20 ans plus tard, ce sera pareil.
- Speaker #1
Il est vrai que moi, j'ai cette sensation, quand tu récupères des vieux tissus, des vieux draps, des vieilles serviettes, le toucher n'est pas du tout la même. C'est vraiment un truc, je ne dis pas techniquement, il doit certainement y avoir l'émaillage ou le tissage qui n'est pas identique, mais tu sens que la qualité est là, tu vois. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, tu n'as plus cette sensation-là. Et aujourd'hui, il y a un truc dans lequel je peux témoigner, c'est que j'ai porté quelques créations en toi. Il y a le fait que ce soit des modèles uniques, fait déjà qu'inconsciemment, tu te sens valorisé. Parce que tu le portes, tu portes un modèle unique. Et tu sais que le vêtement que tu portes, il n'y a personne d'autre qui va le porter, en fait. Et ça, je trouve ça... Dans le monde où on est dans la surconsommation, on a tous plus ou moins les mêmes trucs. Ça, c'est quand même un truc qui n'a pas de prix quelque part. Parce qu'on se dit, c'est génial.
- Speaker #0
C'était un de mes objectifs. C'est un critère de ma marque que je voulais absolument. Parce que quand j'étais petite, moi, si j'avais le même vêtement qu'une copine, je n'étais pas contente. Je ne supportais pas avoir les mêmes vêtements que les gens dans ma classe. Donc, voilà. Effectivement, pièce unique.
- Speaker #1
C'est excellent. Puis en plus, là, on ne se rend pas compte, mais les étiquettes sont vraiment très stylées. C'est marqué dessus à la main. Oui,
- Speaker #0
oui. Pour moi, c'était normal de pouvoir mettre des numéros de série à chaque pièce. Effectivement, j'écris. C'est le côté humain aussi. Je vois toutes les pièces. J'en ai fait beaucoup jusque-là. Donc, pour moi, c'est aussi... Important.
- Speaker #1
C'est quoi la pièce dont tu es la plus fière ?
- Speaker #0
Il y en a plusieurs. Il y en a plus certaines que d'autres. Forcément, j'en ai fait deux pour McFly et Carlito. Donc, je suis vraiment, vraiment très, très, très, très fière. Parce que je les ai faits très rapidement et qu'ils ont eu un bel engouement par la suite. Et que... Je les ai réfléchies pour que ça puisse correspondre aux deux personnes, aux deux personnalités. Et je pense que ça s'est ressenti quand ils les ont reçues. Il y a une pièce que j'ai faite, vraiment je l'ai créée comme ça, avec des mélanges de couleurs. C'était jaune et violet. Et en fait, il y a une nana, elle m'a écrit sur Instagram en me disant « j'adore, elle est super » . Elle l'a achetée, elle l'a reçue, elle m'a dit « je suis trop contente » parce que ça me fait penser à une chemise que mon papa portait. Et du coup, j'adore. Donc, ça fait partie des pièces où je suis le plus fière. Ou pour le coup, au début, quand je l'ai fait, je me suis dit, on n'est pas sûr que les couleurs aillent ensemble. Et en fait, ça a fonctionné. Ça a marché, oui.
- Speaker #1
En fait, c'est ce que j'ai essayé de dire tout à l'heure. Je ne sais pas si on m'a vraiment compris, mais dans ce que tu proposes, en fait, il y a forcément un ressenti derrière. On a tous forcément vu ces motifs-là quelque part. Alors forcément, quand on était jeunes, ça nous passait largement au-dessus de la tête. Mais le fait de les redécouvrir aujourd'hui sur une autre façon, en fait, émotionnellement, c'est fort. C'est très fort. Et bravo à toi pour ça, parce que c'est quand même quelque chose qui vaut le détour. Moi, aujourd'hui, je me sens en fait fier de porter tes créations parce que tu te l'appropries, en fait. Tu te l'appropries littéralement.
- Speaker #0
Mais tu vois, ça me fait penser à un modèle que j'ai fait. J'ai finé un... Un paréomalgache.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Voilà. Tu vois ? Je l'ai chiné. Ma mère, elle m'a dit... J'aime pas trop. Elle me dit, j'ai vu ces tissus toute mon enfance. Moi, je trouve pas ça beau. Oui,
- Speaker #1
oui, oui. Elle a été blasée du coup par ce tissu quelque part. Clairement,
- Speaker #0
elle me dit non,
- Speaker #1
mais vas-y.
- Speaker #0
Et j'ai fait la création, elle m'a dit, il est trop beau. Elle m'a dit, je sais pas comment t'as fait, mais j'aime la création que t'as faite avec un tissu que je déteste. Ouais, ouais. C'est fort. Ouais.
- Speaker #1
Bravo. OK. Et justement, tu évoques le sujet malgache. Est-ce que tu prévois de faire des collections liées à ces tissus ? J'aimerais bien.
- Speaker #0
Peut-être pas les pareos, mais tu sais, tu as les broderies artisanales, qui sont typiques de là-bas. Donc, j'ai commencé justement à chiner des tissus qui, je pense, ont été faits là-bas parce que je ne vois pas d'autres pays qui pourraient les faire.
- Speaker #1
Tu les reconnais facilement. Eh bien, clairement.
- Speaker #0
et la dernière fois justement j'étais avec ma grand-mère j'en ai trouvé un je lui ai dit tu sais si les gens ils font toujours ça à la main à Madagascar elle me dit bah oui oui ils les font toujours à la main c'est toujours artisanal et je voulais justement que si je trouve des tissus comme ça être sûr que ce soit toujours fait de manière artisanale parce que c'est une richesse en fait les compétences des personnes qui vivent là-bas moi j'étais dernièrement donc c'est vrai qu'on en a ramené
- Speaker #1
Et c'est toujours extraordinaire le travail qui est fait. Et c'est quelque chose qui est vraiment très, très joli. Après, on aime, on n'aime pas, mais je pense que malgré tout, il y a du travail derrière. OK, demain, parce que le but de ces émissions, c'est peut-être que des jeunes enfants tombent dessus et peuvent titiller leur curiosité et surtout, pourquoi pas, susciter une vocation. Donc, j'ai 7 ans, je te pose la question. J'aimerais faire ton métier, ce serait quoi ton conseil ?
- Speaker #0
Alors... Non, je pense qu'il y a une partie de moi qui dirait, instruis-toi aussi de manière artistique, soit en y allant directement et en faisant les études pour, si tu as la possibilité. Si tu n'as pas la possibilité, essaye d'être curieux, de t'informer de toutes les manières possibles. Aujourd'hui, avec les réseaux sociaux, Internet, on a quasiment toutes les informations qu'on veut. Donc c'est d'être curieux et de réfléchir à « Ok, je ne peux pas faire des études dedans » ou « Je n'ai pas accès, par exemple, à des expos qui ne sont pas à côté de chez moi, je vais essayer de regarder sur Internet des vidéos, des... » Des tours de musées, peut-être, d'expositions qui parlent de ça. Essayer de voir des interviews d'autres personnes, d'autres créateurs, savoir ce qu'ils ont fait. Parce que je pense qu'il y a beaucoup de créateurs qui n'ont pas fait d'études dedans et qui ont fait leur métier sans problème.
- Speaker #1
On va jouer un petit jeu. Je vais te poser des questions et tu vas me répondre comme si tu répondais à l'info de Satan. Avec le minimum de mots. Ma première question, c'est la couture en un mot, ça donne quoi ?
- Speaker #0
Une évasion de l'esprit.
- Speaker #1
Le tissu le plus bizarre que tu as utilisé ?
- Speaker #0
Waouh. Le plus bizarre ? Ah, bonne question. Non, je ne sais pas. Les rideaux, quand même. Ça reste quand même assez particulier.
- Speaker #1
Les routons, ouais.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Si les vêtements pouvaient te parler, tu dirais quoi ? Aide-moi !
- Speaker #0
Achète-moi, je pense. Ouais, achète-moi.
- Speaker #1
Ta mamie en trois mots ?
- Speaker #0
Ma mamie en trois mots ? Laquelle ? Non, mais je... Toujours présente, affective, aventurière. C'est un mélange des deux pour le coup.
- Speaker #1
Sans la couture, tu aurais fait quoi ?
- Speaker #0
J'aurais continué mon parcours dans la RSE. Donc c'est accompagner des entreprises pour réduire leur impact environnemental.
- Speaker #1
Si ce métier te donne un super pouvoir, ça serait lequel ?
- Speaker #2
Détruire tous les déchets de vêtements au Ghana,
- Speaker #0
au Sénégal.
- Speaker #1
La chose ou les choses que tu veux que les gens retiennent de toi ?
- Speaker #0
L'authenticité, je pense, qui j'espère se ressent dans les vêtements. la singularité des vêtements que je crée, l'adaptabilité.
- Speaker #1
Ok. Est-ce qu'aujourd'hui, des gens peuvent te contacter s'ils ont des tissus, des choses comme ça, dans leur placard et qu'ils souhaiteraient t'en faire don ?
- Speaker #0
Carrément.
- Speaker #1
Donc pour ça, il faut qu'ils aillent soit sur Instagram, soit sur ton site ?
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Ok, super. Merci beaucoup. redonner vie à des tissus, n'hésitez pas à faire appel à Cassandra pour ça, parce que ça peut peut-être donner des trucs hyper cool, mais on le sait déjà, maintenant on a preuvé tant. Est-ce que tu t'es fixé une limite sur le nombre de créations que tu te fais par an ? En termes de quantité, en termes de volume, en termes de... Non.
- Speaker #0
J'essaie quand même d'avoir... Une production raisonnée. Donc, 1000 exemplaires dans l'année, clairement non. Pour le moment, en tout cas. Il faut aussi que ça vienne avec la demande. C'est quand même des pièces qui sont très originales. On est sur un niveau aussi un petit peu premium en termes de prix. Il faut aussi que les gens puissent pouvoir se les offrir.
- Speaker #1
Ok. Est-ce que, par exemple, demain, j'achète un vêtement chez toi, je peux revenir pour faire retoucher quelque chose ? Bien sûr. Oui.
- Speaker #0
Alors, c'est compliqué quand tu habites à l'autre bout de la France. Oui. Mais non, non, s'il y a la possibilité, c'est sans problème. L'idée, c'est ça, c'est de pouvoir aussi adapter le vêtement à la personne s'il y a un détail qui est un problème. Moi, par exemple, là, je porte une de mes pièces. Je n'ai pas du tout suivi le patron que j'ai d'habitude parce que je suis petite.
- Speaker #1
Ta morphologie fait que tu dois t'adapter.
- Speaker #0
Après, il y a eu un moment où je proposais aussi des pièces à la précommande. Donc, soit les gens avaient des modèles sur le site qu'ils adoraient, mais du coup, ce n'était pas en stock ou ce n'était pas leur taille. On échangeait ensemble pour qu'on puisse trouver une autre pièce unique à leur faire qui suive un petit peu ce qu'ils ont vu. et de l'adapter, par exemple, à la longueur des manches, à la longueur du vêtement, tout ça.
- Speaker #1
Ok, très bien. Cassandra, merci d'avoir ouvert ton univers, d'avoir ouvert ta créativité sur cette émission qui s'appelle « J'ai 7 ans, explique-moi ton métier » .
- Speaker #0
Avec plaisir.
- Speaker #1
J'ai essayé au maximum de poser les questions d'un enfant de 7 ans. Donc bon, j'espère que ça s'est déroulé de cette façon-là. Je rappelle quand même que du coup... Ce que tu crées est quelque chose d'unique, c'est quelque chose qui sort complètement de ton imagination, mais qui est surtout basé sur la récupération de tissus, qui a déjà une vie, une précédente vie, pourquoi pas, comme je disais tout à l'heure, une vie, deux vies, trois vies peut-être, on ne sait pas. Tout ça dans le but vraiment de, le côté à réutiliser une matière, faire moins de déchets, et surtout créer quelque chose qui soit durable dans le temps. avec des motifs et des coupes intemporelles. Ça va ? C'est parfait. Et avant de clôturer, je vais te donner quand même le mot de la fin. Tu devrais expliquer en fait ce que tu fais à un enfant de 7 ans pour qu'il puisse vraiment comprendre ça et comprendre l'importance de ce que tu fais. Ça donnerait quoi ?
- Speaker #0
L'importance de ce que je fais. On a tous besoin de s'habiller de toute façon. Parfois, il faut peut-être réfléchir un peu plus à comment on veut s'habiller. On peut être un petit peu plus responsable si on veut que ça n'ait pas trop d'impact sur l'environnement qui nous entoure. Et aussi d'avoir des créations qui sont faites en France puisque je pense que la plupart des vêtements qu'on retrouve sur le marché aujourd'hui, bien d'ailleurs. si on veut s'engager pour une mode plus responsable, tout simplement. Soit ça passe par la création, donc ce que je fais au quotidien. De trouver ces fameux tissus de seconde main ou de troisième main. D'imaginer comment on peut contourner leur utilité première. Donc, ok, c'est un rideau, comment je peux le transformer demain ? C'est un drap, c'est une housse de couette, comment je peux les transformer ? Pour utiliser ce qui existe déjà, finalement. créant de nouvelles choses qui peuvent être très cool.
- Speaker #1
Ok, excellent. On va mettre les liens évidemment pour accéder à ton site, mais ça les gens le savent déjà. Et c'est vrai que tu évoquais un truc tout à l'heure, mais sur lequel on n'a pas abordé dans notre échange, c'est qu'effectivement c'est du Made in France en soi.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Donc c'est logique, mais il est quand même bon de le rappeler. Et ce qui fait aussi que du coup, on l'avait déjà évoqué, le fait que des séries très limitées, voire même modèle unique, pièce unique. Et tout ça, évidemment, est disponible sur ton site.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Voilà, excellent. Mais écoutez, merci de nous avoir suivis pour cette émission j'ai 7 ans explique moi ton métier. Restez humains et puis instruisez-vous parce que c'est important malgré tout. Et puis, si vous voulez faire ce métier, n'hésitez pas à regarder ce podcast, ce videocast parce que du coup, je pense que ça peut vous apprendre beaucoup de choses. Et puis, toutes les pièces sont disponibles sur le site. Parfait. Le nom de la marque déjà ?
- Speaker #0
Les cas oubliés.
- Speaker #1
Les cas oubliés, parfait. Alors, j'imagine que... Peut-être que tu peux nous dire un dernier mot sur pourquoi le choix de ce...
- Speaker #0
Les cas, le cas, parce que je m'appelle kassandra avec un K. Oublier parce que l'idée, c'est d'utiliser des tissus qui sont oubliés, délaissés dans les placards de nos grands-mères,
- Speaker #2
de nos parents. C'est excellent. Et on oublie l'enfant dedans J'ai sept ans, explique-moi ton métier Avec les mots que mon cœur peut toucher Dis-moi à quoi tu sers, qu'est-ce que tu fais Quand tu rentres, t'es plus grande, t'es fatiguée J'ai sept ans, parle-moi pour de vrai Les mots simples pour les vérités Tu dis projet, ré, eu Moi j'entends juste des grands sons Est-ce que tu es quelqu'un qui pleure Ou tu rends des chiffres, des oeufs J'ai construit quoi avec ton temps Des maisons, des rives, du vent Si demain tout ça disparaît Qu'est-ce qu'il reste de tes journées De tes temps Explique-moi ton métier Avec des mots que mon cœur peut toucher Dis-moi ce que tu fais Parce que tu fais Qui serait triste si tu t'arrêtais ? Je t'attends, parle-moi pour de vrai Les mots simples pour les vérités T'avais des rêves avant Mais même que moi là, maintenant Quand tu me dis plus tard, tu verras C'est beau plus tard ou c'est juste froid Je t'attends Explique-moi ton métier comme une histoire que tu peux me raconter. Dis-moi ce qui te fait peur, ce qui te plaît, ce que tu gardes au fond que tu n'oses plus montrer. De sept ans, regarde-moi, tu sais, les mots s'importent mieux. Rêve, Aujourd'hui, on se tait souvent. Aujourd'hui, parle-moi comme un enfant.